Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 630 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Marivauder

 

v. intr.

Tenir des propos, particulièrement en matière d'amour, qui rappellent les raffinements et la subtilité des personnages de Marivaux. C'est un fat qui ne sait que marivauder.

 

MARJOLAINE

 

n. f.

T. de Botanique

. Plante aromatique de la famille des Labiées.

 

MARLI

 

n. m.

Sorte de gaze de fil à claire- voie, qui sert à des ouvrages de mode et à des ajustements. Marli simple. Marli double.

Il se dit aussi du Rebord décoré d'une assiette ou d'un plat. Marli peint.

 

MARMAILLE

 

n. f.

collectif. Groupe, ensemble de petits enfants. Faites taire cette marmaille. On ne peut empêcher cet enfant de jouer avec toute la marmaille du quartier. Il est familier.

 

MARMELADE

 

n. f.

Préparation de fruits cuits avec du sucre ou du sirop et presque réduits en bouillie. Marmelade d'abricots, de pommes, de prunes, de pêches. Confectionner une marmelade. Parfumer de la marmelade à la vanille, au citron. Mettre de la marmelade en pots.

Fam., Cela est en marmelade, se dit d'une Chose trop cuite et presque en bouillie; et, figurément, de Ce qui est fracassé, broyé. Il a reçu un coup qui lui a mis la mâchoire en marmelade.

 

MARMENTEAU

 

adj. m.

T. d'Eaux et Forêts . Il se dit des Bois de haute futaie mis en réserve, qu'on ne coupe point et qui servent à la décoration d'une terre.

Il s'emploie aussi comme nom. Les marmenteaux.

 

MARMITAGE

 

n. m.

En termes de Guerre, se dit dans le langage familier d'un Bombardement dense et continu. Notre tranchée a été soumise à un terrible marmitage.

 

MARMITE

 

n. f.

Vase de terre ou de métal, où l'on fait ordinairement cuire les viandes dont le bouillon sert à faire le potage. Marmite de cuivre, de fonte, de terre. Grande, petite marmite. Une marmite pleine. La marmite bout. Écumer la marmite. Couvercle, pied de marmite.

Il se dit aussi de Ce que la marmite contient. On leur distribua une grande marmite de soupe.

Fig. et fam., La marmite bout, la marmite est bonne dans cette maison, On y fait bonne chère.

Fig. et fam., La marmite est renversée dans cette maison, Le maître de cette maison ne donne plus à dîner.

Fam., Cela fait bouillir, fait aller, sert à faire bouillir, aide à faire bouillir la marmite, se dit de Ce qui contribue particulièrement à faire subsister une maison. Cette augmentation de salaire l'aidera à faire bouillir la marmite.

Fam., Avoir le nez en pied de marmite, Avoir le nez large par en bas et retroussé.

Fig. et fam., Un écumeur de marmites, Un parasite.

En termes de Physique, Marmite de Papin, Vase de métal très épais, dont le couvercle ferme hermétiquement, et dans lequel on peut porter l'eau à la plus haute température.

Marmite autoclave, Marmite où l'on fait cuire les aliments sans évaporation.

En termes de Guerre. Marmite se dit dans le langage familier d'un Obus de gros calibre. Une pluie de marmites.

 

MARMITER

 

v. tr.

Bombarder. Cette région a été très marmitée. Il est familier. MARMITEUX, EUSE

 

adj.

Qui est piteux, qui est mal sous le rapport de la fortune, des vêtements ou de la santé, et qui s'en plaint habituellement. Il est tout marmiteux. Il est familier. Substantivement, Un pauvre marmiteux.

 

MARMITON

 

n. m.

Jeune aide de cuisine. Un petit marmiton.

 

MARMONNER

 

v. tr.

Murmurer sourdement et d'une façon hostile. Qu'est-ce que vous avez encore à marmonner?

 

MARMORÉEN, ENNE

 

adj.

Qui a la nature ou l'apparence du marbre. Calcaires marmoréens.

Fig., Épaules marmoréennes. Visage marmoréen. Froideur marmoréenne.

 

MARMOT

 

n. m.

Petit garçon. Un drôle de petit marmot. Un vilain marmot.

On dit également Marmotte pour désigner une Petite fille. Une gentille marmotte. Ces deux mots sont familiers.

MARMOT s'est dit autrefois d'une Petite figure grotesque, de pierre, de bois, etc. Ce musée possède une curieuse collection de marmots.

Fig. et fam., Croquer le marmot. Voyez CROQUER.

 

MARMOTTE

 

n. f.

T. de Zoologie . Quadrupède de l'ordre des Rongeurs, qui vit dans les montagnes et qui est en léthargie pendant l'hiver. Les petits ramoneurs savoyards faisaient danser leur marmotte. Dormir comme une marmotte.

 

MARMOTTE

 

n. f.

Sorte de pointe s'enroulant autour de la tête, en usage dans certaines régions.

 

MARMOTTER

 

v. tr.

Parler confusément et entre ses dents. Qu'est-ce que vous marmottez entre vos dents? Marmotter ses prières. Il est familier.

 

MARMOUSET

 

n. m.

Il signifiait autrefois Petite figure grotesque. Vendeur de marmouset.

Par dérision, il signifie Petit garçon, petit homme mal fait. Voilà un plaisant marmouset, un plaisant visage de marmouset.

MARMOUSET se dit aussi d'une Sorte de chenet de fonte, en forme de prisme triangulaire, dont une extrémité est ornée d'une figure quelconque.

 

MARNAGE

 

n. m.

T. d'Agriculture

. Opération qui consiste à mêler à la terre arable une certaine quantité de marne pour amender le sol.

 

MARNE

 

n. f.

Sorte de terre calcaire dont on se sert pour amender certains terrains. Marne blanche, rousse, verte. Carrière de marne.

 

MARNER

v. tr.

T. d'Agriculture

. Amender un champ avec de la marne.

 

MARNEUX, EUSE

 

adj.

Qui est de la nature de la marne. Terrain marneux. Terre marneuse.

 

MARNIÈRE

 

n. f.

Carrière d'où l'on tire de la marne. On a trouvé dans cette ferme une bonne marnière. Creuser, ouvrir une marnière. Tomber dans une marnière.

 

MARONITE

 

n. des deux genres

. Catholique du rite syrien, dont le siège principal est au mont Liban. Un couvent de maronites. Un prêtre maronite.

 

MARONNER

 

v. intr.

Grogner, se dépiter. Il est toujours à maronner. Il maronne dans son coin. Il est familier.

 

MAROQUIN

 

n. m.

Cuir de bouc ou de chèvre, apprêté par des procédés originaires du Maroc. Maroquin à gros, à petit grain. Maroquin rouge, bleu, vert, noir, citron. Un portefeuille, une serviette de maroquin. Un livre relié en maroquin. Par apposition, Une reliure maroquin.

Papier maroquin, Papier de couleur, apprêté de manière à ressembler au maroquin.

 

MAROQUINER

 

v. tr.

T. d'Arts

. Apprêter des peaux de veau ou de mouton, comme on apprête des peaux de bouc ou de chèvre, pour leur donner l'apparence du maroquin. Maroquiner de la basane. On dit aussi Maroquiner du papier.

 

MAROQUINERIE

 

n. f.

Industrie du maroquin.

Il se dit plus généralement d'un Magasin où l'on vend toutes sortes d'objets en cuir.

 

MAROQUINIER

 

n. m.

Ouvrier qui façonne des peaux en maroquin.

Il se dit plus généralement d'un Commerçant qui vend toutes sortes d'objets en cuir.

 

MAROTIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui est imité du vieux langage de Clément Marot et de sa feinte naïveté. Style, langage, poésie marotique. Vers marotiques. Épître marotique.

 

MAROTTE

 

n. f.

Sorte de sceptre qui est surmonté d'une tête coiffée d'un capuchon bigarré de différentes couleurs et garnie de grelots. Ceux qui faisaient autrefois le personnage de fou, chez les rois et chez les grands seigneurs, portaient une marotte. On représente la Folie une marotte à la main.

Il se dit, par extension, des Têtes en bois, en carton ou en cire, dont se servent les modistes et les coiffeurs pour exposer leurs modèles.

Il se dit, figurément et familièrement, d'une Sorte d'idée fixe, d'une opinion, d'un sentiment dont on s'est engoué, qu'on adapte à toutes les circonstances et dont on ne cesse de parler. Ce sujet est revenu dix fois dans sa conversation : c'est sa marotte. La paix universelle est sa marotte. Vous le trouverez entiché d'une nouvelle marotte.

 

MAROUFLAGE

 

n. m.

T. de Peinture

. Action de maroufler.

 

MAROUFLE

 

n. m.

Terme de mépris, qui se dit d'un Malhonnête homme, d'un homme grossier. C'est un maroufle. Il a vieilli.

 

MAROUFLE

 

n. m.

T. de Peinture

. Sorte de colle très forte et très tenace, dont on se sert pour maroufler, et qui est faite avec le résidu de couleurs broyées à l'huile, que les pinceaux laissent dans le vase où on les nettoie.

 

MAROUFLER

 

v. tr.

T. de Peinture

. Coller la toile d'un tableau sur une autre toile, pour la renforcer, ou sur un panneau de bois, sur une muraille, etc., pour l'y fixer. Ce plafond est peint sur toile marouflée.

 

MARQUANT, ANTE

 

adj. verbal

. Qui se fait remarquer par des caractères particuliers. Un trait marquant. Une particularité marquante. Un événement marquant. Il se dit, par extension, des Personnes. Un personnage marquant.

Cartes marquantes, se dit, à certains Jeux, des Cartes qui valent des points à celui qui les a.

 

MARQUE

 

n. f.

Signe mis sur un objet pour le reconnaître, pour le distinguer d'un autre. J'ai mis ma marque à la pièce de toile que j'ai achetée, afin de la reconnaître. J'ai fait une marque à cet arbre, afin de le retrouver. Ce linge est à moi, je reconnais ma marque. Ces mouchoirs sont à votre marque. La marque des moutons de tel troupeau, des chevaux de tel haras.

Il se dit particulièrement, dans le Commerce, d'un Chiffre, d'un caractère, d'une figure quelconque appliquée par empreinte ou autrement sur différentes sortes de marchandises, soit pour désigner le lieu où elles ont été fabriquées, le fabricant qui les a faites, ou le marchand qui les vend; soit pour attester qu'elles ont été visitées par les préposés chargés de leur faire acquitter les droits. Marque de fabrique. La marque de l'orfèvre. La marque du fabricant, du marchand. Un vin de grande marque. La marque de la douane. La marque du contrôle. La marque de l'or, de l'argent. Mettre la marque sur de la vaisselle.

Fig., La marque de l'ouvrier, De l'auteur. Il a mis sa marque sur cet ouvrage. Cet ouvrage porte sa marque, Certain caractère qui signale une oeuvre et en fait reconnaître l'auteur.

MARQUE se disait particulièrement de la Flétrissure imprimée, avec un fer chaud, sur l'épaule d'une personne condamnée à cette peine. En France, la peine de la marque est abolie.

Il se dit aussi de l'Instrument avec lequel on fait une empreinte sur de la vaisselle, sur du drap, etc. Apportez la marque pour marquer cette vaisselle.

Il se dit en outre d'une Sorte de chiffre secret dont les marchands se servent pour indiquer sur leurs marchandises le prix qu'elles leur ont coûté. Le marchand d'antiquités a consulté sa marque, avant de me dire ce qu'il voulait avoir de cette commode.

Il signifie aussi la Trace que laisse sur le corps une contusion, une blessure, une brûlure ou une éruption à la peau. Il a été frappé, blessé au front, la marque y est encore. Il porte encore les marques des blessures qu'il a reçues à la guerre. Cette brûlure lui a laissé au bras une marque qui ne disparaîtra jamais. Les marques des griffes d'un chat. Il a eu la petite vérole, il lui en reste des marques.

Il désigne également la Trace, l'impression qu'un corps laisse sur un autre à l'endroit où il l'a touché, où il a passé. Une voiture vient de passer ici, la marque des roues est toute fraîche. La marque de ses doigts est sur toutes les pages de ce livre. Par extension, Ces murs portent encore les marques du feu, de l'incendie.

Il se dit aussi d'une Tache ou autre signe qu'une personne ou un animal porte en naissant. Cet enfant avait cette marque en venant au monde. Ce cheval a une marque au front.

Il se dit quelquefois d'un Signe de dignité. Le mortier était la marque des présidents du parlement. Les faisceaux et la hache étaient la marque des grands magistrats romains.

En termes de Blason, Marques d'honneur, Les pièces qu'on met hors de l'écu, comme le bâton de maréchal de France, le collier d'un ordre, etc.

MARQUE se prend quelquefois dans le sens de Distinction. Il y avait à cette cérémonie beaucoup de personnages, de gens de marque.

MARQUE signifie aussi Ce qu'on emploie pour se souvenir ou pour faire souvenir de quelque chose. J'avais mis une marque dans ce livre à la page où j'en suis resté.

Il se dit, à certains Jeux, des Jetons ou appareils spéciaux qui servent à marquer les points et les parties qu'on gagne.

Il se dit également des Jetons, fiches et autres signes que l'on met au jeu, au lieu d'argent. On convient, en se mettant au jeu, de la valeur des marques.

MARQUE se prend, dans une acception générale, pour Indice, signe, présage. C'est une marque de malheur. Quand un enfant est gai, c'est la marque qu'il se porte bien. Le ciel rouge le soir est une marque de beau temps pour le lendemain. On dit plutôt Signe.

Il signifie aussi Témoignage, preuve. Donner à quelqu'un une marque, des marques d'estime, d'amitié, de son estime, de son amitié. Il a donné des marques de grandeur d'âme, des marques de découragement. J'ai reçu des marques de sa bienveillance. Je suis sensible aux marques d'affection qu'il m'a prodiguées. Il a laissé en partant des marques de sa reconnaissance.

Lettre de marque, Commission dont tout capitaine ou patron d'un navire armé en course devait être pourvu, sous peine d'être réputé pirate ou forban.

 

MARQUER

 

v. tr.

Distinguer une chose d'une autre au moyen d'une marque. Marquer des arbres. Marquer des serviettes, des draps. Marquer des moutons, des chevaux.

Il signifiait particulièrement Imprimer, avec un fer chaud, un signe flétrissant sur l'épaule de l'homme qui est condamné à cette peine.

Il signifie aussi Faire une marque, une impression sur quelque partie du corps, par contusion, blessure, brûlure, etc. Il a reçu un coup de pierre qui lui a marqué le front, qui l'a marqué au front.

Être marqué de petite vérole, Avoir sur le corps et principalement au visage des marques de petite vérole.

Il signifie encore, d'une façon générale, Dénoter, indiquer, signaler en laissant des traces. Le torrent a marqué son passage par un grand dégât. Fig., Le commencement de son règne fut marqué par des proscriptions. De grands malheurs ont marqué la fin de sa vie. Il a marqué sa place parmi les grands écrivains. Dieu avait marqué le jour de leur chute. Sa taille, sa bonne mine marquent bien ce qu'il est.

Il signifie aussi Mettre une marque pour se souvenir ou faire souvenir. Marquer dans un livre l'endroit où l'on a cessé de lire. Je lui ai marqué ce passage au crayon. Marquer les points qu'on gagne à divers jeux.

Marquer quelqu'un au piquet, au trictrac, etc., Avoir sur lui l'avantage d'un nombre quelconque de points, d'après le calcul des points obtenus de part et d'autre dans les deux coups qui font le pari. Je vous marque de dix points. On dit aussi absolument Marquer. Il a presque toujours marqué dans cette partie.

Il signifie encore Mander, indiquer, faire connaître, soit oralement, soit par écrit. Marquer à quelqu'un ce qu'il doit faire. Je lui ai marqué expressément qu'il eût à faire telle chose. Ce que vous m'avez marqué dans votre lettre, par votre lettre, m'a fait grand plaisir. En ce sens il vieillit.

On dit encore, dans le même sens : Marquer à quelqu'un sa reconnaissance, son amitié, sa tendresse, son estime, son affection, son respect, son attention, sa bonne volonté. Marquer du respect, de l'estime, de l'amitié pour quelqu'un. Je lui ai marqué mon mécontentement, mon indignation.

Fig., Ouvrage marqué au bon coin, Ouvrage bien fait.

Avoir les traits marqués, Avoir les traits du visage prononcés.

MARQUER s'emploie intransitivement dans les acceptions suivantes. Ainsi on dit : Ce cadran solaire marque encore, ne marque plus, Le soleil y donne encore, n'y donne plus.

Fam., Cela marquerait trop, Cela serait trop remarqué; et, dans un autre sens, Cela décèlerait trop l'intention qu'il faut cacher.

Cet homme ne marque point, Il ne se fait pas remarquer. On ne trouve rien qui marque dans cet ouvrage, Rien n'y attire particulièrement l'attention.

Marquer mal, Avoir un aspect qui fait mauvaise impression. On dit aussi, mais plus rarement, Marquer bien.

Le participe passé MARQUÉ, ÉE, s'emploie adjectivement pour signifier Qui frappe la vue, l'attention, qui se fait remarquer. Avoir pour quelqu'un des attentions marquées. Avoir un goût marqué pour une personne, pour la poésie, pour la musique, pour la raillerie. Il y a là une intention marquée de vous froisser.

 

MARQUETER

 

v. tr.

Marquer de plusieurs taches. Marqueter une peau en manière de peau de panthère. Ce marbre, ce jaspe sont bien marquetés. Les faons de biche sont marquetés jusqu'à un certain âge.

Il signifie aussi Travailler en marqueterie. Marqueter un plancher.

 

MARQUETERIE

 

n. f.

Ouvrage de bois de diverses couleurs, appliqués par feuilles minces sur de la menuiserie, de manière à former des compartiments. Une table de marqueterie. Un secrétaire de marqueterie. Un parquet de marqueterie.

Marqueterie de marbre, Ouvrage de marbre de diverses couleurs, formé de lames minces appliquées sur une dalle de pierre.

MARQUETERIE se dit, figurément, des Ouvrages de l'esprit composés de morceaux qui n'ont pas entre eux de liaison, ou de morceaux empruntés. Ce discours est une marqueterie.