Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Mortadelle
n. f.
Sorte de gros saucisson fabriqué en Italie. Mortadelle de Bologne, de Florence.
MORTAISE
n. f.
T. d'Arts
. Entaille pratiquée dans une pièce de bois ou de métal pour y recevoir le tenon d'une autre pièce quand on veut les assembler. Ouvrage assemblé à tenons et à mortaises.
MORTALITÉ
n. f.
Condition de ce qui est sujet à la mort. L'humaine mortalité. La mortalité universelle.
Il désigne aussi la Mort d'une quantité plus ou moins considérable d'hommes ou d'animaux qui sont emportés en peu de temps par la même maladie. La mortalité a été particulièrement grande dans cette ville. La mortalité est sur le bétail, s'est mise sur le bétail, dans le bétail, sur les bestiaux. Il y a dans cette ville une grande mortalité.
Il se dit encore de la Quantité d'individus de l'espèce humaine qui meurent annuellement, sur un certain nombre de vivants. Une hygiène bien entendue a fait baisser le taux de la mortalité.
Tables de mortalité, Statistique du nombre des décès aux différents âges, d'année en année.
MORTE-EAU
n. f.
T. de Marine
. Il se dit des Marées les plus faibles, celles du premier et du dernier quartier de la lune, et de l'Époque de ces marées. Nous sommes en morte-eau.
MORTE-SAISON
n. f.
Époque de l'année où, dans certaines professions, on a moins de travail, moins de débit qu'à l'ordinaire. L'été est la morte-saison des fourreurs.
MORTEL, ELLE
adj.
Qui est sujet à la mort. Tous les hommes sont mortels. Cette vie mortelle est pleine de misères.
Dans le style soutenu, Quitter sa dépouille mortelle, Mourir.
MORTEL, ELLE, est aussi employé comme nom pour signifier Homme, femme. C'est un heureux mortel. Une simple mortelle.
Absolument, Les mortels, L'espèce humaine. Les pauvres mortels.
Il signifie aussi Qui cause la mort, qui paraît devoir la causer. Maladie, plaie, blessure mortelle. Coup, poison mortel. Par exagération, Haine, inimitié mortelle. Douleur, inquiétude, crainte, tristesse, offense mortelle. Effroi mortel. Ennui mortel. Je suis dans des transes mortelles. Il fait un froid mortel.
Être l'ennemi mortel de quelqu'un, Le haïr profondément.
Péché mortel, Péché qui fait perdre la grâce de Dieu et qui donne une sorte de mort à l'âme.
Fam., J'ai attendu deux mortelles heures dans une antichambre. Il y a de cette ville à celle autre dix mortelles lieues.
MORTELLEMENT
adv.
De manière à faire mourir. Il est blessé mortellement, malade mortellement.
Pécher mortellement, Commettre un péché mortel.
Par exagération, Haïr mortellement. Cet homme est mortellement ennuyeux.
MORTIER
n. m.
Mélange de sable, de chaux et de ciment, délayé avec de l'eau et servant à lier les pierres ou les briques d'une construction. Mortier à chaux et à sable, à chaux et à ciment. Mortier de ciment.
MORTIER se dit aussi d'une Sorte de vase qui est fait de métal, de pierre, de bois, de verre, de marbre, de faïence, etc., et dont on se sert pour y piler certaines substances qu'on veut réduire en poudre ou en pâte.
En termes d'Artillerie, il se dit d'une Sorte de canon très court tirant presque verticalement et lançant des obus ou des bombes. Une batterie de mortiers.
MORTIER se dit en outre d'une Sorte de coiffure ronde, de velours noir, bordé de galon d'or, que les présidents de parlement portaient dans l'exercice de leurs fonctions, et qui est encore aujourd'hui la Coiffure des présidents des cours de justice. Président à mortier.
MORTIFÈRE
adj. des deux genres
. Qui cause la mort. Un poison, un suc mortifère. Une plante mortifère. Il ne s'emploie guère que dans le langage médical.
MORTIFIANT, ANTE
adj.
Qui mortifie, qui humilie l'amour-propre et cause de la confusion. Y a-t-il rien de plus mortifiant? Des paroles mortifiantes. Un refus mortifiant.
MORTIFICATION
n. f.
T. de Médecine et de Chirurgie
. État d'un tissu ou d'un organe qui se décompose et devient comme mort. La gangrène est une mortification des chairs, la nécrose une mortification des os.
En termes de Cuisine, il se dit de l'Action de garder certaines viandes pour qu'elles deviennent tendres et gagnent du fumet.
MORTIFICATION se dit, par extension, dans le style ascétique, de l'Action par laquelle on mortifie son corps, ses passions. La mortification de la chair, des sens. Le jeûne est une mortification.
Il se dit également des Accidents fâcheux qui arrivent dans la vie. Les maladies sont des mortifications que Dieu nous envoie.
Il signifie, au figuré, Chagrin, humiliation qu'on fait éprouver à une personne par quelque réprimande ou par quelque procédé dur et fâcheux. Il a reçu, il a essuyé, il s'est attiré une grande, une cruelle mortification.
MORTIFIER
v. tr.
Faire que de la viande devienne plus tendre. Mettre de la viande à l'air, la battre pour la mortifier. Ce faisan n'est pas encore assez mortifié.
MORTIFIER signifie, dans le style ascétique, Affliger son corps par des macérations, des jeûnes, des austérités. Mortifier sa chair. Se mortifier pour l'amour de Dieu.
Mortifier ses sens, ses passions, Les réprimer en vue de plaire à Dieu.
MORTIFIER signifie encore, figurément, Humilier quelqu'un, lui faire de la peine par quelque réprimande ou par quelque procédé dur et fâcheux. Ce refus me mortifierait beaucoup. La disgrâce qui lui est arrivée l'a extrêmement mortifié. Je suis bien mortifié d'avoir échoué dans cette affaire.
MORTUAIRE
adj. des deux genres
. Qui a rapport aux morts, au service, aux pompes funèbres. Un drap mortuaire.
Maison mortuaire, Maison où se trouve le corps de la personne décédée et où l'on se réunit ordinairement pour lui rendre les derniers devoirs.
Registre mortuaire, Registre où l'on inscrit les noms des personnes décédées.
Extrait mortuaire, Extrait qu'on tire de ce registre.
Droits mortuaires, Droits perçus pour les cérémonies funèbres.
MORUE
n. f.
Poisson de mer du genre Gade, dont la plus grande pêche se fait au banc de Terre-Neuve. Morue fraîche. Morue verte. Morue nouvelle. Morue sèche, salée. La pêche à la morue. Un banc de morues.
Queue de morue. Voyez QUEUE.
MORUTIER, IÈRE
adj.
Qui sert à la pêche de la morue. Un bateau morutier ou, absolument, Un morutier, Un bateau qui va à la pêche de la morue.
Il s'emploie substantivement pour désigner les Marins qui se livrent à cette pêche. Le départ des morutiers.
MORVE
n. f.
Humeur qui découle des narines.
En termes d'Art vétérinaire, il se dit d'une Maladie à laquelle les chevaux sont sujets et qui est contagieuse soit de cheval à cheval, soit du cheval à l'homme. Quand on vend un cheval, la morve est garantie de droit.
MORVEUX, EUSE
adj.
Qui a la morve au nez. Enfant morveux.
En termes d'Art vétérinaire, il signifie aussi Qui est atteint de la maladie appelée Morve. Cheval morveux.
Prov. et fig., Il vaut mieux laisser son enfant morveux que de lui arracher le nez. Voyez ARRACHER.
Prov. et fig., Qui se sent morveux se mouche, Que ceux qui reconnaissent en eux le défaut, le tort dont on parle, s'appliquent ce qu'on en dit, si bon leur semble.
MORVEUX s'emploie quelquefois comme nom et se dit alors, figurément et familièrement, d'un Enfant, garçon ou fille, prétentieux, qui se met en avant, se fait valoir. C'est un petit morveux, une petite morveuse. Un méchant morveux, qui fait la leçon à tout le monde.
MOSAÏQUE
adj. des deux genres
. Qui vient de Moïse. La loi mosaïque.
MOSAÏQUE
n. f.
Ouvrage composé de petites pierres dures ou de petits morceaux d'émail de différentes couleurs, rapportés, liés par un mastic et assemblés de manière à former des figures, des ornements, etc. Faire de la mosaïque. Les mosaïques les plus précieuses sont en pierres naturellement colorées. Pavé de mosaïque. Table de mosaïque. Tableau en mosaïque. Les plus beaux tableaux de Raphaël ont été exécutés en mosaïque pour orner l'église de Saint-Pierre de Rome.
Il se dit aussi de l'Art dont ces ouvrages sont le produit. Il y a deux espèces de mosaïque, celle de Rome et celle de Florence. Il a été à Rome pour apprendre la mosaïque.
MOSAÏQUE se dit encore, figurément, d'un Ouvrage de l'esprit composé de morceaux rapportés. Ce livre est une véritable mosaïque.
MOSAÏSTE
n. m.
Artiste en mosaïque.
MOSQUÉE
n. f.
Édifice où les mahométans s'assemblent pour faire leurs prières. Les mosquées de Constantinople, du Caire, d'Ispahan, etc. Il y a, dans l'enceinte de cette mosquée, des écoles, des plantations, etc.
MOT
n. m.
Son ou groupe de sons servant à exprimer des actions, des sensations, des sentiments, des idées, ainsi que leurs rapports. Mot français, latin, grec, etc. Mot barbare. Vieux mot. Mot qui n'est plus en usage, qui est tombé en désuétude, qui a vieilli. Mot nouveau. Mot usité, inusité. Mot familier, populaire, trivial. Mot savant, technique. Mot rude, harmonieux. Mot de deux syllabes, de trois syllabes. Mot simple, mot composé. Ces deux mots sont synonymes. Choisir ses mots. Bien prononcer, bien articuler les mots. Ce mot est fort expressif, fort significatif. Ce mot n'est pas de la langue. L'emploi, l'arrangement, le choix des mots. Ce mot a plusieurs significations, plusieurs acceptions différentes. Ce mot est du style poétique. Ce mot est dérivé du grec, est emprunté du latin.
Mot propre, Mot qui exprime avec plus de justesse et d'exactitude que tout autre l'idée qu'on veut faire entendre. Il faut, pour bien écrire, employer le mot propre. On dit, par opposition, Mot impropre.
Mot faible, Celui qui n'exprime qu'imparfaitement l'idée, qui ne lui donne pas toute sa force.
Mot à double entente, Mot qui a deux sens, qui est susceptible de deux interprétations. On dit aussi Mot équivoque ou ambigu.
Mot factice, Mot qui est dérivé d'un autre mot suivant l'analogie ordinaire, mais dont l'usage n'est pas établi.
Mot artificiel, Mot dont on se sert pour aider la mémoire par l'arrangement des lettres. Ainsi les termes de Logique, Barbara, Celarent, etc., sont des mots artificiels dont on se servait pour graver plus aisément dans la mémoire les différentes espèces de syllogismes.
Mot consacré, Mot qui est tellement propre et usité pour signifier une certaine chose, qu'on ne peut pas se servir d'un autre mot sans parler improprement. Ainsi, en Théologie, les mots Consubstantiel et Transsubstantiation sont des mots consacrés; de même qu'en Physique les mots Gravitation, Raréfaction, Condensation, etc.
Mot sacramentel ou sacramental. Mot qui appartient à un sacrement; et, par extension, Mot qui est essentiel à la validité d'un acte, d'une convention.
Mot forgé. Voyez FORGER.
Mot hybride. Voyez HYBRIDE.
Fig. et fam., Gros mot, Juron, mot grossier, malséant. Il a dit de gros mots, des gros mots.
Il signifie aussi Menaces, paroles offensantes. De la raillerie ils ont passé, ils en sont venus aux gros mots.
Fig., Grand mot. Voyez GRAND.
Fam., Le grand mot est lâché, Le mot qu'on retenait est enfin échappé.
Jeu de mots. Voyez JEU.
Jouer sur les mots. Voyez JOUER.
Mot d'une énigme, d'une charade, Mot qu'on propose à deviner dans une énigme, dans une charade.
Fig., C'est le mot de l'énigme, C'est l'explication de cette chose mystérieuse. On dit dans le même sens Voilà le fin mot de l'affaire.
Fig. et fam., Je n'entends pas le fin mot de tout cela, Je ne comprends pas ce qu'on veut, j'ignore à quoi tendent tous ces discours, ce que signifie cette conduite singulière.
Fig. et fam., Dire le fin mot, Manifester entièrement son projet, ses vues. Il n'a pas encore dit le fin mot.
Vous dites là le mot, Ce que vous dites éclaircit la difficulté, est décisif. Mot de la fin. Voyez FIN.
Fig. et fam., Traîner ses mots, Parler très lentement. Compter ses mots, Parler avec lenteur et avec affectation. Manger ses mots, la moitié de ses mots, Ne pas prononcer nettement toutes les lettres ou toutes les syllabes des mots. Peser ses mots, Parler avec prudence, après mûre réflexion.
Fig., Trancher le mot, Nommer les choses par leur nom, parler net. C'est un homme sans délicatesse; tranchons le mot, c'est un malhonnête homme. On dit dans le même sens : Il n'y a qu'un mot qui serve.
MOT se dit aussi de l'Ensemble des caractères qui figurent un mot. Effacer, rayer, ajouter un mot. Épeler les lettres d'un mot. Mot illisible. Deux mots ont été sautés.
MOT signifie encore Parole vaine, par opposition au sérieux d'une idée ou à la réalité d'un fait. Se payer de mots.
Fam., Ce sont des mots, ce ne sont que des mots, Ces paroles sont vides de sens. Les mêmes locutions signifient aussi Ces paroles ne seront suivies d'aucun effet. Ne vous inquiétez pas de ses menaces, ne croyez pas à ses promesses, ce sont des mots, ce ne sont que des mots.
MOT se prend aussi pour Ce qu'on dit ou ce qu'on écrit brièvement à quelqu'un. Si vous le voyez, je vous prie de lui dire un mot de ma part, un mot en ma faveur. Il ne m'en a pas dit un mot, un traître mot. Il lui a dit un mot à l'oreille. Je n'ai pas pu placer un mot dans la conversation. Je lui ai glissé un mot de votre affaire. Ce mot, jeté à propos dans la discussion, a concilié tous les avis. Dites-lui un mot pour moi dans la lettre que vous lui écrivez. Je lui en écrirai un mot. Faites-moi un mot de réponse. Je n'ai qu'un mot, que deux mots à vous dire. Je vous expliquerai cela en un mot, en deux mots, en trois mots, en quatre mots : l'usage ne va pas plus loin; on ne dit pas en cinq mots.
En quelques mots, en peu de mots, Brièvement, succinctement. Je vous expliquerai l'affaire en quelques mots. Voici, en peu de mots, le résumé de la situation.
Comprendre à demi-mot, Comprendre ce qu'un autre veut dire, sans qu'il se soit entièrement expliqué.
S'exprimer à mots couverts. Voyez COUVRIR.
Ne dire mot, ne répondre mot, Ne point parler, ne point répondre. Il demeura confus et ne dit mot. Il est parti sans dire mot, sans mot dire. Il n'eut pas le moindre mot, pas le plus petit mot à dire. On eut beau l'interroger, il ne répondit pas un mot.
Fam., S'il ne dit mot, il n'en pense pas moins, se dit d'un Homme qui, pour quelque raison que ce soit, s'abstient de dire ce qu'il éprouve ou ce qu'il pense, et signifie Il a plus d'esprit, plus de sentiment qu'il ne paraît en avoir, ou encore, Quoiqu'il garde le silence, il n'en a pas moins une opinion, un parti très arrêtés sur la chose dont il s'agit.
Prov., Qui ne dit mot consent, En certains cas, se taire c'est consentir.
Fam., Ne pas souffler mot, Ne rien dire.
Dire son mot, placer son mot, Intervenir dans une conversation.
Avoir le dernier mot, Ne pas céder dans une discussion.
Pop., Avoir des mots, Se quereller.
Un mot, deux mots, s'il vous plaît, Façons de parler elliptiques et familières dont on se sert lorsqu'on appelle quelqu'un pour lui parler.
Par forme de menace, Nous en dirons deux mots quand vous voudrez, Nous viderons notre querelle quand il vous plaira. On dit dans le même sens : J'ai à me plaindre de lui, je lui en dirai deux mots.
Familièrement et par plaisanterie, Dire deux mots à un pâté, Se servir un bon morceau de pâté. On dit dans le même sens Dire deux mots à une bouteille.
MOT signifie encore Sentence, apophtegme, parole mémorable. Mot historique. C'est un mot de Montaigne. Ce philosophe a dit un beau mot, un grand mot, un mot remarquable.
Il signifie aussi Trait d'esprit. Faire des mots. Mot heureux. Mot d'esprit. On dit dans un sens analogue Mot de caractère, Mot qui peint le caractère d'un individu. Mot d'auteur, Mot qui reflète l'esprit d'un auteur plutôt que le caractère du personnage dans la bouche de qui il est mis.
Bon mot, Trait ingénieux, vif et plaisant. Dire des bons mots. Diseur de bons mots. Il aimerait mieux perdre un ami qu'un bon mot.
Fam., Mot pour rire, Ce que l'on dit en plaisantant pour amuser les autres. Il a toujours le mot pour rire.
Il n'y a pas là le mot pour rire, se dit Lorsque la chose dont on parle est trop sérieuse pour être tournée en plaisanterie.
Mot à l'emporte-pièce. Voyez EMPORTE- PIÈCE.
MOT se dit, en outre, du Prix que l'on demande ou que l'on offre de quelque chose. Est-ce votre dernier mot? Dites-moi votre dernier mot. Je ne descendrai pas au-dessous de mille francs : c'est mon dernier mot.
Au bas mot, Au plus bas prix, au minimum.
Prendre quelqu'un au mot, Se hâter d'accepter une offre. Vous m'offrez votre démission : je vous prends au mot. Cela se dit surtout quand il s'agit du Prix d'un achat ou d'une vente. Il ne m'a demandé que vingt francs de ce volume : je l'ai pris au mot.
MOT, dans un sens encore plus particulier, désigne un Billet portant assurance ou déclaration de quelque chose. Je vous prêterai mille francs, mais donnez-moi un mot de votre main, donnez-moi un mot d'écrit.
MOT signifie encore Mot convenu et désigne particulièrement, en termes de Guerre, le Mot ou plutôt les deux mots qu'un chef donne à ceux qui sont sous ses ordres, pour qu'ils puissent se reconnaître entre eux. Quand le chef donne deux mots, ce qui a presque toujours lieu, le premier s'appelle Mot d'ordre, et le second Mot de ralliement. Cependant on comprend aussi quelquefois sous la dénomination de Mot d'ordre l'un et l'autre de ces deux mots. Donner le mot. Aller prendre le mot. Le mot d'ordre, le mot qu'on avait donné, le jour du combat, était Masséna et Metz. Quand un poste reconnaît une patrouille, il en reçoit le mot d'ordre et lui donne celui de ralliement. On disait autrefois dans le même sens Le mot du guet.
Mot de passe, Mot qu'il faut dire pour qu'on vous laisse passer.
Fig., Avoir le mot, Être averti de ce qu'il convient de dire ou de faire dans une certaine circonstance. Vous pouvez compter sur lui, il a le mot.
Fig. et fam., Ces gens-là se sont donné le mot, Ils sont de concert et d'intelligence ensemble. MOT, dans une devise, signifie les Paroles de la devise. Dans la devise de Louis XII, le corps était un porc-épic, et le mot Cominus et eminus; dans celle de Louis XIV, le corps était un soleil, et le mot Nec pluribus impar.
En termes de Jeu, Mot carré, Mots croisés, Jeux d'esprit où des lettres disposées en carré ou en croix forment les mots que l'on doit deviner.
À CES MOTS,loc. adv.
usitée dans la narration. Après avoir ainsi parlé, après qu'on eut ainsi parlé. À ces mots, il quitta la réunion. À ces mots, il fondit en larmes.
EN UN MOT,loc. adv.
Bref, enfin, en peu de mots. Il est bon, vertueux, désintéressé, généreux; en un mot, c'est un homme accompli. En un mot, je n'en ferai rien, Pour répondre en un mot à toutes vos raisons, je dis que je n'en ferai rien.
En un mot comme en cent, en un mot comme en mille, Façons de parler familières, par lesquelles on marque sa dernière résolution. En un mot comme en mille, je suis décidé à n'en rien faire.
MOT À MOT, MOT POUR MOT,loc. adv. Sans aucun changement ni dans les mots ni dans leur ordre. Apprendre quelque chose mot à mot. Transcrire, traduire, rendre mot à mot. Rapporter mot à mot, ou mot pour mot, tout ce qu'on a entendu dire.
Cette phrase est mot pour mot dans Montaigne, dans Voltaire, etc., Elle s'y trouve entièrement et dans les mêmes termes.
Dicter mot à mot, Dicter un mot après l'autre, ne dicter qu'un mot à la fois.
MOT À MOT s'emploie quelquefois substantivement et signifie Traduction littérale. Faire le mot à mot d'une version. Voilà le mot à mot de la phrase : il reste à la mettre en bon français.
MOTET
n. m.
Psaume ou autres paroles latines mises en musique pour être chantées à l'église et qui ne font pas partie de l'office divin. Faire, composer, chanter, exécuter un motet.
MOTEUR
n. m.
Celui qui donne le mouvement. Dieu est le premier moteur, le souverain moteur de toutes choses.
Adjectivement, Muscles moteurs. Force motrice.
Fig., Il fut le principal moteur de cette entreprise, de cette conjuration, le moteur secret de ces intrigues.
En termes de Mécanique, il désigne un Appareil destiné à utiliser une source d'énergie pour produire le mouvement. Le moteur doit être proportionné à l'effet qu'on veut produire. Moteur à gaz, à vapeur. Moteur électrique. Moteur à explosion. Le moteur d'une automobile, d'un avion. Panne de moteur.
MOTEUR, en termes d'Anatomie, se dit des Muscles qui font mouvoir un membre. Les moteurs internes, externes.
MOTIF
n. m.
Ce qui pousse à agir, en parlant de Tout élément conscient considéré comme entrant dans la détermination d'un acte volontaire. Bon, mauvais, puissant, faible motif. Motif secret, apparent. Motif louable, honnête. Exposer ses motifs. Quel a été son motif? Par quel motif a-t-il fait cela? Je devine ses motifs. Agir sans motif. Agir par un pur motif de zèle, de conscience. L'intérêt est le seul motif qui le fait agir. Tel a été le motif qui lui a dicté sa conduite. Il imagine des prétextes pour cacher son véritable motif. Motif de plainte. Exposé des motifs.
Motif de crédibilité, Ce qui peut raisonnablement porter à croire une chose, indépendamment des preuves démonstratives. Il se dit surtout en parlant des Preuves qui établissent la vérité de la religion. Si ce n'est pas une preuve convaincante, c'est au moins un motif de crédibilité.
Fam., Pour le bon motif, Avec l'intention de se marier. Courtiser une jeune fille pour le bon motif.
MOTIF, en termes de Beaux-Arts, signifie Sujet, intention générale. Un motif de sculpture.
En termes de Musique, il désigne la Phrase de chant, l'idée primitive qui domine dans tout le morceau. Le motif de cet air est heureux.
MOTION
n. f.
Proposition faite dans une assemblée délibérante par un de ses membres. On a fait une motion pour tel objet, sur tel objet, relativement à tel objet. Appuyer une motion. Délibérer sur une motion. Retirer, repousser, rejeter une motion.
Motion d'ordre, Motion qui a pour objet particulier l'ordre de la discussion.
MOTIVER
v. tr.
Justifier par des motifs. Motiver un arrêt. Il ne motive jamais son avis. Motiver son refus.
Il signifie aussi quelquefois Servir de motif à. Voilà ce qui a motivé cette mesure.
MOTOCULTURE
n. f.
Utilisation du moteur mécanique dans l'agriculture.
MOTOCYCLETTE
n. f.
Véhicule à deux roues, disposé comme une bicyclette et actionné par un moteur.
MOTOCYCLISTE
n. des deux genres
. Celui, celle qui monte une motocyclette.
MOTTE
n. f.
Petit morceau de terre comme on en détache avec la charrue, la bêche, etc. Un champ plein de mottes. Casser, briser les mottes d'un champ. Motte de terre, motte de gazon.
Il désigne encore la Portion de terre qui tient aux racines des plantes, quand on les lève ou qu'on les arrache. Lever un arbre en motte, avec sa motte. Replanter un arbre avec sa motte.
Il se dit aussi d'une Butte, d'une éminence isolée, faite de main d'homme ou par la nature. La motte d'un château. Raser, aplanir une motte.
Motte à brûler ou, absolument, Motte, Petite masse de tourbe, de tan inutilisable, de marc d'olives ou de raisin, qui sert à faire du feu. Brûler des mottes. Feu de mottes.
Par extension, Motte de beurre, Masse de beurre plus ou moins volumineuse et affectant une forme cylindrique.
MOTTER (SE)
v. pron.
T. de Chasse
. Il se dit des Perdrix lorsqu'elles se cachent derrière des mottes de terre.
MOTU PROPRIO
Expression tirée du latin. De son propre mouvement. On l'emploie spécialement en parlant des Bulles du pape pour la nomination des cardinaux. Le Pape le nomma motu proprio. Il s'emploie aussi dans le langage général. Il a fait cela motu proprio. Substantivement, Un motu proprio. Des motu proprio.
MOTUS
(On prononce l'S.)Interjection
familière par laquelle on avertit quelqu'un de ne rien dire. Motus, ne parlez pas de cela. Sur ce sujet, motus!
MOU, MOLLE
adj.
Qui cède facilement au toucher, qui reçoit facilement l'impression des autres corps. Il est opposé à Dur. Ce lit est trop mou. De la cire molle. Avoir les chairs molles. Poires molles.
Fromage mou, Fromage que l'on mange frais avant qu'il soit durci.
On dit Mol, au masculin, devant un mot qui commence par une voyelle. Un mol abandon.
En termes de Physique, Corps mous, Ceux qui ne tendent pas à reprendre la figure que le choc ou la compression leur a fait perdre.
En termes d'Anatomie, Parties molles des corps, Les chairs, les organes qui recouvrent le squelette.
Par extension, Le temps, le vent est mou, L'air est chaud et humide.
MOU signifie au figuré Qui a peu de vigueur. Un cheval mou. L'attaque, la riposte a été molle. Style mou.
En termes de Peinture, Touche molle, manière molle, Faiblesse d'expression, insuffisance dans le dessin ou dans la couleur. On dit dans le même sens Un pinceau mou.
Il signifie aussi Qui est indolent, inactif, qui manque de résolution, d'application. C'est un écolier mou. Un caractère mou. Un esprit mou.
Il signifie encore Qui est affaibli, énervé par les plaisirs. Un homme mou et efféminé. Une âme molle.
MOU se dit aussi des Choses qui annoncent ou qui causent la mollesse. Une molle complaisance. Une molle indulgence. Une résolution molle. Une conduite molle. Une molle oisiveté. Une éducation molle.
MOU
n. m.
Nom vulgaire du poumon de certains animaux. Du mou de veau. Donner un morceau de mou au chat.
MOUCHARD
n. m.
Celui, celle qui espionne. Il désigne aussi un Espion de police. Il est populaire.
MOUCHARDER
v. tr.
Espionner. Il est populaire.
MOUCHE
n. f.
Insecte à deux ailes, dont une espèce est fort commune. On appelle de même Tous les insectes dont les ailes sont transparentes. Le bourdonnement d'une mouche. Attraper les mouches au vol. Être incommodé par les mouches. Le taon, le frelon sont des espèces de mouches. Pêcher à la mouche.
Par extension, Mouche à miel, Abeille.
Il se dit également de Quelques insectes coléoptères, c'est-à-dire dont les ailes extérieures ne sont pas transparentes. Mouche cantharide.
Fig. et fam., Gober des mouches. Voyez GOBER.
Fig. et fam., Prendre la mouche, Se piquer, se fâcher mal à propos.
Fig. et fam., Quelle mouche le pique? quelle mouche l'a piqué? se dit en parlant d'un Homme qui s'emporte, sans qu'on sache qu'il en ait aucun sujet.
Prov., On ne prend pas les mouches avec du vinaigre, On réussit mieux par la douceur que par la dureté et la rigueur.
Fig. et fam., Il ne ferait pas de mal à une mouche, se dit de Quelqu'un qu'on juge incapable d'une action méchante.
Fig. et fam., La mouche du coche se dit, par allusion à la fable de La Fontaine, de Quelqu'un qui déploie une activité inutile et encombrante et s'attribue le succès des choses auxquelles il n'a servi en rien.
Fig. et fam., Faire d'une mouche un éléphant, Exagérer extrêmement une petite chose.
Fig. et fam., Pattes de mouches, Écriture dont le caractère est menu et mal formé, et par suite difficile à lire.
Tomber, mourir comme mouches, comme des mouches, Tomber, mourir en grande quantité, en grande abondance. Durant cette épidémie, les hommes mouraient comme mouches.
MOUCHE se dit aussi d'un Petit rond de taffetas ou de velours noir, ou d'un point de crayon spécial, imitant le grain de beauté, que les femmes se mettent parfois sur le visage ou sur le décolleté. Poser une mouche. Une mouche assassine. Une boîte à mouches.
En termes de Médecine, Mouches volantes, Filaments ou points brillants et colorés qui semblent passer quelquefois devant les yeux.
MOUCHE désigne encore, figurément et familièrement, Celui, celle que la police emploie comme espions.
Fam., C'est une fine mouche, C'est une personne très fine et très habile.
Il se dit également du Point noir placé au centre de la cible, que l'on vise dans un tir avec le pistolet ou le fusil. Faire mouche, Tirer avec une telle justesse que la balle vienne toucher ce point central.
Mouche artificielle désigne un Appât, en forme de mouche ou d'insecte, fixé à un hameçon, pour prendre le poisson.
MOUCHE se dit encore d'une Petite touffe de barbe qu'on laisse croître sous la lèvre inférieure.
MOUCHER
v. tr.
Presser les narines pour en faire sortir les mucosités. Il s'emploie surtout avec le pronom personnel. Se moucher fréquemment, bruyamment.
Absolument, Si cet enfant pouvait moucher, il serait soulagé. Il ne mouche presque point.
Moucher du sang, Rendre du sang par le nez en se mouchant.
Prov. et fig., Qui se sent morveux se mouche. Voyez MORVEUX.
Fig. et fam., C'est un homme qui ne se mouche pas du pied, C'est un homme qui a de grandes prétentions.
En parlant d'une Chandelle, d'une bougie, d'une lampe, etc., il signifie Ôter le bout du lumignon, lorsqu'il empêche la chandelle, la bougie, la lampe, etc., de bien éclairer. Moucher une chandelle, une bougie, une lampe.
MOUCHER signifie, figurément et populairement, Dire son fait à quelqu'un. Je l'ai mouché. Il s'est fait moucher.
MOUCHEROLLE
n. f.
T. de Zoologie
. Oiseau à bec très aplati, qui se nourrit de mouches.
MOUCHERON
n. m.
Il se dit de Toute espèce de petite mouche. Il lui est entré un moucheron dans l'oeil.
Il se dit aussi populairement d'un Petit enfant.
MOUCHERON
n. m.
Le bout de la mèche d'une chandelle, d'une bougie qui brûle.
MOUCHETER
(Je mouchette; nous mouchetons.) v. tr.
Parsemer de petites taches rondes analogues à des mouches et d'une autre couleur que le fond. Moucheter du satin, du taffetas.
Moucheter de l'hermine, Parsemer l'hermine de queues de cette fourrure ou tout au moins de petits morceaux de fourrure noire.
MOUCHETÉ est quelquefois adjectif et signifie la même chose que Tacheté, en parlant de Certains animaux. Léopard, panthère, hyène, chat, papillon moucheté. Par analogie, Satin, taffetas moucheté.
Blé moucheté, Blé malade qui a une poussière noire dans les poils placés à l'une des extrémités du grain.
En termes d'Escrime, Sabre, fleuret moucheté, épée mouchetée, Sabre, fleuret, épée dont on a garni la pointe de manière à pouvoir les employer sans danger pour s'exercer à l'escrime.
MOUCHETTES
n. f.
pl. Instrument à deux branches, avec lequel on mouche les chandelles, les bougies. Mouchettes de cuivre, d'argent, d'acier. Une paire de mouchettes.
MOUCHETURE
n. f.
Il se dit des Taches naturelles qui se trouvent sur la peau de certains quadrupèdes, sur le plumage de plusieurs espèces d'oiseaux, sur les ailes de divers papillons, etc. Les mouchetures d'une peau de panthère, de léopard. Les ailes de ce papillon ont des mouchetures jaunes, rouges.
Il se dit, par analogie, d'un Ornement qu'on donne à une étoffe en la mouchetant. La moucheture de cette étoffe est agréable.
Moucheture d'hermine, Les queues d'hermine ou les petits morceaux de fourrure noire que l'on met de distance en distance sur de l'hermine.
En termes de Chirurgie, Il se dit d'une Scarification superficielle.
MOUCHEUR
n. m.
Celui qui, dans un théâtre, était chargé de moucher les chandelles. Le moucheur de chandelles.
MOUCHOIR
n. m.
Carré de toile de fil ou de coton, et quelquefois de tissu de soie, dont on se sert pour se moucher. Mouchoir de toile, de batiste. Mouchoir de soie. Mouchoir blanc. Mouchoir de couleur. Mouchoir de poche.
Par extension, Mouchoir de cou, Carré ou triangle d'étoffe de la forme d'un mouchoir, dont les femmes se couvrent le cou et la gorge.
Fig. et fam., Jeter le mouchoir, Choisir à son gré, entre plusieurs femmes, celle qu'on préfère; par allusion à la manière dont on prétend qu'en usait le sultan pour choisir parmi ses femmes la favorite d'un soir.