Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 296 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Cueillaison

 

(Dans ce mot et dans les trois suivants, on prononce KEUY.)n. f. Époque où l'on cueille les fruits. C'est la cueillaison des pêches, des poires, etc.

 

CUEILLETTE

 

n. f.

Action de cueillir. Il se dit spécialement de la Récolte des fruits que donnent certains arbres et certaines plantes. La cueillette des cerises, des olives, etc. Quand il aura fait sa cueillette. La cueillette est bonne cette année.

 

CUEILLIR

 

(Je cueille. Je cueillis. Je cueillerai. Cueilli.)v. tr. Détacher des fruits, des fleurs, des légumes de leurs branches ou de leurs tiges. Cueillir des poires, des roses, etc. Des fruits prêts à cueillir, cueillis à la main, nouvellement cueillis.

Cueillir un bouquet, Cueillir des fleurs pour en former un bouquet.

Fig., Cueillir des palmes, cueillir des lauriers, Remporter des succès, des victoires.

Fig., Cueillir un baiser, Prendre un baiser une femme. Il cueillit un baiser sur ses lèvres.

Fig. et fam., Cueillir quelqu'un, L'arrêter par surprise au moment où il se croyait hors d'atteinte.

 

CUEILLOIR

 

n. m.

Panier emmanché d'un long bâton muni d'une cisaille dans lequel tombent les fruits que l'on cueille.

 

CUILLER ou CUILLÈRE

 

n. f.

Ustensile de table formé d'un manche et d'une partie creuse dont on se sert ordinairement pour manger le potage et d'autres aliments liquides ou de peu de consistance. Cuiller d'étain, de métal argenté, de ruolz, d'argent, de vermeil. Une douzaine de cuillers. Cuiller à soupe. Cuiller à entremets. Cuiller à café. Petite cuiller.

Cuiller à potage, Cuiller pour servir le potage. On dit dans un sens analogue Cuiller à ragoût, etc.

Biscuit à la cuiller, Biscuit long et mince qui se prépare en répandant la pâte sur un papier à l'aide d'une cuiller.

Il désigne aussi un Ustensile de cuisine servant à préparer différents aliments. Cuiller de bois. Cuiller à pot.

Il se dit, par analogie, des Ustensiles en forme de cuiller dont on fait usage dans certains métiers. Faire fondre du plomb, de la poix- résine dans une cuiller de fer. Pêcher à la cuiller.

En termes de Botanique, Pétales en cuiller, feuilles en cuiller, etc., Pétales, feuilles, etc., dont la forme rappelle celle d'une cuiller.

 

CUILLERÉE

 

n. f.

Ce que contient une cuiller. Une cuillerée de potage. Une cuillerée de bouillon. Une cuillerée de sirop.

 

CUILLERON

 

n. m.

Partie creuse d'une cuiller.

 

CUIR

 

n. m.

Peau épaisse de certains animaux. L'âne et le mulet ont le cuir extrêmement épais et dur.

Il se dit plus ordinairement de la Peau des animaux, quand elle est séparée de la chair et corroyée. Cuir de vache. Cuir cru. Préparer, apprêter, passer, tanner des cuirs. Cuir de Russie.

Cuir bouilli. Voyez BOUILLI.

Cuir à rasoir, Bande de cuir préparée pour donner le fil aux rasoirs.

Il se dit quelquefois de la Peau de l'homme. Des sérosités qui s'amassent entre cuir et chair, Sous la peau. Le cuir chevelu, La peau du crâne qui porte les cheveux.

Il se dit aussi populairement d'un Vice de langage qui consiste à lier les mots entre eux d'une façon vicieuse. Faire un cuir, des cuirs.

 

CUIRASSE

n. f.

Arme défensive qui couvre la poitrine et quelquefois le dos. Cuirasse d'acier, de cuir, etc. Cuirasse légère, pesante. Cuirasse à l'épreuve de la balle. Il eut sa cuirasse percée, faussée d'un coup de pistolet. Endosser la cuirasse. Prendre la cuirasse. Être armé d'une cuirasse. Le devant, le derrière de la cuirasse.

Le défaut de la cuirasse. Voyez DÉFAUT.

En termes d'Histoire naturelle, il se dit, par analogie, des Plaques qui revêtent certains poissons,

En termes de Marine, il se dit aussi du Revêtement métallique qui protège les navires contre l'action des projectiles.

 

CUIRASSER

 

v. tr.

Revêtir d'une cuirasse.

Par extension, Cuirasser un navire, Le protéger contre les projectiles par un revêtement métallique. Navire cuirassé, et comme nom Un cuirassé.

SE CUIRASSER signifie figurément Se préparer à toute espèce d'attaque, de surprise, ou encore S'endurcir aux affronts, n'être plus capable de sentir les injures, les remords. Il s'est cuirassé contre tous les affronts. C'est un homme dont la conscience est cuirassée. Cuirassé contre les injustices du sort, contre la calomnie, etc.

 

CUIRASSIER

 

n. m.

Cavalier armé d'une cuirasse. On donne plus particulièrement ce nom aux Soldats d'un corps de grosse cavalerie dont la cuirasse et le casque sont d'acier. Un régiment de cuirassiers. Capitaine de cuirassiers. Une charge de cuirassiers.

 

CUIRE

 

(Je cuis ; nous cuisons. Je cuisis. Je cuirai. Cuit.)v. tr. Préparer les aliments par le moyen du feu, de la chaleur, pour les rendre propres à être mangés. Cuire un gigot. Cuire des côtelettes. Ce boulanger cuit beaucoup de pain tous les jours. Un dîner cuit à point. Une viande trop cuite. Des pommes cuites.

Il se dit quelquefois absolument pour Cuire du pain. Ce boulanger cuit deux fois par jour. Tous les habitants d'un village étaient obligés d'aller cuire au four banal.

Il signifie, dans une acception plus étendue, Préparer certaines choses par le moyen du feu ou de la chaleur, pour les rendre propres à l'usage qu'on en veut faire. Cuire du plâtre, de la chaux. Un fourneau à cuire de la brique, etc. Cuire du fil, de la soie. Statue, vase de terre cuite.

Il se dit aussi de l'Action du feu, de la chaleur sur les choses que l'on cuit. Un trop grand feu brûle les viandes, au lieu de les cuire. La chaleur naturelle de ces eaux est telle, qu'elles cuisent un oeuf en moins de cinq minutes.

Il se dit également en parlant des Fruits que le soleil mûrit. C'est le soleil qui cuit tous les fruits. Le soleil n'est pas assez chaud dans ce pays-là pour bien cuire les melons.

Fig. et fam., Un dur à cuire, Un homme qui oppose aux circonstances quelles qu'elles soient une grande force de résistance physique et morale.

Il est aussi intransitif et signifie Devenir propre à être mangé ou propre à tel ou tel usage par le moyen du feu, de la chaleur. Le souper est au feu, il cuit. Il faut que cette viande cuise dans son jus. Mettre cuire, faire cuire un chapon. Mettre des prunes cuire au four, au soleil. La tuile, la brique ne saurait cuire dans ce fourneau. La porcelaine ne cuit guère dans ce four.

Ces légumes, ces fèves, ces pois, etc., cuisent bien, ne cuisent pas bien, Ils sont faciles ou difficiles à cuire.

Il signifie, par analogie, Causer une douleur âpre et aiguë, comme celle que fait éprouver une brûlure ou une écorchure. Je me suis brûlé, je me suis écorché la main, cela me cuit. La main me cuit. Les yeux me cuisent, ils me cuisent comme du feu. La tête me cuit.

Prov., Trop gratter cuit, trop parler nuit. Voyez GRATTER.

Fig. et fam., Il vous en cuira quelque jour ; il m'en cuit ; il pourrait bien vous en cuire. Vous vous en repentirez ; je m'en repens ; vous pourrez bien vous en repentir.

 

CUISANT, ANTE

 

adj.

Qui produit une douleur âpre et aiguë. Un froid cuisant. Une douleur cuisante. Fig., Des soucis cuisants. Des remords cuisants.

 

CUISINE

 

n. f.

Endroit d'une maison ou d'un appartement où l'on apprête et où l'on fait cuire les mets, les aliments. Cuisine claire, obscure. Batterie de cuisine. Aide de cuisine. Fig., Latin de cuisine. Voyez LATIN.

CUISINE se dit aussi d'un Ensemble d'ustensiles servant à préparer les aliments et qu'on peut transporter d'un lieu dans un autre. Cuisine roulante. Cuisine régimentaire. Par extension, Une cuisine de poupée.

Il se dit, par extension, de l'Ordinaire d'une maison, de la chère qu'on y fait habituellement. La cuisine est bonne dans cette maison. Cet hôtel est réputé pour sa cuisine. Je ne pus longtemps m'accommoder d'une si maigre, d'une si pauvre cuisine.

Faire la cuisine, Apprêter à manger.

Il signifie aussi l'Art d'apprêter les mets, les aliments. Il apprend la cuisine. Il sait bien la cuisine. Livre de cuisine. Cuisine bourgeoise. La cuisine française. La cuisine italienne. La cuisine anglaise.

Il s'emploie figurément et familièrement pour signifier Manoeuvre, intrigue. La cuisine électorale, parlementaire.

 

CUISINER

 

v. intr.

Faire la cuisine. Elle aime à cuisiner. Ce garçon cuisine assez bien. Il est familier.

Transitivement et familièrement, CUISINER signifie Préparer clandestinement. Cuisiner une affaire. Par extension, Cuisiner quelqu'un, L'influencer de façon à l'amener à l'état d'esprit qu'on désire.

 

CUISINIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui fait la cuisine. Cette femme est très bonne cuisinière.

Il se dit plus ordinairement de Celui, de celle que l'on prend à gages dans une maison pour y faire la cuisine. Il a un habile cuisinier. C'est un homme qui doit toute sa réputation à son cuisinier. Il a pris une cuisinière. Par apposition, Chef cuisinier.

Par extension, il se dit d'un Livre qui traite de la cuisine. Le Cuisinier français. Le Cuisinier modèle.

CUISINIÈRE se dit aussi d'un Ustensile de fer-blanc traversé par une broche qui sert à faire rôtir la viande. On dit aussi RÔTISSOIRE.

 

CUISSARD

 

n. m.

Partie de l'armure qui couvrait les cuisses.

Il se dit aussi, en termes d'Orthopédie, de la Pièce à laquelle on fixe une jambe de bois.

 

CUISSE

 

n. f.

Partie du corps de l'homme ou d'un animal depuis la hanche jusqu'au jarret. Cet homme a la cuisse cassée. L'os de la cuisse.

Par analogie, en termes de Cuisine, Une cuisse de poulet, de perdrix.

Fig., Il se croit sorti de la cuisse de Jupiter, Il se croit de très haute naissance.

Par extension, Cuisse de noix, Quartier de noix débarrassé de son enveloppe.

Cuisse-madame, Sorte de poire allongée dont la peau est jaune et rouge. Des cuisses- madame.

 

CUISSEAU

 

n. m.

Partie de la chair qui entoure le bassin d'un veau dépecé pour la boucherie. Cuisseau de veau.

 

CUISSON

 

n. f.

Action de cuire ou Résultat de cette action. Il manque à ce pain un peu de cuisson. Hâter la cuisson. Degré de cuisson.

Il signifie aussi, par analogie, Douleur que l'on ressent d'un mal qui est cuisant. Je sens une horrible cuisson dans ma plaie.

 

CUISSOT

 

n. m.

Cuisse de cerf, de chevreuil de sanglier, etc. Il ne se dit qu'en parlant de Venaison. Cuissot de chevreuil.

 

CUISTRE

 

n. m.

Pédant vaniteux et ridicule. Molière, dans le personnage de Trissotin, a immortalisé le type du cuistre.

Il se dit aussi d'un Homme chez qui une sorte d'étroitesse et de pédanterie s'accompagne d'un manque de savoir-vivre. C'est un cuistre fieffé.

CUISTRE était autrefois le nom que l'on donnait par dénigrement aux Valets de collège. Un cuistre de collège.

 

CUISTRERIE

 

n. f.

Traits, manières, conduite, procédé de cuistre.

 

CUITE

 

n. f.

T. d'Arts

. Action de cuire, de faire cuire de la porcelaine, de la faïence, des tuiles, des briques, de la chaux et d'autres choses semblables. La première cuite, la seconde cuite.

Il se dit également, en termes de Raffinerie, de l'Action de cuire le sucre et de la Quantité de sucre que l'on cuit en une fois. Maître de cuite.

Pop., Prendre une cuite, S'enivrer.

 

CUIVRÉ, ÉE

 

adj.

Qui a la couleur du cuivre. Couleur cuivrée. Teint cuivré.

Il signifie, par extension, Qui résonne comme le cuivre. Voix cuivrée.

 

CUIVRE

 

n. m.

Métal rougeâtre ductile et malléable. On l'appelle aussi Cuivre rouge. Plaque de cuivre. Fontaine, cuvette, chandelier, chenets de cuivre. Casserole de cuivre. Cuivre étamé. Monnaie de cuivre. Graver sur une planche de cuivre, sur cuivre.

Cuivre jaune, ou Laiton, Alliage de cuivre et de zinc.

Cuivre blanc, Alliage de cuivre, d'arsenic et d'étain.

Cuivre noir, Celui qui n'a pas encore été parfaitement purifié.

Cuivre vierge, Celui qui sort de la mine, qui n'a point été fondu.

Il désigne par extension la Planche de cuivre sur laquelle on a gravé. Acheter les cuivres d'un ouvrage.

Il se dit aussi des Instruments à vent dont le corps est de cuivre. Les cuivres dominent dans cet orchestre.

 

CUIVRER

 

v. tr.

Revêtir d'une couche de cuivre.

 

CUL-DE-JATTE

 

n. m.

Celui qui ne peut faire usage ni de ses jambes ni de ses cuisses pour marcher. Des culs-de-jatte.

 

CUL-DE-LAMPE

 

n. m.

T. d'Architecture

. Certain ornement de lambris ou de voûte qui a la forme du dessous d'une lampe d'église.

Il désigne, par analogie, en termes de Typographie, un Ornement qui se termine ordinairement en pointe et qui sert à remplir le bas de la page où finit un chapitre, un livre. Des culs-de-lampe.

 

CUL-DE-SAC

 

n. m.

Synonyme d'IMPASSE. Voyez ce mot.

Fig. et fam., il se dit d'une Situation qui ne conduit point à une meilleure, qui ne présente aucun moyeu d'avancer. Il a eu grand tort d'accepter cette place, c'est un cul-de-sac. Dans ce sens, on dit plutôt Impasse. Des culs- de-sac.

 

CUL

 

(On ne prononce point l'L.)n. m.

Partie du corps humain qui comprend les fesses et le fondement. Il tomba sur son cul, sur le cul. Il est très bas. On dit, entre gens bien élevés, Derrière, ou Train de derrière quand il s'agit de certains animaux.

Avoir le cul sur la selle, Être à cheval. Il est très familier.

Fig., Se trouver, être, demeurer le cul entre deux selles, se dit lorsque, de deux choses auxquelles on prétendait, on n'en obtient aucune, ou Lorsque, ayant deux moyens de réussir dans une affaire, on ne réussit par aucun des deux.

Fig. et fam., Faire le cul de poule, Faire une espèce de moue, en avançant et pressant les lèvres. Bouche en cul de poule.

Cul-blanc. Nom vulgaire de plusieurs oiseaux, notamment du Traquet motteux. Des culs-blancs.

Triv., Péter plus haut que le cul, Entreprendre des choses au-dessus de ses forces ; Prendre des airs au-dessus de son état ; viser trop haut.

Il désigne par analogie le Fond de certaines choses. Le cul d'une bouteille, d'une lampe, d'un baril, d'un tonneau. Mettre un tonneau sur cul, Le lever sur son fond ; ou, figurément et familièrement, Le vider. En termes de Marine, Ce bâtiment est sur cul, Son arrière est trop enfoncé dans l'eau. En termes d'Art vétérinaire, L'oeil de ce cheval est cul de verre, Le cristallin de son oeil a une opacité qui annonce une cataracte.

Il désigne également le Derrière d'une charrette. Mettre une charrette à cul, La mettre les limons en haut.

 

CULASSE

 

n. f.

Partie de derrière d'une arme à feu, canon, fusil, revolver, etc. Démonter la culasse d'un fusil. Charger un fusil par la culasse. Par extension, La culasse d'un cylindre.

Il se dit aussi, en termes d'Histoire naturelle, de la Partie de la racine d'un arbre qui vient après le collet.

En termes de Joaillerie, il désigne aussi le Dessous d'un brillant.

 

CULBUTE

 

n. f.

Tour qu'on fait en mettant la tête en bas et les jambes en haut, pour retomber de l'autre côté. Faire la culbute.

Il se prend par extension pour Chute. Dans sa précipitation à descendre les marches, il a fait une horrible culbute.

Fig. et fam., Faire la culbute, Tomber d'une situation prospère dans la ruine, par suite d'une faute ou d'une malchance. Ce financier a fait la culbute.

Prov. et fig., Au bout du fossé la culbute se dit à propos de Quelqu'un qui, se conduisant avec imprudence, s'expose par sa faute à quelque malheur.

 

CULBUTER

 

v. intr.

Faire une culbute. Il fit un faux pas et culbuta du haut en bas de l'escalier.

Il est aussi verbe transitif et signifie Faire tomber quelqu'un, le renverser. Il l'a poussé rudement et l'a culbuté. Il le culbuta de haut en bas des marches. La cavalerie culbuta l'ennemi.

 

CULBUTIS

 

n. m.

Amas confus de choses culbutées. Il est familier.

 

CULÉE

 

n. f.

T. d'Architecture

. Grosse masse de pierre qui soutient la voûte des dernières arches d'un pont et toute leur poussée.

En termes de Marine, il signifie Action de culer.

 

CULER

 

v. intr.

T. de Marine

. Aller en arrière, ou reculer. Mettre ou brasser les voiles à culer. On dit aussi, par analogie, Une charrette qui cule.

Il signifie encore Toucher le fond, en parlant de la Quille d'un bateau.

 

CULIER, IÈRE

 

adj.

Qui se termine à l'anus. Boyau culier. On dit plus ordinairement RECTUM.

Sangle culière ou absolument Culière, Sangle fixée au derrière du cheval pour immobiliser la selle.