Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 629 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Maraudeur

 

n. m.

Celui qui pratique la maraude. Il tomba entre les mains des maraudeurs. On a saisi un maraudeur.

 

MARAVÉDIS

 

n. m.

Petite monnaie de cuivre, qui sert de monnaie de compte en Espagne et qui vaut environ un centime et demi de France. Il ne s'emploie que dans les expressions suivantes : Cela ne vaut pas un maravédis. Je n'en donnerais pas un maravédis.

 

MARBRE

 

n. m.

Sorte de pierre calcaire, dure et solide, qui sert principalement aux ouvrages de sculpture et d'architecture. Une carrière de marbre. Marbre blanc. Marbre noir. Marbre veiné, jaspé. Scier, polir, travailler le marbre. Une figure, une statue, une colonne, un tombeau de marbre. Un bloc de marbre. La dureté, la froideur, l'éclat du marbre. Toute la façade de cette église est incrustée de marbre. Marbre de Carrare, de Paros. Marbre antique. Graver sur le marbre.

Marbre statuaire, Marbre propre à faire des statues, qui est sans tache ni veine, à la différence de celui qu'on emploie pour les ouvrages d'architecture.

MARBRE se dit aussi d'un Morceau de marbre taillé et poli. On a gravé cette inscription sur le marbre. Le marbre d'une cheminée, d'une commode.

Il se dit des Ouvrages de marbre et des échantillons de différents marbres. Ce musée possède de beaux marbres. Les marbres d'Elgin.

MARBRE, en termes d'Imprimerie, se dit de la Table de pierre ou de métal sur laquelle on pose les pages, pour les imposer, et les formes, pour les corriger. Un marbre de pierre. Un marbre de fonte.

Il désigne également, dans les journaux, les articles composés et mis en réserve, pour paraître le moment venu. Avoir du marbre, Avoir par devers soi de la composition toute prête.

Il se dit également de la Partie de la presse sur laquelle on place la forme.

Il se dit aussi, en termes d'Arts, de la Pierre qui sert à broyer les drogues et les couleurs.

TABLE DE MARBRE s'est dit, en termes d'ancienne Jurisprudence, de Chacune des juridictions de la connétablie, de l'amirauté et des eaux et forêts. Le grand Corneille était, dans sa jeunesse, avocat du roi à la table de marbre de Rouen.

Fig. et fam., Être froid comme un marbre, froid comme marbre, Être extrêmement calme ou réservé, paraître ne s'émouvoir de rien. On dit dans le même sens Être de marbre, rester de marbre. On dit aussi, par exagération, Pour entendre ces propos de sang-froid, il faudrait être de marbre.

 

MARBRER

 

v. tr.

Imiter par la peinture le mélange et la disposition des différentes couleurs qui se trouvent dans certains marbres. Marbrer le chambranle d'une cheminée.

Il se dit aussi en parlant soit du Papier sur lequel on imite le marbre, en y appliquant différentes couleurs, soit de la tranche et de la couverture des livres, que l'on tachette, en y appliquant de la couperose et d'autres substances colorantes. Marbrer du papier. Marbrer la tranche d'un livre. Marbrer la couverture d'un livre. Papier marbré. Tranches marbrées. Veau marbré. Étoffes marbrées, Étoffes de soie ou de laine de différentes couleurs mêlées ensemble.

Truffes marbrées, Truffes qui sont grises et blanches en dedans.

Il se dit encore en parlant des Marques qui ressemblent aux veines du marbre qui se produisent sur le corps. Sa peau était marbrée par le froid.

 

MARBRERIE

 

n. f.

Industrie du marbrier. Ouvrages de marbrerie.

 

MARBREUR

 

n. m.

Celui qui marbre du papier, ou des tranches, des couvertures de livres.

 

MARBRIER

 

n. m.

Celui qui travaille à scier, à polir le marbre.

Il se dit aussi de Celui qui fait, avec le marbre, des ouvrages dits Ouvrages de marbrerie, tels que chambranles de cheminée, marches d'escalier, etc.

Il se dit également de Celui qui fait le commerce du marbre.

 

MARBRIÈRE

n. f.

Carrière d'où l'on tire le marbre.

 

MARBRURE

 

n. f.

Imitation du marbre sur du papier, ou, sur la tranche, sur la couverture d'un livre. Une belle marbrure.

Il se dit aussi de la Peinture que l'on met sur les boiseries, lorsqu'elle imite le marbre.

Il se dit encore des Marques semblables aux veines du marbre qui se voient sur la peau. Le froid produit des marbrures.

Il se dit de plus de la Disposition de différentes couleurs que l'on remarque sur le plumage de certains oiseaux. Une marbrure jaune et grise.

 

MARC

 

(Dans ce mot et le suivant, le c ne se prononce pas.)n. m. Ancienne mesure qui contenait environ deux cent cinquante grammes. Les ouvrages d'or et d'argent se vendaient au marc. Cent marcs de vaisselle d'argent.

Au marc le franc, Manière de répartir ce qui doit être reçu ou payé par chacun, en proportion de sa créance ou de son intérêt dans une affaire. Les créanciers ont été payés au marc le franc. On disait autrefois Au marc la livre.

 

MARC

 

n. m.

Ce qui reste de plus grossier de quelque fruit, de quelque herbe ou de quelque autre substance végétale dont on a extrait le suc par expression, filtration, ébullition ou autrement. Marc de raisins, d'olives, de pommes. Marc de café. Eau-de-vie de marc, ou absolument Marc. Marc de Bourgogne.

 

MARCASSIN

 

n. m.

Petit sanglier au-dessous d'un an, qui suit encore sa mère. Un marcassin de trois mois. On leur servit à dîner un rôti de marcassin.

 

MARCASSITE

n. f.

Pyrite d'un bel éclat, qui se taille et qui est susceptible de poli.

 

MARCESCENCE

 

n. f.

T. de Botanique

. État d'une plante qui se flétrit.

 

MARCESCENT, ENTE

 

adj.

T. de Botanique

. Qui se flétrit.

 

MARCESCIBLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut ou qui doit se flétrir.

 

MARCHAND, ANDE

 

n.

Celui, celle qui fait profession d'acheter et de vendre. Marchand en gros, en détail. Marchand de vins. Marchand de draps. La charge de prévôt des marchands de Paris, de Lyon n'existe plus.

Marchand forain. Voyez FORAIN.

Fig., Être mauvais marchand, se trouver mauvais marchand, n'être pas bon marchand d'une chose, S'en trouver mal. Vous avez eu tort de vous brouiller avec lui, vous en serez, vous vous en trouverez mauvais marchand.

Être le mauvais marchand dans une affaire, Être celui qui y perd.

Trouver marchand, Trouver un acquéreur.

MARCHAND se prend quelquefois adjectivement et signifie Qui est de bon débit, de bonne qualité, qui a les qualités requises pour être vendu. Ce blé n'est pas marchand.

Prix marchand, Le prix auquel les marchands vendent entre eux. J'ai eu le drap de ce manteau au prix marchand.

Valeur marchande, Valeur d'un objet, non pas en lui-même, mais sur le marché.

Place marchande, Place commode pour vendre de la marchandise.

Quartier marchand, Quartier habité par un grand nombre de marchands.

Ville marchande, Ville où il y a un grand mouvement commercial.

Navire, bâtiment marchand, Navire, bâtiment qui n'est destiné qu'à porter des marchandises.

Marine marchande, Les bâtiments et les équipages employés par le commerce; par opposition à Marine militaire, qui désigne la Marine de l'État. On dit, dans le même sens, Navigation, flotte marchande, capitaine marchand.

 

MARCHANDAGE

 

n. m.

Action de marchander. Fig., Cet accord a été le résultat d'un long marchandage.

 

MARCHANDER

 

v. tr.

Offrir pour une marchandise un prix inférieur au prix demandé. Il a marchandé ce cheval. Il a été longtemps à le marchander. Il a manqué cette affaire, à force de marchander.

Absolument, Il a marchandé sou à sou. Il a acheté ce tableau sans marchander. Il ne faut pas marchander avec lui.

Fig., Ne pas marchander les éloges à quelqu'un, Lui accorder largement tous les éloges qu'il mérite.

Fig., Ne pas marchander sa vie, Ne pas hésiter à l'exposer, à en faire le sacrifice.

Figurément et familièrement, il s'emploie intransitivement et signifie Hésiter, balancer. Il ne faut pas tant marchander, il n'y a pas à marchander, il faut se décider. Il fit le sacrifice de sa vie, sans marchander.

 

MARCHANDEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui marchande.

 

MARCHANDISE

n. f.

Ce qui se vend, se débite, soit en gros, soit en détail, dans les boutiques, magasins, foires, marchés, etc. Il ne vend que de bonne marchandise. Des marchandises de confiance. Des marchandises de rebut. Liquider des marchandises. Des marchandises au rabais. Étaler sa marchandise, ses marchandises.

Marchandises de contrebande, Celles qu'on fait entrer dans un pays ou qu'on en fait sortir en fraude.

Faire valoir sa marchandise, La vanter, en faire remarquer les qualités; et, figurément et familièrement, Louer ce qu'on dit, ce qu'on fait, ce qu'on possède; chercher à donner une haute idée de son mérite.

Fig. et fam., Bien débiter sa marchandise, Faire valoir ce qu'on dit par la manière dont on le dit.

Marchandises de mauvais aloi. Voyez ALOI.

Fig., Faire marchandise de, Faire habituellement quelque chose dans des vues intéressées, en faire une espèce de trafic. Les hypocrites font marchandise de dévotion.

Le pavillon couvre la marchandise, En temps de guerre, on ne doit pas visiter un vaisseau qui porte un pavillon neutre, sous prétexte qu'il s'y trouve des marchandises de l'ennemi.

Figurément, il se dit de la Réputation, de la signature d'un homme qui donnent autorité et crédit à ses actes et à ses paroles. Il s'emploie surtout avec une pointe d'ironie.

 

MARCHE

 

n. f.

Il se disait d'une Province frontière exposée par sa situation aux incursions, aux attaques de l'État voisin. Les marches de Lorraine.

 

MARCHE

 

n. f.

Action, mouvement de celui qui marche. Marche lente, rapide, précipitée. Ralentir, accélérer sa marche. Il supporte bien la marche. La marche est un des meilleurs exercices.

Il se dit souvent de l'Action de marcher, sous le rapport de la distance ou de la durée. Ils ont fait une longue marche. D'ici où vous allez il y a une bonne heure de marche. Cette marche m'a fatigué. S'habituer à la marche.

Il se dit, principalement, en parlant des Troupes, des armées. L'armée est en marche, s'est mise en marche vers la frontière. Régler la marche des colonnes. Ordre de marche. Couvrir sa marche. Dérober sa marche à l'ennemi. Il fatigua l'ennemi par ses marches et contremarches. Journal des marches et opérations. Pendant cette marche, au cours de cette marche.

Marche forcée, par opposition à Marche ordinaire, Marche dans laquelle on fait faire à des troupes beaucoup plus de chemin qu'elles n'ont coutume d'en faire dans le même espace de temps.

Fausse marche, Le mouvement que fait une armée qui feint de marcher sur un point et qui se porte sur un autre.

Gagner une marche sur l'ennemi, Le devancer de quelque temps; et, figurément et familièrement, Obtenir sur son adversaire, par quelque manoeuvre habile, un avantage de temps et de position.

Régiment, bataillon de marche, Régiment, bataillon formé avec des hommes appartenant à différents corps et qui n'est organisé que pour des circonstances particulières.

En termes de Marine, Ordre de marche, se dit de Certains ordres ou arrangements dans lesquels les bâtiments de guerre se placent pour éviter les abordages en faisant route.

Sonner, battre la marche, Donner aux troupes, par la trompette ou le tambour, le signal pour se mettre en marche.

MARCHE se dit spécialement d'un Air de musique composé pour régler et animer la marche des troupes. La marche de Sambre et Meuse. On le disait plus spécialement autrefois de Certains airs affectés à certains corps de troupes. La marche des Gardes françaises. La marche des Suisses. Il se dit aussi d'un Air de musique qui a le mouvement d'un air militaire. La marche hongroise dans La Damnation de Faust.

MARCHE se dit encore des Processions et des cortèges solennels. L'ordre de la marche fut fort bien réglé. Un corps de troupes ouvrait, fermait la marche. Marche triomphale.

En termes de Marine, La marche d'un vaisseau, Le degré de sa vitesse. Ce bâtiment a une bonne marche; il file trente noeuds à l'heure.

En termes d'Astronomie, La marche des astres, des corps célestes, Leur mouvement réel ou apparent. Calculer, mesurer la marche des corps célestes.

En termes de Musique, Marche harmonique, marche de l'harmonie, La succession des différents accords et la manière dont la modulation passe d'un ton à un autre.

MARCHE, au jeu des Échecs, se dit du Mouvement particulier auquel chaque pièce est assujettie.

Il se dit aussi, dans un sens analogue, au jeu de Dames et à quelques autres jeux.

MARCHE signifie, au figuré, Manière d'agir, de procéder. Cet homme a eu dans toute cette affaire une marche tortueuse. Il cache soigneusement, il dérobe sa marche. Il se dit aussi des Choses. La marche des événements. Observer, étudier la marche des passions, la marche des affaires.

La marche d'un poème, d'un ouvrage, etc., Le progrès de l'action dans un poème, la progression des idées dans un ouvrage.

MARCHE se dit aussi de la Partie d'un escalier sur laquelle on pose le pied pour monter ou pour descendre. Marche d'escalier. Les marches d'un perron. Marche d'autel. Marche de pierre, de marbre, de bois, de gazon. Vous avez encore deux marches à monter, deux marches à descendre.

Fig., Être sur les marches du trône, être assis, être placé, être élevé sur les marches du trône, se dit d'un Prince appelé par sa naissance à remplacer celui qui règne.

MARCHE se dit, en termes d'Arts, des Pièces de bois sur lesquelles les tourneurs, les tisserands, etc., posent les pieds pour faire mouvoir leurs métiers.

 

MARCHÉ

 

n. m.

Lieu public où l'on vend les choses nécessaires pour la subsistance et pour les différents besoins de la vie. Un marché couvert. Un marché en plein air. Aller au marché. Revenir du marché. Faire ses provisions au marché.

Marché franc, Marché où l'on ne paie pas de droit pour vendre.

MARCHÉ désigne aussi la Réunion de ceux qui vendent et qui achètent dans le marché. Il y a marché dans cette ville deux fois la semaine. Le marché du mercredi, du samedi. C'est demain jour de marché. Le marché se tient chaque jeudi.

Grand marché se dit par opposition à Petit marché pour désigner Celui où a lieu, outre la vente des denrées ordinaires, la vente de boeufs, de chevaux, de porcs.

MARCHÉ signifie encore la Vente de ce qui se débite dans le marché. Le marché a été bon, n'a rien valu aujourd'hui. C'est le prix courant, le cours du marché.

Il signifie également la Réunion des industriels, producteurs, marchands, spéculateurs où se décident les prix d'un produit ou d'une denrée, où s'en établit le cours. Le marché de la laine. Le marché du diamant. Le marché aux chevaux, au poisson.

Il se dit aussi de Ce qu'on achète au marché. La cuisinière est allée faire son marché. Elle gagne trop sur son marché.

Il se dit en outre de Toute convention verbale ou écrite, renfermant les conditions d'une vente. Ils ont rompu le marché qu'ils avaient fait ensemble. Il n'a point voulu tenir le marché. C'est un homme qui fait de bons Marchés. Si vous ne faites cela, marché nul. J'étais en marché avec lui pour son cheval. Conclure un marché. Faire un marché avantageux, un mauvais marché.

Fig., Mettre à quelqu'un le marché à la main, Exiger de quelqu'un une décision, l'obliger, pour en finir, à conclure un engagement ou à y renoncer, à le tenir ou à le rompre. C'est un homme qui, à la première contestation, vous met le marché à la main. J'aurais traité avec lui, s'il ne m'eût mis le marché à la main.

Marché de dupe se dit d'un Marché désavantageux ou d'un Marché où l'on est trompé.

En termes de Bourse, MARCHÉ se dit de l'État de l'offre et de la demande. Jeter des valeurs sur le marché. Marché au comptant. Voyez COMPTANT. Marché à prime. Voyez PRIME. Marché à terme. Voyez TERME. Marché calme. Voyez CALME. Marché lourd, Marché où les transactions sont difficiles.

MARCHÉ désigne également le Prix de la chose qu'on achète ou qu'on vend; et alors il ne s'emploie guère qu'avec les mots Bon, grand, meilleur, pour exprimer un Prix peu élevé, ou un prix inférieur à un autre. Avoir une chose à bon marché. Donner sa marchandise à bon marché, à trop bon marché. On vous a fait cet objet très bon marché. Le bon marché de cette étoffe m'a tenté. J'ai eu cet immeuble à meilleur marché que je ne l'espérais.

Vivre à bon marché, Vivre sans qu'il en coûte beaucoup d'argent. Il s'est retiré à la campagne dans l'espoir d'y vivre à bon marché.

Prov., On n'a jamais bon marché de mauvaise marchandise, La mauvaise marchandise coûte toujours trop cher relativement à ce qu'elle vaut.

Prov., Les bons marchés ruinent, On dépense trop d'argent lorsque, tenté par le bon marché, on achète des choses dont on n'a pas besoin.

Fig. et fam., En être quitte, en sortir à bon marché, Sortir d'un danger, d'une situation critique avec moins de perte, de dommage qu'on n'en avait à craindre.

À bon marché s'emploie, figurément, dans plusieurs autres phrases, où il signifie À peu de frais, sans beaucoup de peine. Ne donner que son superflu, c'est être généreux à bon marché. Dans ce temps-là, on se faisait une réputation d'esprit à bon marché.

Fig. et fam., Faire bon marché d'une chose, La prodiguer, ne pas l'épargner. Il ne craint aucun danger, il fait bon marché de sa vie. Il fait bon marché de sa peine.

Fig., Avoir bon marché de quelqu'un, Avoir facilement sur lui l'avantage. Cet avocat a mal plaidé, son adversaire aura bon marché de lui.

Fam., Par-dessus le marché, En outre, de plus. La fleuriste m'a donné ces roses par-dessus le marché. Il m'a tout refusé, et par-dessus le marché il m'a injurié.

 

MARCHEPIED

 

n. m.

Escabeau, petit meuble à deux ou trois degrés, dont on se sert pour atteindre à quelque chose. Il vous faut un marchepied pour atteindre à ce rayon de bibliothèque.

Marchepied d'une voiture, Sorte de degrés, ordinairement de fer, fixes ou pouvant se replier, et qui servent à monter dans une voiture.

Il se dit aussi des Degrés plus ou moins nombreux qui conduisent à une estrade. Marchepied du trône. Marchepied de l'autel.

Il désigne figurément un Moyen de parvenir à un poste plus élevé. Ce poste lui a servi de marchepied pour arriver aux plus hautes dignités.

 

MARCHER

 

v. intr.

S'avancer d'un lieu à un autre par le mouvement des jambes. Marcher en avant, en arrière, à reculons, Marcher posément, doucement, rapidement, fièrement. Marcher à grands pas, à petits pas, à pas comptés, à tâtons, sur la pointe du pied. Marcher au hasard. Cet enfant ne marche pas encore. Il commence à marcher tout seul. Marcher avec une canne, avec des béquilles.

Fam., Marcher comme un Basque, comme un chat maigre, Marcher fort vite.

Fam., Marcher à quatre pattes, Marcher sur les mains et sur les pieds.

Fig. et fam., Marcher à pas de loup, Marcher avec précaution et sans faire de bruit; Marcher à pas de tortue, Marcher avec une excessive lenteur; et Marcher à pas de géant, Marcher en faisant de grandes enjambées. Marcher à pas de géant se dit, surtout figurément, dans le sens de Faire un progrès rapide. Cet homme marche à pas de géant à la gloire, à la fortune, etc.

Marcher sur quelque chose, Mettre le pied dessus en marchant, ou simplement Poser le pied dessus. Marcher sur le pavé, sur l'herbe, sur des tapis. Marcher sur le pied de quelqu'un. Marchez sur ces étincelles qui risquent de mettre le feu. Prenez garde où vous marchez.

Fig. et fam., Il ne faut pas lui marcher sur le pied, il ne se laisse pas marcher sur le pied, se dit d'un Homme susceptible qu'il est dangereux de choquer.

Fig., Marcher sur les pas, sur les traces de quelqu'un, Imiter ses actions, suivre ses exemples.

Fig. et fam., Marcher sur les talons de quelqu'un, Le suivre de très près. Je vous annonce qu'il arrive; il marche sur mes talons.

Fam., Il marche, il est toujours sur mes talons, Il me suit partout, il m'importune en ne me quittant pas.

Marcher sur les talons de quelqu'un s'emploie aussi dans un sens plus figuré et signifie alors Suivre quelqu'un de près pour l'âge, ou la fortune, ou les succès.

Fig., Marcher sur des épines, Être dans une conjoncture difficile.

Fig., Marcher sur des charbons ardents, Traiter un sujet délicat ou dangereux, où l'on a sans cesse à craindre de se créer des inimitiés et des ennuis.

Fig. et fam., On marche sur les mauvais plaisants, sur les sots, Ils sont en très grand nombre. Prov. et fig., Il a marché sur quelque mauvaise herbe, Il lui est arrivé quelque chose qui le met de mauvaise humeur. On dit aussi d'un Homme qui est de mauvaise humeur, sans qu'on sache pourquoi : Sur quelle herbe a-t-il marché aujourd'hui?

Fig., Marcher entre des précipices, Rencontrer de tous côtés des dangers.

MARCHER signifie aussi S'avancer de quelque manière que ce soit, à pied, à cheval, ou autrement. Nous étions les uns à cheval, les autres en voiture, nous avons marché toute la nuit, nous avons marché de compagnie. Nous avons marché à la fraîche, pour ne pas fatiguer nos chevaux.

Il se dit particulièrement des Mouvements des troupes, des armées. L'armée commença à marcher. Faire marcher l'infanterie, la cavalerie. Marcher à l'ennemi. Marcher de front. L'armée marchait en ordre de bataille, marchait sur trois colonnes.

L'impératif singulier Marche sert de commandement militaire, même quand on s'adresse à une troupe. En avant, marche!

Ce régiment, ce corps marche, Il fait la campagne.

MARCHER signifie encore Tenir un certain rang dans les cérémonies. Le corps diplomatique marchait en tête du cortège. Les ducs et pairs marchaient anciennement dans l'ordre de leur réception.

En termes de Marine, Marcher dans les eaux d'un vaisseau, Faire la même route que lui.

Fig., Marcher dans les eaux de quelqu'un, Le seconder.

MARCHER s'emploie figurément en parlant des Personnes, et il exprime en général une idée de Progrès. Il marche hardiment à son but, vers son but. Marcher aux dignités, aux honneurs, à la fortune, à la gloire, à l'immortalité. Nous marchons tous d'un pas égal vers la mort.

Fig., Marcher droit, Être irréprochable dans sa conduite, franc dans ses procédés. Il ne marche pas droit dans cette affaire, Il n'agit pas de bonne foi dans cette affaire. Je le ferai marcher droit, Je l'empêcherai de s'écarter de son devoir, je l'obligerai à se bien conduire.

Marcher d'un même pas dans une affaire, Agir de concert, avec les mêmes sentiments.

Il se dit souvent des Choses inanimées qui se meuvent ou que l'on met en mouvement. Ce vaisseau marche bien. Cette voiture publique marche deux fois la semaine, marche la nuit et le jour. Les trains ne marchent pas encore sur cette partie de la ligne. Les autobus marchent dès sept heures. Les bateaux ne marchent plus sur cette rivière, à cause de la crue. Cette horloge, cette montre marche bien, marche mal, ne marche plus. Les rivières sont des chemins qui marchent.

MARCHER se dit aussi figurément des Choses. Le temps marche avec rapidité. Cet État marche à sa ruine. Ces deux affaires marchent de front. Cette affaire marche toute seule, ne marche pas.

L'action de ce drame ne marche pas, marche lentement, Elle n'avance pas, ou n'avance pas assez vite vers le dénouement.

Bien marcher, Avoir du succès. Cela a bien, a très bien marché.

 

MARCHEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui peut marcher beaucoup sans se fatiguer. C'est un marcheur, une marcheuse. Il n'est pas marcheur. On l'emploie le plus souvent avec une épithète. Un grand, un bon, un mauvais marcheur. Il est familier.

Il s'emploie aussi en termes de Danse. Une marcheuse du corps de ballet.

En termes de Marine, Un vaisseau bon marcheur, mauvais marcheur, grand marcheur.

 

MARCOTTE

 

n. f.

T. d'Agriculture

. Branche que l'on couche en terre à une certaine profondeur, sans la détacher de la plante, pour qu'elle prenne racine, et qu'on sèvre ensuite, c'est-à-dire qu'on détache lorsqu'elle a des racines. Des marcottes de vigne, d'olivier, de figuier, d'oeillets. Planter des marcottes.

 

MARCOTTER

 

v. tr.

T. d'Agriculture

. Coucher des branches ou des rejetons en terre pour leur faire prendre racine. Marcotter des chèvrefeuilles, des oeillets.

 

MARDI

 

n. m.

Le troisième jour de la semaine.

Mardi gras, Le dernier jour du carnaval. Réjouissances du Mardi gras. Se déguiser pour le Mardi gras.

Fig. et fam., Un mardi gras se dit d'une Personne qui s'habille d'une façon ridicule évoquant l'idée d'un déguisement, Vous ne pouvez vous montrer dans cet accoutrement : vous avez l'air d'un mardi gras.

 

MARE

n. f.

Petit amas d'eau dormante qui se forme naturellement par l'abaissement du sol, ou qu'on produit artificiellement dans les villages et dans les fermes, pour des usages communs ou domestiques. Dans ce village, on abreuve les bestiaux à une mare, à la mare. Une marc stagnante. La mare est à sec.

Fig., Une mare de sang, Beaucoup de sang répandu. Sur le lieu du meurtre il y avait une mare de sang.

 

MARÉCAGE

 

n. m.

Grande étendue de terrain humide et bourbeux, comme le sont les marais. Ce ne sont pas de bons prés, ce sont des marécages. Du gibier qui sent le marécage. Tout ce pays-là n'est qu'un grand marécage. Les oiseaux aquatiques se plaisent dans les marécages.

 

MARÉCAGEUX, EUSE

 

adj.

Qui est de la nature du marécage. Pré, terrain marécageux. Terre, contrée marécageuse. Pays marécageux.

Air marécageux, Air qui s'élève ordinairement des marécages, ou Toute autre émanation de la même espèce.

Goût marécageux, Le goût du gibier ou des poissons qui sentent le marécage. Ce canard, cette carpe, cette anguille a un goût marécageux.

 

MARÉCHAL-FERRANT

 

n. m.

Celui dont le métier est de ferrer les chevaux.

 

MARÉCHAL

 

n. m.

Titre de la plus haute dignité dans la hiérarchie militaire. En récompense de ses victoires, ce général a été élevé à la dignité de maréchal. Le doyen des maréchaux. On l'a fait maréchal de France. On lui a donné le bâton de maréchal, ou simplement le bâton. La femme d'un maréchal de France s'appelle Madame la maréchale.

Fig., Tout soldat porte dans sa giberne le bâton de maréchal. Voyez BÂTON. MARÉCHAL se dit aussi de Certains grands officiers en divers pays. Grand maréchal du Palais. L'électeur de Saxe était grand maréchal de l'Empire. Maréchal héréditaire. Maréchal de la Diète. Maréchal de la foi.

Feld-maréchal, Le plus haut grade militaire dans certaines armées européennes.

Maréchal des logis, Sous-officier des troupes de cavalerie ou d'artillerie. Le grade de maréchal des logis répond à celui de sergent dans l'infanterie. Celui de maréchal des logis chef, au grade de sergent-chef.

Maréchal des logis était aussi, sous l'ancien régime, le Titre des officiers chargés de faire préparer les logements pour la cour en voyage. Grand maréchal des logis chez le roi, chez la reine.

Maréchal de camp, Officier général dont le grade était immédiatement au-dessus de celui de colonel. Ce titre est remplacé aujourd'hui par celui de Général de brigade. Un maréchal de camp commandait sous les ordres d'un lieutenant général.

 

MARÉCHALAT

 

n. m.

Dignité de maréchal de France.

 

MARÉCHALERIE

 

n. f.

Métier de maréchal- ferrant.

 

MARÉCHAUSSÉE

 

n. f.

Juridiction des maréchaux dans l'ancienne France.

Il s'est dit aussi d'un Corps de gens à cheval qui était établi pour la sûreté publique et qu'on a remplacé par la gendarmerie. La maréchaussée était à ses trousses.

 

MARÉE

 

n. f.

Le flux et le reflux; le mouvement périodique des eaux de la mer, par lequel ces eaux s'élèvent et s'abaissent, généralement deux fois le jour, et, alternativement, couvrent et abandonnent le rivage. Marée haute. Marée basse. Marée pleine. On ne peut entrer dans ce port qu'à marée haute. Les marées sont l'effet de l'attraction exercée sur les eaux par le soleil et surtout par la lune. Les marées sont hautes aux équinoxes. La marée monte, descend. Il est venu, il s'en est retourné avec la marée.

Prendre la marée, Prendre le temps où la marée est favorable pour entrer dans un port ou pour en sortir.

Fig., Avoir vent et marée, Avoir toutes choses favorables pour réussir dans ses projets. On dit surtout : Aller contre vent et marée, contre vents et marées, Poursuivre obstinément ses projets, malgré toutes les difficultés qui s'y opposent.

MARÉE se dit aussi du Poisson de mer qui n'est pas salé. Marée fraîche. Marchande de marée. Train de marée.

Prov. et pop., Arriver comme marée en carême. Voyez CARÊME.

 

MARELLE

 

n. f.

Jeu d'enfants qui consiste en une sorte de rectangle, divisé en cases, tracé sur le pavé, dans lequel on saute à cloche- pied, en poussant avec le bout du pied une sorte de palet. Jouer à la marelle.

 

MAREMME

 

n. f.

Nom donné en Italie à des Terrains marécageux et insalubres, situés sur les bords de la mer.

 

MAREYEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui vend du poisson de mer.

 

MARGARINE

 

n. f.

T. de Chimie

. Corps d'une couleur nacrée que l'on trouve dans le suif de mouton, dans l'axonge, dans quelques autres graisses animales et que l'on utilise à la place du beurre.

 

MARGARIQUE

 

adj. m.

T. de Chimie

. Il se dit d'un Acide qu'on obtient en traitant la graisse par un alcali. L'acide margarique.

 

MARGAY

 

n. m.

T. de Zoologie

. Sorte de chat sauvage qui est fort commun dans les diverses contrées de l'Amérique méridionale et qu'on appelle aussi Chat-tigre.

 

MARGE

 

n. f.

Le blanc qui est autour d'une page imprimée, d'un côté d'une page écrite. Il faut mettre, écrire, imprimer ces mots en marge. Les marges de ce livre sont chargées d'annotations. On a trop rogné les marges. Exemplaire à grandes marges. Cet élève a négligé de laisser une marge à sa copie.

Fig. et fam., Avoir de la marge, Avoir plus de temps ou plus de moyens qu'il n'en faut pour exécuter quelque chose. On dit, dans le même sens, Donner, laisser de la marge à quelqu'un.

Fig., En marge de, En dehors de, à côté de. En marge du code. En marge de la société.

 

MARGELLE

 

n. f.

Pierre percée ou assise de pierres qui forme le rebord d'un puits.

 

MARGER

 

v. tr.

T. d'Imprimerie

. Faire passer le papier du rouleau sur la forme, à l'aide du margeur.

Il signifie aussi, en termes de Dactylographie, Placer le margeur de façon à ménager une marge plus ou moins grande.

 

MARGEUR

 

n. m.

T. d'Imprimerie

. Ouvrier qui place les feuilles sur le rouleau, à l'endroit convenable, avant leur passage sur la forme.

Margeur automatique, Dispositif remplaçant la main de l'ouvrier pour placer le papier sur le rouleau.

Il désigne aussi, en termes de Dactylographie, un Dispositif servant à fixer la largeur de la marge.

 

MARGINAL, ALE

 

adj.

Qui est à la marge. Il n'est guère usité que dans cette expression : Note marginale. Les notes marginales des manuscrits ont souvent passé dans le texte.

 

MARGOTIN

 

n. m.

Petit fagot.

 

MARGOUILLIS

 

n. m.

Mélange de choses de toutes espèces qui font un amas confus. Quel margouillis avez-vous fait là? Mettre le pied dans un margouillis. Il est familier.

 

MARGRAVE

 

n. des deux genres

. Titre donné autrefois à quelques princes souverains, en Allemagne. Le margrave de Bade. Madame la margrave.

 

MARGRAVIAT

 

n. m.

Dignité d'un margrave.

Il se dit aussi du Pays qu'il gouverne.

 

MARGUERITE

 

n. f.

Nom vulgaire de divers genres de la famille des Composées et notamment des pâquerettes, qui désigne une petite fleur blanche ou rouge. Un bouquet de marguerites, une couronne de marguerites. Effeuiller la marguerite.

Il se dit aussi de la Plante qui porte cette fleur. Il pousse beaucoup de marguerites dans cette prairie.

Reine marguerite. Voyez REINE.

 

MARGUILLIER

 

n. m.

Celui qui, avant la séparation de l'Église et de l'État, faisait partie du conseil de fabrique d'une paroisse. Marguillier de sa paroisse. Le banc des marguilliers.

 

MARI

 

n. m.

Époux, celui qui est uni à une femme par le lien conjugal. Femme en puissance de mari. Le mari est le chef de la communauté.

Mari complaisant, commode, Mari qui, par intérêt ou par quelque autre cause, ferme les yeux sur l'inconduite de sa femme.

 

MARIABLE

 

adj. des deux genres

. Qui est en état d'être marié ou mariée. Elle est encore trop jeune pour être mariable. Il a une trop mauvaise santé, il n'est pas mariable.

 

MARIAGE

 

n. m.

Union d'un homme et d'une femme par le lien conjugal. Mariage civil. Mariage religieux. Le sacrement de mariage. Mariage bien assorti. Mariage clandestin, secret. Mariage illicite, illégal, sans effet civil. Mariage d'amour, d'inclination, de convenance, de raison, d'intérêt. Mariage consanguin. Un riche mariage. Un mariage d'argent. Les liens du mariage. Les devoirs du mariage. Déclaration, promesse, contrat de mariage. Le registre des mariages. Premier, second mariage. Ce mariage a été déclaré nul. Demande en nullité de mariage. Opposition au mariage. Les empêchements du mariage. Un empêchement au mariage. Faire un mariage. Célébrer un mariage. Contracter un mariage. Contracter mariage. Casser, dissoudre, rompre un mariage. Demander, promettre, donner, prendre une jeune fille en mariage. Consommer le mariage. Les enfants qui naissent pendant le mariage. Garder, rompre, violer la foi du mariage.

Mariage politique, Mariage contracté par raison d'État.

Mariage de conscience, Mariage entre personnes qui ont eu ensemble un commerce illicite.

Mariage in extremis. Voyez IN EXTREMIS.

Mariage de la main gauche, Union libre. Il s'est dit aussi du Mariage qu'un prince ou seigneur contracte avec une femme d'un état inférieur, en lui donnant, dans la cérémonie nuptiale, la main gauche au lieu de la main droite. Les enfants qui naissent de ce mariage n'héritent pas de la dignité et du pouvoir de leur père. On dit plutôt Mariage morganatique.

Prov., Un bon mariage paiera tout, se dit en parlant d'un Homme qui a l'espoir de rétablir ses affaires par un mariage avantageux.

MARIAGE signifie encore la Célébration des noces. Être invité, assister à un mariage. Un beau mariage. Un mariage sans cérémonies. Toilette de mariage. La robe qu'elle portait le jour de son mariage. Cortège de mariage.

 

MARIANISTE

 

n. m.

Membre d'une société religieuse, composée de prêtres et en majorité de frères qui se consacrent à l'éducation et à l'enseignement. On les appelle quelquefois abusivement MARISTES. Voyez ce mot.

 

MARIER

 

v. tr.

Unir un homme et une femme par le lien conjugal, selon les lois de l'État, ou leur administrer le sacrement de mariage, en parlant de l'Officier de l'état civil ou du prêtre qui remplissent l'une ou l'autre de ces fonctions. L'adjoint les a mariés à défaut du maire. C'est le curé de la paroisse qui les a mariés. Un homme marié, une femme mariée.

Le participe passé s'emploie comme nom. Un nouveau marié. Une nouvelle mariée. De nouveaux mariés. Nous sommes déjà de vieux mariés. Toilette de mariée. Robe, voile, bouquet de mariée.

Il s'emploie absolument pour désigner la Personne, homme ou femme, qui se marie ou qui s'est mariée le jour même. Voilà le marié, la mariée.

Fig. et fam., Se plaindre que la mariée est trop belle, Se plaindre d'une chose dont on devrait se louer.

Il se dit aussi de Ceux qui font, qui arrangent un mariage, soit par autorité paternelle, soit par office d'amitié. Son père l'a marié avantageusement, l'a marié à la fille, avec la fille d'un de ses amis. Il a fort bien marié sa nièce. C'est un ami de son père qui l'a marié. Cette dame a la manie de marier tout le monde.

Cette jeune fille est bonne à marier, Elle est en âge d'être mariée.

SE MARIER signifie Contracter un mariage. Il est d'âge à se marier. Quand vous marierez- vous? Il s'est marié richement. Il ne se mariera pas. Quand nous marierons-nous? Ils se sont mariés l'an dernier.

MARIER signifie, au figuré, Allier deux choses ensemble, les joindre l'une avec l'autre. Marier la vigne avec l'ormeau, à l'ormeau. Ces deux mots ne se marient pas bien. Sa voix se marie bien avec son instrument, à cet instrument, au son de cet instrument. Ce livre est d'une lecture agréable : le sérieux et la gaieté s'y marient heureusement.

Marier des couleurs, Les assortir.

 

MARIEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui aime à s'entremettre pour procurer des mariages. C'est un grand marieur. C'est une redoutable marieuse. Il est familier.

 

MARIN, INE

 

adj.

Qui appartient à la mer. Roches marines. Plante marine. Sel marin. Monstre marin. Veau, loup, cheval marin. Conque marine. Terrains marins, Couches du sol qui ont été formées par des alluvions de la mer.

En termes de Mythologie, Les dieux marins, Les dieux de la mer.

MARIN signifie aussi Qui est spécialement destiné à la marine. Carte, aiguille marine. Montre marine. Lunette marine.

Lieue marine, Lieue de vingt au degré et qui vaut 5,555 mètres.

Trompette marine. Voyez TROMPETTE.

Aigue-marine. Voyez ce mot.

Avoir le pied marin, Savoir marcher sans difficulté à bord d'un vaisseau agité par le mouvement de la mer.

MARIN se dit, comme nom masculin, de Celui qui sert à bord d'un bâtiment de l'État ou de la marine marchande.

Fam. et ironiq., Marin d'eau douce se dit de Celui qui a navigué seulement sur les rivières, ou qui a peu navigué sur mer.

 

MARINADE

n. f.

T. de Cuisine

. Préparation liquide composée d'huile, de vinaigre, de vin blanc, sel, poivre, thym, laurier, etc., dans laquelle on met à tremper, quelques heures, certains morceaux de viande de boucherie, certaines pièces de gibier, pour les attendrir et en modifier le goût.

Il se dit aussi d'une Viande marinée enveloppée de pâte et frite à la poêle. Des poulets en marinade.

 

MARINE

 

n. f.

Ce qui concerne la navigation sur mer. Avoir la vocation de la marine. Se passionner pour les choses de la marine.

Il désigne aussi le Service de mer. Le corps de la marine. Officier de marine. Commissaire de la marine. Servir dans la marine.

Il désigne encore la Puissance navale d'une nation, le matériel et le personnel de la navigation. La marine française. La marine de guerre ou marine militaire. Avoir une marine puissante, formidable.

Marine marchande, Les bâtiments et les équipages employés par le commerce; par opposition à Marine militaire, La marine de l'État.

Marine désigne aussi la Partie du port où se tient l'administration du port et aussi Celle où se font les arrivages et marchés de poisson.

En termes de Peinture, MARINE désigne un Tableau représentant un port de mer, ou quelque vue de la mer. Joseph Vernet a excellé dans les marines. Un peintre de marines.

 

MARINER

 

v. tr.

T. de Cuisine

. Faire cuire du poisson et l'assaisonner de telle sorte qu'il puisse se conserver très longtemps. Mariner des filets de harengs. Du thon mariné.

Il signifie encore Faire tremper de la viande dans une marinade. Mariner du chevreuil. Intransitivement, Mettre un lièvre à mariner.

Marchandises marinées, Marchandises altérées, gâtées par l'eau ou par l'air de la mer. Ce café, ce cacao, ce thé est mariné.

 

MARINGOUIN

n. m.

Nom vulgaire de diverses espèces de Cousins des Antilles et d'autres pays chauds.

 

MARINIER

 

n. m.

Celui dont la profession est de conduire les bâtiments sur les rivières, les canaux navigables, les lacs. Les mariniers de la Seine.

 

MARINIÈRE

 

n. f.

T. de Cuisine

. Assaisonnement particulier avec lequel on accommode les moules. Moules à la marinière.

 

MARIONNETTE

 

n. f.

Petite figure de bois ou de carton qui représente un homme ou une femme et que l'on fait mouvoir, ordinairement par des fils, quelquefois par des ressorts, quelquefois simplement avec la main. Une représentation de marionnettes. Une pièce pour marionnettes. George Sand avait installé à Nohant un théâtre de marionnettes.

Fig. et fam., C'est une marionnette, une vraie marionnette, ce n'est qu'une marionnette, C'est une personne légère, frivole, sans caractère, qui cède facilement aux impulsions étrangères.

 

MARISTE

 

n. m.

Membre d'une congrégation, dite des Prêtres de la Société de Marie, qui se consacre aux missions, à l'enseignement ou à la prédication.

 

MARITAL, ALE

 

adj.

T. de Droit

. Qui a rapport au mari. Puissance maritale. Autorisation maritale.

 

MARITALEMENT

adv.

Comme on vit en mariage. Ils ne sont pas mariés, mais ils vivent maritalement.

 

MARITIME

 

adj. des deux genres

. Qui se trouve au bord ou dans le voisinage de la mer. Pays, villes maritimes. Population maritime.

Il signifie aussi Qui est adonné à la navigation sur mer. Les peuples, les nations, les puissances maritimes.

Il signifie encore Qui a rapport à la mer, à la navigation sur mer. Le commerce maritime. La puissance maritime d'une nation. Le service maritime. Signaux maritimes.

Les forces maritimes, Les forces navales.

Génie maritime, Corps d'ingénieurs de l'État chargés des constructions navales.

Arsenal maritime, Ensemble d'ateliers où les navires de guerre sont construits, réparés ou conservés.

Préfecture maritime, Division administrative et militaire qui se rapporte à la marine. Toulon est une des préfectures maritimes de la France.

Législation maritime, code maritime, Le recueil des lois, ordonnances et règlements relatifs aux diverses branches du service de la marine.

 

MARITORNE

 

n. f.

Fille hommasse, laide, malpropre; ainsi nommée par allusion à la Maritorne de Don Quichotte.

 

MARIVAUDAGE

 

n. m.

Action de marivauder ou Propos dans lesquels on marivaude. Toute sa conversation n'a été que pur marivaudage. Donner dans le marivaudage. Cet homme est insupportable par son perpétuel marivaudage.

Il se dit aussi d'une Manière d'écrire recherchée et quintessenciée. Son style est déparé par le marivaudage.