Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 282 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Coutil

 

(On ne prononce pas l'L.)n. m.

Toile faite de fil de chanvre ou de lin, mélangée quelquefois de coton, lissée et serrée.

 

COUTRE

 

n. m.

Fer tranchant qui fait partie de la charrue et qui sert à fendre la terre quand on laboure.

Il se dit aussi de la Hache qui sert à refendre les échalas et d'un Merlin à fendre le bois de chauffage.

 

COUTUME

 

n. f.

Façon d'agir établie par l'usage, habitude contractée par un individu dans ses manières, dans ses discours, dans ses actions. Il a coutume d'agir ainsi. J'ai coutume de venir à telle époque. On dit plutôt HABITUDE quand il s'agit d'un Individu.

Prov., Une fois n'est pas coutume, On peut faire exceptionnellement une chose qu'on aurait tort de faire habituellement.

COUTUME s'emploie le plus souvent dans un sens collectif et se dit de Ce qu'on pratique ordinairement en de certains pays et en de certaines choses. Vieille, ancienne coutume. C'est la coutume de tel pays, de telle ville, de solenniser telle fête, de faire telle cérémonie, telle réjouissance, etc. Cette coutume s'est introduite s'est conservée, s'est perdue, abolie. Cela est passé en coutume.

Il désigne dans un sens spécial Certains droits locaux qui, s'étant établis par l'usage et par la commune pratique d'une ville, ou d'une province, ou d'une région, y tiennent lieu et y ont force de loi. Une législation uniforme a remplacé les anciennes coutumes. Coutume générale d'une province. Coutume de Normandie, de Champagne. Coutume locale. Rédiger par écrit une coutume. Ce n'est pas un pays de droit écrit, c'est un pays de coutume. Les us et coutumes. Voyez US.

Il signifie par extension Codification du droit créé par l'usage dans certains pays. Il a commenté la Coutume du Nivernais. Vous trouverez cela dans la Coutume de Bretagne.

DE COUTUME,loc. adv.

À l'ordinaire. Il en use comme de coutume. Il est plus gai que de coutume. Il se porte mieux que de coutume. Il s'est levé plus tard que de coutume.

 

COUTUMIER, IÈRE

adj.

Qui a coutume de faire quelque chose. Il est coutumier de mentir.

Être coutumier du fait, Avoir coutume de faire certaine chose. Il se prend ordinairement en mauvaise part. Je ne suis pas étonné qu'il vous ait trompé, il est coutumier du fait.

Il signifie aussi, surtout dans le style poétique, Qui est habituel. Des grâces coutumières.

Il signifie aussi Qui appartient à la coutume. Droit coutumier. Pays coutumier se disait, par opposition à Pays de droit écrit, de Tout pays où l'on suivait une coutume provinciale ou locale.

 

COUTUMIER

 

n. m.

Recueil des coutumes d'une province, d'un pays. Le Coutumier de Normandie. Le Coutumier de Champagne.

 

COUTURE

 

n. f.

Assemblage de deux pièces d'étoffe, de cuir, etc., qui se fait au moyen de l'aiguille, de l'alène, avec du fil de la soie, etc. Faire une couture. Grosse couture. Couture menue, fine, ronde, plate. Double couture. Couture en surjet. Les coutures d'un vêtement, d'une chemise, d'un gant, d'un soulier, etc. Une robe sans couture.

Rabattre les coutures, Les aplatir avec le carreau.

Fig. et fam., Battre une armée à plate couture, La battre, la défaire complètement.

Il signifie aussi Action, art de coudre. Apprendre la couture. Elle ne veut pas quitter la couture.

Il désigne aussi l'Ensemble des personnes qui font métier de coudre. Elle est dans la couture.

Il se dit, par analogie, de la Cicatrice qui reste d'une plaie, soit qu'elle ait été recousue ou non, et même des Grandes marques que laisse la petite vérole sur le visage. Il a le visage tout plein de coutures.

En termes de Construction navale, il se dit de l'Intervalle qui se trouve entre deux bordages et que les calfats remplissent d'étoupe. Il se dit également de l'Étoupe même. Cette couture est ouverte, L'étoupe est sortie d'entre les joints.

 

COUTURER

v. tr.

Marquer de cicatrices et d'inégalités semblables à des coutures. Il lui coutura le visage d'un coup de sabre. La petite vérole lui a couturé la figure. Il est tout couturé de petite vérole. Il a le visage tout couturé.

 

COUTURIER

 

n. m.

Celui qui fait des costumes pour dames. Les grands couturiers.

En termes d'Anatomie, il se dit d'un Muscle de la cuisse. Adjectivement, Le muscle couturier.

COUTURIÈRE.n. f.

Celle qui exécute des travaux de couture. Petite couturière. Couturière en chambre. Couturière à la journée.

Il désigne spécialement Celle qui fait des costumes pour dames.

 

COUVAIN

 

n. m.

Tas d'oeufs d'abeilles, de punaises et de quelques autres insectes. Les fourmis cherchent avec avidité le couvain des punaises.

 

COUVAISON

 

n. f.

Temps où couve la femelle d'un oiseau.

 

COUVÉE

 

n. f.

Ensemble des oeufs qu'un oiseau couve en même temps ou les Petits qui en sont éclos. Il y avait tant d'oeufs à la couvée. Cette poule a amené quinze poussins d'une couvée. Ces deux poulets sont de la même couvée. La poule et toute sa couvée.

Il signifie aussi, figurément et familièrement, Race, famille nombreuse.

 

COUVENT

 

n. m.

Maison dans laquelle des religieux ou des religieuses vivent en commun. Couvent de femmes. Couvent de Carmélites. Couvent de Dominicains. Entrer dans un couvent. Sortir du couvent. Il se dit surtout à propos de religieuses. Voyez MONASTÈRE.

Il se dit aussi de l'Ensemble des religieux ou des religieuses qui sont dans une même communauté. C'est un couvent bien réglé. Tout le couvent s'assembla pour l'élection de l'abbesse.

Il se dit spécialement d'une Maison d'éducation dirigée par des religieuses. Elle a été élevée au couvent.

 

COUVER

 

v. tr.

Couvrir de son corps ses oeufs pour entretenir la chaleur qui les fait éclore, en parlant de la Femelle d'un oiseau. Les oiseaux couvent leurs oeufs. Cette poule a couvé tant d'oeufs. On lui a fait couver des oeufs de cane. Absolument, C'est la saison où tels oiseaux couvent. Mettre des poules couver. Fig., Couver quelqu'un, S'occuper avec grand soin de quelqu'un, le protéger, le former.

Fig. et fam., Couver des yeux une personne, une chose, La regarder avec intérêt, avec complaisance. Elle couve des yeux son fils, sa fille. L'avare couve des yeux son trésor.

Il se dit figurément en parlant des Choses que l'on tient cachées, qui se préparent sourdement. Il couve de mauvais desseins. On dit aussi Il couve une grande maladie. Impersonnellement, Il se couve quelque chose de dangereux. Il se couve là-dessous je ne sais quoi.

Il est aussi intransitif et se dit figurément des Choses qui sont cachées, qui ne paraissent point et qui peuvent se découvrir quelque temps après. Le feu couve sous la cendre. Cette conspiration couve depuis longtemps. Cette guerre s'est allumée, elle couvait depuis longtemps. Sa haine, son amour a longtemps couvé dans son coeur.

Fig. et fam., Il faut laisser couver cela, se dit d'une Chose qu'il ne faut pas se presser de faire.

 

COUVERCLE

 

n. m.

Pièce fixée ou non à un récipient et qui s'adapte à son ouverture pour le fermer plus ou moins hermétiquement. Le couvercle d'une boîte, d'un pot, d'une casserole, etc. lever, soulever le couvercle. Mettre le couvercle. Baisser le couvercle.

 

COUVERT

 

n. m.

La nappe avec les serviettes, les couteaux, les cuillers, etc. dont on garnit une table pour un repas. Mettre le couvert. Ranger le couvert. Ôter le couvert.

Il désigne plus particulièrement l'Assiette, la serviette, etc., qu'on sert pour chaque personne. Donnez-moi mon couvert. Une table de vingt-quatre couverts.

Avoir toujours son couvert mis dans une maison, chez quelqu'un, Être certain qu'on y sera toujours reçu à table comme un ami de la maison.

Il se dit aussi d'un Étui garni d'une Cuiller, d'une fourchette et d'un couteau. Il emporte toujours son couvert à la campagne, en voyage.

Il se dit encore d'une Cuiller et d'une fourchette réunies. Une douzaine de couverts d'argent, de ruolz. Couvert de vermeil.

Il signifie, de plus, Logement, abri, et, dans cette acception, il s'emploie seulement avec l'article défini le. Donner le couvert à quelqu'un Il n'y est pas nourri, il n'a que le couvert. Il y a le vivre et le couvert.

Il se dit aussi d'un Lieu planté d'arbres qui donnent de l'ombre. Il y a un couvert dans ce jardin. Mettons-nous sous ce couvert.

Il signifie en outre Enveloppe adresse d'un paquet. Cela est arrivé franc de port sous le couvert du ministre.

Fig., Sous le couvert de, En prenant l'enveloppe, les dehors de... Il accomplit toutes ces trahisons sous le couvert de l'amitié, sous le couvert de l'intérêt qu'il prétend nous porter. Ces odieuses persécutions eurent lieu sous le couvert de la justice.

À COUVERT DE,loc. prép.

, et absolument À COUVERT,loc. adv.

, se disent en parlant d'un Lieu où l'on peut se garantir des intempéries ou de tout danger. Être à couvert de l'orage, de la pluie. Il ne craint point le mauvais temps, il est à couvert. Il s'est mis à couvert. Être à couvert du danger, à couvert des obus. Être à couvert d'un bois, d'un marais d'une rivière, etc., Être protégé, garanti par un bois, un marais, etc. Fig., Être à couvert de ses ennemis. Être à couvert de la nécessité. Mettre sa réputation à couvert de tout soupçon. Son honneur est à couvert.

En termes de Commerce, Être à couvert, Avoir des garanties sûres pour les prêts ou les avances que l'on a faits à quelqu'un.

 

COUVERTE

 

n. f.

Ce qui recouvre quelque chose. Il se dit, en termes de Marine, de la Voilure dont on couvre un vaisseau désarmé.

En termes de Caserne, il se dit d'une Couverture de lit. Faire sauter à la couverte, Sorte de brimade qui était en usage dans les casernes de cavalerie.

En termes d'Arts, il se dit de l'Émail qui couvre une terre mise en oeuvre et en particulier la porcelaine. On applique la couverte entre la première et la seconde cuisson de la faïence et de la porcelaine.

 

COUVERTURE

 

n. f.

Ce qui sert à couvrir quelque chose. La couverture d'une maison, La charpente et les tuiles ou ardoises qui la couvrent. Par extension, Couverture de cheval, de mulet, Qui sert à couvrir un cheval ou un mulet après une course. Couverture de voyage, Qui sert à garantir du froid en chemin de fer, en voiture, en automobile. Couverture de lit ou simplement Couverture, Celle que l'on met sur le drap. Couverture de laine, de soie. Couverture de coton.

Faire la couverture, Replier le drap et la couverture d'un lit pour qu'on y puisse entrer plus facilement.

Fig. et fam., Tirer la couverture à soi, de son côté, Prendre plus que sa part, chercher dans une affaire à s'emparer de profits, d'avantages qu'on doit partager avec d'autres.

Fig., Troupes de couverture, Troupes qui sont placées à la frontière d'un pays pour la garder en cas d'attaque imprévue.

Il se dit aussi d'une Enveloppe ou reliure mobile où l'on introduit un livre broché pour le protéger quand on le lit. Couverture de vélin, de veau, de basane, de maroquin, de chagrin.

Il signifie au figuré Ce qui sert à cacher, à dissimuler. Sous couverture d'amitié. L'intérêt public sert de couverture à bien des trafics.

Il se dit, en termes de Banque et de Commerce, d'une Garantie donnée pour assurer un paiement. Ce négociant me doit beaucoup, mais j'ai une bonne couverture. J'ai tiré sur vous une lettre de change, acceptez-la ; je vous en enverrai la couverture avant l'échéance, Je vous ferai passer les fonds avant l'échéance.

Il se dit, en termes de Bourse, d'un Dépôt de titres ou d'espèces, que l'agent de change exige du client qui donne des ordres pour des marchés à terme.

 

COUVET

 

n. m.

Sorte de chaufferette en terre ou en cuivre.

 

COUVEUSE

 

n. f.

Poule qui couve. Cette poule est une bonne couveuse.

Par analogie, Couveuse artificielle, Étuve où l'on fait éclore artificiellement les oeufs.

Il se dit aussi d'une Étuve où l'on élève artificiellement les enfants nés avant terme.

 

COUVI

 

adj. m.

Qui est à demi couvé ou gâté pour avoir été gardé trop longtemps, en parlant d'un oeuf. Dans cette omelette, il y a quelque oeuf couvi qui la gâte.

 

COUVRE-CHEF

 

n. m.

Bonnet, chapeau. Il ne se dit que par plaisanterie. Des couvre- chefs.

 

COUVRE-FEU

 

n. m.

T. militaire

. Signal sonné par le clairon ou la trompette chaque soir pour l'extinction des feux. Sonner le couvre-feu. Des couvre-feux.

Il signifiait autrefois un Coup de cloche qui, dans certaines villes, marquait l'heure de rentrer chez soi et d'éteindre feu et lumière.

 

COUVRE-LIT

 

n. m.

Pièce d'étoffe, de broderie, etc., dont on recouvre un lit. Des couvre-lits.

 

COUVRE-NUQUE

 

n. m.

Pièce adaptée à la coiffure en vue de protéger la nuque. Des couvre-nuques.

 

COUVRE-PIED

 

n. m.

Sorte de couverture d'étoffe rembourrée et piquée qui ne s'étend que sur une partie du lit et qui sert à couvrir les pieds. Couvre-pied de cretonne. Couvre- pied de satin. Des couvre-pieds.