Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 455 sur 1 033

Pages du PDF

Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Galoper

 

v. intr.

Aller le galop. Un cheval qui galope bien, qui galope sur le bon pied. Par extension, Nous avons galopé tout le temps du voyage.

Il signifie, figurément et familièrement, Faire beaucoup de démarches, courir beaucoup pour quelque affaire. Il a galopé par tout Paris pour cette affaire.

Il se dit aussi, très familièrement, d'une Personne qui marche, qui parle ou qui lit avec précipitation. Pourquoi galoper ainsi? lisez plus posément.

 

GALOPIN

 

n. m.

Petit garçon qui polissonne, principalement dans les rues.

Il se dit aussi familièrement d'un Petit garçon quelconque qui a donné un sujet de mécontentement. Méchant, vilain galopin.

 

GALOUBET

 

n. m.

T. de Musique

. Petite flûte à trois trous, et de deux octaves plus élevée que la flûte traversière.

 

GALUCHAT

 

n. m.

Peau de certains squales, qu'on emploie pour couvrir des boîtes, des étuis, des fourreaux d'épée, pour faire des sacs de dames, etc. Galuchat à gros grains. Galuchat à petits grains.

 

GALVANIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Physique

. Qui a rapport au galvanisme. Appareil, pile galvanique. Courant galvanique.

 

GALVANISER

v. tr.

Électriser au moyen de la pile galvanique ou de Volta.

Il signifie particulièrement Mettre les muscles en mouvement soit pendant la vie, soit peu de temps après la mort, au moyen de la pile galvanique.

Galvaniser le fer, Le plonger dans un bain de zinc fondu pour le recouvrir d'une couche de ce métal et le préserver de l'oxydation.

Il signifie figurément Donner à une société, à un groupe une animation, une vie momentanée et factice. Les grands tribuns galvanisent les foules.

 

GALVANISME

 

n. m.

T. de Physique

. Désignation généralement donnée, d'après le nom du physicien italien Galvani, à Certains phénomènes électriques qui se produisent dans les substances animales, spécialement dans les muscles et dans les nerfs, soit par le contact mutuel, soit quand on met ces substances en communication avec des métaux. Les applications du galvanisme. Phénomènes de galvanisme.

Il se dit, quelquefois, de l'Agent invisible qui produit les phénomènes galvaniques, et que l'on a tout lieu de croire être l'électricité en mouvement. Mesurer la force du galvanisme.

 

GALVANO-CAUTÈRE

 

n. m.

T. de Chirurgie

. Instrument qui sert à cautériser par la chaleur électrique.

 

GALVANOMÈTRE

 

n. m.

T. de Physique

. Instrument destiné à mesurer les moindres traces de l'électricité.

 

GALVANOPLASTIE

 

n. f.

Procédé qui consiste à précipiter, par l'action d'un courant galvanique, un métal en dissolution dans un liquide sur une matière quelconque, soit pour l'orner ou la préserver des influences atmosphériques, soit pour en prendre l'empreinte. La galvanoplastie est employée pour dorer, argenter, cuivrer, nickeler divers objets, et particulièrement d'autres métaux.

 

GALVANOSCOPE

 

n. m.

Instrument qui sert à constater les effets du galvanisme, c'est- à-dire de l'électricité.

 

GALVAUDER

 

v. tr.

Altérer, déformer, mal employer, gâcher une chose, un avantage une qualité. Il ne s'emploie qu'au figuré dans des expressions telles que Galvauder son talent. Galvauder les dons qu'on a reçus de la nature. Galvauder une affaire, une situation. Il est familier.

SE GALVAUDER signifie Se compromettre, s'avilir.

Il est aussi intransitif et signifie Traîner, muser sans rien faire. Il reste là à galvauder.

 

GALVAUDEUX, EUSE

 

adj.

Qui est paresseux, vagabond, qui vit d'expédients. Il est populaire.

 

GAMBADE

 

n. f.

Saut vif et sans règle qui dénote de la gaieté, de l'entrain. Faire des gambades. Faire mille gambades.

 

GAMBADER

 

v. intr.

Faire des gambades Il gambade sans cesse. Il ne fait que gambader.

 

GAMBILLER

 

v. intr.

Remuer les jambes de côté et d'autre, quand on les a pendantes.

 

GAMELLE

n. f.

Sorte de grande écuelle de bois ou de fer-blanc qui était en usage sur les vaisseaux et dans les armées, et dans laquelle plusieurs matelots ou plusieurs soldats mangeaient ensemble.

Être à la gamelle, manger à la gamelle, Être à l'ordinaire des matelots ou des soldats.

Il se dit, par extension, d'une Petite écuelle de fer-blanc destinée à chaque soldat et à chaque matelot.

Il se dit aussi de la Table commune où les officiers de marine prennent leurs repas.

 

GAMIN, INE

 

n.

Petit garçon, petite fille. Il se dit en particulier des Enfants qui passent leur temps à jouer dans les rues. Un gamin des rues.

Il se dit familièrement d'un Enfant espiègle et hardi, petit garçon ou petite fille. Quel gamin! Quelle gamine! Il s'emploie souvent en mauvaise part. Méchant gamin! qui est-ce qui m'a donné un gamin comme ça?

Adjectivement, Un air gamin, un geste gamin, un ton gamin, L'air, le geste, le ton d'un enfant espiègle. Avoir l'esprit gamin se dit de Quelqu'un qui a de la gaieté et de la jeunesse dans l'esprit et qui aime à plaisanter.

 

GAMINER

 

v. intr.

Faire le gamin.

 

GAMINERIE

 

n. f.

Action, parole de gamin ou de gamine ou qui, chez une grande personne, fait penser à des gestes ou à des mots d'enfants espiègles ou mal élevés. Soyez indulgent, ce n'est qu'une gaminerie. On fut étonné de cette gaminerie de la part d'un homme sérieux.

 

GAMME

 

n. f.

La suite des sept notes principales de la musique, disposées selon leur ordre naturel, dans l'intervalle d'une octave. Les sept notes de la gamme. Faire ses gammes.

Gamme diatonique, Expression par laquelle on désigne quelquefois la gamme. La gamme diatonique comprend deux modes dits Gamme majeure et Gamme mineure.

Gamme chromatique, Gamme dans laquelle on procède par demi-tons, et qui a par conséquent douze notes.

Fig. et fam., Chanter à quelqu'un sa gamme, Lui débiter tous les griefs qu'on a contre lui.

Fig. et fam., Changer de gamme, Changer de ton.

 

GANACHE

 

n. f.

Mâchoire inférieure du cheval.

Ce cheval est chargé de ganache, il a la ganache lourde, pesante, Il a l'os de la mâchoire inférieure fort gros et garni de beaucoup de chair.

Il se dit aussi, figurément et populairement, d'une Personne sans intelligence et sans énergie. Cet homme n'est qu'une ganache, une vieille ganache.

 

GANGLION

 

n. m.

T. d'Anatomie

. Nom donné à divers organes qui ont l'apparence de petits pelotons ou de noeuds et qui remplissent diverses fonctions suivant la partie du corps où ils se trouvent. Ganglions lymphatiques, nerveux, etc.

En termes de Médecine, il désigne de Petites tumeurs globuleuses, dures, indolentes, développées sur le trajet des tendons.

 

GANGLIONNAIRE

 

adj. des deux genres

. T. d'Anatomie et de Chirurgie

. Qui a rapport aux ganglions nerveux. Système ganglionnaire.

 

GANGRÈNE

 

n. f.

T. de Médecine

. Mortification locale des tissus.

Gangrène gazeuse ou foudroyante, Complication de certaines plaies, surtout des plaies de guerre, caractérisée par la mortification des tissus et la production de gaz, dont la marche est rapide et aboutit souvent à la mort.

GANGRÈNE se dit figurément, en parlant des Doctrines pernicieuses, de la corruption des moeurs, etc.

 

GANGRÉNER

 

v. tr.

T. de Médecine

. Affecter de gangrène. Cette jambe va se gangrener. Cette plaie se gangrène.

Il se dit figurément dans le sens de Corrompre entièrement. Ces mauvais exemples avaient gangrené toute la jeunesse. Avoir la conscience, l'âme gangrenée, Être tout à fait corrompu.

 

GANGRENEUX, EUSE

 

adj.

T. de Médecine

. Qui est de la nature de la gangrène. Ulcère gangreneux.

 

GANGUE

 

n. f.

T. de Minéralogie

. Substance pierreuse ou autre qui enveloppe les minéraux dans le sein de la terre. La gangue d'un diamant.

Il se dit, par extension, en termes d'Anatomie, d'une Substance amorphe enveloppant un élément anatomique.

 

GANSE

 

n. f.

Cordonnet de laine, de coton, de soie, d'or, d'argent, etc., qui sert ordinairement à border une étoffe ou à former une bride pour attacher un bouton.

Il se dit, par extension, de Ces attaches elles-mêmes.

 

GANT

 

n. m.

Objet d'habillement, qui couvre la main et chaque doigt séparément. Porter des gants. Mettre ses gants. Ôter ses gants. Tailler des gants. Coudre des gants. Des gants glacés. Gants de peau. Gants de daim, de chamois. Gants de fil, de laine, etc. Gants de Suède.

Gants fourrés, Ceux qui sont faits de peaux auxquelles on a laissé, dans l'intérieur, le poil ou la laine de l'animal.

Fig. et fam., Être souple comme un gant, Être d'une humeur facile et accommodante. Il se dit souvent en mauvaise part, pour signifier Être d'une complaisance servile. On dit aussi Rendre quelqu'un souple comme un gant, Le rendre traitable, de difficile qu'il était.

Aller comme un gant signifie, en parlant d'un Vêtement, S'adapter exactement aux formes.

Fig., Vous n'en avez pas les gants, se dit pour faire entendre à quelqu'un qu'il n'est pas le premier à donner l'avis, à dire quelque chose, ou à faire la découverte dont il parle. On dit de même Se donner les gants d'une chose, S'en attribuer mal à propos l'honneur, le mérite.

Fig., Jeter le gant, Défier quelqu'un au combat. Ramasser le gant, relever le gant, Accepter le défi. Ces phrases s'emploient par allusion à la coutume des anciens chevaliers qui jetaient leur gant ou gantelet, par manière de défi, à ceux contre qui ils voulaient combattre.

Fig. et fam., Mettre ou Prendre des gants, Prendre beaucoup de précautions pour faire ou dire une chose sans blesser celui à qui on a affaire. Cet homme est très susceptible : il faudra prendre des gants pour lui faire cette proposition.

 

GANTELÉE

 

n. f.

T. de Botanique

. Espèce de campanule qui a la forme d'un doigt de gant et qui est assez commune dans les bois.

 

GANTELET

 

n. m.

Espèce de gant couvert de lames de fer par le dehors de la main, qui faisait autrefois partie de l'armure d'un homme armé de toutes pièces.

En termes de Chirurgie, il désigne une sorte de bandage qui enveloppe la main et les doigts comme un gant.

Il se dit également d'un Morceau de cuir dont certains artisans, tels que les bourreliers et les relieurs, se couvrent la paume de la main, quand ils travaillent.

 

GANTER

v. tr.

Recouvrir d'un gant. Avoir, garder une main nue et l'autre gantée. Vous êtes difficile à ganter. Être bien ganté. Absolument, Ces gants gantent bien.

On dit aussi Se ganter pour Mettre ses gants.

 

GANTERIE

 

n. f.

Industrie ou commerce du gantier.

 

GANTIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui fait ou qui vend des gants.

 

GARAGE

 

n. m.

T. de Chemin de fer

. Action de mettre des wagons à l'abri ou en réserve sur une partie de la voie ferrée disposée à cet effet. Voie de garage.

Il se dit spécialement d'un Endroit couvert servant à abriter les automobiles ou les bicyclettes. On dit aussi Garage d'aéroplanes.

 

GARANCE

 

n. f.

T. de Botanique

. Plante de la famille des Rubiacées, dont les racines fournissent une belle teinture rouge. La garance colore en rouge les os des animaux qui s'en nourrissent.

Il se dit aussi de la Couleur rouge qu'on tire de cette plante. Une étoffe teinte en garance.

Il se dit, adjectivement, des Étoffes qui sont teintes en garance. Drap garance. Pantalon garance.

 

GARANT, ANTE

 

n.

Celui, celle qui répond de son propre fait ou du fait d'autrui. Tout homme est garant de ses faits et promesses. Je ne suis point garant de l'événement. Cette puissance s'est rendue garante du traité.

Il se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, de Celui qui est caution d'un autre, qui répond de sa dette. Vous rendez- vous garant de cet homme? Être garant d'une obligation. Se rendre garant. Se porter garant. On dit d'un Créancier qu'Il a un bon, un mauvais garant. Je n'aurais pas été payé si je n'avais eu un garant, un bon garant.

Il se dit également de Celui qui est obligé de faire jouir un autre de la chose qu'il lui a vendue ou transportée à titre onéreux ou gratuit. Le vendeur est garant envers l'acquéreur de la propriété de la chose qu'il lui a vendue. On m'a attaqué en éviction, j'ai mis en cause mon garant.

Il se dit figurément d'un Auteur dont on a tiré un fait, un principe qu'on avance, un passage que l'on cite; ou d'une Personne de qui on tient une nouvelle. Il cite comme garant tel historien. J'ai pour garants plusieurs témoins de l'affaire. Cette nouvelle paraît difficile à croire, mais j'en ai les meilleurs garants.

Fig. et fam., Je vous suis garant, je vous suis garante que cela est vrai. Je vous l'assure. je vous en réponds. C'est un très honnête homme, je vous en suis garant.

Au masculin, il se dit aussi des Choses et signifie Sûreté, garantie. Sa conduite passée vous est un sûr garant de sa fidélité pour l'avenir.

 

GARANTIE

 

n. f.

Engagement par lequel on garantit. Il se dit surtout en matière de Procédure et de négociations. Il m'a vendu cette montre avec garantie pour un an. La garantie que le vendeur doit à l'acquéreur. Ce traité fut conclu sans la garantie de telle puissance.

Vendre avec ou sans garantie se dit en parlant surtout des Ventes de chevaux, de bétail, de la Vente qui maintient ou écarte le droit de résiliation pour vices rédhibitoires.

Il se dit aussi du Dédommagement auquel on s'oblige. S'obliger à garantie. Être tenu à garantie, à la garantie. N'être soumis à aucune garantie. Appeler quelqu'un en garantie. Il n'y a pas lieu à garantie.

Garantie formelle, Celle qui a lieu en matière réelle ou hypothécaire. Garantie simple, Celle qui a lieu en matière personnelle, et surtout entre la caution et le débiteur cautionné.

Il signifie encore Sûreté, ce qui garantit une chose, ce qui la rend sûre, indubitable. Je lui offre toutes les garanties possibles. Il veut des garanties plus sûres. Il a d'excellentes garanties. Cela vous servira de garantie. Donner des garanties pour l'avenir.

Bureau de garantie, Lieu où l'on constate le titre des matières, des ouvrages d'or et d'argent. Sans garantie du gouvernement, Formule qui est placée sur les brevets d'invention, pour indiquer que l'État ne se porte garant ni de la priorité, ni de la valeur de l'invention; on l'écrit de cette manière abrégée, s. g. d. g.

Garantie individuelle, La protection que les lois doivent à tout citoyen.

 

GARANTIR

 

v. tr.

Se rendre garant, répondre d'une chose, du maintien, de l'exécution d'une chose. Il ne se dit guère qu'en matière de Procès, d'affaires et de négociation. Garantir une créance. Garantir la propriété d'une maison. Garantir un contrat, une vente, un traité entre puissances, etc.

Il signifie aussi Se rendre garant de la valeur, de la qualité d'une chose. Je vous garantis cette montre pour six mois. On dit en des sens analogues : Je vous garantis ce cheval, cette montre de tout défaut. Le contrôle garantit le titre des pièces d'or et d'argent. Ce qu'il vient de faire vous garantit sa fidélité. Qui me garantit que vous serez plus sage à l'avenir?

Il signifie encore Se rendre garant de l'existence de la réalité d'une chose. Je vous garantis que les choses se sont passées ainsi. Je lui ai garanti le fait. Je vous garantis qu'il ne fera pas cela. On m'a assuré cela, mais je ne vous le garantis pas.

Il signifie en outre Défendre quelqu'un contre une demande, ou l'indemniser du tort qu'il souffre par une éviction, une condamnation, etc. Garantir quelqu'un de toutes poursuites. Garantir d'une éviction. Le débiteur doit garantir sa caution des condamnations qui peuvent être prononcées contre elle. Substantivement, Le garanti exerce son recours contre le garant.

Il signifie, dans une acception plus générale, Mettre à l'abri, préserver de. Garantir quelqu'un du froid en le couvrant. Ce rideau nous garantira du soleil. Il sut garantir leur jeunesse de toute corruption. Se garantir du vent, de la pluie, de la poussière. Garantir quelqu'un du besoin.

 

GARBURE

 

n. f.

T. de Cuisine

. Sorte de potage épais fait de pain de seigle, de choux, de graisse d'oie ou de lard et autres ingrédients. La garbure est un mets des régions du sud-ouest de la France.

 

GARCE

 

n. f.

Femme ou fille de mauvaise vie. Il est bas.

 

GARCETTE

n. f.

T. de Marine

. Tresse de bitord ou de fil de caret, plate, plus ou moins large, et terminée en pointe. Donner des coups de garcette.

 

GARÇON

 

n. m.

Enfant mâle, par opposition à Fille. Il a des filles et des garçons de son mariage. Cette femme est accouchée d'un gros garçon.

Il se dit, familièrement, d'un Jeune homme. C'est un garçon de talent. C'est un garçon discret. C'est un beau garçon, un joli garçon. Mon garçon, vous n'êtes pas assez prudent. Ce pauvre garçon me fait pitié. Un solide garçon.

Garçons d'honneur, Les jeunes garçons qui sont chargés de faire les honneurs dans une cérémonie de mariage.

Bon garçon, Homme serviable et d'humeur facile, conciliante, parfois même à l'excès.

Brave garçon, se dit par éloge de Celui qui a fait une chose dont on est satisfait. C'est un brave garçon, je suis fort content de sa conduite.

Fam., Faire le mauvais garçon, Faire l'indiscipliné, faire le méchant.

Fig. et par ironie, Beau garçon, joli garçon, se disent de Celui qui, par quelque faute, s'est jeté dans un grand embarras, dans une position fâcheuse. Vous voilà beau garçon, joli garçon!

Fig. et fam. Être bien petit garçon auprès de quelqu'un, Lui être fort inférieur. Il se croit un peintre fort habile, et n'est encore qu'un bien petit garçon auprès des grands maîtres de notre école.

Traiter quelqu'un en petit garçon, Le traiter comme si on lui était supérieur.

Il se dit aussi de Celui qui demeure dans le célibat. Rester garçon. C'est un vieux garçon. Ménage de garçon. Appartement de garçon.

Fam., Mener la vie de garçon, Mener une vie libre, indépendante. Enterrer sa vie de garçon, Inviter ses amis, avant de se marier, à une dernière réjouissance.

GARÇON se dit encore de Celui qui travaille sous les ordres d'un maître ou d'un Homme de service dans une administration. Garçon épicier. Garçon de café. Garçon de magasin. Garçon de bureau. Donner quelque chose aux garçons. N'oubliez pas les garçons.

Le féminin GARÇONNE se dit d'une Jeune fille de manières trop libres.

 

GARÇONNIER, IÈRE

adj.

Qui rappelle chez une jeune fille les allures libres d'un garçon. Ton garçonnier. Allures, façons, manières garçonnières.

Il se dit aussi d'une Jeune fille qui aime à fréquenter les garçons. Elle est très garçonnière.

GARÇONNIÈRE s'emploie comme nom féminin pour désigner un Appartement clandestin.

 

GARDE-CORPS

 

n. m.

T. de Marine

. Balustrade qui garnit les bords d'un navire. Des garde-corps.

 

GARDE-CROTTE

 

n. m.

T. de Carrosserie

. Lame de bois, de métal ou de cuir, ordinairement courbe, placée au-devant des roues pour les garantir des éclaboussures. Des garde- crotte.

 

GARDE-FEU

 

n. m.

Grille de toile métallique ou plaque de tôle qu'on met devant une cheminée pour arrêter les étincelles et les éclats des matières enflammées. Des garde-feu.

 

GARDE-FOU

 

n. m.

Parapet, barrière qu'on met dans des endroits dominant une excavation où il y aurait risque de tomber. Des garde-fous.

 

GARDE-MANCHE

 

n. m.

Fausse manche que l'on met par-dessus la manche de l'habit, ou même celle de la chemise, pour les préserver quand on fait un travail qui peut les salir. On dit aussi Fausses manches. Des garde-manches.

 

GARDE-MANGER

n. m.

Lieu pour garder ou serrer de la viande et autres aliments.

Il se dit aussi d'une Petite armoire formée ordinairement de châssis garnis de toile métallique et destinée au même usage. Serrer du gibier dans un garde-manger. Des garde-manger.

 

GARDE-MEUBLE

 

n. m.

Lieu où l'on garde des meubles. Il faut mettre cette tapisserie dans le garde-meuble. Le garde-meuble de la couronne, ou absolument Le garde-meuble. Le garde-meuble national. Des garde-meubles.

 

GARDE-ROBE

 

n. f.

Chambre destinée à renfermer les habits, le linge, etc. Cet appartement a une garde-robe. Des garde-robes.

Il se dit, par extension, de l'Ensemble des vêtements et pièces d'habillement d'une personne. Il a une très riche garde-robe. En mourant il a laissé sa garde-robe à son valet de chambre. On dit, dans un sens analogue, La garde-robe d'un acteur, d'une comédienne.

Il désignait autrefois le Lieu où l'on mettait la chaise percée. On l'emploie encore pour désigner les Évacuations. Après cette purgation, il y a eu plusieurs garde-robes. Aller à la garde-robe.

 

GARDE-VUE

 

n. m. inv.

Sorte de visière, ordinairement garnie ou doublée de taffetas vert, qu'on place au-dessus des yeux, pour garantir la vue du trop grand éclat de la lumière.

 

GARDE

 

n. f.

Action ou charge de protéger, de conserver, de défendre, de soigner, de surveiller quelqu'un ou quelque chose. Il m'a confié la garde de sa maison. Il confia ses enfants à la garde d'un vieux serviteur. À la garde de Dieu! Dieu vous ait en sa garde, en sa sainte garde. Avoir la garde d'une bibliothèque, d'un magasin. Avoir la garde d'un poste. Ce corps de troupes est chargé de la garde des frontières. Avoir, prendre, recevoir des bijoux, des valeurs en garde. Avoir, prendre quelqu'un sous sa garde. Donner des fourrures en garde.

Mettre quelqu'un sous bonne garde, Le remettre à des gens qui se chargent de le garder, qui en répondent.

Être de bonne garde, ou simplement Être de garde, se dit du Vin, des fruits, etc., qui se conservent longtemps sans se gâter. Ces fruits, ces vins sont de garde, de bonne garde, ne sont pas de garde. On dit, dans le sens contraire, Ces fruits, ces vins sont de mauvaise garde, de difficile garde.

Il se dit, par extension, d'un Corps de troupes spécialement chargé de garder, de défendre un souverain, un prince, plus généralement, d'un Corps d'élite. Ce prince était entouré de sa garde. Garde royale. Garde impériale. Vieille garde. Jeune garde. Un officier, un soldat de la garde royale. Absolument, Les régiments de la garde. Il est entré dans la garde. Le général fit donner la garde.

Garde d'honneur, Troupe affectée à un personnage éminent, auquel on rend les honneurs militaires pendant son séjour dans une ville, dans un pays. On donna au prince, à la princesse une garde d'honneur.

Garde nationale s'est dit d'une Troupe non soldée, composée le plus souvent d'éléments civils, ayant pour devoir de maintenir l'ordre et de contribuer à la défense intérieure du pays. La garde nationale de Paris, de Rouen. Officier de la garde nationale.

Garde nationale mobile, ou par ellipse Garde mobile, s'est dit, sous le régime de la loi militaire de 1868, d'Une partie de la classe laissée dans ses foyers à l'époque du recrutement, mais soumise au service militaire en temps de guerre.

Garde municipale, Troupe sédentaire et soldée, chargée d'assurer l'ordre dans certaines villes. Garde municipale à pied, à cheval.

Garde municipale ou Garde républicaine, Corps de troupes d'élite, d'infanterie et de cavalerie, chargé d'assurer l'ordre et aussi de figurer dans certaines cérémonies d'apparat.

GARDE signifie aussi Guet, action par laquelle on observe ce qui se passe, afin de n'être point surpris, de prévenir quelque danger, etc. Faire la garde. Faire bonne garde, mauvaise garde.

Il se dit surtout, en termes militaires, du Service d'observateur et de sentinelle accompli par des soldats. Être de garde. Monter la garde. Officier de garde.

Il se disait de Certains services de présence auprès du souverain. Ce page était de garde. Par extension, il se dit aujourd'hui de Toutes les personnes qui accomplissent, par roulement, un service régulier. L'interne de garde. L'infirmière de garde.

Ce chien est de bonne garde, Il garde bien, il avertit bien.

Ces filles sont de garde difficile, Elles ont besoin d'une grande surveillance.

Prendre garde, Faire attention à quelqu'un, à quelque chose. Je n'aurais pas pris garde à lui, s'il ne m'eût adressé la parole. On m'annonça hier cette nouvelle, mais je n'y pris pas garde. Il signifie aussi Avoir l'attention éveillée sur quelque danger, se précautionner contre lui, en garantir quelqu'un qui y est exposé. Prenez garde qu'on ne vous trompe, qu'on ne vous surprenne. Prenez garde que personne ne vous voie. Prenez garde à cette clause de votre contrat. Prenez garde de tomber. Prenez garde à ne pas trop vous engager. Prenez garde à vous. Prenez garde à cet enfant. Prenez garde, vous allez tout renverser.

Elliptiquement, Garde à vous se dit, en termes militaires, pour Prenez garde à vous, faites attention.

Se donner de garde, ou plus souvent Se donner garde de, signifie Se défier, se précautionner, éviter. Donnez-vous garde qu'on ne vous attaque. Donnez-vous garde de cet homme. Donnez-vous garde de toucher à cela.

N'avoir garde de faire une chose, N'avoir pas la volonté ou le pouvoir de la faire, en être bien éloigné. Il n'a garde de tromper, il est trop honnête homme.

N'avoir garde de, dans le sens de Ne pouvoir pas, se dit quelquefois des Choses. Cette pièce, coup d'essai d'un poète ignorant, n'avait garde d'être dans les règles. Cette permission n'avait garde de lui être refusée.

Il se dit également des Soldats qui montent la garde. La garde des portes. Relever la garde. Renforcer la garde. Doubler la garde. Changer la garde. La garde montante. La garde descendante. On alla chercher la garde. Appeler la garde.

Corps de garde. Voyez CORPS.

Grand-garde, Corps de troupes placé en avant d'une formation plus importante, pour empêcher que celle-ci ne soit surprise.

Avant-garde. Arrière-garde. Voyez ces mots à leur ordre alphabétique.

Flanc-garde, Corps de troupes placé sur le flanc d'effectifs plus importants, pour les protéger.

En termes d'Escrime, il se dit d'une Manière de tenir le corps et l'épée ou le fleuret, telle que l'on soit à couvert de l'épée ou du fleuret de son adversaire, et que l'on puisse aisément le frapper ou lui porter une botte. La garde haute. La garde basse. La garde sur le pied gauche. Se mettre en garde. Se tenir en garde. Être en garde. Être hors de garde.

Elliptiquement, En garde! Mettez-vous en garde.

Se mettre en garde, se tenir en garde, être en garde signifie aussi, figurément, Se défier; faire attention à ne pas être surpris. Être en garde, se mettre en garde contre la séduction.

Être sur ses gardes, se mettre, se tenir sur ses gardes, se dit de Celui qui fait attention à ne pas se laisser surprendre, qui se tient prêt à empêcher qu'on ne prenne sur lui quelque avantage, qu'on ne lui fasse quelque tort.

GARDE désigne encore la Partie d'une épée, d'un sabre ou d'un poignard, et qui sert à couvrir la main. Une garde d'épée. La garde d'un sabre, d'un poignard. Garde à coquille. Fausser la garde. Enfoncer l'épée jusqu'à la garde.

Fig. et fam., S'en donner jusqu'à la garde, Prendre de quelque chose avec excès. En termes de jeux de Cartes, il désigne Une ou plusieurs basses cartes de la même couleur que la garde principale qu'on veut garder. Un bon joueur conserve toujours des gardes.

Fig. et fam., Avoir garde à carreau, Être prêt à répondre à toute objection, à parer à tout événement.

Au pluriel, il se dit, en termes de Serrurerie, de la Garniture qui se met dans une serrure, pour empêcher que toutes sortes de clefs ne l'ouvrent. Il faut changer les gardes de la serrure, on a perdu la clef.

Il se dit, en termes de Librairie, d'un Feuillet blanc que l'on met au commencement et à la fin d'un livre. Feuille de garde.

 

GARDE

 

n. m.

Gardien, surveillant, conservateur. Quand il est immédiatement suivi du nom qui désigne ce qui est donné en garde, on le joint à ce nom par un trait d'union.

Garde des sceaux. Le ministre auquel sont confiés les sceaux de l'État et l'administration de la Justice.

Garde champêtre, Agent préposé à la garde des récoltes et des propriétés rurales de toute espèce. Le garde champêtre dressa procès-verbal.

Garde forestier, Agent préposé à la conservation des forêts. Garde général, Agent de l'administration, des forêts, qui a grade d'officier et autorité sur les gardes forestiers.

Garde-vente ou Facteur, Celui qu'un marchand de bois prépose à la garde et à l'exploitation des bois dont il s'est rendu adjudicataire. Des gardes-vente.

Garde-chasse, Celui qui est commis pour veiller à la conservation du gibier dans une terre, dans un parc, etc. Des gardes-chasse.

Garde-pêche. Celui qui est chargé de veiller à l'exécution des ordonnances sur la police des fleuves, des rivières, etc., en ce qui concerne la pêche et la navigation. Des gardes- pêche.

Garde-barrière, Agent préposé à la garde d'une barrière, établie à l'intersection d'une voie ferrée et d'un chemin ordinaire. Des gardes-barrière.

Garde-côte. Bâtiment armé pour surveiller, garder, défendre les côtes. Adjectivement, Vaisseau garde-côte. Des garde-côtes.

Garde-magasin, Employé chargé de garder les locaux et les marchandises ou objets qu'ils contiennent. Des gardes-magasin.

Garde-malades se dit de Celui, de celle dont la profession est de garder et de soigner les malades. On dit aussi et plutôt Infirmier infirmière. Toutefois on dit toujours Une garde pour désigner l'Assistante d'une accouchée. Des gardes-malades.

Comme nom masculin, il se dit encore de Ceux que l'on charge de garder, de surveiller une personne qu'on ne veut pas laisser échapper. Ce prisonnier a trompé la surveillance de ses gardes : il s'est évadé.

Garde-chiourme, Surveillant de ce que l'on appelait autrefois la chiourme, les galériens. Il s'emploie aujourd'hui figurément pour désigner Quelqu'un dont la surveillance est étroite et brutale. Des gardes-chiourme.

Il se dit encore de Celui qui fait partie de la garde d'un roi, d'un prince, d'un gouverneur. Il n'avait avec lui qu'un de ses gardes. Il appela ses gardes.

Gardes du corps, Ceux qui gardaient la personne du roi. Capitaine, lieutenant des gardes du corps, ou simplement des gardes Il se dit figurément et par ironie d'une Personne qu'on voit en accompagner toujours une autre.

Le régiment des gardes s'est dit d'un Régiment d'infanterie française destiné à garder les avenues des lieux ou le roi était logé. On disait aussi absolument Les gardes ou les gardes françaises. On disait aussi Un garde française.

Le régiment des gardes suisses, ou absolument Les gardes suisses, Régiment d'infanterie suisse qui faisait le même service que le régiment des gardes françaises A Rome, Garde-noble, Garde suisse, Garde palatine, Corps d'officiers ou de soldats au service du Pape. Ces mots s'emploient au singulier pour désigner Ceux qui en font partie.

Cent-gardes, sous le Second Empire, Corps chargé de la garde personnelle du souverain. Un cent-garde.

Garde municipal, Garde républicain. Voyez l'article GARDE qui précède.

Garde national, Citoyen qui fait partie de la garde nationale. Des gardes nationaux. On dit, dans un sens analogue, en certains pays étrangers, Garde civique.

 

GARDÉNIA

 

n. m.

T. de Botanique

. Arbrisseau de la famille des Rubiacées.

 

GARDER

 

v. tr.

Empêcher qu'une chose ne se perde, ne se gâte, ne disparaisse. On ne peut pas garder plus longtemps ce gibier, il faut le manger. Ce vin ne se gardera pas. Gardez soigneusement ces papiers, ils pourront vous être utiles.

En parlant des Êtres animés, il signifie Préserver de toute atteinte, de tout danger, veiller à leur conservation. Garder les troupeaux, les vaches, les oies. On l'a chargée de garder les enfants. Un peloton de cavaliers gardaient la personne du roi. Par extension, Chasse gardée. Ce que Dieu garde est bien gardé. Garder un retranchement, une position.

Fig. et fam., Avoir gardé les vaches ensemble, Avoir les mêmes origines, les mêmes habitudes. Il oublie que nous n'avons pas gardé les vaches ensemble.

Prov. et fig., Quand chacun fait son métier les vaches sont bien gardées, en sont mieux gardées. À chacun son métier, les vaches seront bien gardées, Toutes choses vont bien lorsque chacun ne se mêle que de ce qu'il doit.

Garder un malade, une femme en couches, Se tenir assidûment auprès d'eux pour les soigner et les servir.

GARDER DE signifie particulièrement Préserver, garantir de. Son expérience le garda de cette faute, de tomber dans cette faute. Dieu vous garde de pareils amis. On dit dans le même sens, par souhait : Dieu vous garde du mal; Dieu vous en garde, et absolument : Dieu vous garde; Dieu vous veuille bien garder.

Fam., Dieu vous garde se disait autrefois, par forme de salutation, à des inférieurs, lorsqu'on les abordait ou qu'on en était abordé. Il se disait aussi quelquefois, en riant, d'égal à égal.

GARDER signifie aussi Retenir en sa possession. Garder copie d'une lettre, d'un acte, en garder le double. C'est un de ces emplois que l'on tient à garder. Cet industriel a gardé tout son personnel. J'ai gardé ce domestique douze ans. Fig., Garder sa foi. Garder ses habitudes. Garder le silence. Avoir de la peine à garder son sérieux. Garder rancune à quelqu'un, lui garder de la haine. Garder une consigne.

Ces chiens gardent la voie, gardent la bonne voie signifie qu'Ils gardent la bonne route, sans se laisser égarer et sans prendre le change.

Fig., Garder son rang, Soutenir avec dignité son rang, son état.

Fig. et fam., En donner à garder à quelqu'un, Lui en faire accroire.

Fig., Garder un secret. Ne pas le révéler. On dit dans le même sens Gardez cela pour vous.

Fig., Garder les apparences, Conserver les signes extérieurs d'un sentiment qu'on n'a plus. À la suite de leur brouille, ils se sont séparés, mais en gardant les apparences.

Fig., Toute proportion gardée, En tenant compte de l'inégalité, de la différence relative des deux termes de comparaison. Toute proportion gardée, ce devis est d'un prix moins élevé que cet autre.

GARDER signifie, par extension, Retenir quelqu'un auprès de soi. Je l'ai gardé huit jours à la campagne. Je vous garde à dîner. Accordez-moi un moment d'entretien, je ne vous garderai pas longtemps.

Il signifie spécialement Mettre de côté, en réserve. Gardez ces restes pour demain. On lui gardera quelque chose pour dîner. Je garde cet argent pour mon voyage. Je garde ce trait pour la fin. Il garde ses faveurs pour ceux qui lui sont dévoués.

Fig., Garder une poire pour la soif, Ménager, réserver quelque chose pour les besoins à venir.

Fig., Vous ne savez pas ce que Dieu vous garde, ce que la Fortune vous garde, se dit à une personne qui est dans l'affliction, dans le malheur, pour faire entendre qu'il peut lui arriver des consolations, que sa condition peut devenir meilleure. On se sert aussi de la même locution pour mettre en garde contre les chances mauvaises que peut réserver l'avenir.

Fig., et fam., La garder bonne à quelqu'un, Conserver du ressentiment contre quelqu'un et attendre l'occasion de se venger. Après ce qu'il m'a fait, je la lui garde bonne.

Garder des prisonniers, Les surveiller étroitement, de peur qu'ils ne s'échappent. Par extension, Garder une porte. La police garde la maison depuis quelques jours. Faire garder les avenues d'un parc.

GARDER signifie encore, par extension, Ne pas s'éloigner de, ne pas quitter. Garder la chambre. Garder le lit. Garder le coin du feu. En termes militaires, Garder les rangs, Rester à l'alignement. On dit dans un sens analogue Garder son chapeau sur la tête. Garder son pardessus, ses gants.

SE GARDER DE signifie Prendre garde, se préserver de quelque chose. Gardez-vous bien de tomber. Gardons-nous de rien faire qui puisse nous compromettre. Je me garderai bien d'en manger.

Se garder à carreau. Voyez CARREAU.

 

GARDERIE

 

n. f.

Endroit où les petits enfants sont gardés et surveillés pendant le jour.

 

GARDEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui garde des animaux. Gardeur de cochons. Gardeuse de vaches. Gardeuse de dindons.

 

GARDIEN, IENNE

 

n.

Celui, celle qui protège ou qui est commis pour protéger quelqu'un ou quelque chose. Dieu est notre meilleur gardien. Vous êtes le gardien de nos droits, de nos libertés.

Adjectivement, Ange gardien, Ange qui veille sur chacun de nous durant notre vie. Il se dit aussi figurément d'une Personne qui veille sur une autre avec affection et qui vient toujours la secourir dans les circonstances difficiles. Vous êtes mon ange gardien.

Gardiens de la paix, Agents de police armés et chargés de maintenir le bon ordre dans les lieux publics; on les appelait autrefois Sergents de ville.

GARDIEN se dit aussi de Celui qui garde quelque chose, qui est chargé de veiller à sa conservation. Le gardien d'un monument public. Gardien de musée, de bibliothèque.

En termes de Sports, Gardien du but, Celui qui est chargé de défendre le but.

Il se dit particulièrement, en termes de Procédure, de Celui qui est commis par justice pour garder des meubles saisis, des scellés, etc. On l'a établi gardien, on l'a établie gardienne des meubles, des scellés. Il demeure gardien des effets saisis.

 

GARDON

 

n. m.

Petit poisson blanc d'eau douce.

 

GARE

 

Impératif du verbe Garer, qui s'emploie par manière d'interjection, lorsqu'on avertit de se ranger, de se détourner pour laisser passer quelqu'un ou quelque chose. Crier gare. Gare! gare! Gare devant! Gare dessous! Gare l'eau! Gare la bombe! Il est familier.

Il se dit également en parlant de Ce qu'on appréhende pour soi ou pour les autres. Si vous faites cela, gare les conséquences, gare aux conséquences.

Sans crier gare, Sans avertir préalablement, à l'improviste. Il est arrivé sans crier gare.

Il se dit aussi pour avertir quelqu'un du châtiment qu'il recevra s'il ne prend garde à lui, s'il ne fait pas mieux son devoir. Gare à toi. Gare le fouet.

 

GARE

 

n. f.

Bâtiment ou ensemble de bâtiments établis aux stations des lignes de chemin de fer. Gare de marchandises. Gare des voyageurs. La gare de l'Est. La gare du Nord. Les quais de la gare. Le train entre en gare. Les employés de la gare. Chef de gare.

Gare militaire, Celle qui est réservée pour l'embarquement et le débarquement des troupes en cas de guerre.

 

GARENNE

 

n. f.

Bois où il y a des lapins et où l'on prend soin de les conserver. Lapin de garenne. Avoir droit de garenne.

Garenne forcée, ou Garenne privée, Petit lieu clos de murailles ou de fossés pleins d'eau, où l'on met et où l'on élève des lapins.

 

GARENNIER

 

n. m.

Celui qui a soin d'une garenne.

 

GARER

 

v. tr.

Faire entrer, mettre à l'abri dans une gare. Garer un train (de chemin de fer).

Par analogie, Garer une automobile. La remiser dans un garage.

SE GARER signifie Se ranger d'un côté pour laisser passer un train, un bateau, une voiture et éviter un heurt. Les bateaux qui montent doivent se garer vers la terre pour laisser passer les bateaux qui descendent. Je me suis garé à temps : j'allais être écrasé.

Il signifie, par extension et familièrement, Se préserver, se défendre de quelqu'un, de quelque chose, l'éviter. C'est un fou dangereux, il faut vous en garer. Se garer d'un péril.

 

GARGANTUA

 

n. m.

Il se dit d'un Grand mangeur, par allusion au personnage de Gargantua, dans le roman de Rabelais. Fig. et ironiq., Un appétit de Gargantua.

 

GARGARISER (SE)

 

v. pr.

Laver la gorge avec de l'eau ou avec quelque autre liquide, en le faisant entrer le plus avant qu'il se peut et en le repoussant à diverses reprises pour s'empêcher de l'avaler. Se gargariser la gorge, et absolument Se gargariser. Le médecin m'ordonne de me gargariser. Fig., Il se gargarise de compliments, Il les savoure avec une vanité ridicule.

 

GARGARISME

 

n. m.

Liquide avec lequel on se gargarise la gorge. Donner la formule d'un gargarisme. Il se dit aussi de l'Action de se gargariser. Il a été guéri de son mal de gorge après un certain nombre de gargarismes.

 

GARGOTE

 

n. f.

Restaurant à bas prix. Dîner à la gargote.

Il se dit, par extension, de Toute mauvaise cuisine. Cette cuisinière nous fait une vraie gargote.

 

GARGOTIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui tient une gargote. Prendre ses repas chez un gargotier.

Il se dit aussi, par mépris, d'un Mauvais cuisinier, d'une mauvaise cuisinière, Ce prétendu cordon bleu n'est qu'une gargotière.

 

GARGOUILLE

 

n. f.

Partie d'une gouttière ou d'un tuyau par où l'eau tombe, et qui est souvent ornée d'une figure de dragon, de lion ou de quelque autre animal.

Il se dit, par extension, de Ces figures mêmes. Les gargouilles de Notre-Dame de Paris.

Il se dit par analogie, en termes d'Arts, de Quelques autres canaux ou tuyaux destinés à l'écoulement des eaux.

Il se dit aussi du Conduit qui amène les produits de la combustion dans la cheminée d'un haut fourneau.

 

GARGOUILLEMENT

 

n. m.

Bruit analogue à celui que fait l'eau dans une gargouille et qui est produit par le déplacement de liquides dans l'estomac et les intestins.

 

GARGOUILLER

 

v. intr.

Produire des gargouillements. Il est populaire.