Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Coloquinte
n. f.
Espèce de concombre dont la pulpe est extrêmement amère et très purgative. Pomme de coloquinte. Amer comme coloquinte.
COLORANT, ANTE
adj.
Qui colore. Parties colorantes. Matière colorante. Suc colorant. On emploie le masculin comme nom. Un colorant.
COLORATION
n. f.
État de ce qui est coloré. La coloration des fruits par la chaleur du soleil. La coloration de la peau.
COLORER
v. tr.
Revêtir de telle ou telle couleur. Le soleil colore les fruits, colore les fleurs. Les nuages étaient colorés par le soleil couchant. L'art de colorer le verre, le cristal. Colorer le verre en bleu, en rouge, etc. Les fruits se colorent peu à peu au soleil. Les raisins commencent à se colorer. L'orient se colore. Les nuages se coloraient d'une teinte pourprée.
Vin coloré, Vin qui est plus rouge que paillet.
Avoir le teint coloré, Avoir le teint rouge, vermeil.
Fig., Style coloré, Style qui abonde en expressions vives et figurées.
Il signifie au figuré Donner une belle apparence à quelque chose de mauvais. Colorer une injustice. Colorer un mensonge. Il a si bien coloré sa faute, sa lâcheté...
COLORIAGE
n. m.
Action de colorier. Le coloriage d'une carte géographique.
COLORIER
v. tr.
Appliquer les couleurs convenables sur une estampe, sur un dessin, etc. Colorier une image. Colorier une statue. Figures coloriées. Planches coloriées. Cartes coloriées.
COLORIS
n. m.
Effet qui résulte du mélange et de l'emploi des couleurs dans les tableaux. Coloris frais. Coloris chaud, vigoureux. Coloris tendre, vif. Le coloris d'un tableau. La beauté, la perfection du coloris. La vigueur du coloris. Ce tableau pèche par le coloris.
Par extension, il se dit des Couleurs du visage, des fruits. Le coloris des joues, d'une pêche.
Il s'emploie aussi figurément, en parlant du Style et des pensées. Ce style manque de coloris.
COLORISTE
n. m.
Peintre qui entend bien le coloris. Il est au rang des premiers coloristes.
Il se dit également de Celui qui colorie des estampes, des gravures. Dans ce sens, il est aussi féminin. Une habile coloriste.
COLOSSAL, ALE
adj.
Qui est d'une grandeur extraordinaire. Figure colossale. Monument colossal. Avoir une taille colossale. Au pluriel, il n'est guère usité qu'au féminin. Des statues colossales. Proportions colossales. Fig., Puissance colossale. Ressources colossales.
COLOSSALEMENT
adv.
D'une manière colossale.
COLOSSE
n. m.
Statue d'une grandeur extraordinaire. Le colosse de Rhodes.
Par extension, Un colosse, Un homme, un animal de fort grande stature. Quel cheval! c'est un colosse.
Il se dit quelquefois, au figuré, d'un Empire, d'un souverain très puissant. Plusieurs causes préparaient la chute de ce colosse. Le colosse est tombé.
COLOSTRUM
(UM se prononce OME.)n. m.
T. de Médecine
. Le premier lait des femmes après leur délivrance.
COLPORTAGE
n. m.
Action de colporter. Le colportage des livres.
Il se dit absolument de l'Action de colporter des imprimés, des estampes. La loi sur le colportage. La commission du colportage.
COLPORTER
v. tr.
Faire le métier de colporteur. Colporter des livres. Colporter des toiles.
Fig., Colporter une nouvelle, une histoire scandaleuse, etc., La répandre en la racontant dans les divers endroits où l'on va.
COLPORTEUR
n. m.
Petit marchand ambulant qui porte ses marchandises sur son dos ou dans des mannes, dans des caisses, etc. Ce colporteur va de ville en ville. Un colporteur de toiles, de livres, etc.
Fig., Un colporteur de nouvelles, Celui qui va par la ville, débitant des nouvelles.
COLTIN
n. m.
Coiffure des coltineurs.
COLTINEUR
n. m.
Portefaix qui travaille au déchargement des bateaux, voitures, wagons, etc.
COLUBRIN, INE
adj.
Qui a rapport à la couleuvre.
COLUBRINE
n. f.
Argile plastique employée pour la fabrication des poteries.
COLUMBARIUM
(IUM se prononce IOME.) n. m.
T. d'Antiquité romaine
. Édifice sépulcral dans les parois duquel étaient pratiquées des niches destinées à recevoir des urnes mortuaires.
On l'emploie aujourd'hui pour désigner des Édifices destinés au même usage dans les cimetières où l'on pratique l'incinération.
COLURE
n. m.
T. de Géographie et d'Astronomie
. Chacun des deux grands cercles de la sphère qui coupent l'équateur et le zodiaque en quatre parties égales et qui servent à marquer les quatre saisons de l'année. Colure des équinoxes. Colure des solstices.
COLZA
n. m.
Plante de la famille des Crucifères dont la graine fournit une huile bonne à brûler, à faire du savon noir et à d'autres usages.
COMA
n. m.
T. de Médecine
. État somnolent avec abolition de la sensibilité et du mouvement volontaire. Tomber dans le coma. Entrer dans le coma. Être dans le coma.
COMATEUX, EUSE
adj.
T. de Médecine
. Qui a rapport au coma. État comateux.
COMBAT
n. m.
Action par laquelle on attaque et l'on se défend. Combat d'homme à homme. Combat singulier. Appeler quelqu'un au combat. Combat d'une armée contre une autre armée. Combat à outrance. Combat opiniâtre. Combat sur terre. Combat sur mer. Combat naval. Livrer un combat.
Combat judiciaire, Manière de procéder en justice, qui consistait à soutenir son droit en se battant contre son adversaire.
Il se dit également de l'Action des animaux que l'on fait battre les uns contre les autres. Combat de coqs.
Être hors de combat, N'être plus en état de combattre. On dit de même Mettre quelqu'un hors de combat. L'une et l'autre phrase s'emploient au propre et au figuré.
COMBATS, au pluriel, s'emploie souvent en poésie et dans le style élevé pour désigner la Guerre. L'art des combats. Le dieu des combats. Je chante les combats. Le destin des combats. Au milieu des combats. L'honneur vous appelle aux combats.
COMBAT se dit aussi de Certains jeux publics des anciens, où l'on disputait de force et d'adresse dans les différents exercices du corps. Combats gymniques. Combat à la course, à la lutte. Combat du ceste, de l'arc, etc. Les combats de gladiateurs offraient un spectacle barbare.
Il se dit figurément de Toute sorte de rivalité, de débat, de lutte. Combat de civilité, d'esprit, de générosité.
Il se dit encore figurément de la Lutte des sentiments intérieurs, des mouvements opposés que l'âme éprouve. Il faut soutenir bien des combats pour vaincre ses passions. Il ne prit ce parti qu'après bien des combats. La vie de l'homme est un combat perpétuel.
Soutenir le bon combat, Lutter pour une bonne cause.
Par analogie, Le combat des éléments.
COMBATIF, IVE
adj.
Qui porte au combat. Instinct combatif. Humeur combative.
Il s'emploie quelquefois comme nom et se dit de Celui, de celle qui aime la lutte, la dispute. C'est un combatif.
COMBATIVITÉ
n. f.
Penchant que l'homme et les animaux semblent avoir pour le combat.
Il s'emploie aussi figurément au sens de Penchant à la dispute, à la contradiction.
COMBATTANT
n. m.
Homme de guerre marchant en campagne sous les ordres d'un chef. Une armée de trente mille combattants.
Il se dit aussi de Ceux qui, dans une armée, prennent part aux combats, par opposition à ceux qui n'y prennent pas part, tels que les employés de l'administration, les chirurgiens, etc. Cette armée, forte de trente mille hommes, ne comptait pas vingt mille combattants.
Fig. et fam., Le combat finit faute de combattants, se dit quand tout le monde se retire d'une discussion, d'une partie de jeu, d'un bal, etc.
COMBATTRE
(Il se conjugue comme BATTRE.)v. tr.
Attaquer son ennemi, ou en soutenir l'attaque. Combattre les ennemis. Il est souvent employé intransitivement. Combattre vaillamment. On a combattu vaillamment de part et d'autre. Combattre à outrance. Combattre de pied ferme. Combattre corps à corps. Combattre à pied. Combattre à cheval. Combattre contre, avec quelqu'un.
Il signifie quelquefois, dans une acception plus étendue, Faire la guerre. Combattre pour son pays, etc. Combattre les ennemis de son pays. Fig., tant au sens physique qu'au sens moral. Aristote combat souvent Platon. Combattre les difficultés. Combattre les raisons, les sentiments, les opinions d'autrui. Combattre un avis par des raisons solides. Cet orateur combattit le ministère. Combattre les vices, les préjugés, l'erreur. Combattre les penchants de quelqu'un. Combattre contre l'injustice. Ces raisons se combattaient dans son esprit. Combattre une maladie, Employer les remèdes que l'on croit propres à la faire cesser. Il employa, pour combattre le mal, toutes les ressources que son art put lui fournir. On le dit aussi de l'Action même des remèdes. Ce remède pourra combattre le mal avec succès.
Combattre de civilité, de politesse, de générosité, etc., Faire assaut de civilité, etc.
COMBE
n. f.
Petite vallée, repli de terrain. Cette source se cache au fond d'une combe.
COMBIEN
adv. de quantité
. En quelle quantité, en quel nombre. Combien y a-t-il de personnes? Combien de fois est-il venu? Combien de jours, combien de temps avez-vous mis pour faire ce voyage? Combien avez-vous d'argent? De combien de centimètres est-il plus grand? Demandez-lui combien nous avons de lieues à faire.
Il sert fréquemment à indiquer une Quantité, un nombre considérable. Il est incroyable combien cet auteur a écrit d'ouvrages, combien cet auteur a écrit. Il y avait là je ne sais combien de gens. Je sais combien il a de savoir et de piété. Combien de gens, ou absolument, Combien voudraient être à votre place! Combien de fois ne le lui ai-je pas dit! À combien de tentations n'est-il pas exposé! Combien de temps n'a-t-il pas fallu! Combien il a montré de sagesse et de courage!
Il s'emploie aussi absolument, lorsque le sens permet de suppléer aisément le nom auquel il se rapporte. Combien avez-vous mis pour faire ce trajet? De combien le surpasse-t-il en hauteur? Demandez-lui combien il y a d'ici à la ville. Il sera furieux quand il apprendra combien vous dépensez.
Il signifie encore absolument, dans un sens particulier, Quel prix. Combien vendez-vous ce volume? Combien vaut cela? Combien cette toile? Je ne sais combien cela lui a coûté. À combien évaluez-vous cela?
Il signifie aussi À quel point. Si vous saviez combien il vous aime! Combien cet homme-là est au-dessus de l'autre! Combien il m'est pénible de vous parler ainsi! Si vous saviez combien cette opinion est pernicieuse!
Dans le style élevé, COMBIEN peut précéder immédiatement l'adjectif. Combien vaines sont nos espérances!
COMBINAISON
n. f.
Assemblage de plusieurs choses disposées deux à deux, ou de plusieurs choses disposées entre elles dans un certain ordre. Il se dit tant au sens physique qu'au sens moral. La combinaison des lettres. Faire une combinaison, des combinaisons, pour voir l'effet que deux choses ensemble peuvent produire. Des combinaisons de chiffres. Des combinaisons très variées. Il y a dans ce roman, dans cette comédie une combinaison d'incidents qui est fort ingénieuse.
Par extension, Une combinaison ministérielle, Accord de plusieurs hommes politiques en vue de composer un ministère.
Il se dit encore figurément des Mesures, des calculs par lesquels on prépare le succès de quelque affaire. Après avoir fait bien des combinaisons, il échoua dans son entreprise. De sages combinaisons. De fausses combinaisons. Les combinaisons de la politique.
En termes de Chimie, il se dit de l'Acte par lequel deux ou plusieurs matières s'unissent pour former un composé doué de propriétés différentes. L'eau est formée par la combinaison de l'oxygène et de l'hydrogène.
COMBINER
v. tr.
Assembler plusieurs choses en les disposant deux à deux; ou les arranger, les disposer entre elles dans un certain ordre. Il se dit tant au sens physique qu'au sens moral. Combiner les nombres. Combiner des lettres. Combiner des raisonnements, des preuves, des incidents. Nos idées se combinent de plusieurs manières.
Il se dit aussi figurément, en parlant de Ce que l'on calcule ou qu'on dispose de manière à parvenir à un certain résultat. Combiner un plan. Il combina sa marche avec celle du premier corps d'armée. Ces deux généraux combinèrent habilement leurs opérations, leurs manoeuvres. Des opérations mal combinées. Un plan sagement combiné.
En termes de Chimie, il signifie Unir deux ou plusieurs corps de manière qu'ils n'en forment qu'un seul. Le cuivre peut se combiner avec plusieurs autres métaux. Le gaz oxygène, en se combinant avec un métal, en forme l'oxyde. Une substance combinée avec une autre.
Le participe passé COMBINÉ se dit comme nom, en termes de Chimie, de Tout corps qui est le résultat d'une combinaison. Un combiné.
COMBLE
n. m.
Ce qui peut tenir au-dessus des bords d'une mesure, d'un récipient déjà plein. Le comble d'une mesure.
Il signifie aussi Toute construction de bois, de fer ou de maçonnerie, placée au-dessus d'un édifice, pour soutenir la couverture d'ardoises, de tuiles, de plomb, etc. Un comble de charpente, de fer. Les ouvriers sont sur le comble de la maison pour réparer la couverture.
On l'emploie également au pluriel dans ce sens, et surtout en parlant des Logements situés dans la partie la plus élevée d'une maison, d'un édifice. Il loge dans les combles, sous les combles.
DE FOND EN COMBLE,loc. adv.
Voyez FOND.
COMBLE désigne figurément le Dernier surcroît, le plus haut degré de quelque chose, particulièrement de la gloire, de la joie, des désirs, de l'affliction, des maux, des vices, etc. Parvenir, arriver au comble des honneurs, au comble de la fortune, au comble de ses désirs. Il est au comble de ses voeux. Il a mis le comble à ma félicité. Ce fut le comble de nos maux. Le comble de son affliction, de sa douleur. C'est le comble de l'effronterie. L'irritation des esprits était au comble.
POUR COMBLE DE,loc. prép.
; POUR COMBLE, loc. adv.
Pour dernier surcroît. Il tomba malade, et pour comble de malheur, pour comble de disgrâce, ou simplement pour comble, il perdit, peu de temps après, tout son bien. Il gagna la bataille et, pour comble de gloire, il fit le général ennemi prisonnier.
COMBLE
adj. des deux genres
. Qui est rempli jusque par-dessus les bords. Il ne se dit proprement que des Mesures de choses sèches, comme le blé, le seigle, la farine, etc.; et il n'est d'aucun usage en parlant de la Mesure des choses liquides. Mesure comble.
Fig., La mesure est comble, se dit en parlant de Celui qui, par ses crimes, ou par ses fautes réitérées, s'est rendu coupable au point de ne devoir plus espérer de pardon.
Par extension, il se dit d'un Lieu rempli de monde. Nous voulûmes entrer au spectacle; mais il n'y avait plus de place, la salle était comble.
COMBLEMENT
n. m.
Action de combler un creux, un vide. Le comblement d'un fossé, d'un puits.
COMBLER
v. tr.
Remplir une mesure, un récipient jusque par-dessus les bords, tant qu'il y en peut tenir. Combler une mesure, la mesure.
Fig., Combler la mesure, Se rendre coupable d'un dernier crime ou de fautes réitérées qui ne permettent plus d'espérer de pardon. Par sa dernière faute, il a comblé la mesure. On dit aussi Leurs crimes, leurs fautes ont comblé la mesure.
Fig., Combler une personne de biens, Lui faire beaucoup de bien. On dit dans le même sens Combler de bienfaits. Combler de grâces, de faveurs. Combler d'honneurs. Combler de présents, de gloire, de joie, de félicité, etc.
Fig., Combler les désirs, les voeux, les souhaits de quelqu'un, Les satisfaire, les remplir. Cette union combla tous ses voeux. Absolument, Il le combla. Vous me comblez. Un homme comblé, Un homme dont tous les voeux sont satisfaits.
Il signifie aussi Remplir un creux, un vide. Combler un fossé. Combler des vallées. Combler la tranchée.
Fig., en termes de Finance, Combler un déficit, Faire en sorte qu'il cesse d'exister.
Il signifie quelquefois figurément Mettre le comble à quelque chose, le rendre complet. Il a comblé sa perfidie. Cette perte a comblé ses infortunes.
COMBRIÈRE
n. f.
T. de Pêche
. Filet propre à prendre des thons et autres gros poissons.
COMBUGER
v. tr.
Remplir d'eau des futailles pour les imbiber avant de les employer.
COMBURANT, ANTE
adj.
T. de Chimie
. Il se dit d'un Corps qui en se combinant avec un autre corps donne lieu à la combustion de ce dernier.
Il s'emploie aussi comme nom masculin. Le soufre, le chlore, l'iode sont des comburants.
COMBUSTIBILITÉ
n. f.
Propriété qu'a un corps de brûler.