Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 737 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Pendeloque

 

n. f.

Pièce de parure suspendue à un anneau, à une chaînette, etc. Elle avait à ses boucles d'oreilles des pendeloques de diamants. Voyez PENDENTIF.

Il se dit aussi des Morceaux de cristal ou de verre taillés qui sont attachés aux lustres.

 

PENDENTIF

 

n. m.

T. d'Architecture

. Portion de voûte sphérique, placée entre les grands arcs qui supportent un dôme, une coupole. Les pendentifs du Val-de-Grâce sont sculptés; ceux du dôme de Saint-Pierre de Rome sont ornés de mosaïque.

En termes de Joaillerie, il est le synonyme, aujourd'hui plus usité, de Pendeloque et désigne un Bijou qui pend à une chaînette, à un collier.

 

PENDERIE

 

n. f.

Cabinet où l'on suspend des vêtements.

 

PENDILLER

 

v. intr.

Être suspendu en l'air et exposé au vent. Des linges qui pendillent aux fenêtres.

 

PENDRE

 

(Je pends, tu pends, il pend; nous pendons, vous pendez, ils pendent. Je pendais. Je pendis. J'ai pendu. Je pendrai. Pends; pendons, pendez. Que je pende. Que je pendisse. Pendant.)v. tr.

Attacher une chose en haut par une de ses parties, de manière qu'elle ne touche point en bas. Pendre de la viande au croc. Pendre des raisins au plafond.

Fig., Pendre la crémaillère, Célébrer son installation dans un nouveau logement.

Fig. et fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité de parole.

Fig., Pendre son épée au croc s'est dit autrefois pour signifier Renoncer à la guerre. PENDRE se dit aussi des Personnes et des animaux. Pendre un lièvre par les pattes de derrière. Se pendre par les mains à un arbre.

Cet enfant est toujours pendu au cou de sa mère, de sa nourrice, Il l'embrasse continuellement.

Fig. et fam., Être toujours pendu aux basques de quelqu'un, Le suivre partout.

Fig. et fam., Être toujours pendu à la sonnette de quelqu'un, Lui faire des visites trop fréquentes.

Fig. et fam., Être toujours pendu au téléphone, Se servir constamment du téléphone.

PENDRE signifie particulièrement Attacher quelqu'un à la potence, pour le mettre à mort. Pendre et étrangler. Il a été pendu en effigie. Il fut condamné à être pendu.

Fam., Je veux être pendu si je consens à ce qu'on exige de moi, si l'on m'y rattrape, si j'ai compris un mot de son discours.

Être pendu haut et court, Être exécuté à la potence.

Fam., Cet homme ne vaut pas la corde pour le pendre, Il ne vaut rien.

Fam., Dire pis que pendre de quelqu'un, Dire de lui toute sorte de mal.

Prov. et fig., Sitôt pris, sitôt pendu se dit pour exprimer une prompte décision.

SE PENDRE signifie Se donner la mort, s'étrangler en se suspendant par le cou. De désespoir il se pendit.

Il y a de quoi se pendre se dit, par exagération, en parlant d'un Événement désagréable. On dit plutôt : Il n'y a pas de quoi se pendre, Cela n'a pas beaucoup d'importance.

Aller se faire pendre ailleurs se dit en parlant d'une Personne qu'on néglige de punir soi-même et qu'on laisse à d'autres le soin de châtier. On l'a prié d'aller se faire pendre ailleurs.

PENDRE est aussi intransitif et signifie Être suspendu. Un grand sabre pendait à sa ceinture. Des lustres pendent au plafond. Des fruits pendent à l'arbre.

Cela lui pend au nez, Cet ennui, ce désagrément risque fort de lui arriver.

PENDRE,intransitif

, signifie encore Tomber, descendre trop bas. Votre robe pend d'un côté. Renouez ce cordon qui pend.

Les joues lui pendent, Ses joues sont flasques et tombantes.

Le participe passé s'emploie aussi substantivement. Un pendu.

Fig., Il ne faut pas parler de corde dans la maison d'un pendu, Il ne faut pas parler de certaines choses qui peuvent être reprochées à ceux devant qui l'on parle et pourraient sembler une allusion.

Fig., Il a de la corde de pendu dans sa poche se dit, par allusion à une superstition, d'un Homme qui gagne beaucoup, qui gagne toujours au jeu, qui a de la chance, qui réussit dans toutes ses entreprises.

Fig., Être sec comme pendu, Être extrêmement maigre.

 

PENDULAIRE

 

adj. des deux genres

. T. didactique

. Qui se rapporte au pendule. Mouvement pendulaire.

 

PENDULE

 

n. m.

Corps pesant, mobile autour d'un axe horizontal. L'oscillation du pendule. L'isochronisme du pendule. Le pendule sert à régler le mouvement d'une horloge. Pendule battant la seconde. Le pendule simple est formé d'un corps pesant suspendu à l'extrémité d'un fil sans masse.

Pendule compensateur, Pendule composé de plusieurs tiges métalliques, disposées de telle façon qu'elles compensent, pour la régularité du mouvement, les variations thermométriques.

 

PENDULE

 

n. f.

Horloge d'appartement dont le mouvement est régularisé par un pendule. Les aiguilles d'une pendule. Une pendule qui avance, qui retarde. Pendule de voyage.

 

PENDULETTE

 

n. f.

Petite pendule.

 

PÊNE

 

n. m.

Partie d'une serrure qu'on fait aller et venir avec la clef et qui entre dans la gâche de manière à fermer la porte à laquelle est adaptée la serrure. Le pêne de cette serrure est brisé, est rouillé. Le pêne ne va plus.

Pêne à demi-tour ou à ressort, Sorte de pêne dont l'extrémité est taillée en biseau et qu'on peut faire aller et venir sans le secours de la clef.

Pêne dormant, Pêne ordinaire, c'est-à-dire qui ne se meut qu'avec le secours de la clef. Une serrure à pêne dormant.

 

PÉNÉTRABILITÉ

 

n. f.

T. didactique

. Qualité de ce qui est pénétrable. La pénétrabilité d'une substance spongieuse.

 

PÉNÉTRABLE

 

adj. des deux genres

. Que l'on peut pénétrer, où l'on peut pénétrer. Ce bois est si épais qu'il n'est pas pénétrable.

 

PÉNÉTRANT, ANTE

 

adj.

Qui pénètre. Le sel est caustique et pénétrant. Liqueur pénétrante. Odeur pénétrante. Il fait un froid pénétrant.

En termes de Chirurgie, Plaie pénétrante, Une plaie qui pénètre dans une cavité du corps, dans la poitrine, dans le ventre.

Fig., Être pénétrant, avoir l'esprit pénétrant, Avoir une intelligence vive, approfondir promptement les choses difficiles.

Fig., Avoir l'oeil, le coup d'oeil, le regard pénétrant, Lire, deviner, apercevoir ce que les personnes qu'on regarde ont dans l'esprit, dans le coeur. Il est impossible de lui cacher ce qu'on éprouve, ce qu'on pense, tant il a l'oeil pénétrant, le regard pénétrant.

 

PÉNÉTRATION

 

n. f.

T. didactique

. La propriété, l'action de pénétrer. La pénétration des gaz.

Il se dit surtout figurément de la Sagacité de l'esprit, de la facilité à pénétrer dans la connaissance des choses. C'est un homme qui a une grande pénétration d'esprit. Il a de la pénétration, beaucoup de pénétration. Je doute un peu de sa pénétration.

 

PÉNÉTRER

v. tr.

Passer à travers; Entrer fort avant. La lumière pénètre le verre, pénètre tous les corps diaphanes. L'huile pénètre les étoffes. L'eau avait pénétré ses habits. Un tel coup pénètre les chairs et va jusqu'à l'os. Ces substances, mêlées ensemble, se pénètrent intimement. Le grand froid pénètre la terre. Il fait un vent sec qui pénètre la poitrine.

PÉNÉTRER s'emploie figurément et signifie Découvrir, parvenir à connaître, avoir une profonde connaissance de quelque chose. Pénétrer le sens caché d'un mot. Pénétrer les ruses, les desseins de quelqu'un. J'ai pénétré sa pensée. Je pénétrerai ce mystère. Pénétrer les secrets de la nature. Dieu pénètre le fond des coeurs, les pensées les plus secrètes.

Pénétrer quelqu'un, Découvrir ses secrètes pensées, ses desseins cachés. Cet homme a beau feindre, il n'est pas difficile à pénétrer. Il ne se laisse pas facilement pénétrer.

PÉNÉTRER signifie encore figurément Toucher profondément. Les beautés de la religion le pénètrent, pénètrent son âme. Sa douleur me pénètre le coeur.

Il s'emploie comme verbe intransitif dans la plupart de ses acceptions. Le coup pénétra dans les chairs, pénétra jusqu'à l'os. Pénétrer dans les rangs ennemis. Ce voyageur n'a pas pénétré dans l'intérieur du pays. Je n'ai pu pénétrer jusqu'au ministre. Pénétrer dans la confiance de quelqu'un. Il est difficile de pénétrer dans sa pensée. Je n'ai pas voulu pénétrer dans ces mystères.

SE PÉNÉTRER signifie Remplir son esprit, son âme de quelque pensée, de quelque sentiment. Il faut bien vous pénétrer de cette vérité. Se pénétrer du sentiment de ses devoirs. Pénétré de douleur. Pénétré de l'amour de Dieu, des vérités de la religion. Je suis pénétré de cette vérité.

Avoir l'air pénétré, Paraître affecté profondément de ce qu'on entend ou de ce qu'on dit soi-même. On dit dans un sens analogue : Il a l'air pénétré de son importance.

 

PÉNIBLE

 

adj. des deux genres

. Qui se fait avec peine, qui donne de la peine, de la fatigue. Un travail ingrat et pénible. Une situation pénible. Un effort pénible. L'intrigue de cette pièce est pénible à suivre.

Un style pénible, Un style qui manque de naturel et qui sent l'effort.

PÉNIBLE signifie encore Qui fait de la peine, qui affecte désagréablement l'âme, l'esprit. Situation pénible. Sentiment pénible. Doute pénible. Il est pénible d'avoir à punir de pareilles fautes. Une chose pénible à voir, à entendre. Un aveu pénible à faire.

 

PÉNIBLEMENT

adv.

Avec peine, avec effort. Il marche péniblement. Cet exposé est confus : on le suit péniblement.

 

PÉNICHE

 

n. f.

T. de Marine

. Bateau plat servant au transport des marchandises sur les rivières et les canaux.

 

PÉNICILLÉ, ÉE

 

(On prononce les deux L.) adj.

T. d'Histoire naturelle

. Qui est en forme de pinceau. Stigmate pénicillé.

 

PÉNIL

 

n. m.

T. d'Anatomie

. Partie inférieure du ventre, qui se couvre de poils au moment de la puberté.

 

PÉNINSULAIRE

 

adj. des deux genres

. Qui appartient à une péninsule ou à ses habitants.

 

PÉNINSULE

 

n. f.

Contrée qui s'avance dans la mer et qui est unie au continent par un seul côté. La Morée est une péninsule. La péninsule scandinave. La péninsule ibérique.

 

PÉNITENCE

 

n. f.

Repentir suivi d'expiation, regret d'avoir offensé Dieu. La pénitence est une vertu chrétienne. Une pénitence tardive. Les fruits de la pénitence.

Sacrement de pénitence ou Sacrement de la pénitence, Celui des sept sacrements de l'Église par lequel le prêtre remet les péchés à ceux qui s'en confessent à lui et qui en ont le repentir. Le tribunal de la pénitence se dit du Prêtre qui confesse et du Lieu où il confesse. Aller porter ses péchés au tribunal de la pénitence.

PÉNITENCE se dit aussi de Tout ce que le prêtre ordonne en satisfaction des péchés qu'on lui a confessés. Son confesseur lui a donné pour pénitence un Pater et un Avé à réciter. Accomplir sa pénitence, satisfaire à sa pénitence, faire sa pénitence. Les pénitences publiques ne sont plus en usage dans l'Église.

Il se dit également des Austérités qu'on s'impose volontairement pour l'expiation de ses péchés. Faire pénitence de ses péchés. Vivre dans la pénitence, dans une pénitence continuelle, dans les exercices de la pénitence. Il faut faire pénitence, si l'on veut être sauvé. Le carême est un temps de pénitence.

Les Psaumes de la pénitence. Voyez PSAUME.

Fig., Faire pénitence de ses excès, de ses torts, de sa mauvaise conduite, En être puni par quelque maladie, par quelque infirmité, par quelque malheur. Il fait pénitence du passé. Il s'est abandonné à la débauche dans sa jeunesse, il en fait maintenant pénitence. Il s'est perdu par son indiscrétion, et il a maintenant tout le loisir d'en faire pénitence.

Fig. et fam., Faire pénitence, Faire mauvaise chère. Si vous voulez demeurer à dîner avec nous, vous ferez pénitence.

PÉNITENCE se dit encore d'une Punition imposée pour quelque faute. Voilà une rude pénitence pour une faute bien légère. Faire subir une pénitence. Mettre un enfant en pénitence.

Il désigne, à certains Jeux de société, la Peine qu'on impose à ceux qui ont manqué aux règles, aux conventions, ou qui n'ont pas deviné quelque chose, qui ont mal répondu.

POUR PÉNITENCE, POUR VOTRE PÉNITENCE, EN PÉNITENCE DE CELA,loc. adverbiales

. En punition, pour peine. Pour pénitence, pour votre pénitence, en pénitence de votre retard, vous ferez un mauvais dîner.

 

PÉNITENCERIE

 

n. f.

Charge, fonction, dignité de pénitencier. Il est pourvu de la pénitencerie de cette cathédrale. La grande pénitencerie.

Il désigne aussi le Tribunal de la pénitencerie romaine. Ce sont des affaires qui regardent la pénitencerie.

 

PÉNITENCIER

 

n. m.

Prêtre commis par l'évêque pour absoudre des cas réservés. Se confesser au pénitencier. À Rome, c'est toujours un cardinal qui est grand pénitencier.

 

PÉNITENCIER

 

n. m.

Prison, établissement de détention.

Pénitencier militaire, Prison où sont enfermés les militaires condamnés à la réclusion.

 

PÉNITENTE

 

adj.

Qui a regret d'avoir offensé Dieu, qui est dans la pratique des exercices de la pénitence. Pécheur pénitent. Femme pénitente.

Il s'emploie plus ordinairement comme nom, et il désigne Celui, celle qui confesse ses péchés au prêtre. Interroger, absoudre un pénitent. Ce prêtre a beaucoup de pénitents, beaucoup de pénitentes.

Il désigne aussi, substantivement, Ceux qui sont engagés dans diverses confréries où l'on fait une profession particulière de certains exercices de pénitence. On les appelle Pénitents blancs, pénitents bleus, pénitents noirs, gris, etc., selon les différentes couleurs des cagoules dont ils se couvrent en certaines occasions.

 

PÉNITENTIAIRE

 

(Dans ce mot et dans les deux suivants, TI se prononce CI.)adj. des deux genres . Il se dit des Moyens employés pour amender les condamnés. Régime pénitentiaire. Système pénitentiaire.

Il signifie aussi Qui est relatif aux pénitenciers. Administration pénitentiaire.

 

PÉNITENTIAUX

 

adj. m. pl.

Qui appartient à la pénitence. Psaumes pénitentiaux.

Canons pénitentiaux, Canons de la primitive Église concernant les pénitences publiques.

Pour le féminin on emploie la forme pénitentielles. OEuvres pénitentielles.

 

PÉNITENTIEL

n. m.

Rituel de la pénitence. Il y a différents pénitentiels.

 

PENNAGE

 

n. m.

T. de Fauconnerie

. Il se dit du Plumage des oiseaux de proie, qui se renouvelle à différents âges. Un faucon du second pennage.

Il désigne aussi les Plumes des ailes de tout oiseau.

 

PENNÉ, ÉE

 

adj.

T. de Botanique

. Il se dit des Feuilles composées dont les folioles sont disposées comme les barbes d'une plume.

 

PENNE

 

n. f.

Nom donné aux grandes plumes des ailes et de la queue des oiseaux. Il se dit, en termes de Fauconnerie, des Grosses plumes des oiseaux de proie qui muent chaque année. Les pennes d'un faucon.

 

PENNON

 

n. m.

Sorte d'étendard en forme de queue d'oiseau, en usage au temps de la chevalerie.

 

PÉNOMBRE

 

n. f.

Zone d'ombre où la lumière du corps éclairant est partiellement interceptée. Dans les éclipses de la lune, on voit cet astre s'obscurcir graduellement à mesure qu'il entre dans la pénombre de la terre.

Il se dit dans le langage courant du Demi- jour en général.

Il s'emploie aussi figurément. Malgré son mérite, il est resté dans la pénombre.