Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 866 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Rogner

 

v. tr.

Retrancher, ôter quelque chose sur les extrémités, sur les bords d'une étoffe, d'un cuir, d'un morceau de bois, etc. Il faut rogner ce bâton, il est trop long. Il n'en faut pas tant rogner. Rogner les bords d'un chapeau. Rogner la marge d'un livre. Rogner en pince la corne du pied d'un cheval. Rogner les ongles à un chat, les ailes à un oiseau.

Fig. et fam., Rogner les ongles à quelqu'un, lui rogner les ongles de près, Lui diminuer ou même lui retrancher ses profits, son autorité.

Fig. et fam., Rogner les ailes de quelqu'un, L'empêcher d'agir librement, de déployer ses facultés.

ROGNER signifie aussi, figurément et familièrement, Ôter, retrancher à quelqu'un une partie de ce qui lui appartient, de ce qui lui revient. On lui a rogné ses revenus, ses appointements.

Il s'emploie intransitivement dans le langage populaire et signifie Être de mauvaise humeur. C'est un homme qui rogne du matin au soir.

 

ROGNEUX, EUSE

 

adj.

Qui a la rogne. Un enfant rogneux. Un chien rogneux.

 

ROGNON

 

n. m.

Rein d'un animal. Il ne se dit guère qu'en parlant de Certains animaux dont les reins sont bons à manger. Rognons de veau. Rognons de boeuf. Des rognons sautés, au Madère. Des rognons de mouton à la brochette.

En parlant de Certains autres animaux, il signifie Testicule. Des rognons de coq.

En termes de Métallurgie, Mine en rognons, Celle qui se trouve en masses détachées, et non par couches ou par filons suivis.

 

ROGNONNER

 

v. intr.

Gronder, grommeler, murmurer entre ses dents. Cette vieille ne fait que rognonner. Il est populaire.

 

ROGNURE

n. f.

Ce qu'on retranche, ce qu'on enlève quand on rogne quelque chose. Rognure de papier. Rognure d'ongles.

ROGNURES, au pluriel, désigne, figurément et familièrement, les Restes des matériaux qui ne sont point entrés dans un grand ouvrage pour lequel ils avaient été préparés. Un auteur se ferait encore une réputation avec les rognures de cet écrivain.

 

ROGOMME

 

n. m.

Eau-de-vie. Il ne s'emploie plus que dans la locution : Voix de rogomme, Voix rauque d'une personne qui fait abus de liqueurs fortes.

 

ROGUE

 

adj. des deux genres

. Qui est hautain, arrogant, d'un abord raide et désagréable. Un homme rogue. Une humeur rogue. Il a l'air rogue, la mine rogue. Un ton rogue.

 

ROGUE

 

n. f.

OEufs de poisson. Il se dit aussi spécialement d'OEufs de morue salés qui servent d'appât pour la pêche à la sardine. Appâter avec de la rogue.

 

ROI

 

n. m.

Monarque, prince souverain d'un État ayant le titre de royaume. Roi légitime. Roi absolu. Roi constitutionnel. Roi héréditaire. Roi électif. Roi de France et de Navarre. Les rois d'Israël. La cour d'un roi. Proclamer un roi. Couronner, sacrer un roi. Élire un roi.

Le roi des rois, le roi du ciel et de la terre, Dieu.

Le roi très chrétien, Le roi de France. Le roi catholique, Le roi d'Espagne. Le roi très fidèle, Le roi de Portugal.

Roi des Romains, Titre que l'on donnait dans l'empire germanique, à celui qui était désigné par les électeurs pour succéder à la dignité d'empereur.

Grand roi, Titre porté dans l'antiquité, par le roi des Perses.

Les livres des Rois, Les quatre livres de l'Ancien Testament qui contiennent l'histoire du peuple de Dieu, depuis Samuel jusqu'à la captivité de Babylone.

Les rois mages, Les trois personnages qui vinrent de l'Orient à Bethléem pour adorer l'Enfant Jésus.

Le jour des Rois, la fête des Rois, Le jour de l'Épiphanie, qui commémore l'adoration des rois mages. Tirer les Rois, Partager, au moment de l'Épiphanie, un gâteau dans lequel a été mise une fève. On appelle Gâteau des Rois ou Galette des Rois Ce même gâteau; et Roi de la fève Celui à qui échoit la part où se trouve la fève. Ce fut un tel qui fut roi. Le roi boit.

Fig., Il est heureux comme un roi se dit d'un Homme extrêmement heureux dans sa condition.

Fig. et fam., C'est un morceau de roi se dit d'un Mets exquis et délicieux. Il se dit aussi d'une Belle fille.

Fig., C'est un plaisir de roi, C'est un plaisir très grand, très vif.

Fig. et fam., C'est la cour du roi Pétaud, chacun y est maître, ou simplement C'est la cour du roi Pétaud se dit d'une Maison, d'une compagnie où chacun parle haut et veut commander.

Prov. et fig., Au royaume des aveugles les borgnes sont rois. Voyez AVEUGLE.

ROI, employé absolument, se dit du Roi qui règne dans le pays où l'on est, ou dans le pays et au moment dont on parle. Par commandement exprès du roi. Le service du roi. Le lever du roi. Un emploi à la nomination du roi. Le roi séant en son conseil.

De par le roi, Formule qui signifie De la part du roi, au nom du roi et qui se mettait au commencement de divers actes publics portant sommation, injonction, etc.

La maison du roi. Voyez MAISON.

Les gens du roi se disait des Procureurs et avocats généraux, des procureurs et avocats du roi.

Fig., La bouche du roi ou simplement La bouche, Les officiers qui apprêtaient les repas du roi, et les offices où ils travaillaient.

Les carrosses du roi, Les voitures dont le roi faisait usage, qui le suivaient dans ses chasses, dans ses voyages et où ne pouvaient monter que les personnes de noblesse, présentées au roi.

Le pavé du roi s'est dit, depuis le règne d'Henri IV, des Grandes routes pavées de la France.

Les ordres du roi, Les ordres de chevalerie de Saint-Michel et du Saint-Esprit. Chevalier des ordres du roi.

Poids de roi, pied de roi, Poids, mesure officielle avant la Révolution.

Lieutenant de roi. Voyez LIEUTENANT.

Le roi est mort, vive le roi Mots par lesquels un héraut annonçait au peuple la mort du roi et l'avènement de son successeur. Il se disait aussi proverbialement pour exprimer que Le roi mort, son héritier lui succédait sans délai. On disait encore en ce sens : Le roi ne meurt pas.

Le roi dit : Nous voulons se dit, familièrement et ironiquement, à quelqu'un qui dit d'un ton impératif : Je veux.

Fam., Le roi n'est pas son cousin. Voyez COUSIN.

Pop., Aller où le roi ne va qu'en personne, où le roi va à pied, où le roi n'envoie personne, Aller à la garde-robe.

Prov. et fig., Où il n'y a rien le roi perd ses droits. Voyez DROIT.

ROI se dit figurément dans un certain nombre de locutions :

Roi d'armes, Le chef des hérauts d'armes.

Roi des arpenteurs, roi des barbiers, roi des merciers, etc., Titres donnés autrefois aux chefs de certaines corporations. Dans un sens analogue, on dit, à propos de Riches industriels Le roi de l'acier; Le roi des pétroles, etc.

Roi de la basoche, Celui des clercs du Palais qui présidait leur communauté. Voyez BASOCHE.

ROI se dit aussi, en parlant de Certains animaux qu'on regarde comme les plus nobles de tous. Le lion est le roi des animaux. L'aigle est le roi des oiseaux.

Il se dit, aux jeux de Cartes, de la Principale figure de chaque couleur. Roi de coeur. Roi de carreau. Roi de pique. Roi de trèfle. Roi d'atout. Tierce au roi. Quatorze de rois. Brelan de rois.

Il se dit, au jeu des Échecs, de la Principale pièce du jeu. On ne prend point le roi, il faut lui donner échec et mat pour gagner.

 

ROIDE

 

adj. des deux genres

. Voyez RAIDE.

 

ROIDEUR

 

n. f.

Voyez RAIDEUR.

 

ROIDIR

v. tr.

Voyez RAIDIR.

 

ROITELET

 

n. m.

Petit roi, roi d'un très petit État. Il ne se dit que par dénigrement et pour rabaisser la puissance du roi dont on parle. Ce n'est pas un roi, ce n'est qu'un roitelet.

Il se dit aussi d'un Fort petit oiseau à bec fin, dont le plumage est olivâtre, et qui a sur la tête une tache d'un beau jaune. La fable de l'Aigle et du Roitelet.

 

RÔLE

 

n. m.

Terme qui désignait autrefois des Rouleaux de papier, de parchemin, sur lesquels on écrivait des actes, des titres.

En Angleterre, Rôles du Parlement, Les registres manuscrits des actes du Parlement.

RÔLE désigne aujourd'hui, en termes de Procédure, un Feuillet ou deux pages d'écriture. Il y a tant de rôles de minute, tant de rôles à cette grosse. Faire des écritures au rôle.

Il signifie aussi Liste officielle. Le rôle, les rôles des contributions, des impositions. Le rôle des contribuables. Rôle d'équipage. Faire un rôle. Dresser un rôle. Mettre quelqu'un. porter quelqu'un sur un rôle. Son nom n'est plus sur le rôle.

Il se dit particulièrement, en termes de Palais, de l'État, de la liste sur laquelle on inscrit les causes dans l'ordre où elles doivent se plaider. Rôle ordinaire. Rôle extraordinaire. Rôle de relevée. Sa cause est au rôle. Sa cause viendra à son tour de rôle. Mettre sur le rôle. Mettre au rôle. Retirer du rôle. Rayer du rôle.

Fig., À tour de rôle, Chacun à son tour ou à son rang. Les membres de cette compagnie en occupent la présidence à tour de rôle. De nombreux orateurs prirent la parole à tour de rôle.

RÔLE désigne encore Ce que doit réciter un acteur dans une pièce de théâtre. L'auteur a distribué les rôles de sa pièce aux acteurs. À qui destinez-vous ce rôle? Tous vos rôles sont- ils distribués? Refuser un rôle. Les comédiens ne savent pas encore leurs rôles. Un rôle de trois cents vers, de quatre cents lignes. Apprendre, étudier son rôle. Répéter un rôle. Il a oublié son rôle.

Il se dit également du Personnage représenté par l'acteur. Il joue toujours les premiers rôles. Il ne joue que les seconds rôles. Il a bien joué son rôle. Il a manqué son rôle. Il a un beau rôle dans cette pièce. Qui est-ce qui fait tel rôle? Il est l'homme du rôle. Le rôle de Cinna, d'Andromaque.

Créer un rôle, Être le premier à jouer un rôle.

Cet acteur a bien saisi l'esprit de son rôle, il est bien dans son rôle, Il en a bien exprimé le caractère, le sens. Il a outré son rôle, Il en a chargé, Il en a forcé l'expression.

RÔLE se dit figurément de la Manière dont on agit dans les affaires du monde, dans certaines occasions, du personnage qu'on y fait, du caractère qu'on y montre. Cet ambassadeur a bien joué son rôle dans la négociation dont on l'avait chargé. Il a joué un rôle utile, un rôle fâcheux dans cette affaire. On l'a chargé d'un rôle bien difficile. Il joue un grand rôle dans le monde. Jouer toute sorte de rôles. Il a joué des rôles bien différents. C'est un beau rôle que celui de défenseur de l'innocent opprimé. Vous jouez là un vilain rôle. C'est un hypocrite qui sait bien jouer son rôle.

Il signifie encore Fonction, emploi. Le rôle du Sénat dans le gouvernement. Pourquoi s'occupe- t-il de cela? ce n'est pas son rôle. Le rôle de l'électricité dans le monde moderne. Le rôle du verbe dans la phrase.

 

RÔLET

 

n. m.

Petit rôle.

Prov. et fig., Ceci n'est pas sur mon rôlet, se dit en plaisanterie, par allusion à la farce du Cuvier, pour désigner une affaire, une démarche, une commission dont on n'a pas été chargé.

 

ROMAIN, AINE

 

adj.

Il se dit des Personnes et des choses qui appartenaient à l'ancienne Rome. Empereur romain. Citoyen romain. Droit romain. Lois romaines. L'empire romain. Substantivement, Un Romain. Une Romaine. La puissance, la grandeur des Romains.

Chiffres romains, Les lettres numérales, comme M, D, C, L, X, V, I : Mille, cinq cents, cent, cinquante, dix, cinq, un. Les cadrans des horloges et des pendules portent ordinairement des chiffres romains. Midi s'écrit XII en chiffres romains. 1934, en chiffres romains, s'écrit M.DCCCC.XXXIV.

ROMAIN se dit figurément, de Ce qui rappelle la grandeur d'âme, le courage, l'austérité, le patriotisme des anciens Romains. C'est un trait romain. Une vertu romaine. C'est un sentiment romani, le sentiment d'une âme romainel Il y a dans cette parole, dans cette réponse quelque chose de romain, une grandeur à la romaine.

Substantivement, C'est un Romain se dit d'un Homme connu par de grands sentiments de probité et par son amour pour la patrie. C'est le dernier des Romains, Il a une vertu qui n'est plus de son temps; Il est le dernier défenseur qui reste à une cause perdue. Un travail de Romain, Un travail difficile, une oeuvre énorme, considérable.

Beauté romaine se dit d'une Femme qui a de grands traits bien marqués et un air, un port majestueux.

ROMAIN se dit aussi des Personnes et des choses qui appartiennent à la Rome moderne. La campagne romaine.

Caractère romain, Caractère d'imprimerie rond et droit, en usage en France depuis le seizième siècle pour le texte courant. Dans le Dictionnaire, les définitions sont imprimées en caractères romains, les exemples en italiques. Substantivement, Le romain. À composer en romain.

Laitue romaine ou simplement Romaine. Voyez ROMAINE.

Chandelle romaine. Voyez CHANDELLE.

ROMAIN se dit spécialement de Ce qui appartient à la Rome moderne considérée surtout comme le siège de la religion catholique, dont le pape est le chef. L'Église romaine. L'Église, la religion catholique, apostolique et romaine. Bréviaire romain. Rituel, pontifical, calendrier, martyrologe romain. Rite romain. La pourpre romaine.

 

ROMAINE

 

n. f.

Espèce de laitue longue que les jardiniers font ordinairement blanchir en la liant. Une salade de romaine.

 

ROMAINE

 

n. f.

Balance composée d'un fléau à bras inégaux et d'un poids unique que l'on fait glisser le long du fléau jusqu'au point où l'équilibre s'établit.

 

ROMAÏQUE

 

n. m.

Le grec vulgaire en usage au moyen âge et à l'époque moderne. Adjectivement, La langue romaïque.

ROMAÏQUE est aussi nom féminin et désigne la Danse nationale des Grecs modernes. Danser la romaïque.

 

ROMAN, ANE

 

adj.

T. de Philologie

. Il se dit des Langues qui se sont formées du latin. Les principales langues romanes sont : le français, le provençal, l'espagnol, le portugais, l'italien et le roumain. Les dialectes romans. Les patois romans. Une chaire de philologie romane. Substantivement, La frontière qui sépare le germanique du roman.

En termes d'Archéologie, il se dit du Style qui a fleuri dans les pays occidentaux, au XIe et au XIIe siècles et qui a été supplanté par le gothique. L'art roman. L'architecture romane. La sculpture romane. L'époque romane. Dans ce sens il s'emploie aussi comme nom masculin. Le roman bourguignon, auvergnat.

 

ROMAN

 

n. m.

OEuvre d'imagination en prose, où l'auteur, sous la forme du récit, peint les passions, les caractères, les moeurs, ou retient l'attention du lecteur par l'intérêt de l'intrigue ou des aventures. Roman psychologique. Roman d'aventures. Roman de moeurs. Roman d'analyse. Roman policier. Roman pastoral. Roman de cape et d'épée. Roman par lettres. Le roman de l'Astrée. Les romans de Balzac. Le héros, l'héroïne d'un roman. La lecture des romans lui avait exalté l'imagination. L'histoire est du roman qui a été, le roman est de l'histoire qui aurait pu être.

Roman historique, Roman dont le fond est tiré de l'histoire. Ses romans historiques n'ont ni l'intérêt de l'histoire, ni l'attrait du roman.

ROMAN se dit, par allusion, des Aventures extraordinaires et des récits dénués de vraisemblance. Cela tient du roman. C'est une aventure de roman. Sa vie est un roman. Cela m'a tout l'air d'un roman. L'histoire que cet homme nous a débitée était un roman, n'était qu'un roman.

Fig., Un héros de roman, Un homme qui affecte d'agir et de parler à la manière des héros de roman.

 

ROMANCE

 

n. f.

Chanson tendre ou plaintive. C'est un tel qui a fait les paroles, qui a composé l'air de cette romance. Une jolie romance. Chanter une romance. Il chante bien la romance.

Il se dit aussi de l'Air sur lequel se chante une romance. Jouer une romance.

Romance sans paroles, Morceau de musique instrumentale, court et sur un motif gracieux.

ROMANCE se dit, au figuré, de Tout ce qui marque une certaine sensibilité banale. C'est de la romance. On dit familièrement et par apposition : Avoir l'air romance, un air romance.

 

ROMANCER

v. tr.

Déformer l'histoire par les procédés du roman. Une biographie romancée.

 

ROMANCERO

 

(On prononce Romancéro.) n. m.

Recueil de petits poèmes héroïques composés par les anciens poètes espagnols. Une traduction du Romancero. Le Romancero français est le titre d'une collection d'anciennes poésies françaises.

 

ROMANCIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui écrit des romans. Balzac est notre grand romancier.

Il s'est dit aussi des Auteurs français qui ont écrit au moyen âge.

 

ROMAND, ANDE

 

adj.

Qui appartient à la partie de la Suisse où l'on parle français. La Suisse romande. La langue romande.

 

ROMANESQUE

 

adj. des deux genres

. Qui tient du roman; qui est merveilleux comme les aventures de roman, ou exalté comme les personnages de roman, comme les sentiments qu'on leur prête. Aventure romanesque. Histoire romanesque. Esprit romanesque. Passion romanesque. Idées, goûts romanesques. Il est très romanesque. Une jeune fille romanesque.

Il s'emploie comme nom masculin. Il y a un certain romanesque dans cette aventure. Une âme éprise de romanesque.

 

ROMANESQUEMENT

 

adv.

D'une manière romanesque.

 

ROMANICHEL, ELLE

n.

Il se dit de Ceux qui appartiennent aux peuplades nomades autrement désignées, selon les pays et les régions, sous le nom de bohémiens, tziganes, gitanes, etc.

 

ROMANISTE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui étudie soit les langues romanes, soit le droit romain.

 

ROMANTIQUE

 

adj. des deux genres

. Il s'est dit des Lieux, des paysages qui rappellent à l'imagination les descriptions des poèmes et des romans.

Il se dit aujourd'hui de l'École qui, au début du dix-neuvième siècle, dans les diverses branches de l'art, s'est affranchie des formules et des disciplines classiques. L'École romantique. Un drame romantique. Substantivement, Les romantiques.

Il se dit également des Choses qui évoquent à l'esprit les qualités, les émotions chères aux romantiques. Un aspect, un site romantique. Un air romantique. La mélancolie romantique.

Il se dit encore par analogie, des OEuvres ou des personnes chez qui l'imagination l'emporte sur le sens des réalités. Une politique romantique. Substantivement, Cet homme d'État est un grand romantique.

 

ROMANTISME

 

n. m.

Doctrine artistique et littéraire des romantiques. La Préface de Cromwell a été le manifeste du romantisme.

Il se dit aussi de Certaines manières de sentir et de s'exprimer propres aux romantiques. Un trait de romantisme. Le romantisme des classiques.

 

ROMARIN

 

n. m.

Arbuste aromatique de la famille des Labiées. Une touffe de romarin.

 

ROMPRE

(Je romps, tu romps, il rompt; nous rompons. Je rompais. Je rompis. J'ai rompu. Je romprai. Je romprais. Romps. Que je rompe. Que je rompisse. Rompant. Rompu.) v. tr. Séparer en deux parties, briser, mettre en pièces. Rompre un bâton, une baguette. Rompre son pain. Un coup de vent a rompu le grand mât. Il ne faut pas trop charger cette poutre, de peur qu'elle ne vienne à se rompre. Les essieux de la voiture se rompirent. Le fleuve rompit ses digues. Il menaçait de lui rompre bras et jambes. Se rompre une veine. Se rompre une côte. Il fit un effort qui lui rompit les reins. En tombant de cheval, il s'est rompu le cou.

En termes de Joutes et de Tournois, Rompre une lance, rompre la lance, Briser une lance en courant ou en combattant contre quelqu'un. Ils rompirent deux lances, trois lances.

Fig., Rompre une lance, rompre des lances avec quelqu'un, contre quelqu'un, Disputer en règle avec lui sur quelque sujet.

Fig., Rompre une lance pour quelqu'un, Prendre le parti de quelqu'un, le défendre. J'ai rompu bien des lances pour vous.

Fig., Rompre en visière à quelqu'un, Lui dire en face et brusquement quelque chose de désagréable, le contredire en face. Alceste, dans le Misanthrope, brûle de rompre en visière à tout le genre humain.

Fig., Rompre ses fers, ses chaînes, S'affranchir, s'évader, se mettre en liberté. Rompre ses fers, ses chaînes, ses liens signifie aussi Se dégager d'une passion, d'un attachement. Il est délivré de cette passion, il a rompu ses chaînes, ses liens.

Fig., Rompre la glace, Faire naître entre deux ou plusieurs personnes la sympathie, la cordialité qui manquait.

Fig., Rompre la tête, rompre les oreilles à quelqu'un, Faire trop de bruit autour de lui. Ces enfants sont trop bruyants, ils me rompent la tête. Il signifie aussi importuner par des discours inutiles. Vous nous rompez toujours les oreilles, la tête de la même chose.

Rompre les chemins, Rendre les chemins impraticables. Les pluies, le dégel, les charrois ont rompu les chemins. Il est vieux.

Fig., Rompre le fil de son discours, Quitter tout à coup la suite de son discours et entrer dans un autre sujet. On dit aussi à un interrupteur : Ne rompez pas le fil de mon discours.

Fig., Rompre la paille. Voyez PAILLE.

En termes de Guerre, Rompre la ligne ennemie, La briser, l'enfoncer, la mettre en désordre. La première ligne des ennemis fut rompue.

Rompre le combat, Cesser la lutte et se retirer en bon ordre.

En termes militaires, Rompre les faisceaux, Défaire les faisceaux en reprenant les fusils. Rompez les faisceaux!

Rompre les rangs se dit d'une Troupe qui reçoit de son chef la permission de ne plus garder les rangs. Rompez les rangs! On dit aussi absolument en ce sens Rompre. Le colonel a donné l'ordre de rompre. Un supérieur dit à un soldat qu'il congédie : Allez, rompez!

En termes de Gravure, Rompre une planche, La briser ou la rayer de manière qu'elle ne puisse plus servir.

ROMPRE signifie aussi Interrompre, arrêter, détourner. Rompre le vent. Rompre le cours de l'eau. Rompre la vague.

Rompre l'eau à un cheval, Interrompre un cheval quand il boit, l'obliger à boire à différentes reprises, ou encore Couper l'eau de l'abreuvoir avec la main. Rompez l'eau à votre cheval, qui a trop chaud.

En termes de Chasse, Rompre les chiens, Les arrêter, les empêcher de suivre une voie.

Fig., Rompre les chiens, Interrompre une conversation ou une discussion que l'on juge mal engagée.

Fig., Rompre le dessein, les desseins de quelqu'un, Empêcher qu'il n'exécute son dessein, qu'il ne réussisse dans les mesures qu'il avait prises.

Fig., Rompre un enchantement, En détruire l'effet, s'en délivrer, ou en délivrer quelqu'un.

ROMPRE s'emploie au figuré en parlant d'Amitié, de relations, d'alliance, de traité, etc., et signifie Détruire, faire cesser, rendre nul. Rompre une amitié. Rompre la paix. Rompre des négociations. Rompre les relations qu'on avait avec quelqu'un. Rompre tout commerce de lettres. Rompre un traité, une alliance, un marché.

Rompre un mariage, Rompre un projet de mariage.

ROMPRE s'emploie absolument dans le sens de Renoncer à l'amitié, aux liaisons qu'on avait avec quelqu'un. Ils ont rompu. Ils ont rompu ensemble. Ils ont rompu avec éclat. Il a rompu pour une bagatelle avec son meilleur ami.

Il signifie aussi figurément Interrompre. Rompre une conversation. Sa présence rompit notre entretien. Rompre l'équilibre.

Rompre un tête-à-tête, Survenir entre deux personnes.

Rompre le silence, Cesser de se taire.

Rompre le pas, Cesser de marcher au pas.

Rompre la mesure d'un vers, rompre la cadence, Interrompre la régularité de la mesure, de la cadence.

En termes de Peinture, Rompre une couleur, La mêler d'une autre couleur pour en adoucir l'éclat, pour varier l'effet. Des tons rompus.

ROMPRE signifie encore figurément Manquer à une obligation, cesser pour toujours ou momentanément de la remplir. Rompre le clôture religieuse. Rompre le carême. Rompre sa règle, ses voeux. Rompre son serment, ses engagements.

Rompre le jeûne, Enfreindre la loi du jeûne, soit en prenant quelque nourriture avant l'heure prescrite, soit en usant d'aliments défendus.

Rompre son ban, Ne pas garder son ban, sortir des lieux où l'on était relégué, rentrer dans le pays d'où l'on était banni.

ROMPRE signifie encore figurément Dresser, exercer, accoutumer, plier. On l'a mis dans tel emploi pour le rompre aux affaires, au travail. Rompre la main d'un jeune homme à l'écriture; le rompre à l'écriture. Se rompre à la fatigue, au travail, aux affaires.

ROMPRE est aussi verbe intransitif et signifie Se casser, se briser. Ne chargez pas trop cette poutre, elle romprait. Son épée rompit à la poignée.

Prov. et fig., Il vaut mieux plier que rompre, Il vaut mieux céder que de se perdre. On dit dans le même sens : Il rompra plutôt que de plier, Il périra plutôt que de céder.

ROMPRE signifie, en termes d'Escrime, Reculer.

Le participe passé ROMPU s'emploie adjectivement. Être rompu de fatigue, Être extrêmement fatigué. On dit absolument dans le même sens : Être rompu.

Avoir les jambes rompues, Avoir les jambes très fatiguées. J'ai les jambes rompues à force de marcher.

Fig., Être rompu aux affaires, aux calculs, etc., Y être fort exercé. On dit de même Être rompu à faire une chose.

À BÂTONS ROMPUS, Locution adverbiale dont on se sert en parlant des Choses qui se font ou qui se disent avec de fréquentes interruptions et à diverses reprises. Travailler à quelque chose à bâtons rompus. Je n'ai pu m'occuper de cette affaire qu'à bâtons rompus. Il ne m'en a parlé qu'à bâtons rompus.

À TOUT ROMPRE, Locution adverbiale dont on se sert pour exprimer la violence des applaudissements recueillis par un orateur, un acteur et en général un ouvrage lu ou prononcé en public. Cet acteur, cet orateur a été applaudi à tout rompre. On applaudit cette scène à tout rompre.

 

RONCE

 

n. f.

Arbuste épineux et rampant, de la famille des Rosacées, qui vient dans les haies et dans les bois et qui porte un fruit assez semblable à une petite mûre et appelée pour cette raison Mûre sauvage. S'accrocher, se déchirer aux ronces.

Ronce artificielle, Fil de fer garni de petites pointes métalliques, dont on se sert pour les clôtures. On dit aussi Fil de fer barbelé.

RONCE se dit figurément des Difficultés, des désagréments que l'on rencontre. Il trouve partout des ronces et des épines. La vie est semée de ronces et d'épines.

 

RONCHONNER

 

v. intr.

Maugréer, grogner. Il est familier.

 

ROND, ONDE

 

adj.

Qui a une forme circulaire. Figure ronde. Cela est parfaitement rond. Table ronde.

Chevaliers de la Table ronde, Les douze chevaliers que les romans du moyen âge donnent comme compagnons au roi Artur.

Lettre ronde, Sorte d'écriture où les panses des lettres sont arrondies. Substantivement, La ronde, l'anglaise et la bâtarde.

ROND se dit aussi des Solides qui ont une forme sphérique. Rond comme une boule. La terre est ronde.

Poétiquement, La machine ronde, La terre.

Têtes rondes, Nom donné dans l'histoire d'Angleterre aux partisans de Cromwell.

Par exagération, Il est tout rond, rond comme une boule se dit d'un Homme gros et court.

En termes de Sculpture, Ouvrages de ronde bosse. Voyez BOSSE.

ROND se dit encore de Ce qui est cylindrique. Un bâton bien rond. Un bras rond et potelé. Une taille ronde. Un bonnet rond.

Fil rond, Fil un peu retordu.

ROND s'emploie aussi figurément dans diverses locutions :

Compte rond, Compte dont la somme est parfaite et sans fraction. Vous en demandez cinquante-deux francs, faisons un compte rond; je vous en donnerai cinquante.

Un homme rond, Un homme qui agit sans façon, simplement. Cet homme est rond et franc, il est tout rond, Il agit sans façon, sans artifice, avec sincérité. On dit de même : C'est un homme rond en affaires, très rond en affaires.

Fortune ronde, Fortune assez considérable.

Voix ronde, Voix pleine, égale, unie.

 

ROND-DE-CUIR

 

n. m.

Il se dit familièrement et par plaisanterie des Employés de bureau.

 

ROND-POINT

 

n. m.

Grande place circulaire à laquelle aboutissent plusieurs avenues ou allées. Le rond-point des Champs-Élysées, à Paris. Des ronds-points.

 

ROND

 

n. m.

Figure circulaire, cercle. Faire un rond. Tracer un rond avec le compas. Au milieu du rond. Ils s'assirent en rond. Des arbres plantés en rond. Danser en rond. Les enfants s'amusent à jeter des pierres dans l'eau pour faire des ronds.

Rond de serviette, Sorte d'anneau dans lequel on passe sa serviette de table et qui sert à la reconnaître.

En termes d'Architecture, Quart de rond. Voyez QUART.

En termes de Danse, Rond de jambe se dit d'une Certaine manière d'avancer ou de reculer une jambe, en lui faisant décrire un demi-cercle, tandis que l'autre jambe pose à terre.

 

RONDACHE

 

n. f.

Sorte de grand bouclier rond.

 

RONDE

 

n. f.

Visite, inspection qui se fait la nuit autour d'une place, dans une ville, dans un camp, pour observer si les sentinelles, les corps de garde font leur devoir et si tout est dans l'ordre. Faire la ronde. Chemin de ronde. Officier de ronde. L'heure de la ronde. Ronde d'officier supérieur. Il se dit, dans un sens analogue, en termes de Marine militaire. Faire des rondes dans une rade.

Il se dit également des Visites, des inspections que font les employés des douanes, et en général tous ceux qui sont chargés d'une garde, d'une surveillance.

Fig., Faire la ronde, sa ronde, Tourner autour d'un jardin, d'une maison, etc., pour observer, pour épier ce qui pourrait paraître suspect. Il signifie aussi Visiter toutes les parties d'un appartement, pour voir si tout est en ordre, en sûreté. Il fait tous les soirs sa ronde, de crainte des voleurs.

RONDE se dit, par extension, de la Troupe ou de la personne qui fait la ronde. Qui vive? Ronde de sergent, d'officier. Reconnaître une ronde. Quand la ronde passe.

RONDE se dit également d'une Danse qui se fait en rond, et aussi de la Chanson sur laquelle on danse en rond. Danser une ronde. Une ronde villageoise. Une ronde enfantine.

À LA RONDE,loc. adv.

Alentour. À dix lieues à la ronde.

Il signifie aussi Chacun à son tour dans un cercle. Boire à la ronde.

Servir à la ronde, Servir à la suite tous ceux qui sont à une même table.

 

RONDE

 

n. f.

T. de Musique

. La plus longue de toutes les notes, Celle qui a le plus de valeur : elle a la figure d'un O incliné à droite. La ronde vaut deux blanches, ou quatre noires, ou huit croches, etc.

 

RONDE

 

n. f.

Sorte d'écriture. Voyez ROND.

 

RONDEAU

 

n. m.

Petite pièce de poésie composée de treize vers sur deux rimes, avec une pause au cinquième et une au huitième, et dont le premier mot ou les premiers mots se répètent après le huitième vers et après le dernier, sans faire partie des vers. On dit aussi Rondel pour une Sorte de rondeau en usage surtout au XV e siècle.

Rondeau redoublé, Pièce de poésie de vingt vers, disposés par cinq quatrains, en sorte que les quatre vers du premier quatrain font l'un après l'autre le dernier vers des autres quatrains; le cinquième de ces quatrains doit être suivi de la répétition du premier mot ou de l'hémistiche du premier vers de l'ouvrage.

RONDEAU, en termes de Musique, désigne un Air à deux ou à plusieurs reprises, dans lequel, après chaque reprise, on recommence la première avant de passer à celle qui suit, et qu'on termine par cette même première reprise.

 

RONDEL

 

n. m.

Voyez RONDEAU.

 

RONDELET, ETTE

 

adj.

Qui est assez rond qui a un peu d'embonpoint. Il est rondelet. Elle est rondelette. Il est familier.

Fam., Une somme rondelette, Une somme assez importante. Une bourse rondelette, Une bourse bien garnie.

 

RONDELLE

 

n. f.

T. d'Arts

. Pièce ronde, de métal, de cuir, etc., qui est percée dans le milieu et qui entre ordinairement dans la construction de certains appareils, de certaines machines. Rondelle de plomb, de cuir, de carton, de cuivre, d'acier, etc.

Il se dit aussi d'une Sorte de ciseau arrondi dont on se sert en sculpture.

 

RONDEMENT

 

adv.

Promptement, avec vitesse. Nous avons fait ce voyage rondement. Ce chauffeur nous a menés rondement.

Fig. et fam., Mener rondement une affaire, La conduire avec activité et décision.

RONDEMENT s'emploie aussi au figuré et signifie Sincèrement, franchement, sans artifice, sans façon. Il ne prend pas de détours pour parler, il y va rondement. Il va rondement en affaires. Ce mot est familier dans toutes ses acceptions.

 

RONDEUR

n. f.

Caractère de ce qui est rond, de ce qui est sphérique, circulaire ou cylindrique. La rondeur de la terre. La rondeur d'une boule. La rondeur du bras.

Il se dit aussi, familièrement, des Choses rondes, et particulièrement des Parties du corps où se manifeste de l'embonpoint. Des rondeurs.

Il se dit figurément en parlant d'une Personne qui a de la franchise, qui est sans façon. C'est un homme qui a de la rondeur. J'aime mieux sa rondeur un peu brusque que la politesse affectée de tant d'autres. Par extension, La rondeur du sigle.

Ce comédien a de la rondeur, Il joue avec franchise et naturel.

 

RONDIN

 

n. m.

Morceau de bois de chauffage, qui est rond, par opposition à celui qui est fendu. Un petit rondin. Rondins de hêtre, Rondins de chêne. Ce n'est pas du bois de quartier, ce sont des rondins.

RONDIN désigne aussi un Gros bâton. Frapper quelqu'un à coups de rondin.

 

RONFLANT, ANTE

 

adj.

Qui est sonore et bruyant. Un instrument ronflant.

Il se dit figurément des Phrases, des mots, et signifie Qui a une sonorité un peu creuse. Style ronflant. Phrase ronflante. Vers ronflants.

Promesses ronflantes, Grandes et vaines promesses.

 

RONFLEMENT

 

n. m.

Bruit qu'on fait en ronflant. On entend ses ronflements de toute la maison.

Il se dit figurément de Certains bruits qui ont quelque rapport avec le ronflement d'un homme. Le ronflement de l'orgue. Le ronflement d'une toupie. Le ronflement d'un moteur.

 

RONFLER

 

v. intr.

Faire un certain bruit de la gorge et des narines en respirant pendant le sommeil. Cet homme n'a fait que ronfler toute la nuit. Je l'entendais ronfler paisiblement. Il ronfle en dormant. Il y a des chiens qui ronflent comme les hommes.

Il se dit aussi d'un Cheval, quand la peur, la colère, etc., lui font faire un certain bruit des narines.

Il se dit, figurément et par extension, de Certaines choses qui font un bruit grave et prolongé, comme le tonnerre, le canon, l'orgue, etc. On entend ronfler le tonnerre. J'entends ronfler l'orgue, la contrebasse, la basse. Cette toupie ronfle bien. Un moteur qui ronfle.

Fig. et fam., Faire ronfler des vers, Les déclamer avec une certaine emphase.

 

RONFLEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui ronfle, qui a l'habitude de ronfler. On ne saurait dormir dans la même chambre que lui, c'est un ronfleur insupportable.

 

RONGE

 

n. m.

T. de Chasse

. Il n'est usité que dans cette phrase : Le cerf fait le ronge, Il rumine.

 

RONGER

 

v. tr.

Entamer, déchiqueter avec les dents à fréquentes reprises. Un chien qui ronge un os. Les rats rongent la paille dans les greniers. Les souris ont rongé ce morceau de pain. Les vers rongent le bois. Ronger ses ongles.

Ce cheval ronge son frein, Il mâche son frein.

Fig. et fam., Ronger son frein, Retenir, refouler en soi son impatience, son dépit, sa colère, en s'efforçant de n'en rien laisser éclater au-dehors. En écoutant cet insolent discours, je rongeais mon frein.

Fig. et fam., Se ronger les poings, Enrager.

Fig. et fam., Donner un os à ronger à quelqu'un, Lui donner quelque occupation, quelque emploi qui l'aide à vivre; ou Lui faire quelque légère grâce, pour se délivrer de ses importunités. Il faut lui donner quelque os à ronger. Il signifie aussi Susciter quelque affaire à quelqu'un pour l'embarrasser, pour l'occuper d'un côté, afin qu'il n'ait pas le temps de songer à autre chose et qu'il ne puisse pas nuire. Ils l'ont engagé adroitement dans cette poursuite; c'est un os qu'ils lui ont donné à ronger.

RONGER se dit, par analogie, de Certaines choses qui minent, corrodent ou consument peu à peu. La mer ronge insensiblement ses bords. La rouille ronge le fer. Le temps ronge et détruit tout. Cet homme a un ulcère qui le ronge.

Il se dit aussi figurément des Choses qui inquiètent, qui tourmentent. Les soucis rongent l'esprit. Les remords rongent la conscience. Le chagrin ronge cet homme. L'envie le ronge. Il a un souci qui le ronge, des inquiétudes qui le rongent.

Il se dit encore, figurément et familièrement, de Ceux qui consument le bien d'autrui. Il a une foule de complaisants, de collatéraux qui le rongent.

 

RONGEUR, EUSE

 

adj.

Qui ronge. Un animal rongeur. Un ulcère rongeur. Fig., Les remords, les soucis rongeurs.

Fig., Le ver rongeur, Le remords qui tourmente le coupable.

RONGEURS, au pluriel, se dit substantivement, en termes d'Histoire naturelle, d'un Ordre de quadrupèdes qui ont, à chaque mâchoire, deux longues incisives, sans canines, disposition de dents qui les rend particulièrement propres à ronger. Le lapin, l'écureuil, le rat sont des rongeurs.

 

RONRON

 

n. m.

Onomatopée qui sert à désigner la Sorte de ronflement continu et sourd par lequel les chats expriment leur contentement. Faire ronron.

Le ronron tragique se dit, par analogie, d'une Façon pompeuse et monotone de déclamer.

 

RONRONNEMENT

 

n. m.

Action de ronronner.

 

RONRONNER

 

v. intr.

Faire ronron.

Il s'emploie aussi figurément, dans le langage familier, en parlant d'une Personne. Ronronner de satisfaction.