Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 275 sur 1 033

Pages du PDF

Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Coulage

 

n. m.

Action de faire couler. Le coulage d'une lessive. Le coulage d'une statue, de pièces céramiques.

Il se dit aussi de l'Action de s'écouler ou de couler en causant une perte. Le coulage d'une pièce de vin. Marchandises sujettes à coulage, au coulage. Le coulage de la vigne.

Par extension, il se dit des Pertes provenant d'incurie et de gaspillage. Il y a, dans cette maison, beaucoup de coulage.

 

COULANT, ANTE

 

adj.

Qui coule aisément. Vin coulant, Vin agréable à boire et qui passe aisément.

Noeud coulant, Noeud qui se serre et se desserre sans se dénouer.

Il signifie au figuré Qui est fait aisément, naturellement, qui ne sent point le travail. Style coulant. Vers coulants. Prose coulante.

En termes de Peinture, Dessin coulant, Dessin qui procède par des courbes légères et qui est plus facile que correct.

Fig. et fam., Être coulant en affaires, Être accommodant en matière d'intérêt. Je l'ai trouvé très coulant.

 

COULANT

 

n. m.

Pièce en forme d'anneau qui glisse le long d'un cordon ou d'un collier, en sorte qu'on peut le hausser ou le baisser à volonté. Le coulant d'une cravate.

Il se dit aussi, en termes d'Orfèvrerie, d'Horlogerie, etc., d'un Anneau de fer au moyen duquel on rapproche les branches d'une tenaille pour faire joindre les mâchoires.

Il désigne encore le Rejeton d'une plante qui s'allonge en tige rampante sur le sol. Le coulant des fraisiers.

 

COULÉ

 

n. m.

T. de Musique . Passage d'une note à une autre, qui se fait, avec la voix ou sur un instrument, en liant ces notes par le même coup de gosier, de langue, d'archet, etc. Le coulé se marque par un trait placé au- dessus des notes.

Il désigne aussi une Sorte de pas de danse. Faire un coulé.

Il se dit également, en termes d'Escrime, de l'Action de glisser doucement son épée contre celle de l'adversaire, pour fournir ensuite l'attaque.

Il se dit en termes de jeu de Billard, du Coup par lequel on pousse une bille sur une autre de manière à la faire suivre sans secousse.

En termes de Natation, il se dit du Nageur qui, ayant piqué une tête, revient â la surface sans nager.

En termes d'Orfèvrerie, de Fonderie, etc., il se dit de Tout ouvrage jeté en moule.

 

COULÉE

 

n. f.

Action de s'écouler ou Résultat de cette action. La coulée de la lessive, de la lave, d'un métal.

En termes de Chasse, il se dit, par analogie, du Sentier étroit par où le cerf gagne son réduit et, par extension, des Faux chemins que les animaux tracent dans les bois.

Il désigne aussi, en termes de Calligraphie, un Caractère d'écriture penché, dont toutes les lettres se tiennent et dont tous les jambages sont droits.

 

COULER

 

v. intr.

Se mouvoir, passer d'un endroit à un autre, en parlant des Liquides. Cette fontaine coule doucement, lentement, coule dans la prairie, coule sur des cailloux, sur des graviers, etc. La rivière coule le long des murailles, coule à l'entour, tout autour de la ville, coule vers le midi, vers le nord. La sueur lui coulait le long du visage, coulait abondamment. Les larmes lui coulent des yeux. Le sang coulait de sa blessure. Fig., Les vers coulent de sa plume sans effort. La persuasion coulait de ses lèvres. Cette période, ce vers, etc., coule bien, Il ne s'y trouve rien qui blesse l'oreille.

Faire couler le sang, Être cause d'une guerre ou d'une rixe sanglante. On dit de même Le sang a coulé, Il y a eu des personnes blessées dans cet engagement, dans cette rixe.

Fam., Cela coule de source, se dit en parlant de Tout ce qu'une personne dit ou écrit d'une manière naturelle, facile, ou d'abondance de coeur, ou conformément à son genre d'esprit, à son caractère. Il connaît à fond son sujet : tout ce qu'il dit coule de source.

Par analogie, il signifie Laisser échapper un liquide. Ce tonneau, ce baril coule de toutes parts. La vigne était belle, mais elle a coulé ; les melons ont coulé, La vigne, les melons ont eu le germe noyé par la pluie. On l'applique, même dans ce sens analogue, aux Choses qui glissent. Ce sable a coulé. Une tuile a coulé du toit. L'échelle n'était pas sûre : elle a coulé. On dit aussi Se laisser couler au bas d'un arbre.

Le nez lui coule, Des sérosités, des humeurs lui coulent du nez. Quand on est enrhumé du cerveau, le nez coule.

Il signifie aussi Descendre insensiblement au fond de l'eau. Ce navire a coulé à pic. Ce bâtiment a coulé à fond.

Par extension, SE COULER signifie Passer d'un lieu dans un autre sans faire de bruit, pour éviter d'être aperçu. Coulez-vous vite le long de cette muraille. Le lièvre s'est coulé le long de la haie.

Il s'emploie aussi transitivement et signifie au propre Faire passer un liquide d'un lieu dans un autre. Couler la lessive, Verser à plusieurs reprises de l'eau chaude sur le linge qui est dans un cuvier.

Il signifie particulièrement Faire passer Un liquide à travers un linge. Couler du lait, du bouillon. On dit plus ordinairement PASSER.

Par extension, Couler une glace, En faire couler la matière fondue sur une table préparée pour cette opération. Couler une statue. Couler des dalles, Verser du plomb fondu dans les joints.

Par analogie, il signifie Faire descendre au fond de l'eau. Ce navire a été coulé.

Fig., Couler à fond quelqu'un dans la dispute, Le réduire à ne savoir que répondre. Couler à fond quelqu'un signifie aussi Ruiner son crédit sa fortune. Il est coulé à fond, ou simplement Il s'est coulé. C'est un homme coulé.

Il signifie par extension Faire passer insensiblement d'un lieu dans un autre. Il a coulé la main dans sa poche. Il lui coula un billet dans la main. Il s'est coulé dans la foule. Fig., Je lui en ai coulé deux mots à l'oreille.

En termes de Calligraphie, L'écriture coulée, Voyez COULÉE.

Couler un pas de danse, L'exécuter en glissant. Couler plusieurs notes, Les lier d'un même coup de gosier.

En termes de jeu de Billard, COULER signifie Pousser une bille sur une autre de manière à la mettre à sa place sans secousse.

Fig., Couler des jours heureux, Les passer paisiblement, sans secousse. On dit de même intransitivement Ses jours coulaient dans l'innocence. Ce temps a coulé doucement.

 

COULEUR

n. f.

Impression que fait sur l'oeil la lumière réfléchie par la surface des corps et qui nous les rend diversement sensibles. Couleur naturelle. Couleur artificielle. Couleur claire. Couleur sombre, brune, obscure. Couleur éclatante. Couleur voyante. Couleur gaie. Couleur vive. Couleur triste, morne. Couleur chargée. Couleur fanée, passée, effacée, ternie. Couleur tirant sur le brun, sur le bleu. Couleur changeante. Couleur tranchante. Couleur noire, grise, rouge. Couleur vert- pomme, vert Nil. Couleur chair. Ce marbre est d'une belle couleur. Variété, mélange de couleurs. Les diverses nuances d'une même couleur. Assortir les couleurs. Couleur à la mode. Les couleurs primitives. Les couleurs simples. Les couleurs composées.

Après un nom, le mot COULEUR, déterminé par un autre nom, s'emploie comme une sorte d'adjectif. Un ruban couleur de feu. Des souliers couleur de rose. Un maillot couleur de chair ou couleur chair.

Fig., Juger, parler d'une chose comme un aveugle des couleurs. Voyez AVEUGLE.

Fig. et fam., Voir tout couleur de rose, Voir tout en beau. On dit dans le même sens Tout lui paraît couleur de rose. Il n'a que des pensées couleur de rose.

Fig. et fam., En faire voir à quelqu'un de toutes les couleurs, Abreuver quelqu'un de mauvais procédés, de tromperies, d'humiliations.

On ne connaît pas la couleur de son argent, Il ne paie pas ses dettes. On dit dans un sens analogue Je ne connais pas la couleur de ses paroles, Je ne l'ai jamais entendu rien dire.

Les hommes de couleur, Les mulâtres, les hommes provenant du mélange de la race blanche et de la race noire.

En termes de Physique, Couleurs complémentaires. Voyez COMPLÉMENTAIRE.

Les couleurs du drapeau, Les couleurs adoptées par chaque nation comme marque distinctive et reproduites sur le drapeau. On dit de même Les couleurs nationales. Spécialement, Les couleurs françaises.

Dans la Marine, Les couleurs, Les pavillons. Hisser les couleurs.

En termes de Blason, il se dit des Cinq couleurs, azur, gueules, sinople, sable et pourpre. Couleur sur métal. Métal sur couleur.

Il se dit encore, en parlant d'Étoffes et d'habits, pour désigner Toute autre couleur que le noir, le gris, le blanc, etc. Le deuil de cette femme est trop récent pour qu'elle reprenne les robes de couleur.

Renoncer à la couleur, Ne plus porter que le noir, ou d'autres couleurs peu éclatantes.

En langage de Courses, Porter les couleurs d'une écurie.

Porter les couleurs d'une dame, Porter dans son ajustement des couleurs semblables à celles que cette dame affectionne le plus ; et, figurément, Se mettre au rang de ses adorateurs.

Couleurs symboliques, couleurs théologales, Couleurs adoptées par l'Église pour les ornements liturgiques.

Il se prend aussi particulièrement pour le Teint, la couleur du visage. Couleur vermeille. Couleur pâle, blême. Couleur plombée, livide olivâtre, brune. Il est haut en couleur. Il se porte bien, la couleur lui est revenue. Il a repris ses couleurs. Cette personne a de belles couleurs. Elle n'a pas de couleurs.

Il se dit également des Altérations subites qu'éprouve la couleur du visage par l'effet de quelque douleur ou de quelque émotion violente. Il entendit son arrêt sans changer de couleur. À cette nouvelle, il devint de toutes les couleurs. Elle tomba entre leurs bras, inanimée et sans couleur.

Pâles couleurs. Voyez CHLOROSE.

Il se dit aussi pour marquer l'Aspect que les viandes, le pain, les pâtisseries doivent prendre quand ces choses sont cuites comme il faut. Ce pain n'a pas de couleur. Cette croûte n'a pas assez de couleur. Ce rôti a bonne couleur.

Fig., L'affaire prend couleur, se dit d'une Affaire dont on commence à espérer un bon résultat. On dit aussi Cette affaire commence à prendre une bonne, une mauvaise couleur. On dit mieux Prendre figure, prendre une bonne, une mauvaise tournure.

En termes de jeu de Cartes, il se dit de Chacune des quatre marques appelées pique, trèfle, coeur et carreau. De quelle couleur tourne-t-il? J'ai des quatre couleurs dans mon feu. Je n'ai point de cette couleur.

Il se dit encore des Substances dont on se sert pour donner aux objets une couleur artificielle. Broyer les couleurs. Mêler les couleurs. Préparer les couleurs. Mettre un plancher, un parquet, etc., en couleur. Cette étoffe prend bien la couleur. Teindre en couleur de... Cela est trop monté en couleur. L'air mange les couleurs.

Il se dit particulièrement des Teintes employées dans un tableau ou dans quelque autre ouvrage du même genre. Appliquer, coucher les couleurs. Bien manier, bien employer les couleurs. Adoucir les couleurs. Amortir les couleurs. Ranimer les couleurs. Rehausser, relever les couleurs, l'éclat des couleurs.

Peindre à pleine couleur, Peindre avec un pinceau très chargé de couleur.

Couleurs amies, Couleurs qui s'accordent bien ensemble, dont l'union produit un agréable effet.

Couleur locale. Voyez LOCAL.

Il se prend aussi pour Coloris, en parlant d'un Tableau. Ce tableau est d'une composition défectueuse, mais il séduit le regard par la couleur.

En termes de Gravure, Cette estampe, cette gravure est d'une belle couleur, On y a l'impression des couleurs du tableau d'après lequel elle a été faite, bien que l'artiste n'y ait employé que le noir et ses diverses teintes.

Il se dit figurément du Style, des expressions considérées comme étant, pour celui qui écrit ou qui parle, ce que les couleurs sont pour le peintre. Il peignit des plus vives couleurs la détresse dans laquelle ils étaient plongés. On leur avait peint notre situation sous les plus fausses couleurs.

Il se dit particulièrement du Style lorsqu'on désigne la Qualité qui le distingue. Style sans couleur. Ce récit a de la couleur.

Il se dit aussi figurément de l'Apparence que prennent les choses selon les circonstances. Pour un esprit chagrin tout revêt de sombres couleurs. Le récit prend, vers la fin, une couleur plus tragique. L'auteur chargé de ce rôle a su lui donner une couleur nouvelle.

Il se dit particulièrement du Caractère propre à telle ou telle opinion. Ses opinions ont bien changé de couleur depuis que je ne l'ai vu. La couleur de ce journal est encore indécise. Prendre couleur.

Il se dit souvent, dans un sens plus restreint d'une Raison apparente dont on se sert pour couvrir et pallier quelque mensonge ou quelque mauvaise action, afin de persuader ce qu'on désire. Revêtir un mensonge de belles couleurs. Il sait donner une couleur plausible, une couleur spécieuse à ce qu'il dit, à ce qu'il fait de plus mal. On dit dans le même sens Donner des couleurs, Alléguer des prétextes invoquer de mauvaises raisons.

SOUS COULEUR DE,loc. prép.

Avec l'apparence de. Il l'a trompé sous couleur d'amitié. Il s'est rendu maître de l'affaire sous couleur de le servir.

 

COULEUVRE

 

n. f.

Espèce de reptile de la famille des serpents. Les couleuvres ne sont pas venimeuses. Couleuvre d'eau. Peau de couleuvre. OEufs de couleuvre. Il se glisse comme une couleuvre.

Fig. et fam., Avaler des couleuvres. Voyez AVALER.

 

COULEUVREAU

 

n. m.

Petit de couleuvre.

 

COULEUVRINE

n. f.

Ancienne pièce d'artillerie plus longue que les canons employés alors.

 

COULIS, ISSE

 

adj.

Qui coule. Il n'est plus usité que dans cette locution, Vent coulis, Vent qui coule, qui se glisse au travers des fentes et des trous. Il vient un vent coulis par cette porte. Je sens un vent coulis qui me donne sur l'épaule. Les vents coulis sont dangereux.

Il est surtout employé comme nom et désigne spécialement, en termes de Cuisine le Suc d'un aliment consommé à force de cuire passé par une étamine, un linge, etc. Coulis d'écrevisses.

Il se dit aussi, en termes de Construction, du Plâtre, du mortier gâché ou du métal fondu qu'on fait couler dans des joints pour les garnir.

 

COULISSE

 

n. f.

Longue rainure par laquelle on fait glisser, aller et revenir un châssis, une fenêtre, une porte, un tiroir, etc. Graisser la coulisse.

Coulisse de confessionnal, Planchette que le confesseur fait glisser quand il veut entendre un pénitent.

En termes de Musique, Trombone à coulisse. Voyez TROMBONE.

Fig. et fam., Faire les yeux en coulisse, Faire les yeux doux en regardant de côté. On dit elliptiquement, dans le même sens, Regarder en coulisse.

En termes d'Imprimerie, Coulisse de galée ou simplement Coulisse, Petite planche très plate qui sert à faire couler sur le marbre les pages trop grandes pour être enlevées avec les doigts.

Il se dit, en termes de Théâtre, des Châssis de toile mobiles qui forment le décor des deux côtés de la scène. La première, la seconde coulisse. Dans ce changement de décor les coulisses ne fonctionnèrent pas bien. Il se dit aussi des Châssis où passent les acteurs pour entrer en scène, et de toute la partie du théâtre qui est derrière la scène. Pendant toute la pièce il resta dans les coulisses. Langage des coulisses. Propos de coulisses. Une intrigue de coulisses.

Fig., Se tenir dans la coulisse, Se dissimuler, ne pas se laisser voir. Il fait agir les autres et se tient dans la coulisse.

Il se dit, en termes de Bourse, de la Réunion des coulissiers.

Il désigne encore, en termes de Couture, le Rempli fait à un vêtement, à un rideau, à une pièce d'étoffe pour faire passer un cordon ou une tringle le long desquels l'étoffe doit glisser. Passer un lacet dans une coulisse. Serrer une coulisse.

 

COULISSIER

 

n. m.

T. de Bourse

. Celui qui fait des affaires à la Bourse, hors du parquet des agents de change, après ou avant l'heure des négociations sur les effets publics.

 

COULOIR

 

n. m.

Passage de dégagement qui sert à passer d'une pièce d'un édifice dans une autre. Couloir d'un appartement, de la salle des séances de la Chambre des Députés.

Propos de couloirs, Propos qui se tiennent autour de la salle des séances, dans les assemblées politiques. Intrigue de couloirs.

Par analogie, Couloir d'un wagon. Wagon à couloir.

 

COULOIRE

 

n. f.

T. d'Arts

. Récipient propre à laisser passer, à faire égoutter la partie la plus liquide ou le suc de quelque substance qu'on veut en séparer.

 

COULOMB

 

n. m.

T. d'Électricité

. Unité pratique de quantité pour la mesure des courants. Le coulomb représente la quantité d'électricité que débite, pendant une seconde, l'unité pratique d'intensité électrique nommée ampère.

 

COULPE

 

n. f.

Péché volontaire qui prive le pécheur de la grâce de Dieu. Par la confession la coulpe est remise, et non pas la peine.

Battre sa coulpe, Frapper sa poitrine en disant Mea culpa, et, figurément, Manifester son repentir d'une faute.

Dans ces deux acceptions, il a vieilli et est peu usité.

 

COULURE

 

n. f.

Ce qui s'écoule, en parlant du Métal qui s'échappe par les interstices du moule et des Grains de la grappe qui tombent quand le raisin commence à se nouer.

Il se dit aussi de Ce qu'on fait couler, enfoncer. Les coulures d'un filet, Les cordes d'un filet munies de liège à l'extrémité supérieure et d'un caillou à l'extrémité inférieure.

 

COUP

 

n. m.

Impression que fait un corps sur un autre en le frappant. Coup sec. Coup violent. La force, la pesanteur du coup. Frapper un coup ou deux coups à une porte avec le marteau. Frapper à coups redoublés. Coup d'épée, de sabre, de poignard. Coup de cognée, de hache, de marteau. Coup de pied, de poing. Coup de coude. Coup de bec. Coup de dent. Coup de griffe, de patte. Coup de bâton. Coup d'éperon. Coup de barre. Coup de bistouri. Donner, frapper, porter, allonger, assener un coup. Recevoir un coup. Détourner, parer, esquiver un coup. Amortir un coup. Faire tomber une grêle de coups sur les épaules de quelqu'un. Percé de coups.

En termes de Marine, Coup de talon, Choc qu'éprouve un navire en passant sur un écueil.

Fam., Faire le coup de poing, Se battre à coups de poing avec quelqu'un.

Par extension, Coup de poing, Instrument d'acier dont on se garnit le poing pour frapper.

Fig., Coup de fouet, Impression vive qui a pour résultat d'exciter l'activité physiologique. Ces enfants sont débiles : l'air de la mer leur donnent le coup de fouet dont ils ont besoin. Par analogie, il signifie, en termes de Médecine, Rupture de fibres musculaires, ou de muscles minces, qui survient à la jambe par suite d'un effort.

Coup de boutoir. Voyez BOUTOIR.

Coup de grâce, Le dernier coup que l'exécuteur donne à un supplicié afin de terminer ses souffrances. Il se dit aussi du Coup donné par un chasseur, un boucher à une bête blessée pour l'achever. On le dit figurément de Ce qui achève de perdre, de ruiner quelqu'un. Cet événement fut son coup de grâce. Vous lui avez porté le coup de grâce, il ne s'en relèvera jamais. On dit même Donner, porter le dernier coup. Il donna le dernier coup à ce parti.

Fig. et fam., Faire d'une pierre deux coups, Venir à bout de deux choses par un seul moyen, profiter de la même occasion pour terminer deux affaires.

Fig., Frapper un grand coup, Produire un effet considérable et décisif.

Sans coup férir, Sans se battre, sans en venir aux mains. On a pris cette place sans coup férir. Il signifie aussi figurément et familièrement sans éprouver de résistance. Il en est venu à bout sans coup férir.

Fig. et fam., C'est un coup dans l'eau, un coup d'épée dans l'eau, se dit d'un Effort, d'une tentative qui n'a point de suite, d'effet.

Fig. et fam., Avoir un coup de marteau, Être un peu fou.

Fig. et fam., Coup de bec, coup de dent, coup de langue, Médisance, raillerie piquante. On dit aussi Donner un coup de patte, des coups de patte à quelqu'un, Lâcher quelque trait malin contre quelqu'un.

Fig. et fam., Casser le nez à coups d'encensoir, Donner en face à quelqu'un des louanges maladroites et outrées.

Fig., Traduire à coups de dictionnaire, se dit de Ceux qui, peu familiarisés avec une langue, sont obligés, pour la traduire, d'avoir fréquemment recours au dictionnaire. On le dit quelquefois par dénigrement d'un Mauvais traducteur. Il a fait sa traduction à coups de dictionnaire.

Fig. et fam., Le coup de pied de l'âne, L'insulte qu'adresse un homme lâche ou faible à celui dont il n'a plus à redouter le pouvoir ou la force.

En termes d'Escrime, Coup fourré, se dit quand chacun des deux hommes qui se battent donne un coup et en reçoit un autre en même temps. On le dit figurément des Mauvais offices que deux personnes se rendent mutuellement et en même temps. Porter un coup fourré.

Fig., Juger des coups, Assister en spectateur à une lutte, à un débat.

Fig., Donner à quelqu'un un coup de Jarnac, le coup de Jarnac signifie Frapper quelqu'un par traîtrise, par allusion au duel où Jarnac tua La Châtaigneraie en lui portant un coup imprévu.

Coup de feu. Voyez FEU.

Il se dit figurément, surtout en parlant des Choses qui nuisent, qui causent un sentiment pénible, etc. Il supporte les coups du sort, du destin, de la fortune avec une noble résignation. Cette défaite porta un coup funeste à la gloire de ce prince. Son autorité chancelante allait recevoir un dernier coup. On dit de même Porter un coup, en parlant de Ce qui nuit. Cette entreprise a porté un coup à sa fortune. Ce chagrin porta un coup à sa santé.

Porter coup se dit aussi de Certaines choses qui font une grande impression ou qui tirent à conséquence. Telle est la considération dont il jouit, que tout ce qu'il dit porte coup. Comme il ne dit rien qui ne soit à propos, toutes ses paroles portent coup. Cette démarche a porté coup.

COUP se dit aussi de la Charge d'une arme à feu. Les soldats avaient chacun dix coups à tirer.

Il se dit encore de la Décharge et du bruit que font les armes à feu lorsqu'on les tire. Tirer des coups de canon, de fusil. Le bâtiment salua le fort de plusieurs coups de canon. Une salve de cent coups de canon.

Coup de canon, de fusil, de revolver, etc., Coup que frappe le projectile lancé par un canon, un fusil, etc.

Tirer à coup perdu, à coups perdus, Tirer au hasard, ou tirer hors de portée.

Fusil à deux coups, Fusil de chasse à double canon, avec lequel on peut tirer deux coups de suite sans être obligé de recharger.

Fam., Faire le coup de fusil, Tirer des coups de fusil. Il se dit seulement des Soldats qui tirent sur l'ennemi, et surtout de ceux qui vont en tirailleurs.

En termes de Chasse, on dit Coup double quand le chasseur tue deux pièces de gibier en déchargeant successivement les deux canons de son fusil. Fig., Faire coup double, Obtenir deux résultats, deux succès par un seul effort.

Coup de tonnerre, Action de la foudre sur les corps qu'elle frappe. Un coup de tonnerre abattit le haut du clocher.

Fig., Ce fut un coup de massue, un coup de foudre, un coup de tonnerre pour lui, se dit d'un Événement imprévu et fâcheux qui a frappé quelqu'un tout à coup. On dit dans le même sens Il a reçu un coup de massue sur la tête.

On dit aussi Coup de foudre en parlant d'un Sentiment passionné qui se déclare subitement. En la vouant, il a eu le coup de foudre.

Coup de tonnerre désigne par extension le Bruit qui accompagne ou suit un éclair. Quelques coups de tonnerre se faisaient entendre dans le lointain.

COUP se dit également du Son que rendent certains corps lorsqu'ils viennent à être frappés. Un coup de cloche, de tambour, de tam-tam.

Au coup de minuit, de midi, de trois heures, etc., Au moment où minuit, où midi, où trois heures, etc., sonnent.

Il se dit encore d'une Action rapide et momentanée. Lier plusieurs notes d'un coup d'archet. Un coup de gosier. Un coup de ciseau. Un coup de lime. Un coup de sifflet. Un coup de gouvernail. Coup de langue se dit spécialement, en termes de Musique, de la Manière de détacher une note isolée en jouant d'un instrument à vent.

Il se dit par extension en parlant de Ce qu'on fait rapidement, légèrement, ou sans y apporter le même soin que de coutume. Je suis trop pressé pour me faire coiffer, un coup de peigne suffira. Donnez un coup de balai à cette chambre.

Coup de pinceau, se dit figurément en parlant des Descriptions, des peintures qui se font dans les poèmes, dans les romans, etc. Cette description est exacte ; toutefois, il y manque quelques coups de pinceau. Il donna le dernier coup de pinceau à son personnage.

Coup de filet, Le jet du filet dans l'eau pour prendre du poisson. Il a pris tout ce poisson d'un coup de filet. Fig. et fam., Prendre plusieurs voleurs, plusieurs ennemis, d'un seul coup de filet, Envelopper et prendre plusieurs voleurs à la fois. On dit dans un sens analogue, Voilà un beau coup de filet. On le dit aussi lorsqu'on parle de Quelque gain, de quelque profit considérable fait d'un seul coup.

Fam., Coup de chapeau. Voyez CHAPEAU.

Fam., Donner un coup de pied jusqu'à tel endroit, Aller jusqu'à cet endroit. Cela ne se dit guère qu'en parlant d'un Endroit peu éloigné. On dit de même Il n'y a qu'un coup de pied d'ici à tel endroit.

En termes de Mécanique, Coup de piston, La course entière accomplie par un piston dans un corps de pompe ou dans le cylindre d'une machine à vapeur pour se rendre d'une extrémité à l'autre.

Fig., Coup de main, en termes de Guerre, Expédition, attaque faite à l'improviste. Cette place est à l'abri d'un coup de main. Il se dit aussi de Toute entreprise hardie dont l'exécution est prompte. Faire un coup de main. Fam., Donner un coup de main à quelqu'un, L'aider.

Fig., Donner un coup d'épaule, Aider à quelque close, venir au secours de quelqu'un. Je vous remercie de m'avoir donné un si fort et utile coup d'épaule. L'affaire ne marchera point si vous n'y donnez un coup d'épaule.

Fig. et fam., Donner un coup de collier. Voyez COLLIER.

Coup d'oeil, Regard prompt et de peu de durée. Jeter un coup d'oeil sur quelqu'un, sur quelque chose. Je vais donner un coup d'oeil à ce qui se passe. Il nous a lancé un coup d'oeil furieux, menaçant. Du haut de cet édifice on embrasse d'un coup d'oeil tout un vaste horizon. Fig., Jetons un coup d'oeil sur les événements remarquables de cette période. Il se dit aussi de l'Aptitude à saisir à la simple vue, avec précision et de manière à s'en former une idée exacte, la figure, les proportions et les caractères des objets. Le coup d'oeil du peintre, du sculpteur, de l'architecte. Fig., Avoir un coup d'oeil excellent, Voir promptement le parti qu'on doit prendre dans une circonstance inopinée ; et, en général, Discerner rapidement ce qu'il y a d'important, d'intéressant dans une affaire. On dit à peu près dans le même sens Avoir le coup d'oeil juste, sûr, pénétrant, etc. ; et absolument, Avoir du coup d'oeil. Manquer de coup d'oeil.

Coup d'oeil se dit encore de la Vue d'un paysage, de l'aspect d'un édifice, d'une assemblée, etc. Le coup d'oeil en est charmant. Cette réunion offrait un coup d'oeil magnifique. Le premier coup d'oeil, Le premier aspect d'une personne ou d'une chose. Au premier coup d'oeil sa figure déplaît. Cette pauvre fille est si disgraciée de la nature qu'on a peine à sauver le premier coup d'oeil. Le premier coup d'oeil passé, on s'accoutume à la voir.

Coup de sang, Épanchement qui se fait dans le cerveau par la rupture subite de quelques vaisseaux sanguins. Il est mort d'un coup de sang.

Coup de soleil, Impression violente et quelquefois mortelle que le soleil fait en certaines circonstances sur ceux qui s'y trouvent exposés. On dit aussi INSOLATION.

Coup de chaleur, se dit particulièrement à propos de Plantations, de plantes, etc. Coup d'air. Voyez AIR.

En termes de Cuisine, Coup de feu. Voyez FEU.

COUP se dit quelquefois d'un Mouvement impétueux, comme du vent qui souffle sur la mer, d'une tempête. Coup de vent. Coup de mistral. Un coup de mer écarta leurs vaisseaux, les jeta, les poussa sur les côtes.

Fig., Arriver en coup de vent, Entrer à l'improviste et d'une manière brusque.

Il se dit encore de Certaines manières de jouer et de Certaines chances du jeu. Il a fait un beau coup. Louer, parier à coup sûr, Avec certitude de gain.

Coup de dés. Voyez DÉ.

Fig., Coup de fortune, coup de bonheur, coup de malheur, coup de hasard, Événement extraordinaire et imprévu.

Coup de théâtre, Péripétie imprévue qui se produit soudain dans une pièce de théâtre et modifie sensiblement la situation. Les reconnaissances sont des coups de théâtre. Fig, Son arrivée fut un coup de théâtre, un véritable coup de théâtre. L'exil, le rappel de ce ministre fut un coup de théâtre.

COUP se dit aussi des Actions humaines, surtout quand elles sont inattendues. Heureux coup. C'est un coup de génie. C'est un coup de désespoir. Ce sont là de vos coups.

Faire un mauvais coup, Commettre un méfait, un crime.

Fam., Manquer son coup, Ne pas réussir dans une entreprise, ne pas exécuter un dessein.

Fam., Faire un coup de tête, Faire étourdiment et sans réflexion une chose imprévue et hardie.

Coup monté, Coup préparé à l'avance, prémédité. Il se prend toujours en mauvaise part.

Coup d'essai, La première action, le premier ouvrage par lequel on donne des marques de ce qu'on est capable de faire.

Coup de maître, Action, ouvrage par lequel on fait preuve d'une grande habileté.

Coup d'éclat, Action, démarche qui doit causer beaucoup de bruit.

Coup d'État. Voyez ÉTAT.

Coup d'autorité, Usage extraordinaire qu'une personne fait de son autorité envers ceux qui lui opposent de la résistance.

Coup du ciel, coup d'en haut, coup de la Providence, coup de la grâce, Événement extraordinaire auquel on ne devait pas naturellement s'attendre.

COUP signifie aussi Fois. Il a réussi du premier coup. Je vous le donne en trois coups ou simplement en trois. Il a encore trois coups à jouer.

Il se dit particulièrement de la Quantité que l'on boit en une fois. Boire un coup, deux coups, etc. Un coup de vin, d'eau-de-vie. Boire à petits coups. Boire un grand coup. Le coup de l'étrier, Celui que l'on boit au moment du départ.

TOUT À COUP,loc. adv.

Soudainement, en un moment. Son humeur a changé tout à coup. Ce mal l'a pris tout à coup.

TOUT D'UN COUP,loc. adv.

Tout en une fois. Il fit sa fortune tout d'un coup. Il s'emploie aussi quelquefois dans le sens de Tout à coup.

À COUP SÛR,loc. adv.

Immanquablement, infailliblement. Vous me trouverez à coup sûr. Nous réussirons à coup sûr.

COUP SUR COUP,loc. adv.

Immédiatement l'un après l'autre. Il lui a envoyé deux courriers coup sur coup. Il m'a fait vingt questions coup sur coup. Il a eu trois maladies coup sur coup.

APRÈS COUP,loc. adv.

Trop tard, après qu'une chose est arrivée, est faite. Vous voulez produire des pièces quand votre procès est jugé : c'est venir après coup. Des ornements ajoutés après coup.

À TOUS COURS,loc. adv.

et fam. À tous propos, à tous moments, souvent. Il vient à tous coups me quereller.

POUR LE COUP,loc. adv.

Pour cette fois-ci. Pour le coup, il ne m'échappera pas. Je lui ai souvent pardonné ; mais, pour le coup, qu'il n'espère point de grâce. On dit de même, C'est assez, pour ce coup, pour un coup. Pour ce coup-là, pour ce coup-ci, je dois vous punir. On dit aussi À ce coup.

ENCORE UN COUP,loc. adv.

Encore une fois. Il s'emploie principalement lorsqu'on répète avec vivacité ce qu'on a déjà dit. Encore un coup, je vous dis que cela ne m'est pas possible.

 

COUPABLE

 

adj. des deux genres

. Qui a commis quelque faute, quelque crime. S'avouer coupable. Se rendre coupable d'une faute. C'est le plus coupable de tous. L'accusé fut déclaré coupable. Être coupable de trahison. Être coupable de négligence. Par extension, Pensée coupable. Dessein coupable. Action coupable. Négligence coupable. Main coupable Une audace coupable. Substantivement, La justice atteindra les coupables. C'est vous qui êtes le coupable. Les remords qui tourmentent le coupable. Punir un coupable.