Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Maillechort
n. m.
Alliage de cuivre, de zinc et de nickel, très dur et ayant de la ressemblance avec l'argent. Couverts de maillechort.
MAILLER
v. intr.
T. d'Arts
. Faire un filet au moyen de mailles. Fer maillé, Treillis de fer qui se met à une fenêtre. Les jours de servitude doivent être à fer maillé et à verre dormant.
Il se dit aussi des Poissons qui se prennent aux mailles du filet. La sardine se maille.
MAILLER,intransitif
, ou SE MAILLER signifie Se couvrir de mailles, en parlant du Plumage des perdreaux. Les perdreaux ne maillent pas encore. Les perdreaux commencent à se mailler.
MAILLET
n. m.
Petit mail servant au jeu de croquet.
Il se dit aussi, en termes d'Arts, d'une Sorte de marteau à deux têtes, qui est ordinairement de bois. Frapper, enfoncer à coups de maillet.
MAILLOCHE
n. f.
Gros maillet de bois.
MAILLON
n. m.
Petite maille. Il se dit surtout en parlant des Mailles d'une chaîne de métal. Un maillon de ma chaîne de montre s'est rompu.
MAILLOT
n. m.
Lange dont on enveloppe un enfant au berceau. Un enfant au maillot.
MAILLOT
n. m.
Vêtement collant, d'un tissu souple, couvrant tout ou partie du corps. Un maillot de bain. Un maillot de danseuse. Les saltimbanques portent fréquemment un maillot pailleté.
MAILLURE
n. f.
Ensemble des taches ou mouchetures qui se forment sur les plumes d'un oiseau.
MAIN-D'OEUVRE
n. f.
Travail de l'ouvrier considéré surtout par rapport au prix. La main-d'oeuvre de cette rampe, de cette grille a coûté cher. Le prix de la main-d'oeuvre pèse lourdement sur cette industrie. Le coût de la main-d'oeuvre a beaucoup monté depuis ces dernières années.
MAIN-D'OEUVRE signifie aussi l'Ensemble des ouvriers de tel ou tel métier. On manque de main-d'oeuvre. La rareté de la main-d'oeuvre se fait sentir pour les travaux des champs.
MAIN-FORTE
n. f.
Assistance qu'on donne à quelqu'un pour exécuter quelque chose. Il se dit plus ordinairement du Secours qu'on prête à la justice, afin que la force demeure à ses agents et que ses ordres soient exécutés. Donner, prêter main-forte à l'exécution des lois, des jugements, des ordonnances.
MAIN
n. f.
Partie du corps humain qui est à l'extrémité du bras, qui s'étend depuis le poignet jusqu'au bout des doigts, qui sert à la préhension, qui est le principal organe du toucher et que sa conformation rend propre à toute sorte d'actions et d'ouvrages. La main droite. La main gauche. Le creux, le dedans, la paume, le plat de la main. Le dessus de la main. Les doigts de la main. Les lignes de la main. Voyez LIGNE. Main longue, courte, sèche, grasse, décharnée, potelée, nette, rude, douce. Avoir les mains froides, chaudes, glacées, brûlantes. Avoir les mains gourdes. Avoir froid, chaud aux mains. Se laver les mains. Avancer, retirer la main. Prendre, serrer, baiser la main de quelqu'un, à quelqu'un. Tendre la main à quelqu'un. Tenir un enfant par la main. Donner la main, Saisir avec la main. Tenir avec la main, à la main. Mettre dans la main. Ouvrir, fermer la main. Joindre les mains. Lever les mains au ciel. Mettre la main à quelque chose. Avoir quelque chose dans la main. Mettre la main sur la hanche, sur la garde de son épée. Parer un coup avec la main. Un signe, un geste de la main. Vivre du travail de ses mains. J'ai reçu ce papier des mains d'un inconnu. Je dépose cette somme dans vos mains.
Haut les mains! Ordre que l'on donne à une personne de lever les bras, les mains ouvertes, pour montrer qu'elle n'a pas d'armes, qu'elle ne veut ni attaquer ni se défendre; dans un combat, ordre analogue donné à l'adversaire.
Lever la main sur quelqu'un, Se préparer à le frapper. Avoir la main levée sur quelqu'un, Être prêt à le frapper.
Lutter à main plate, Lutter sans fermer les poings. Lutte à main plate.
Toucher dans la main à quelqu'un, Mettre sa main dans la sienne, en signe d'amitié, de réconciliation, d'accord, d'acquiescement, d'où est venue l'expression Touchez là!
Refuser la main à quelqu'un, Lui refuser ce témoignage d'amitié ou d'estime. On dit dans un sens analogue. Tendre la main à quelqu'un, Se réconcilier avec lui.
Changer de main, Après s'être servi d'une main, se servir de l'autre. Vous êtes fatigué de porter ce paquet, changez de main.
Mettre la main à la poche, Faire ce geste pour prendre de l'argent dans sa bourse; d'où, figurément, Payer, financer.
Être pris la main dans le sac, Être pris au moment où l'on vole, d'où, par extension, en flagrant délit. Je vous prends la main dans le sac.
Avoir les mains libres, N'avoir rien dans les mains.
Par exagération, J'en mettrais ma main au feu, J'assure que la chose est ainsi, j'en répondrais à mes risques et périls.
Fig. et fam., Main morte, Main qu'on laisse aller au gré d'une personne qui l'agite, comme si elle était sans nerfs et sans vie. On dit en ce sens aux petits enfants : Faites main morte.
N'y pas aller de main morte, Frapper rudement, avec violence.
Fig. et fam., Il n'y va pas de main morte, se dit de Celui qui, dans une discussion, dans une argumentation verbale ou par écrit, emploie des expressions fortes, rudes, violentes.
Main chaude. Voyez CHAUD.
Fig. et fam., L'argent ne lui tient pas dans les mains, lui fond dans les mains, Il dépense sans nécessité, sans modération.
Fig. et fam., Les mains lui démangent, Il a grande envie de jouer, de frapper, de se battre.
Par exagération, Les mains m'en tombent, m'en sont tombées, J'en éprouve, j'en ai éprouvé une grande surprise. On dit plutôt Les bras m'en tombent.
Être comme deux doigts de la main, comme les deux doigts de la main. Voyez DOIGT.
À LA MAIN, Avec la main. Prendre des poissons à la main.
Il se dit par opposition aux objets faits à la machine. Un tricot fait à la main. Une dentelle à la main. Un vase décoré à la main. Une lettre écrite à la main.
À LA MAIN signifie aussi Dans la main. Avoir son chapeau à la main. Avoir l'épée, le sabre, la plume, le pinceau à la main. Avoir un livre à la main, Le tenir.
Contrat en main, Contrat dans lequel il est entendu que celui qui achète ne paie que le prix de son acquisition, les frais de la vente restant à la charge du vendeur.
Avoir sans cesse l'argent à la main, Dépenser, payer continuellement.
Mettre l'épée à la main, Tirer l'épée pour s'en servir.
Ce maître lui a mis les armes, le fleuret, le violon à la main, Il lui a donné les premières leçons d'escrime, de violon. Il est vieux.
Cela est bien à la main, se dit d'une Chose faite de manière qu'on peut s'en servir aisément, commodément. Cette raquette est bien à la main. Cette serpe, cette hache, ce manche n'est pas bien à la main. On dit aussi en main.
Fam., Être à sa main, Être placé commodément.
Fig., Mettre à quelqu'un le marché à la main, Lui donner pour la dernière fois le choix de tenir ou de rompre un engagement, de le conclure ou d'y renoncer en le menaçant d'une rupture. C'était à prendre ou à laisser : on m'avait littéralement mis le marché à la main.
À deux mains, Avec les deux mains. Prendre, tenir un objet à deux mains.
Épée à deux mains, Longue et large épée qu'on tenait des deux mains et avec laquelle on faisait le moulinet, de manière à parer à la fois tous les coups.
Cheval à deux mains, à toutes mains, Cheval qui sert à la selle et à la voiture.
Fig. et fam., Cet homme est à toutes mains, c'est un homme à toutes mains, Il est prêt et apte à rendre toute sorte de services.
Morceau de musique à quatre mains, Morceau que deux personnes jouent ensemble sur le même piano. Jouer à quatre mains. On dit de même Un morceau à deux pianos quatre mains, à deux pianos huit mains.
Écrit transcrit à la main, Manuscrit.
À main levée, Sans poser la main. Dessin fait à main levée. Au figuré, il désigne un Croquis rapidement, légèrement fait.
À main levée se dit aussi d'un Vote qui s'exprime en levant la main. Un vote à main levée.
À pleines mains, Abondamment, libéralement. Prendre, donner, répandre, jeter l'argent à pleines mains.
Fig. et fam., À belles mains se dit quelquefois dans le même sens. Il en a pris à belles mains, Autant qu'il en a voulu. J'en eus à belles mains, J'en eus autant que j'en voulus.
À main armée, Les armes à la main. Entrer à main armée dans un pays. Une attaque à main armée.
À main droite, à main gauche, Du côté droit, du côté gauche de la personne qui parle, à qui l'on parle, de qui l'on parle. Je suis allé jusqu'au bout de la rue, et j'ai tourné à main droite. Prenez à main gauche. On dit plus ordinairement À droite, à gauche.
Aux mains, se dit en parlant de l'Action de combattre. En venir aux mains, Commencer un combat. Être aux mains, Être en train de combattre.
Fig., Mettre aux mains signifie aussi Engager dans une guerre. La possession de la Sicile mit aux mains Rome et Carthage.
Fig., Mettre aux mains deux ou plusieurs personnes, Les engager dans quelque dispute, dans quelque discussion. Je les ai mis aux mains sur cette question. Je vous mettrai aux mains avec mon avocat.
Dans la main, dans les mains, entre les mains se dit au figuré en parlant d'une Chose dont on confie la garde, le soin ou l'exécution à quelqu'un. Cette somme sera déposée dans la main, dans les mains, entre les mains d'un tiers. Depuis que mon affaire est dans ses mains, entre ses mains, elle marche un peu mieux.
Glisser dans la main, Se dérober. On dit plutôt Glisser entre les mains.
Figurément, en termes de Musique, Avoir un passage, un morceau dans la main, Le savoir, être en état de le bien exécuter. Je n'ai pas encore ce passage, ce morceau dans la main. On dit plutôt Avoir un morceau dans les doigts.
DE MAIN se joint à plusieurs noms pour spécifier la nature ou l'emploi des personnes ou des choses qu'ils désignent.
Fig., Coup de main. Voyez COUP.
Fig., Homme de main, Homme d'exécution, homme brave, hardi. Il avait des gens de main avec lui. Il est vieux.
Jeu de main. Voyez JEU.
Prov., Jeux de main, jeux de vilain. Voyez JEU.
Revers de main, Coup donné avec le revers de la main. D'un revers de main, il lui a jeté son chapeau dans la boue.
Fam., En un tour de main. Voyez TOUR.
Tour de main. Voyez TOUR.
Une chose faite de main de maître, Une chose très bien faite, conçue et exécutée par quelqu'un qui possède toutes les ressources de son art, tous les secrets de son métier. Ce tableau est fait de main de maître. Ce roman est écrit de main de maître. Cette pièce est menée de main de maître. Par analogie, Cette manoeuvre a été exécutée, cette intrigue a été conduite de main de maître. On a dit dans le même sens : Un ouvrage fait de main d'ouvrier.
Une chose faite de main d'homme, se dit par opposition à Ce qui est l'ouvrage de la nature. Cette grotte est faite de main d'homme.
De main en main, De la main d'une personne à celle d'une autre, et de celle-ci à d'autres successivement, jusqu'à la dernière. Pour charger le wagon, les hommes d'équipe se passaient les colis postaux de main en main. Une copie qu'on se passe de main en main. L'argent est fait pour passer de main en main.
De main en main s'emploie aussi figurément. Cette tradition, cette nouvelle est arrivée jusqu'à nous de main en main.
Fig., De longue main, Depuis longtemps. Je le connais, nous nous connaissons de longue main.
DE LA MAIN, Avec la main. Parer un coup de la main. Écrire de la main gauche. Il lui a écrit de sa main.
Les arts de la main, par opposition aux Arts de l'esprit, Les arts où la main est le principal instrument.
DE LA MAIN signifie aussi figurément De la part. Je reçois avec confiance tout ce qui vient de votre main, tout ce qui part de votre main. Ce domestique est sûr, vous pouvez le prendre de ma main. Pour cet emploi j'accepterai volontiers un homme de votre main.
De la main à la main, Sans formalité, sans écrit. Donner de l'argent de la main à la main.
De première main, De la main de celui qui a le premier recueilli, fabriqué ou mis en vente la chose dont il s'agit. Pour avoir bon marché, il faut acheter les choses de première main. J'ai eu cet objet, ce produit de première main. On dit de même De seconde main, de troisième main, etc., c'est-à-dire D'occasion.
Fig., Tenir une nouvelle de première main, La savoir de source, d'origine, la savoir de celui qui est censé en avoir été instruit le premier. On dit aussi Ne tenir une nouvelle que de seconde main, Ne l'avoir apprise que par un intermédiaire; La tenir de bonne main, D'un bon garant.
Fig., Ouvrage de première main, Ouvrage puisé aux sources originales.
Fig., Érudition de seconde, de troisième main, Érudition qui n'est pas fondée sur les originaux.
De toutes mains, Des mains de tout le monde, des mains de qui que ce soit. Il reçoit, il prend de toutes mains. Cela ne se dit qu'en mauvaise part.
EN MAIN, Dans la main. Il est représenté ayant en main son bâton de maréchal de France.
Fig., Avoir quelqu'un ou quelque chose en main, L'avoir à sa disposition.
Fig., Prendre en main les intérêts, la cause de quelqu'un, Soutenir ses intérêts, se charger de sa défense.
Preuve en main, avoir la preuve en main, Avoir la preuve écrite, la preuve matérielle de ce que l'on avance et pouvoir l'exhiber.
Fig., En bonnes mains, Dans les mains, à la disposition d'une personne honnête, sûre, intelligente, capable. Votre affaire est en bonnes mains. Vous ne pouviez pas tomber en meilleures mains. On dit dans le même sens Être en mains sûres, et, dans le sens contraire, Tomber, être en mauvaises mains.
En main tierce, Dans la main d'un tiers. Mettre, déposer de l'argent en main tierce.
En main propre, Dans la main même de la personne intéressée. Je lui ai remis cette lettre en main propre.
ENTRE LES MAINS se dit figurément en parlant de Ce qui est confié aux soins, mis à la disposition de quelqu'un. Je mets mes intérêts entre vos mains. Il se mit entre les mains des médecins.
PAR LES MAINS, Dans les mains. Tous les livres de cette bibliothèque m'ont passé par les mains. Fig., Toutes les affaires de cette succession lui ont passé par les mains. Il dirige seul cette négociation; tout lui passe par les mains. On dit d'une personne qui a exercé longtemps une profession, qui a manié beaucoup d'affaires : Il lui en a passé beaucoup par les mains.
SOUS LA MAIN, Proche, à portée. Avoir quelque chose sous la main. Je n'ai pas ce papier sous la main, je le chercherai. Ce livre m'est tombé sous la main. Il signifie aussi, figurément, Sous l'autorité, sous la dépendance. J'ai cet homme sous la main, j'en dispose. On dit, par menace, Qu'il ne me tombe jamais sous la main.
Être sous la main de l'autorité, sous la main de la justice, se dit d'une Personne qui est arrêtée, dont on va instruire ou dont on instruit le procès. On dit aussi d'un Immeuble saisi, d'un meuble séquestré, ou d'une somme arrêtée judiciairement, Il est, elle est sous la main et autorité de justice.
Fig., Sous main, Secrètement, en cachette. Faites-lui savoir cette nouvelle sous main. On a négocié, intrigué sous main.
SUR LA MAIN s'emploie dans plusieurs expressions figurées et familières. Pas plus que sur la main, autant que sur la main, se dit pour exprimer qu'Une chose n'existe pas, manque tout à fait. Il n'a pas plus de cheveux que sur ma main.
Avoir le coeur sur la main, Être ouvert, franc, sans dissimulation.
MAIN s'emploie dans une foule d'autres expressions particulières, tant propres que figurées. Pour faciliter la recherche, on les a rangées selon l'ordre alphabétique.
Fig., Avoir la main heureuse, Réussir ordinairement dans les choses qu'on entreprend. Il a la main heureuse et réussit dans toutes ses entreprises.
Avoir la main heureuse se dit aussi d'un Joueur qui gagne souvent. On dit encore, dans un autre sens, à quelques jeux de Cartes, Ce joueur a la main bonne, la main heureuse, Il est avantageux d'être sous sa coupe, de lui donner à couper. On dit dans le sens contraire: Avoir la main malheureuse.
Avoir la main large, Être généreux ou être prodigue.
Avoir la main légère se dit d'un Cavalier qui se sert bien des aides de la main, d'un Chirurgien qui opère avec habileté, d'un Joueur d'instrument qui exécute avec aisance et prestesse, d'un Homme qui met de la liberté et de la rapidité dans son écriture.
Avoir la main leste, Être prompt à frapper.
Avoir la main sûre, Avoir une main ferme, qui ne tremble point.
Avoir les mains libres se dit, figurément, pour Être libre d'agir dans une affaire sans être lié par aucune obligation.
Avoir les mains liées se dit, au contraire, pour Être empêché, entravé par des obligations antérieures, de quelque nature qu'elles soient.
Fig. et fam., Avoir les mains nettes, Se conduire avec probité, administrer fidèlement, ne faire aucun profit illégitime. On dit aussi Avoir les mains nettes de quelque chose, N'avoir pas de reproche à se faire relativement à cette chose, n'y avoir pris aucune part.
Fig. et fam., Baiser les mains à quelqu'un, Lui faire ses compliments. Adieu, mesdames, je vous baise les mains. On dit en plaisantant : Oh! pour cela, je vous baise les mains, Je ne suis pas de votre avis, je ne ferai pas ce que vous demandez.
Changer de main, en parlant des Choses, Passer d'un propriétaire à un autre. Cette maison a plusieurs fois changé de main avant de m'appartenir.
Donner la main à quelqu'un, Lui offrir sa main en signe de bienvenue et de salut. On dit aussi Tendre la main. Donnez-moi la main, Formule de remerciement chaleureux à un homme.
Donner la main à une femme, Lui offrir la main comme appui, soit en descendant de voiture, soit pour franchir un pas difficile, soit dans un cortège, soit dans certaines danses.
Fig., Donner la main à quelqu'un, L'aider en quelque affaire, le favoriser. Je n'aurais pas réussi, s'il ne m'eût donné la main. On dit dans le même sens : Prêter la main à quelqu'un. Ils se disent aussi en parlant des choses. Donner, prêter la main à une entreprise.
Fig., Donner les mains à quelque chose, Y consentir, y condescendre, y aider.
Faire la main, Exercer à un travail manuel. Voici un objet à exécuter, une copie à faire, essayez, cela vous fera la main. On dit surtout Se faire la main, S'exercer. L'un et l'autre se disent aussi en parlant de Travaux intellectuels. Avant d'être auteur, il avait passé par le journalisme pour se faire la main.
En termes de Guerre, Faire main basse. Voyez BAS.
Fig. et fam., Faire sa main, Piller, dérober, faire des profits illicites.
Faire valoir une terre, un champ, etc., par ses mains, Tenir, faire valoir une terre, etc., soi-même, sans fermier.
Fig., Faire tomber les armes des mains de quelqu'un, Apaiser sa colère.
Fig., Forcer la main à quelqu'un, Le contraindre à faire quelque chose. Avoir la main forcée, Faire une chose malgré soi, par contrainte.
Fig. et fam., Manger dans la main, Avoir des manières trop familières. C'est un homme avec qui il faut éviter de se familiariser, il vous mangerait tout de suite dans la main.
Porter la main sur quelqu'un, Le frapper ou Faire mine de le frapper.
Mettre la main sur quelque chose, S'en saisir, ou simplement La trouver. Il a mis la main sur l'argent, sur les papiers de la succession. J'ai beau chercher ce livre : je ne puis mettre la main dessus.
Mettre à quelqu'un la main au collet, Le mettre en état d'arrestation.
Fig., Mettre la main à quelque chose, L'entreprendre, s'en mêler. Cette affaire ne réussira pas si vous n'y mettez la main.
Fig. et fam., Mettre la main à la plume, Commencer à écrire une lettre, un ouvrage.
Mettre la main à l'oeuvre, à l'ouvrage, Commencer à s'occuper de quelque chose, à y travailler. Cela se dit au propre et au figuré. Il est temps de mettre la main à l'oeuvre.
Fig., Mettre la dernière main à un ouvrage, Le terminer, le corriger. On dit dans le même sens Donner la dernière main.
Fig. et fam., Mettre la main à la pâte, Travailler soi-même à quelque chose. On dit aussi Avoir la main à la pâte, Être en train de faire quelque chose, avoir le maniement de quelque chose.
Fig., Mettre la main sur la conscience, Examiner de bonne foi si l'on a fait tort à quelqu'un, si l'on a commis quelque injustice. Elliptiquement : La main sur la conscience, cela est-il vrai?
Fig., Prêter la main à quelque chose, Aider à le faire, y participer. Il a prêté la main à ce vol, à cet enlèvement.
Fig. et fam., Se laver les mains de quelque chose, Déclarer qu'on en est innocent, qu'on n'y a point participé. On n'a pas voulu suivre mes conseils dans cette affaire, désormais je m'en lave les mains.
Se présenter les mains vides, N'avoir pas d'argent à donner, de présent à faire, de documents à fournir, de preuves à donner.
Fig., Se tenir par la main, Être d'intelligence. Ils se tiennent tous par la main. On dit aussi, dans un sens analogue, Se donner la main.
Fig., et fam. Sortir des mains de quelqu'un, Échapper à quelqu'un par qui l'on est retenu. On dit plutôt S'arracher des mains de quelqu'un.
Tendre la main, Demander l'aumône. On le dit, par extension, de Celui qui mendie des places, des grâces.
Fig., Tendre la main à quelqu'un, Lui offrir du secours, le secourir.
Fig., Tenir la main à quelqu'un, Veiller de près à ce qu'on l'exécute, à ce qu'on l'exécute bien.
MAIN, en termes d'Équitation, de divers Sports ou de Guerre, s'emploie dans plusieurs phrases ou locutions, dont quelques-unes passent du propre au figuré.
Cheval à deux mains, à toutes mains, Cheval qui sert à la selle et à la voiture.
Ce cheval est sous la main, se dit d'un Cheval de voiture attelé, ou accoutumé de l'être, sous la main droite du cocher. Il est hors de la main, Il est sous la main gauche du cocher.
Cheval de main, Cheval mené par un cavalier monté sur un autre cheval.
Main de la lance, La main droite du cavalier. Main de la bride, La main gauche.
Changer de main, Porter la tête du cheval d'une main à l'autre, pour le faire aller à droite ou à gauche.
Bride en main se dit quand on tient le cheval ferme dans la main.
Tenir la main à un cheval, Hausser la main de la bride pour le conduire à sa volonté.
Fig., Tenir la main haute à quelqu'un, Le traiter avec sévérité, sans lui rien passer. Tenir la main haute dans une affaire, Se rendre difficile sur les conditions.
Lâcher, rendre la main à un cheval, Lui lâcher la bride.
Fig., Lâcher la main à quelqu'un, Lui donner plus de liberté qu'à l'ordinaire. Lâcher, la main dans une affaire, Céder de ses prétentions, rabattre du prix qu'on demandait.
Mener un cheval haut la main, Tenir la main des rênes haute, pour le soutenir, pour l'empêcher de buter, de tomber, ou pour lui donner la facilité de lever le devant, de faire des courbettes.
Fig. et adv., Haut la main, Avec autorité, en surmontant tous les obstacles, avec promptitude. J'en viendrai à bout haut la main. Il l'a emporté haut la main sur tous ses concurrents.
Partir de la main, se dit d'un Cheval qui part légèrement et prend facilement le galop. Un beau partir de la main, l'Action d'un cheval qui part de la main et court en ligne droite avec légèreté et vitesse.
Gagner à la main, se dit d'un Cheval qui va plus vite qu'on ne veut. Au figuré, il se dit de Quelqu'un qui devient plus familier ou qui se montre plus ambitieux qu'on ne le voudrait.
Ce cheval bat à la main, Il secoue la tête et lève le nez. Il tire à la main, Il résiste aux efforts du cavalier. Il force la main, Il s'emporte malgré le cavalier. Il pèse à la main, Il a la tête pesante ou il s'appuie sur le mors de manière à lasser la main du cavalier. On dit, dans un sens analogue, Ce cheval est lourd, dur, pesant à la main; et, dans un sens contraire, Ce cheval est léger, est sensible à la main.
En termes de Jurisprudence, MAIN s'emploie dans un certain nombre de phrases et de locutions.
Lever la main, Lever la main pour jurer et affirmer par serment.
Saisir entre les mains de quelqu'un, S'opposer à la délivrance des sommes qui sont entre ses mains. Il a saisi entre les mains de tous les débiteurs.
Fig., Donner d'une main et retenir de l'autre, Faire donation de quelque chose, sans néanmoins s'en dessaisir.
Se payer par ses mains, S'indemniser sur ce qu'on a en sa possession et qui appartient à un débiteur.
MAIN, à certains jeux de Cartes, s'emploie figurément dans diverses acceptions. Ainsi on dit :
Avoir la main, Être le premier à jouer.
Donner la main, Céder à son adversaire l'avantage de cette primauté.
Perdre la main, Perdre cet avantage, pour avoir mal donné les cartes.
Avoir la main, faire la main, Donner les cartes. Faire une main, Faire une levée. Il a fait trois mains, j'espère bien faire la quatrième.
MAIN se dit figurément pour Écriture, caractère d'écriture d'une personne. Avoir une belle main, une bonne main. Imiter la main de quelqu'un. Je reconnais sa main.
MAIN, désignant la Façon de travailler de l'ouvrier, s'emploie spécialement dans l'expression Petites mains, Ouvrières de couture ou de modes qui débutent dans le métier.
MAIN se dit aussi en parlant de Mariage, comme dans ces phrases : Demander la main de quelqu'un, Faire une demande en mariage. Donner sa main à quelqu'un, L'épouser. Accepter, refuser la main d'un jeune homme. Accorder la main d'une jeune fille. Ses parents m'ont accordé sa main. Offrir sa main à une jeune fille. Disposer de sa main.
Mariage de la main gauche, Mariage qu'un prince contracte avec une femme d'un état inférieur, à qui il donne, dans la cérémonie nuptiale, la main gauche au lieu de la main droite. Les enfants qui naissent de ce mariage n'héritent pas de la dignité et du pouvoir de leur père. Épouser une femme de la main gauche se dit par ironie d'une Union illégitime.
MAIN s'emploie aussi dans plusieurs phrases figurées, où il marque Action, puissance, influence, pression. La main de Dieu se fait reconnaître ici. Il faut s'humilier, s'abaisser sous la main de Dieu. La main de l'autorité se fait sentir. Je suis l'oeuvre de ses mains, l'ouvrage de ses mains. On sent la main de quelqu'un d'énergique en cette affaire.
Main de justice, Espèce de sceptre que le roi portait le jour de son sacre et dans les grandes cérémonies, au haut duquel était la figure d'une main, emblème de la puissance.
Avoir une main de fer, Avoir une autorité inflexible.
Avoir la main légère, User de son pouvoir, de son autorité avec une habile modération.
Avoir la main dure, Être sévère dans le commandement ou le châtiment.
Avoir la haute main, Avoir, en quelque chose, l'autorité supérieure. Adressez-vous à lui, c'est lui qui a la haute main dans cette affaire.
Avoir la main longue, Avoir une grande influence, avoir de grands moyens de servir ou de nuire. Faites-vous bien venir de cet homme: il a la main longue.
Tenir quelqu'un, quelque chose dans sa main, Les tenir en sa puissance, en disposer souverainement. Dieu tient le sort des hommes dans sa main. Il tient toute cette administration dans sa main et la dirige à son gré.
MAIN se dit aussi des Extrémités des animaux, quand il y a un pouce distinct des quatre autres doigts. Les singes ont des mains au lieu de pieds de derrière.
Il se dit même des Pieds de quelques oiseaux, comme les perroquets et les oiseaux, de fauconnerie.
Il se dit quelquefois, par analogie, en termes de Botanique, des Filaments en forme de vrille par lesquels les plantes sarmenteuses et grimpantes s'attachent aux corps voisins.
Il se dit aussi, en termes d'Arts, d'une Pelle de tôle, à manche de bois très court, dont on se sert pour prendre et pour porter de la braise, de la cendre, etc.; d'une Sorte d'anneau de fer à ressort, qui est au bout de la corde d'un puits, et dans lequel on passe l'anse du seau; d'une Sorte d'anneau qui est au-devant d'un tiroir et qui sert à le tirer; d'un Morceau de galon plat attaché au-dedans d'une voiture et qu'on tient à la main pour se soutenir; de la Partie d'une rampe d'escalier sur laquelle se pose la main; d'un Assemblage de vingt- cinq feuilles de papier. Une main de papier. Le papier se vend à la feuille, à la main et à la rame. Vingt mains font une rame.
Main courante se dit, dans la Tenue des livres, du Registre appelé autrement Brouillard.
MAINLEVÉE
n. f.
T. de Jurisprudence
. Acte judiciaire ou volontaire qui lève l'empêchement résultant d'une saisie, d'une opposition, d'une inscription. Demander, obtenir, accorder mainlevée d'une saisie-arrêt, d'une saisie-exécution, d'une saisie réelle.
MAINMISE
n. f.
T. de Jurisprudence féodale
. Saisie. Il y avait mainmise par défaut de foi et hommage.
Fig. et par extension, il se dit de Toute influence impérieuse, excessive, fâcheuse. La mainmise d'un homme sur une société, sur une assemblée.
MAINMORTABLE
adj. des deux genres
. T. de Jurisprudence
. Qui est sujet au droit de mainmorte.
Il se disait aussi des Corps et communautés dont les biens, étant inaliénables, ne donnaient pas ouverture aux droits de mutation.
MAINMORTE
n. f.
T. de Jurisprudence
. État des vassaux qui, en vertu d'anciens droits féodaux, étaient attachés à la glèbe et privés de la faculté de disposer de leurs biens. La mainmorte, soit personnelle, soit réelle ou mixte, est abolie dans presque toute l'Europe.
Gens de mainmorte se disait des Corps et des communautés qui, en dépit des diverses manières dont les individus s'y succèdent, sont considérés comme perpétuels et formant toujours la même corporation.
Biens de mainmorte se dit aujourd'hui encore des Biens des communautés, des hôpitaux, etc., considérés comme inaliénables, exonérés des droits de mutation et assujettis à une taxe spéciale.
MAINT, AINTE
adj. indéfini
qui a le sens collectif et signifie Plusieurs. Je l'ai rencontré en mainte occasion. Il m'a fait mainte et mainte difficulté. Maintes gens vous diront que... Dans l'expression Maintes fois, on n'emploie plus Maint au singulier.
MAINTENANT
adv. de temps
. À présent, à cette heure, aujourd'hui, au temps où nous sommes. J'ai achevé l'ouvrage que vous m'aviez demandé; que voulez-vous maintenant que je fasse? Revenez, je ne puis vous recevoir maintenant.
MAINTENANT QUE,loc. conj.
À présent que. Maintenant que nous sommes seuls, je vais vous parler librement.
MAINTENIR
(Il se conjugue comme TENIR.) v. tr.
Tenir ferme et fixe. Cette barre de fer maintient la charpente.
Il signifie figurément Conserver dans le même état. Il vous a nommé à cette place, il vous y maintiendra. Il a été maintenu en possession par arrêt de la Cour. Maintenir en état d'arrestation. Cette armée a maintenu ses positions, a maintenu son avance. Maintenir les lois, l'exécution des lois. Maintenir l'ordre, la discipline. Que Dieu vous maintienne dans cette bonne disposition! Ce vieillard se maintiendra longtemps.
Fig., Se maintenir dans les bonnes grâces de quelqu'un. La discipline s'est toujours maintenue dans cette armée.
Se maintenir signifie encore Conserver un poste, une position, un emploi. Ce régiment se maintint sur le plateau, sur ses positions. Malgré les efforts de l'opposition, il se maintint au ministère.
Il signifie, par extension, Affirmer, soutenir. Je maintiendrai partout que cela est vrai. Je maintiens que cette opinion est fausse.
MAINTENUE
n. f.
T. de Jurisprudence
. Confirmation, par jugement, dans la possession d'un bien ou d'un droit litigieux. On voulait m'obliger à déguerpir, mais j'ai eu arrêt de maintenue.
MAINTIEN
n. m.
Action de maintenir. Le maintien de l'ordre, de la discipline, de l'autorité publique. Les bonnes moeurs contribuent au maintien de la société.
Il se dit aussi particulièrement dans le sens de Contenance, manière de se tenir. Noble maintien. Prendre, avoir, garder, conserver un maintien décent, modeste, recueilli.
N'avoir point de maintien, Avoir l'air gauche et embarrassé.
MAÏOLIQUE
n. f.
Voyez MAJOLIQUE.
MAIRE
n. m.
Le premier officier municipal d'une ville, d'une commune. Le maire de Bordeaux. Les maires de Paris.
Adjoint du maire, adjoint au maire, Officier municipal qui assiste le maire dans ses fonctions et qui peut le remplacer en cas d'absence ou de maladie.
Maire du palais, Le principal officier qui avait l'administration des affaires de l'État, sous les rois de la première race. Maire du palais d'Austrasie, de Neustrie.
Lord-maire, Le maire de la cité de Londres, élu annuellement par les corps de métiers.
MAIRIE
n. f.
Office de maire. La mairie de Bordeaux.
Il désigne aussi le Temps durant lequel on exerce cette fonction. Pendant sa mairie. Il désigne encore le Bâtiment où se tient l'administration municipale. Aller à la mairie pour demander une pièce, un acte, un certificat.
Mairie du palais, Dignité de maire du palais. Pépin avait été élevé à la mairie du palais.
MAIS
Conjonction qui sert généralement à marquer Opposition, exception, différence. Il est fort honnête homme, mais il est un peu brutal. Il est riche, mais avare. Elle n'est pas aussi jolie que sa soeur, mais elle est plus spirituelle.
Il s'emploie aussi pour rendre raison de quelque chose dont on veut s'excuser. Il est vrai, je l'ai mal reçu, mais j'avais mes raisons pour cela.
Il s'emploie aussi pour marquer l'Augmentation ou la diminution. Sa puissance n'est pas diminuée, mais accrue.
MAIS s'emploie aussi dans la conversation, au commencement d'une phrase qui a quelque rapport à ce qui a précédé. Mais, dites-nous, quand nous donnerez-vous satisfaction? Mais, pourquoi vous en prenez-vous à moi. Mais encore, mais enfin, que dites-vous de cela? Mais, qu'ai-je fait? Mais, qu'ai-je dit?
Il sert quelquefois de transition pour revenir à un sujet qu'on avait laissé, ou simplement pour quitter le sujet dont on parle. Mais revenons à notre affaire. Mais c'est trop parler de moi. Mais il est temps de finir. Mais encore faut-il s'entendre.
MAIS se prend quelquefois substantivement pour signifier Objection, difficulté. Il y a toujours avec lui des si et des mais.
MAIS était autrefois un adverbe et signifiait Plus. Il a encore ce sens dans l'expression : N'en pouvoir mais. Si le fils a fait une faute, le père n'en peut mais.
il s'emploie encore comme adverbe pour insister. Il fut reçu très bien, mais très bien. Cet enfant est joli, mais très joli.
Il s'emploie aussi en coordination avec Non seulement pour renforcer ce qui vient d'être dit. Non seulement il est bon, mais encore il est généreux. Non seulement il est pauvre, mais il est criblé de dettes. Non seulement il a eu ce tort, mais bien plus, mais qui plus est, il s'en est vanté.
MAÏS
n. m.
Sorte de céréale qui sert à l'alimentation des hommes et des animaux. Champ de maïs. Plantation de maïs. La récolte du maïs. Farine de maïs. Gâteau de maïs. Bouillie de maïs.
MAISON
n. f.
Bâtiment servant de logis, d'habitation, de demeure. Maison à un étage, à plusieurs étages. Maison neuve. Vieille maison. Maison de brique, de pierre de taille, en béton armé. Maison entre cour et jardin. Maison sur la rue. Bâtir, abattre, démolir une maison. Maison de campagne, de plaisance. Maison à louer, à vendre. Les fondements, les gros murs, la couverture d'une maison. Le devant, le derrière d'une maison. Les divers appartements d'une maison. Sa maison est ouverte à tous venants. Il ne sort point, il ne bouge point de la maison.
À la maison, Chez soi. Il reste, il est à la maison, Chez lui. Je dîne à la maison, Chez moi.
Fam., Garder la maison, Rester chez soi, ne pas sortir.
Fig. et fam., C'est la maison du bon Dieu signifie une Maison hospitalière ouverte à tout le monde.
La maison de Dieu, L'Église. On dit dans un sens analogue, en parlant d'une église en particulier : Il faut se tenir avec respect dans la maison du Seigneur.
Fig. et fam., Par-dessus les maisons, se dit en parlant de Choses exorbitantes, excessives, exagérées. Il fait des demandes, il a des prétentions par-dessus les maisons.
MAISON, pris absolument, est synonyme d'Établissement d'une société laïque (voyez plus bas Maison de commerce) ou ecclésiastique. La congrégation des filles de la Charité a des maisons dans le monde entier.
Maison garnie, Maison où on loue des chambres, des appartements meublés. Tenir maison garnie. Loger en maison garnie. On dit plutôt Maison meublée.
Maison d'éducation, Maison où l'on prend en pension des enfants pour les instruire.
Maison de santé, Maison où l'on prend en pension des malades ou des valétudinaires pour les soigner.
Maison de retraite, Établissement public ou privé, où l'on reçoit les vieillards.
Maison-mère, en langage ecclésiastique, Maison principale où résident les supérieurs d'une congrégation de l'un ou de l'autre sexe.
Maison publique, Maison de prostitution réglementée par l'autorité publique. On dit aussi Maison de tolérance.
Maison d'aliénés, Établissement public ou privé où l'on soigne les aliénés.
Maison de jeu, Maison ouverte au public, où l'on joue à des jeux de hasard.
Maison de commerce, Maison où l'on fait le trafic de marchandises. En ce sens, on dit simplement Maison. Ce commerçant a une maison à Paris et une à Bordeaux. La Maison Richard et Cie. La Maison X n'a pas de succursale.
Maison de détail, de gros, Maison de commerce qui vend les marchandises en détail, en gros.
Maison de commission, Maison d'un négociant qui fait la commission.
Maison commune, Le bâtiment où sont concentrés les services municipaux. On dit plus ordinairement MAIRIE.
Maison d'arrêt, maison de détention, maison de force, maison de correction, Lieux légalement et publiquement désignés pour recevoir ceux qu'on vient d'arrêter, ou ceux qui ont été condamnés à la détention. Voyez aussi CORRECTION, DÉTENTION, FORCE.
Maison centrale, Maison de détention pour les condamnés dont la peine excède un an.
Petites-Maisons, Nom donné, autrefois, à un hôpital de Paris où l'on renfermait des aliénés.
Prov., Il est à mettre aux Petites-Maisons, c'est un échappé des Petites-Maisons, C'est un homme sans raison, qui fait ou qui dit des choses folles.
Petite maison se disait autrefois d'une Maison située dans un quartier peu fréquenté et destiné à des rendez-vous galants.
MAISON désigne aussi, par extension, le Ménage, tout ce qui a rapport aux affaires domestiques. Tenir maison. C'est elle qui tient la maison, qui a soin de la maison. Elle gouverne bien sa maison. L'argent qu'il gagne lui suffit pour faire aller la maison. Sa maison est bien ordonnée. Elle a une maison bien lourde.
Avoir un grand train de maison, Avoir un grand luxe de table, d'ameublement, de domestiques.
Faire les honneurs de sa maison, Bien recevoir ceux qu'on invite.
Faire une bonne maison, Amasser beaucoup de bien, se mettre en état de bien établir sa famille.
MAISON se dit encore de Ceux qui demeurent et vivent ensemble dans une maison, qui y composent une même famille. Il est aimé de toute la maison. Il est l'ami de la maison. Toute la maison s'est réjouie de son arrivée. Il est de la maison. Le maître, la maîtresse, l'enfant, le fils, la fille de la maison. Quitter la maison paternelle.
Maison s'emploie pour désigner les Gens attachés au service d'une maison. Dans chacun de ses déplacements, il emmène avec lui toute sa maison.
Les gens de la maison, Les domestiques attachés au service d'une maison en particulier; et, Les gens de maison, en général, Les personnes dont l'état est de servir comme domestiques.
Faire installer sa maison, Rassembler tout ce qui forme un train de maison, en domestiques, en voitures, meubles, etc.
Fam., Faire maison nette, Renvoyer à la fois tous ses domestiques; et Faire maison neuve, En prendre d'autres.
Maison du roi se disait autrefois des Officiers de la chambre, de la garde-robe, de la bouche, et autres, attachés au service personnel du roi.
Maison militaire du roi, maison du roi, ou simplement La maison, se disait des officiers et des soldats destinés à la garde de la personne du roi. On dit aujourd'hui, dans un sens analogue, La maison militaire du Président de la République.
MAISON signifie, au figuré, Race, famille, en parlant des familles nobles et illustres. Maison ancienne. Grande maison. Maison souveraine. La maison de France. Soutenir l'honneur de sa maison.
La maison royale, Les princes du sang. Un prince, une princesse de la maison royale.
Cette maison est éteinte, finie, Le dernier de la race est mort.
Relever sa maison, Acquérir des biens et des honneurs qui rendent à la famille dont on sort les avantages qu'elle avait perdus.
Un homme, une femme, un enfant, une fille de bonne maison, De noble et ancienne race.
MAISONNÉE
n. f.
Tous les membres d'une famille qui demeurent dans une même maison. Toute la maisonnée était réunie pour célébrer cet anniversaire. Toute la maisonnée est venue dîner chez moi.
MAISONNETTE
n. f.
Maison basse et petite.
MAISTRANCE
n. f.
T. de Marine
. Ensemble des maîtres et des contremaîtres à bord d'un navire ou dans un arsenal. Écoles de maistrance.
MAÎTRE
(féminin : MAÎTRESSE.)n. m.
Celui qui commande, qui domine, soit de droit, soit de fait. Dieu est le maître de l'univers. César se rendit maître de la république. Rome fut la maîtresse du monde. Agir, parler en maître. Chacun est maître, le maître chez soi. Le maître de la maison. La maîtresse du logis. Maîtresse de maison, Celle qui dirige son ménage. Il se dit spécialement d'une Femme du monde qui reçoit des visites ou des invités.
Se rendre maître d'une place, d'un poste, d'une position, S'en emparer par la force, par la conquête. On dit dans un sens analogue : Après une lutte acharnée, l'ennemi resta maître du champ de bataille.
Se rendre maître des esprits, des coeurs, Prendre de l'empire sur les esprits, gagner les coeurs.
Se rendre maître de la conversation, Y jouer le principal rôle, la diriger sur le sujet qu'on préfère.
Se rendre maître du feu, Arrêter les progrès d'un incendie. Être maître du feu, S'être assuré que le feu ne fera plus de progrès.
Être maître de ses passions, Les dompter, les vaincre. Être maître de soi, Se posséder. Au cours de cette séance orageuse, il est resté maître de lui.
Cet écrivain, cet orateur, ce poète est maître de son sujet, est maître de sa matière, Il la possède et il est en état de la bien traiter.
Ce chanteur est maître de sa voix, Il la dirige avec facilité.
Être le maître, être maître de faire quelque chose, Avoir la liberté, le pouvoir de faire quelque chose. Vous êtes maître de choisir. Vous êtes le maître d'y aller ou de n'y pas aller. On dit absolument, Vous êtes bien le maître; et par civilité, Nous irons où il vous plaira, où vous voudrez, vous êtes le maître.
Trouver son maître, Avoir affaire à quelqu'un de plus fort, de plus habile que soi. On dit dans un sens analogue : En art, en littérature, les anciens sont nos maîtres.
Il désigne encore Celui, celle qui a des domestiques. Bon maître. Mauvais maître. Servir son maître. Ce valet de chambre change sans cesse de maître. Cette femme est bonne maîtresse, elle traite bien ses domestiques.
Prov., Tel maître, tel valet, Les valets prennent les habitudes de leurs maîtres.
Fig., Par une façon de parler empruntée de l'Écriture, Nul ne peut servir deux maîtres, On ne peut être l'homme de deux causes qui s'opposent, de deux opinions qui se contredisent.
MAÎTRE signifiait jadis Possesseur, propriétaire. Il n'est plus guère employé qu'à propos d'un chien : Ce chien a perdu son maître. Ce chien a tout de suite reconnu la voix de son maître; et dans les expressions suivantes : Cheval de maître, voiture de maître, par opposition à Cheval de louage, voiture de louage.
Fig., L'oeil du maître, La surveillance, la sollicitude du propriétaire. Il n'y a rien de tel que l'oeil du maître.
Prov., L'argent n'a point de maître, Rien ne fait connaître à qui appartient une pièce de monnaie perdue.
Fam., Il trouvera maître, se dit d'un Bijou, d'un objet perdu et signifie Il y aura quelqu'un qui le réclamera ou qui se l'appropriera.
MAÎTRE signifie en outre Celui qui enseigne quelque art ou quelque science. Maître de danse. Maître d'armes. Il a travaillé à la satisfaction de tous ses maîtres. Le maître avait réuni tous ses anciens élèves. Dans cette acception, il tend de plus en plus à être remplacé par Professeur. On dit Professeur de mathématiques, d'anglais, de violon. Cependant on dit encore Maîtresse de piano.
Maître de conférences, Celui qui, dans une Université, est adjoint au professeur en titre pour diriger les exercices pratiques.
Maître ès arts, Celui qui avait reçu, dans une Université, les degrés qui donnaient pouvoir d'enseigner les humanités et la philosophie.
Maître, maîtresse de pension, Celui, celle qui prend des enfants en pension pour les instruire.
Maître, maîtresse d'école, Celui, celle dont l'école est destinée à donner aux enfants les connaissances les plus élémentaires. On dit aujourd'hui Instituteur, institutrice primaire.
Maître, maîtresse d'étude, Celui, celle qui, dans un collège, surveille les élèves pendant les heures de travail et de récréation. On dit plutôt aujourd'hui Répétiteur, répétitrice.
Fig., Le temps est un grand maître, Le temps résout beaucoup de difficultés.
Jurer sur la parole du maître, Adopter aveuglément et soutenir les opinions d'un homme en qui l'on a une confiance absolue.
Le maître l'a dit, Sentence empruntée des Anciens et qui signifie qu'Un chef d'école a décidé une question et que ses disciples ne se permettent pas d'examiner, de discuter après lui.
MAÎTRE s'est dit aussi de Celui qui, après avoir été apprenti, était reçu avec les formes ordinaires dans quelque corps de métier. Maître cordonnier, tailleur, maçon, charron.
Il se dit encore aujourd'hui des Artisans qui emploient ou dirigent plusieurs ouvriers, qui ont des ateliers, qui font des entreprises, etc. Le devis du maître maçon. Maître imprimeur.
Fig. et fam., Il est passé maître en fourberie, C'est un grand fourbe. Maître chanteur. Voyez CHANTEUR.
Maître clerc, Celui qui dans une étude de notaire ou d'avoué est le premier des clercs. On dit plutôt aujourd'hui Premier clerc.
Maître d'hôtel, Celui des domestiques qui dirige le service de table.
En termes de Marine, Maître d'équipage, ou simplement Maître, Le premier sous-officier de manoeuvre, qui a autorité sur toutes les personnes de l'équipage. On dit aussi, dans des sens analogues, Maître canonnier; maître charpentier; etc.
En termes de Chasse, Maître d'équipage désigne Celui qui dirige une chasse à courre. MAÎTRE se joint quelquefois à des adjectifs ou à des noms désignant des défauts, des vices, pour indiquer que ces défauts, ces vices sont portés à leur plus haut degré. Maître sot. Maître coquin. Maître fripon.
On dit aussi, dans un sens favorable, Un maître homme, une maîtresse femme, Un homme, une femme entendus, habiles, qui savent se faire obéir, se faire servir.
MAÎTRE se dit aussi de Celui qui possède un grand talent, une supériorité reconnue en quelque matière que ce soit. Les maîtres de l'art. Un maître écrivain. Coup de maître. Un travail fait de main de maître.
Il se dit particulièrement, en termes de Beaux-Arts, des Grands peintres, sculpteurs ou musiciens. Les maîtres de l'école française, de l'école vénitienne. Un tableau de maître. Les maîtres italiens, les maîtres flamands. Ce tableau est d'un grand maître.
Les petits maîtres se dit des Maîtres qui se sont spécialisés dans les compositions de genre et de dimensions réduites. e Les petits maîtres du XVIII siècle.
MAÎTRE, en termes de Palais et de Procédure, est aussi un Titre qu'on donne aux avocats, aux avoués, aux notaires, etc. Maître N., n'avez-vous rien de plus à dire pour la défense de l'accusé? Par-devant maître un tel et son confrère, notaires à Paris.
Fam., Maître aliboron. Voyez ALIBORON.
Fig. et fam., Maître Jacques, Homme qui réunit plusieurs emplois dans une maison, par allusion à L'Avare, comédie de Molière. Il est à la lois cuisinier, valet de chambre, cocher; c'est un maître Jacques.
Fam., Petit-maître, Jeune homme qui se fait remarquer par une élégance recherchée dans sa mise et par un ton avantageux avec les femmes. Il fait le petit-maître.
Petite-maîtresse, Femme qui est d'une élégance recherchée dans son ton, dans ses manières, dans sa parure, dans son ameublement. Elle a une coquetterie de petite-maîtresse. Des airs, des manières de petite-maîtresse.
MAÎTRE est aussi le Titre des personnes revêtues de certaines charges. Maître des requêtes. Maître des comptes. Maître des cérémonies.
Maître de chapelle, Celui qui est chargé de diriger le chant dans une église, et plus particulièrement de former les enfants de choeur.
MAÎTRE était encore un Titre qu'on donnait aux chefs des ordres militaires, des ordres de chevalerie. Grand maître de l'ordre de Malte.
Grand maître de l'université, Titre donné, à diverses époques, au chef de l'Université de France.
MAÎTRESSE signifie spécialement Femme ou fille qui vit avec un homme dans un commerce d'amour et de galanterie. C'est sa maîtresse. Il a eu plusieurs maîtresses.
MAÎTRE et MAÎTRESSE se disent aussi adjectivement pour signifier Qui est premier ou principal, en parlant des Choses inanimées qui sont de même nature. Le maître brin d'une plante. La maîtresse poutre. La maîtresse branche. Le maître-autel, L'autel principal dans une église.
MAÎTRISE
n. f.
Qualité de maître. Il se disait autrefois en parlant des Métiers. Il avait obtenu la maîtrise.
Il signifie aussi Acte par lequel on marque la supériorité dans un art ou dans une science. Cet orateur a parlé avec maîtrise. Il se dit figurément de la Domination de soi. Conserver sa maîtrise dans une circonstance troublée ou périlleuse.
MAÎTRISE, ou GRANDE MAÎTRISE, s'est dit de Certaines charges ou dignités. La grande maîtrise de Malte, de Saint-Lazare, de l'ordre Teutonique.
On dit aujourd'hui Maîtrise de conférences, pour désigner les Fonctions de maître de conférences.
MAÎTRISE se dit aussi de l'Emploi de maître de chapelle dans une église cathédrale.
Il se dit aussi de l'Ensemble des enfants de choeur qui chantent sous la direction du maître de chapelle.
MAÎTRISER
v. tr.
Dompter, contenir par la force. Maîtriser un cheval. Il fallut plusieurs personnes pour maîtriser ce malade dans son délire.
Fig., Maîtriser ses passions, ses sentiments, ses nerfs, sa colère, Les dompter, les vaincre, s'en rendre maître. On dit dans le même sens Se maîtriser.
MAJESTÉ
n. f.
Grandeur suprême, caractère auguste qui imprime le respect. La majesté divine. La majesté royale. La majesté des lois. La majesté des autels. La majesté du trône. La majesté de l'empire romain, du peuple romain.
Il se dit, par extension, en parlant des Personnes et des choses qui ont un air de grandeur propre à inspirer de l'admiration, du respect. Elle a un air de majesté. N'admirez-vous pas la majesté de cet édifice?
Il est aussi un Titre particulier qu'on donne aux empereurs, aux rois, aux impératrices, aux reines. On dit, en leur parlant, Votre Majesté, Vos Majestés; et en parlant d'eux, Sa Majesté, Leurs Majestés, Votre Majesté, sire, a ordonné. Par abréviation, on écrit, V. M., VV. MM., S. M., LL. MM.
Sa Majesté Impériale, Qualification donnée aux empereurs.
Sa Majesté Très Chrétienne, Le roi de France. Sa Majesté Catholique, Le roi d'Espagne. Sa Majesté Très Fidèle, Le roi de Portugal. Sa Majesté Britannique, Sa Majesté Suédoise, Sa Majesté Danoise, Le roi ou la reine d'Angleterre, le roi de Suède, le roi de Danemark; on dit aussi Sa Majesté le roi d'Angleterre, Sa Majesté le roi des Belges.
MAJESTUEUSEMENT
adv.
D'une manière majestueuse. Il s'avançait majestueusement.
MAJESTUEUX, EUSE
adj.
Qui a de la majesté. Un air majestueux. Une démarche majestueuse. Par extension, Temple, dôme majestueux. Style majestueux.
MAJEUR, EURE
adj. comparatif
. Qui est plus grand, plus important, plus considérable. La majeure partie. Il a perdu dans cette affaire la majeure partie de sa fortune.
En termes de Théologie, Ordres majeurs, La prêtrise, le diaconat, le sous-diaconat, par opposition aux quatre ordres mineurs. Causes majeures, Grandes affaires de l'Église, concernant la foi, les points douteux et importants de la discipline ou la personne même des évêques. Excommunication majeure, Excommunication qui retranche entièrement de l'Église et de toute communion avec les fidèles, par opposition à Excommunication mineure.
En termes de Musique, Tierce majeure, Tierce composée de deux tons. Ut mi est une tierce majeure. Sixte majeure, Intervalle tel que celui de sol à mi, et Septième majeure, Intervalle tel que celui d'ut à si. On appelle aussi Ton ou mode majeur Celui où la tierce et la sixte au-dessus de la tonique sont majeures. Ton d'ut, mode majeur. On dit dans le même sens Un air en majeur; passer du majeur au mineur, du mineur au majeur, et alors Majeur est pris substantivement.
En termes de jeux de Cartes, Tierce majeure, L'as, le roi et la dame de la même couleur. Quarte majeure ou quatrième majeure, quinte majeure, Les quatre, les cinq cartes de suite, à commencer par l'as.
En termes de Logique, Terme majeur d'un syllogisme, L'attribut de la conclusion, qui a plus d'extension que le sujet. La proposition majeure, et substantivement La majeure, La première des prémisses, formée du terme majeur de la conclusion et du terme moyen. Je vous accorde la majeure et vous nie la mineure.
MAJEUR signifie aussi Qui a atteint l'âge prescrit par les lois, pour user et jouir de ses droits et pour pouvoir contracter valablement. Il ne fallait avoir que vingt ans pour être majeur en Normandie. On n'était majeur dans la coutume de Paris qu'à vingt-cinq ans. Actuellement on est majeur à vingt et un ans.
MAJEUR signifie quelquefois Qui est grand, important, considérable, absolument et sans comparaison. Une affaire majeure. Un intérêt majeur. Cet événement tient à des causes majeures.
Force majeure, Force à laquelle on ne peut résister, événement qu'on ne peut empêcher et dont on n'est pas responsable. C'est un cas de force majeure.
MAJOLIQUE ou MAÏOLIQUE
n. f.
Sorte d'ancienne faïence originaire d'Italie ou d'Espagne. Acheter de la majolique.
MAJOR
n. m.
Officier supérieur ou capitaine, mis à la disposition de tout chef de corps ayant rang d'officier supérieur, pour diriger et surveiller l'administration et la comptabilité de son unité, la constitution et la conservation de ses archives. Le major du régiment. Le major d'un bataillon des chasseurs à pied.
Major général, Officier général qui remplit auprès du commandant en chef des armées de terre les fonctions de chef d'état-major. Major général, en termes de Marine, désigne l'adjoint au préfet maritime qui a spécialement la charge de l'arsenal.
Major de garnison, Officier supérieur mis à la disposition du commandant d'armes d'une garnison importante pour organiser les services communs aux différents corps de la garnison, en surveiller l'exécution et veiller au maintien de la discipline en ville.
Adjudant-major, Capitaine chargé, dans une unité formant corps, de la police et de la discipline du quartier et de la surveillance du service de semaine.
État-major. Voyez ÉTAT-MAJOR.
Par apposition, Médecin-major et, par abréviation, MAJOR, Médecin de l'armée. Aide- major, médecin adjoint au médecin-major. Voyez MÉDECIN.
Infirmière-major, Infirmière qui dirige en chef une ambulance ou un service d'hôpital. Tambour-major, Celui qui commande et dirige les tambours d'un régiment. On dit, dans un sens analogue, Trompette-major.
Sergent-major, Anciennement, le premier des sous-officiers d'une compagnie, après l'adjudant. On dit aujourd'hui Sergent-Chef.
Major de promotion, Le premier d'une promotion.
MAJORAT
n. m.
Immeuble inaliénable attaché à la possession d'un titre de noblesse et qui passe avec ce titre à l'héritier naturel ou adoptif du titulaire. En France il n'est plus permis d'instituer des majorats.
MAJORAT se dit aujourd'hui du Titre d'infirmière- major.
MAJORATION
n. f.
Action de majorer ou Résultat de cette action. Ces marchandises ont subi une majoration, ont été l'objet de plusieurs majorations successives. En mauvaise part, La majoration d'un mémoire d'entrepreneur.
MAJORDOME
n. m.
Chef du service intérieur de la maison d'un souverain. Le majordome du Pape. Le majordome du roi, de la reine d'Angleterre.
MAJORER
v. tr.
Augmenter de prix un produit, une denrée. Vous avez majoré vos prix. Les difficultés économiques résultant de la Grande Guerre ont fait majorer bien des produits. En mauvaise part, Ce commerçant a majoré ses laines d'une façon excessive.
MAJORITAIRE
adj. des deux genres
. Il se dit du Système électoral fondé sur la majorité absolue des voix, sans qu'il soit tenu compte des suffrages exprimés par les minorités, par opposition aux systèmes fondés sur d'autres principes.
MAJORITÉ
n. f.
Pluralité des votants, des suffrages, dans une assemblée délibérante, dans un corps politique. Les questions se décident à la majorité des suffrages.
Majorité absolue, Celle qui se compose de la moitié des voix, plus une; Majorité relative, Celle qui se forme simplement de la supériorité du nombre des voix obtenues par un des concurrents.
MAJORITÉ désigne aussi absolument le Parti qui, dans une assemblée, réunit ordinairement le plus grand nombre de suffrages. Ce député est un membre de la majorité. Il vote toujours avec la majorité.
En termes de Jurisprudence, il se dit de l'État de celui qui est majeur. Il a atteint l'âge de majorité, ou sa majorité. La majorité pour être électeur est fixée en France à 21 ans et pour être éligible à 25 ans.
Il se dit, d'une façon plus générale, de la Pluralité des individus dans un pays, dans un groupement. La majorité des Français professe la religion catholique. Les élèves de cette classe sont en majorité travailleurs.
MAJORITÉ désigne, en termes de Marine, la Résidence de l'état-major dans un port.
MAJUSCULE
adj. des deux genres
. Qui est plus grand, en parlant des Caractères d'écriture et d'imprimerie. Lettre majuscule, par opposition à Lettre minuscule. Lettre majuscule, caractère majuscule, Grande lettre, lettre capitale.
Il est aussi nom féminin. La première lettre d'un nom propre doit toujours être une majuscule.
MAKI
n. m.
Sorte de singe.
MAL-EN-POINT
loc. adv.
En mauvais état de santé, de fortune, dans une situation critique ou périlleuse. La santé de cet homme a été très éprouvée, il est bien mal-en-point.
MAL-ÊTRE
n. m.
État de langueur, indisposition vague et sourde. Avoir, sentir, éprouver du mal-être. Il est vieux.
MAL-JUGÉ
n. m.
T. de Droit
. Jugement défectueux, mais sans prévarication. Il faut prouver le mal-jugé, quand on appelle à une sentence, d'un premier jugement. Le mal-jugé n'est pas un moyen de cassation.
MAL
(Pluriel : MAUX.)n. m.
Ce qui est contraire au bien, ce qui est mauvais, nuisible, désavantageux, préjudiciable, etc. Le mal et le bien. Dieu dispense les biens et les maux. La vie est un enchaînement de biens et de maux. Mal physique. Mal moral. Il a souffert tous les maux du corps et de l'âme. Rendre le bien pour le mal. Faire du mal, souhaiter du mal à quelqu'un. Vouloir du mal. Je ne lui veux ni bien ni mal. Ce petit événement a causé un grand mal. Prévenir, arrêter, faire cesser, réparer le mal. Dieu vous garde, vous préserve du mal. Si vous le fréquentez, mal vous en prendra. De deux maux il faut choisir le moindre. Il a eu plus de peur que de mal. Un mal imaginaire, Un mal qui n'existe que dans l'imagination.
Prov., Mal d'autrui n'est que songe. Voyez AUTRUI.
MAL signifie aussi Ce qui est contraire à la vertu, à la probité, à l'honneur. Il est enclin au mal. Un enfant porté à faire le mal. Il vaut mieux prévenir le mal que d'être réduit à le punir. Faire le bien et le mal sans discernement. Il y a du mal, il n'y a pas de mal, il n'y a pas grand mal à cela. Quel mal y a-t-il à cela? La science du bien et du mal. Avoir le génie du mal.
Mettre une femme à mal, Rendre une femme enceinte par violence ou par séduction.
Penser à mal, Avoir quelque intention maligne ou mauvaise. J'ai dit cela sans penser à mal.
MAL signifie encore Douleur physique, maladie. Vous me faites mal. Avoir mal à la tête, un grand mal de tête, de continuels maux de tête. La tête me fait mal. Mal aux yeux. Mal d'yeux. Mal aux dents. Mal de dents. Avoir mal à l'estomac, mal au ventre, mal à la jambe. Où a-t-il pris ce mal? Mal de Pott. Ce remède guérit bien des maux. Où avez-vous mal? Ce mal m'a pris tout à coup, est venu subitement. Ce mal s'en ira comme il est venu. Quelquefois, le remède est pire que le mal.
Mal d'enfant, Les douleurs d'une femme qui accouche. Être en mal d'enfant.
Mal caduc, haut mal. Voyez CADUC, HAUT.
Mal de mer. Voyez MER.
Mal de coeur. Voyez COEUR.
Mal de montagne. Voyez MONTAGNE.
Mal du pays. Voyez PAYS.
Prov., Aux grands maux les grands remèdes. On le dit au propre et au figuré.
MAL signifie aussi Peine, travail, difficulté. On a trop de mal dans cette maison. Il a bien du mal à gagner sa vie. Il se donne bien du mal pour nourrir sa famille.
Fig., Avoir du mal, bien du mal à faire une chose, La faire avec répugnance, avec chagrin. Il a eu bien du mal à vous quitter.
MAL signifie en outre Dommage, perte. La gelée a tout perdu, il y a encore plus de mal que l'on ne croit. Il n'y a que demi-mal.
MAL signifie, dans plusieurs locutions, Propos désavantageux tenu sur quelqu'un, ou Interprétation défavorable et fausse donnée à quelque chose. Dire du mal de son prochain. Il a dit beaucoup de mal de moi. C'est un homme qui prend tout en mal. Il a tourné en mal les choses obligeantes qu'on lui disait.
MAL s'employait autrefois aussi comme adjectif. La male peste vous étouffe.
Il est employé encore ainsi dans Bon gré mal gré et Bon an, mal an.
MAL
adv.
De mauvaise manière, autrement qu'il ne faut, qu'il ne convient, qu'on ne désirerait. Cette affaire va mal. Il a mal fait ses affaires. Il a mal réussi. Que cette lettre est mal tournée! J'ai mal entendu. Il chante, il écrit, il parle mal. Il tient mal à cheval. Il est mal dans ses affaires. Mal vu, mal pensé, mal dit, mal interprété. Cela est arrivé mal à propos. De mal en pis, D'un état mauvais à un autre plus mauvais.
Prendre mal une chose, S'en offenser. Il a mal pris la réponse qu'on lui a faite.
Se trouver mal, Tomber en faiblesse, en défaillance. Il signifie aussi Éprouver du malaise; comme on dit, dans un sens contraire, Se trouver bien.
Se trouver mal d'une chose, En éprouver du dommage, de l'inconvénient. Il s'est mal trouvé de n'avoir pas suivi votre conseil.
Se mettre mal, S'habiller sans goût.
Se mettre mal avec quelqu'un, Se brouiller avec lui.
Être mal avec quelqu'un, Être brouillé avec lui.
Pas mal se dit familièrement pour marquer l'approbation. Pas mal! pas mal! Continuez!
Il est aussi employé comme adjectif invariable dans les expressions suivantes : Être mal, Être sérieusement malade; Être fort mal, Être en danger de mort. Substantivement, être au plus mal, Être dans un état désespéré.
Dans le langage familier, Être mal, N'être pas mal se dit en parlant du Visage, de la tournure, des manières. Cette jeune fille n'est pas mal. Comme ce jeune homme est mal!
MALACHITE
(CH se prononce K.)n. f.
Pierre opaque, de couleur verte, constituée par un minerai de cuivre, susceptible de recevoir un beau poli et employée pour la fabrication d'objets d'ornement.
MALADE
adj. des deux genres
. Qui éprouve, qui souffre quelque altération dans sa santé. Légèrement, gravement, dangereusement malade. Malade à mourir. Il s'est fait tant de souci qu'il en est malade. Il est malade de la poitrine, de l'estomac. Il est tombé malade. Il est malade au lit. Malade d'esprit. Avoir l'air malade. J'ai un cheval, un chien malade. Mon chien est malade.
Substantivement, Soigner, guérir un malade. Visiter, garder les malades. Il y a beaucoup de malades dans cet hôpital. Ce médecin a beaucoup de malades. Un bon, un mauvais malade. Un malade imaginaire.
Par extension, Ne touchez pas son bras malade. Ces plantes, ces arbres sont malades.
Fig., Depuis les derniers événements, ce pays est bien malade, Cet homme a l'imagination, l'esprit, le coeur malade. Fam., Le temps est bien malade.
Ironiq. et fam., Vous voilà bien malade! Vous vous plaignez injustement, vous n'avez pas sujet de vous plaindre.
MALADIE
n. f.
Altération plus ou moins profonde dans la santé. Maladie légère. Grande, longue maladie. Maladie grave, dangereuse, incurable, mortelle, contagieuse, épidémique, endémique, chronique, aiguë, interne, héréditaire. La maladie du sommeil. La cause, les symptômes, le traitement, la crise, la cure, la guérison d'une maladie. Relever de maladie. Couver une maladie. Il est guéri de sa maladie. Succomber à une maladie. Les maladies des chevaux, des moutons, des oiseaux, etc.
Par extension, Les arbres, les plantes ont leurs maladies. Les maladies de la vigne.
On dit absolument, à propos d'un jeune chien : Il a la maladie.
Fig., Les maladies de l'âme.
Il signifie encore dans le langage familier Affection excessive pour quelque chose. Il a la passion des voyages : c'est sa maladie. Il raffole de tout ce qui est nouveau : c'est chez lui une maladie.
MALADIF, IVE
adj.
Qui est sujet à être malade. Il est très maladif. Il a épousé une femme bien maladive. Un enfant maladif.
Par extension, Un air maladif. Fig., Une curiosité maladive.
MALADRERIE
n. f.
Hôpital anciennement affecté aux personnes malades de la lèpre et qu'on appelle aujourd'hui Léproserie.
MALADRESSE
n. f.
Défaut d'adresse. Cette personne est d'une si grande maladresse qu'elle ne peut toucher à rien sans le briser.
Fig., Il y a bien de la maladresse dans cette apologie. Il a conduit cette affaire avec une extrême maladresse.
MALADROIT, OITE
adj.
Qui manque d'adresse. C'est un ouvrier fort maladroit. Il est maladroit dans tout ce qu'il fait. Avoir la main maladroite. Substantivement, C'est un grand maladroit. Vous êtes une maladroite.
Fig., Il faut être bien maladroit pour avoir échoué dans une entreprise si facile. C'est un homme maladroit en affaires. Cette démarche est très maladroite. Cela n'est pas si maladroit.
MALADROITEMENT
adv.
D'une manière maladroite. Cet homme se conduit bien maladroitement.
MALAISÉ, ÉE
adj.
Qui est difficile. Cela n'est pas si malaisé que vous croyez. Il est aisé de critiquer cet ouvrage, mais malaisé de faire mieux.
Il signifie aussi Qui est incommode, dont on ne peut se servir avec facilité. Cet escalier est malaisé. Un chemin malaisé.
MALAISE
n. m.
Trouble plus ou moins léger de la santé, qui ne peut guère se localiser avec précision. Ressentir du malaise. Avoir un grand malaise. Éprouver un malaise passager.
Il signifie figurément Sorte d'inquiétude ou de gêne résultant de causes obscures. Il y a un malaise général dans le pays. Cette famille vit dans un perpétuel malaise.
MALAISÉMENT
adv.
Difficilement, avec peine. Vous réussirez malaisément à ce que vous entreprenez.
MALANDRE
n. f.
T. de Médecine vétérinaire
. Sorte de crevasse qu'on aperçoit aux plis du jarret d'un cheval et d'où découle une humeur séreuse et fétide.
En termes de Charpenterie, il se dit, par analogie, des Noeuds pourris dans les bois de construction. Cette pièce de bois est pleine de malandres.
MALANDREUX, EUSE
adj.
Qui a des malandres, en parlant des Bois de construction.