Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Cauchemar
n. m.
Oppression ou étouffement qui survient quelquefois durant le sommeil, en sorte qu'on croit avoir un poids énorme sur l'estomac, mais qui cesse dès qu'on vient à se réveiller. Être sujet au cauchemar. Avoir le cauchemar.
Il se dit, par extension, des Rêves pénibles ou effrayants qui sont la suite de cet état ou de diverses autres causes. Il eut des cauchemars toute la nuit.
Fig. et fam., C'est mon cauchemar, se dit d'une Personne ou d'une chose très ennuyeuse, très importune.
CAUDAL, ALE
adj.
Qui a rapport à la queue. Nageoires caudales. Appendice caudal.
CAUDATAIRE
n. m.
Officier ou serviteur qui porte la queue du manteau du Pape, d'un cardinal ou d'un prélat.
Il se prend aussi adjectivement. Gentilhomme caudataire.
Il se dit figurément d'un Homme obséquieux, qui flatte et sert quelquefois bassement ceux dont il peut espérer quelque faveur. Cet homme est le caudataire, se fait le caudataire de tous les gens en place.
CAUSAL, ALE
adj.
T. didactique
. Qui se rapporte à une cause ou qui désigne une cause. Lien causal.
En termes de Grammaire, il se dit des Conjonctions ou locutions qui énoncent la raison de ce qui a été dit. Car, Parce que sont des expressions causales.
CAUSALITÉ
n. f.
T. didactique
. Rapport de cause à effet. Il y a entre ces deux choses un rapport de causalité. Principe de causalité, Principe en vertu duquel on rattache un effet à une cause.
CAUSATIF, IVE
adj.
T. de Grammaire
. Qui indique la cause. On dit plutôt CAUSAL.
CAUSE
n. f.
Ce qui fait qu'une chose est, agit, a lieu. Dieu est la cause des causes, la souveraine cause, la cause universelle, la cause première. Il y a différents genres de causes. Cause principale. Cause matérielle. Cause formelle. Cause efficiente. Cause physique. Cause morale. Cause occasionnelle. Cause occulte, etc. Enchaînement de causes et d'effets. Il n'y a pas d'effet sans cause. Il y a des effets dont les causes nous sont inconnues. Remonter à la cause. Rechercher, découvrir, reconnaître, indiquer une cause, des causes. À quelle cause attribue- t-on sa maladie?
Cause première, Celle au-delà de laquelle on n'en conçoit pas d'autre. Cause seconde, Qui tient d'une autre la faculté de produire certains effets. Dieu laisse agir les causes secondes.
Cause finale, Ce qu'on se propose pour but. La gloire de Dieu doit être la cause finale de toutes nos actions. Il se dit plus particulièrement de la Fin, du but pour lequel on suppose que chaque chose a été faite, créée. La doctrine des causes finales.
Être cause de, être cause que, Causer, occasionner. Vous êtes cause de mon bonheur. Il fut cause de la perte de tous les siens. Si je n'ai pas fait tout ce que je devais, c'est vous qui en êtes cause. Il est cause que je vous ai parlé. Cet événement est cause de tous les désordres qui sont arrivés. Les affaires qui me sont survenues sont cause que je n'ai pu aller vous voir. On dit aussi, dans le même sens, avec l'article, Être la cause. Elle peut mourir de douleur, et vous en serez la cause. Son humilité fut la cause de sa gloire.
Il signifie aussi Motif, sujet, raison. Cause légitime. Juste cause. Il n'a point fait cela sans cause. Il se formalise sans cause. Ce n'est pas sans cause qu'il agit de la sorte. Pour quelle cause les a-t-on arrêtés?
Il se dit particulièrement, en termes de Jurisprudence, du Motif pour lequel une personne se détermine à contracter. Il n'y a pas d'obligation valable sans cause. La cause n'a pas besoin d'être exprimée. Cause fausse.
Parler avec connaissance de cause, agir en connaissance de cause, Parler, agir avec pleine connaissance de ce qu'on dit, de ce qu'on fait.
Fam., Et pour cause, se dit quand les motifs sont évidents ou que l'on veut les taire. Je veux faire cela, je ne veux pas faire cela, et pour cause. Il ne partira pas, et pour cause.
En termes de Chancellerie, À ces causes, En considération de ce qui vient d'être exposé.
Il se dit encore d'un Procès qui se plaide et qui se juge à l'audience. Mettre une cause au rôle. Faire appeler une cause. Plaider une cause. Personne ne peut être juge dans sa propre cause. Obtenir gain de cause. Gagner sa cause. Perdre sa cause. Prendre le fait et cause. Prendre fait et cause. Cause appelée. Cause remise. Bonne, mauvaise cause. Cause douteuse. Cause embrouillée. Causes célèbres. En cause d'appel. La cause est en état, Elle est prête à être plaidée. La cause est entendue, Elle est prête à être jugée.
Être en cause, Être partie au procès. Mettre, appeler en cause, Rendre quelqu'un partie au procès. Mettre hors de cause, Déclarer qu'une personne ne doit point être partie au procès. Ces expressions s'emploient dans un sens analogue en langage ordinaire.
En tout état de cause, Quel que soit l'état du procès. La prescription peut être opposée en tout état de cause. Cette phrase s'emploie aussi dans le langage courant.
Fig., Avoir gain de cause, Obtenir l'avantage dans une discussion; et, dans le sens opposé, Donner gain de cause. Je mis fin à ce débat en donnant gain de cause à mon adversaire. On dit aussi Avoir, donner cause gagnée.
Ayant cause. Voyez AYANT.
CAUSE signifie, par extension, Intérêt, parti. La cause de Dieu. La cause du prochain. La cause des rois. La cause publique. La cause des pauvres. La cause de l'Église. La cause de l'État. La cause de l'humanité, de la religion, de la vertu, etc. Défendre, soutenir, favoriser la bonne cause. Abandonner une mauvaise cause. Embrasser une cause. Épouser la cause de quelqu'un. Cause désespérée.
Prendre fait et cause pour quelqu'un, Se déclarer pour quelqu'un, prendre son parti, le défendre.
Faire cause commune avec quelqu'un, Unir ses intérêts à ceux de cette personne, se liguer avec elle. Je ferai cause commune avec vous. Faisons cause commune.
À CAUSE DE,loc. prép.
En conséquence de, en considération de, pour l'amour de. À cause de lui. À cause de cela.
À CAUSE QUE,loc. conj.
Parce que. Il fut mis en jugement à cause qu'il conspirait contre l'État. Je vous cède le pas à cause que vous êtes mon aîné. Il a vieilli.
CAUSER
v. tr.
Être cause de, occasionner. Il a pensé causer un grand malheur. Causer du dommage. Causer la guerre. Causer de la joie. Causer de la douleur, du chagrin. Causer du scandale.
CAUSER
v. intr.
S'entretenir familièrement avec quelqu'un. Ils ont été une heure à causer ensemble. Je cause volontiers avec lui. Nous causâmes longtemps de cette affaire. Causer de littérature, de voyages, et elliptiquement Causer littérature, ouvrages. C'est assez causé. Assez causé.
Fam., Causer de choses et d'autres, S'entretenir familièrement de diverses choses au gré de la conversation. Causer de la pluie et du beau temps, Causer de choses peu importantes.
Il signifie aussi, familièrement, Parler trop, parler inconsidérément. Ne lui dites que ce que vous voudrez que tout le monde sache, car il aime à causer.
Il signifie également Parler avec malignité. N'allez pas si souvent dans cette maison, on en cause.
CAUSERIE
n. f.
Entretien familier. C'est une causerie perpétuelle. De longues causeries.
CAUSETTE
n. f.
Petite causerie. Faire la causette. Il est familier.
CAUSEUR, EUSE
adj.
Qui aime à causer. Il est d'humeur causeuse. Il n'est guère causeur.
Il est aussi nom. Faites taire ces causeurs. Insupportable causeur. Ce vieillard est un aimable causeur.
CAUSEUSE
n. f.
Petit canapé d'une forme favorable à la causerie, où peuvent s'asseoir deux personnes.
CAUSSE
n. f.
T. de Géographie
. Nom donné dans le centre et le midi de la France à de hauts plateaux calcaires nus et arides.
CAUSTICITÉ
n. f.
Inclination à dire ou à écrire des choses mordantes, satiriques. Sa causticité lui a fait bien des ennemis.
Il se dit aussi des Traits mordants, des propos satiriques. Il y a dans cette épigramme plus de causticité que de finesse.
En termes de Médecine, il désigne la Qualité, la propriété des substances caustiques. La causticité des acides.
CAUSTIQUE
adj. des deux genres
. Qui est mordant dans la moquerie, dans la satire. Homme caustique. Humeur caustique. Propos caustique.
En termes de Médecine, il signifie Qui est brûlant, corrosif en parlant des substances qui ont la propriété de brûler ou de désorganiser, par leur action chimique, les matières animales. Remède caustique. De la potasse caustique.
Il est aussi nom masculin. La pierre infernale est un caustique. Employer les caustiques.
CAUSTIQUE,nom féminin
, désigne, en termes de Physique, la Courbe sur laquelle concourent les rayons successivement réfléchis ou rompus par une surface. Caustique par réflexion. Caustique par réfraction.
CAUTÈLE
n. f.
Précaution où il entre de la défiance et de la ruse. Il est vieux.
CAUTELEUSEMENT
adv.
D'une manière cauteleuse.
CAUTELEUX, EUSE
adj.
Qui agit d'une façon détournée et sournoise. Sa franchise contraste avec la manière cauteleuse de son adversaire.
CAUTÈRE
n. m.
T. de Médecine
. Instrument qui sert à brûler les tissus.
Il se dit aussi de l'Ulcération artificielle que l'on provoque à l'aide d'un caustique pour entretenir la suppuration. Panser un cautère. Laisser fermer un cautère.
Prov. et fam., C'est un cautère sur une jambe de bois, C'est un remède qui ne peut servir à rien.
CAUTÉRISATION
n. f.
T. de Médecine
. Action de cautériser ou Résultat de cette action.
CAUTÉRISER
v. tr.
T. de Médecine
. Brûler avec un caustique. Cautériser une plaie.
CAUTION
n. f.
Ce qu'on donne ou dépose en garantie d'un engagement pris par soi- même ou par un autre. Donner, fournir caution. Admettre, recevoir une caution. Il a été mis en liberté provisoire sous caution, avec caution, moyennant caution.
Caution bourgeoise se disait autrefois d'une Caution solvable et facile à discuter. La caution n'est pas bourgeoise, La garantie est insuffisante.
Caution judicatum solvi, La caution qu'on peut obliger un étranger à fournir, lorsqu'il veut intenter une action devant les tribunaux de France contre un Français. La caution judicatum solvi est exigée pour assurer le paiement des frais et dommages-intérêts auxquels le procès pourrait donner lieu.
Prov. et fig., Il est sujet à caution, se dit de Quelqu'un à qui il ne faut pas trop se fier. On dit de même, Cette histoire, cette nouvelle est sujette à caution, Elle est douteuse.
Caution juratoire. Voyez JURATOIRE.
Il désigne aussi Celui qui donne ou dépose en garantie. Servir de caution. Se porter caution.
Fig., Être caution, Se rendre caution d'une chose, Assurer, garantir que telle nouvelle est vraie, que telle chose est arrivée ou arrivera.
CAUTIONNEMENT
n. m.
Contrat par lequel la caution s'oblige.
Il se dit aussi de l'Acte même qui constate l'existence de ce contrat. Il s'est obligé pour un tel; ce cautionnement lui coûtera cher. Signer un cautionnement.
Il signifie aussi le Gage ou la somme que les lois obligent certaines personnes à déposer comme garantie de la responsabilité à laquelle elles sont soumises. Les fonctionnaires de services financiers sont généralement obligés de fournir un cautionnement. Ce percepteur a déposé, a versé son cautionnement. Un cautionnement de trente mille francs. Le prévenu a été mis en liberté provisoire, moyennant un cautionnement de mille francs. Le montant d'un cautionnement.
CAUTIONNER
v. tr.
Se rendre caution pour quelqu'un. Je le cautionne. Il a trouvé un de ses amis qui l'a cautionné pour vingt mille francs. On l'a cautionné jusqu'à concurrence de...
CAVALCADE
n. f.
Défilé pompeux ou grotesque de gens à cheval ou de chars dans une fête publique. Une cavalcade historique. La cavalcade de la mi-carême.
Il se dit aussi des Simples promenades que plusieurs personnes réunies font à cheval. Nous fîmes une cavalcade au bois de Boulogne. Notre cavalcade était nombreuse.
CAVALCADOUR
adj. m.
Il n'est usité que dans cette dénomination, Écuyers cavalcadours, Écuyers qui avaient la surveillance des chevaux et de tous les équipages de l'écurie dans la maison du roi et des princes.
CAVALE
n. f.
Jument, dans le style poétique. Une cavale indomptée.
CAVALERIE
n. f.
Nom collectif qui désigne les Différentes espèces de troupes servant à cheval. Commander la cavalerie. Manoeuvres de cavalerie. Capitaine de cavalerie. Combat de cavalerie. Un corps de cavalerie. Un régiment, un escadron de cavalerie. Un piquet de cavalerie. Cavalerie bien montée. La cavalerie a donné plusieurs fois. Charge de cavalerie.
Grosse cavalerie, Cavalerie pesamment armée; par opposition à Cavalerie légère. Les cuirassiers appartiennent à la grosse cavalerie et les chasseurs, les hussards à la cavalerie légère.
Cavalerie de ligne, Cavalerie intermédiaire entre la grosse et la légère. Les dragons appartiennent à la cavalerie de ligne.
Il désigne aussi l'Ensemble des chevaux d'une entreprise de transports. La Compagnie des Omnibus avait une nombreuse cavalerie.
CAVALIER, IÈRE
n.
Celui, celle qui est à cheval. Il trouva des cavaliers sur le chemin. Il y avait trois ou quatre cavaliers autour de la voiture.
Être bon cavalier, Être bien à cheval, savoir bien conduire un cheval; et, dans le sens contraire, Être mauvais cavalier. Elle est bonne cavalière, elle est mauvaise cavalière.
C'est un beau cavalier, se dit d'un Homme qui a bonne grâce à cheval.
Il signifie aussi Soldat qui fait partie d'une formation de cavalerie. Il y a eu dans le combat tant de cavaliers tués, démontés. Ce peloton est de cinquante cavaliers.
Il signifie quelquefois simplement, dans le langage familier, Homme, par opposition à Dame ou Demoiselle. Nous étions cinq femmes et nous n'avions pas avec nous un seul cavalier. C'est un joli, un beau, un aimable cavalier. Donner la main à son cavalier.
Servir de cavalier à une dame, Être son cavalier, Lui donner le bras dans une réunion, la faire danser dans un bal. On dit d'un Homme du monde, qui, par galanterie, s'astreint aux volontés d'une dame et lui rend des soins empressés, qu'il est son Cavalier servant.
Le cavalier seul se dit, en termes de Danse, d'une Figure du quadrille où l'homme danse seul, et aussi du Pas qu'il exécute ainsi. Faire un cavalier seul.
En termes du jeu d'Échecs, il se dit de Pièces dont la marche est d'aller du blanc au noir, et du noir au blanc, en sautant d'abord en avant, puis de côté et en laissant une case entre deux. Les cavaliers blancs. Les cavaliers noirs. Le cavalier du roi. Le cavalier de la dame. Il faut que le roi se déplace quand le cavalier lui donne échec. On ne couvre point l'échec du cavalier.
En termes de Ponts et chaussées, il se dit d'un Amas de terre le long d'une route, d'un canal, etc.
En termes d'Imprimerie, il se dit du Papier d'impression dont le format est intermédiaire entre le carré et le raisin.
Il s'emploie aussi comme adjectif et signifie Qui est libre, aisé, dégagé. Il ne se dit que de l'Air, des manières, et se prend rarement en bonne part. Avoir l'air cavalier, la mine cavalière. Prendre des airs cavaliers.
Il signifie, par extension, Qui est brusque et hautain, ou Qui est inconvenant, trop leste. Faire une réponse cavalière. Traiter quelqu'un d'une façon cavalière. Ce procédé me paraît un peu cavalier. Il prit avec elle un ton fort cavalier. Il lui tint des propos assez cavaliers.
Il se dit encore en parlant d'Endroits spécialement affectés au passage des gens à cheval. Rue cavalière. Route cavalière.
En termes de Dessin, Perspective cavalière. Voyez PERSPECTIVE.
À LA CAVALIÈRE,loc. adv.
En cavalier. Être vêtu à la cavalière. Agir à la cavalière. Il a vieilli.
CAVALIÈREMENT
adv.
D'une manière cavalière. Il l'a traité cavalièrement. Il en a usé cavalièrement. Il en parle un peu cavalièrement.
CAVATINE
n. f.
T. de Musique
. Sorte d'air d'opéra, ordinairement assez court, qui n'a ni reprise ni seconde partie.
CAVE
n. f.
Lieu souterrain où l'on met ordinairement du vin et d'autres provisions. Cave profonde. Cave fraîche. Avoir du vin en cave. Faire descendre du vin dans une cave. Mettre du bois dans une cave.
Fam., La maison est pleine de la cave au grenier; elle a été réparée de la cave au grenier, Elle est entièrement habitée; on l'a entièrement réparée.
Fig. et fam., Rat de cave, Espèce de bougie mince qui est roulée sur elle-même et dont on se sert pour descendre à la cave. Il se dit, par injure, de Certains commis des Contributions indirectes qui visitent les boissons dans les caves.
Il signifie, par extension, la Quantité et le choix des vins qu'on a en cave. Cet homme a une excellente cave. Il a un bon cuisinier, mais sa cave est mal garnie. Faire sa cave. Monter sa cave. Cave bien montée. Cave de choix.
Il se dit également d'une Sorte de caisse à compartiments où l'on met des liqueurs. Une cave à liqueurs.
CAVE
n. f.
T. de Jeu
. Le fonds d'argent que chacun des joueurs met devant soi à certains jeux de cartes, au brelan, à la bouillotte, etc. Perdre sa cave. Il est à sa première, à sa seconde cave. Faire une nouvelle cave.
CAVE
adj. des deux genres
. Qui est creux. Des joues caves. OEil cave.
En termes d'Anatomie, Veine cave, Chacune des deux grosses veines qui aboutissent à l'oreillette droite du coeur suivant une direction inverse.
En termes d'Astronomie et de Chronologie, Mois cave, Mois lunaire de vingt-neuf jours. Année cave, Année lunaire de 353 jours, ou, d'une façon plus générale, année incomplète que l'on fait entrer dans un calcul comme si elle était entière.
CAVEAU
n. m.
Petite cave. Il ne peut tenir dans ce caveau que trois ou quatre tonneaux de vin.
Il se dit, dans un sens particulier, des Petites caves pratiquées sous les églises, dans les cimetières, etc., pour servir de sépulture. On descendit le cercueil dans le caveau. Sous cette chapelle était le caveau de telle famille.
CAVECÉ, ÉE
adj.
Dont la tête n'est pas de la couleur du reste du corps, en parlant d'un cheval. Un cheval rouan cavecé de noir. Qui a la tête noire.
CAVEÇON
n. m.
T. de Manège
. Demi- cercle de fer, avec têtière et sous-gorge, que l'on met sur le nez des jeunes chevaux pour les dompter et les dresser. Mettre un caveçon à un cheval. Donner un coup de caveçon à un cheval.
Fig. et fam., Il a besoin de caveçon, se dit d'un Homme naturellement fougueux et emporté qui a besoin qu'on le retienne.
Fig., Donner à quelqu'un un coup de caveçon, Lui faire éprouver une mortification qui rabat son orgueil, ses prétentions.
CAVÉE
n. f.
Chemin creux dans un bois. Longue cavée. Grande cavée.
CAVER
v. tr.
Creuser, miner. L'eau a cavé cette pierre. La mer a cavé ce rocher. Les austérités lui avaient cavé les joues. Ses yeux, ses joues se cavent. Absolument, La rivière a cavé sous la pile de ce pont.
En termes d'Escrime, Caver le corps ou absolument Caver, Retirer le corps, en portant une botte et en avançant la tête.
CAVER
v. tr.
T. de Jeu
. Faire mise d'une certaine quantité d'argent au jeu de brelan, de bouillotte, etc. Il cava d'abord cinq louis; on l'obligea à caver de nouveau. On dit aussi Se caver ou Caver, intransitivement. J'ai cavé de tant. Je me suis cavé d'un louis.
Caver au plus fort, Mettre au jeu autant d'argent que celui qui en a le plus; et, figurément et familièrement, Porter tout à l'extrême dans les entreprises, les opinions, les suppositions, etc. Caver au pire, Prévoir le plus mauvais résultat et s'y préparer.
CAVERNE
n. f.
Cavité naturelle dans des rochers, dans des montagnes, sous terre. Caverne profonde. Caverne obscure. La bouche, l'entrée d'une caverne.
Fig. et fam., il se dit d'une Maison mal fréquentée où l'on court des risques pour son argent ou pour sa personne. Cette maison est une caverne, une vraie caverne.
En termes de Médecine, il se dit d'une Excavation produite dans le poumon à la suite de l'évacuation d'un abcès, d'un tubercule ramolli, d'une escarre de gangrène, etc.
CAVERNEUX, EUSE
adj.
Où il y a des cavernes. Pays caverneux. Montagnes caverneuses.
Fig., Voix caverneuse, Voix sourde, profonde.
En termes d'Anatomie, il signifie Qui a de petites cavités ou cellules, comme une éponge. Tissu caverneux. Les sinus caverneux de la dure-mère.
En termes de Médecine, Râle caverneux, Râle caractéristique qui se fait entendre dans un poumon creusé par la tuberculose.
CAVET
n. m.
T. d'Architecture et de Menuiserie
. Moulure concave dont le profil est d'un quart de cercle.
CAVIAR
n. m.
Mets fait avec des oeufs d'esturgeon et particulier à la Russie.
CAVITÉ
n. f.
Creux, vide dans un corps solide. Les cavités d'un rocher. Les cavités du cerveau. Les cavités du coeur.
CE
(CET devant un nom commençant par une voyelle ou un h muet, au masculin; CETTE, féminin singulier; CES, pluriel des deux genres.)adj. démonstratif . Il sert, en quelque sorte, à montrer la personne ou la chose en question. Ce livre est à moi. Je me suis adressé à cet homme. Cette femme est mère de trois enfants. Ces livres sont intéressants.
Il arrive souvent que, pour désigner plus fortement la personne ou la chose en question, on fasse suivre le nom de LÀ. C'est dans cette rue-là que j'habite. Il est impossible de sortir par ce temps-là.
S'il s'agit de distinguer nettement l'une de l'autre deux personnes ou deux choses, on fait suivre le premier nom de CI et le deuxième de LÀ. C'est dans cette rue-ci que j'habite et non dans cette rue-là. Ce tableau-ci est de facture médiocre, mais ce tableau-là peut être regardé comme un chef-d'oeuvre.
CE
pron. démonstratif invariable
. Il désigne la Chose en question. Dans cette acception, il est ordinairement suivi : soit d'une des formes du verbe Être à la troisième personne des temps de l'Indicatif ou du Subjonctif ou de l'Infinitif précédé du verbe Devoir. Ce fut une grande joie. Ç'a été la cause de bien des malheurs. C'est un malheur. C'est agréable. Ce sera vrai. Elle aimait à rire, c'était de son âge. Ce doit être un beau spectacle. C'est mon père. C'était sa soeur. Ce sont de braves enfants; soit d'une des formes du pronom relatif qui, que, quoi, dont ou de la conjonction que. Ce qui se passe est extraordinaire. Ce que vous voyez peut vous étonner. Ce qu'il a dit, je le ferai. Ce dont vous me parlez est intéressant. Ce à quoi je pense ne saurait vous concerner. Il s'étonne de ce qu'il ne soit pas venu. Il s'attend à ce que je revienne.
PARCE QUE,loc. conj.
Voyez ce mot.
Dans certains tours anciens, CE s'emploie encore, bien que non suivi du verbe Être, d'une forme du pronom relatif ou de la conjonction que. Il avait dessein d'attaquer et, pour ce, pour ce faire, il commanda... Je lui ai dit de faire telle et telle chose, et ce pour le persuader de... Ce faisant, ce disant, En faisant, en disant cela.
SUR CE, Immédiatement après cela. Sur ce, il partit. Sur ce, il nous quitta.
En dehors de ces cas spéciaux, CE est remplacé par la forme composée CELA, abrégée quelquefois dans la langue familière en ÇA. Cela m'ennuie fort. Ne pensez pas à cela. Ils ont discuté sur cela pendant je ne sais combien de temps. Cela ne peut pas être en question.
Fam., C'est cela, c'est bien cela, se dit à une personne qui fait voir, par ses paroles ou ses actions, qu'elle a bien compris ce qu'on lui a dit ou prescrit.
Fam., C'est bien cela! se dit aussi pour approuver ce qu'une personne a dit ou fait de son propre mouvement.
Fam., N'est-ce que cela? sert à indiquer que ce qu'on vous dit, ce qu'on vous annonce est sans importance.
Fam., Comme cela, dans certains cas, signifie Ni bien, ni mal, plutôt mal que bien. Comment vous portez-vous? Comme cela.
Fam., Il est comme cela, C'est son caractère, sa manière habituelle d'être ou d'agir.
Fam., Comment cela? annonce l'étonnement et signifie Comment, de quelle manière? Il prétend que vous lui devez telle somme, comment cela?
Fam., Il ne manquait plus que cela! Manière ironique de se plaindre d'un désagrément inattendu qui vient se joindre à d'autres.
Quand il s'agit de distinguer nettement l'une de l'autre deux choses en question, on emploie les formes composées : CECI, CELA, Ceci est à moi, cela est à vous. Ceci est beau, cela est laid. Ceci est soie, cela est laine.
CECI s'emploie pour annoncer Ce qui va suivre, CELA, au contraire, sert à rappeler Ce qui précède. Dites ceci de ma part à votre ami : qu'il se tienne tranquille. Que votre ami se tienne tranquille, dites-lui cela de ma part.
CECI s'emploie souvent, sans opposition à CELA, comme indiquant un objet présent, un fait actuel, la chose dont on parle ou dont on va parler. Ceci n'est pas un jeu d'enfants. Que veut dire ceci? Qu'est-ce que ceci, que tout ceci? Voyez ceci. Relevez bien ceci.
Fam., et dans un sens indéterminé, Ceci, cela, Tantôt une chose, tantôt une autre. C'était ceci, c'était cela, il avait toujours quelque prétexte pour ne pas venir. Leur conversation a porté sur ceci, sur cela.
CE, suivi du verbe Être, sert à insister sur un des membres de la proposition. La liberté, c'est une belle chose. Mourir pour son pays, c'est une belle mort. Tout ce qu'il a dit, ce sont des erreurs. L'homme que vous voyez devant vous, c'est mon frère.
CE, suivi du verbe Être et d'une des formes du pronom relatif ou de la conjonction Que, forme une locution toute faite : C'est... qui, C'est... que, qui sert très souvent à attirer l'attention, soit sur le sujet de la proposition, soit encore sur l'attribut ou sur un des compléments qui se trouvent ainsi placés en tête. C'est moi qui ai fait cela. Ce fut un magnifique orateur que Cicéron. C'est cette personne que je préfère. C'est à quatre heures que je serai interrogé. C'est demain que nous partirons, etc.
CE entre aussi dans la locution interrogative : Est-ce que? Quand est-ce que vous partirez? Est-ce que vous seriez malade? À qui est-ce que je dois m'adresser?
CÉANS
adv.
Ici dedans. Il ne se dit que du Lieu où l'on est quand on parle. Il n'est pas céans. Le maître de céans. Il est vieux.
CECI
pron. dém.
Voyez CE pronom.
CÉCITÉ
n. f.
État d'une personne aveugle. Il fut frappé de cécité. Être atteint de cécité.
CÉDANT, ANTE
adj.
T. de Procédure
. Qui cède son droit. La partie cédante. Il s'emploie aussi comme nom. Le cédant et le cessionnaire.
CÉDER
(Je cède; nous cédons).v. tr.
Laisser, abandonner une chose à quelqu'un. Céder sa place, son tour à un autre. Céder le pas, le haut du pavé. Céder la victoire. Je vous cède la parole, Je vous permets de parler avant moi. De telles choses ne se cèdent pas facilement.
Figurément Le céder, et elliptiquement Céder à quelqu'un signifie Être inférieur à lui en quelque chose, lui céder l'avantage. Il le cède à son frère en habileté. Il ne le cède à personne en courage. Il lui cède en mérite, en expérience.
Il signifie aussi, en termes de Commerce et de Jurisprudence, Transporter la propriété d'une chose à une autre personne, lui en donner la propriété. Il a cédé son magasin, son fonds, son étude. Céder un bail.
Il est souvent aussi verbe intransitif et signifie, en parlant des choses matérielles, Ne pouvoir résister à l'action de telle ou telle force. Cette poutre ne tardera pas à céder. La voûte est trop chargée, elle commence à céder. On dit dans un sens analogue L'aile gauche de l'armée commençait à céder.
Il signifie figurément, tant au sens physique qu'au sens moral, Se soumettre, ne pas s'opposer, ne pas résister. Il faut céder à nos supérieurs. Céder à la force, à la raison. Céder au nombre. Céder aux larmes, aux prières de quelqu'un. Céder à des préventions. Céder à son penchant. Céder à la nécessité. Tout cède à ce redoutable conquérant. Les intérêts privés doivent céder à l'intérêt général. Par extension, La violence de la fièvre ne céda pas aux remèdes. Absolument, Cédons, puisqu'il le faut. Le mal paraissait céder. La douleur céda.
CÉDILLE
(ILLE se prononce IYE.)n. f.
Petite marque en forme de c tourné de droite à gauche qu'on met sous la lettre C, quand elle précède un A, un O ou un U, pour indiquer qu'elle doit être prononcée comme un S. Garçon. Venez çà. Avez-vous reçu?
CÉDRAT
n. m.
Espèce de citron.
Il se dit, par extension, de l'Arbre qui porte cette espèce de citron.
CÈDRE
n. m.
Conifère de grande taille dont le bois passe pour incorruptible. Les cèdres du Liban. Une boîte de cèdre. De la poudre de cèdre.
Fig., Depuis le cèdre jusqu'à l'hysope, Depuis ce qu'il y a de plus grand jusqu'à ce qu'il y a de plus petit.
CÉDULAIRE
adj. des deux genres
. T. de Contributions
. Qui a rapport aux cédules. Impôt cédulaire. Taxe cédulaire.
CÉDULE
n. f.
Écrit, billet sous seing privé, par lequel on reconnaît devoir quelque somme. On lui a prêté dix mille francs sur sa simple cédule. En ce sens, il est vieux; on dit aujourd'hui BILLET.
En termes de Contributions, il désigne Chaque liste ou catégorie de revenus imposables.
Dans l'ancienne Procédure, Cédule évocatoire, Acte qu'on faisait signifier à sa partie adverse pour lui déclarer qu'on entendait se pourvoir au conseil, afin d'être renvoyé à un autre parlement. Dans la procédure actuelle, Cédule de citation, Acte par lequel un juge de paix permet d'abréger les délais dans les cas urgents.
CEINDRE
(Il se conjugue comme ATTEINDRE.) v. tr. Entourer, environner. Ceindre une ville de murailles, de fossés. Ceindre un parc d'une haie vive. Une ville ceinte de murailles. Une place ceinte de bastions.
Il se dit, dans un sens particulier, des Choses qui serrent et entourent quelque partie du corps. Une corde lui ceignait les reins. Des bandelettes ceignaient le front des victimes. Le diadème qui ceint la tête des rois.
Ceindre quelqu'un d'une chose, La lui mettre autour du corps. Il le ceignit d'une écharpe. Se ceindre d'une écharpe, d'une corde, etc.
Ceindre de quelque chose le corps, la tête de quelqu'un, Le lui mettre autour du corps, autour de la tête. Il lui ceignit le corps d'une écharpe, le front d'un bandeau. Avoir le front ceint de lauriers. Se ceindre les reins d'une corde; se ceindre la tête, le front d'un diadème, etc.
Absolument, Se ceindre le corps, se ceindre les reins, Se serrer le corps, les reins avec une ceinture, une écharpe, une corde, etc.
Fig. et en termes d'Écriture sainte, Ceignez vos reins, Préparez-vous à de grands efforts. Fig., Se ceindre le front d'un diadème. Ceindre le diadème, Devenir roi ou reine. Ceindre la tiare, Être élevé au pontificat.
Par analogie, Ceindre l'épée à un chevalier signifiait Lui mettre une épée au côté. En le faisant chevalier, il lui ceignit l'épée.
CEINTRAGE
n. m.
T. de Marine
. L'ensemble des cordages qui servent à ceindre, à lier un bâtiment lorsqu'il menace de s'ouvrir.
CEINTURE
n. f.
Ruban de soie ou de fil, cordon, bande de cuir, ou autre chose semblable, dont on se ceint le milieu du corps. Mettre une ceinture par-dessus sa soutane. Ceinture de soie. Ceinture à frange d'or. La boucle d'une ceinture. Ceinture de gymnastique. Ceinture de natation.
Il se disait aussi d'une Longue bourse en cuir qui se ceignait autour des reins et dont se servaient les voyageurs, les marchands. Il avait beaucoup d'or dans sa ceinture.
Prov., Bonne renommée vaut mieux que ceinture dorée, Il vaut mieux avoir l'estime publique que d'être riche.
Il signifie aussi Partie d'un vêtement qui serre la taille. La ceinture d'une culotte, d'un pantalon. La ceinture d'une jupe. Faire élargir, faire rétrécir sa ceinture.
Il peut désigner encore l'Endroit du corps où l'on place la ceinture. Dans cette partie de la rivière, on n'a de l'eau que jusqu'à la ceinture.
Fam., Il ne lui va pas à la ceinture, se dit, par exagération, en parlant d'un Petit homme en comparaison d'un grand. Il se dit aussi, figurément, pour indiquer que quelqu'un est très inférieur en talent, en mérite à un autre.
Fam., Une femme grosse à pleine ceinture, Une femme dans un état de grossesse avancée.
Il se dit aussi de Certaines choses qui en environnent d'autres. Une ceinture de murailles et de fossés. La ceinture du choeur d'une église. Une ceinture de montagnes protégeait ce pays contre les vents.
Chemin de fer de Ceinture, Chemin de fer qui entoure une ville. À Paris, on dit elliptiquement dans ce sens La Ceinture. La Petite Ceinture, La ligne de chemin de fer qui suit le contour de la ville de Paris. La Grande Ceinture, Celle que décrit le même périmètre à une distance plus éloignée.
En termes d'Architecture, Ceinture d'une colonne, Petite moulure de profil carré au haut et au bas du fût d'une colonne auquel elle se joint par un congé.
CEINTURER
v. tr.
T. de Lutte
. Prendre l'adversaire en lui passant les bras autour de la taille et l'enlever pour lui faire perdre l'équilibre.
CEINTURON
n. m.
Sorte de ceinture faite ordinairement de cuir à laquelle on suspend un sabre, une épée, un couteau de chasse. Ceinturon de buffle, de maroquin, etc.
CELA
pron. dém.
Voyez CE.
CÉLADON
n. m.
Amant délicat et passionné, tel que d'Urfé représente le berger de ce nom dans son roman de l'Astrée. Il est familier et ne se dit guère que par une sorte de raillerie. Un parfait Céladon. Faire le Céladon. Un vieux Céladon.
Figurément, il signifie Teinte vert pâle, tirant sur la couleur du saule ou de la feuille de pêcher. Céladon clair.
Il s'emploie aussi adjectivement. Taffetas céladon. Ruban céladon. Vert céladon. Porcelaine céladon, ou elliptiquement Un céladon. Des céladons chinois.
CÉLÉBRANT
n. m.
T. de Liturgie
. Celui qui dit la messe ou qui officie. Le célébrant assisté d'un diacre et d'un sous-diacre.
CÉLÉBRATION
n. f.
Action de célébrer au sens religieux. La célébration de la messe. La célébration de l'office divin. La célébration d'une fête, d'un anniversaire. La célébration d'un mariage. On dit aussi La célébration des saints mystères pour La célébration de la messe.
CÉLÈBRE
adj. des deux genres
. Qui est fameux, renommé. Un auteur célèbre. Un lieu célèbre. Une action célèbre. Causes célèbres. Un homme célèbre par ses vertus. Il est célèbre pour avoir fait telle action. Se rendre célèbre.
CÉLÉBRER
v. tr.
Louer avec éclat, publier avec éloge. Célébrer la mémoire de quelqu'un. Célébrer de grandes actions. On dit également Célébrer les louanges de quelqu'un, Publier hautement ses louanges.
Il signifie aussi Marquer un événement ou le retour périodique d'un événement d'un certain éclat, d'une certaine pompe. Célébrer le retour de quelqu'un. Célébrer une fête, des noces d'or, d'argent, un anniversaire.
Il signifie particulièrement Accomplir les cérémonies du culte divin. Célébrer un mariage. Célébrer les funérailles, les obsèques d'une personne. Célébrer un concile. Célébrer la messe et dans le même sens Célébrer les saints mystères. Absolument, Célébrer. Le prêtre n'a pas encore célébré. Célébrer pontificalement, Célébrer la messe en habits pontificaux.
CÉLÉBRITÉ
n. f.
Réputation qui s'étend au loin. Acquérir de la célébrité. La célébrité d'un nom, d'une personne, d'un ouvrage, d'un événement. L'amour de la célébrité. Rechercher une vaine célébrité. Honteuse, triste célébrité.
Par extension, Une célébrité, Une personne illustre. Les célébrités de cette ville.
CELER
(Je cèle; nous celons.)v. tr.
Taire, ne pas donner à connaître une chose. Celer un dessein. Celer une circonstance dans un récit. C'est un homme qui ne peut rien celer. Je ne vous cèlerai pas que... À ne vous rien celer.
CÉLERI
n. m.
Plante potagère aromatique dont on fait des salades et qu'on mange aussi cuite. Une salade de céleri. Faire blanchir du céleri.
CÉLÉRITÉ
n. f.
Promptitude dans l'exécution. Il fit ce trajet avec une étonnante célérité. Cette affaire demande de la célérité, requiert célérité.
CÉLESTE
adj. des deux genres
. Qui appartient au ciel, pris pour l'espace qui semble former une voûte au-dessus de la terre. Les globes célestes. La sphère céleste. Les corps célestes.
Poétiq., Les célestes flambeaux, Les astres. La voûte céleste, les célestes lambris, Le ciel, le firmament.
Bleu céleste, Bleu de la couleur dont le ciel paraît être quand le temps est fort serein.
Il signifie encore Qui appartient au ciel, pris pour le séjour des bienheureux. Les esprits célestes. Les intelligences célestes. La cour céleste. Les puissances célestes. La gloire céleste. La béatitude céleste.
La céleste patrie, Le ciel considéré comme le séjour des bienheureux. Le Père céleste, Dieu.
Il signifie de même Qui est divin, qui vient de Dieu. Les âmes sont d'origine céleste. La colère céleste. Courroux céleste. Inspiration céleste. Don céleste.
Il se dit aussi, par hyperbole, de Ce qui est d'une nature excellente, supérieure. Beauté céleste. Âme céleste.
Le Céleste Empire, La Chine. D'où, familièrement, les Chinois sont quelquefois appelés Les Célestes.
En termes de Musique, Voix céleste se dit du Registre de l'orgue qui produit des sons doux et voilés.
CÉLIAQUE
adj. des deux genres
. Voyez COELIAQUE.
CÉLIBAT
n. m.
État d'une personne qui n'est point mariée. Vivre dans le célibat. Passer sa vie dans le célibat. Garder le célibat. Demeurer dans le célibat. Le célibat des prêtres.
CÉLIBATAIRE
n. des deux genres
. Celui, celle qui vit dans le célibat, quoique d'âge à se marier. Il est célibataire. Rester célibataire. Un vieux célibataire. Il est peu usité au féminin.
CELLE
pr. dém.
Voyez CELUI.
CELLÉRIER, IÈRE
n.
Titre d'office qu'on donne dans un monastère au religieux, à la religieuse qui prend soin de la dépense de bouche et du temporel.
CELLIER
n. m.
Lieu situé au rez-de- chaussée d'une maison ou attenant à une maison, dans lequel on serre le vin et d'autres provisions. Mettre des pièces de vin dans le cellier. Il n'y a point de cave dans cette maison, il n'y a que des celliers.
CELLULAIRE
adj. des deux genres
. Qui est divisé en cellules.
Voiture cellulaire, Voiture divisée en compartiments, au moyen de laquelle on transporte plusieurs prisonniers sans qu'ils puissent communiquer entre eux.
En termes de Législation, Système ou Régime cellulaire, Système, régime d'après lequel chaque prisonnier est enfermé dans une cellule séparée. On dit aussi Emprisonnement cellulaire. Prison cellulaire.
En termes d'Anatomie, Tissu cellulaire, Tissu composé de filaments très fins et entrelacés qui entoure et pénètre tous les organes du corps et qui est surtout fort abondant entre les muscles et sous la peau. On l'appelle aussi aujourd'hui Tissu lamineux. Membrane cellulaire, Membrane formée par du tissu cellulaire.
En termes de Botanique, Enveloppe, tissu cellulaire, La couche ordinairement verte qu'on trouve sous l'épiderme des végétaux et dont l'organisation a quelque rapport avec celle du tissu cellulaire des animaux.
CELLULE
n. f.
Petite chambre d'un religieux ou d'une religieuse.
Il se dit aussi de la Petite chambre qu'occupe séparément chaque détenu dans les prisons cellulaires.
Il se dit encore de Chacun des petits logements qu'on fait pour les cardinaux assemblés dans le conclave.
Il se dit, en termes d'Histoire naturelle, des Alvéoles des abeilles; des Cavités de certains organes des végétaux ou des animaux; de Certains fruits où les semences sont logées et comme enchâssées; de l'Élément embryonnaire des végétaux et animaux dont la dimension moyenne ne surpasse pas quelques millièmes de millimètre.
CELLULEUX
adj. m.
T. d'Anatomie et de Botanique
. Qui est divisé en cellules. Le tissu celluleux des os. Fruit celluleux.
CELLULOÏD
n. m.
Substance analogue à la corne et à l'ivoire, formée par un mélange de cellulose nitrique et de camphre, parfois associé avec des matières pulvérulentes diversement colorées.
CELLULOSE
n. f.
T. de Chimie
. Matière constitutive des cellules et tissus végétaux, dont la composition se représente par du carbone uni aux éléments de l'eau.
CELTISANT
n. m.
Celui qui s'occupe de la langue, de la littérature, des antiquités celtiques. CELUI, m. sing.; CELLE, f. sing.; CEUX, m. CELUI, m. sing.; CELLE, f. sing.; CEUX, m. plur.; CELLES, f. plur. Pron. dém. Il sert à désigner la personne ou la chose dont il est question. Celui de tous les généraux qui montra le plus de talent. L'homme dont je vous ai parlé, c'est celui que vous voyez là. Ceux qui ont vécu avant nous. Heureux celui qui craint le Seigneur! Celui qui a dit à la mer : Tu n'iras pas plus loin. Il a récompensé ceux de ses domestiques qui l'avaient bien servi. C'est, de toutes les choses du monde, celle que j'aime le mieux.
CELUI-CI, CELLE-CI; et au pluriel, CEUX-CI, CELLES-CI, signifient Cet homme-ci, cette chose-ci, cette personne-ci, ces personnes-ci. De tous ses domestiques, c'est celui-ci qui est le plus fidèle. Voilà plusieurs étoffes, prenez celle-ci. Je ne veux point de celles-ci.
La forme composée CELUI-LÀ, CELLE-LÀ, etc., remplace toujours Celui, celle, etc., quand ce pronom n'est pas suivi de la préposition de ou d'une des formes du pronom relatif qui, que, dont. Celui-là ne me plaira jamais. Vous êtes-vous adressé à celle-là?
Elle s'emploie aussi en opposition avec Celui-ci pour distinguer deux personnes ou deux objets dont il est question et qu'on a devant soi. De ces deux frères, celui-ci est plus actif que celui-là. Voici deux tableaux, préférez-vous celui-ci ou celui-là?
Quand on a nommé deux personnes ou deux choses et qu'on emploie ensuite les pronoms Celui-ci et Celui-là, Celui-ci se rapporte au terme le plus prochain, et Celui-là au terme le plus éloigné. Démocrite et Héraclite étaient de nature bien différente : celui-ci pleurait toujours, celui-là riait sans cesse.
CÉMENT
n. m.
T. de Chimie
. Poudre au milieu de laquelle on chauffe certains corps pour leur donner de nouvelles propriétés.
CÉMENTATION
n. f.
T. de Chimie
. Sorte de stratification qui consiste à entourer d'une poudre un métal qu'on expose ensuite à une très forte chaleur.
CÉMENTER
v. tr.
T. de Chimie
. Modifier un métal par la cémentation. On cémente le fer ou on le transforme en acier en l'entourant de poussier de charbon et en l'exposant pendant longtemps à une haute température.
CÉNACLE
n. m.
T. d'Écriture sainte
. Salle où Notre-Seigneur célébra la Cène avec les Apôtres. JÉSUS-CHRIST lava les pieds des Apôtres dans le cénacle.
Figurément, il signifie Réunion d'un petit nombre de personnes ayant les mêmes idées, les mêmes goûts, professant surtout les mêmes théories artistiques, littéraires, philosophiques. Les cénacles poétiques. C'est un petit cénacle où il n'est pas aisé d'être admis.
CENDRÉ, ÉE
adj.
Qui est de couleur de cendre. Gris cendré. Couleur cendrée. Des cheveux d'un blond cendré.
En termes d'Anatomie, La substance cendrée du cerveau, Nom donné par quelques auteurs à la substance grise ou corticale du cerveau.
En termes d'Astronomie, La lumière cendrée, Lumière pâle et un peu bleuâtre qui permet d'apercevoir les parties de la lune qui ne sont pas actuellement éclairées par le soleil.
CENDRE
n. f.
Poudre qui reste du bois et des autres matières combustibles après qu'elles ont été brûlées et consumées par le feu. Cendre chaude. Cendre de sarment. Feu couvert de cendre. Faire cuire une galette sous la cendre. Faire cuire des marrons dans les cendres. Réduire en cendres. Ce bel édifice n'est plus aujourd'hui qu'un monceau de cendres.
Par exagération, Réduire, mettre en cendres une ville, un pays, Les ravager, y mettre tout à feu et à sang. Tamerlan mit l'Asie en cendres.
Fig., C'est un feu caché sous la cendre, se dit d'une Passion qui n'est pas bien éteinte. C'est un feu qui couve sous la cendre, se dit en parlant d'une Personne qui dissimule un désir de vengeance en attendant l'occasion de le satisfaire.
Fig., Renaître de ses cendres, se dit des Choses qui prennent une existence nouvelle après avoir été presque entièrement détruites. Cette ville renaît enfin de ses cendres.
Au pluriel, il se dit de la Cendre faite de linges qui ont servi à l'autel ou de branches de rameaux bénits et dont le prêtre marque le front des fidèles en forme de croix le premier jour de carême. Recevoir les cendres. Aller prendre les cendres. Le prêtre donne des cendres, les cendres. Le jour des Cendres. Le mercredi des Cendres.
Il désigne aussi, poétiquement ou dans le style élevé, les Restes de ceux qui ne sont plus, par allusion à la coutume que les Grecs et les Romains avaient de brûler les morts et d'en recueillir les cendres dans des urnes. La cendre ou les cendres des morts. C'est là que reposent ses cendres chéries. Les cendres de Germanicus furent rapportées en Italie. Le retour des Cendres. Ses cendres furent jetées au vent.
Figurément, Honorer les cendres des morts, Honorer leur mémoire. Il ne faut point remuer, il ne faut pas troubler les cendres des morts, Il ne faut point rechercher leurs actions pour les blâmer, pour flétrir inutilement leur mémoire.
En termes de Chimie et d'Arts, il se dit en général de Certaines poudres ou résidus qui sont le produit de la combustion ou de quelque autre décomposition analogue. Cendres végétales, cendres animales. Cendres gravelées. Cendres volcaniques. Cendres bleues, Carbonate de cuivre artificiel.
Cendre de plomb. Voyez CENDRÉE.
CENDRÉE
n. f.
Écume de plomb. Voyez MASTICANT.
Il signifie plus ordinairement Petit plomb dont on se sert à la chasse du menu gibier. On dit aussi Cendre de plomb.
CENDRIER
n. m.
Partie du fourneau qui est au-dessous de la grille ou du foyer et dans laquelle tombent les cendres du bois ou du charbon.
Il se dit aussi d'une Petite coupe où l'on dépose les cendres d'un cigare, d'une pipe, etc.
CENDRILLON
n. f.
Nom d'une héroïne d'un conte populaire dont on se sert pour désigner une Femme ou une jeune fille que les siens laissent toujours au coin du feu.
CÈNE
n. f.
Repas pascal chez les Juifs et, principalement, celui que JÉSUS-CHRIST fit avec ses Apôtres la veille de sa mort. Célébrer la Cène.
En parlant du Pape, des prélats, etc., Faire la Cène le jeudi saint, faire la sainte Cène, Servir les pauvres après leur avoir lavé les pieds, en mémoire de la Cène de Notre- Seigneur.
Il signifie aussi Communion que font les protestants sous les deux espèces. Faire la cène.
CENELLE
n. f.
Fruit de l'aubépine et du houx.
CÉNOBITE
n. m.
Religieux qui vit en communauté. On le dit surtout en parlant des Religieux qui vivaient en commun, et par une espèce d'opposition à Ceux qui vivaient séparés les uns des autres et qu'on appelait Anachorètes. Les anciens cénobites.
Fig., Vivre en cénobite, mener une vie de cénobite, Vivre dans la retraite.
CÉNOBITIQUE
adj. des deux genres
. Qui a rapport au cénobite. La vie cénobitique.
CÉNOBITISME
n. m.
État de celui qui vit en cénobite.
CÉNOTAPHE
n. m.
Tombeau vide, dressé à la mémoire et en l'honneur d'un mort.
CENS
(On prononce l'S.)n. m.
T. de Jurisprudence féodale
. Redevance de toute nature que certains biens devaient annuellement au seigneur du fief dont ils relevaient. Cette terre devait tant de cens.
Il se dit encore de la Quotité d'imposition qui, dans la constitution de certains pays, est nécessaire pour être électeur ou éligible. Le cens électoral. Le cens d'éligibilité. Élever, abaisser, réduire, supprimer le cens. Il ne paie pas le cens exigé.
En termes d'Histoire romaine, il désigne le Dénombrement des citoyens romains, la déclaration authentique qu'ils faisaient, tous les cinq ans, de leurs noms, biens, résidence, etc.
CENSÉ, ÉE
adj.
Qui est supposé, réputé. Celui qui est trouvé avec les coupables est censé complice. Une loi est censée abolie par le non-usage.
CENSÉMENT
adv.
Par supposition ou En apparence. C'est vous, censément, qui achetez, mais en réalité c'est moi. Je suis censément le directeur dans cette affaire.
CENSEUR
n. m.
Celui qu'un gouvernement prépose à l'examen des livres, des journaux, des pièces de théâtre, etc., avant d'en permettre la publication ou la représentation. Le censeur refusa son approbation. On lui donna un censeur très sévère. Censeur des pièces de théâtre ou Censeur dramatique. Censeur des journaux.
Il désigne encore Celui qui est chargé de surveiller les études et de maintenir le bon ordre et la discipline dans un lycée. Censeur des études. Le censeur du Lycée Louis-le-Grand.
Il désigne aussi Ceux qui sont chargés de contrôler la partie financière de certains établissements ou de certaines sociétés. Les censeurs de la Banque de France. Cette société vient d'élire de nouveaux censeurs.
Il se disait, chez les Romains, du Magistrat qui tenait un registre du nombre des citoyens et de leurs biens et qui avait en outre le droit de contrôler leurs moeurs et leur conduite. Caton le censeur.
Il signifie par analogie Celui qui reprend ou qui contrôle les actions d'autrui. Un censeur équitable. Un rude censeur. Un censeur sévère, chagrin, injuste, pointilleux. Sans épithète, il se prend d'ordinaire en mauvaise part. C'est un censeur, C'est un homme qui trouve à redire à tout.
Il se dit aussi d'un Critique qui juge des ouvrages d'esprit. Consulter un censeur éclairé.
CENSITAIRE
n. m.
T. de Jurisprudence féodale
. Celui qui devait cens et rente à un seigneur du fief.
Il s'est dit aussi de Ceux qui payaient le cens électoral.
CENSORAT
n. m.
Fonction de censeur dans un lycée.
CENSURABLE
adj. des deux genres
. Qui peut être censuré, qui mérite censure. Proposition censurable. Conduite censurable. Action censurable.
CENSURE
n. f.
Examen qu'un gouvernement fait faire des livres, des journaux, des pièces de théâtre, etc., avant d'en permettre la publication ou la représentation. Établir la censure. Abolir, rétablir la censure. Censure préalable. Censure dramatique. Passer à la censure.
Il désigne par extension le Corps des personnes commises à cet examen. La censure ne permit pas l'insertion de cet article dans les journaux. Vers supprimés à la représentation par ordre de la censure.
Il signifie figurément Correction, répréhension. Soumettre ses écrits à la censure de quelqu'un. Souffrir la censure. S'exposer à la censure.
En matière de Dogme, il se dit spécialement d'un Jugement qui porte condamnation. La censure que la Sorbonne fit de tel livre, de telle proposition.
Il signifie aussi Excommunication, interdiction ou suspension d'exercice et de charge ecclésiastique. Il a encouru la censure. On dit également dans ce sens, au pluriel, Censures ecclésiastiques.
Il se dit encore de la Peine disciplinaire que les corps, les ordres, les communautés et les assemblées délibérantes prononcent contre un de leurs membres.
Il se disait encore de la Dignité et de la fonction de censeur chez les Romains. Durant la censure de Caton.
CENSURER
v. tr.
Blâmer, critiquer, reprendre. Il y a des gens qui ne se plaisent qu'à censurer les actions d'autrui. On a fort censuré sa conduite.
En matière de Dogme, Censurer un livre, censurer une proposition, Déclarer qu'un livre, qu'une proposition contient des erreurs. La Sorbonne censura tel livre, telle proposition.
Il se dit aussi en parlant de la Peine disciplinaire que certains corps prononcent contre leurs membres. La Cour a censuré deux de ses membres.
CENT
adj. et nom numéral cardinal des deux genres
. Qui contient dix fois dix. Il reste invariable quand il n'est pas multiplié par un autre adjectif de nombre ou quand il est suivi d'un autre nombre. Cent ans. Cent hommes. Cent francs. Deux cents hommes. Deux cent trente hommes. Deux cent mille hommes. Dans cent un ans. Il vivait deux cents ans avant l'ère chrétienne. Le produit de cent multiplié par dix. Le nombre cent.
Il se dit particulièrement pour Centaine. Un cent, deux cents, trois cents d'oeufs, de paille, de foin. Vendre, acheter au cent. Combien vaut le cent de ces marrons? Combien le cent?
Jouer, faire un cent de piquet, Jouer une partie de cent points au piquet.
Il se dit par extension, dans un sens indéterminé, pour exprimer un Grand nombre. Vous trouverez cent occasions plus favorables. Il y a été cent fois. Cent et cent fois. En eût-il cent fois autant. Il y en a plus de cent à qui cela est arrivé avant nous, Cela est arrivé à beaucoup de personnes avant nous. Je vous le donne en cent, Il vous sera fort difficile et peut-être impossible de deviner la chose dont il s'agit.
Il peut remplacer aussi l'adjectif numéral Centième, et alors il reste invariable. Page cent. Chant premier, vers deux cent.
Elliptiquement, en termes de Commerce et de Finance, Cinq pour cent, dix pour cent, cent pour cent, etc., se dit d'un Profit, d'un intérêt, d'un escompte qui est, avec la somme avancée ou le capital prêté, dans la proportion de cinq francs, de dix francs, de cent francs pour cent francs, etc. Prêter son argent à cinq pour cent d'intérêt, ou simplement à cinq pour cent. Gagner six pour cent, dix pour cent, cent pour cent dans une affaire.
Trois pour cent, Quatre pour cent, etc., s'emploient aussi comme noms pour désigner les Rentes inscrites sur le Grand Livre de la Dette publique. Acheter du cinq pour cent.
CENTAINE
n. f.
Un nombre de cent ou environ. Une centaine d'années. Une centaine de francs. Il y avait une centaine d'écoliers.
Fig., À la centaine, par centaines, En grande quantité.
En termes d'Arithmétique, il désigne les Dizaines de dizaines et occupe le troisième rang à la gauche des unités. Il y a une erreur dans les centaines, à la colonne des centaines.
Fam., Il atteindra la centaine, Il est d'une constitution, d'une santé qui lui assurent une longue vie.
CENTAURE
n. m.
T. de Mythologie
. Être fabuleux, moitié homme et moitié cheval. Le centaure Chiron prit soin de l'éducation d'Achille. La tunique du centaure Nessus.
Il se dit figurément d'un Cavalier habile et infatigable.
CENTAURÉE
n. f.
T. de Botanique
. Genre de plantes de la famille des Composées dont une espèce très connue, la Centaurée commune ou Grande Centaurée, s'emploie souvent en médecine.
CENTENAIRE
adj. des deux genres
. Qui a accompli sa centième année. Un homme, une femme centenaire, ou absolument comme nom Un, une centenaire. Prescription, possession centenaire, Qui remonte à cent ans.
Il s'emploie aussi comme nom masculin pour désigner le Centième anniversaire. Le centenaire de la naissance de Napoléon. On a célébré le centenaire de la fondation de l'Institut.
CENTENIER
n. m.
Officier de la milice romaine qui succéda au Centurion chez les Romains et qui commandait une troupe de cent hommes. Ce mot n'est guère employé que dans les traductions de l'Évangile. JÉSUS- CHRIST guérit la fille du centenier.
Il se disait autrefois, dans certaines villes de France, de Celui qui commandait cent hommes de garde bourgeoise.
CENTENNAL, ALE
adj.
Qui embrasse une période de cent ans. Exposition centennale.
CENTÉSIMAL, ALE
adj.
T. d'Arithmétique
. Qui fait partie de la centaine considérée collectivement. Fraction centésimale. Deux pour cent, quatre pour cent sont des valeurs centésimales. On dit dans un sens analogue Calcul centésimal.
Division centésimale, Celle qui contient cent parties ou un multiple de cent.
Degré centésimal, Chaque partie de la division centésimale. Les degrés centésimaux d'un thermomètre, d'une circonférence.
CENTIARE
n. m.
T. de Système métrique
. Mesure de surface qui vaut la centième partie de l'are ou un mètre carré.
CENTIÈME
adj. numéral ordinal des deux genres
. Qui a rapport à cent pour l'ordre, le rang. La centième, la deux centième année. Vous êtes le centième, le deux centième sur la liste.
La centième partie, Chaque partie d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en cent parties égales. On dit également La deux centième partie, la trois centième partie, etc.
Il est aussi nom masculin et signifie la Centième partie. La diminution a été d'un centième. Trois centièmes qui s'écrit en chiffres 3/100, Cinq centièmes 5/100, etc. On dit dans un sens analogue Un deux-centième 1/200, un trois-centième 1/300, etc.
CENTIGRADE
adj. des deux genres
. Qui est divisé en cent degrés. Il se dit principalement du Thermomètre dont l'échelle au-dessus de zéro est divisée en cent degrés, à la différence du thermomètre de Réaumur, dont l'échelle, de même longueur, n'est divisée qu'en quatre-vingts degrés. Thermomètre centigrade.
CENTIGRAMME
n. m.
T. de Système métrique
. La centième partie du gramme.
CENTILITRE
n. m.
T. de Système métrique
. La centième partie du litre.
CENTIME
n. m.
T. de Système métrique
. La centième partie du franc. Un centime. Une pièce d'un centime. Un franc soixante centimes, et par ellipse Un franc soixante. Cinq centimes font un sou. Centimes additionnels. Voyez ADDITIONNEL.
Centime le franc, Taux de pourcentage, variable chaque année, que l'on applique, pour le calcul de l'impôt, au revenu net de la propriété foncière bâtie ou non bâtie et à la valeur locative des habitations.
CENTIMÈTRE
n. m.
T. de Système métrique
. Mesure de longueur, la centième partie du mètre. Centimètre carré. Centimètre cube. Un mètre cinquante-huit centimètres.
Il se dit aussi d'un Ruban d'environ un mètre cinquante, divisé en centimètres et servant à prendre des mesures.
CENTON
n. m.
Pièce de poésie composée de vers ou fragments de vers pris de quelque auteur célèbre. Un centon d'Homère, un centon de Virgile.
Il se dit, par extension, d'un Ouvrage littéraire ou musical rempli de morceaux empruntés. Ce n'est qu'un centon.
CENTRAL, ALE
adj.
Qui est dans le centre, qui a rapport au centre. Point central. Éclipse centrale. Le Plateau central. L'Afrique centrale. Je me logerai dans le quartier le plus central.
Il signifie aussi figurément Principal. Administration centrale. Bureau central des Postes. Maison centrale, Maison de détention. École centrale des Arts et Manufactures, où l'on forme des ingénieurs civils.
Feu central, se dit du Feu que quelques philosophes ont cru être au centre de la terre.
Chauffage central se dit d'un Système de chauffage dans lequel des radiateurs distribuent à travers les étages d'une maison ou les pièces d'un appartement la chaleur produite par une chaudière.
Force centrale, en termes de Physique, Force par laquelle un corps qui se meut tend à s'éloigner ou à s'approcher d'un centre.
CENTRALISATEUR, TRICE
adj.
Qui centralise.
CENTRALISATION
n. f.
Action de réunir dans un même centre.
Il se dit particulièrement de l'Action de rattacher à un gouvernement central toutes les forces d'un État. La centralisation administrative. La centralisation politique.
CENTRALISER
v. tr.
Réunir dans un même centre. Centraliser l'administration. La plupart des grands services publics sont centralisés à Paris. C'est ici que tous les renseignements venant des pays étrangers sont centralisés.
On dit par extension, et moins correctement, La France est un pays fortement centralisé.
CENTRE
n. m.
Point qui, dans un cercle ou une sphère, est à égale distance de tous les points de la circonférence de ce cercle ou de la surface de cette sphère. Le centre d'un cercle. Tirer une ligne du centre à la circonférence, des lignes qui passent par le centre, qui aboutissent au centre. Par extension, Le centre de la terre. Le centre d'une planète.
Le centre d'une ellipse, Le centre d'un carré, Point intérieur d'une ellipse ou d'un carré tel que toute droite menée par ce point rencontre la périphérie ou le périmètre à des distances égales des deux côtés du point.
Il désigne encore, par extension, le Milieu d'un espace quelconque. Le soleil est au centre de notre système planétaire. Le centre du royaume. Le centre d'une province. Le palais est au centre de la ville. Ces personnages doivent occuper le centre du tableau.
En termes d'Art militaire, Le centre d'une armée, d'une troupe, La partie d'une armée, d'une troupe rangée en bataille, qui occupe le milieu, qui est entre les deux ailes. Le centre fut forcé, fut enfoncé. Il plaça l'infanterie au centre.
Le centre d'une assemblée, Le milieu d'une assemblée délibérante, par opposition aux extrémités, au côté droit et au côté gauche. Sièger au centre, au centre droit, au centre gauche. Le centre et une partie de la droite ont voté la proposition.
En termes scientifiques, il désigne encore Plusieurs choses de nature assez diverse mais que l'on peut considérer en général comme étant le point autour duquel, vers lequel, dans lequel s'opèrent ou se rassemblent certains effets. Centre de gravité. Centre d'oscillation. Centre d'attraction ou de gravitation. Centre d'équilibre. Centre d'action. Centre de percussion, etc.
En termes d'Anatomie, Centres nerveux, Parties du système nerveux d'où partent des rameaux.
Il se dit figurément des Lieux où se trouvent, où se font, où se pratiquent habituellement ou plus ordinairement certaines choses. Cette ville est le centre de toutes les affaires du Levant. Un quartier situé au centre des affaires.
Il se dit encore, figurément, des Choses auxquelles plusieurs autres se rapportent ou sont subordonnées. Il fit de cette ville le centre de sa domination. On le dit quelquefois des Personnes dans un sens analogue. C'est un égoïste qui se fait le centre de tout.
En termes de Théologie, Le siège de Rome est le centre de l'unité de l'Église.
CENTRER
v. tr.
Mettre dans son centre. Centrer une lunette, La disposer de façon que son champ forme un plan perpendiculaire à l'axe de la lentille.
Il signifie aussi, en termes de Football, Envoyer le ballon au centre du terrain.
CENTRIFUGE
adj. des deux genres
. T. de Physique
. Qui tend à éloigner d'un centre. Un corps qui se meut circulairement a une force centrifuge. CENTRIPÈTE
adj. des deux genres
. T. de Physique
. Qui tend à approcher d'un centre. Un corps libre qui se meut circulairement est retenu dans son orbite par une force centripète.
CENTUPLE
adj. des deux genres
. Qui vaut cent fois autant. Un nombre centuple d'un autre.
Il est aussi nom masculin. On lui a donné le centuple. Un fonds qui rapporte, qui rend au centuple. Cette terre rend au centuple. Cette marchandise se vend le centuple de ce qu'elle a coûté. Fig., en termes d'Écriture sainte, Dieu rendra au centuple tout ce qu'on fera pour lui.
CENTUPLER
v. tr.
Rendre cent fois aussi grand. Le gain qu'il a retiré de cette affaire a centuplé sa fortune. Centupler un nombre. Fig., Le sentiment du danger qu'il courait a centuplé sa force.
Il s'emploie aussi intransitivement et signifie Être porté au centuple. La production a centuplé dans ce pays.
CENTURIE
n. f.
T. d'Histoire romaine
. Division politique ou militaire de cent hommes. Le peuple romain fut distribué par centuries. La première, la deuxième centurie. Les comices par centuries.
CENTURION
n. m.
T. d'Histoire romaine
. Celui qui commandait une compagnie de cent hommes.
CEP
(Le P se prononce.)n. m.
Pied de vigne. Cep de vigne. Cep de treille. Arracher le cep, des ceps. Cep tortu.
Par extension, en termes d'Arts, il se dit de Certaines pièces de bois ou de fer qui sont des parties de la charrue ou de l'ancre.
CÉPAGE
n. m.
Plant ou variété quelconque de vigne cultivée. Les cépages de la Bourgogne, du Médoc. Cépage blanc. Cépage rouge.
CÈPE
n. m.
T. de Botanique
. Variété de champignons très charnus appelés aussi Bolets comestibles.
CÉPÉE
n. f.
T. d'Eaux et forêts
. Touffe de plusieurs tiges de bois qui sortent d'une même souche. Faire la coupe des cépées de saules.
Il se dit aussi d'un Jeune bois d'un à deux ans.
CEPENDANT
adv.
Pendant ce temps. Nous nous amusons, et cependant la nuit vient.
CEPENDANT QUE,loc. conj.
Pendant que. Il vieillit.
Il signifie plus fréquemment Néanmoins, toutefois, nonobstant cela, et en ce sens il est conjonction. Vous m'avez promis telle et telle chose, et cependant vous faites tout le contraire. On disait qu'il ne viendrait pas, cependant le voici.
CÉPHALALGIE
n. f.
T. de Médecine
. Toute sorte de douleur de tête.
CÉPHALIQUE
adj. des deux genres
. T. de Médecine
. Qui a rapport à la tête. Souffle céphalique, Léger souffle que l'on constate chez un nouveau-né. Artère céphalique, Autre nom de l'Artère carotide.
CÉPHALOPODE
n. m.
T. de Zoologie
. Mollusque dont la tête et la bouche sont garnies de tentacules.
CÉRAMIQUE
adj. des deux genres
. Qui concerne l'art du potier. Arts céramiques. Musée céramique.
Il s'emploie aussi comme nom féminin et se dit de l'Art du potier. Les Athéniens excellaient dans la céramique.
Il signifie par extension Art de peindre la porcelaine, de cloisonner les émaux et même de fabriquer le verre.
CÉRAMISTE
n. m.
Celui qui fabrique des vases de terre, des briques, etc. Les Phéniciens étaient d'habiles céramistes.
CÉRASTE
n. m.
T. de Zoologie
. Vipère d'Égypte qui a sur la tête deux protubérances en forme de cornes et dont la morsure est dangereuse.
CÉRAT
n. m.
T. de Pharmacie
. Espèce d'onguent composé principalement de cire et d'huile.
CERBÈRE
n. m.
Gardien sévère, par allusion au chien à trois têtes qui, selon la Fable, gardait la porte des Enfers. C'est un cerbère, un vrai cerbère. Votre vieux cerbère ne voulait pas me laisser entrer.
CERCEAU
n. m.
Lame de fer mince ou Latte de bois flexible, formant un cercle, dont on se sert pour maintenir les douves des tonneaux, des cuves, etc.
Il se dit également d'un Cercle de bois léger que les enfants font courir devant eux comme une roue, en le poussant avec un petit bâton.
Il se dit encore des Bois courbés qui servent à soutenir la toile dont on couvre une voiture, une barque, et des Cercles tendus de papier au travers desquels passent les acrobates, les faiseurs de tours.
Il se dit aussi d'une Sorte de filet dont on se sert pour prendre des oiseaux.
Il se dit, par extension, de Différents objets qui forment seulement le demi-cercle. Il est alors synonyme d'ARCEAU. Cerceau d'une bercelonnette. Cerceau d'un lit de malade.
En termes d'Histoire naturelle, il désigne l'Extrémité des plumes du bout de l'aile de certains oiseaux de proie.
CERCLAGE
n. m.
Action de cercler. Le cerclage des tonneaux doit se faire avant la vendange.
CERCLE
n. m.
Surface plane limitée par une ligne courbe que l'on nomme Circonférence et dont tous les points sont également distants d'un même point qu'on appelle Centre. La circonférence du cercle. Le diamètre d'un cercle. Un demi-cercle. Un quart de cercle. Une portion de cercle. Un segment de cercle.
Quadrature du cercle, Détermination d'un carré dont la surface serait rigoureusement égale à celle d'un cercle donné. Les géomètres savent que la surface du carré et celle du cercle n'ont pas un rapport exprimable en nombres finis; d'où il suit que la quadrature géométrique du cercle est impossible. Fig., Chercher la quadrature du cercle, Chercher une chose très difficile ou impossible à trouver.
Il se prend aussi improprement pour la Ligne circulaire qu'on appelle Circonférence. Le cercle se divise en trois cent soixante degrés. Faire des cercles. Tracer un cercle. Décrire un cercle. Arc de cercle.
Il signifie encore Cerceau de tonneau, de cuve. Un cercle de fer. Faire des cercles. Vendre des cercles. Un tonneau qui a rompu ses cercles. Par extension, Vin en cercles.
Il se dit, par extension, de Toute pièce de métal ou d'autre matière, formant un cercle, qu'on met autour d'une chose pour la serrer, la lier ou l'orner. Mettre un cercle de fer à une colonne, à une poutre pour l'empêcher d'éclater. Cercle de pompe. Cercle de cabestan. Cercle d'écaille, d'ivoire, etc.
Il se dit également, en termes d'Arts ou de Science, de Certains objets, de certains instruments, qui ont en général une forme circulaire. Cercle d'arpenteur.
Il se dit particulièrement, en termes d'Astronomie, des Pièces de forme circulaire qui entrent dans la composition de la sphère armillaire. Les grands, les petits cercles de la sphère.
Il se dit aussi des Lignes circulaires fictives qui servent à représenter le mouvement des astres, la succession des saisons, les divisions de la sphère, etc. Le cercle polaire arctique. Le cercle polaire antarctique.
Il se dit, en termes de Manège, de la Ligne circulaire décrite par le cheval, ordinairement entre les deux murs. Être, se mettre en cercle, Travailler sur le cercle.
Il se dit encore de Toute disposition d'objets qui offre à peu près la figure d'une circonférence de cercle. Ranger des sièges en cercle, en demi-cercle. Ils se rangèrent en cercle. Ils formèrent un cercle autour de lui. On fit cercle autour de lui. Un cercle de personnes, ou simplement Un cercle. Resserrer le cercle. Élargir le cercle. Entrer dans le cercle. Former le cercle.
Les cercles de l'Enfer, Division concentrique que Dante attribue à l'Enfer.
Il se dit, dans un sens analogue, des Assemblées d'hommes et de femmes qui se tiennent dans les maisons des particuliers pour le plaisir de la conversation. Cet homme brille dans les cercles de gens distingués. Un petit cercle d'amis.
Il désigne spécialement une Association dont les membres se réunissent dans un local loué à frais communs pour causer, jouer, lire les journaux, etc. Il fait partie de mon cercle. Il va tous les soirs au cercle. Il dîne au cercle.
Il se dit figurément, au sens moral, pour Domaine, étendue, limites. Cet homme n'est jamais sorti du cercle de ses occupations habituelles. Se renfermer dans le cercle de ses devoirs, de ses attributions, etc. Agrandir, étendre le cercle de ses idées, de ses connaissances.
Il se dit aussi, figurément, en parlant des Choses qui reviennent, qui se succèdent continuellement. La vie n'est pour lui qu'un cercle de douleur. Le cercle des saisons.
Cercle vicieux, Manière défectueuse de raisonner, qui consiste à supposer d'abord ce qu'on doit prouver et ensuite à donner pour preuve ce qu'on a supposé. Raisonner ainsi, c'est faire un cercle vicieux.
CERCLER
v. tr.
Garnir, entourer de cerceaux, de cercles. Cercler une cuve, un tonneau, etc.
CERCUEIL
n. m.
Caisse de bois, de plomb, etc., dans laquelle on met le corps d'un mort pour l'ensevelir.
CÉRÉALE
adj. f.
Qui produit des graines propres à la nourriture de l'homme et de certains animaux domestiques. Les graines céréales.
Il s'emploie surtout comme nom féminin. La culture des céréales, c'est-à-dire du blé, du seigle, etc.
CÉRÉBRAL, ALE
adj.
T. d'Anatomie
. Qui a rapport au cerveau. Artères cérébrales. Nerfs cérébraux.
En termes de Médecine, il signifie Qui affecte le cerveau. Fièvre cérébrale. Congestion cérébrale.
CÉRÉBRINE
n. f.
Substance azotée contenue dans le cerveau.
CÉRÉBRO-SPINAL, ALE
adj.
Qui a trait au cerveau et à la moelle épinière. Système, axe cérébro-spinal, Ensemble du cerveau et de la moelle épinière. Méningite cérébro- spinale.
CÉRÉMONIAL
n. m.
Usage réglé dans chaque pays touchant les cérémonies religieuses ou politiques. Le cérémonial de Rome est fort rigoureux, est régulièrement observé. Le cérémonial d'une cour, d'un mariage. L'ambassadeur fut conduit à l'audience avec le cérémonial d'usage. Il n'a point de pluriel.
Il se dit, par extension, des Cérémonies que les particuliers observent les uns envers les autres, ou par devoir, ou par civilité. Aimer le cérémonial, Être fort sur le cérémonial, Être instruit du cérémonial, ou Être attaché au cérémonial, être pointilleux et difficile sur les cérémonies. Cela se dit aussi, figurément, d'un Homme difficile sur les égards qu'il croit lui être dus.
CÉRÉMONIE
n. f.
Ensemble des formes extérieures et régulières du culte religieux. Les cérémonies du baptême, d'un mariage. Le sacre des évêques se fait avec de grandes cérémonies. L'ordre des cérémonies. Cérémonie funèbre.
Il se dit, par extension, de Certaines formalités qu'on observe dans les actions solennelles pour les rendre plus éclatantes. L'arrivée du nouveau Président se fait avec de grandes cérémonies. On a donné audience à cet ambassadeur avec beaucoup de cérémonie. Habit de cérémonie.
Grand maître des cérémonies, maître des cérémonies, aide des cérémonies, Officiers qui président aux cérémonies et qui les dirigent.
Il se dit aussi des Actes de civilité, des témoignages convenus de déférence que les particuliers se donnent les uns aux autres. Faire des visites de cérémonie. Faire de la cérémonie. Reconduire quelqu'un en cérémonie. Ne faisons point de cérémonies. Bannir la cérémonie. Il est ennemi des cérémonies.
Fam., Sans cérémonie, point de cérémonie, Librement, sans contrainte, sans façons.
Fam., Faire une chose par cérémonie, par pure cérémonie, Faire une chose pour la forme. Il paraît écouter vos conseils avec déférence, mais ce qu'il en fait c'est par pure cérémonie, ou bien encore C'est pure cérémonie.
Il se prend quelquefois dans le sens de Civilité gênante, importune. Dans ce sens, il ne s'emploie qu'au pluriel. Assez de cérémonies!
Fig. et fam., Faire des cérémonies, Faire des façons, des difficultés avant de consentir ou de se résoudre à quelque chose. Il a fait bien des cérémonies pour en arriver là. Il n'y fait pas tant de cérémonies, Il va droit au but.
CÉRÉMONIEUSEMENT
adv.
D'une manière cérémonieuse.
CÉRÉMONIEUX, EUSE
adj.
Qui fait trop de cérémonies. C'est un homme cérémonieux, fort cérémonieux. Par extension, Un ton cérémonieux. Des manières cérémonieuses.
CERF-VOLANT
(On prononce Cer-volant.) n. m.
T. de Zoologie
. Gros coléoptère pourvu de cornes qui ressemblent au bois du cerf.
Il se dit aussi d'une Espèce de machine faite avec de l'étoffe ou du papier étendu et collé sur des baguettes, qui sert de jouet aux enfants. Lancer un cerf-volant. La queue d'un cerf-volant. Les enfants s'amusent avec des cerfs- volants.
CERF
n. m.
(Au pluriel on ne prononce pas l'F.) Bête fauve, du genre des Ruminants, qui porte sur la tête des cornes ramifiées appelées Bois. Un jeune cerf. Un vieux cerf. Un cerf dix cors. Le bois d'un cerf. Un cerf qui brame. Lancer le cerf. Chasser, courir le cerf. Un cerf qui tient les abois. Un pâté de cerf. Des filets de cerf.
CERFEUIL
n. m.
Plante potagère de la famille des Ombellifères qui est employée dans la cuisine comme assaisonnement. Cerfeuil musqué. Voyez MYRRHIS.
CERISAIE
n. f.
Lieu planté de cerisiers.
CERISE
n. f.
Petit fruit à noyau, dont la chair est aqueuse et sucrée et la peau plus ou moins rouge et très mince. Cerise à courte queue. Cerises précoces. Cerises tardives. Cerises à confire. Cerises confites.
Par apposition, Rouge-cerise, Rouge très vif et un peu clair.
CERISIER
n. m.
Arbre qui porte les cerises. Les cerisiers jettent beaucoup de gomme.
CERNE
n. m.
Rond livide qui se fait quelquefois autour d'une plaie lorsqu'elle n'est pas en bon état ou autour des yeux quand ils sont battus.
Il se dit aussi des Cercles concentriques que l'on aperçoit sur la tranche d'un arbre coupé horizontalement. Le nombre des cernes indique celui des années de l'arbre.
Il se dit aussi du Cercle nébuleux qui entoure quelquefois le disque de la lune ou du Cercle qui, sur une étoffe, entoure la place d'une tache qu'on vient de nettoyer.
CERNEAU
n. m.
Noix tirée de la coque avant sa maturité.
CERNER
v. tr.
Entourer, investir un lieu de manière à ôter toute communication, tout moyen de secours extérieur ou de fuite à ceux qui s'y trouvent. Cerner une place de guerre. Cerner un corps de troupes. Les gendarmes cernèrent la maison où il s'était réfugié.
Par extension, Cerner des noix, Les séparer de leur coque. Cerner un arbre au pied, Faire un creux autour d'un arbre pour l'enlever avec ses racines ou pour l'entourer de bonne terre, de fumier, etc. Avoir les yeux cernés, Avoir les yeux entourés d'un cerne.
CÉROPLASTIE ou CÉROPLASTIQUE
n. f.
Art de modeler la cire.
CERTAIN, AINE
adj.
Qui est indubitable. Cela est certain. La nouvelle est certaine. Faire un rapport certain. J'ai eu un avis certain, j'ai reçu l'avis certain que... Je sais cela de science certaine. Preuve certaine. Signe certain. C'est un profit certain. Sa mort est certaine. Il est certain que... On tient pour certain que...
Il signifie aussi Qui est fixé, déterminé. L'assemblée se doit tenir à jour certain. L'enregistrement donne aux actes une date certaine.
Prix certain, taux certain, Prix, taux qui ne varie point. Ces marchandises n'ont pas de prix, de taux certain.
Il signifie aussi Qui est assuré d'une chose, qui en a la certitude. Êtes-vous bien certain que...? Je suis certain de réussir. Je suis certain qu'il réussira.
Il se dit souvent, par antiphrase, de Personnes ou de Choses qui sont à déterminer ou qu'on ne veut pas déterminer et, dans ce sens, on met Certain devant le nom. J'ai ouï dire à certain homme, à un certain homme. Certaines personnes, certaines gens disent que... Il y a certaines choses, de certaines choses pour lesquelles on éprouve de la répugnance. Durant un certain temps. À certaines époques de l'année. Dans certains cas. Un certain nombre. Une certaine quantité.
Il se dit aussi, d'une façon indéterminée, pour atténuer, pour restreindre ce qu'une expression aurait de trop absolu. Cet homme jouit d'une certaine réputation. Je n'y allai pas sans une certaine crainte. L'affaire est d'une certaine importance. Agir avec une certaine modération. C'est un homme d'un certain mérite.
Un certain, suivi d'un nom propre de personne, s'emploie par dédain. J'appris qu'un certain Cléon s'était permis de répandre ce bruit.
En termes de Finance, Le certain désigne la Monnaie prise comme terme fixe de comparaison dans l'évaluation du taux du change.
CERTAINEMENT
adv.
D'une manière certaine. Le savez-vous certainement? Il n'a pu dire certainement ni son âge ni le lieu de sa naissance.
Il signifie aussi par extension Indubitablement. Certainement les hommes sont bien aveugles. Viendrez-vous? Certainement non. Il est certainement le plus habile de tous. Bien certainement.
CERTES
adv.
En vérité, sans mentir. Oui certes. Non certes. Et certes, ce fut avec beaucoup de raison. Certes, ou je me trompe, ou, etc. Il y a, certes, du courage à faire cela.
Il indique quelquefois une concession. Certes, je n'irai pas jusqu'à prétendre que... Non, certes, ce n'est pas cela que je soutiens.
CERTIFICAT
n. m.
Écrit faisant foi de quelque chose. Donner, délivrer un certificat. Prendre un certificat. Avoir un certificat. Produire un certificat. Certificat de propriété. Certificat d'origine. Certificat de capacité. Certificat de bonne vie et moeurs. Certificat de vaccine. Ce domestique a de bons certificats.
En termes scolaires, Certificat d'études. Certificat d'aptitude pédagogique, etc.
Certificat de vie, Certificat qui a pour objet de constater l'existence d'un rentier, d'un titulaire de pension civile ou militaire.
CERTIFICATION
n. f.
T. de Palais
. Action de certifier par écrit. Certification de signatures, Acte constatant la validité des signatures des parties.
CERTIFIER
v. tr.
Témoigner qu'une chose est vraie. Je vous certifie que cela est. Je puis vous le certifier.
Copie certifiée conforme à l'original, ou simplement Certifié conforme.