Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 372 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Envol

 

n. m.

Action de s'envoler. L'envol de l'oiseau. Par analogie, L'envol d'un avion.

 

ENVOLÉE

 

n. f.

Action de s'envoler. Il ne s'emploie que figurément. Cet orateur a eu dans son discours de magnifiques envolées.

 

ENVOLER (S')

 

v. pron.

Prendre son vol, quitter un lieu en volant. Les oiseaux étaient déjà drus, ils se sont envolés. Une mouche qui s'envole. Le moindre bruit fait envoler les moineaux.

Il se dit quelquefois, par analogie, des Choses légères que le vent emporte. La fenêtre s'ouvrit brusquement, et tous les papiers s'envolèrent par la chambre.

Fig., Il n'y a plus que le nid, les oiseaux s'en sont envolés, les oiseaux sont envolés se dit lorsqu'on cherche une personne ou une chose dans un endroit où elle n'est plus.

Fig., Le temps s'envole, l'occasion s'envole, Le temps, l'occasion passe rapidement.

 

ENVOÛTEMENT

 

n. m.

Action d'envoûter ou le Fait d'être envoûté.

 

ENVOÛTER

 

v. tr.

Piquer, déchirer, brûler en effigie une personne en prononçant certaines paroles ou en faisant certaines cérémonies, dans la persuasion qu'elle souffrira les mêmes maux.

Au sens figuré, ENVOÛTÉ signifie Entièrement possédé, dominé, subjugué par une personne que l'on aime.

 

ENVOYÉ, ÉE

n.

Celui, celle qui est envoyé. Envoyé extraordinaire.

 

ENVOYER

 

(J'envoie; nous envoyons. J'enverrai. Envoie. Envoyez. Que j'envoie. Que j'envoyasse. Envoyant. Envoyé.)v. tr.

Faire partir quelqu'un ou Faire porter quelque chose. Envoyer un courrier, un exprès. Envoyer des émissaires. Envoyer un paquet par le chemin de fer. Les denrées que ce pays nous envoie. Les ennemis envoyèrent reconnaître la place.

Absolument, Envoyer chez quelqu'un, Envoyer prendre de ses nouvelles. Il est malade, n'enverrez-vous pas chez lui? Envoyer demander quelque chose à quelqu'un.

Fig. et fam., Envoyer quelqu'un au diable, à tous les diables, etc. Voyez DIABLE. On dit aussi, mais plus familièrement, Envoyer promener, envoyer paître.

Fig. et fam., Envoyer dans l'autre monde, Faire mourir.

Envoyer à la mort se dit d'une Sentence capitale, particulièrement lorsqu'elle est prononcée d'une manière sommaire. Le tribunal révolutionnaire envoyait à la mort une foule d'innocents. Il signifie aussi figurément Exposer quelqu'un à un très grand péril, à une mort presque certaine.

Il signifie spécialement Nommer pour une assemblée. Paris envoie tant de députés à la Chambre.

Il se dit aussi en parlant de Toutes les choses qui nous viennent ou qui sont supposées nous venir du ciel, de la Divinité, du destin. Les biens et les maux que Dieu, que le Ciel, que le destin nous envoie. Dieu nous a envoyé de la pluie, du beau temps, une bonne année.

Il signifie, par analogie, Pousser, jeter, lancer hors de soi. Dans ce sens, on ne l'applique guère qu'aux Choses. La lumière que le soleil nous envoie.

Il s'emploie familièrement dans le sens d'Amener vivement. En termes de Sports, Une balle bien envoyée. Fig., Un mot bien envoyé.

 

ENVOYEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui envoie.

 

ÉOCÈNE

 

adj. des deux genres

. T. de Géologie

. Qui est le plus ancien parmi les terrains de formation récente, en parlant d'un Certain terrain.

 

ÉOLIEN, ENNE

 

adj.

Qui rend des sons harmonieux lorsqu'on le suspend et que le vent vient à le frapper en parlant d'une Certaine sorte d'instruments à corde. Harpe éolienne.

 

ÉOLIPYLE

 

n. m.

T. de Physique

. Boule de métal creuse, qui, étant en partie remplie d'eau et chauffée, produit un jet continu de vapeur par un bec recourbé adapté à un point de sa surface.

 

ÉPACTE

 

n. f.

T. de Chronologie

. Le nombre qui, pour chaque année, exprime l'âge de la lune au moment où l'année précédente a fini. L'épacte sert à déterminer les époques moyennes des nouvelles lunes de chaque année. L'épacte de chaque année se trouve toujours indiquée au commencement des almanachs.

 

ÉPAGNEUL, EULE

 

n.

Chien à long poil, dont la race vient d'Espagne.

 

ÉPAIS, AISSE

 

adj.

Il se dit d'un Corps solide qui est considéré par rapport à celle de ses dimensions qui n'est ni la longueur ni la largeur. Planche épaisse de deux centimètres. Le verre trop épais n'est pas bon pour cet usage.

Il signifie souvent Qui a une grande consistance, une grande densité. Du drap, du velours épais. Ce sirop n'est pas assez épais. Du vin épais. Une épaisse fumée. Un brouillard épais.

Avoir la langue épaisse, Avoir la langue embarrassée.

Fam., Avoir la taille épaisse, ou être épais, Avoir la taille grosse, être peu dégagé dans sa taille.

Air épais, Air chargé de matières qui le rendent difficile à respirer. On ne respire dans cette prison qu'un air épais et malsain.

Par analogie, Ténèbres épaisses, nuit épaisse, Grande obscurité, nuit noire.

Il signifie, figurément, Qui est grossier, lent à comprendre. Ignorance épaisse, Ignorance profonde. Avoir l'esprit épais, l'intelligence épaisse. Plaisanterie épaisse. Absolument, Être épais.

Il signifie aussi Dont les parties sont très serrées. Ce bois est bien épais. Ces blés sont trop épais. Il y aura beaucoup de foin dans ce pré, l'herbe y est très épaisse. Des cheveux épais. Une épaisse crinière. Absolument, Il était dans le plus épais du bois.

Il s'emploie aussi comme nom masculin et signifie Épaisseur. Une pierre qui a un demi-mètre d'épais. Cette femme met beaucoup de rouge, elle en a toujours un doigt d'épais.

Il s'emploie également comme adverbe. Cette graine ne doit pas être semée si épais. Il a neigé épais de trois doigts.

Fam., Il n'y en a pas épais, Il n'y en a pas beaucoup.

 

ÉPAISSEUR

 

n. f.

T. de Géométrie

. Qualité de ce qui est épais. Cette pierre a tant de mètres de longueur, tant de largeur et tant de centimètres d'épaisseur.

Il se dit aussi, en parlant d'un Corps solide compris entre deux surfaces plus ou moins longues et plus ou moins larges, de la Dimension dans le sens horizontal, laquelle peut s'appeler aussi Profondeur. L'épaisseur d'un mur, d'une poutre, d'une planche.

L'épaisseur d'un bois, d'une forêt, se dit de l'Endroit où le bois, où la forêt est profonde. Il se perdit dans l'épaisseur du bois.

Il désigne aussi, non seulement la Qualité abstraite de cette troisième dimension, mais la Matière concrète de l'objet, considéré dans cette troisième dimension. Pratiquer un escalier dans l'épaisseur d'un mur, une cachette dans l'épaisseur d'une poutre.

Il désigne encore le Degré de densité et de matière d'un tissu ou le Degré de consistance d'un liquide. L'épaisseur d'une étoffe. L'épaisseur d'un jus, d'un sirop, d'une sauce.

Il sert aussi à exprimer la Densité ou l'opacité des choses physiques. L'épaisseur du brouillard. L'épaisseur de l'air. L'épaisseur des ténèbres. Fig., L'épaisseur de l'esprit. ÉPAISSIR

 

v. tr.

Rendre épais, plus épais. Mettez du sucre dans ce sirop pour l'épaissir. Les fumées de ces usines épaississent l'air.

S'ÉPAISSIR, ou intransitivement ÉPAISSIR signifient Devenir épais, plus épais. Le sirop s'épaissit. Un nuage qui s'épaissit. L'ombre s'épaississait. Le bouillon épaissit en cuisant. Cet homme épaissit beaucoup depuis quelque temps, Sa taille s'épaissit. Fig., Son esprit s'épaissit tous les jours.

Sa langue s'épaissit, Sa langue s'embarrasse. Ce malade est bien faible; on l'entend à peine parler, tant sa langue s'épaissit.

 

ÉPAISSISSEMENT

 

n. m.

Action d'épaissir, de s'épaissir; ou État de ce qui est épaissi. L'épaississement de la taille. L'épaississement des liqueurs. L'épaississement de la lymphe. L'épaississement du brouillard. Fig., L'épaississement de l'esprit.

 

ÉPAMPRAGE

 

n. m.

T. de Viticulture

. Action d'épamprer la vigne.

 

ÉPAMPRER

 

v. tr.

T. de Viticulture

. Débarrasser une vigne des pampres, des feuilles qui empêchent le raisin de mûrir.

 

ÉPANCHEMENT

 

n. m.

Action d'épancher ou de s'épancher.

Il se dit spécialement, en termes de Médecine, de l'Écoulement, de l'extravasation plus ou moins considérable de quelque liquide dans une partie du corps qui n'est pas destinée à la contenir. Épanchement de bile, de sang, de synovie. Épanchement au cerveau. Fig., Épanchement du coeur. Épanchement de joie. Doux épanchements. Tendres épanchements. Les épanchements de l'amitié.

ÉPANCHER

 

v. tr.

Faire couler d'un vase en l'inclinant. Épancher du vin, de l'huile.

Fig., Épancher sa bile, Exhaler sa colère, sa mauvaise humeur. Épancher son coeur, L'ouvrir avec sincérité, avec tendresse, avec confiance. Mon coeur a besoin de s'épancher.

S'ÉPANCHER se dit principalement, en termes de Médecine, du Sang, d'une humeur qui s'extravase. Le sang s'est épanché dans la poitrine.

 

ÉPANDAGE

 

n. m.

T. d'Agriculture

. Action d'épandre sur les terrains mis en culture des eaux d'égout amenées par canalisation. Terrain d'épandage. Cette plaine est un terrain d'épandage. Par analogie, Épandage d'engrais, de fumier.

 

ÉPANDRE

 

(Il se conjugue comme RENDRE.) v. tr.

Verser abondamment. Ce fleuve épand ses eaux dans la campagne. Les eaux s'épandirent sur les deux rives du fleuve. Par analogie, Épandre du fumier, de l'engrais dans un champ. Épandre du foin pour le faner.

 

ÉPANORTHOSE

 

n. f.

T. de Rhétorique

. Figure par laquelle on feint de rétracter ce qu'on avait dit, comme trop faible, et l'on ajoute quelque chose de plus fort. J'espère, que dis-je? Je suis sûr qu'on vous rendra justice.

 

ÉPANOUIR

 

v. tr.

Ouvrir, faire ouvrir une fleur. Voyez-vous comme ce rosier a épanoui ses fleurs!

Fig. et fam., Épanouir la rate, Réjouir, faire rire. Je lui ai fait un conte qui lui a épanoui la rate. La gaieté, la joie épanouit le visage.

Il est plus souvent employé pronominalement et signifie, en parlant d'une Fleur, Déployer ses pétales. Un bouton de rose qui s'épanouit.

Fig., Son visage, son front s'épanouit, ses traits s'épanouissent, Son visage se déride, devient serein.

En termes d'Anatomie, S'ÉPANOUIR se dit des Nerfs, des fibres, des vaisseaux qui s'étendent et se ramifient en se terminant. Les nerfs s'épanouissent sous la peau.

 

ÉPANOUISSEMENT

 

n. m.

Action de s'épanouir. En termes d'Anatomie, La rétine est l'épanouissement d'un faisceau de nerfs. Fig., Épanouissement du visage, des traits. Épanouissement du coeur, L'effet qu'une vive joie cause à une personne dont le coeur était affligé.

 

ÉPARGNANT, ANTE

 

adj.

Qui use d'épargne. Il est trop épargnant. Substantivement, Le nombre des épargnants s'est accru.

 

ÉPARGNE

 

n. f.

Économie dans la dépense. Il a amassé une petite aisance par son épargne.

Il se dit de la Chose même qu'on a épargnée, économisée. Son épargne monte à tant cette année. L'épargne française.

La petite épargne, L'ensemble des économies faites par les petites gens. Cet emprunt a été couvert par la petite épargne. Ce désastre financier a surtout atteint la petite épargne.

Caisse d'épargne et de prévoyance, ou simplement Caisse d'épargne, Établissement public où les particuliers peuvent déposer des sommes modiques, pour en retirer un intérêt.

Il se dit aussi en parlant du Temps et de toute autre chose qu'on ménage. L'épargne des forces. Il n'y a pas de plus utile épargne que celle du temps. On dit plus souvent aujourd'hui ÉCONOMIE.

Il se dit, en parlant des OEuvres d'art, d'un Espace réservé en blanc. Gravure en épargne.

 

ÉPARGNER

 

v. tr.

Ménager quelque chose que ce soit, ne l'employer qu'avec réserve. Épargner son bien, son argent. C'est autant d'épargné. Nous n'avons guère de provisions, il faut les épargner. Le vin ne fut pas épargné à cette noce. N'épargnez pas ma bourse. Cette sauce est très relevée : on n'y a pas épargné le sel, le poivre. Il est si avare qu'il épargne même sur sa nourriture. On n'épargne rien pour vous satisfaire. Je n'y épargnerai rien. Épargner sa peine. Épargner ses pas. Épargner la vie des hommes. Quand il peut obliger ses amis, il ne s'y épargne pas. Il ne s'épargna pas dans le combat.

Il signifie figurément Dispenser, préserver quelqu'un d'une chose, ne pas la lui laisser éprouver, ne pas la lui faire subir. Je vous épargnerai ce soin, cette peine, cet embarras. Cela nous épargnerait, cela épargnerait beaucoup de travaux. Épargnez-moi ce chagrin, cette douleur, cette confusion, cette honte. On dit de même S'épargner de la dépense, des soins, de l'embarras, des inquiétudes. Vous cherchez en vain à me persuader, épargnez-vous ce soin.

Il signifie aussi figurément Traiter avec ménagement. Épargner la vieillesse, la faiblesse. Épargner la sensibilité, l'amour-propre de quelqu'un.

Ne m'épargnez pas, Employez-moi aussi souvent qu'il vous plaira.

N'épargner personne signifie quelquefois Médire de tout le monde.

Dans la même acception, il signifie encore Ne pas traiter quelqu'un aussi mal qu'on serait en droit de le faire. Je pouvais lui faire beaucoup de mal, mais je l'ai épargné. On ne l'a pas taxé aussi haut que les autres, on a voulu l'épargner. Épargner les vaincus. Dans cette lutte, les deux adversaires ne se sont pas épargnés.

Il signifie également, en termes de Dessin et de Miniature, Employer le blanc du papier ou de l'ivoire pour produire, sans crayon ni peinture, les parties lumineuses.

 

ÉPARPILLEMENT

 

n. m.

Action d'éparpiller ou État de ce qui est éparpillé. L'éparpillement de la lumière. L'éparpillement des troupes.

 

ÉPARPILLER

 

v. tr.

Disperser çà et là. Il se dit en parlant des Choses légères, minces. Éparpiller de la paille, du foin, de la cendre, de la braise, des papiers. Un tourbillon a éparpillé ces javelles. Des plumes qui s'envolent et s'éparpillent.

Fig., Éparpiller son esprit, Le disperser sur trop d'objets différents. Éparpiller ses forces, Affaiblir ses forces en les dispersant.

 

ÉPARS, ARSE

 

adj.

Qui est épandu çà et là en divers endroits. Les Juifs sont épars dans tous les pays du monde. Il y a de nombreux coquelicots épars dans ces blés. Ce livre contient tous les renseignements restés jusque-là épars dans divers ouvrages.

Avoir les cheveux épars, Avoir les cheveux flottants et en désordre.

 

ÉPARVIN

 

n. m.

T. d'Art vétérinaire

. Tumeur dure, bosse qui vient aux jarrets d'un cheval et qui lui fait lever la jambe plus haut qu'il ne ferait sans cela. Ce cheval a un éparvin, les éparvins. Éparvin sec. Éparvin calleux.

 

ÉPATANT, ANTE

 

adj.

Qui provoque un étonnement admiratif. Il est très familier.

 

ÉPATER

 

v. tr.

Priver de l'usage d'une patte. Epater un chien. Par analogie, Vase à pied épaté.

Il signifie aussi Faire tomber les quatre fers en l'air. Je me suis épaté lourdement.

ÉPATER signifie aussi figurément Étonner, stupéfier. Sa verve, son aplomb m'a épaté. Il est très familier.

Le participe passé ÉPATÉ, ÉE, s'emploie adjectivement pour signifier Qui est aplati, écrasé. Les nègres ont souvent le nez épaté.

 

ÉPAULARD

 

n. m.

T. de Zoologie

. Grand mammifère marin qui a la forme d'un dauphin, mais qui est beaucoup plus gros. On le nomme aussi ORQUE.

 

ÉPAULE

 

n. f.

Partie du corps qui attache au cou l'articulation du bras chez l'homme et du membre antérieur chez les quadrupèdes. Cet homme a une épaule plus haute que l'autre. Cette femme a de belles épaules. Au défaut de l'épaule. Il a l'épaule démise, rompue, fracassée. Il porte un fardeau sur l'épaule, le fusil sur l'épaule. Il a la tête dans les épaules. Avoir les épaules hautes. Pousser de l'épaule, avec l'épaule. Prêter l'épaule pour charger un fardeau. Il est plus haut que vous de toute l'épaule. Ce cheval est blessé à l'épaule.

En termes de Lutte, Toucher des épaules, ses épaules ont touché se dit du Lutteur renversé et vaincu.

Hausser les épaules, lever les épaules, Témoigner en haussant les épaules qu'une chose déplaît, qu'elle choque, et plus souvent qu'elle n'inspire que du mépris. Cela me fait hausser les épaules. C'est à faire lever les épaules. Il n'y a rien à répondre à cela, il n'y a qu'à hausser les épaules. Hausser les épaules de pitié, de mépris.

Fam., Jouer par-dessus l'épaule, Jouer sans avoir de place à la table du jeu.

Fig. et fam., Mettre quelqu'un dehors par les deux épaules, Le chasser honteusement.

Fig. et fam., Regarder quelqu'un par-dessus l'épaule, Le regarder avec mépris.

Fig. et fam., Je porte cet homme sur mes épaules, Cet homme me pèse, il m'est à charge par les choses qu'il fait, par les choses qu'il dit.

Fig., Plier les épaules, baisser les épaules, Recevoir avec soumission une chose fâcheuse, désagréable. On lui fit de durs reproches, il s'en alla pliant, baissant les épaules.

Fig. et fam., Il n'a pas les épaules assez fortes, il a les épaules trop faibles pour un tel emploi, pour soutenir une telle charge, pour mener à bien cette entreprise, Il n'a point assez de talent, assez de bien, de ressources.

Fig. et fam., Prêter l'épaule à quelqu'un, L'aider, lui fournir des ressources. Il a des amis qui lui prêtent l'épaule, sans quoi il ne pourrait pas soutenir cette affaire, cette entreprise.

Fig. et fam., Donner un coup d'épaule. Voyez COUP.

Fig., Changer son fusil d'épaule, Changer d'opinion, de ligne de conduite suivant les circonstances.

En termes de Fortification, L'épaule d'un bastion, La partie saillante que forme la réunion des pans nommés Flanc et Face. On dit aussi L'angle d'épaule.

 

ÉPAULÉE

 

n. f.

Effort qu'on fait de l'épaule pour pousser quelque chose. Enfoncer une porte d'une seule épaulée.

En termes de Boucherie, il désigne le Quartier de devant du mouton, dont on a retranché l'épaule.

ÉPAULEMENT

 

n. m.

Mur qui soutient une masse de terre. En termes de Fortification, il désigne une Espèce de rempart fait de fascines et de terre, etc., qui sert principalement pour garantir du feu de l'ennemi une troupe ou une batterie. Les embrasures d'un épaulement.

En termes de Charpenterie, il désigne la Partie d'un tenon où est pratiquée la mortaise ou la Partie de bois plein qui se trouve entre deux mortaises.

 

ÉPAULER

 

v. tr.

Blesser à l'épaule. Je lui avais prêté mon cheval, il l'a épaulé. Ce cheval s'est épaulé.

En termes de Charpenterie, il signifie Amincir un tenon pour qu'il puisse entrer dans la mortaise.

Il signifie aussi Appliquer contre son épaule une arme à feu pour tirer. Épauler un fusil.

Par extension, Épauler des troupes, Les mettre à couvert du canon par un épaulement.

ÉPAULER signifie figurément Aider de toutes ses forces. Je vous épaulerai de tout mon crédit, de tout mon pouvoir. Cet homme réussira dans cette entreprise, il est fortement épaulé.

 

ÉPAULETTE

 

n. f.

Bande de toile, d'étoffe, de ruban, cousue, attachée sur la partie du vêtement qui couvre le dessus de l'épaule. Les épaulettes d'une chemise, d'une robe.

Il se dit particulièrement de la Bande de galon rembourrée que les soldats portaient sur chaque épaule, qu'on porte encore dans certains corps de troupes, et qui est ordinairement garnie à son extrémité d'une touffe de franges pendantes. Épaulettes de laine, d'argent, d'or. Épaulettes rouges, vertes. Épaulettes de lieutenant, de capitaine, etc.

Il se dit spécialement des Épaulettes d'officier. Porter l'épaulette, les épaulettes. Il a bien gagné ses épaulettes.

 

ÉPAVE

 

adj. des deux genres

. T. de Jurisprudence . Qui est égaré et dont on ne connaît point le maître, le propriétaire. Il se dit principalement des Chevaux, vaches et autres bestiaux. Un cheval épave. Les bêtes épaves. Biens épaves.

Il s'emploie plus souvent comme nom féminin pour désigner les Objets rejetés par la mer. Les épaves appartiennent à l'État. Le rivage est couvert d'épaves.

Droit d'épave, Droit de s'approprier les choses épaves. Les seigneurs avaient droit d'épave sur leurs terres.

ÉPAVES désigne aussi les Débris qui restent après un cataclysme et figurément les Débris subsistant d'une fortune ruinée. Il eut bien de la peine à recueillir quelques épaves de sa fortune.

Il se dit aussi figurément de Personnes désemparées par quelque grande épreuve. Après les malheurs qu'il a subis, cet homme n'est plus qu'une épave.

 

ÉPEAUTRE

 

n. m.

Variété de blé où la balle adhère fortement au grain.

 

ÉPÉE

 

n. f.

Arme offensive et défensive composée d'une lame affilée et d'une poignée et que les officiers portent au côté dans un fourreau. Longue épée. Épée de combat. La garde, la pointe, la lame, le fil, le plat d'une épée. Se battre à l'épée. Mettre une épée à son côté. Mettre l'épée à la main. Mettre l'épée au vent. Tirer l'épée. Recevoir des coups de plat d'épée. Remettre l'épée dans le fourreau, au fourreau. Il lui donna de l'épée dans le ventre. Il lui passa son épée au travers du corps. Il lui enfonca l'épée jusqu'à la garde. Un grand coup d'épée. Un beau coup d'épée. Il le poursuivit l'épée dans les reins.

Fig., L'épée de Damoclès, Un péril imminent, de tous les instants, par allusion à l'épée nue que Denys le Tyran fit suspendre sur la tête d'un de ses courtisans, Damoclès, placé sur le siège royal à un festin.

Fig., Poursuivre, presser quelqu'un l'épée dans les reins, Le presser vivement de conclure, d'achever une affaire; ou Le presser, dans la dispute, par de si fortes raisons qu'il ne sait que répondre.

Fig., Emporter une chose à la pointe de l'épée, L'emporter d'une façon vive, rapide et brillante.

Fig. et fam., N'avoir que la cape et l'épée. Homme de cape et d'épée. Roman de cape et d'épée. Voyez CAPE.

Fig. et fam., Il a fait un beau coup d'épée, se dit ironiquement de Quelqu'un qui a fait une sottise remarquable.

Fig., C'est un coup d'épée dans l'eau. Voyez COUP.

Fig., C'est une bonne, une rude épée, il est brave comme l'épée qu'il porte, brave comme son épée, C'est un homme qui manie bien l'épée, qui se bat vaillamment.

Fig. et fam., Son épée ne tient pas au fourreau, se dit d'un Homme querelleur qui est toujours prêt à mettre l'épée à la main.

Fig., Se faire blanc de son épée, Se prévaloir de son courage, de son crédit, etc., pour garantir le succès d'une affaire. Par extension et corruption, on dit aujourd'hui dans un sens différent Faire blanc de son épée pour Témoigner trop d'assurance, promettre, garantir ce qu'on n'est pas certain de faire.

Prov. et fig., L'épée use le fourreau. Voyez FOURREAU.

Tirer l'épée hors du fourreau. Voyez FOURREAU.

Fig., C'est son épée de chevet. Voyez CHEVET.

Prov., À vaillant homme courte épée, Quand on est courageux, toute arme est bonne pour se défendre.

Fig., Son épée est trop courte, Son crédit, son autorité ne s'étend pas loin.

Il désigne absolument l'État des gens de guerre, l'état militaire, surtout par opposition à l'État des gens de robe ou d'Église. Il a quitté la robe pour l'épée, pour prendre l'épée. Les gens d'épée. Homme d'épée.

Il s'emploie de même, dans certaines phrases figurées, pour désigner le Courage, la valeur ou la Force des armes. Il ne doit son élévation qu'à son épée. Le droit de l'épée. L'épée de la France.

 

ÉPELER

 

(J'épelle; nous épelons.)v. tr.

Lire les mots lettre par lettre et grouper les lettres par syllabes. Épelez ce mot. Absolument, Il commence à épeler.

Par analogie, il signifie Lire avec peine, lentement.

 

ÉPELLATION

 

n. f.

Action d'épeler. Essayez l'épellation de ce mot.

ÉPENTHÈSE

 

n. f.

T. de Grammaire

. Addition, insertion d'une voyelle ou d'une consonne, ou même d'une syllabe, au milieu d'un mot. Souverain, de l'italien Sovrano, Boulevard, de l'allemand Bolwerk, nous présentent des cas d'épenthèse.

 

ÉPENTHÉTIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui est ajouté par épenthèse. Voyelle, syllabe épenthétique.

 

ÉPERDU, UE

 

adj.

Qui a l'esprit troublé par la crainte ou par quelque autre passion. Elle sut qu'on attaquait son mari, elle courut aussitôt tout éperdue pour le secourir. Tout éperdu d'amour.

Il se dit aussi d'un Sentiment violent ou d'un Geste, d'un air qui marque la violence de la passion. Amour éperdu. Un coup d'oeil éperdu.

 

ÉPERDUMENT

 

adv.

D'une manière éperdue. Il est éperdument amoureux. Ces deux personnes s'aiment éperdument. Il s'agite éperdument.

 

ÉPERLAN

 

n. m.

Petit poisson de mer qui a des couleurs nacrées fort brillantes. Des éperlans frits. Une brochette d'éperlans.

 

ÉPERON

 

n. m.

Petite branche de fer ou d'autre métal, qui s'adapte aux talons, dont la pointe ou les pointes servent à piquer le cheval afin de modifier son mouvement. Branche d'éperon. Molette d'éperon. Ce cheval est tendre, est sensible à l'éperon. Dur à l'éperon. Enfoncer l'éperon. Donner de l'éperon. Chausser les éperons. Déchausser les éperons.

Gagner ses éperons, Faire ses premières armes avec distinction. Cela se dit, au propre, des anciens chevaliers; et on le dit au figuré de Quelqu'un qui a bien mérité, qui justifie d'une manière brillante les avantages, les récompenses qu'il obtient.

Fig., Ce cheval n'a ni bouche ni éperon. Voyez BOUCHE.

Fig. et fam., N'avoir ni bouche ni éperon. Voyez BOUCHE.

Fig. et fam., Il a plus besoin de bride que d'éperon. Voyez BRIDE.

Par analogie, on donne souvent, dans la longue didactique, le nom d'Éperon à ce qui en rappelle la forme, par exemple à l'Ergot que certains animaux, tels que les coqs, ont derrière la patte vers le bas, et que les chiens ont derrière les pattes de devant; à la Pointe d'acier dont on arme le coq de combat; à cette Partie de la proue d'un bâtiment qui se termine en pointe et qui a plus ou moins de saillie en avant. L'éperon supportait la figure qui donnait son nom au vaisseau. L'éperon des galères antiques était armé de fer; à une Sorte de fortification en angle saillant, qu'on élève, ou au milieu des courtines, ou au-devant des portes, pour les défendre; à Tout ouvrage en pointe qui sert à rompre le cours de l'eau, devant les piles des ponts, ou sur les bords des rivières; à Certains ouvrages de maçonnerie terminés en pointe, faits en dehors d'un bâtiment ou d'une muraille, pour les soutenir; en termes de Botanique, à une Pointe, à un prolongement en cornet, que l'on remarque à la base du calice, de la corolle ou des pétales de certaines fleurs. La fleur de la linaire, du pied d'alouette est terminée en éperon. Le calice de la capucine, les pétales de la violette ont un éperon. Il se dit aussi, en termes de Topographie, de la Partie d'un contrefort, d'une chaîne de collines ou de montagnes qui se termine en pointe.

 

ÉPERONNÉ, ÉE

 

adj.

Qui est garni d'éperons, qui porte un éperon. Il est botté et éperonné, tout prêt à monter à cheval. Fleur, corolle éperonnée. Calice, pétale éperonné.

 

ÉPERONNER

 

v. tr.

Piquer des éperons. Il éperonna son cheval.

Par analogie, Éperonner un coq, Armer ses ergots de pointes d'acier pour le combat.

Il signifie figurément Aiguillonner, stimuler. C'est une intelligence un peu lente qui a besoin d'être éperonnée de temps en temps.

 

ÉPERONNIER

 

n. m.

Celui qui fait ou qui vend des éperons.

En termes de Zoologie, il se dit par analogie d'une Espèce d'oiseau de Chine dont le mâle porte à chaque pied deux ergots ou éperons.

 

ÉPERVIER

 

n. m.

Oiseau de proie que l'on dresse pour la chasse au vol. Lâcher l'épervier.

Prov. et fig., On ne saurait faire d'une buse un épervier. D'un esprit lourd, on ne peut faire un esprit vif.

Il désigne en général Divers oiseaux de proie.

Il se dit aussi d'une Sorte de grand filet à prendre du poisson. Pêcher à l'épervier. Jeter l'épervier. Coup d'épervier.

 

ÉPERVIÈRE

 

n. f.

T. de Botanique

. Genre de plantes herbacées, de la famille des Composées, dont il existe un très grand nombre d'espèces.

 

ÉPHÈBE

 

n. m.

T. d'Antiquité grecque

. Jeune homme arrivé à l'âge de puberté. Chez les Athéniens, les enfants entraient à l'âge de dix-huit ans dans la classe des éphèbes.

 

ÉPHÉLIDE

 

n. f.

T. de Médecine

. Tache de rousseur ou Tache quelconque qui vient sur la peau.

 

ÉPHÉMÈRE

 

adj. des deux genres

. Qui ne dure qu'un jour. Insecte éphémère. Fleur éphémère. Fièvre éphémère. Dans cette acception, il s'emploie comme nom masculin, en termes d'Entomologie, pour désigner une Sorte d'insectes névroptères. Les éphémères se montrent quelquefois en si grand nombre que l'air en est obscurci.

Il se dit, par extension, de Tout ce qui n'a qu'une très courte durée. Succès, bonheur éphémère. Ouvrages éphémères.

 

ÉPHÉMÉRIDE

 

n. f.

Livre où se trouvent consignées pour une année les prévisions météorologiques.

Il s'emploie surtout au pluriel pour désigner des Tables astronomiques par lesquelles on détermine, pour chaque jour, le lieu de chaque planète dans le zodiaque ou les heures des marées. Consulter les Éphémérides. Il désigne encore des Livres ou de simples calendriers dont on détache chaque jour une page et où, généralement, sont rappelés les événements arrivés à la même date.

 

ÉPHOD

 

(On prononce le D.)n. m.

Espèce d'écharpe que portaient les prêtres hébreux.

 

ÉPHORES

 

n. m. pl.

T. d'Antiquité grecque

. Magistrats lacédémoniens établis pour contrebalancer l'autorité des rois et du sénat.

 

ÉPI

 

n. m.

Partie du blé et de plusieurs autres plantes graminées, qui est placée au sommet de la tige, et formée par la réunion des graines. Épi long, court, serré. Épi bien garni. Épi maigre. Épi de blé, d'orge. Quand les blés sont en épis, montent en épi.

Par analogie, on donne souvent le nom d'Épi à Ce qui en rappelle la forme, par exemple, en termes de Botanique, à la Réunion des fleurs qui doivent donner les graines et aux Fleurs quelconques attachées, rangées le long d'un axe commun, à l'extrémité de la tige. Le bouillon blanc a ses fleurs en épi, disposées en épi; à une Plante qui croît dans les étangs et les marais, et dont les fleurs sont en épi et qu'on nomme Épi d'eau; en termes de Joaillerie, à un Assemblage de diamants qui a la forme d'un épi de blé. Épi de diamants; à une Mèche de cheveux qui se dressent et s'écartent les uns des autres; en termes de Chirurgie, à une Sorte de bandage dont les tours représentent en quelque manière un épi d'orge (on le nomme aussi Spica); en termes d'Architecture, à Différentes choses qui ont plus ou moins de ressemblance avec un épi : tel est l'assemblage des chevrons autour du poinçon d'un comble pyramidal, Épi de faîtage; telle est encore une certaine disposition des briques d'un pavé, posées de chant et diagonalement, etc.; à des Travaux hydrauliques ayant pour objet de modifier le mouvement des eaux et de solidifier les berges. Il se dit aussi d'un Meuble de bibliothèque placé au milieu d'une salle et non le long des murs.

 

ÉPIAGE

 

n. m.

T. d'Agriculture

. Formation de l'épi dans les céréales.

 

ÉPIAIRE

 

n. f.

T. de Botanique

. Plante herbacée de la famille des Labiées appelée aussi Crapaudine.

 

ÉPICE

 

n. f.

Toute substance aromatique d'une saveur forte qui relève le goût des aliments, comme sont le clou de girofle, la muscade, le poivre, le gingembre, le safran, etc. Épices éventées. On n'a pas ménagé les épices dans cette sauce.

Pain d'épice, Sorte de pain qui se fait avec de la farine de seigle, de l'écume de sucre, du miel, des épices.

ÉPICE se disait figurément, autrefois, de Ce qui était dû aux juges pendant un procès. Il fallait payer les épices pour lever l'arrêt. À l'origine, les épices étaient volontaires et se payaient en nature.

 

ÉPICÉA

 

n. m.

T. de Botanique

. Sapin de haute taille, très commun dans les Vosges et dans le Jura.

 

ÉPICÈNE

 

adj. des deux genres

. T. de Grammaire . Qui désigne indifféremment l'un ou l'autre sexe, le mâle ou la femelle. Les mots Enfant, perdrix sont des noms épicènes.

 

ÉPICER

 

v. tr.

Assaisonner avec des épices. Épicez moins ce pâté. Absolument, Ce cuisinier épice beaucoup trop. Il n'aime ni salé ni épicé. Par extension, Cuisine épicée.

Le participe passé ÉPICÉ, ÉE, s'emploie aussi figurément comme adjectif, en parlant de Conversations, de publications qui contiennent des traits gaillards et lestes. Littérature épicée.

 

ÉPICERIE

 

n. f.

Commerce des épices et d'un grand nombre de denrées de consommation courante.

Il se dit encore du Magasin où se fait ce commerce.

Il désignait autrefois Toutes sortes d'épices, comme la cannelle, la muscade, le poivre, et aussi le sucre, le miel, le café et toutes les substances alimentaires qui venaient des pays éloignés.

 

ÉPICHÉRÈME

 

n. m.

T. de Logique

. Syllogisme dans lequel chacune des prémisses est accompagnée de sa preuve.

 

ÉPICIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui tient une épicerie. Par apposition, Garçon épicier.

 

ÉPICRÂNE

 

n. m.

T. d'Anatomie

. Ensemble des parties qui environnent le crâne.

 

ÉPICURIEN, IENNE

adj.

Qui est partisan de la doctrine d'Épicure ou Qui est conforme à cette doctrine. Secte épicurienne. Doctrine épicurienne. Philosophe épicurien. Substantivement, Un épicurien, Celui qui est partisan de la doctrine d'Épicure. Les épicuriens.

Par extension, il signifie Qui ne songe qu'au plaisir. C'est un franc épicurien.

 

ÉPICURISME

 

n. m.

Doctrine morale, manière de vivre d'Épicure ou des épicuriens.

 

ÉPICYCLE

 

n. m.

T. d'Astronomie

. Petit cercle imaginé par les anciens astronomes et dont le centre est un point de la circonférence d'un plus grand cercle. Épicycle de Mars.

 

ÉPICYCLOÏDE

 

n. f.

T. de Géométrie

. Courbe engendrée par la révolution d'un point de la circonférence d'un cercle qui roule sur la partie concave ou convexe d'un autre cercle.

 

ÉPIDÉMIE

 

n. f.

T. de Médecine

. Maladie qui atteint en même temps et dans le même lieu un grand nombre de personnes. Cette maladie, qui n'avait d'abord atteint que peu de gens, dégénéra en épidémie. Plusieurs épidémies ont désolé cette contrée. Il régnait une épidémie dans le pays. Fig., L'engouement pour cette mode est général, c'est une épidémie, c'est une véritable épidémie.

 

ÉPIDÉMIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Médecine

. Qui tient de l'épidémie. Mal épidémique. Maladie épidémique. Fig., Un engouement épidémique.

ÉPIDERME

 

n. m.

Partie de la peau qui couvre le derme. Ce coup n'a fait que lui effleurer l'épiderme. Enlever, écorcher l'épiderme.

Fig., Cet homme a l'épiderme sensible, Il s'offense, il se blesse facilement.

Il se dit par analogie, en termes de Botanique, de la Pellicule mince et transparente qui forme l'enveloppe extérieure des plantes herbacées et des jeunes rameaux.

 

ÉPIDERMIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui intéresse l'épiderme. Une blessure épidermique.

 

ÉPIER

 

v. intr.

T. d'Agriculture

. Monter en épi. Les blés commencent à épier. Les seigles sont déjà épiés.

 

ÉPIER

 

v. tr.

Observer secrètement et avec attention les actions, les discours de quelqu'un, ou ce qui se passe en quelque lieu. Prenez garde à ce que vous direz, on vous épie, vous êtes épié. On épie toutes vos démarches. Je le fais épier. Épier les mouvements de l'ennemi.

Fig., Épier l'occasion, le temps d'agir; épier le moment, etc., Se tenir prêt à saisir l'occasion de faire quelque chose, à profiter du moment favorable.

 

ÉPIERREMENT

 

n. m.

Action d'épierrer. L'épierrement d'un champ.

 

ÉPIERRER

 

v. tr.

Débarrasser un terrain des pierres qui empêchent qu'on ne le cultive. Il faut épierrer les carrés où l'on veut planter des fleurs.

 

ÉPIEU

 

n. m.

Sorte d'arme formée d'un bâton, qui se termine par une pointe et dont on se sert le plus ordinairement à la chasse du sanglier. Il attendit le sanglier de pied ferme avec son épieu et l'enferra.

 

ÉPIGASTRE

 

n. m.

T. d'Anatomie

. Partie moyenne et supérieure de l'abdomen.

 

ÉPIGASTRIQUE

 

adj. des deux genres

. T. d'Anatomie

. Qui appartient à l'épigastre. Région épigastrique. Artère, veine épigastrique.

 

ÉPIGLOTTE

 

n. f.

T. d'Anatomie

. Cartilage de forme ovale, placé à la partie supérieure du larynx, derrière la base de la langue, et spécialement destiné à recouvrir exactement la glotte au moment de la déglutition.

 

ÉPIGRAMMATIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui tient de l'épigramme. Style épigrammatique. Trait épigrammatique. Tournure épigrammatique.

 

ÉPIGRAMMATISTE

 

n. m.

Celui qui compose des épigrammes.

 

ÉPIGRAMME

n. f.

Petite pièce de vers qui se termine ordinairement par un trait piquant ou par un bon mot. La pointe d'une épigramme. Il y a peu de sel dans cette épigramme.

Il se dit, par extension, d'un Mot, d'un trait qui, dans la conversation ou dans un écrit, exprime une critique spirituelle, une raillerie mordante. Chaque phrase de cet écrit est une épigramme. Sa conversation est toute en épigrammes. Cette louange est si exagérée qu'elle a l'air d'une épigramme.

Il se disait, chez les anciens, de Toutes sortes d'inscriptions. Il se disait aussi de Petites pièces, en vers élégiaques, consacrées soit à l'expression de sentiments tendres, soit à des descriptions, soit à des railleries. L'anthologie grecque est un recueil d'épigrammes. Les épigrammes amoureuses de Méléagre.

En termes de Cuisine, il désigne un Petit morceau de viande finement coupé. Une épigramme d'agneau.

 

ÉPIGRAPHE

 

n. f.

Courte sentence, courte citation qu'on met en tête d'un livre, d'un chapitre, etc., pour en indiquer l'objet ou l'esprit. Il a pris pour épigraphe tel vers d'Homère, de Virgile.

 

ÉPIGRAPHIE

 

n. f.

Science qui a pour objet l'étude et la connaissance des inscriptions.

 

ÉPIGRAPHIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui se rapporte aux inscriptions. Science épigraphique. Études épigraphiques.

 

ÉPIGRAPHISTE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui est versé dans l'épigraphie.

 

ÉPILATOIRE

 

adj. des deux genres

. Qui sert à épiler. Pâte, poudre, crème, onguent épilatoire.

ÉPILEPSIE

 

n. f.

T. de Médecine

. Affection nerveuse caractérisée par des attaques, ordinairement de courte durée, dans lesquelles le malade tombe sans connaissance et éprouve des convulsions violentes, accompagnées de coma. On l'a appelée aussi Mal caduc ou Haut mal.

 

ÉPILEPTIFORME

 

adj. des deux genres

. T. de Médecine

. Qui présente les symptômes de l'épilepsie. Troubles épileptiformes.

 

ÉPILEPTIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Médecine

. Qui tient de l'épilepsie. Symptôme épileptique. Convulsions épileptiques.

Il signifie également Qui est sujet à l'épilepsie, atteint d'épilepsie. Il a un frère épileptique. Substantivement, Un, une épileptique.

Il s'emploie aussi au figuré pour indiquer une Violente agitation. Colère épileptique.

 

ÉPILER

 

v. tr.

Dégarnir des poils, des cheveux. Onguent à épiler. Tondeuse à épiler.

S'ÉPILER ou SE FAIRE ÉPILER signifient S'enlever ou se faire enlever les poils ou les cheveux soit en cas de maladie de peau, soit par coquetterie.

 

ÉPILLET

 

(ILL se prononce IYE.)n. m.

T. de Botanique

. Chacun des petits assemblages de fleurs dont la réunion forme l'épi ou la panicule d'une graminée.

 

ÉPILOGUE

n. m.

La dernière partie ou la conclusion d'un poème, d'un discours, etc. Dans un roman ou une pièce de théâtre, ce mot désigne plus spécialement le Récit ou le Tableau d'un ensemble de faits qui sont censés s'être passés après l'action du roman ou du drame. L'épilogue doit résumer les principaux points d'un discours. L'épilogue d'un récit, d'un drame. Fig., Tel fut l'épilogue de cette aventure, de ce procès.

 

ÉPILOGUER

 

v. intr.

S'ingénier à faire des critiques par le détail. Il épilogue sur tout.

 

ÉPILOGUEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui épilogue sans cesse.

 

ÉPINAIE

 

n. f.

Lieu où poussent des arbustes épineux.

 

ÉPINARD

 

n. m.

Plante potagère dicotylédone, à graine épineuse, dont les feuilles sont comestibles et se mangent cuites.

En termes de Cuisine, il se met au pluriel. Un plat d'épinards au jus, au beurre.

Épinard-fraise. Voyez BLETTE.

Fig., Frange, gland à graine d'épinards, Frange, gland dont les filets ressemblent à un assemblage de graines d'épinards. L'épaulette à graine d'épinards représentait un grade supérieur dans l'armée française.

 

ÉPINÇAGE

 

n. m.

T. d'Arts

. Action d'épincer.

ÉPINCER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Tailler la pierre avec l'épinçoir.

Il signifie aussi Débarrasser le drap de ses impuretés.

 

ÉPINÇOIR

 

n. m.

T. d'Arts

. Gros marteau court, à biseau peu tranchant, dont on se sert pour fendre la pierre, tailler les pavés.

 

ÉPINE-VINETTE

 

n. f.

T. de Botanique

. Espèce d'arbrisseau qui a des piquants et qui porte un fruit rouge et acide. L'épine- vinette est commune dans certains bois. Sirop, confiture, dragée d'épine-vinette.

 

ÉPINE

 

n. f.

Espèce d'arbre ou d'arbrisseau dont les branches ont des piquants. Épine blanche. Épine noire. Une haie d'épines. Sa terre est en friche, il n'y croît que des épines. La couronne d'épines de Notre-Seigneur.

Il se dit aussi des Piquants qui viennent à l'épine et à quelques autres arbres et arbustes. Cette espèce de rosier a beaucoup d'épines. Une épine l'a piqué. Il lui est entré une épine dans le pied, dans le doigt. On ne le dit proprement, en termes de Botanique, que des Piquants produits par les corps ligneux; les autres se nomment Aiguillons.

Fig., C'est un fagot d'épines, on ne sait par où le prendre. Voyez FAGOT.

Fig. et fam., Être sur des épines, sur les épines, Être dans de grandes inquiétudes et dans de grandes impatiences.

Fig., Marcher sur des épines, Être dans une situation difficile.

Fig., C'est une épine au pied, C'est un sujet de perplexité, d'embarras; c'est un empêchement fâcheux. Depuis qu'il a assumé cette tâche, depuis qu'il s'est mis dans cette affaire, il a une furieuse épine au pied. On dit, dans un sens analogue, Tirer à quelqu'un une épine, une grosse épine du pied, Le délivrer d'un grand embarras, d'une situation pénible, d'un empêchement. On dit de même, Avoir une épine, une grosse, une fâcheuse épine hors du pied.

Au pluriel, il signifie figurément Difficultés, choses qui donnent beaucoup de peine, qui sont désagréables, fâcheuses. Il n'y a point de science dont l'étude ne soit pleine d'épines et de difficultés. La vie est hérissée d'épines.

Prov. et fig., Il n'est point de roses sans épines, Il n'y a point de plaisir sans peine, point de joie sans quelque mélange de chagrin.

Par analogie ou par extension, il a différentes acceptions dans la langue didactique; il désigne notamment les Piquants de certains poissons; les Piquants de châtaignes, de poires, etc.; la Suite de vertèbres qui règne le long du dos de l'homme et d'un groupe d'animaux et qu'on nomme autrement Colonne vertébrale. Il s'est rompu l'épine dorsale.

 

ÉPINETTE

 

n. f.

Nom vulgaire de plusieurs espèces de sapins dans l'Amérique du Nord. Les pêcheurs de Terre-Neuve font une sorte de bière avec les jeunes pousses de l'épinette blanche.

Il se dit aussi d'un Instrument de musique à clavier et à cordes de fil d'archal, plus petit qu'un clavecin. Jouer de l'épinette. Le clavier d'une épinette. Le piano a remplacé le clavecin et l'épinette.

 

ÉPINEUX, EUSE

 

adj.

Qui a des épines, des piquants. Arbres épineux. Tige épineuse. La plupart des sauvageons sont épineux.

Il signifie figurément Qui est plein de difficultés, d'embarras, de contrariétés, etc., qui donne beaucoup de peine. Une affaire épineuse. Ma situation est fort épineuse. Matière épineuse. Question épineuse.

Il se dit aussi des Personnes et signifie Qui fait des difficultés sur tout. Il est désagréable d'avoir affaire à lui, il est trop épineux.

 

ÉPINGLE

 

n. f.

Petite tige de métal (laiton, cuivre, fer, acier, etc.) pointue par un bout, ayant une tête à l'autre. Épingle blanche. Tête d'épingle. Pointe d'épingle. Piqûre d'épingle. Attacher avec une épingle. Il s'est enfoncé une épingle dans le doigt.

Épingle à cheveux, Fil d'acier, replié par le milieu de manière à former deux branches et qui sert aux femmes à fixer leurs cheveux. Épingle d'écaille, Petite fourche en écaille qui sert au même usage.

Épingles anglaises ou de nourrice, Épingles de sûreté, formées de deux branches dont l'une est terminée par un protège-pointe.

Fig. et fam., Tirer son épingle du jeu, Se dégager adroitement d'une affaire. Il s'était mis dans ce parti, mêlé à une fâcheuse intrigue, mais il a tiré son épingle du jeu.

Fam. et par exagération, Cela ne vaut pas une épingle, je n'en donnerais pas une épingle, se dit d'une Chose de très petite valeur. On dit de même, par indifférence ou par mépris, Je m'en soucie comme d'une épingle. On dit aussi. Ces deux choses se ressemblent tellement que j'en donnerais le choix pour une épingle.

Fam. et par exagération, Une épingle ne tomberait pas par terre, se dit d'un Endroit où la foule est très compacte.

Fam., Être tiré à quatre épingles, Être ajusté avec un soin extrême, et de manière à paraître craindre de déranger sa toilette.

Fig. et fam., Coups d'épingle, Piqûres d'épingle, Offenses légères, mais souvent répétées, faites à une personne.

Il se dit également d'une Espèce de bijou en forme d'épingle, qui porte souvent, au lieu de tête, quelque petite pierrerie ou quelque autre ornement, et qui sert principalement aux hommes pour fixer leur cravate ou aux femmes pour faire tenir leur chapeau. Épingle de diamant. Épingle d'or. Faire monter un camée, une médaille en épingle.

Il se disait au pluriel de Dons et gratifications que l'on ajoutait au prix d'un marché, d'un service rendu. Il a fallu payer telle somme et tant pour les épingles.

 

ÉPINGLÉ

 

adj. m.

Il se dit de Certaines étoffes à cannelures. Velours épinglé.

Il se dit encore, comme nom masculin, d'une Étoffe de laine servant surtout à faire des vêtements d'homme.

 

ÉPINGLER

 

v. tr.

Attacher avec une épingle.

 

ÉPINGLERIE

n. f.

Fabrique d'épingles. Il se dit aussi de l'Industrie de la fabrication des épingles.

 

ÉPINGLETTE

 

n. f.

T. d'Arts

. Tige de cuivre fine et longue servant à maintenir la mèche de la cartouche d'un fourneau de mine pendant son bourrage.

 

ÉPINGLIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui fabrique ou vend des épingles.

 

ÉPINIER

 

n. m.

T. de Chasse

. Bois ou fourré d'épines, où les bêtes noires se retirent.

 

ÉPINIÈRE

 

adj. f.

T. d'Anatomie

. Qui appartient à l'épine dorsale. La moelle épinière.

 

ÉPINOCHE

 

n. f.

Petit poisson qui habite les eaux douces ou saumâtres.

 

ÉPIPHANIE

 

n. f.

Manifestation de JÉSUS- CHRIST aux rois mages venus pour l'adorer.

Il se dit aussi de la Fête de l'Église célébrant cette adoration et appelée aussi le Jour des Rois. La fête de l'Épiphanie. Le premier dimanche après l'Épiphanie.

ÉPIPHONÈME

 

n. m.

T. de Rhétorique

. Exclamation sentencieuse par laquelle on termine quelque récit ou quelque raisonnement.

 

ÉPIPLOON

 

n. m.

T. d'Anatomie

. Grand repli du péritoine, qui flotte au-devant de l'intestin grêle. Il se dit aussi de Quelques autres de moindre étendue qui unissent des viscères entre eux. Le grand épiploon. Le petit épiploon, ou L'épiploon gastro-hépatique. L'épiploon gastro-splénique.

 

ÉPIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui raconte une épopée. Poète épique. Le poème épique raconte, le poème dramatique représente. L'Iliade, la Chanson de Roland, la Jérusalem délivrée sont des poèmes épiques.

Il signifie également Qui est propre à l'épopée ou qui s'y applique. Le genre épique. Donner la forme épique à un récit. Des vers épiques. Il prend le ton épique lorsqu'il devrait être simple.

Il se dit encore et souvent avec ironie au sens d'Extraordinaire, inimaginable. Ce fut épique. Ce fut une scène épique.

 

ÉPISCOPAL, ALE

 

adj.

Qui appartient à l'évêque. Ornements épiscopaux. Dignité épiscopale. Palais épiscopal.

Il s'emploie comme nom masculin pluriel pour désigner, en Angleterre, Ceux qui tiennent à l'épiscopat, par opposition aux Presbytériens. Les épiscopaux.

 

ÉPISCOPAT

 

n. m.

Dignité d'évêque. Il s'est élevé jusqu'à l'épiscopat.

Il se dit aussi du Corps des évêques. Il fait honneur à l'épiscopat.

Il se dit encore du Temps pendant lequel un évêque a occupé son siège. Pendant son épiscopat.

ÉPISODE

 

n. m.

Action incidente liée à l'action principale dans un poème, dans une histoire, dans une biographie, dans un roman. Un épisode bien amené, intéressant.

Il se dit aussi d'un Récit qu'on introduit dans un poème didactique pour lui donner plus de variété, plus d'intérêt. L'épisode d'Aristée dans les Géorgiques de Virgile.

Il se dit également, en termes de Peinture, de Toute action ou scène secondaire ajoutée à celle qui fait le sujet principal d'un tableau.

Il se dit aussi, figurément, de Certains faits, de certains incidents, isolés en apparence, mais qui se rattachent plus ou moins à quelque grand événement. La destruction des oeuvres d'art est un épisode habituel des révolutions. Ceci ne fut dans ma vie qu'un simple épisode.

 

ÉPISODIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui appartient à un épisode. Action épisodique. Scène épisodique. Personnage épisodique.

 

ÉPISPASTIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Pharmacie

. Qui agit sur la peau, y détermine de la chaleur, de la rougeur et un afflux de sérosité qui soulève et détache l'épiderme. Les cantharides, la moutarde, l'ail sont épispastiques. Poudre épispastique. Substantivement, Appliquer un épispastique.

 

ÉPISPERME

 

n. m.

T. de Botanique

. Tégument qui recouvre la graine.

 

ÉPISSER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Réunir un bout de corde ou de câble métallique à un autre, en entrelaçant les divers torons qui les composent. Épisser un câble.

ÉPISSOIR

 

n. m.

T. d'Arts

. Instrument en forme de poinçon qui sert à épisser.

 

ÉPISSURE

 

n. f.

T. d'Arts

. Jonction, assemblage de deux bouts de corde ou de câble métallique par l'entrelacement de leurs torons. Épissure carrée. Épissure longue.

 

ÉPISTOLAIRE

 

adj. des deux genres

. Qui regarde la manière d'écrire des lettres. Il n'est guère usité que dans ces deux locutions : Style épistolaire. Genre épistolaire.

Il s'emploie aussi comme nom et se dit des Auteurs dont les lettres ont été recueillies. Les catalogues de bibliothèques mettent cet auteur parmi les épistolaires.

 

ÉPISTOLIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui écrit beaucoup de lettres.

 

ÉPISTYLE

 

n. m.

T. d'Architecture ancienne

. Architrave, pierre, ou pièce de bois qui pose sur le chapiteau de la colonne.

 

ÉPITAPHE

 

n. f.

Inscription que l'on met sur un tombeau ou qui, dans certains ouvrages, est supposée faite pour être mise sur un tombeau. Mettre, graver une épitaphe. Épitaphe en vers.

 

ÉPITASE

n. f.

T. de Rhétorique ancienne

. La partie du poème dramatique qui vient immédiatement après la protase ou l'exposition et qui contient les incidents qui font le noeud de la pièce.

 

ÉPITHALAME

 

n. m.

T. d'Antiquité

. Sorte de poème qui se faisait à l'occasion d'un mariage et à la louange des nouveaux mariés.

 

ÉPITHÉLIAL, ALE

 

adj.

T. d'Anatomie

. Qui est relatif à l'épithélium. Égratignure épithéliale. Cellule épithéliale.

 

ÉPITHÉLIUM

 

n. m.

T. d'Anatomie

. Couche superficielle des membranes muqueuses, séreuses, vasculaires et glandulaires.

 

ÉPITHÈME

 

n. m.

T. didactique

. Toute espèce de topique qui n'est ni un onguent ni un emplâtre. La composition des épithèmes varie beaucoup. Épithème liquide. Épithème sec.

Il se dit aussi, en termes de Zoologie, de l'Appendice du bec de certains oiseaux.

 

ÉPITHÈTE

 

n. f.

Mot que l'on ajoute à un nom pour exprimer un des aspects sous lesquels on envisage la personne ou la chose désignée par ce nom. Dans les expressions Nuit obscure, ombrage frais, âme généreuse, les mots obscure, frais, généreuse sont des épithètes. Ces vers sont trop chargés d'épithètes. Épithète louangeuse, outrée, exagérée, injurieuse. Épithète rare. Épithète oiseuse.

Par extension, il signifie Qualification en bien ou en mal. Disons de lui sans épithète... ÉPITOGE

 

n. f.

Sorte d'ornement de couleur jaune ou amarante que les professeurs portent à l'épaule sur leur robe dans les cérémonies.

Il se disait autrefois de l'Espèce de chaperon ou de capuce que les présidents à mortier et le greffier en chef du Parlement portaient sur la tête ou sur l'épaule dans les grandes cérémonies.

 

ÉPITOMÉ

 

n. m.

Abrégé d'un livre, et particulièrement d'une histoire. Épitomé de l'histoire romaine. Épitomé de Trogue-Pompée par Justin.

 

ÉPÎTRE

 

n. f.

Lettre missive, chez les anciens. Les Épîtres de Cicéron. Les Épîtres familières. Les Épîtres de saint Paul. Les Épîtres de saint Jérôme. Les Épîtres canoniques. Les Épîtres catholiques.

On l'emploie quelquefois, dans le langage familier, avec une nuance d'ironie, en parlant d'une Lettre ordinaire, J'ai reçu de lui une longue épître à ce sujet.

Il se dit aussi, par extension, de Lettres en vers adressées à quelqu'un. Les Épîtres d'Horace, de Boileau, de Pope. Épître dédicatoire.

Il signifie encore, en termes de Liturgie, Leçon tirée de l'Écriture sainte, et plus ordinairement des Épîtres de saint Paul, ou des Épîtres canoniques, qui se dit un peu avant l'Évangile et que le sous-diacre chante dans les messes hautes. Chanter l'épître. La messe en est à l'épître.

Le côté de l'épître, Le côté droit de l'autel, en entrant dans le choeur. Dans telle cérémonie, les officiants étaient du côté de l'épître. Dans les cathédrales, le trône épiscopal est placé du côté de l'épître.

 

ÉPIZOOTIE

 

n. f.

Toute maladie contagieuse qui frappe les animaux et spécialement une famille de bestiaux. Les épizooties les plus fréquentes sont le charbon du mouton, le choléra des poules, la fièvre aphteuse.

 

ÉPIZOOTIQUE

adj. des deux genres

. Qui tient de l'épizootie. Maladie épizootique.

 

ÉPLORÉ, ÉE

 

adj.

Qui est tout en pleurs. Elle entra tout éplorée. Je trouvai ses parents tout éplorés. Une mère éplorée.

 

ÉPLOYÉ, ÉE

 

adj.

T. de Blason ou d'Arts décoratifs

. Qui a les ailes étendues. Aigle éployée. D'argent à l'aigle éployée de sable.

 

ÉPLUCHAGE

 

n. m.

Action d'éplucher.

 

ÉPLUCHER

 

v. tr.

Nettoyer en ôtant les parties inutiles ou ce qu'il y a de mauvais, de gâté. Éplucher des herbes, de la salade. Éplucher du riz. Éplucher une étoffe neuve, de la soie, du drap. Éplucher du papier nouvellement préparé.

S'ÉPLUCHER se dit de Certains animaux qui se nettoient de leur vermine, des ordures qu'ils ont sur le corps. Un singe qui s'épluche. Les oiseaux s'épluchent avec leur bec.

ÉPLUCHER signifie encore, figurément et familièrement, Rechercher avec soin, avec un scrupule critique, ce qu'il peut y avoir de faux, de mauvais, de reprochable en quelque chose. Éplucher un ouvrage. Éplucher la généalogie, la vie, les actions de quelqu'un.

 

ÉPLUCHEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui épluche. Il s'emploie surtout figurément et familièrement.

 

ÉPLUCHOIR

n. m.

T. d'Arts

. Petit couteau qui sert à éplucher les étoffes, le papier.

 

ÉPLUCHURE

 

n. f.

Déchet que l'on ôte de quelque chose qu'on épluche. Il s'emploie surtout au pluriel. Jeter les épluchures.

 

ÉPODE

 

n. f.

Terme de la poésie lyrique des Grecs

. La troisième partie de l'ode, divisée en strophe, antistrophe, épode.

 

ÉPOINTER

 

v. tr.

Émousser une chose en lui ôtant sa pointe. Épointer un couteau, des ciseaux, une aiguille.

Il signifie aussi Tailler en pointe. Épointer un crayon.

Le participe passé ÉPOINTÉ s'emploie spécialement en termes de Manège et de Chasse et se dit soit d'un Cheval qui s'est démis les hanches par quelque effort, soit d'un Chien qui s'est cassé les os des cuisses.

 

ÉPOIS

 

n. m. pl.

T. de Chasse

. Pointes qui terminent le bois du cerf.

 

ÉPONGE

 

n. f.

Substance légère et élastique, provenant d'un zoophyte marin, qu'on trouve adhérente aux rochers dans la mer et dont la substance, grâce à sa porosité, absorbe les liquides dans lesquels on la plonge. Grosse éponge. Éponge fine. L'humidité a fait gonfler cette éponge. Pêcheurs d'éponges.

Par analogie et par apposition, Tissu éponge, Tissu qui absorbe l'eau.

Passer l'éponge sur quelque chose de peint ou d'écrit, L'effacer. Fig., Passer l'éponge sur quelque action, sur quelque faute, etc., En effacer le souvenir, l'oublier, n'en plus parler.

Fig., Boire comme une éponge. Voyez BOIRE.

Fig. et fam., Presser l'éponge, Tirer d'un pays mis à contribution ou d'une personne tout ce qu'il est possible de s'approprier.

En termes de Zoologie, il se dit du Zoophyte qui produit l'éponge.

 

ÉPONGE

 

n. f.

T. d'Arts

. Bord. Il se dit du Bord de chaque branche d'un fer à cheval.

Il se dit encore du Bord de la table sur laquelle on coule le plomb en nappe.

Il se dit aussi, en termes de Chasse, du Dessous du pied du cerf et, par extension, de son talon.

 

ÉPONGER

 

v. tr.

Essuyer avec une éponge. Éponger une voiture.

Il signifie aussi Étancher, enlever un liquide avec une éponge, avec un tissu spongieux. Épongez vite cette encre, épongez-la avec ce morceau de buvard.

S'éponger le front, ou simplement S'éponger signifie Éponger la sueur qu'on a sur la tête.

 

ÉPONTILLE

 

n. f.

T. de Marine

. Chacun des étais verticaux qui servent à soutenir un pont de navire ou à supporter un navire en construction dans un chantier.

 

ÉPONYME

 

n. m.

T. d'Antiquité grecque

. Celui des neuf archontes qui, à Athènes, donnait son nom à l'année.

Il s'emploie aussi comme adjectif. Archonte éponyme.

Il se disait aussi des Dieux, des héros, dont une ville, une tribu portait le nom. Les héros éponymes des dix tribus d'Athènes.

 

ÉPOPÉE

 

n. f.

Grande composition, généralement en vers, qui raconte quelque action héroïque, embellie d'épisodes, de fictions et d'événements merveilleux. L'Iliade, l'Énéide, la Jérusalem délivrée sont des épopées.

Par extension, il signifie Suite de faits historiques qui, par leur caractère héroïque, rappellent les récits merveilleux des poètes. L'épopée napoléonienne. L'épopée des fusiliers marins pendant la grande guerre.

 

ÉPOQUE

 

n. f.

Moment de l'histoire qui ordinairement est marqué par quelque événement considérable. La naissance de JÉSUS- CHRIST est l'époque où commence l'ère chrétienne. Les grandes époques de l'histoire.

Faire époque se dit d'un Événement remarquable qui ne peut de longtemps s'oublier. Ces choses-là font époque dans la vie.

En termes de Géologie, L'époque tertiaire, quaternaire. Voyez ces mots.

En termes d'Astronomie, il se dit du Moment où, d'après les calculs, une planète doit être à tel point de son orbite.

En termes de Physiologie, Les époques d'une femme. Voyez MENSTRUES.

Il se dit aussi de Toute partie de la durée considérée par rapport à ce qui s'y passe, à ce qu'on y fait. L'époque de son avènement au trône, de son mariage. J'étais à cette époque très loin de Paris. Nous sommes à l'époque de l'année où tout semble renaître. Je serai en Italie au mois d'octobre, tâchez d'y venir à la même époque. À toutes les époques de la vie. Les principales grandes époques littéraires.

 

ÉPOUFFÉ, ÉE

 

adj.

Qui s'empresse pour un sujet peu important, de manière à être toute haletante, à ne pouvoir plus respirer qu'avec peine, en parlant d'une Personne. Il est venu tout épouffé nous apporter cette belle nouvelle. Il est familier.

 

ÉPOUFFER (S')

v. pron.

S'essouffler. Il est surtout usité dans cette locution : S'épouffer de rire. Il est familier.

 

ÉPOUILLER

 

v. tr.

Débarrasser quelqu'un de ses poux. Une chatte qui épouille son petit. Un gueux qui s'épouille.

 

ÉPOUMONER

 

v. tr.

Fatiguer les poumons. Cette longue conversation m'a époumoné. Je me suis époumoné à force de crier.

 

ÉPOUSAILLES

 

n. f.

pl. Célébration d'un mariage. Il est vieux.

 

ÉPOUSÉE

 

n. f.

Celle qu'un homme vient d'épouser, ou qu'il va épouser. Mener l'épousée à l'église. Il a vieilli.

Fam., Marcher comme une épousée, Marcher lentement avec un air de réserve.

Cette femme est parée comme une épousée de village, Elle est parée avec affectation.

 

ÉPOUSER

 

v. tr.

Prendre en mariage. Ils s'aimaient depuis longtemps, enfin ils se sont épousés. Par extension, Qui épouse la femme épouse les dettes. Épouser une grosse dot.

Il signifie, au figuré, Choisir de propos délibéré une chose et s'y attacher. Épouser les intérêts, les passions, la querelle de quelqu'un.

En termes d'Arts, il signifie S'adapter exactement à une forme donnée. Ce vêtement épouse les formes du corps. Ce chemin épouse les accidents du terrain.

 

ÉPOUSEUR

n. m.

Celui qui est disposé à se marier et dont les intentions sont connues. Cette jeune fille écarte les épouseurs.

 

ÉPOUSSETAGE

 

n. m.

Action d'épousseter.

 

ÉPOUSSETER

 

(J'époussette; nous époussetons.) v. tr.

Nettoyer avec un plumeau ou avec des époussettes. Époussetez les objets de cette étagère.

Épousseter un cheval, Le nettoyer avec l'époussette, après l'avoir étrillé.

 

ÉPOUSSETTE

 

n. f.

Espèce de brosse dont on se sert pour nettoyer des habits, des étoffes, etc. En ce sens, il s'emploie presque toujours au pluriel, comme une sorte de nom collectif. Il a vieilli.

Il se dit aussi d'un Morceau d'étoffe avec lequel on nettoie un cheval après l'avoir étrillé.

 

ÉPOUVANTABLE

 

adj. des deux genres

. Qui cause de l'épouvante. Une vision, un crime épouvantable. Menaces épouvantables.

Il se dit généralement, par exagération, de Tout ce qui est étonnant, incroyable, étrange, excessif. Laideur épouvantable. Douleurs épouvantables. Faim épouvantable. Bruit, fracas épouvantable.

 

ÉPOUVANTABLEMENT

 

adv.

D'une manière épouvantable.

 

ÉPOUVANTAIL

n. m.

Haillon que l'on met au bout d'une perche, d'un bâton dans les chènevières, dans les champs, dans les jardins, pour épouvanter les oiseaux. Il faut mettre là un épouvantail.

Fig. et fam., C'est un épouvantail à moineaux, ou simplement C'est un épouvantail, se dit d'une Personne habillée ridiculement.

Fig., Ce n'est qu'un épouvantail se dit pour donner à entendre qu'une personne ou qu'une chose, dont on veut nous faire peur, n'est propre qu'à épouvanter des personnes timides.

 

ÉPOUVANTE

 

n. f.

Grande et soudaine peur causée par quelque chose d'imprévu. Causer, donner de l'épouvante. Jeter, porter l'épouvante dans le pays ennemi. L'épouvante l'a pris. Ils ont été saisis d'épouvante.

 

ÉPOUVANTEMENT

 

n. m.

Épouvante portée au plus haut degré. Il se dit surtout dans cette expression : Les épouvantements de la mort.

 

ÉPOUVANTER

 

v. tr.

Terrifier d'épouvante. Il l'épouvantait par ses menaces. Il les épouvantait de ses triomphes rapides. Il pensait m'épouvanter, mais je ne m'étonne pas pour le bruit. La moindre chose, un rien, tout l'épouvante.

S'ÉPOUVANTER signifie Être pris d'épouvante. Cet homme ne s'épouvante pas aisément. Il s'épouvante pour peu de chose, de peu de chose.

 

ÉPOUX, OUSE

 

n.

Celui, celle que le mariage unit à une personne de l'autre sexe. Il ne s'emploie plus guère que dans la langue administrative. Prendre pour épouse. Dire le nom de l'époux, de l'épouse. Les époux se doivent mutuelle obéissance. Épouse légitime. Le futur époux. La future épouse. Dans le langage ordinaire, on dit plutôt Mari et Femme.

Fig., dans le langage mystique, Le céleste époux, Notre-Seigneur JÉSUS-CHRIST. On dit aussi que JÉSUS-CHRIST est l'époux de son Église; et on appelle quelquefois l'Église L'épouse de JÉSUS-CHRIST. Les épouses de JÉSUS-CHRIST, Les religieuses ou les filles qui ont fait voeu de virginité.

Absolument, L'Époux et l'Épouse, se dit des Deux personnages mystiques qui figurent dans le Cantique des cantiques.

 

ÉPREINDRE

 

(Il se conjugue comme ASTREINDRE.)v. tr. Serrer, presser quelque chose pour en tirer le suc, pour en exprimer le jus. Épreindre des herbes. Épreindre du verjus.

Par extension, il signifie Faire sortir en pressant. Épreignez-en le suc.

 

ÉPRENDRE (S')

 

(Il se conjugue comme PRENDRE.)v. pron. Se prendre de passion pour une personne, pour une chose. Il s'éprit de cette femme. Être épris des doctrines nouvelles, épris de vérité. Épris d'une belle passion pour le théâtre.

 

ÉPREUVE

 

n. f.

Action d'éprouver, essai, expérience qu'on fait de quelque chose. Faire l'épreuve d'une machine nouvelle. Cette chaudière n'a pas résisté aux épreuves. En style parlementaire, Épreuve à mains levées. Épreuve par assis et levé.

Il se dit, dans un sens analogue, en parlant des Personnes. Les francs-maçons font subir des épreuves à ceux qui entrent dans leur ordre. Tenter une épreuve, des épreuves sur quelqu'un. Vous l'avez mis à une rude épreuve. Mettre la constance, la fidélité, la patience de quelqu'un à l'épreuve.

Épreuves écrites, Épreuves orales se dit en parlant des Diverses parties d'un examen.

Il se dit particulièrement des Malheurs, des dangers, etc., où il est nécessaire de montrer de la fermeté, du courage, de la constance. Passer par de rudes épreuves. Il soutint courageusement l'épreuve, toutes les épreuves de la mauvaise fortune.

Cela est à l'épreuve du feu, se dit d'une Chose que le feu ne peut consumer, calciner, altérer. Cette cuirasse est à l'épreuve des balles, de la balle, Les balles ne la percent point. Ce chapeau, ce manteau est à l'épreuve de la pluie, La pluie ne le traverse pas, etc.

Fig., Être à l'épreuve de la médisance, de la calomnie, Être au-dessus de la médisance, de la calomnie, ne point craindre les attaques, les atteintes de la médisance, de la calomnie. Être à l'épreuve de tout, être à toute épreuve, Être d'une probité reconnue, d'une fidélité incorruptible, être un homme absolument sûr. Être à l'épreuve de la tentation, de la séduction, Être inaccessible à la tentation, à la séduction.

Courage à toute épreuve; zèle, dévouement à toute épreuve, Courage, zèle, dévouement que rien n'ébranle, ne rebute, n'affaiblit. Un ami à toute épreuve, Un ami sur lequel on peut compter dans toutes les occasions.

Épreuve judiciaire, Épreuve à laquelle on soumettait la personne accusée d'un crime pour s'en rapporter au jugement de Dieu. Il y avait plusieurs sortes d'épreuves judiciaires : l'épreuve du feu, du fer chaud, de l'eau bouillante, de l'eau froide, du duel, etc.

Il se dit particulièrement, en termes de Typographie, d'une Feuille d'impression sur laquelle on indique les corrections, les changements que devra faire l'imprimeur. La première épreuve. La seconde épreuve. Corriger ses épreuves, revoir une épreuve. Mettre le bon à tirer sur la dernière épreuve.

Il se dit, en termes de Gravure, des Premières feuilles qu'on tire sur une planche gravée pour juger de l'état du travail et voir s'il n'y a point de fautes. La première épreuve de cette estampe n'est pas bien venue. Il se dit, par extension, de Toute estampe tirée après que le travail est entièrement terminé. Voilà une belle épreuve. Épreuve avant la lettre, Épreuve qui, tirée avant que le titre ou la légende aient été imprimés, bénéficie du meilleur état de la planche. Épreuve avec la lettre.

En termes de Photographie, Épreuve négative, Épreuve dans laquelle les teintes sont renversées, c'est-à-dire que les ombres de l'objet y sont représentées par des clairs et réciproquement. L'épreuve faite sur celle-ci et dans laquelle les teintes sont de nouveau renversées, c'est-à-dire ramenées à leur ordre naturel, s'appelle Épreuve positive.

 

ÉPROUVER

 

v. tr.

Mettre à l'épreuve un objet pour se rendre compte s'il a toutes les qualités voulues. Éprouver une arme à feu. Éprouver un canon. Éprouver une cuirasse. C'est un remède que j'ai éprouvé. Éprouvez si cela vous fera du bien.

Il se dit souvent en parlant des Personnes ou de leurs qualités, de leurs sentiments, etc. Éprouver quelqu'un avant de se fier à lui. Éprouver la fidélité, la probité de quelqu'un. C'est un homme d'une vertu, d'une valeur éprouvée. Il voulut éprouver leur constance, leur résignation. Éprouver le savoir de quelqu'un. Le malheur nous éprouve. Dieu nous éprouve.

Il signifie aussi, tant au sens physique qu'au sens moral, Ressentir, connaître par expérience. Éprouver des sensations. Éprouver de la douleur, du plaisir, des peines, de l'ennui. Il a éprouvé l'une et l'autre fortune. Il éprouva, à ses dépens, qu'il ne faut jamais trop compter sur ses amis. Au participe passé employé adjectivement, C'est un homme fort éprouvé, Qui a beaucoup souffert.

Il se dit, par analogie, des Changements, des variations, des altérations, qui surviennent aux choses. Les altérations qu'une substance éprouve quand elle est soumise à l'action du feu. Sa conduite, son caractère en éprouva un changement notable.

ÉPROUVETTE

 

n. f.

T. d'Arts

. Instrument à l'aide duquel on vérifie la qualité, l'état de certaines matières. Éprouvette pour connaître la force de la poudre. Éprouvette de savonnier, de potier.

Il se dit en termes de Chimie, d'un Vase de verre cylindrique gradué ou non gradué, destiné particulièrement à recueillir les gaz et employé pour de nombreuses manipulations.

Il se dit aussi, en termes de Chirurgie, de Certaines sondes.

 

ÉPUCER

 

v. tr.

Débarrasser un animal de ses puces. Épucer un chien. Un chat qui s'épuce.

 

ÉPUISABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut être épuisé. Il est peu usité.

 

ÉPUISEMENT

 

n. m.

Action d'épuiser, en tout ou en partie, les eaux amassées en quelque endroit ou Résultat de cette action. On travaille depuis plusieurs jours à l'épuisement des eaux de la mine.

Il signifie, par extension, Perte considérable de telle ou telle partie des forces de l'organisme et en général Dissipation de forces. L'épuisement où il est tombé est la rançon de ses excès. Les jeûnes et les veilles l'ont réduit à l'épuisement. Mourir d'épuisement.

Il se dit aussi figurément, surtout en parlant des Finances, lorsqu'elles ont été épuisées par des dépenses excessives. L'épuisement du Trésor contraignit de recourir à des moyens extraordinaires.

 

ÉPUISER

 

v. tr.

Mettre à sec en puisant. Épuiser une fontaine à force d'en tirer de l'eau. Cette source s'est épuisée. L'armée était si nombreuse que partout où elle campait elle épuisait les fontaines et les ruisseaux.

Il se dit aussi en parlant du Sang et de tout ce qui contribue à l'entretien des forces du corps. On l'a trop saigné, on l'a épuisé. À son âge, une trop grande application épuise le cerveau. Ses débauches ont épuisé ses forces. S'épuiser à force de travail. S'épuiser à force de crier, à crier. S'épuiser en efforts inutiles.

Épuiser un sol, une terre, En absorber tous les sucs nourriciers. Cette plante épuise le sol où elle se propage.

Par extension, Épuiser une mine, En extraire tout ce qu'elle contient.

Il signifie au figuré Consommer, absorber, employer certaines choses de manière à n'en plus laisser du tout. Ils avaient épuisé toutes leurs munitions. Leurs ressources étaient épuisées. Épuiser les richesses d'un pays. Nos provisions commençaient à s'épuiser. Cette guerre épuisa le trésor public. Épuiser une province d'hommes et d'argent. Épuiser la bourse de quelqu'un. Après avoir épuisé tous les moyens de conciliation. Édition épuisée, Dont il ne reste plus aucun exemplaire à vendre chez l'éditeur.

Fig., Épuiser une matière, un sujet, Ne rien oublier de tout ce qui peut être dit sur la matière, sur le sujet qu'on traite. Cet auteur a épuisé la matière. Il a épuisé son sujet.

Fig., Un esprit épuisé, une imagination épuisée, Un esprit, une imagination usés, qui ne peuvent plus rien produire de nouveau.

 

ÉPUISETTE

 

n. f.

Sorte de filet de pêche en forme de sac, monté sur un cerceau et adapté à un manche.

Il est aussi synonyme d'ÉCOPE. Voyez ce mot.

 

ÉPULIDE ou ÉPULIE

 

n. f.

T. de Médecine

. Excroissance de chair qui se forme sur les gencives.

 

ÉPURATION

 

n. f.

Action d'épurer. L'épuration du sang. L'épuration des métaux. L'épuration des huiles. Fig., Épuration des moeurs. Épuration de la langue. Épuration du théâtre. Épuration d'un corps politique, d'un personnel administratif.

 

ÉPURE

n. f.

T. d'Architecture

. Dessin de quelque édifice, ou de quelque partie d'un édifice, qu'on trace sur une muraille, sur un plancher, sur une surface bien unie, dans les dimensions que doit avoir l'édifice, ou la partie d'édifice, afin d'y prendre les mesures nécessaires. L'épure d'une église, d'une voûte, d'une colonne. L'épure d'une charpente.

Il se dit, par extension, du Même dessin réduit d'après une échelle et des dessins en petit que l'on fait pour s'exercer à tracer des épures en grand.

Il désigne aussi, en termes de Géométrie descriptive, un Dessin au trait qui représente sur un plan l'ensemble des proportions des différents points ou lignes d'une figure.

 

ÉPURER

 

v. tr.

Rendre pur, rendre plus pur. Il faut épurer ce sirop. Épurer de l'eau bourbeuse en la filtrant. Le feu épure les métaux.

Fig., Épurer la langue, Rendre la langue plus correcte. On dit aussi Épurer son style.

Épurer un auteur, Retrancher des ouvrages d'un auteur ce qu'il y a de trop libre et de choquant.

Épurer le théâtre, Faire en sorte qu'il n'y ait rien dans les pièces de théâtre qui puisse blesser les moeurs.

Épurer le goût, Le rendre plus sûr et plus délicat.

Épurer le coeur, l'âme, les sentiments de quelqu'un, Chasser de l'esprit et du coeur de quelqu'un les pensées, les sentiments contraires à la religion, aux bonnes moeurs, à l'honneur. Des lectures qui épurent l'âme. On dit aussi, dans le style de la Chaire, Épurer son coeur de toute affection terrestre.

Épurer les moeurs, Faire qu'elles soient plus pures, plus régulières.

Épurer une assemblée, En éliminer les membres qui sont jugés indignes d'y siéger.

S'ÉPURER signifie, tant au propre qu'au figuré, Devenir plus pur. Il faut laisser reposer cette liqueur, elle s'épurera avec le temps. L'or s'épure dans le creuset. La langue commençait à s'épurer. Les moeurs s'épurent. Le goût s'épure par de bonnes lectures.

 

ÉPURGE

 

n. f.

T. de Botanique . Plante de la famille des Euphorbiacées, dont les semences donnent une huile purgative. Le ricin commun se nomme aussi grande épurge.

 

ÉQUANIMITÉ

 

n. f.

Égalité d'âme.

 

ÉQUARRIR

 

v. tr.

Tailler à angles droits. Équarrir une poutre, une pierre, un bloc de marbre. Une pièce de bois équarrie.

Équarrir une glace, La rendre carrée en se servant du diamant et des pinces.

Il se dit aussi de l'Action de dépecer les bêtes mortes ou que l'on abat. Équarrir un cheval.

 

ÉQUARRISSAGE

 

n. m.

Action d'équarrir ou État de ce qui est équarri. Cette poutre a vingt-cinq centimètres d'équarrissage, c'est-à- dire vingt-cinq centimètres en tous sens.

Bois d'équarrissage, Le bois qui doit avoir au moins seize centimètres d'équarrissage.

Il signifie aussi Action d'écorcher, de dépecer les bêtes de somme ou de trait, comme les chevaux, les ânes.

 

ÉQUARRISSEMENT

 

n. m.

T. d'Arts

. Action d'équarrir ou État d'une chose équarrie. L'équarrissement d'une pierre, d'un morceau de bois. Tailler une pierre, un morceau de bois en équarrissement.

 

ÉQUARRISSEUR

 

n. m.

Celui qui fait métier de tuer et d'écorcher les bêtes de somme ou de trait.

 

ÉQUATEUR

(QUA se prononce COUA dans ce mot et dans les deux suivants.)n. m. Le plus grand des cercles de la sphère, qui est également distant des deux pôles et qu'on appelle aussi Ligne équinoxiale, équatoriale, ou simplement Ligne. Équateur terrestre. Équateur céleste. Le plan de l'équateur terrestre, prolongé indéfiniment dans l'espace, constitue l'équateur céleste, que le soleil traverse deux fois dans l'année, aux temps des équinoxes. C'est en parlant du cercle idéal tracé par ce plan sur la sphère céleste que l'on peut dire : Les peuples qui habitent sous l'équateur. Les régions situées sous l'équateur.

Les astronomes disent quelquefois dans un sens analogue L'équateur de Jupiter, de Saturne, etc.

 

ÉQUATION

 

n. f.

T. d'Algèbre

. L'expression de la condition d'égalité établie entre deux quantités algébriques. Équation du premier degré, du second degré. Les racines d'une équation. Les membres, les variables, les inconnues d'une équation. Résoudre, vérifier une équation.

En termes d'Astronomie, il se dit de la Quantité variable, mais déterminable par le calcul, qu'il faut ajouter ou ôter aux mouvements moyens pour obtenir les mouvements vrais. L'équation des temps est le nombre variable de minutes et de secondes qu'il faut ajouter chaque jour à l'époque du midi moyen pour avoir le midi vrai. Pendule à équation.

 

ÉQUATORIAL, ALE

 

adj.

Qui appartient à l'équateur. Contrées équatoriales. Plantes équatoriales. La ligne équatoriale, L'équateur.

En termes d'Astronomie, Étoiles, constellations équatoriales, Étoiles, constellations voisines de l'équateur.

Il s'emploie comme nom masculin pour désigner l'Instrument dont on se sert pour suivre le mouvement des astres, pour déterminer leur ascension droite et leur déclinaison. Les équatoriaux de l'Observatoire de Paris.

 

ÉQUERRE

 

n. f.

Instrument qui sert à tracer un angle droit et qui est principalement à l'usage des mathématiciens, des géomètres, des charpentiers, des menuisiers, des maçons, etc. Fait à l'équerre. Poser l'équerre. Dresser à l'équerre.

Il se dit aussi de Ce qui est à angle droit, de ce qui a la forme d'une équerre. Ce bâtiment n'est pas d'équerre. Bâti à fausse équerre. Mettre d'équerre. Disposer en équerre.

 

ÉQUERRER

 

v. tr.

Façonner une pièce de bois à l'aide de l'équerre, suivant un modèle appelé Gabarit.

 

ÉQUESTRE

 

adj. des deux genres

. Qui représente une personne à cheval. Statue équestre, figure équestre.

En termes d'Histoire, il signifie Qui concerne l'ordre des chevaliers. L'ordre équestre de Rome, de Pologne.

 

ÉQUIANGLE

 

adj. des deux genres

. T. de Géométrie

. Dont tous les angles sont égaux entre eux. Le carré est une figure équiangle.

Il se dit aussi d'une Figure qui a ses angles égaux à ceux d'une autre. Deux figures équiangles entre elles.

 

ÉQUIDIFFÉRENCE

 

n. f.

T. d'Arithmétique

. Résultat de la différence de deux nombres quand ce résultat se trouve égal à la différence de deux autres nombres.

 

ÉQUIDISTANT, ANTE

 

adj.

T. de Géométrie

. Qui dans toutes ses parties est également éloigné des parties d'un autre corps. Les lignes parallèles sont équidistantes.

 

ÉQUILATÉRAL, ALE

adj.

T. de Géométrie

. Qui a ses côtés égaux entre eux, en parlant d'une Figure. Triangle équilatéral. Polygones équilatéraux.

 

ÉQUILATÈRE

 

adj. des deux genres

. T. de Géométrie

. Dont les deux symptotes sont rectangulaires, en parlant d'une Hyperbole.

 

ÉQUILIBRE

 

n. m.

État des corps maintenus en repos sous l'influence de plusieurs forces qui se contrebalancent exactement. Cela est en équilibre. Dans un juste équilibre. Cela fait l'équilibre. L'équilibre des liquides. Équilibre stable. Équilibre instable.

Mettre une chose en équilibre, Faire que son poids se partage également des deux côtés d'un point d'appui, en sorte qu'elle reste immobile et ne penche ni de l'un ni de l'autre côté. On dit dans le même sens Être, se tenir en équilibre. Garder, perdre l'équilibre. Déranger l'équilibre. Se tenir en équilibre sur un seul pied.

Fig., Faire l'équilibre, Rendre les choses égales.

Il se dit figurément, en parlant d'États, de pouvoirs politiques, etc. L'équilibre européen. Le système de l'équilibre. L'équilibre des pouvoirs dans un gouvernement.

En termes de Finance, L'équilibre du budget. Budget en équilibre, Budget où les dépenses et les recettes se balancent exactement.

Il se dit aussi de l'Âme, de l'esprit quand aucune passion, aucun préjugé n'y prédomine, de manière à les troubler.

En termes de Peinture et de Sculpture, L'équilibre d'une composition, La répartition, la distribution bien entendue des masses qui la composent.

 

ÉQUILIBRER

 

v. tr.

Mettre, tenir en équilibre. Équilibrer des balances. Équilibrer les recettes et les dépenses. Ces deux forces, ces deux puissances s'équilibraient.

Fig., Un esprit bien équilibré, Un esprit dont les facultés sont dans un juste rapport. ÉQUILIBRISTE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui fait des exercices dans des positions où l'équilibre est difficile à garder.

 

ÉQUILLE

 

(ILL se prononce IYE.)n. f.

Petit poisson de mer qui, à la marée basse, s'enfonce dans le sable.

 

ÉQUINOXE

 

n. m.

Époque de l'année à laquelle le soleil, passant par l'équateur, rend les jours égaux sensiblement aux nuits pour toutes les régions de la terre. L'équinoxe de printemps. L'équinoxe d'automne. Les tempêtes des équinoxes. Les marées d'équinoxes.

Précession des équinoxes. Voyez PRÉCESSION.

 

ÉQUINOXIAL, ALE

 

adj.

Qui est relatif à l'équinoxe. Cercle équinoxial. Ligne équinoxiale, ou Équateur terrestre.

Cadran équinoxial, Cadran dont le plan est parallèle à l'équateur.

En termes de Botanique, Fleurs équinoxiales, Fleurs qui s'ouvrent et se ferment chaque jour à des heures déterminées.

 

ÉQUIPAGE

 

n. m.

T. de Marine

. Réunion de ceux qui montent un bâtiment pour en faire le service et la manoeuvre. L'équipage d'un navire marchand, d'un navire de guerre. Le vaisseau a péri, mais on a sauvé l'équipage. Ce vaisseau a six cents hommes d'équipage. Renforcer les équipages. Les hommes, les gens de l'équipage.

Il se dit aussi de Toutes les choses nécessaires pour certaines entreprises ou opérations, pour divers exercices. Équipage de guerre. Les équipages de l'armée. Équipage de siège. Équipage de chasse.

Il se dit souvent, dans un sens plus restreint, de la Voiture de luxe ou de commodité d'un particulier.

Il se disait autrefois du Train, de la suite, chevaux, mulets, carrosses, valets, etc., d'un riche personnage. Les équipages du prince. Un nombreux équipage. Son équipage est parti, est arrivé.

Il se dit quelquefois, familièrement et ironiquement, de la Manière dont une personne est vêtue, de l'aspect général qu'elle présente. Vous voilà dans un bel équipage.

 

ÉQUIPE

 

n. f.

Série de bateaux amarrés les uns aux autres, allant à la voile ou traînés par des hommes le long d'une rivière.

Il se dit aussi d'un Groupe d'ouvriers attachés à un travail spécial. Une équipe dans une gare de chemin de fer. Composer une équipe. Homme d'équipe. Chef d'équipe. Chez les mineurs, Équipe de jour et Équipe de nuit.

Il se dit aussi de l'Équipage d'un bateau, d'un canot de plaisance.

En termes de Sports, il se dit de Joueurs divisés en camps rivaux. Cette équipe l'a emporté sur l'autre.

 

ÉQUIPÉE

 

n. f.

Entreprise irréfléchie, téméraire, dont les suites sont le plus souvent fâcheuses, désagréables. Vous avez fait là une belle équipée. Voilà une plaisante équipée. Cette équipée lui coûtera cher.

 

ÉQUIPEMENT

 

n. m.

T. de Marine

. Action d'équiper un vaisseau, une flotte. L'équipement de ce vaisseau a coûté cher. On ordonna l'équipement de la flotte.

Il se dit aussi, en termes militaires, de l'Action d'équiper des soldats en armes, uniformes, linge, chaussures. L'équipement de nouveaux bataillons. Frais d'équipement.

Il se dit encore, surtout eu termes militaires, de Ce qui sert à équiper. Toutes les pièces de son équipement sont en bon état. Effets d'équipement. Magasin d'équipement.

ÉQUIPER

 

v. tr.

T. de Marine

. Pourvoir un vaisseau, une flotte de tout ce qui est nécessaire.

Le participe passé ÉQUIPÉ, ÉE, se dit, en termes de Blason, d'un Vaisseau qui a ses voiles et ses cordages. De gueules à la nef équipée d'argent.

Il signifie par analogie Pourvoir quelqu'un des choses qui lui sont nécessaires et surtout de vêtements. Équiper un soldat. Équiper un cavalier. Il lui faut tant pour s'équiper. Il arriva bien équipé.

S'ÉQUIPER signifie quelquefois familièrement S'accoutrer. Peut-on s'équiper de la sorte?

 

ÉQUIPOLLENCE

 

n. f.

T. de Logique

. Équivalence. Il ne s'emploie guère que dans cette locution, L'équipollence des propositions, Propriété des propositions qui reviennent, qui équivalent l'une à l'autre.

 

ÉQUIPOLLENT, ENTE

 

adj.

Qui est équivalent. Le profit est équipollent à la perte. Quantités équipollentes. Il a vieilli.

 

ÉQUIPOLLER

 

v. tr.

Valoir autant que. Il n'est plus guère usité qu'en termes de Blason. Cinq points d'or équipollés à quatre d'azur.

 

ÉQUITABLE

 

adj. des deux genres

. Qui a de l'équité. Un arbitre équitable. Un juge équitable.

Il signifie aussi Qui est conforme à l'équité. Sentiment équitable. Jugement équitable. Partage équitable.

 

ÉQUITABLEMENT

adv.

D'une manière équitable. Il faut juger équitablement de toutes choses.

 

ÉQUITATION

 

n. f.

Art de monter à cheval. École d'équitation.

 

ÉQUITÉ

 

n. f.

Sentiment naturel, spontané, du juste et de l'injuste. Il fut absous, parce qu'on eut plus d'égard à l'équité qu'à la justice rigoureuse. Les arbitres jugent plutôt selon les règles de l'équité que suivant les termes de la loi. Il juge avec équité. Contre toute équité. En toute équité. Selon l'équité.

 

ÉQUIVALENCE

 

n. f.

T. didactique

. Égalité de valeur. Équivalence des forces. L'équivalence des titres de deux candidats, des droits de deux adversaires.

 

ÉQUIVALENT, ENTE

 

adj.

Qui est de même valeur, qui équivaut. Une chose équivalente. Une expression équivalente à une autre. L'indemnité fut équivalente au dommage causé. Figures géométriques équivalentes. Volumes équivalents.

Il est aussi nom masculin. Il a perdu de sérieux avantages, mais on lui en a donné l'équivalent. Offrir des équivalents. Dédommager par équivalent.

Un traducteur est quelquefois forcé d'employer des équivalents. Il est forcé d'employer des expressions, des figures qui ne sont pas celles de l'original, mais qui ont le même sens et la même force.

En termes de Chimie, ÉQUIVALENT signifie Proportion suivant laquelle les corps se combinent ou se remplacent. Ce terme est peu usité en Chimie depuis l'adoption de la notation atomique.

On appelle Équivalent électrochimique d'un métal le Poids de ce métal qui, dans l'électrolyse, est porté vers l'électrode par une quantité déterminée d'électricité (96 000 Coulombs ou un Faraday).

Équivalent mécanique de la chaleur, Rapport de la chaleur dégagée au travail mécanique dépensé.

 

ÉQUIVALOIR

 

(Il se conjugue comme VALOIR.)v. intr. Être de même prix, de même valeur. En musique, une blanche équivaut à deux noires.

Il se dit de Choses autres que celles qui ont un prix intrinsèque, une valeur matérielle, et signifie Être à peu près le même que. Cette réponse équivaut à un refus. Cette expression équivaut à telle autre.

 

ÉQUIVOQUE

 

adj. des deux genres

. Qui a un double sens, qui peut recevoir plusieurs interprétations et qui convient à différentes choses. Ce discours est équivoque. Parole, terme, mot équivoque. Expression équivoque.

Il se dit aussi de Toutes les choses sur lesquelles on peut porter des jugements opposés. Action équivoque. Réputation équivoque. Mérite équivoque. Vertu équivoque. Signe équivoque, non équivoque.

Par extension, Un homme équivoque, Un homme à qui l'on ne peut se fier.

Employé comme nom féminin, il signifie Phrase, parole à double entente, action susceptible d'être diversement interprétée, malentendu. Il y a eu dans sa conduite en cette occasion une équivoque fâcheuse. User d'équivoques. L'équivoque continue. L'équivoque est dissipée, est levée.

Par extension, il se dit de la Difficulté qu'il y a d'interpréter une parole, une action peu claire. Sa conduite prête à l'équivoque.

 

ÉQUIVOQUER

 

v. intr.

User d'équivoque. Il équivoque continuellement.

 

ÉRABLE

 

n. m.

Genre d'arbres qui croissent naturellement dans les régions tempérées et dont plusieurs espèces fournissent une liqueur qui peut être convertie en sucre au moyen de l'évaporation. L'érable a le bois extrêmement dur et veineux et l'écorce fort raboteuse. Menuiserie d'érable. Le bois d'érable est bon pour faire des violons et d'autres instruments de musique. Le sycomore est une espèce d'érable. Érable à sucre. Sucre d'érable.

 

ÉRADICATION

 

n. f.

Action de déraciner.

 

ÉRAFLER

 

v. tr.

Écorcher légèrement en effleurant. Cette épingle m'a éraflé. Cette épine m'a éraflé le visage.

 

ÉRAFLURE

 

n. f.

Écorchure légère faite en effleurant. Il a une éraflure à la main. Une éraflure d'épingle, d'épine, etc.

 

ÉRAILLEMENT

 

n. m.

Action d'érailler ou État de ce qui est éraillé. L'éraillement des étoffes. L'éraillement de la voix, des yeux.

 

ÉRAILLER

 

v. tr.

Déformer un tissu en relâchant les fils. Érailler de la soie, du satin. Une étoffe éraillée.

Il se dit par extension en parlant de la Voix quand elle devient rauque. Voix éraillée. S'érailler la voix.

Il signifiait autrefois Renverser en arrière. Dans cette acception, il n'est plus employé qu'au participe passé. Avoir l'oeil éraillé, les yeux éraillés, Avoir naturellement des filets rouges dans l'oeil, ou Avoir les paupières plus ou moins renversées en dehors.

 

ÉRAILLURE

n. f.

Marque qui reste à un tissu quand il est éraillé.

 

ÈRE

 

n. f.

T. de Chronologie

. Point fixe d'où l'on commence à compter les années.

Il se dit, par extension, d'une Époque très remarquable où un nouvel ordre de choses s'établit, commence. Une ère nouvelle commence. L'ère de la liberté, de l'affranchissement d'un peuple. Une ère de prospérité.

 

ÉRECTEUR, TRICE

 

adj.

Qui produit l'érection. Muscles érecteurs ou absolument Les érecteurs. Force érectrice.

 

ÉRECTILE

 

adj. des deux genres

. T. d'Anatomie

. Qui est susceptible d'érection. Les tissus érectiles.

 

ÉRECTION

 

n. f.

Action d'ériger. L'érection d'une statue. Par analogie, L'érection d'un tribunal. Fig., L'érection d'une principauté en royaume.

Il se dit aussi, en termes de Physiologies de l'Action par laquelle certaines partie, molles du corps se gonflent, se durcissent et se redressent.

 

ÉREINTANT, ANTE

 

adj.

Qui éreinte, qui fatigue extrêmement. Il est familier.

 

ÉREINTEMENT

n. m.

État de grande fatigue.

Il s'emploie aussi au sens figuré pour désigner une Critique violente d'une oeuvre de l'esprit ou d'une personne. Il est familier.

 

ÉREINTER

 

v. tr.

Il signifiait autrefois Déformer, blesser en rompant les reins. Si vous lui mettez un fardeau si pesant sur le dos, vous l'éreinterez.

Il signifie plus ordinairement Fatiguer à l'excès. Il éreinte tous ses employés. Il s'éreinte à travailler.

Il signifie figurément Critiquer avec violence une oeuvre d'esprit, une personne. Éreinter une pièce de théâtre. Il est familier.

 

ÉRÉMITIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui est propre à un ermite. Il n'est guère usité que dans cette locution, Vie érémitique, Vie que mènent les solitaires dans le désert, par opposition à Vie cénobitique.

 

ÉRÉSIPÉLATEUX, EUSE

 

adj.

T. de Médecine

. Qui tient de l'érésipèle. Bouton érésipélateux. On écrit aussi ÉRYSIPÉLATEUX.

 

ÉRÉSIPÈLE

 

n. m.

T. de Médecine

. Affection aiguë inflammatoire, caractérisée par une rougeur bien circonscrite, ainsi que par la dureté et par le gonflement de la peau. Érésipèle dartreux, phlegmoneux, pustuleux. Érésipèle ambulant. Voyez AMBULANT. On écrit aussi ÉRYSIPÈLE.

 

ÉRÉTHISME

 

n. m.

T. de Médecine

. Augmentation morbide de l'activité d'un organe.

Au figuré, il signifie Passion à l'état d'exaltation maladive.

 

ERGASTULE

 

n. m.

T. d'Antiquité romaine

. Prison où l'on enfermait les esclaves condamnés à des travaux pénibles.

 

ERGO

 

conj.

Mot emprunté du latin. Donc.

 

ERGOT

 

n. m.

Espèce de petit ongle pointu, que quelques animaux ont à la patte. Les ergots d'un coq, d'un chien.

Fig., Se dresser sur ses ergots, se tenir sur ses ergots, monter sur ses ergots, Prendre une attitude hautaine et agressive.

Il se dit, par analogie, d'une Petite branche morte d'un arbre fruitier.

Il est aussi le nom d'une Maladie qui attaque le blé, le seigle et qui rend dangereux le pain qu'on fait de ce grain ainsi gâté.

 

ERGOTAGE

 

n. m.

Action d'ergoter ou Résultat de cette action. Tout cela n'est qu'ergotage. Toute sa conversation n'est qu'un perpétuel ergotage.

 

ERGOTÉ, ÉE

 

adj.

Qui a des ergots. Un coq bien ergoté. Chien ergoté.

Il signifie aussi Qui est atteint d'ergot. Blé, seigle ergoté.