Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Poudrier
n. m.
Petite boîte de métal ou d'autre matière, percée sur le dessus de plusieurs petits trous et qu'on emplit de poudre destinée à sécher l'écriture. Un poudrier d'argent. Un poudrier de cuivre.
POUDRIÈRE
n. f.
Magasin où l'on conserve la poudre à canon.
POUDRIÈRE se dit aussi de l'Ustensile où l'on met de la poudre à sécher l'écriture.
POUDROIEMENT
n. m.
Il se dit du Soulèvement de la poussière rendue visible par les rayons du soleil.
POUDROYER
v. intr.
Produire de la poussière. Toute cette plaine de sable poudroyait sous les pieds des chevaux. Les chemins poudroient.
Par analogie, Le soleil qui poudroie, Le soleil qui fait briller la fine poussière en suspension dans l'air.
POUF
Mot dont on se sert pour exprimer le Bruit sourd que fait un corps en tombant.
Il s'emploie substantivement dans cette expression populaire : Faire un pouf, Disparaître sans payer ce qu'on doit.
POUF
adj. invar. des deux genres
. Il se dit des Pierres qui s'égrènent et tombent en poussière quand on les travaille.
POUF
n. m.
Il se disait d'une Coiffure de femme et aussi d'une Sorte de coussin de tournure, qui se plaçait par-derrière, sous la jupe, au-dessous de la taille.
Il se dit aujourd'hui d'une Sorte de gros tabouret rond et capitonné.
POUFFER
v. intr.
Éclater. Il ne s'emploie que dans cette locution familière : Pouffer de rire, Éclater de rire involontairement. J'ai pouffé de rire en le voyant. Absolument, C'est à faire pouffer.
POUILLARD
n. m.
Jeune perdreau, jeune faisan. Il est familier.
POUILLÉ
n. m.
État et dénombrement de tous les bénéfices qui étaient situés dans une étendue de pays déterminée. Le pouillé général de tous les bénéfices du royaume. Les pouillés de la province de Sens. On dit aussi Polyptyque.
POUILLER
v. tr.
Dire des injures à quelqu'un. Il l'a étrangement pouillé. Ils se sont pouillés l'un l'autre. Il est populaire et vieux.
POUILLERIE
n. f.
Extrême et sordide misère.
On le dit aussi d'une Avarice, d'une lésinerie honteuse.
POUILLES
n. f.
pl. Reproches mêlés d'injures. Il lui a chanté pouilles.
POUILLEUX, EUSE
adj.
Qui a des poux. Un enfant pouilleux. Une tête pouilleuse. Substantivement. C'est un pouilleux.
Il signifie, figurément et familièrement, Qui est sale, misérable. Un quartier pouilleux.
Il s'emploie aussi comme nom et se dit par injure d'un Homme de condition basse et misérable. Ce n'est qu'un pouilleux.
POULAILLER
n. m.
Abri clos construit pour les poules, où elles pondent, où on les fait couver, où elles juchent.
Il se dit, par extension, d'une Méchante bicoque. On dit plutôt dans ce sens Pigeonnier.
Il se dit aussi du Dernier étage d'une salle de théâtre où sont juchés les spectateurs.
POULAIN
n. m.
Jeune cheval jusqu'à l'âge adulte, trois ans. La poulinière a mis bas un beau poulain. Voyez POULICHE.
POULAINE
n. f.
T. de Marine
. Assemblage de pièces de bois formant saillie à l'avant d'un navire.
Il désigne, par extension, les Cabinets d'aisances de l'équipage, qui sont généralement placés à cet endroit.
En termes d'Archéologie, Soulier à la poulaine, Chaussure à pointe effilée, quelquefois recourbée.
POULARDE
n. f.
Jeune poule engraissée. Poularde rôtie. Poularde truffée, farcie. Poularde du Mans. Poularde de Bresse.
POULE
n. f.
Oiseau domestique, la femelle du coq. Poule huppée. Poule pattue. Une poule qui pond. Une poule qui couve. Mettre les poules couver. Une poule qui glousse, qui appelle ses petits. La poule et les poussins. OEufs de poule. Mettre une poule au pot. Une poule au riz. Une poule de Caux.
Fig. et fam., C'est une poule mouillée, se dit d'un Homme qui manque de résolution et de courage.
Fig., Chair de poule, Peau qui n'est pas lisse, qui est grenue, qui a de petites aspérités comme la peau d'une poule plumée.
Fig. et fam., Cela fait venir la chair de poule, Cela donne le frisson. On dit de même J'en ai la chair de poule.
Fig. et fam., Faire le cul de poule, Faire une sorte de moue, en avançant et pressant les lèvres.
Fig. et fam., Tuer la poule pour avoir l'oeuf, Se priver de ressources à venir pour un petit intérêt présent. On dit dans le même sens Tuer la poule aux oeufs d'or.
Fig. et fam., Plumer la poule sans la faire crier, Faire des exactions si adroitement qu'il n'y ait point de plaintes.
Fig. et fam., Être comme une poule qui a couvé des oeufs de cane, Être tout ébahi, perdre contenance.
Fig. et fam., Quand les poules auront des dents, Quand arrivera ce qui ne peut pas arriver.
Prov. et fig., Ce n'est pas à la poule à chanter devant le coq, Dans un ménage, c'est le mari qui doit être le maître.
Lait de poule, Sorte de potion faite avec un jaune d'oeuf et du sucre délayés dans de l'eau chaude.
POULE se dit, par extension, des Femelles d'autres espèces de volatiles. Poule faisane. Poule de Barbarie, Nom vulgaire de la pintade.
Poule d'Inde, Femelle d'un coq d'Inde, appelée autrement Dinde. Voyez DINDE.
Poule d'eau, Espèce d'oiseau aquatique. Il y a beaucoup de poules d'eau sur cet étang. POULE se dit, en termes de Jeu, de la Quantité d'argent ou de jetons qui résulte de la mise de chacun des joueurs et qui appartient à celui qui gagne le coup. La poule est grosse., Mettre à la poule. Gagner la poule.
Faire une poule, Faire une partie où la mise totale appartient à celui qui a gagné successivement tous les autres.
Poule au gibier, Poule où l'enjeu est une pièce de gibier.
En termes de Sports, Poule à l'épée, au pistolet, Réunion de tireurs qui doivent entrer successivement en compétition les uns avec les autres.
POULET
n. m.
Le petit d'une poule. Un poulet de grain. Un poulet gras.
Il se dit aussi de la Chair du poulet. Une fricassée de poulet. Du poulet rôti.
POULET est encore un terme enfantin de caresse. Dans ce sens il a un féminin : Poulette. Viens, mon poulet. Viens ici, ma poulette.
POULET se dit aussi d'un Billet doux. Voyez le poulet que j'ai reçu. En ce sens il est maintenant ironique.
POULETTE
n. f.
Jeune poule. Un oeuf de poulette.
À la poulette, à la sauce poulette, Dans une sauce où il entre du jaune d'oeuf, du beurre et un filet de vinaigre. Des pieds de mouton à la sauce poulette, à la poulette.
POULETTE se dit aussi figurément et familièrement d'une Jeune fille. Une gentille poulette.
POULICHE
n. f.
Jeune jument jusqu'à l'âge adulte, trois ans.
POULIE
n. f.
Machine formée d'une roue tournant sur un axe et portant sur sa jante une corde ou une courroie. Poulie de bois. Poulie de fer. Poulie fixe, poulie folle. Poulie double. La poulie d'un puits. Mettre une corde à une poulie. Graisser une poulie.
POULINER
v. intr.
Mettre bas, en parlant d'une Poulinière.
POULINIÈRE
adj. f.
Il ne se dit que des Juments destinées à la reproduction. Jument poulinière. Substantivement, Une poulinière.
POULIOT
n. m.
T. de Botanique
. Plante aromatique du genre des Menthes.
POULOT
n. m.
Terme enfantin de caresse. Mon gros poulot.
POULPE
n. m.
T. d'Histoire naturelle
. Mollusque céphalopode, animal marin, présentant une grosse tête d'où partent huit tentacules. La chair du poulpe est comestible.
POULS
(On ne prononce ni l'L ni l'S.)n. m.
Battement des artères qui se fait sentir en plusieurs endroits du corps, et particulièrement vers le poignet. Un pouls fort, faible, réglé, déréglé, inégal, plein. Pouls intermittent. Pouls fréquent. Pouls fiévreux. Tâter le pouls, prendre le pouls. On ne lui trouve plus de pouls.
Fig. et fam., Tâter le pouls à quelqu'un, Le pressentir sur quelque chose, sonder ses dispositions. Se tâter le pouls, Consulter ses forces, ses ressources, avant de prendre un parti, de faire une démarche, d'entreprendre une affaire. Il se dit aussi des Anxieux qui ne cessent de s'observer, de s'interroger.
POULT-DE-SOIE
n. m.
Voyez POU-DE- SOIE.
POUMON
n. m.
Viscère spongieux renfermé dans l'intérieur de la poitrine et qui est le principal organe de la respiration. Il se dit aussi de Chacune des deux parties qui forment cet organe et qui sont séparées l'une de l'autre par le médiastin et par le coeur. Les lobes du poumon. Maladie du poumon. Inflammation du poumon. Le poumon droit. Le poumon gauche. Le sommet du poumon. La base du poumon. Le sang ne devient rouge qu'après avoir passé par les poumons. Cracher ses poumons.
Respirer à pleins poumons, Respirer profondément.
Crier à pleins poumons, Crier très fort.
Il a de bons poumons, d'excellents poumons, se dit d'un Homme qui a la voix forte. On dit dans le même sens, en parlant d'une Dispute : Cet homme l'a emporté par la force de ses poumons plutôt que par la force de ses raisons.
POUPARD
n. m.
Enfant au maillot. Il n'est d'usage que parmi les enfants et les nourrices. Voilà un joli poupard, un beau poupard, un gros poupard.
POUPARD s'emploie quelquefois adjectivement. Une physionomie pouparde, Une physionomie qui tient, de l'enfant.
POUPE
n. f.
L'arrière d'un navire. Poupe carrée. Poupe sculptée. De la proue à la poupe. Avoir le vent cri poupe.
Avoir le vent en poupe se dit aussi figurément et signifie Être secondé, favorisé par les circonstances.
POUPÉE
n. f.
Petite figure humaine faite de bois, de carton, de cire, etc., pour servir de jouet aux enfants. Acheter une poupée. Un enfant qui joue avec sa poupée, qui habille sa poupée, qui coiffe sa poupée. Cette jeune fille n'est pas en âge d'être mariée, elle joue encore à la poupée.
Fig. et fam., C'est une vraie poupée, se dit de Celle ou même de Celui qui prend trop de soin de sa personne. C'est une vieille poupée, se dit dans le même sens d'une Personne plus que mûre qui use d'artifices de coquetterie ridicules à son âge. C'est un visage de poupée se dit d'une Personne dont le visage est trop apprêté et manque d'expression.
POUPÉE se dit aussi d'une Sorte de mannequin sur lequel on essaie des chapeaux de femme.
Il se dit encore de la Petite figure qui sert de but, dans les endroits où l'on s'exerce à tirer au pistolet. Abattre la poupée.
Il désigne aussi, familièrement, le Petit pansement dont on entoure un doigt blessé.
En termes d'Agriculture, il se dit d'une Certaine manière de greffer en entourant la greffe d'un mélange de terre et de mousse ou de foin, et de bandes de chiffons. Greffer en poupée.
En termes d'Arts, il se dit de Petits tampons qui servent à poser des couleurs différentes sur une planche de gravure. Colorier une planche à la poupée.
POUPIN, INE
adj.
Il se dit d'un Visage dont les traits sont menus, avec quelque chose d'enfantin et de légèrement affecté. Un visage, un air poupin.
POUPON
n. m.
Tout petit enfant. Voilà un beau poupon, un joli petit poupon. On l'emploie aussi au féminin : Une gentille pouponne.
POUPONNER
v. tr.
Caresser, dorloter. C'est la joie de cette mère de pouponner son dernier-né.
POUPONNIÈRE
n. f.
Établissement où l'on soigne, où l'on garde les petits enfants.
POUR
Préposition qui sert à marquer Le motif, le but, la fin, la destination. Cet homme fait de l'exercice pour sa santé. Cette lettre n'est pas pour lui. Ces gens-là semblent faits, sont faits l'un pour l'autre. Cet homme n'est pas fait pour le métier qu'il a choisi. Écrire pour la postérité. Travailler pour la gloire. Des vêtements pour enfants.
POUR signifie aussi À cause de, en considération de. Il fera cela pour vous. Faites cela pour Dieu, pour l'amour de Dieu. Il ne fera cela ni pour or, ni pour argent. Je ne ferais pas cela pour un empire. Il se lâche pour rien. C'est pour cette raison qu'il est parti. Il a été puni pour une faute légère. Il est estimé pour ses vertus.
Fam., Et pour cause, s'ajoute absolument après une phrase par allusion à une raison qui est trop évidente pour avoir besoin d'être exprimée. Je n'en dis pas davantage, et pour cause.
Fam. et par manière de prière, Pour Dieu. Pour l'amour de Dieu. Pour Dieu, laissez-nous en paix.
Pour l'amour de, À cause de, en considération de. J'ai fait ce sacrifice pour l'amour de vous.
POUR signifie aussi En faveur de, pour la défense de. Ce que je dis est autant pour vous que pour moi. Je lui parlerai pour vous. Je tiens pour vous contre lui. Tous les honnêtes gens sont pour vous. Il avait tout le monde pour lui. Plaider pour un tel contre tel autre. Mourir pour la patrie.
Il sert aussi à marquer la Préférence. Il était pour ce genre d'écriture. Il est pour la démocratie contre l'aristocratie. Êtes-vous pour ou contre?
POUR signifie aussi Envers, à l'égard de. La tendresse d'une mère pour ses enfants. Son amour pour la patrie. Mon affection, mon attachement pour vous. Il est un peu refroidi pour moi. J'ai du respect pour sa mémoire. Mes sentiments pour vous ne sont pas douteux. La haine, l'aversion qu'il a pour lui. Ce remède est bon pour la fièvre.
Il sert aussi à marquer le Rapport entre une chose qui affecte en bien ou en mal et la personne qui en est ou qui en doit être affectée. C'est une grande perte pour vous. C'est un grand bonheur pour moi. C'est pour eux une grande consolation, un grand avantage. Cela est heureux, malheureux pour votre ami. Il y aurait du déshonneur pour vous. Il y aura beaucoup de gloire pour lui.
Il signifie aussi Eu égard à, par rapport à. Cette robe est bien chaude pour la saison. La porte est bien étroite pour une pareille maison. Sa dépense est peu considérable pour son revenu. Son train est mesquin pour un ambassadeur. Vous êtes trop savant pour moi. Il est bien grand pour son âge. Voilà une grande faiblesse pour un philosophe. Ce qui est bon pour vous ne serait pas bon pour moi. Cela ne vaut rien pour votre estomac. Voilà une mauvaise affaire pour un homme accoutumé à en faire de si bonnes.
POUR, précédé des mots Assez et Trop, s'emploie dans les phrases qui expriment la suffisance ou l'excès. Y en a-t-il assez pour tout le monde? Cela est assez bon pour lui. C'est assez pour aujourd'hui. Ce couvercle est assez grand pour le vase. Cet habit est trop petit pour ma taille. Il a trop vécu pour sa gloire. Quelquefois on peut supprimer l'adverbe Assez. Il y en aura pour tout le monde.
Il s'emploie aussi dans les mêmes phrases, suivi d'un verbe à l'infinitif. Il est encore assez jeune pour s'instruire. Je suis assez votre ami pour ne pas vous flatter. Il est trop franc pour vous tromper. Voyez plus bas un emploi semblable avec la conjonction que et le subjonctif.
POUR signifie aussi Moyennant un certain prix, en échange de. J'ai donné mon argenterie pour un diamant. Il a cédé sa voiture pour un morceau de pain. À cette vente, on avait des tableaux de maître pour rien.
En termes de Commerce et de Finance, Cinq pour cent, dix pour cent, cent pour cent, etc. Voyez CENT.
POUR signifie aussi À la place de, au lieu de, au nom de. Il répondit pour un tel à la sommation. Jouez pour moi. Ce mot s'emploie souvent pour tel autre. Pour le président, le secrétaire général.
POUR signifie aussi Comme, en qualité de, en guise de. Ils l'ont laissé pour mort sur la place. Tenez-moi pour un méchant homme si... Pour qui me prenez-vous? Prendre quelqu'un pour employé, pour domestique. Il l'a prise pour femme. On ne peut le connaître sans désirer l'avoir pour ami. On m'a pris pour dupe. Je tiens pour certain. J'ai pour principe. Je me le tiens pour dit. Il a pour lit une simple paillasse.
Être pour beaucoup, pour peu dans quelque chose, n'y être pour rien, Y avoir beaucoup de part, peu de part, n'en avoir point du tout. Il n'est pas pour peu dans cette affaire. Je suis pour beaucoup dans la résolution qu'il a prise. Qu'on dise de sa conduite ce qu'on voudra, je n'y suis pour rien.
POUR, devant Tout et un nom, marque qu'il n'y a pas autre chose. Pour toute récompense il eut des reproches. Pour toute réponse il reçut des coups et des injures.
POUR, précédé et suivi du même mot, marque la comparaison : Mourir pour mourir, il vaut mieux que ce soit en faisant son devoir. Ennui pour ennui, je préfère celui qui me profite. Danger pour danger, il faut choisir celui qui promet de la gloire; la correspondance : Traduire mot pour mot. Il mourut deux ans après, jour pour jour; l'action réciproque : Rendre amour pour amour. La loi du talion, chez les Juifs, consistait à perdre oeil pour oeil, dent pour dent, etc.
Il sert encore à mettre en balance, à opposer des contraires ou des valeurs différentes. Pour quelques bons combien de méchants. Pour un saint combien de réprouvés. Pour deux ennemis qu'il s'attendait à combattre il en trouva cent. Rendre le bien pour le mal.
Prov. et fam., Pour un de perdu, deux de retrouvés. Voyez PERDRE.
POUR, joint à une expression qui marque le temps, sert à indiquer la Durée. L'histoire est longue, il y en aurait pour deux heures. Il y en a pour trois ans avant que ce monument soit achevé. Je suis votre ami pour la vie. Je n'en ai que pour un moment.
Pour toujours, pour jamais, Pour un temps qui ne doit pas finir.
POUR sert aussi à indiquer l'Époque à laquelle une chose s'est faite ou se fera. Son bal était pour hier, est pour aujourd'hui. Ce sera pour demain, pour après-demain.
Joint à une expression qui marque le lieu, le but, il signifie À destination de. Il est parti pour Londres, pour Naples, pour la France.
En termes de Marine, devant France on supprime ordinairement l'article. Ce paquebot partira demain pour France.
POUR, au commencement d'une phrase ou d'un membre de phrase, signifie Quant à. Pour moi, je n'en ferai rien. Pour lui, je n'en réponds pas. Pour ce qui est de moi, soyez sans inquiétude. Pour ce qui est de vous, je suis certain que vous réussirez. Pour cela, pour ce qui est de cela, je le veux bien. Pour son affaire, pour ce qui est de son affaire, j'en aurai soin. Pour méchante, elle l'est.
POUR, suivi d'un infinitif, signifie Afin de, à l'effet de, en vue de, dans le dessein de. J'ai fait tout mon possible pour gagner son amitié. Je manque de termes pour exprimer ce que je sens. J'avais dit cela pour rire, et non pour vous fâcher. Pour ne vous rien déguiser. Pour ainsi dire. Pour vous parler net. Pour vous parler franc. Pour dire le vrai. Semer pour récolter. Je suis venu pour le complimenter. On l'a envoyé pour traiter de l'échange des prisonniers. On le cherche pour l'arrêter. Je me tais pour ne pas vous fatiguer.
Il signifie aussi Quoique, bien que. Il est bien ignorant pour avoir étudié si longtemps. Il est bien grand pour être si jeune. Pour être fêté partout, il n'en est pas plus fier.
Il signifie encore De quoi. Il y a ici pour contenter tous les goûts. Faire une si longue traite, c'est pour en mourir. Qu'allez-vous faire là? Il y en a pour périr d'ennui.
POUR, suivi d'un infinitif et précédé du verbe Être, signifie Être capable de, être de nature à. Ce petit incident n'a pas été pour me déplaire, Cette affaire n'est pas pour en rester là.
Être pour signifie aussi Être sur le point de. Il était pour partir.
POUR, joint au passé de l'infinitif des verbes, signifie Parce que. Il a été chassé pour avoir trop parlé. Il est malade pour avoir trop mangé, pour s'être livré à des excès.
POUR s'emploie encore avec beaucoup de verbes et leur fait prendre des significations très variées, qui sont des idiotismes. Prendre un homme pour un autre. Passer pour honnête homme. Etc. Voyez PRENDRE, PASSER, ETC.
POUR est aussi nom masculin. Soutenir le pour et le contre. Il y a du pour et du contre dans cette affaire.
POUR QUE,loc. conj.
, se construit avec le subjonctif et signifie Afin que, à l'effet de, en vue de. Je suis venu vous voir pour que nous parlions de nos affaires. Je désire que vous partiez promptement, pour que vous reveniez plus tôt.
Il s'emploie dans certaines phrases après les adverbes Assez et Trop. Vous m'avez rendu trop de services pour que je puisse jamais douter de votre amitié. Il m'a négligé trop longtemps pour que j'espère rien de lui. Il est assez de mes amis pour que je puisse compter sur lui en cette occasion.
POUR... QUE,loc. conj.
, Quelque... que, quoique. Pour grands que vous soyez. Il faut éviter de se faire un ennemi, pour petit qu'il soit. Pour bon que soit ce remède, il ne faut pas en abuser.
POUR PEU QUE,loc. conj.
Quelque peu que, si peu que. Pour peu que vous lui en parliez, pour peu que vous en preniez soin, l'affaire réussira. Pour peu qu'on me fasse de difficultés, j'abandonnerai l'entreprise.
POUR LORS,loc. adv.
Alors. Vous dites que cela arrivera; pour lors nous verrons ce qu'il y aura à faire. Il est vieux.
POURANA
n. m.
Nom des poèmes sacrés qui contiennent tout le corps de la théologie des Hindous. Les dix-huit pouranas.
POURBOIRE
n. m.
Appoint que l'on donne comme gratification à celui qui touche une note, qui apporte un paquet, qui rend un service quelconque. Donner un bon pourboire à un chauffeur. Il a eu tant, sans compter le pourboire.
POURCEAU
n. m.
Porc, cochon. Engraisser, tuer des pourceaux. Étable à pourceaux, Marchand de pourceaux. Langueyer des pourceaux.
Fig., Jeter des perles devant les pourceaux, Montrer, présenter à quelqu'un des choses dont il ne connaît pas le prix; ou Lui dire quelque chose dont il ne sent pas la délicatesse, la finesse.
Fig. et fam., C'est une étable à pourceaux, se dit d'une Maison malpropre. C'est un pourceau, se dit d'un Homme qui mange gloutonnement et malproprement.
Fig., Un pourceau du troupeau d'Épicure, Un voluptueux, un homme plongé dans les plaisirs des sens.
Pourceau de mer, Nom vulgaire du Marsouin.
POURCENTAGE
n. m.
Proportion pour cent. Quel pourcentage exigez-vous dans cette affaire? Le pourcentage des bénéfices. Le pourcentage des naissances est très bas cette semaine. Établir un pourcentage. Déterminer le pourcentage.
POURCHAS
n. m.
Vieux mot qui signifie Poursuite, particulièrement Poursuite amoureuse.
POURCHASSER
v. tr.
Poursuivre, rechercher avec obstination, avec ardeur. Ils ont pourchassé un cerf pendant quatre jours. Cet homme me pourchasse sans cesse.
POURFENDEUR
n. m.
Celui qui pourfend. Il n'est guère usité que d'une manière ironique et familière. Un grand pourfendeur de géants, Un fanfaron, un faux brave.
POURFENDRE
v. tr.
Fendre un homme de haut en bas d'un coup de sabre, de cimeterre. Pourfendre un géant. Il le pourfendit jusqu'aux dents. Il ne s'emploie guère qu'au figuré et par plaisanterie.
POURLÉCHER
v. tr.
Lécher tout autour.
SE POURLÉCHER signifie Passer sa langue sur ses lèvres en signe de contentement. Il se pourléchait à l'idée d'un bon dîner. Il s'en pourléchait les babines. Il est familier.
POURPARLERS
n. m. pl.
Conversation, conférence entre deux ou plusieurs personnes, pour parler d'accommodement, pour traiter d'affaires. Les pourparlers de paix. L'affaire s'arrangera, nous sommes en pourparlers.
POURPIER
n. m.
Plante à feuilles épaisses et à tige couchée, que l'on cultive comme plante potagère ou comme plante décorative. Feuille de pourpier. Une couche de pourpier. Une salade de pourpier. Eau de pourpier.
Pourpier doré, pourpier commun, Pourpier naissant qui se mange en salade.
Pourpier sauvage, Sorte de pourpier dont les feuilles sont plus petites que celles du pourpier ordinaire et auquel on attribue des vertus médicinales.
Pourpier de mer, Nom Vulgaire d'une espèce d'arroche, qui croît sur les bords de la mer et dont les feuilles, charnues et remplies de suc, comme celles du pourpier, ont un goût salé.
POURPOINT
n. m.
Partie de l'ancien habillement français qui couvrait le corps depuis le cou jusqu'au-dessous de la ceinture. Collet, manches, basques de pourpoint. Pourpoint de satin. Boutonner un pourpoint. Se mettre en pourpoint. Pourpoint tailladé.
Tirer un coup à brûle-pourpoint, Le tirer à bout portant ou de très près.
À brûle-pourpoint s'emploie aussi figurément tomme locution adverbiale. Voyez BRÛLE-POURPOINT.
POURPRÉ, ÉE
adj.
Qui est de couleur pourpre. Du rouge pourpré. Des tulipes d'un rouge pourpré.
POURPRE
n. m.
Maladie qui se manifeste par de petites taches pourprées sur la peau. Il a une grosse fièvre et l'on craint le pourpre. Il est vieux et l'on dit aujourd'hui, suivant les cas : Fièvre scarlatine ou Petite vérole.
POURPRIER
n. m.
Mollusque gastéropode qui vit dans un coquillage dont on tirait autrefois la pourpre.
POURPRIS
n. m.
Enceinte, enclos, ce qui enferme un lieu, un espace. Le pourpris d'un temple. Le pourpris d'un champ. Il est vieux.
Poétiquement, Le céleste pourpris, les célestes pourpris, Les cieux, Les habitants des célestes pourpris.
POURQUOI
adv. et conj.
Pour quelle chose, pour quelle raison. Vous étiez absent, voilà pourquoi l'on vous a oublié. Dites-moi pourquoi. Je ne sais pourquoi vous n'avez pas réussi dans telle affaire. Il s'en est allé seins dire pourquoi, sans qu'on sache pourquoi.
C'est pourquoi, C'est pour cela que, c'est pour cette raison que. J'ai une chose urgente à lui demander, c'est pourquoi j'irai le voir dès ce matin.
Vous jerez telle chose ou vous direz pourquoi, se dit, par manière de commandement et de menace, Pour faire entendre à quelqu'un qu'il ne peut se dispenser de faire la chose dont Il s'agit. On dit de même Il faut qu'il vienne, ou qu'il dise pourquoi.
Il signifie aussi Pour lequel, pour laquelle. La raison pourquoi... Il vieillit en ce sens.
POURQUOI est aussi adverbe interrogatif et signifie Pour quelle cause? pour quelle raison? Vous voulez que l'aille voir cet homme; pourquoi? Pourquoi cela? Pourquoi exige-t-il cela? Pourquoi ne le ferais-je pas? Pourquoi non? Pourquoi pas?
POURQUOI s'emploie aussi familièrement comme nom masculin. Je voudrais bien savoir le pourquoi de cette affaire. Le pourquoi et le comment. J'ignore absolument le pourquoi de tous ses refus. Le pourquoi de cela, s'il vous plaît?
Fam., Les pourquoi des enfants ne finissent pas, Les enfants ne cessent de poser des questions. Les pourquoi et les parce que, Les questions et les réponses.