Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Formation
n. f.
Action de former ou Résultat de cette action. La formation des métaux dans les entrailles de la terre. La formation de ce terrain paraît due à des éruptions volcaniques. La formation d'un abcès.
Il se dit particulièrement, en termes de Théorie militaire, du Mouvement par lequel une troupe prend une certaine disposition et de l'État où elle se trouve après cette disposition. La formation en colonne. La formation en bataille.
Il se dit, par extension, de Tout groupement militaire. Formations d'arrière. Formations de réserve. Formations sanitaires. La formation d'un régiment, d'une compagnie. Les principes de la formation en bataille. Il se dit aussi du Régiment, de la compagnie ainsi formés.
Il désigne, en termes de Géologie, l'Ensemble des couches ou portions de terrains, de gîtes quelconques de substances minérales qui paraissent dater de la même époque. Les terrains des environs de Paris sont de formation gypseuse. Des couches de même formation. Les formations schisteuses, calcaires.
Il désigne aussi, en termes de Grammaire, la Manière dont un mot se forme d'un autre mot, ou dont un mot passe par ses diverses formes. La formation du pluriel. La formation d'un temps, d'un mode. La formation de mots par dérivation, par composition, etc. Règles de formation.
FORME
n. f.
Figure extérieure d'un corps, configuration d'une chose. La forme d'un homme. La forme d'un animal. La forme d'un oiseau. La forme d'un poisson. L'excellence de la forme humaine. Il est si défiguré qu'il n'a presque pas forme humaine. La forme du visage. La forme de la tête, de la bouche, du nez, de l'oreille. Ils revêtent toutes sortes de formes. Le dieu prit la forme d'un vieillard. Changer de forme. L'ange apparut au jeune Tobie sous la forme d'un voyageur. Une cour de forme carrée. Forme ronde, circulaire, ovale. Cette montagne est en forme de cône, a la forme d'un cône. Tailler quelque chose en forme de croissant. La forme d'un vase, d'un dôme. Cela commence à prendre forme, à prendre une bonne forme, une meilleure forme. Fig., J'y ai vu la misère sous toutes ses formes. C'est toujours le même sentiment sons une forme différente.
Il se dit particulièrement au pluriel des Contours d'un objet. On l'emploie fréquemment en ce sens dans les arts du dessin. Les formes du corps. Cet homme a des formes athlétiques. Cet animal a des formes sveltes, gracieuses. Étudier les belles formes. La beauté, l'élégance des formes. Les formes élancées de l'architecture gothique.
En termes de Philosophie, il signifie Cause idéale qui détermine la matière à être telle ou telle chose. La matière et la forme. La matière est susceptible de toutes sortes de formes, reçoit toutes sortes de formes. Spécialement, chez les Scolastiques, Forme substantielle, Forme inhérente à la substance, forme qui détermine et complète l'être.
En termes de Théologie, La forme d'un sacrement, Les paroles sacramentelles que le prêtre prononce en le conférant, par opposition à La matière du sacrement. Les paroles, Je te baptise, etc., sont la forme du sacrement de baptême, et l'eau en est la matière.
En termes de Grammaire, Formes grammaticales, Celles que revêtent les noms, les adjectifs suivant leur genre et leur nombre et les verbes suivant les modes et les temps.
Il se dit encore, figurément, de la Constitution, du mode particulier de certaines choses. Changer la forme du gouvernement. La forme de l'administration n'était pas la même dans toutes les provinces.
Il désigne en outre la Manière dont une chose est ou peut être faite, présentée, traitée; par opposition à Ce qui constitue essentiellement cette chose, à ce qui en fait le fond. La forme de cette critique est très courtoise. La forme d'un compliment. Donner au récit d'un voyage la forme d'un journal. Préceptes, instructions en forme de dialogue. Il a choisi la forme de l'apologue. Cela pèche par la forme. Le vice de la forme ne détruit pas le mérite du fond. Il a su donner à ce sujet une forme neuve et originale. La forme a rajeuni le fond. On changea la forme de l'acte, mais en conservant le fond.
La forme d'un argument, La manière dont ses parties sont disposées. Mettre un argument en forme. Votre argument n'est pas en forme.
Forme d'un raisonnement, Manière dont les parties doivent être disposées pour obéir aux règles de la Logique. Un raisonnement en forme.
Sous forme de... En manière de... Dire quelque chose sous forme d'avis, sous forme de compliment.
Il signifie aussi Manière ou façon d'être et d'agir, de se conduire, de procéder, etc., conforme à certains usages, à certaines règles établies. Prescrire une forme de conduite. Le mariage a été fait dans les formes. Il n'y manquait aucune forme. Traiter une maladie dans les formes. Formes légales. Formes judiciaires. Forme de justice. Il faut observer les formes. Les formes requises. Se tenir dans les formes. Manquer, pécher dans la forme, par le forme. Défaut de forme. Vice de forme. Sans autres formes de procès. Se dispenser des formes. Se tenir, s'en tenir aux formes. Contrat en bonne forme. Un acte en bonne et due forme. En quelque forme et manière que ce soit. En la forme accoutumée. Un acte délivré en forme exécutoire.
Être en bonne forme, être en forme, Être dans la condition physique la plus favorable à l'effort qu'on doit fournir. Le lutteur est en forme, en bonne forme. Ce cheval est en forme, en pleine forme.
Pour la forme, Afin de se conformer aux usages reçus ou de sauver les apparences. J'irai le voir seulement pour la forme. C'est une chose qu'il faut faire pour la forme. J'ai dit cela pour la forme.
Au pluriel, il se dit quelquefois des Façons de s'exprimer ou d'agir propres à une personne. Il a des formes un peu rudes, mais c'est un excellent homme. Des formes grossières. Des formes polies, honnêtes. On l'emploie même, absolument dans le sens de Façons polies allant jusqu'à l'élégance. C'est un homme qui a des formes, qui manque de formes.
Il se dit, en termes d'Arts, de l'Objet qui sert à donner à certaines choses la forme qu'elles doivent avoir. Mettre un chapeau en forme, sur la forme. Mettre une forme dans un soulier.
Forme brisée, Forme composée de pièces de bois qui peuvent se séparer.
Il se dit également de la Partie d'un chapeau qui est faite sur le modèle de bois, et de la Partie de dessus d'un soulier. La forme de ce chapeau est très basse. La forme de ce soulier est disgracieuse.
En termes d'Imprimerie, il se dit d'un Châssis de fer qui contient des pages de caractères plus ou moins nombreuses, selon le format. Imposer une forme. Serrer les pages d'une forme avec des coins. Serrer une forme. Il faut deux formes pour composer une feuille. On a tiré la première forme. Une forme de quatre pages, de huit pages, etc.
En termes de Papeterie, il se dit d'un Châssis de bois, garni d'un tissu métallique, servant à fabriquer le papier.
En termes de Chasse, il se dit de l'Endroit où l'on reconnaît le gîte d'un lièvre.
En termes de Marine, il se dit d'un Bassin pratiqué dans un port, pour y faire entrer les bâtiments qu'on veut radouber ou réparer. Forme de radoub.
FORMEL, ELLE
adj.
Qui est exprimé avec une clarté et surtout une précision parfaites. Paroles formelles. Termes formels. Le texte formel de la loi. C'est une des clauses formelles du contrat. Par une disposition formelle de la loi. Désaveu formel. Dénégation formelle. Refus formel.
FORMELLEMENT
adv.
D'une manière formelle. La loi le dit formellement, le défend formellement. Il s'y est opposé formellement. Il a nié formellement. Il a déclaré formellement que...
FORMER
v. tr.
Créer en donnant l'être et la forme. Dieu a formé l'univers. Dieu a formé l'homme à son image, il l'a formé du limon de la terre.
Il signifie aussi, en général, Produire, constituer. Former un concert de voix et d'instruments. Les eaux avaient formé un ravin profond. Il s'est formé un gouffre en cet endroit. Les vapeurs qui forment les nuages. Ils formèrent un cercle autour de lui. Des rassemblements se formèrent. Les arbres qui forment une allée. Les lignes qui forment un triangle, un carré. Les mots qui forment une phrase.
Il se dit de la Manière de faire, de composer les mots, ou de les modifier, de les varier. Ce mot a été formé de tel autre par corruption. Former les temps d'un verbe. Le futur des verbes français se forme ordinairement de l'infinitif.
Il signifie aussi Façonner en donnant une certaine forme, une certaine figure. Le potier forme des vases et leur donne telle figure qu'il veut. Former bien ses lettres, ses caractères. Les traits de son visage commencent à se former. Sa taille se forme.
Fig., Former des noeuds, des liens, S'engager dans quelque union.
Il signifie en outre Produire, concevoir dans son esprit. Former un dessein, une résolution. Se former des chimères. Les idées, les images qui se forment dans notre esprit. Se former une idée de quelque chose. Former des voeux, des souhaits, des désirs.
Il signifie également Proposer, exposer ce qu'on a conçu. Former son opposition devant le juge. Former opposition.
Il signifie encore Organiser par une coordination de différents éléments. Former un bataillon, un escadron, un corps d'armée. Une troupe qui se forme en bataille. Former une association, une société, une académie. Former un gouvernement. Former un ministère. Former une ligue. L'assemblée s'est formée en comité secret. Une cabale se forma contre lui. Par extension, Cette jeune fille n'est pas encore formée, Elle n'est pas encore nubile.
Il signifie aussi Instruire, façonner par l'instruction, par l'éducation de manière à faire contracter certaines habitudes. Former le caractère d'un jeune homme. Il mit tous ses soins à le former. Former à la vertu, aux bonnes moeurs. Former un apprenti, des élèves. Il s'est bien formé depuis que je ne l'ai vu. Il se formera avec le temps. On dit de même Former des soldats, des marins, etc.
Il se dit, dans un sens analogue, en parlant du Goût, du style, etc. Le goût se forme par la lecture des bons auteurs. Avoir le goût formé.
FORMICA-LEO
(On prononce Léo.)n. m.
T. de Zoologie
. Voyez FOURMI-LION.
FORMICANT, ANTE
adj.
T. de Médecine
. Qui produit une sensation analogue au picotement des fourmis. Pouls formicant.
FORMICATION
n. f.
T. de Médecine
. Sensation d'engourdissement analogue à celle que produit le picotement des fourmis.
FORMIDABLE
adj. des deux genres
. Qui inspire ou qui est de nature à inspirer une très grande crainte. C'est la chose du monde la plus formidable. Une puissance formidable. Cette armée est formidable. Un coup de tonnerre formidable.
FORMIDABLEMENT
adv.
D'une manière formidable.
FORMIER
n. m.
Celui qui fabrique et vend des formes pour les chaussures.
FORMIQUE
adj. des deux genres
. Qui provient de la fourmi. Acide formique, Acide corrosif sécrété par les fourmis, qu'on obtient aussi par l'action des corps oxygénants sur des matières organiques.
FORMOL
n. m.
Désignation commerciale d'une solution aqueuse concentrée d'aldéhyde formique, employée comme antiseptique et désinfectant. Désinfecté au formol. Le nom officiel du formol dans la nomenclature internationale est Méthanal.
FORMULAIRE
n. m.
Recueil, répertoire de formules, dressé soit par l'autorité publique, soit par un particulier en vue de l'usage pratique. Formulaire des notaires. Formulaire des actes de procédure. Formulaire pharmaceutique, Nomenclature des médicaments simples et recueil des formules concernant les préparations officinales.
Il se dit aussi de Tout ce qui contient quelque formule, quelque formalité à observer, quelque profession de foi. Formulaire de dévotion. Formulaire de foi.
Il s'est dit, particulièrement et absolument, du Bref émané de la cour de Rome au sujet du livre de Jansénius. Signer, refuser le Formulaire.
FORMULE
n. f.
Expression rigoureuse et condensée en termes qui définissent une idée, une doctrine, une croyance, un sophisme, une opération, un ensemble d'opérations. Recueil de formules. La formule d'un mandement. Formule de prières. Formule de foi. Formule cabalistique.
En termes de Jurisprudence, il signifie Modèle qui contient les termes formels et exprès dans lesquels un acte est ou doit être conçu. Formule d'un serment, d'un contrat. Formules légales.
En termes de Mathématiques, il signifie Indication de l'ensemble des opérations à faire sur des quantités données pour calculer une grandeur. La formule du binôme, de la surface d'un cube. Formule d'algèbre ou algébrique, se dit d'un Ensemble de termes algébriques qui compose l'expression la plus générale d'un résultat de calcul. Formule différentielle. Formule intégrale.
Il se dit, en termes de Médecine, des Recettes pharmaceutiques, des ordonnances de médecin, rédigées conformément aux règles et dans un langage spécial. Rédiger une formule. On use dans les formules de certains caractères, de certaines abréviations pour désigner les médicaments, leur dose, leurs poids, etc. Potion, collyre, etc., suivant la formule.
Il se dit, en termes de Chimie, des Abréviations convenues dont on se sert pour indiquer la composition atomique des corps.
Il se dit encore, en termes d'Affaires, de Politique, de Diplomatie, de l'Expression, en termes brefs, d'une solution ou d'un projet de solution tenant compte de tous les intérêts en présence.
Il se dit aussi, dans le langage ordinaire, de Certaines façons de s'exprimer dont on se sert habituellement dans les diverses relations de la vie. Des formules de politesse. Laissons de côté ces vaines formules et parlons clairement. La formule qui termine une lettre.
FORMULER
v. tr.
Mettre en formule. Cette ordonnance a été mal formulée. Formuler un acte, un jugement, etc.
Par extension, il signifie Exprimer avec précision. Formuler des voeux. Formuler des réclamations, des plaintes. Formuler une doctrine.
FORNICATEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui commet le péché de fornication. L'Écriture dit que ni les fornicateurs ni les adultères n'entreront dans le royaume des cieux.
FORNICATION
n. f.
T. d'Écriture
. OEuvre de chair en dehors du mariage. Le péché de fornication.
FORNIQUER
v. intr.
Commettre le péché de fornication.
FORS
prép.
Excepté, hormis. Tout est perdu fors l'honneur. Il est vieux.
FORT, ORTE
adj.
Qui est robuste, vigoureux. Un homme grand et fort. Avoir une forte constitution. C'est un homme fort et qui résiste au travail, à la fatigue. Il n'est pas assez fort pour porter tout cela. Ce cheval est-il assez fort pour ce camion.
Fam., Fort comme un Turc, Extrêmement robuste, vigoureux.
Il signifie aussi Qui est grand et puissant de corps ou épais de forme; qui est de volume, de dimension épaisse. Un homme fort de poitrine. Cette personne est un peu forte. Par extension, Avoir les traits forts.
Il se dit également des Choses et signifie Qui est gros et épais de matière, capable de porter un poids ou de résister à un choc. De fortes murailles. Une forte digue. Cet arbre est déjà fort. Il faut une poutre, une barre de fer plus forte. Une planche qui n'est pas assez forte. Avoir la jambe forte, la main forte, etc.
Il se dit pareillement des Étoffes, des toiles, du cuir, etc. Cette étoffe est forte, elle durera longtemps.
Terre forte, Terre grasse, tenace et difficile à labourer.
Colle forte, Gélatine extraite des matières animales que l'on chauffe pour la rendre liquide.
Il se dit aussi des Villes et des places de guerre et alors il signifie Qui est en état de résister aux attaques de l'ennemi. Ville forte. Place forte.
Il signifie quelquefois Qui est nombreux. Une forte troupe d'ennemis. Un fort parti d'opposition. L'armée ennemie, plus forte de moitié que la nôtre.
Il signifie encore Qui est rude, difficile, pénible. Vous lui donnez là une forte tâche.
Fam., Le plus fort est fait, Le plus difficile, le plus désagréable est fait.
Il se dit figurément de Ce qui est considérable dans son genre et représente une valeur. Une forte dépense. Recevoir un fort salaire, de forts appointements. Une forte somme. Un nombre plus fort qu'un autre. Un fort mangeur. Une forte dose.
Prix fort, Prix marqué sur lequel on peut obtenir certaines réductions.
Une forte lunette, Une lunette qui a une longue portée.
Voix forte, Voix pleine et qui se fait bien entendre.
Au figuré, il signifie particulièrement Qui est impétueux, grand, violent, énergique dans son genre. Forte pluie. Vent fort. Sons forts. Forte gelée. Forte chaleur. Forte douleur. Forte fièvre. Donnez le courant plus fort. Le coup de tonnerre fut si fort que les vitres en tremblèrent. Donner une forte impulsion. Faire une forte résistance. En termes de Métrique et de Musique, La musique se divise en temps faibles et en temps forts. Appuyer sur les temps forts. Par extension, Avoir une forte inclination pour quelque chose. Cela fit une forte impression sur son esprit. Une forte colère. Une forte leçon.
Fam., Cela est plus fort que moi, se dit d'un Désir, d'une répugnance, d'une habitude, d'une impression, etc., qu'on ne peut vaincre, surmonter.
Fam., Cela est fort, un peu fort, voilà qui est fort, se dit d'une Chose qui étonne désagréablement, qui paraît extraordinaire, difficile à croire ou dure et offensante. On dit aussi C'est un peu fort, c'est trop fort, c'est par trop fort.
Il se dit, dans une acception analogue à celle qui précède, de Certaines choses qui font une vive impression sur le goût et sur l'odorat. Liqueurs fortes. Vinaigre fort. Cette eau de Cologne a une odeur très forte. Ce tabac est trop fort pour moi.
Il se dit, particulièrement, de Ce qui est excessivement âpre, désagréable au goût, à l'odorat. Du beurre fort. Avoir l'haleine forte.
Il signifie aussi Qui est chargé, en parlant d'un Liquide, d'une couleur, etc. Vin fort. Bouillon trop fort. Ce thé est bien fort. Ce café est trop fort. Couleur forte. Des teintes plus fortes.
Il signifie en outre Qui est puissant, tant au sens propre qu'au sens figuré. Son parti est le plus fort. Vous aurez affaire à forte partie. Un homme est bien fort quand il a pour lui la conscience. La raison du plus fort.
Main-forte. Voyez MAIN.
Il signifie encore Qui est bien fondé, qui est appuyé sur de bons principes. Cette raison-là est bien plus forte que l'autre. C'est un des plus forts arguments pour prouver l'immortalité de l'âme. Une forte objection.
Par comparaison du plus au moins, À plus forte raison, Avec d'autant plus de raison. Si l'on a des devoirs envers l'humanité, à plus forte raison en a-t-on envers sa patrie.
Il se dit également des Expressions, du style, etc., lorsqu'ils joignent l'énergie à la justesse et qu'ils sont capables de frapper, d'entraîner. Une expression forte. Un style fort et concis. L'épithète est un peu forte.
Il signifie souvent, au figuré, Qui est habile, expérimenté, capable. C'est un homme fort en matière juridique. Cet élève est fort en histoire, en mathématiques, en anglais. Il n'est pas assez fort pour traiter un pareil sujet. Être fort aux échecs. Je ne joue pas contre vous, vous êtes beaucoup plus fort que moi.
C'est une tête forte, une forte tête, C'est un homme de beaucoup de jugement, de beaucoup de capacité. C'est une des plus fortes têtes du conseil, de l'assemblée.
Avoir la tête forte, se dit de Quelqu'un qui porte bien le vin, qui peut en boire beaucoup sans en être incommodé. Il se dit encore d'un Caractère raisonneur, d'un indiscipliné, d'un obstiné. Cet officier avait dans sa compagnie quelques fortes têtes, qu'il a fallu mettre à la raison.
Un esprit fort, se dit d'une Personne qui se pique de ne pas croire les dogmes de la religion; et, en général, de Quiconque veut se mettre au-dessus des opinions et des maximes reçues. C'est un esprit fort. Il fait l'esprit fort. Les prétendus esprits forts.
Fam., Il n'est pas fort, se dit de Quelqu'un qui manque d'intelligence, d'esprit avisé, de malice.
Fam., Il est fort pour parler, pour pérorer, se dit dans un sens péjoratif ou ironique de Celui qui sait beaucoup moins agir que parler.
Il signifie quelquefois, au figuré, Qui est important, considérable. C'est un fort acheteur. Une forte maison.
Il signifie aussi figurément Qui est courageux, magnanime, ferme. C'est un homme qui a l'âme grande et forte. La femme forte de l'Écriture.
Se faire fort, S'engager à quelque chose, se rendre caution, se rendre garant. Dans cette locution, le mot Fort reste invariable. Je me fais fort d'en venir à bout. Il se fait fort de réussir. Elle se fait fort d'obtenir la signature de son mari. Ils se faisaient fort d'une chose qui ne dépendait pas d'eux. On dit dans le même sens Se porter fort pour quelqu'un, Répondre du consentement de quelqu'un.
FORT se construit souvent avec la préposition EN, OU avec la préposition DE, suivie d'un nom qui indique le genre de force, la cause, la qualité, les ressources, etc., qui rendent fort. Être fort des reins. Cette armée est forte en infanterie. Les ennemis sont plus forts en nombre. Une armée forte de cent mille hommes. Être fort en raisons. Ils étaient forts de nos divisions. Être fort de la protection de quelqu'un. Être fort de sa conscience.
Pop., Être fort en gueule, Parler haut, parler fort, avoir le propos rude et prompt.
Il se dit comme nom, surtout dans le style élevé, de Celui qui a la force ou la puissance. Protéger le faible contre le fort.
Les forts de la halle, Les portefaix qui font le service de la halle aux blés de Paris et aussi des halles centrales.
Il désigne encore l'Endroit le plus fort d'un chose. Le fort de la voûte.
Il se dit aussi de l'Endroit le plus épais et le plus touffu d'un bois. S'enfoncer dans le fort du bois.
Il se dit, en termes de Chasse, du Repaire, de la retraite de certains animaux qui se réfugient toujours dans l'endroit le plus épais du bois. Le sanglier est dans son fort. Relancer une bête dans son fort.
Il se dit figurément et familièrement du Genre de mérite ou de savoir, de la qualité qui distingue une personne, qui la place au- dessus des autres. L'histoire est son fort. C'est le prendre par son fort que de le mettre sur la géométrie. On dit dans un sens analogue : Connaître le fort et le faible d'une affaire.
Fam., Le fort portant le faible, Toutes choses étant compensées, ce qui manque d'un côté étant suppléé de l'autre.
Il désigne encore le Temps où une chose est dans son plus haut point, dans son plus haut degré. Dans le fort, au fort de l'hiver, de l'été. Au fort de la tempête. Il est dans le fort de sa maladie. Un homme dans le fort de sa passion. Il s'élança courageusement au fort de la mêlée. Garder son sang-froid au fort du danger. On dit aussi Au plus fort de la mêlée, du danger.
Il se dit en outre d'un Ouvrage de terre ou de maçonnerie ou revêtu de métal, destiné à résister aux attaques de l'ennemi. Bâtir, attaquer, prendre un fort. Il n'y a qu'un fort de terre qui défende l'entrée du pont. Des forts détachés. La défense du fort de Vaux.
Il s'emploie aussi comme adverbe et signifie D'une manière forte et vigoureuse. Frappez fort. Heurtez plus fort. Poussez fort. Il nie fort et ferme.
De plus fort en plus fort, Avec une force croissante. Il crie de plus en plus fort. Frappez de plus fort en plus fort.
Il signifie aussi Beaucoup; et alors, quand on le met devant un adjectif ou devant un adverbe, il marque le superlatif. Il pleut fort. Elle lui plaît fort. Cette entreprise lui tient fort au coeur. J'ai cela fort à coeur. Il en a été fort surpris. Cet ouvrage est fort estimé des savants. Il est fort au-dessus de l'ordinaire. Fort beau. Fort laid. Fort bien. Fort mal.
FORTE-PIANO
n. m.
T. de Musique
. Voyez PIANO.
FORTE
(On prononce Forté.)adv.
T. de Musique
, emprunté de l'italien. Fort. Il se met, dans un morceau de musique, aux endroits où le son doit être renforcé.
FORTEMENT
adv.
Avec force. Il le saisit fortement par le milieu du corps et l'enleva de terre. Attacher fortement une chose à une autre. Cela tient fortement à la muraille. Fig., Il a insisté fortement sur ce point. C'est un ouvrage fortement pensé.
Des contours, des muscles, etc., fortement dessinés, Des muscles, des contours, etc., dont la forme ou la saillie est très prononcée. On dit dans un sens analogue, en parlant du Visage, Des traits marqués fortement.
FORTERESSE
n. f.
Lieu ou Ville fortifiée. Cette forteresse tient tout le pays en respect. Démanteler une forteresse.
FORTIFIANT, ANTE
adj.
Qui fortifie, en parlant de Certains remèdes et de certains aliments. Régime fortifiant. Une nourriture fortifiante. Substantivement, Un fortifiant, des fortifiants. Prendre des fortifiants.
FORTIFICATION
n. f.
T. de Génie militaire
. Action de fortifier une ville, une place, de la munir d'ouvrages de défense. On travaille à la fortification de la place. Projet, plan de fortification de tel point de la frontière. Cours de fortification.
Il se dit par extension de ces Ouvrages de défense. Fortification passagère. Fortification permanente. On a démoli les fortifications de la ville de Paris.
FORTIFIER
v. tr.
Rendre fort, plus fort, robuste, plus robuste. L'exercice fortifie le corps. Cet enfant se fortifie tous les jours. Fig., Fortifier le courage. Fortifier son âme, son coeur. Le temps fortifie l'amitié. Cela fortifiait les soupçons. L'esprit se fortifie par l'étude. Fortifier son autorité, son pouvoir.
Fortifier quelqu'un dans une résolution, L'y faire persister, l'y affermir.
Il signifie particulièrement Munir d'ouvrages de défense. Fortifier une ville, une place, un poste, une position. Fortifier un camp. Ce côté de la place était mal fortifié. Se fortifier dans un poste.
FORTIN
n. m.
T. de Génie militaire
. Petit fort.
FORTIORI (À)
Voyez À FORTIORI.
FORTISSIMO
adv.
T. de Musique
emprunté de l'italien. Très fort. Ce passage doit être exécuté fortissimo.
FORTRAIT, AITE
adj.
T. de Manège
. Qui est malade par suite de fatigue, en parlant d'un Cheval.
FORTRAITURE
n. f.
T. de Manège
. Fatigue excessive d'un Cheval.
FORTUIT, TE
adj.
Qui arrive ou qu'on croit arriver par hasard, d'une manière imprévue. C'est un cas fortuit. Une découverte fortuite. Rencontre fortuite. Événement fortuit.
FORTUITEMENT
adv.
D'une manière fortuite. Je l'ai rencontré fortuitement. Cela est arrivé fortuitement.
FORTUNÉ, ÉE
adj.
Qui est au comble du bonheur. Prince fortuné. Amants fortunés.
Il signifie aussi Qui donne le bonheur, où l'on trouve le bonheur. Union fortunée. Siècle fortuné. Région, terre fortunée.
Il signifie aussi Qui est pourvu de grandes richesses. C'est la famille la plus fortunée du pays.
FORTUNE
n. f.
Hasard, chance. La fortune des armes. J'en courrai la fortune. Je le rencontrai de fortune, Par hasard La mauvaise fortune le poursuit.
Fam., Courir la fortune du pot, S'exposer à faire mauvaise chère, en allant dîner dans une maison où l'on n'est point attendu. À la fortune du pot. Venez dîner à la fortune du pot, En courant la chance d'un bon ou d'un médiocre repas. Inviter à la fortune du pot, Inviter sans cérémonies.
Installation de fortune, Installation improvisée et provisoire. Moyen de fortune, Moyen de parer promptement à des besoins urgents. Gouvernail de fortune. Mâture de fortune. Voile de fortune.
Bonne fortune, Chance heureuse, heureux hasard. C'est une bonne fortune pour moi de vous rencontrer. Il se dit, en termes de Galanterie, des Faveurs d'une femme. Il a eu beaucoup de bonnes fortunes. Un homme à bonnes fortunes. Être en bonne fortune.
Tenter fortune, S'engager dans une entreprise dont le succès dépend en grande partie du hasard, d'événements qu'on ne peut régler ni prévoir.
Chercher fortune, Être ou se mettre en quête des occasions qui peuvent procurer ce que l'on désire, comme le bien-être, les richesses, etc. Il est allé chercher fortune aux Indes.
Fig. et fam., Faire contre mauvaise fortune bon coeur, Ne pas se laisser abattre par les déceptions, par les événements fâcheux.
FORTUNE se dit encore de Tout ce qui arrive ou peut arriver de bien ou de mal à quelqu'un. Nous courons tous deux même fortune. S'attacher à la fortune de quelqu'un, suivre sa fortune. Changement de fortune. Il a éprouvé l'une et l'autre fortune. Je partageai sa bonne et sa mauvaise fortune. Ma mauvaise fortune, ma bonne fortune a voulu que... On le dit également des Choses. Nous ne pouvons prédire quelle sera la fortune de ce livre, de cet ouvrage. La fortune des États, des empires. Cet homme, cette doctrine a eu des fortunes très diverses.
Revers de fortune, Accident, événement fortuit qui change une bonne situation en une mauvaise. Croire qu'on est à l'abri des revers de fortune. On dit aussi Retour de fortune pour désigner un Changement imprévu, qui peut être heureux, une vicissitude bonne ou mauvaise. Il y a d'étranges retours de fortune.
Il signifie souvent, dans une acception générale, Avancement, établissement dans les emplois, dans les honneurs, dans les biens. Parvenir à une haute fortune. Affermir sa fortune. Sa fortune est encore chancelante. Il ne doit sa fortune qu'à son propre mérite. Il a été l'artisan de sa fortune.
Il se dit aussi de la Divinité païenne qui était censée distribuer, à son gré, le bonheur et le malheur. Le temple de la Fortune. La statue de la Fortune. Les Romains adoraient la Fortune, sacrifiaient à la Fortune.
Il s'emploie, par allusion au sens qui précède, dans un grand nombre de phrases figurées. La fortune est aveugle, inconstante, capricieuse, changeante. Les faveurs de la fortune. L'inconstance, le caprice, la bizarrerie, les revers, les rigueurs de la fortune. La fortune distribue inégalement ses faveurs. Il est maltraité de la fortune. Il accuse la fortune de son malheur. La fortune lui sourit. La fortune lui a tourné le dos. La fortune élève les uns, abaisse les autres. S'abandonner à la fortune. La roue de la fortune. Les hommes sont le jouet de la fortune. La fortune a trompé leur espoir.
Les jeux, les coups, les caprices de la fortune, Les grands changements qui arrivent aux hommes ou aux États et qui les élèvent ou les abaissent.
Brusquer la fortune, Tenter de réussir par des moyens prompts et hasardeux. Fig., Attacher un clou à la roue de la fortune, Trouver moyen de fixer la fortune.
Fig., Adorer, encenser la fortune, etc., S'attacher à ceux qui sont en faveur, en crédit.
Les biens de la fortune, Les dignités, les honneurs, les richesses.
Soldat de fortune se dit d'un Homme de guerre qui, par sa valeur, s'est élevé des derniers rangs aux plus hauts grades. On dit dans le même sens Officier de fortune.
Fam. et fig., Chacun est artisan de sa fortune, Chacun est responsable de son sort bon ou mauvais.
Il se dit encore simplement pour Biens, richesses, ressources pécuniaires. Faire sa fortune. Faire fortune. C'est un homme sans fortune. Il rassembla les débris de sa fortune. Bien gérer, mal gérer sa fortune. Perdre, dissiper sa fortune. Il fait un bon usage de sa fortune. Mettre sa fortune à couvert. Acquérir de la fortune. Laisser de la fortune à ses enfants. N'avoir point de fortune. C'est là toute ma fortune. Il ne connaît pas le chiffre de sa fortune. Faire une fortune rapide. Fortune solide, bien établie. Fortune mobilière, immobilière. Sa fortune est en terres, est en valeurs. Épouser une jeune fille sans fortune.
Dans ce sens très courant, l'expression Revers de fortune, déjà mentionnée ci-dessus, désigne des Dommages d'ordre financier, des pertes d'argent. Il a eu, il a éprouvé de grands revers de fortune.
Faire fortune se dit aussi des Choses et signifie Obtenir du succès, être accueilli, goûté. Cette doctrine a fait fortune dans le monde, a fait fortune.
FORUM
(UM se prononce OME.)n. m.
T. d'Antiquité romaine
. Place où le peuple s'assemblait, à Rome, pour les affaires publiques, ou Place où se tenait quelque marché. Le plus ancien forum, ou Forum proprement dit, était situé entre le Capitole et le mont Palatin. Le forum de Nerva. Le forum de Trajan.
Figurément et en style oratoire, il désigne le Lieu où se discutent les affaires publiques. L'éloquence du forum. Les luttes du forum.
FORURE
n. f.
T. de Serrurerie
. Trou fait avec un foret. La forure de cette clef est ronde, est en trèfle, en étoile, etc.
FOSSE
n. f.
Cavité dans le sol, le plus souvent artificielle. Tomber dans une fosse. Daniel fut jeté dans la fosse aux lions. Creuser, faire une fosse. Fosse à fumier. Fosse à chaux.
Fosse d'aisances, Excavation voûtée, destinée à recevoir les matières qui proviennent de cabinets d'aisances. Fosse inodore. Fosse étanche.
Il signifie particulièrement Endroit que l'on creuse en terre pour y mettre un ou plusieurs corps morts. Creuser une fosse dans un cimetière. Prier sur la fosse de quelqu'un. Jeter de l'eau bénite sur sa fosse. Fosse commune, Fosse où sont déposés ensemble les cercueils des pauvres.
Fig., Être sur le bord de sa fosse, avoir un pied dans la fosse, Être fort vieux ou extrêmement malade, n'avoir que peu de temps à vivre. Creuser sa fosse. Voyez CREUSER.
Basse-fosse, Cachot très profond dans une prison. Jeter un prisonnier dans une basse- fosse.
Cul de basse-fosse, Cachot souterrain, creusé dans la basse-fosse même. On le mit dans un cul de basse-fosse.
En termes d'Anatomie, il se dit de Certaines cavités, plus ou moins profondes, que présentent divers organes, et dont l'entrée est toujours plus évasée que le fond. Fosses nasales. Fosse coronale ou frontale. Fosse iliaque. Fosse lacrymale. Fosse temporale.
FOSSÉ
n. m.
Fosse creusée en long pour clore, pour enfermer quelque espace de terre, ou pour faire écouler les eaux, ou anciennement pour la défense d'une place. Entourer un pré de fossés. Relever les fossés d'une pièce de terre. C'est un pays tout coupé de fossés. Fossé plein d'eau. Fossé sec. Sauter un fossé à pieds joints. Franchir un fossé. Les fossés d'une ville, d'une place de guerre. Combler un fossé.
Prov. et fam., Ce qui tombe dans le fossé est pour le soldat, Ce qu'on laisse tomber est pour celui qui le ramasse.
Fig. et fam., Sauter le fossé, Prendre un parti hasardeux après avoir longtemps balancé.
Prov. et fam., Au bout du fossé la culbute. Voyez CULBUTE.
FOSSÉ signifie figurément Séparation. Le fossé s'est élargi entre ces deux partis.
FOSSETTE
n. f.
Petit creux que les enfants font en terre pour jouer à qui y fera tenir le plus de noix, de noisettes, de billes, de petites pièces de monnaie, etc., en les y jetant d'une certaine distance. Jouer à la fossette.
Il se dit aussi du Petit creux que certaines personnes ont au bout du menton, ou qui se forme au milieu des joues quand elles rient.
FOSSILE
adj. des deux genres
. T. d'Histoire naturelle
. Qui se tire de la terre. Sel, charbon fossile.
Il signifie particulièrement Qui est resté enfoui dans les couches sédimentaires du globe terrestre et qu'on retrouve généralement pétrifié. Animal fossile. Homme fossile. Ivoire fossile. Coquillage fossile. Plante fossile. Bois fossile.
Il s'emploie aussi comme nom masculin dans les deux acceptions. L'étude des fossiles. Il y a des fossiles dont on ne retrouve point les analogues parmi les espèces vivantes.
Il s'emploie ironiquement pour désigner Quelqu'un de très arriéré.
FOSSOYEUR
n. m.
Celui qui creuse les fosses pour enterrer les morts. FOU (ou FOL devant un nom au singulier FOU (ou FOL devant un nom au singulier commençant par une voyelle ou par une h aspirée), FOLLE.adj.
Qui est atteint d'aliénation mentale. Devenir fou.
Prov. et par exagération, C'est à devenir fou. Il a failli me faire devenir fou, Il m'a fait perdre patience par les choses qu'il a dites, qu'il a faites mal à propos. On le dit même, figurément et familièrement, Cet homme-là me rendra fou avec ses perpétuelles réclamations.
Il est fou, il faut qu'il soit fou, se dit de Celui qui fait ou qui dit des extravagances, qui commet toutes sortes de maladresses. Décidément cette femme-là est folle. Êtes-vous fou, dites- moi, de me faire une pareille demande? Il a été assez fou pour répandre ce bruit.
Fam. et par exagération, Être fou à lier, Être extrêmement déraisonnable.
Fig., Être fou d'une personne, d'une chose, L'aimer extrêmement ou avoir pour elle un attachement excessif. Un mari qui est fou de sa femme. Une mère qui est folle de ses enfants.
Chien fou, Chien sans cesse en mouvement et dont le poil est tout défrisé. On dit figurément Être fait comme un chien fou, Être bizarrement accoutré, mal ajusté.
Il se dit également de Tout ce qui est contraire à la raison, à la prudence, à la modération. Fol amour. Fol espoir. Fol entêtement. Folle entreprise. Action folle et extravagante. De folles dépenses.
Il se dit, par analogie, d'un Mécanisme dérangé. L'aiguille de la boussole devient folle. Balance folle. Roue folle.
Il se prend encore pour Excessif, prodigieux. Il y avait à ce bal un monde fou. Cette pièce a eu un succès fou. Il a dépensé un argent fou dans cette maison. Il en demandait un prix fou.
Fou rire, Rire dont on n'est pas le maître. Le fou rire m'a pris en le voyant, en l'écoutant.
Fam., Avoir un mal de tête fou, Avoir un très grand mal de tête.
En termes de Procédure, Folle enchère. Voyez ENCHÈRE.
Folle avoine. Voyez AVOINE.
Folle farine, La plus subtile fleur de la farine.
Il se dit quelquefois pour Extrêmement gai, badin, enjoué. Que vous êtes fou! C'est une tête folle. Il est fou comme un jeune chien, comme un braque.
Gaieté folle, Gaieté extrême et à laquelle on se laisse aller sans retenue.
Il s'emploie aussi comme nom et signifie Celui qui est atteint d'aliénation mentale. Maison de fous. C'est un fou. C'est une folle. Un fou furieux. Chaque fou a sa marotte. C'est un fou à lier.
Prov., Tête de fou ne blanchit jamais. Voyez BLANCHIR.
Il signifie également, par exagération, Celui qui fait, qui dit des extravagances, ou qui est crédule, imprudent, ou qui a une gaieté folle, turbulente. Courir comme un fou. Rire comme un fou. Ils sont là un tas de fous qui raisonnent à perte de vue. Plus on est de fous, plus on rit.
Il désigne aussi un Bouffon; et on ne le dit guère alors que des Bouffons à gages, tels qu'en avaient autrefois les princes et quelques grands seigneurs. Les fous de cour.
En termes de Jeu d'échecs, il se dit, par allusion aux anciens fous de cour, d'une Certaine pièce dont la marche est toujours par une ligne transversale, en coupant l'angle des carrés. Le fou du roi. Le fou de la reine.
FOUACE
n. f.
Sorte de pain fait de fleur de farine en forme de galette et ordinairement cuit sous la cendre.
FOUAILLE
n. f.
T. de Chasse
. Part que l'on fait aux chiens après la chasse du sanglier. C'est ce qu'on appelle Curée, à la chasse du cerf.
FOUAILLER
v. tr.
Frapper de coups de fouet répétés. Ce cocher ne fait que fouailler ses chevaux. Fig., Fouailler les vices et les travers du temps.
FOUARRE
n. m.
Vieux mot qui signifiait Paille. La rue du Fouarre.
FOUCADE
n. f.
Mouvement brusque d'impatience ou de caprice. Il s'est emporté, c'était une foucade. Travailler par foucade. Il est familier.
FOUDRE
n. f.
Fluide électrique qui, en s'échappant des nuages formés par la condensation de la vapeur d'eau, produit une vive lumière et une violente détonation. La foudre sillonne les nues, brille dans les airs. Un coup de foudre. Être atteint, frappé de la foudre, touché de la foudre. L'éclat de la foudre. La foudre est tombée. Les paratonnerres préservent les édifices de la foudre.
On le craint, il est craint comme la foudre, se dit surtout ironiquement d'un Homme qui est fort redouté.
Par exagération, Comme la foudre, avec la rapidité de la foudre, Avec une grande rapidité, avec une extrême impétuosité. Aussi prompt, aussi rapide, plus prompt, plus rapide que la foudre.
Fig., Coup de foudre. Voyez COUP.
Fig., Les foudres de l'excommunication, L'excommunication. On dit de même : Les foudres de l'Église. Les foudres du Vatican.
Les foudres de l'éloquence, Les raisonnements, les arguments victorieux par lesquels un orateur confond ses adversaires. On dit de même ironiquement Lancer ses foudres contre quelqu'un. Affronter les foudres de la colère de quelqu'un.
FOUDRE est du genre masculin dans les expressions figurées : Un foudre de guerre, Général qui a remporté des victoires éclatantes et rapides. Un foudre d'éloquence, Orateur qui frappe ses auditeurs par l'éclat de son éloquence. Il s'emploie surtout ironiquement.
Il est aussi nom masculin quand il désigne la Représentation de la foudre que les artistes donnent ordinairement pour attribut à Jupiter, et que les héraldistes emploient fréquemment. Un foudre ailé, une aigle tenant un foudre dans ses serres.
FOUDRE
n. m.
Grande tonne, récipient d'une très vaste capacité, qui a la contenance de plusieurs barriques de vin ou de quelque autre liquide. Un foudre de vin.
FOUDROIEMENT
n. m.
Action de foudroyer.
FOUDROYANT, ANTE
adj.
Qui lance la foudre, dans le langage poétique. Jupiter foudroyant. Bras foudroyant.
Il s'emploie surtout figurément et signifie Qui se produit avec la rapidité et l'imprévu de la foudre. Attaque foudroyante. Rapidité foudroyante.
Apoplexie foudroyante, Violente attaque d'apoplexie qui cause promptement la mort.
Il se dit aussi de Ce qui interdit, de ce qui confond, ou de ce qui est destiné à interdire, à confondre. Nouvelle foudroyante. Réponse foudroyante. Il lança sur moi des regards foudroyants.
FOUDROYER
(Il se conjugue comme BROYER)v. tr.
Frapper de la foudre. Jupiter foudroya les Titans.
Par analogie, il signifie Détruire à l'aide de canons, de bombes, etc. Foudroyer une ville. Le feu de la place foudroyait les assiégeants.
Il se dit encore figurément, pour Terrasser, interdire, confondre. Foudroyer la rébellion. Foudroyer l'hérésie. Cet orateur a foudroyé ses adversaires. Cet argument le foudroya. Foudroyer les erreurs, les vices, etc., Les combattre avec véhémence, les stigmatiser avec éloquence. Il vieillit dans cette acception.
FOUET
n. m.
Cordelette de chanvre ou de cuir, qui est attachée à une baguette, à un bâton, et dont on se sert pour conduire et pour châtier les chevaux et autres animaux. Le fouet d'un cocher, d'un charretier. Allonger un coup de fouet. Donner du fouet.
Il se dit aussi d'une Espèce de petite corde fort menue et fort serrée, dont les cochers et les charretiers coupent un morceau qu'on appelle Mèche pour le mettre au bout de leur fouet.
Il se dit également d'une Lanière de cuir ou de peau d'anguille qui est attachée au bout d'un petit bâton et qui sert aux enfants pour faire tourner un sabot.
Fig. et fam., Faire claquer son fouet. Voyez CLAQUER.
Fig. et fam., Coup de fouet. Voyez COUP.
Fig., en termes d'Artillerie, Coup de canon tiré de plein fouet, Horizontalement, de but en blanc.
En termes d'Histoire naturelle, Le fouet de l'aile, Le bout de l'aile d'un oiseau.
Il désignait autrefois des Coups de verges, de lanières ou de cordes à noeuds destinés à châtier quelque criminel. Être condamné au fouet. Avoir le fouet par les carrefours. On dit encore Donner le fouet à un enfant. Mériter le fouet. Avoir le fouet. Craindre, mériter le fouet.
FOUETTEMENT
n. m.
Action de fouetter. Le fouettement de la pluie contre les vitres.
FOUETTER
v. tr.
Frapper à l'aide d'un fouet. Fouetter un cheval.
Fam., Et puis fouette cocher, se dit, en plaisantant, pour exprimer que l'on part en voiture avec une certaine rapidité. Nous montâmes en voiture, et puis fouette cocher. Il signifie aussi, figurément, Se lancer dans une affaire avec précipitation. J'engagerai la lutte, et puis fouette cocher.
Il signifie aussi Frapper à coups de verge ou à l'aide d'une lanière. Fouetter un enfant. Fouetter un chien. On fouettait autrefois les criminels.
Fig., Donner des verges pour se faire fouetter. Voyez VERGE.
Prov., Il n'y a pas là de quoi fouetter un chat. Voyez CHAT.
Prov. et fig., Il a bien d'autres chiens à fouetter, Il a bien d'autres affaires en tête.
Par analogie, Fouetter de la crème, fouetter des oeufs, etc., Battre de la crème, battre des oeufs, etc., pour les faire mousser.
Crème fouettée. Voyez CRÈME.
Fig., Fouetter le sang, Causer une excitation que l'on juge salutaire et vivifiante. Faites une bonne promenade, cela vous fouettera le sang. Il est trop apathique, il faut lui fouetter le sang de temps à autre.
En termes de Marine, on dit que Les voiles fouettent les mâts lorsque le vent n'est pas assez fort pour enfler les voiles et que, par l'effet du tangage et du roulis, elles frappent avec violence contre les mâts.
Il se dit, figurément et intransitivement, de la Pluie, de la grêle, etc., quand elles frappent violemment contre quelque chose. La pluie, la grêle fouette contre les vitres. La neige fouette. On l'emploie dans un sens analogue en parlant du Vent. Le vent nous fouettait au visage. Transitivement, La pluie nous fouettait le visage.
Le participe passé signifie adjectivement Qui est marqué de petites raies comme de coups de fouet. On le dit surtout des Fleurs et des fruits. Des fleurs jaunes fouettées de rouge.
FOUETTEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui fouette.
FOUGASSE
n. f.
T. de Guerre
. Espèce de petite mine ou de fourneau de mine. Faire une fougasse. La fougasse joua et fit sauter les soldats.
FOUGER
v. intr.
T. de Chasse
. Déterrer des plantes à coups de boutoir, en parlant du Sanglier.
FOUGÈRE
n. m.
T. de Botanique
. Plante de l'ordre des Cryptogames, de la famille des Filicinées, dont les feuilles sont grandes et extrêmement découpées et qui croît ordinairement dans les terrains sablonneux. Danser sur la fougère. Se coucher sur la fougère. Fougère arborescente. Fougère mâle.
Au pluriel, il se dit de la Famille de plantes cryptogames dont la fougère est le genre principal. La fructification des fougères.
FOUGUE
n. f.
Ardeur naturelle, d'une grande impétuosité. La fougue de la jeunesse. La fougue des passions. Rien ne saurait maîtriser, dompter la fougue de son caractère. Il est plein de fougue. Un cheval qui a trop de fougue.
Il se dit particulièrement d'un Poète, d'un orateur ou d'un artiste qui a de la hardiesse et du mouvement. S'abandonner à sa fougue, à la fougue de son imagination. On ne peut s'empêcher d'admirer la fougue de cet artiste.
FOUGUE
n. f.
T. de Marine
usité dans les expressions Mât de perroquet de fougue, Celui qui prolonge le bas-mât d'artimon. Vergue de perroquet de fougue, Celle qui se hisse le long du mât de perroquet de fougue. Perroquet de fougue, Voile enverguée sur la vergue de perroquet de fougue.
FOUGUEUSEMENT
adv.
Avec fougue.
FOUGUEUX, EUSE
adj.
Qui a de la fougue. Cheval fougueux. Par extension, Caractère fougueux. Jeunesse fougueuse. Imagination fougueuse. Passions fougueuses. Désirs fougueux.