Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 82 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Bahut

 

n. m.

Sorte de coffre qui était couvert ordinairement de cuir et dont le couvercle était en voûte. Il a vieilli dans ce sens.

Il se dit en général aujourd'hui d'une Armoire ou d'un Buffet de forme ancienne.

En termes d'Architecture, Appui en bahut, Appui dont le haut est bombé comme le couvercle d'un bahut. L'appui de ce quai, de cette terrasse est en bahut, est taillé en bahut.

 

BAHUTIER

 

n. m.

Celui qui fait des bahuts, des coffres.

 

BAI, IE

 

adj.

Qui est d'un brun rouge. Il ne se dit guère qu'en parlant de la Robe d'un cheval. Ce cheval a le poil bai. Monter un cheval bai, une jument baie.

Il s'emploie aussi comme nom masculin. Bai clair. Bai châtain. Bai brun. On dit elliptiquement Des chevaux bai clair, une jument bai brun, etc., Dont le poil est d'un bai clair, etc.

 

BAÏART

 

n. m.

Voyez BAYART.

 

BAIE

 

n. f.

Petit golfe dont l'entrée a moins de largeur que le milieu et où les navires sont a l'abri de certains vents. La baie de Naples. La baie de cette côte est très sûre.

 

BAIE

 

n. f.

T. de Maçonnerie . Ouverture qu'on pratique dans un mur ou dans un assemblage de charpente pour faire une porte, une fenêtre, etc.

Il s'est dit figurément d'une Tromperie que l'on fait à quelqu'un et qu'il accepte bouche bée.

C'est un grand donneur de baies. Il m'a donné la baie. Donner une baie. Il a vieilli dans cette acception.

 

BAIE

 

n. f.

T. de Botanique

. Petit fruit charnu qui renferme des pépins ou de petits noyaux. Baie de genièvre, de laurier, etc.

 

BAIGNADE

 

n. f.

Action de se baigner dans une rivière. L'heure de la baignade.

 

BAIGNER

 

v. tr.

Immerger et faire séjourner un corps plus ou moins longtemps dans l'eau ou dans quelque autre liquide. Baigner un enfant. On l'a baigné durant quinze jours. Baigner un chien. Se baigner les pieds, les yeux, etc. Se baigner dans la rivière, à la mer. Aller se baigner. Cet oiseau aime beaucoup à se baigner. Faire baigner des chevaux, un chien. On dit de même Baigner une partie malade.

Fig., Se baigner dans le sang, Faire mourir beaucoup de gens. Ce tyran s'est baigné dans le sang de ses sujets.

Il se dit aussi des Mers, des rivières, etc., par rapport aux lieux qu'elles entourent ou qu'elles touchent. Les continents que baignent ces vastes mers. Le fleuve qui baigne ces murs. Cette rivière baigne la limite de mon jardin.

Il signifie encore, par exagération, Mouiller, arroser. Baigner son lit de larmes. Les pleurs qui baignaient son visage.

Il est aussi intransitif et signifie Être entièrement plongé et tremper plus ou moins longtemps dans un liquide. Il faut que ces herbes baignent dans l'esprit-de-vin, que ces concombres baignent dans le vinaigre. Ce malade baigne dans sa sueur. Être baigné de sueur.

Baigner dans son sang, Perdre beaucoup de sang, en être couvert. Nous le trouvâmes baigné dans son sang.

BAIGNEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui se baigne. Toute la rivière était pleine de baigneurs. Cette plage est commode pour les baigneurs. Ce tableau représente une baigneuse.

Il signifiait aussi Celui, celle qui tenait des bains publics.

Il se dit aujourd'hui de Celui, de celle qui fait le service dans un établissement de bains chauds ou froids, aussi bien que dans un établissement de bains de mer.

Il se dit encore de Celui qui surveille ou assiste les personnes qui se baignent. Il faillit se noyer, mais le baigneur le sauva.

 

BAIGNOIRE

 

n. f.

Vaisseau dans lequel on prend des bains de corps. Cette baignoire est trop petite.

Il se dit aussi, dans les salles de spectacle, de Loges placées au rez-de-chaussée du théâtre. Louer une baignoire.

 

BAIL

 

n. m.

T. de Jurisprudence

. Contrat par lequel on donne à quelqu'un la jouissance d'une chose, moyennant un prix convenu et pour un temps déterminé.

Dans le langage ordinaire, il se dit principalement en parlant des Propriétés rurales et des maisons. Bail à ferme. Des baux à ferme. Bail à loyer. Bail de maison. Bail à cheptel. Bail de trois, six ou neuf ans. Bail à vie. Bail à long terme. Bail emphytéotique. Bail conventionnel. Bail sous seing privé. La durée, la fin d'un bail. Faire, passer un bail. Consentir un bail. Rompre, résilier un bail. Entretenir son bail, Remplir les obligations que le bail impose. Se tenir à son bail. Renouveler un bail. Faire rapporter les baux précédents.

Fig. et fam., Cela n'est pas de mon bail, Je ne suis pas chargé de cela, ou Cela est arrivé dans un temps où je n'étais pas intéressé à la chose. Je n'ai pas fait de bail, Je n'ai pas contracté d'engagement formel à cet égard. Il vieillit.

Fig. et fam., Il a fait un bail avec la vie, La santé de ce vieillard n'inspire aucune inquiétude.

 

BAILLE

n. f.

T. de Marine

. Demi-futaille à un seul fond, en forme de baquet, qui sert à divers usages. Baille des lignes de sonde, des huniers.

 

BÂILLEMENT

 

n. m.

Action de bâiller. Faire un bâillement prolongé. Être pris de bâillements. Manifester son ennui par des bâillements.

 

BAILLER

 

v. tr.

T. de Pratique

. Mettre en main, livrer. Bailler à ferme. Bailler par contrat, par testament. Bailler et délaisser. Il a vieilli.

Fam. et par ellipse, Vous m'en baillez d'une belle, vous me la baillez belle, vous me la baillez bonne, Vous voulez m'en faire accroire.

 

BÂILLER

 

v. intr.

Faire involontairement, et en écartant les mâchoires, une inspiration lente et profonde, suivie d'une expiration plus ou moins prolongée, quelquefois sonore. On bâille souvent en voyant bâiller les autres. Bâiller d'ennui. Bâiller de sommeil. Je bâille en l'entendant parler. On ne sifflait pas, on bâillait à cette pièce.

Il signifie, par analogie, S'entrouvrir, être mal joint. Les ais de cette cloison bâillent. Une porte qui bâille. Une fenêtre qui bâille.

Cette étoffe, cette dentelle bâille, Elle n'est pas assez tendue.

 

BAILLET

 

adj. m.

Qui a le poil roux tirant sur le blanc. Il se dit particulièrement d'un cheval. Cheval baillet.

 

BAILLEUR, BAILLERESSE

 

n.

T. de Procédure

. Celui, celle qui baille à ferme ou à loyer; par opposition à Celui qui prend une ferme, ou une maison à loyer, et qu'on appelle PRENEUR. Le bailleur et le preneur.

En termes de Commerce, Bailleur de fonds, Celui qui fournit de l'argent pour une entreprise ou pour former une maison en commandite.

 

BÂILLEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui bâille, qui est sujet à bâiller souvent. C'est un grand bâilleur.

 

BAILLI

 

n. m.

Officier royal d'épée, au nom duquel la justice se rendait dans l'étendue d'un certain ressort, et qui avait droit de commander la noblesse de son district, lorsqu'elle était convoquée pour l'arrière-ban. Le bailli de Rouen. Le grand bailli de Vermandois. Le grand bailli de Touraine.

Il se disait aussi d'un Officier royal de robe longue qui rendait la justice dans l'étendue d'un certain ressort et dont les appellations ressortissaient immédiatement au parlement. Le bailli de Nogent-sur-Seine. Le bailli d'Amboise.

Il se disait également d'un Officier de robe longue qui rendait la justice au nom d'un seigneur. Le bailli du village. Il fut harangué par le bailli.

Il se disait en outre, dans l'ordre de Malte, d'un Chevalier revêtu d'une dignité qui le mettait au-dessus des commandeurs et qui lui donnait le privilège de porter la grand- croix. Le bailli de la Morée. Le bailli de Suffren.

 

BAILLIAGE

 

n. m.

Tribunal composé de juges qui rendaient la justice au nom du bailli ou avec le bailli. Procureur du roi au bailliage.

Il se disait aussi de l'Étendue de pays qui était sous la juridiction d'un bailli. Ce bourg est de tel bailliage. Lettres du roi aux bailliages pour la convocation des États généraux.

Il se disait, par extension, de la Maison dans laquelle le bailli ou son lieutenant rendait la justice. Aller au bailliage.

 

BAILLIAGER, ÈRE

adj.

Qui appartenait à un bailliage. On convoque les assemblées bailliagères pour l'élection des députés aux États généraux.

 

BAILLIVE

 

n. f.

Femme d'un bailli. Madame la baillive.

 

BÂILLON

 

n. m.

Morceau de bois, de fer, etc., qu'on met de force entre les mâchoires d'une personne pour l'empêcher de parler et de crier, ou dans la gueule d'un animal pour l'empêcher de mordre ou de faire du bruit.

Fig. et fam., Mettre un bâillon à quelqu'un, L'intimider, ou le gagner, et l'empêcher ainsi de parler de quelque chose sur quoi l'on veut qu'il se taise.

 

BÂILLONNER

 

v. tr.

Mettre un bâillon à. Bâillonner une personne. Bâillonner un chien.

Par analogie, Bâillonner une porte, La fermer en dehors avec une pièce de bois.

Fig., Bâillonner la presse, Restreindre à l'excès la liberté des journaux.

 

BAIN

 

n. m.

Action de baigner ou de se baigner. Bain de propreté. Bain de santé. Bain de rivière. Bain de mer. Bain à domicile. Les bains sont bons pour cette maladie. Prendre un bain, des bains. Prescrire des bains à quelqu'un. Aller au bain. Préparer le bain, un bain. Entrer dans le bain. On le dit aussi en parlant des Animaux. Ce cheval a besoin d'un bain, menez-le à la rivière.

Le bain est bon dans tel endroit de la rivière, à cette époque du jour, de l'année, se dit par rapport au lieu, au temps où l'on peut se baigner commodément et agréablement dans la rivière. Ce matin, le bain était excellent.

Fig. et fam., C'est un bain qui chauffe, se dit d'un Gros nuage qui menace de la pluie, lorsque le soleil brille d'un vif éclat entre deux ondées.

Fig. et fam., Bain de grenouilles, bain de crapauds, se dit d'un Lieu où l'eau est sale et bourbeuse.

Bain local ou topique, Celui dans lequel on baigne une partie malade, l'oeil, le bras, etc.

Bain de pieds, Celui où l'on ne baigne que les pieds. Demi-bain, Celui où l'on ne se baigne que jusqu'à la ceinture. Bain de siège, Celui où l'on ne met que le milieu du corps.

Bain de vapeur, Celui qu'on prend en demeurant exposé, dans un lieu clos, à des vapeurs chaudes qui s'exhalent d'un liquide ou des parois mêmes du mur, dans les lieux où se trouvent des eaux thermales.

Prendre un bain d'air, de soleil, Demeurer exposé à l'action de l'air, du soleil.

Bain de marc de raisin, de cendres, de sable, de boue, de bourbe, etc., Celui qui consiste à se couvrir le corps de ces matières ou à s'y plonger.

Il désigne encore une Baignoire. Remplir le bain. Vider le bain. Mettre de l'eau dans le bain. On appelle de même Bain de siège, bain de pieds les Petites baignoires où l'on prend le bain de siège, le bain de pieds.

Fond de bain, Linge dont on revêt l'intérieur d'une baignoire, pour plus de propreté.

BAINS, au pluriel, se dit de l'Appartement destiné pour se baigner. Les bains du roi, de la reine. Les bains sont dans telle partie de l'édifice. On dit dans le même sens La chambre du bain, l'appartement des bains; la salle, le cabinet de bain.

Il se dit aussi de tout Établissement public où l'on peut aller prendre des bains. Bains publics. Bains des hommes. Faire construire, installer des bains. Établir des bains sur une rivière. Chez les anciens, les bains ou thermes étaient ordinairement de vastes et somptueux édifices.

Il se dit également des Stations thermales où l'on va se baigner. Les bains de Bourbonne, de Bagnères, du Mont-Dore.

Il se dit, par extension, d'une Cuve où il y a de l'eau et des drogues pour la teinture.

BAIN, en termes de Chimie, se dit de Toute substance par l'intermédiaire de laquelle on chauffe un vase pour opérer la digestion ou la distillation de ce qu'il contient. Ainsi, on dit qu'Un vase est au bain de vapeur quand il est exposé à la vapeur de l'eau bouillante; qu'Il est au bain de sable quand il est placé dans du sable que l'on fait chauffer; qu'Il est au bain-marie quand il est plongé dans l'eau chaude. Rectifier de l'alcool au bain-marie, En mettant dans l'eau chaude le vase qui le contient. On dit pareillement, dans le langage ordinaire, Faire cuire au bain-marie. Faire chauffer un bouillon au bain-marie.

En termes de Chimie, de Galvanoplastie, de Peinture, de Photographie, il signifie Préparation liquide dans laquelle on plonge un corps. Bain d'or, d'argent, de mercure.

 

BAÏONNETTE

n. f.

Arme pointue qui s'ajuste au bout du fusil et que l'on peut en retirer à volonté. On croit que les premières baïonnettes furent fabriquées à Bayonne. Mettre la baïonnette au bout du fusil. Croiser la baïonnette, pour résister à une charge de cavalerie. Charger à la baïonnette. Enlever un poste à la baïonnette. Il fut blessé d'un coup de baïonnette. Remettre la baïonnette dans le fourreau, ou simplement Remettre la baïonnette. Sabre baïonnette. Fig., Vingt mille, cent mille baïonnettes, etc., Vingt mille, cent mille hommes d'infanterie sous les armes, prêts à combattre.

 

BAIRAM ou BEIRAM

 

n. m.

Fête solennelle chez les Mahométans, à la fin du Ramadan qui est le temps de leur jeûne.

 

BAISEMAIN

 

n. m.

T. de Féodalité

. Hommage que le vassal rendait au seigneur du fief en lui baisant la main. Il ne devait que le baisemain.

Il se dit encore d'un Geste de politesse qui consiste à baiser la main d'une dame pour la saluer ou pour prendre congé d'elle. Faire le baisemain.

 

BAISEMENT

 

n. m.

Action de baiser. Il ne désigne guère que l'Action de baiser les pieds du pape. Être admis au baisement des pieds de Sa Sainteté.

 

BAISER

 

v. tr.

Appliquer sa bouche sur le visage, sur les lèvres, sur quelque partie du corps d'une personne, par amitié, par amour, par civilité, par respect. Baiser quelqu'un. Baiser à la bouche, à la joue, au front. Baiser sur la bouche. Baiser la main d'une femme. Par extension, Il regardait deux pigeons se baiser.

SE BAISER se dit de même, figurément et familièrement, de Certaines choses qui se touchent, qui sont en contact. Deux arbres qui se baisent dans une charmille. Deux pains qui se baisent dans le four. Il n'avait à son feu que deux pauvres tisons qui se baisaient.

BAISER se dit aussi en parlant des Choses sur lesquelles on applique la bouche en signe de vénération et de respect. Baiser la croix, des reliques. Baiser une image par dévotion. Baiser la terre par humilité. Baiser la mule du pape. Baiser l'anneau de l'évêque. Donner la paix, la patène à baiser. Baiser le bas de la robe d'une reine, d'une princesse.

Fig., Vous devriez baiser la trace de ses pas, chacun de ses pas, Il vous a rendu de très grands services, vous lui devez beaucoup de reconnaissance.

Fig. et fam., Baiser les mains à quelqu'un, Lui faire ses compliments. Je n'ai que le temps de venir vous baiser les mains et je pars. Dites à monsieur un tel, à madame une telle que je lui baise les mains, que je lui baise très humblement les mains.

Fam., Je vous baise les mains, se dit ironiquement pour témoigner à une personne qu'on n'approuve point ce qu'elle dit ou qu'on no veut pas faire ce qu'elle demande.

 

BAISER

 

n. m.

Action de celui qui baise. Baiser d'amitié. Chaste baiser. Baiser amoureux. Doux baiser. Donner un baiser, des baisers à quelqu'un. Rendre un baiser. Recevoir un baiser. Elle lui a laissé prendre un baiser. Dérober un baiser. Il lui a demandé un baiser. Elle lui a refusé un baiser.

Baiser de paix, Baiser qui se donne et se reçoit en signe de réconciliation et de bonne intelligence. Il se dit aussi de la Cérémonie qui se fait à la grand-messe, lorsque le célébrant et ses ministres s'embrassent.

Fig., Baiser de Judas, Baiser d'un traître.

 

BAISEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui se plaît à baiser. Un grand baiseur. Il est familier.

 

BAISOTER

 

v. tr.

Appliquer d'une façon répétée de petits baisers. Elle est toujours à baisoter cet enfant. Ils ne font que se baisoter. Il est familier.

 

BAISSE

 

n. f.

Action de baisser de niveau. La baisse des eaux. La baisse du baromètre semble annoncer le mauvais temps.

Il signifie aussi Diminution de prix, de valeur. La baisse des marchandises.

Il se dit particulièrement en parlant des Monnaies, des fonds publics et des valeurs industrielles. La baisse du change. Cette nouvelle a causé une grande baisse à la Bourse. La baisse des actions. Ces valeurs sont en baisse.

Jouer à la baisse, Spéculer sur la dépréciation des monnaies ou des valeurs de Bourse; Promettre de livrer, à un certain prix et à une époque déterminée, des effets ou valeurs, dans l'espoir de les racheter alors à un prix inférieur. Il s'est ruiné en jouant à la baisse.

 

BAISSER

 

v. tr.

Faire descendre, mettre plus bas. Baisser les glaces d'une voiture. Baisser une jalousie, un store. Baisser la visière d'un casque. Baisser le rideau d'un théâtre. Elle baissa son voile. Baisser l'épée, le drapeau, pour saluer un chef. Baisser les épaules. Baisser la tête. Tête baissée. Voyez TÊTE.

Baisser le pavillon d'un vaisseau, baisser pavillon, signifie Marquer qu'on se rend à l'ennemi. Fig. et fam., Baisser le pavillon, baisser pavillon devant quelqu'un, Lui céder, lui déférer.

Baisser les yeux, Regarder en bas. Elle rougit et baissa les yeux. Confondu par mes reproches, il ne sut que répondre et baissa les yeux. Je lui ferai baisser les yeux.

Baisser la voix, Parler plus bas. Baisser le ton, Parler d'un ton moins élevé, moins assuré; et, figurément, Être moins insolent, moins hautain, moins présomptueux.

Baisser un instrument de musique, Le mettre dans un ton plus bas. On dit de même Baisser le ton de l'orchestre. Baisser le ton d'un morceau de musique.

Fig. et fam., Baisser l'oreille, Paraître découragé, mortifié de quelque perte, de quelque insuccès. Après cet échec, il s'en alla baissant l'oreille.

En termes de Manège, Baisser la main à un cheval, Pousser son cheval à toute bride.

Fig., Baisser le prix d'une marchandise, La vendre à meilleur marché.

SE BAISSER s'emploie dans le sens de S'abaisser, se courber, se faire petit. Il faut se baisser, se baisser bien bas pour entrer dans cette grotte. Baissez-vous davantage.

Prov. et ironiq., Il semble qu'il n'y ait qu'à se baisser et à prendre, se dit d'une Chose qui paraît aisée et qui ne l'est point.

Fig., C'est un homme qui ne se hausse ni ne se baisse, Il ne s'émeut de rien, il est toujours égal.

BAISSER est aussi intransitif et alors il signifie Aller en diminuant de hauteur. La rivière a baissé d'un pied. La rivière est baissée. La mer hausse et baisse deux fois le jour, par l'action du flux et du reflux. Le baromètre a baissé.

Fig., Le jour baisse, Le jour diminue, la nuit commence à venir. Ce vieillard baisse, Il s'affaiblit tous les jours. Ce malade baisse, Son état empire. Sa vue commence à baisser, Sa vue commence à n'être plus aussi bonne. Son génie, son talent, son esprit baisse, Il diminue, il s'affaiblit. Ce vin baisse, Il perd de sa force, de son bouquet. Cette place de commerce baisse, Elle perd de son commerce, de son crédit. Cette marchandise baisse; les actions, les rentes baissent; les fonds publics baissent, le change baisse; Ils tombent, ils diminuent de prix, de valeur.

Fig. et fam., Les actions de cet homme baissent, Sa puissance, son crédit, sa réputation diminuent. On dit de même Son crédit, sa faveur baisse.

BAISSER signifie aussi Diminuer de hauteur, rendre plus bas. Baisser une muraille, un toit, une maison.

 

BAISSIER

 

n. m.

T. de Bourse

. Celui qui joue à la baisse sur les fonds publics. Il est opposé à HAUSSIER.

 

BAISSIÈRE

 

n. f.

Reste du vin dans un tonneau quand il approche de la lie.

Il se dit aussi de la Partie basse d'un champ où l'eau de pluie séjourne.

 

BAISURE

 

n. f.

Endroit par lequel un pain en a touché un autre dans le four.

 

BAJOUE

 

n. f.

Partie inférieure de la mâchoire de certains animaux.

Par extension, il signifie Grosse joue.

 

BAL

n. m.

Réunion, assemblée où l'on danse. Grand bal. Donner un bal. Aller à un bal, au bal. Ouvrir le bal. Courir les bals. Avoir bal chez soi. Le bal a été brillant. Le bal languissait, de nouveaux danseurs l'ont animé. Bal paré. Bal masqué. Bal costumé. Elle a été la reine du bal. Bal public. Bal champêtre. Bal de nuit.

Fig. et fam., Mettre le bal en train, Engager une affaire, une discussion; soulever une question qui agite et réveille les esprits.

Fig. et ironiq., Donner le bal à quelqu'un, Le maltraiter.

 

BALADIN

 

n. m.

Danseur de théâtre. Farceur de place publique. Il a vieilli.

Il se dit aujourd'hui d'un Comédien ambulant et, figurément, de Celui qui, par des bouffonneries, s'efforce de faire rire. On dit quelquefois, dans le même sens et au féminin, Une baladine.

 

BALADINAGE

 

n. m.

Plaisanterie bouffonne et de mauvais goût.

 

BALAFRE

 

n. f.

Longue entaille faite particulièrement au visage. Grande balafre.

Il se dit plus communément de la Cicatrice qui reste quand la blessure est guérie. Il a deux balafres qui le défigurent beaucoup.

 

BALAFRER

 

v. tr.

Blesser en faisant une balafre. Balafrer quelqu'un. Qui l'a ainsi balafré? Visage balafré. Henri de Guise surnommé le Balafré.

 

BALAI

 

n. m.

Ustensile composé d'un manche auquel est fixé un faisceau de crins ou de courtes tiges végétales et qui sert à nettoyer, à enlever la poussière, à pousser les ordures hors du lieu où elles sont. Balai de bouleau. Balai de genêt. Balai de crin. Balai de plumes. Il faudra passer le balai dans cette chambre.

Manche à balai, Bâton par lequel on tient le balai.

Donner un coup de balai à une chambre, La balayer vite et sans beaucoup de soin.

Fig. et fam., Coup de balai, se dit quelquefois en parlant d'un Brusque changement politique ou administratif qui fait place nette. Quand il se donne un coup de balai, un tel est toujours du côté du manche.

Prov. et fig., Rôtir le balai signifiait proprement Le laisser endommager par le feu, et figurément Passer sa vie, ou plusieurs années de sa vie, dans quelque emploi de peu de considération. Il signifie aujourd'hui Vivre dans la galanterie, dans le désordre en parlant d'une femme. Elle a longtemps rôti le balai.

Fig., Faire balai neuf, se dit des Domestiques et des employés qui servent bien dans les premiers jours de leur entrée dans une maison. Il m'a bien servi d'abord, il faisait balai neuf; mais ensuite il s'est relâché. On dit dans le même sens C'est le balai neuf, et Il n'est rien tel que balai neuf.

Par analogie, BALAI, en termes de Fauconnerie, désigne la Queue des oiseaux; et, en termes de Chasse, le Bout de la queue des chiens.

En termes d'Arts, il désigne, par analogie, les Brins de bruyère dont on se sert dans les magnaneries. Il désigne aussi spécialement une Pièce conductrice d'électricité qui, par glissement ou friction, établit un contact avec une pièce mobile.

 

BALAIS

 

adj. m.

Il ne s'emploie que dans la locution Rubis balais, Sorte de rubis de couleur de vin paillet. Un rubis balais bien monté.

 

BALANCE

 

n. f.

Instrument dont on se sert pour peser, composé de deux bassins ou plateaux suspendus à un fléau et destinés, l'un à recevoir le poids, l'autre l'objet que l'on veut peser. Balance juste. Fausse balance. De bonnes balances. Les bassins, les plats, les plateaux d'une balance. La languette d'une balance. Le fléau d'une balance. L'arbre d'une balance. Tenir la balance juste, la tenir en équilibre. Faire pencher la balance d'un côté ou de l'autre. La balance est le symbole de la justice.

Balance d'essai, ou TRÉBUCHET, La balance particulière dont se servent les essayeurs. Balance romaine. Voyez ROMAINE.

Le poids emporte la balance, Il est plus pesant que la chose pesée.

Fig., Cette raison, cette considération emporte la balance, Elle l'emporte sur les raisons, sur les considérations qu'on y oppose.

Fig., Tenir la balance égale entre deux personnes, entre deux partis, Ne pas favoriser l'un plus que l'autre.

Fig., Faire pencher la balance, Faire qu'une personne, qu'une chose, qu'un avis, qu'une considération l'emporte sur l'autre.

Fig., Mettre dans la balance, Mettre en parallèle, examiner en comparant. Mettre dans la balance les actions de deux grands hommes.

Fig., Mettre en balance, Peser dans son esprit le pour et le contre, en quelque matière que ce soit. Mettre en balance les avantages et les inconvénients, les raisons de part et d'autre.

Fig., Entrer en balance, Être mis en comparaison. Ses droits peuvent-ils entrer en balance avec les miens?

Fig., Tenir l'esprit en balance, Le tenir irrésolu et en suspens. Ces considérations opposées tiennent mon esprit en balance.

Fig., La victoire a été longtemps en balance, La victoire a été longtemps disputée de part et d'autre.

Il se dit aussi figurément de l'Équilibre des États, de la pondération des pouvoirs politiques. La balance de l'Europe. La balance des pouvoirs existe dans le gouvernement constitutionnel.

En termes de Commerce, il signifie Chiffre qui représente la différence de compte entre le débiteur et le créancier. La balance de son compte, en ma faveur, est de deux mille francs.

Il se dit aussi de l'Action d'arrêter, à une certaine époque, les écritures d'une maison de commerce, pour qu'elle se rende compte de sa situation. Faire la balance. Ce négociant fait sa balance tous les ans, tous les mois. De la balance de chaque compte particulier ouvert au grand livre résulte l'état général de l'actif et du passif.

Balance du commerce, Différence entre les exportations et les importations commerciales d'un pays. La balance du commerce de ces deux pays accuse tant de millions en faveur du premier.

 

BALANCÉ

 

n. m.

T. de Danse

. Sorte de pas où le corps se balance d'un pied sur l'autre en temps égaux.