Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Rechausser
v. tr.
Chausser de nouveau. Il lui a fallu se déchausser et se rechausser.
En termes d'Architecture, il signifie Refaire le pied d'une vieille construction ou Le fortifier avec de nouvelles pierres. Rechausser un mur, une terrasse, un pilier.
Rechausser un arbre, Remettre de la terre au pied d'un arbre.
RÊCHE
adj. des deux genres
. Qui est rude au toucher, âpre au goût. Cette étoffe est rêche. Il a la peau rêche. Poire, pomme rêche.
Il s'emploie aussi figurément et familièrement. Cet homme est rêche, Il est rude, difficile à vivre. On dit de même : Il a l'esprit rêche. Il a l'humeur bien rêche.
RECHERCHE
n. f.
Action de rechercher. Recherche exacte. La recherche de la vérité, La recherche de la paternité. La recherche des coupables. On est à la recherche des auteurs de ce crime. Le coupable a échappé à toutes les recherches. Il a étendu ses recherches fort loin. Le but d'une recherche.
Il se dit spécialement, surtout au pluriel, des Travaux de science et d'érudition, et de leurs Résultats. Il a fait de curieuses recherches sur ce point d'histoire. Ce livre a été écrit d'après les dernières recherches de l'érudition. Il a paru récemment un savant ouvrage intitulé " Recherches sur l'Odyssée ".
Il signifie aussi Enquête sur la vie et les actions de quelqu'un. La recherche des concussionnaires. La recherche des faux nobles. Il a vieilli dans cette acception.
Il signifie également Enquête judiciaire. On ne lit aucune recherche sur sa mort. Toutes les recherches sont restées sans résultat.
Il se dit aussi des Démarches que l'on fait en vue de se marier. Faire la recherche d'une jeune fille. Faire agréer sa recherche.
RECHERCHE se dit en outre du Soin, de l'art, du raffinement qu'on met dans certaines choses. Cette femme est toujours mise avec recherche, avec une extrême recherche. Il comporte le plus souvent une nuance de blâme. Un style naturel et sans recherche. Il y a trop de recherche dans son style. Il y a de la recherche dans la décoration de cette maison.
En termes de Couvreur et de Paveur, il désigne la Réparation que l'on fait en remettant des tuiles, des ardoises ou des pavés aux endroits où il en manque. Il suffira de faire une recherche à ce pavé, à cette couverture. Il faut faire une recherche par an pour entretenir cette chaussée.
En termes d'Eaux et Forêts, il désigne l'Opération par laquelle on s'assure des arbres qui manquent et qui doivent être remplacés.
RECHERCHER
v. tr.
Chercher de nouveau. Je l'ai cherché et recherché sans le pouvoir jamais trouver.
Il signifie aussi Chercher avec soin. Rechercher les secrets de la nature. Il recherche quelle peut être la cause de ce phénomène. Rechercher les moyens de faire une chose, par quels moyens on pourra faire une chose. Il a recherché tout ce qui peut se dire sur ce sujet. Il recherche tous les passages grecs et latins qui se rapportent à ce fait.
Il signifie également Enquêter sur les actions ou la vie de quelqu'un; Faire une enquête pour exercer des poursuites criminelles. On formait autrefois des chambres de justice pour rechercher les financiers. On rechercha les propagateurs de ces fausses nouvelles. On recherche l'auteur de ce crime. Il croyait qu'il ne serait pas recherché.
Il signifie encore Tâcher de se procurer, d'obtenir. On recherche beaucoup les tableaux de cet artiste, les produits de cette fabrique. Tels sont les avantages qu'il recherche. Rechercher la faveur du prince. Rechercher l'amitié, les bonnes grâces de quelqu'un. Rechercher sa société, son commerce, son alliance. Il recherche plus la fortune que la considération.
Il signifie, en parlant des Personnes, Désirer de voir, de connaître, de fréquenter. C'est un homme aimable que tout le monde recherche. Les grands le recherchaient plus qu'il ne les recherchait lui-même. Les hommes de goût se devinent et se recherchent mutuellement.
Rechercher une jeune fille, une veuve en mariage ou, absolument, Rechercher une jeune fille, une veuve, Faire les démarches nécessaires pour obtenir de l'épouser.
Le participe passé RECHERCHÉ se dit adjectivement des Choses où il entre du raffinement. On lui fit souffrir des tortures recherchées. Un supplice recherché. Il se dit aussi des Choses où le travail et l'art se font trop sentir, qui manquent de naturel, où il y a de l'affectation. Parure recherchée. Ajustement recherché. Ornements trop recherchés. Pensée, expression recherchée. L'attitude, la pose de cet figure est trop recherchée. On dit de même Une personne recherchée dans sa parure, dans ses expressions. Un écrivain recherché dans son style ou, simplement, Un écrivain recherché.
Un homme fort recherché dans le monde, dans la société, Un homme qu'on désire fréquenter, qu'on s'empresse d'attirer et de recevoir chez soi.
RECHIGNER
v. intr.
Témoigner par l'air de son visage la mauvaise humeur où l'on est, le chagrin, la répugnance qu'on éprouve. Qu'avez-vous à rechigner? Il rechigne toujours. Il fait les choses de mauvaise grâce et en rechignant. Il a rechigné à cette proposition. Il est familier.
Le participe passé s'emploie adjectivement. Une petite vieille rechignée. On dit de même Un visage rechigné. Une mine rechignée.
RECHUTE
n. f.
Seconde chute, nouvelle chute. Il ne se dit guère qu'au figuré en parlant du Retour d'une maladie dont la guérison était récente et incomplète. Une dangereuse rechute. On craint une rechute. Il était guéri, mais il vient d'avoir une rechute.
Il se dit figurément du Retour au péché ou, en général, à la même faute. Les fréquentes rechutes mènent à l'endurcissement.
RÉCIDIVE
n. f.
Rechute dans une faute; Action de commettre de nouveau le même délit, le même crime. En cas de récidive. À la première récidive, il sera puni. Il y a récidive. La récidive entraîne une peine plus forte que celle à laquelle on a été condamné précédemment. Être accusé de vol avec récidive.
En termes de Médecine, il signifie Réapparition d'une maladie après une guérison en apparence complète et au bout d'un laps de temps quelquefois fort long. La récidive d'une tumeur.
RÉCIDIVER
v. intr.
Faire une récidive, retomber dans une faute; Commettre de nouveau le même délit, le même crime.
En termes de Médecine, Il se dit d'une Maladie guérie qui reparaît après un laps de temps plus ou moins long. La maladie a récidivé.
Le participe passé s'emploie adjectivement en termes de Médecine. Une tumeur récidivée.
RÉCIDIVISTE
n. des deux genres
. Celui, celle qui est en état de récidive. Il a été condamné comme récidiviste. Le tribunal jugea plusieurs récidivistes.
RÉCIF
n. m.
Rocher ou chaîne de rochers à fleur d'eau, dans la mer. Une mer pleine de récifs.
RÉCIPIENDAIRE
n. m.
Celui que l'on reçoit dans quelque corps, dans quelque compagnie, avec une certaine solennité, avec un certain cérémonial. À l'Académie française, le récipiendaire prononce un remerciement et le directeur y fait une réponse.
RÉCIPIENT
n. m.
T. didactique
. Vase adapté à la cornue ou à l'alambic pour recevoir les produits d'une distillation ou de toute autre opération chimique. Un récipient de verre. La cornue et le récipient.
Il désigne aussi la Cloche de verre qu'on place sur le plateau d'une machine pneumatique et où l'on renferme les corps que l'on veut mettre dans le vide. Pomper l'air du récipient.
Dans le langage ordinaire, il s'emploie en un sens général pour désigner Toutes sortes de vases, quels qu'en soient la matière, la forme et l'usage.
RÉCIPROCITÉ
n. f.
État, qualité, caractère de ce qui est réciproque. La réciprocité de l'amitié, des services. Je suis très sensible à votre amitié et vous pouvez compter sur une entière réciprocité. Il y a entre nous parfaite réciprocité de sentiments. Dans ce traité de paix, telle puissance renonce à tel droit, à charge de réciprocité.
RÉCIPROQUE
adj. des deux genres
. Il se dit en parlant de Deux personnes ou de deux choses dont chacune exerce sur l'autre une action équivalente à celle qu'elle en reçoit. Amour réciproque. Bienfaits réciproques. Accusation réciproque. Les sentiments qu'ils ont l'un pour l'autre sont bien réciproques. Mouvement réciproque de deux pendules mis en présence. L'action, l'influence réciproque des lois sur les moeurs, et des moeurs sur les lois.
En termes de Grammaire, Verbes réciproques, Les verbes pronominaux qui expriment l'action réciproque de plusieurs objets les uns sur les autres, comme dans ces phrases : Ces deux propositions se contredisent. Ces quatre hommes se battaient et se disaient des injures. Souvent, pour exprimer avec plus de clarté le sens réciproque, on ajoute les mots l'un l'autre ou un des adverbes réciproquement, mutuellement, ou l'on place le mot entre avant le verbe. Ces deux hommes s'aident réciproquement. Ils s'aidaient l'un l'autre. Ils s'entraident.
En termes de Logique, Propositions réciproques, Deux propositions telles que le sujet de l'une peut devenir l'attribut de l'autre, et réciproquement. Ces deux propositions : L'homme est un animal raisonnable, l'animal raisonnable est un homme, sont réciproques.
Termes réciproques, Termes qui ont la même signification et qui peuvent se prendre l'un pour l'autre. Les mots Homme et Animal raisonnable sont des termes réciproques.
RÉCIPROQUE s'emploie aussi comme nom féminin, en termes de Logique, pour signifier l'inverse. La réciproque est vraie.
Il s'emploie aussi dans le langage familier. Je vous rendrai la réciproque, Je vous rendrai la pareille, j'en ferai autant pour vous que vous en ferez pour moi.
RÉCIPROQUEMENT
adv.
Mutuellement, d'une manière réciproque. Ils se rendent réciproquement de bons offices. S'aimer réciproquement. Ils se sont obligés réciproquement.
Il faut qu'une femme soit fidèle à son mari, et réciproquement, Il faut que le mari le soit aussi, le soit de son côté.
En termes de Mathématiques, Un triangle qui a les trois côtés égaux a les trois angles égaux, et réciproquement, De même un triangle qui a les trois angles égaux a les trois côtés égaux.
RÉCIT
n. m.
Relation, narration, orale ou écrite, d'un événement. Récit exact, naïf, fidèle, ennuyeux. Un long récit. Le récit d'un fait, d'un événement. Faites-nous le récit de cette aventure, le récit de ce qui s'est passé. Il nous a touchés par le récit de ses malheurs. Abrégez votre récit. Récit historique. Récit poétique, épique.
En termes d'Art dramatique, il se dit de la Narration détaillée d'un événement important qui vient de se passer et qui n'est pas représenté en action. Le récit du combat dans Le Cid. Le récit de Théramène, dans la tragédie de Phèdre.
En termes de Musique, il se dit d'Un des claviers de l'orgue, qui comprend des jeux plus spécialement destinés à être joués en solo. Il se dit aussi du Récitatif dans un opéra, un oratorio, etc.
RÉCITANT
n. m.
Celui qui récite, qui déclame, qui lit un texte.
Il se dit encore, en termes de Musique, de Celui qui chante le récit dans un oratorio, dans une cantate.
RÉCITATIF
n. m.
T. de Musique
. Sorte de chant déclamé qui prend place dans la musique de théâtre, dans un oratorio, entre les divers morceaux purement mélodiques.
RÉCITATION
n. f.
Action de réciter, de prononcer un texte qu'on sait par coeur, en prenant un ton moins élevé que celui de la déclamation, et plus élevé que le ton de la simple lecture.
Il se dit aussi de l'Action de dire de mémoire un texte qu'on avait pour obligation d'apprendre par coeur. La récitation des leçons. Une composition de récitation.
RÉCITER
v. tr.
Prononcer à voix haute, et d'une manière soutenue, quelque discours, quelque morceau de prose ou de vers qu'on sait par coeur. Réciter des vers. Réciter avec intelligence. L'acteur Baron disait qu'on ne doit pas déclamer la tragédie, qu'on doit la réciter. En ce sens il est vieux.
Il signifie surtout Dire de mémoire un texte qu'on avait pour obligation d'apprendre par coeur. Réciter sa leçon.
RÉCLAMANT, ANTE
n.
T. de Jurisprudence . Celui, celle qui présente une réclamation. Le tribunal n'admit pas la prétention du réclamant.
RÉCLAMATION
n. f.
Action de protester, de s'opposer, de revendiquer. Cette loi excita beaucoup de réclamations. Cet avis a passé sans réclamation, malgré toutes les réclamations. Faire une réclamation. On a fait droit à sa réclamation.
Réclamation d'état, Action judiciaire ayant pour objet de faire statuer sur l'état civil d'une personne à laquelle il est contesté.
RÉCLAME
n. m.
T. de Fauconnerie
. Le cri et le signe qu'on fait à un oiseau pour le faire revenir au leurre ou sur le poing. Un oiseau qui vient au réclame.
RÉCLAME
n. f.
Article inséré dans le corps d'un journal et qui a pour objet d'attirer l'attention sur un livre, une marchandise, un médicament, etc., plus sûrement que par une annonce ostensiblement payée. Réclame coûteuse, gratuite.
Il se dit aussi figurément de Toute forme de publicité. Il abuse de la réclame. Faire de la réclame. Fig., Vous m'avez fait une belle réclame.
Prix de réclame, Prix très bas pour tenter l'acheteur.
RÉCLAME se disait, en termes d'Imprimerie, d'un Mot qu'on mettait au-dessous de la dernière ligne d'une feuille ou même d'une page d'impression et qui était le premier de la feuille, de la page suivante.
RÉCLAMER
v. tr.
Implorer, demander avec instance. Réclamer l'assistance, le secours de Dieu. Je réclame vos bontés, votre indulgence.
Il signifie aussi Revendiquer, demander une chose à laquelle on a des droits. Il trouva le cheval qu'on lui avait pris et le réclama. Réclamer un objet qu'on a prêté. Je réclame l'exécution de votre promesse. Réclamer son droit.
Prix à réclamer se dit, dans une Course de chevaux, du Droit que l'on a de réclamer, pour un prix fixé à l'avance, l'un des chevaux qui ont pris part à la course.
RÉCLAMER signifie également Intervenir en faveur de quelqu'un pour le faire remettre en liberté. Aller au poste de police réclamer quelqu'un.
En termes de Fauconnerie, Réclamer un oiseau, L'appeler pour le faire revenir sur le poing ou au leurre.
RÉCLAMER est aussi intransitif et signifie Contredire, s'opposer par la parole. Je réclame contre cela. Cela a été résolu; y a-t-il quelqu'un qui réclame, qui réclame contre? Personne ne réclame?
Il signifie aussi Protester, revenir en justice contre quelque acte. Un majeur a dix ans pour réclamer contre les actes faits pendant sa minorité.
SE RÉCLAMER DE signifie Invoquer le témoignage ou la caution de quelqu'un. Se réclamer de son consul.
Il signifie aussi Se prévaloir. Il se réclame de ses ancêtres, de ses origines.
RECLASSEMENT
n. m.
Nouveau classement de personnes ou de choses, par lequel un ancien classement est corrigé. Le reclassement des valeurs.
RECLASSER
v. tr.
Procéder à un reclassement. Reclasser des pièces d'archives.
RECLURE
(Il n'est d'usage qu'à l'infinitif et au participe passé Reclus.)v. tr. Renfermer dans une clôture étroite et rigoureuse, où l'on n'a aucune communication avec le reste des hommes. Reclure un pénitent, un religieux. Se reclure dans une cellule. Il vieillit.
Il est reclus dans sa chambre, dans sa maison, Il n'en sort point et ne veut voir personne. Il demeure reclus dans sa maison tout le long de l'hiver.
Le participe passé s'emploie substantivement. C'est un reclus. Vivre comme un reclus, comme une recluse.
RÉCLUSION
n. f.
État d'une personne renfermée. Il s'est condamné lui-même à une réclusion absolue. On a ordonné sa réclusion.
Il se dit, en termes de Jurisprudence, de la Peine afflictive et infamante qui consiste à enfermer quelqu'un dans une maison de force. Il a été condamné à la réclusion.
RÉCOGNITIF
(On prononce séparément le G et l'N.)adj. m. T. de Jurisprudence
. Il ne s'emploie que dans l'expression : Acte récognitif, Acte par lequel on reconnaît ou on ratifie une obligation, en rappelant le titre qui l'a créée.
RECOIFFER
v. tr.
Coiffer une seconde fois, réparer le désordre d'une coiffure. Le vent avait dérangé ses cheveux, on a été obligé de la recoiffer. Se recoiffer.
SE RECOIFFER signifie encore Remettre son chapeau. Tandis que les autres restaient découverts, il se recoiffa.
RECOIN
n. m.
Coin plus caché, moins en vue. Il était dans un recoin où l'on eut bien de la peine à le trouver. Il n'y a coin et recoin où l'on n'ait cherché.
Fig. et fam., Les recoins du coeur, de la conscience, Les replis du coeur, de la conscience, ce qu'il y a de plus caché dans le coeur, dans la conscience.
RÉCOLEMENT
n. m.
T. d'ancienne Jurisprudence
. Action par laquelle on récolait les témoins. Faire le récolement des témoins. Après le récolement et la confrontation.
En termes de Procédure, Faire le récolement d'un inventaire, Vérifier tous les effets, tous les papiers contenus dans un Inventaire. Faire le récolement de meubles et d'effets saisis, Vérifier s'ils sont tous portés sur le procès- verbal de saisie. On dit de même Procès- verbal de récolement.
RÉCOLEMENT se dit aussi du Procès-verbal de visite que font les agents de l'administration forestière, pour vérifier si une coupe de bois a été faite conformément aux ordonnances. Récolement de bois.
Il se dit aussi de la Vérification que l'on fait dans une bibliothèque pour s'assurer que tous les ouvrages portés à l'inventaire sont bien en place et complets. Faire un récolement.
RÉCOLER
v. tr.
T. d'ancienne Jurisprudence
. Lire à des témoins qui ont été entendus dans une procédure criminelle la déposition qu'ils ont faite, pour voir s'ils y persistent. Récoler des témoins. Quand les témoins ont été récolés et confrontés.
Il signifie aussi Faire un récolement. Récoler les manuscrits d'une bibliothèque. Récoler une coupe de bois.
RÉCOLLECTION
n. f.
T. de Spiritualité
. Action par laquelle on se recueille. Profonde récollection. Récollection intérieure. Ils se sont réunis en une journée de récollection. Il est vieux.
RECOLLEMENT
n. m.
Action de recoller. Il se dit particulièrement en termes de Médecine. Le recollement de la peau.
RECOLLER
v. tr.
Coller de nouveau. Ce papier s'est décollé, il faut le recoller.
RÉCOLLETS
n. m. pl.
Religieux réformés de l'ordre de Saint-François.
RÉCOLLIGER (SE)
v. pron.
T. de Spiritualité
. Se recueillir en soi-même. Il faut se récolliger pour bien faire son examen. Il est vieux.
RÉCOLTE
n. f.
Action de recueillir les produits de la terre. La récolte des blés. Quand il aura fait sa récolte. Après la récolte. À l'époque de la récolte.
Il désigne aussi les Produits ainsi recueillis. Belle récolte. La récolte a été abondante, a été mauvaise. Rentrer la récolte. On a saisi ses récoltes. Cette pluie gâtera la récolte.
Il se dit, figurément, en parlant de Certaines choses qu'on reçoit ou qu'on rassemble. Cette quêteuse a fait une bonne récolte. Il a fait une ample récolte de faits, d'observations pour l'ouvrage qu'il prépare. Dans son voyage, il a fait une abondante récolte d'objets curieux.
RÉCOLTER
v. tr.
Faire une récolte. Il a récolté beaucoup, de blé, beaucoup de vin. Fig., Il n'y a à récolter que des coups.
Prov. et fig., Qui sème le vent récolte la tempête, Quand on commet des actes, quand on tient des discours, etc., de nature à provoquer des désordres, on ne peut s'étonner du résultat.
RECOMMANDABLE
adj. des deux genres
. Qui est estimable, qui mérite d'être considéré. Sa vertu le rend recommandable. Il est recommandable par toutes ses bonnes qualités. Un individu peu recommandable. La modestie est une des vertus les plus recommandables.
RECOMMANDATION
n. f.
Exhortation instante, conseil pressant. Il a fait cela malgré toutes mes recommandations. Il se dit aussi de l'Action de recommander quelqu'un. C'est une puissante recommandation que la sienne. Il m'a accordé cette faveur à votre recommandation. Il a eu égard à ma recommandation. Il a eu de fortes recommandations auprès de ses examinateurs. Lettres de recommandation. Une recommandation pressante.
Prière de la recommandation de l'âme, La prière que l'Église catholique fait à Dieu pour les agonisants.
RECOMMANDATION se dit encore de l'Estime qu'on a pour la vertu, pour le mérite. La sainteté de sa vie l'avait mis partout en grande recommandation.
Il se dit aussi d'un Titre dont on peut se prévaloir, qui vous vaut de l'estime. Avoir servi ainsi n'est pas une recommandation. C'est déjà une recommandation d'avoir été employé dans cette maison.
Il se dit encore, en termes d'Administration postale, de l'Action de recommander une lettre, un paquet. La recommandation d'une lettre. Il y a un supplément à payer pour la recommandation.
RECOMMANDER
v. tr.
Ordonner à quelqu'un, prier avec instance quelqu'un de faire quelque chose, lui donner à ce sujet des instructions précises. J'ai recommandé à mes gens de vous obéir comme à moi-même. On m'a recommandé de veiller sur lui, sur toutes ses démarches. On m'a bien recommandé de vous assurer que...
Recommander le secret à quelqu'un, Lui ordonner ou le prier de garder le secret.
RECOMMANDER signifie aussi Conseiller particulièrement quelque chose, exhorter une personne à quelque chose. On lui a recommandé d'être sage. Recommander à ses enfants d'aimer la vertu, de fuir le vice. On m'a recommandé la lecture de ce livre.
Il signifie encore Désigner à l'attention, à la bienveillance, à la protection de quelqu'un. Je vous ai recommandé un tel. Je l'ai déjà recommandé à tous mes amis. Je vous recommande mon affaire. Je recommande cet homme à vos bontés.
Recommander quelqu'un aux prières, aux aumônes des fidèles, Exhorter à prier Dieu pour lui, à lui faire des charités. Recommander quelqu'un au prône, Le recommander aux prières ou aux charités des paroissiens, en faisant le prône.
Fig., fam. et par ironie, Il a été bien recommandé au prône, On a dit beaucoup de choses contre lui à quelqu'un qui peut lui nuire.
Il recommande son âme à Dieu ou Il se recommande à Dieu, Il réclame le secours de Dieu, il prie Dieu d'avoir pitié de lui.
Fig. et fam., Il se recommande à tous les saints et saintes du paradis, Il implore l'assistance, la protection de tout le monde.
Se recommander à quelqu'un, à ses bontés, etc. Formule de sollicitation, et plus souvent de simple politesse. Dites-lui que je me recommande bien à lui, que je me recommande à ses bontés, à son souvenir.
Cette personne, cette chose se recommande d'elle-même, Elle a assez de mérite, de valeur pour qu'il ne soit pas nécessaire de la vanter. Le vrai mérite se recommande de lui-même.
En termes d'Administration postale, Recommander une lettre, un paquet, Faire enregistrer à la poste une lettre, un paquet afin qu'ils soient remis au destinataire en mains propres, contre signature. Un imprimé recommandé.
RECOMMANDER signifie encore Rendre recommandable. Il n'a rien fait encore qui puisse recommander son nom à la postérité.
SE RECOMMANDER DE signifie Invoquer en sa faveur le nom, le témoignage de quelqu'un; attester qu'on en est connu. Il fut relâché parce qu'il se recommanda de l'ambassadeur. Vous pouvez vous recommander de moi.
RECOMMENCEMENT
n. m.
Action de recommencer. On dit souvent que l'histoire est un perpétuel recommencement.
RECOMMENCER
v. tr.
Commencer de nouveau à faire ce qu'on a déjà fait. Recommencer la guerre. Il recommence à bâtir. Recommencer un travail. Il recommence ses lamentations.
En termes de Manège, Recommencer un cheval, Le remettre aux premières leçons. Il est des chevaux qui oublient et qui se démentent, il faut les recommencer.
RECOMMENCER est aussi intransitif. La pluie recommence. La guerre a recommencé. Les troubles recommencèrent. Il recommence à marcher.
Fam., Recommencer de plus belle, Faire de nouveau quelque chose avec plus d'ardeur que la première fois. Il avait été longtemps sans jouer; il a recommencé de plus belle. La chaleur a recommencé de plus belle.
Fig. et fam., Recommencer sur nouveaux frais, Recommencer de nouveau un ouvrage, un travail, comme si rien n'en eût été fait.
Fam., C'est toujours à recommencer, se dit en parlant d'un Ouvrage où il y a toujours quelque chose à refaire, ou d'une Chose qu'on répété inutilement. Je ne verrai jamais la fin de ce travail; c'est toujours à recommencer. Il ne profite d'aucun avis; avec lui c'est toujours à recommencer.
RECOMMENCER, verbe intransitif, s'emploie aussi impersonnellement. Il recommence à pleuvoir, à faire froid.
RÉCOMPENSE
n. f.
Bien qu'on fait à quelqu'un, en reconnaissance d'un service ou en faveur de quelque bonne action. Promettre, donner, refuser une récompense. Recevoir, obtenir récompense. Mériter récompense. Décerner des récompenses. Récompense proportionnée au mérite. La vertu est à elle-même sa récompense. Il espère récompense. Il n'attend de récompense, sa récompense que de Dieu. C'est une récompense due à son mérite. On lui a donné ce poste en récompense de ses services. Il a reçu ce livre en récompense. C'est ce qu'il a eu comme récompense. Voilà toute la récompense que j'en ai eue.
Il s'emploie souvent par antiphrase. C'était un méchant homme, il a eu la récompense qu'il méritait.
Il signifie aussi Compensation ou dédommagement. On lui donna tant pour récompense des pertes qu'il avait faites. Il faut lui accorder quelque récompense pour le dommage qu'il a souffert. Pour récompense, on lui donna une pension. Il vieillit dans cette acception.
Il désigne particulièrement, en termes de Jurisprudence, l'Indemnité ou le remploi dû lorsqu'on fait des liquidations de communautés conjugales ou de successions. Récompense due à la communauté par les époux, aux époux par la communauté.
EN RÉCOMPENSE,loc. adv.
Par une sorte de compensation, en retour. Je vous prie de me rendre ce bon office, et en récompense je ferai pour vous telle chose.
RÉCOMPENSER
v. tr.
Donner une récompense, faire du bien à quelqu'un en reconnaissance de quelque service, ou en faveur de quelque bonne action. Il a été mal récompensé. Il n'a pas été récompensé selon son mérite. Si vous faites le bien, Dieu vous en récompensera. On dit de même : Récompenser les services de quelqu'un; récompenser une bonne action, le mérite, la vertu, etc. Absolument, Il y a un Dieu qui récompense et qui punit.
Il s'emploie aussi par antiphrase. Il a été justement récompensé de ses perfidies.
Il signifie aussi Dédommager. Je sais que vous avez beaucoup perdu, mais je vous récompenserai. Nous ferons un autre marché qui vous récompensera. Il vieillit en ce sens.
RECOMPOSER
v. tr.
Composer une seconde fois. Recomposer un groupe, une équipe, un service administratif.
En termes de Chimie, Il signifie Réunir les parties d'un corps qui avaient été séparées par quelque opération.
En termes d'Imprimerie, il signifie Composer à nouveau un texte. Ce passage était si chargé de corrections qu'il a fallu le recomposer.
RECOMPOSITION
n. f.
T. de Chimie
. Action de recomposer un corps, ou Effet qui résulte de cette action. On dit plutôt SYNTHÈSE.
Il s'emploie aussi en termes d'Imprimerie et désigne l'Action de recomposer un texte.
RECOMPTER
v. tr.
Compter de nouveau. Je puis m'être trompé, recomptez cette somme.
RÉCONCILIABLE
adj. des deux genres
. Qui peut être réconcilié. Il ne s'emploie guère qu'avec une négation. Ces deux hommes ne sont pas si brouillés qu'ils ne soient réconciliables. Il est peu usité.
RÉCONCILIATEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui réconcilie des personnes brouillées.
RÉCONCILIATION
n. f.
Raccommodement de personnes qui étaient brouillées. Véritable, sincère réconciliation. Réconciliation feinte, plâtrée. Il a travaillé à leur réconciliation. Il a ménagé cette réconciliation. Il lui tendit la main en signe de réconciliation.
Il se dit, chez les Catholiques, de l'Acte solennel par lequel un hérétique est réuni à l'Église et relevé des censures qu'il avait encourues.
Il se dit aussi de la Cérémonie qu'on fait pour bénir à nouveau une église profanée.
RÉCONCILIER
v. tr.
Remettre d'accord ensemble des personnes qui étaient brouillées. Je les ai réconciliées. Il est impossible de les réconcilier. Cet événement les a réconciliés.
Cette bonne action me réconcilie avec lui, Elle me fait revenir sur son compte, elle me fait oublier les griefs que j'avais contre lui. Chez les Catholiques, Réconcilier un hérétique à l'Église, Le réunir à l'Église en le relevant des censures qu'il a encourues. Réconcilier une église, La bénir à nouveau avec de certaines cérémonies, quand elle a été profanée.
RÉCONCILIER s'emploie figurément en parlant de Certaines choses qui sont ou qui semblent opposées et signifie Concilier, accorder. Réconcilier le théâtre avec la morale, avec la religion. Réconcilier la politique et la morale.
SE RÉCONCILIER se dit des Personnes qui, après avoir été brouillées, se raccommodent. Je me suis réconcilié avec lui. Ils se sont réconciliés par mon entremise. Ils se sont réconciliés d'eux-mêmes.
Se réconcilier avec soi-même, Se remettre bien avec soi-même, en apaisant les reproches de sa conscience.
Se réconcilier avec Dieu, avec l'Église, Demander pardon à Dieu de ses péchés et rechercher la grâce par le moyen des sacrements. Absolument, Se réconcilier. Il est mort réconcilié.
RECONDUCTION
n. f.
T. de Jurisprudence
. Il ne s'emploie que dans ces expressions : Tacite reconduction, Renouvellement automatique d'un contrat, d'un bail s'il n'a pas été dénoncé en temps utile. Reconduction expresse. Renouvellement d'un contrat, d'un bail par paroles expresses, verbalement ou par écrit.
RECONDUIRE
v. tr.
Accompagner quelqu'un lorsqu'il s'en retourne. Tout en causant, je l'ai reconduit à une demi-lieue sans m'en apercevoir. Je vais vous faire reconduire dans ma voiture. On dit que la route n'est pas sûre, prenez quelqu'un pour vous reconduire.
Il signifie aussi Accompagner par civilité une personne dont on a reçu visite, lorsqu'elle s'en va. Ne faites point de cérémonie, ne me reconduisez pas. Reconduire quelqu'un jusqu'au bas de l'escalier, jusqu'à sa voiture.
Il s'emploie ironiquement et familièrement en parlant d'un Homme qu'on chasse, qu'on expulse en le maltraitant. Il a reconduit cet insolent de la belle manière. Si vous continuez sur ce ton, vous vous ferez reconduire. L'ennemi a été reconduit vivement jusqu'à la frontière.
RECONDUITE
n. f.
Action de reconduire quelqu'un. Faire la reconduite. Chargez-vous de la reconduite.
Il s'emploie aussi ironiquement. La reconduite qu'on lui fit ne fut pas pour lui plaire.
RÉCONFORT
n. m.
Ce qui réconforte. Tout son réconfort est que... Voilà tout son réconfort. Dieu sera notre réconfort. C'est le réconfort des affligés.
RÉCONFORTANT, ANTE
adj.
Qui réconforte ou qui est propre à réconforter. Un repas réconfortant. Des paroles réconfortantes.
Substantivement, au masculin, Un réconfortant, Un breuvage, un médicament qui réconforte.
RÉCONFORTER
v. tr.
Relever les forces, ranimer, remonter. Cela réconforte l'estomac. Il a pris un peu de vin qui l'a réconforté.
Il se dit aussi au sens moral. Vos bonnes paroles m'ont réconforté à l'heure du découragement. Il fut longtemps à se réconforter. Absolument, L'amitié réconforte.
Il signifie encore Consoler dans l'affliction. Il est si désolé que rien ne peut le réconforter.
RECONNAISSABLE
adj. des deux genres . Qui est facile à reconnaître. Il est si changé qu'il n'est pas reconnaissable. On a fait tant de nouvelles constructions dans cette ville qu'elle n'est plus reconnaissable. Il serait reconnaissable entre mille.
RECONNAISSANCE
n. f.
Action par laquelle on retrouve dans sa mémoire l'idée, l'image d'une chose ou d'une personne quand on vient à la revoir. Une lettre fut cause de leur mutuelle reconnaissance. Il reconnut les meubles qu'on lui avait volés; et, après que la reconnaissance qu'il en fit eut été vérifiée devant le juge, ils lui furent délivrés.
En termes de Marine, Signaux de reconnaissance, Signaux convenus faits entre deux navires, ou entre un navire et la terre, pour se reconnaître.
RECONNAISSANCE Se dit aussi de l'Action d'examiner en détail et avec soin certains objets pour en constater l'espèce, le nombre, etc. Faire la reconnaissance des lieux, des meubles, des papiers. La reconnaissance sera longue.
Il se dit encore d'un Acte par lequel on reconnaît qu'on a reçu quelque chose, soit par emprunt, soit en dépôt, ou pour reconnaître qu'on est obligé à quelque chose. Il me donna ses pierreries en garde, je lui en donnai ma reconnaissance. Il m'a passé une reconnaissance de la rente, de la pension qu'il me doit. Une reconnaissance de dette. Une reconnaissance du Mont-de-Piété.
Reconnaissance de promesse ou d'écriture, Acte par lequel un homme reconnaît qu'une promesse est de lui, que l'écriture qu'on lui présente est de sa main. Il avait fait une promesse sous-seing privé, et il en a passé reconnaissance, sa reconnaissance par-devant notaires.
Reconnaissance d'enfant, Acte par lequel on reconnaît être le père ou la mère d'un enfant naturel. Il n'y eut de reconnaissance que de la part du père.
RECONNAISSANCE signifie encore Aveu, confession d'une faute. Cette prompte reconnaissance de sa faute lui en a mérité le pardon.
En termes de Diplomatie, il se dit de l'Action de reconnaître, d'admettre comme légal un gouvernement étranger. La reconnaissance de ce gouvernement par l'Angleterre ne se fit point attendre.
Il signifie aussi Gratitude, souvenir des bienfaits reçus. Reconnaissance émue. Avoir de la reconnaissance. Témoigner sa reconnaissance. Il a des droits à ma reconnaissance. Vous pouvez compter sur ma reconnaissance. Il a fait cela par reconnaissance. Il m'a rendu de grands services, j'en aurai, j'en conserverai une éternelle reconnaissance. Il manque de reconnaissance envers son bienfaiteur. Je suis pénétré de reconnaissance pour toutes vos bontés. Recevez ce présent en reconnaissance de ce que vous avez fait pour moi.
En termes de Guerre, il désigne l'Action d'examiner la position, la nature d'un terrain et les dispositions de l'ennemi. Le général a envoyé un détachement faire une reconnaissance. Opérer une reconnaissance. Cette troupe est allée en reconnaissance. On les a envoyés en reconnaissance.
En termes de Marine, il se dit de l'Action d'apercevoir, de découvrir, d'explorer des côtes, des rades, etc., en naviguant. Il fit la reconnaissance d'une baie qui avait échappé à tous les autres navigateurs.
RECONNAISSANT, ANTE
adj.
Qui a de la reconnaissance, de la gratitude. Il est bien reconnaissant des services que vous lui avez rendus. Il a une âme reconnaissante, un coeur reconnaissant.
RECONNAÎTRE
v. tr.
Retrouver dans sa mémoire l'idée, l'image d'une personne, d'une chose, quand on vient à la revoir ou à l'entendre. Il y avait longtemps que je ne l'avais vu, j'ai eu de la peine à le reconnaître. Je l'ai reconnu à sa démarche, à sa voix. Ne me reconnaissez- vous point? J'ai reconnu un tel malgré son déguisement. Que chacun reconnaisse ses effets, ses livres, etc. Ce chien a reconnu la voix de son maître. Je n'ai été qu'une fois chez lui, mais je reconnaîtrai le chemin, la maison.
Il signifie encore Connaître, distinguer, à quelque signe, à quelque caractère, d'après quelque indication, une personne ou une chose qu'on n'a jamais vue. Je l'ai reconnu au portrait que vous m'en aviez fait. On le reconnut à une balafre qu'il avait au front. Il a reconnu cette plante à divers signes, à divers caractères.
Il s'emploie aussi figurément. Je reconnais cet homme à ses perfidies. On reconnaît un écrivain à son style. Je reconnais bien la bonté de votre coeur. Je vous reconnais bien là. À ce trait de déloyauté, je ne le reconnais pas.
Se faire reconnaître, Se nommer, donner des indications pour prouver qui on est.
RECONNAÎTRE signifie encore Parvenir à connaître, à apercevoir, à découvrir la vérité de quelque chose. On a reconnu son innocence. On a reconnu sa trahison, sa perfidie.
Il signifie aussi Admettre une chose comme vraie, comme incontestable. Ce fait est reconnu de tout le monde. C'est une vérité reconnue. On a reconnu que cela était nécessaire.
Avec la négation il signifie Ne plus avoir égard, ne plus écouter. Il ne reconnaît ni parents ni amis. Il ne reconnaît d'autre loi que sa volonté, d'autre maître que lui-même.
RECONNAÎTRE signifie aussi Avouer, confesser, déclarer. Il a reconnu sa faute, son tort. Il a reconnu la dette. Je reconnais avoir reçu... Je reconnais qu'un tel m'a prêté telle somme. Il ne veut pas reconnaître qu'il a eu tort. Je reconnais avec vous que telle chose est ainsi. Je reconnais mon erreur.
Reconnaître pour, Avouer pour, reconnaître en telle qualité. Il a reconnu un tel pour son fils. Ces peuples l'ont reconnu pour leur roi. C'est un honnête homme, et reconnu pour tel.
Il s'emploie absolument dans ce sens et signifie Reconnaître pour chef, pour roi. Après plusieurs années de guerre civile, toute la France reconnut Henri IV.
Reconnaître un gouvernement, L'admettre parmi les puissances constituées, entrer en rapport avec lui. Son gouvernement avait été reconnu par les puissances étrangères. On dit de même : Reconnaître un prince, un souverain.
En termes de Guerre, Faire reconnaître un officier, Le proclamer en présence de la troupe où il doit commander.
Reconnaître sa signature, Avouer qu'on a signé l'écrit dont il s'agit. On dit de même : Reconnaître une lettre, une écriture, une promesse, un billet.
Reconnaître un enfant, Déclarer, dans les formes authentiques, qu'on est le père ou la mère d'un enfant naturel.
Reconnaître une redevance, une rente, En passer une reconnaissance.
RECONNAÎTRE signifie encore Considérer, observer, remarquer. Reconnaître les lieux. Reconnaître les dispositions de quelqu'un.
Il se dit spécialement en termes de Guerre. Reconnaître l'ennemi, un pays, une place qu'on veut attaquer. On envoya de la cavalerie reconnaître les passages, les chemins, les défilés. Reconnaître une patrouille, une ronde, etc., S'assurer qu'une patrouille, qu'une ronde, etc., n'est point ennemie, ni suspecte. Le caporal sortit du poste pour reconnaître la patrouille.
En termes de Marine, Reconnaître un bâtiment, Le découvrir, l'apercevoir. Reconnaître une terre, En observer la situation.
RECONNAÎTRE signifie aussi Explorer des contrées, des eaux inconnues. Il reconnut ce fleuve jusqu'à une grande distance de son embouchure.
RECONNAÎTRE signifie encore Avoir de la gratitude. Reconnaître les bienfaits qu'on a reçus, les bons procédés dont on a été l'objet. Je reconnaîtrai tout ce que vous avez fait pour moi.
Reconnaître un service, Le récompenser. Il a fort mal reconnu les bons offices qu'on lui a rendus.
SE RECONNAÎTRE signifie Trouver son image, sa ressemblance dans un miroir, dans un portrait. On se reconnaît difficilement soi-même dans un portrait. À la fin de sa maladie, il se regarda dans un miroir et il eut de la peine à se reconnaître.
Il signifie aussi figurément Retrouver ses sentiments, sa manière d'être dans un autre. Il se reconnaît dans son fils. Je me reconnais dans tout ce qu'il dit, dans tout ce qu'il fait.
Il signifie encore Se remettre dans l'esprit l'idée d'un lieu, d'un pays qu'on a quitté et où l'on se retrouve. Je me reconnais dans cet endroit. Il y avait longtemps que je n'avais passé par cette ville; mais je commence à me reconnaître.
Il s'emploie aussi figurément dans ce sens, Ce manuscrit est si plein de ratures que je ne puis plus m'y reconnaître.
Il signifie encore Reprendre ses sens; Penser à ce qu'on doit faire, y faire réflexion. Il est mort sans avoir eu un instant pour se reconnaître. Donnez-moi le loisir de me reconnaître. Il fut surpris et n'eut pas le temps de se reconnaître.
RECONQUÉRIR
(Il se conjugue comme ACQUÉRIR.)v. tr. Remettre sous sa domination par voie de conquête. Ce prince reconquit toutes les provinces que son prédécesseur avait perdues. Pays reconquis. Il s'emploie aussi figurément et signifie Recouvrer, regagner. Reconquérir l'estime, l'amitié de quelqu'un.
RECONSTITUANT, ANTE
adj.
Qui reconstitue ou qui est propre à reconstituer.
Il s'emploie aussi comme nom masculin en termes de Médecine. Un reconstituant.
RECONSTITUER
v. tr.
Constituer de nouveau, former de nouveau. Reconstituer un parti, un régiment.
Il signifie aussi Rétablir dans sa forme première, rendre à une chose son aspect originel. Reconstituer un monument, un texte, une inscription à demi effacée.
Il signifie encore Déterminer, par les résultats d'une enquête et par l'ensemble des témoignages recueillis, les conditions dans lesquelles s'est produite une action. On est arrivé à reconstituer ce crime.
RECONSTITUTION
n. f.
Action de reconstituer. La reconstitution d'un parti. La reconstitution d'un monument antique. La reconstitution d'un crime. La reconstitution des actes de l'état civil.
En termes de Jurisprudence, il se dit d'une Constitution de rente à prix d'argent, lors de laquelle celui qui emprunte s'oblige d'employer la somme à lui prêtée au remboursement d'une autre rente par lui due, ce qui s'exécute par le même acte; au moyen de quoi, le nouveau créancier est subrogé aux hypothèques de l'ancien.