Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 653 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Monteur

 

n. m.

Ouvrier qui monte des pierres fines, des pièces d'orfèvrerie, de machines, etc.

 

MONTGOLFIÈRE

 

n. f.

Nom donné aux premiers aérostats inventés par Montgolfier, qui s'élevaient au moyen d'un foyer placé par- dessous, qui chauffait l'air contenu par l'enveloppe.

 

MONTICULE

 

n. m.

Petite montagne, simple élévation de terrain.

 

MONTJOIE

 

n. f.

Cri de guerre usité autrefois parmi les Français dans les batailles. Montjoie Saint-Denis!

 

MONTOIR

 

n. m.

Grosse pierre, borne, billot de bois dont on se sert pour monter plus aisément à cheval. On voit encore des montoirs aux portes des auberges de campagne. Il n'est pas assez grand pour monter à cheval sans montoir.

Le côté du montoir, Le côté gauche du cheval, ainsi appelé parce que c'est de ce côté-là qu'on monte d'ordinaire à cheval. On nomme L'autre côté Le côté hors du montoir, hors le montoir, hors montoir.

Ce cheval est difficile au montoir, Il manifeste de l'impatience quand on veut se mettre en selle. Dans un sens opposé, Ce cheval est aisé, doux au montoir.

 

MONTRABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut être montré. Je ne suis pas montrable aujourd'hui.

 

MONTRE

n. f.

Action de montrer. Il ne s'emploie guère en ce sens que dans l'expression : Faire montre de, Faire parade. Faire montre de son esprit. Faire montre d'érudition.

Il désigne aussi Ce que les commerçants exposent à l'étalage de leur magasin, de leur boutique, pour montrer leurs marchandises, leurs nouveaux modèles, leurs spécialités, etc. Mettre en montre, à la montre.

Fig. et fam., Être pour la montre, N'être que pour la montre, se dit de Certaines choses qui ne sont que pour l'apparence et dont on ne se sert point. C'est un meuble d'apparat qui n'est là que pour la montre.

Il signifie spécialement Échantillon. Acheter du blé, du seigle sur montre.

MONTRE désignait autrefois la Revue d'une armée, d'un régiment.

MONTRE désigne, en outre, le Lieu que les marchands de chevaux ont choisi pour y faire voir aux acheteurs les chevaux qu'ils ont à vendre.

Montre d'orgues, Tuyaux de façade dans un buffet d'orgue.

Il se dit encore, dans certaines provinces, d'Expositions, de marchés, de foires qui sont l'occasion de fêtes locales.

MONTRE désigne encore une Boîte munie d'un cadran et contenant un mouvement d'horlogerie, que l'on porte sur soi pour savoir l'heure. Montre d'or, d'argent, d'acier. Montre à boîtier d'or, à boîtier d'argent. Montre à double boîtier. Montre émaillée, guillochée. Montre à sonnerie, à réveil, à répétition. Montre à secondes. Montre à échappement. Montre qui va bien, qui va mal, qui avance, qui retarde. La sonnerie, le mouvement, le ressort, les rouages, le cadran, les aiguilles d'une montre. Chaîne de montre. Remonter sa montre. Régler sa montre. Mettre sa montre à l'heure. Cette montre est détraquée, est dérangée. Donner une montre à réparer, à nettoyer.

Par apposition, Montre bracelet. Voyez BRACELET.

Montre marine, Montre de précision qui sert à déterminer les longitudes en mer.

 

MONTRER

 

v. tr.

Faire voir, exposer aux regards. Il m'a montré sa maison, son appartement, sa bibliothèque, ses tableaux. Il n'a fait que se montrer dans cette compagnie. Le soleil ne s'est point montré aujourd'hui. Cet ouvrage serait meilleur, si l'art s'y montrait un peu moins.

Il n'oserait se montrer, se dit de Celui que la crainte d'être maltraité, ou la honte, soit de quelque affront qu'il a reçu, soit de quelque mauvaise action qu'il a faite, oblige à se tenir caché. Depuis cette malheureuse affaire, il n'ose plus se montrer. On dit dans un sens analogue : Il est bien hardi de se montrer après cela. Comment ose-t-il se montrer? Fig. et pop., Montrer son nez quelque part, Se faire voir en quelque endroit : cela ne se dit guère que lorsqu'on y paraît pour peu de temps. Il est venu montrer là son nez un moment et s'en est retourné. Je n'ai garde d'aller là montrer mon nez. On le dit aussi de Ceux qui vont mal à propos en quelque endroit. Qu'avait- il à faire d'aller montrer là son nez?

Fig. et fam., Montrer les dents à quelqu'un. Voyez DENT.

Fig. et fam., Montrer les talons. Voyez TALON.

Fam., Cet habit montre la corde. Voyez CORDE.

MONTRER signifie aussi Faire voir par un geste, indiquer. Montrez-moi l'homme dont vous parlez. Montrer quelque chose du doigt. Montrer le chemin à quelqu'un.

Fig., Montrer le chemin aux autres. Voyez CHEMIN.

Fig., Montrer quelqu'un au doigt. Voyez DOIGT.

Fam., Montrer la porte à quelqu'un. Voyez PORTE.

MONTRER signifie, figurément, Faire paraître, manifester. Montrer de la douleur, de la joie, de la tristesse, de la crainte. On dit dans un sens analogue Montrer un visage gai, un visage triste.

Il signifie aussi Donner des marques, des preuves de quelque qualité bonne ou mauvaise. Montrer de la patience, de la faiblesse, de la sagesse, de la retenue. Montrer son courage, sa piété. Montrer un bon, un mauvais coeur.

Fig., Se montrer homme de courage, se montrer humain, libéral, bon ami, etc. Faire voir par des actes qu'on est tel. Dans le même sens, Se montrer digne de sa fortune, de sa réputation, etc.

Se montrer tel qu'on est, Ne rien affecter, ne rien dissimuler.

MONTRER signifie encore Faire connaître, prouver. Je lui montrerai qu'il a tort, qu'il ne devait pas en user ainsi. Je lui montrerai à qui il a affaire. Je lui ai montré que sa proposition est fausse.

MONTRER signifie aussi Enseigner. Montrer à lire, à écrire, à calculer, à danser, à monter à cheval. Montrer à quelqu'un ce qu'il faut qu'il fasse; lui montrer son devoir, ses obligations; lui montrer à vivre. On dit dans le même sens et par menace : Je lui montrerai bien à vivre.

Fig., Se bien montrer, se montrer mal, Faire bonne, mauvaise contenance, paraître à son avantage ou à son désavantage dans les occasions qui exigent de la résolution et de la fermeté. Il s'est bien montré, il s'est mal montré dans cette circonstance. Absolument, Se montrer, Manifester par son attitude qu'on est décidé à agir, à réclamer son droit, à ne pas laisser faire une chose qu'on désapprouve. Vous avez fait assez de concessions : il est temps de vous montrer.

 

MONTREUR

n. m.

Celui qui fait métier de montrer en publie certaines curiosités. Montreur d'ours, de marionnettes, de lanterne magique, etc.

 

MONTUEUX, EUSE

 

adj.

Qui est coupé de montagnes, de collines. Pays montueux. Sol montueux. Contrée montueuse.

 

MONTURE

 

n. f.

Animal (cheval, âne, mulet, etc.) sur lequel on monte. Le cheval est la meilleure de toutes les montures. Les mules sont la monture ordinaire en Espagne. Dans les Indes, on se sert assez généralement de boeufs pour monture. Les éléphants sont la monture habituelle des princes orientaux.

Prov. et fig., Qui veut voyager loin ménage sa monture. Voyez MÉNAGER.

MONTURE, en termes d'Arts, se dit de l'Action de monter un objet, un outil, un bijou, et désigne le Travail de l'ouvrier qui l'a monté. La monture de cet éventail, de ce bijou a été exécutée avec goût. Il en a coûté tant pour la monture.

Il se dit aussi du Résultat de cette action et il désigne Ce qui sert à assembler, à supporter, à fixer la partie ou les parties principales d'un objet, d'un outil. La monture d'une scie.

La monture d'un fusil, d'un pistolet, Le bois sur lequel les parties métalliques sont montées.

La monture d'un éventail, L'assemblage des morceaux de bois ou d'autre matière qui servent à soutenir le papier ou l'étoffe d'un éventail.

Monture de bride, Ce qui porte et soutient la partie du mors qui entre dans la bouche du cheval.

MONTURE se dit particulièrement du Métal employé pour assembler, réunir, encadrer les différentes pièces dont se forment une tabatière, un étui, un vase, un bijou quelconque. Une monture de vermeil, d'or, d'argent. La monture d'une bague.

 

MONUMENT

 

n. m.

Ouvrage d'architecture et de sculpture fait pour transmettre à la postérité la mémoire de quelque personne illustre ou de quelque événement important. Monument glorieux, superbe, magnifique, durable, éternel. Dresser, ériger, élever, consacrer un monument à la gloire d'un grand homme. Monument aux morts.

Il se dit figurément de Tout ce qui consacre un souvenir. Les montagnes sont des monuments des révolutions du globe. Les monuments du passé, de la civilisation. Un monument de son amour, de sa vengeance.

Il se dit aussi de Certains édifices publics ou particuliers qui imposent par leur grandeur ou par leur ancienneté. Les monuments d'une ville. Les monuments publics. Les anciens monuments. Les monuments de l'antiquité, du moyen âge. Nîmes, Arles, Avignon sont remarquables par la beauté de leurs monuments.

Les monuments historiques, Ceux qui sont classés par l'administration des Beaux-Arts pour les préserver de la destruction et les entretenir en bon état.

Il signifie quelquefois Tombeau. Elle a fait élever un magnifique monument à son mari. On dit aussi Monument funéraire.

Il se dit aussi, figurément, des Ouvrages durables de littérature, de sciences et d'arts. Ce poème, cette histoire est un beau monument élevé à la gloire de la nation, du héros. Cet ouvrage est un des plus beaux monuments du génie, de l'esprit humain, de la philosophie.

 

MONUMENTAL, ALE

 

adj.

Qui a rapport, qui est propre aux monuments, qui est de la nature des monuments. Architecture, sculpture monumentale. Style, caractère monumental. Fontaine monumentale.

Il signifie, par extension, Qui est gigantesque, colossal. Statue monumentale.

Fig. et fam., Son ignorance est monumentale.

 

MOQUER (SE)

 

v. pron.

Se railler de quelqu'un ou de quelque chose, en rire, en faire un sujet de plaisanterie ou de dérision. On s'est moqué de lui. On s'est moqué de son costume. Cette femme s'est moquée de vous.

Il signifie aussi Mépriser, braver, témoigner son dédain. C'est un homme qui se moque de l'opinion publique, qui se moque de tout. Il s'est moqué des remontrances qu'on lui a faites, de tous les avis qu'on lui a donnés. C'est se moquer du monde, c'est se moquer des gens que d'agir ainsi, de parler de la sorte. Je me moque de lui, je ne le crains point.

Il se prend quelquefois absolument et signifie alors Ne pas parler, ne pas agir sérieusement. Quand je dis cela, vous voyez bien que je me moque. C'est se moquer que d'agir comme vous faites. C'est se moquer que de prétendre telle chose, de soutenir une pareille opinion. Vous vous moquez, je pense.

Par civilité, Vous vous moquez de moi, vous vous moquez, Vous me traitez avec trop de cérémonie, vous poussez trop loin la politesse. Vous vous moquez, je ne passerai pas avant vous.

Prov. et fig., Il ne faut point se moquer des chiens qu'on ne soit hors du village. Voyez CHIEN.

MOQUER s'emploie aussi avec le verbe FAIRE. Si vous en usez comme cela, vous vous ferez moquer de vous, et absolument, vous vous ferez moquer.

 

MOQUERIE

 

n. f.

Action de se moquer. Il se dit aussi des Paroles ou des actions par lesquelles on se moque. Moquerie maligne, outrageuse. Il fut exposé aux insultes et aux moqueries de la multitude.

 

MOQUETTE

 

n. f.

Étoffe à chaîne et à trame de fil, veloutée en laine, dont on fait des tapis. Moquette unie, à dessins. Moquette rouge. Tapis de moquette. Le parquet était recouvert d'une moquette.

 

MOQUEUR, EUSE

 

adj.

Qui se moque, qui raille, qui a l'habitude de se moquer, de railler. Air moqueur. Rire moqueur. Il a l'humeur moqueuse.

Il s'emploie aussi substantivement. C'est un moqueur, une moqueuse.

 

MORAILLES

 

n. f.

pl. Instrument de maréchal, sorte de tenailles, avec lesquelles on pince le nez d'un cheval impatient, vicieux, pour le ferrer ou lui faire subir quelque opération. Mettez-lui les morailles.

 

MORAILLON

 

n. m.

Pièce de fer fixée au battant d'une porte ou au couvercle d'un coffre ou d'une malle, et garnie d'un demi- anneau qu'on passe dans une lunette et qu'on ferme au moyen d'un pêne ou d'un cadenas.