Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Douer

 

v. tr.

Pourvoir de qualités. Il ne se dit qu'en parlant des Avantages qu'on reçoit du Ciel, de la nature. Dieu l'a doué d'une grande vertu, d'une grande sagesse, d'une grande patience. La nature l'a doué d'heureuses facultés, a doué cette jeune fille d'une grande beauté. C'est un homme heureusement doué, ou absolument, Il est doué, C'est un homme pourvu de dons naturels.

 

DOUILLE

 

n. f.

Partie creuse et cylindrique d'une baïonnette, du fer d'une pique, d'une bêche, etc., qui sert à l'adapter au canon du fusil, au bois, au manche. La douille d'une cartouche, L'enveloppe d'une cartouche dans les armes qui se chargent par la culasse.

 

DOUILLET, ETTE

 

adj.

Qui est moelleux. Un oreiller bien douillet.

Il se dit aussi d'une Personne trop délicate, qu'un rien incommode, qui est sensible à la plus légère douleur. Cet enfant est trop douillet! Ne soyez pas si douillette! Substantivement, Faire le douillet. C'est un douillet, une douillette.

DOUILLETTE,nom féminin

, désigne un Vêtement ordinairement de drap ouaté, porté surtout par les ecclésiastiques, qui le mettent par-dessus les autres, en hiver.

 

DOUILLETTEMENT

 

adv.

D'une manière douce, moelleuse. Douillettement couché sur un bon lit.

 

DOULEUR

 

n. f.

Impression de souffrance, état pénible produit par un mal physique. Douleur de tête, d'estomac. Les douleurs de l'enfantement. Douleur rhumatismale. Douleur néphrétique. Douleur vive, aiguë, violente, cuisante, déchirante, lancinante. Sentir, éprouver une douleur, de la douleur en quelque partie du corps. Causer de la douleur. Calmer, dissiper, faire passer une douleur. Un cri de douleur.

Il se dit également quand il s'agit des Peines de l'esprit ou du coeur. La douleur que je ressentis de cette perte. D'amères douleurs. Une douleur mortelle. Je vois avec douleur que rien ne peut le corriger. Être accablé, pénétré de douleur. Être plongé dans la douleur. Apaiser, soulager, modérer la douleur de quelqu'un. Faire éclater sa douleur. L'accent de la douleur.

 

DOULOUREUSEMENT

 

adv.

D'une manière douloureuse, au sens figuré. Il se plaignait douloureusement.

 

DOULOUREUX, EUSE

 

adj.

Qui cause de la douleur ou Qui marque de la douleur. Une plaie douloureuse. Un mal douloureux. Cris douloureux. Plainte douloureuse.

Il se dit, par extension, des Parties du corps, lorsqu'elles deviennent tellement sensibles qu'on n'y saurait toucher sans causer de la douleur. Il a le pied douloureux.

Il signifie figurément Qui cause de la peine, du chagrin, de l'affliction. Cette perte m'a été douloureuse. Souvenir douloureux. Spectacle douloureux.

 

DOUTE

 

n. m.

Incertitude sur l'existence ou la vérité d'une chose, sur la vérité ou la fausseté d'une idée. Être en doute. Laisser en doute. Il n'y a point de doute. Cela est hors de doute. Doute bien ou mal fondé. Il lui reste encore quelque doute. N'avoir aucun doute. Lever un doute. Éclaircir un doute. Proposer ses doutes. Laisser un doute. Tirer, ôter, délivrer quelqu'un d'un doute. Nul doute, point de doute que cela ne soit. Ce cas de conscience me laisse encore quelque doute.

Maladie du doute, Maladie mentale caractérisée par la difficulté, parfois invincible, d'asseoir son esprit dans une certitude.

Mettre une chose en doute, la révoquer en doute, En contester la certitude.

Ne faire aucun doute d'une chose, L'admettre comme certaine.

Hors de doute, Certain, hors de toute contestation. Cela est hors de doute.

Prov., Dans le doute, abstiens-toi, Quand on doute si une action est bonne ou mauvaise, utile ou nuisible, il ne faut pas agir.

Le doute philosophique ou méthodique, ou, absolument, Le doute, Méthode par laquelle l'esprit, suspendant son jugement, ne reçoit pour vrai que ce qu'il connaît évidemment être tel. Le doute de Descartes. On dit proverbialement Le doute est le commencement de la sagesse.

Il se dit aussi spécialement de l'État d'esprit de celui qui doute des vérités de la religion. Vivre dans le doute.

SANS DOUTE,loc. adv.

Assurément, certes. Viendrez-vous demain? Sans doute. C'est là sans doute une très belle action. On dit plus souvent Sans aucun doute, sans nul doute.

Il signifie aussi Selon toutes les apparences, probablement. Il arrivera sans doute aujourd'hui.

 

DOUTER

 

v. intr.

Être dans l'incertitude, n'être pas sûr. Douter de quelque chose. Doutez- vous de mon zèle, de ma probité? Doutez-vous de moi? Douter du succès. N'en doutez pas, il emploiera tout pour nous perdre. Douter de tout. Je doute fort que cela soit. J'en doute. Je doute qu'il vienne. Je ne doute pas qu'il ne vienne bientôt. Doutez-vous que je sois malade? Doutez-vous que je ne tombe malade, si je fais cette imprudence?

Il s'emploie absolument en parlant des Dogmes religieux, des opinions philosophiques. En philosophie, en critique, c'est avoir beaucoup profité que d'avoir appris à douter. Après avoir longtemps douté, il est mort dans la foi chrétienne.

DOUTER a aussi le sens d'Hésiter, de balancer. Il a longtemps douté avant de tenter cette entreprise.

Ne douter de rien, Être hardi, aller de l'avant, sans tenir compte des difficultés, des obstacles. Il s'emploie quelquefois avec une nuance d'ironie. Ce jeune homme a trop d'assurance : il ne doute de rien.

À n'en pas douter s'emploie pour exprimer une Affirmation, une certitude.

SE DOUTER DE signifie Croire sur quelque apparence, conjecturer, soupçonner. Se douter de quelque chose. Pouvais-je m'en douter? Il se doutait bien qu'on en viendrait là. Je m'en suis toujours douté. Il a été pris lorsqu'il s'en doutait le moins. Il ne se doutait pas qu'on eût des preuves contre lui.

Fam., Il se croit très habile dans cet art, mais il ne s'en doute pas, Il ne le connaît que fort imparfaitement.

 

DOUTEUSEMENT

 

adv.

Avec doute. Il est peu usité.

DOUTEUX, EUSE

 

adj.

Dont il y a lieu de douter. Un succès douteux. Une affaire douteuse. Son droit est fort douteux. Réputation douteuse. Probité douteuse. La leçon de ce manuscrit est douteuse.

Il se dit aussi des Personnes sur qui l'on ne peut pas trop compter, dont on n'est pas sûr. Trois des membres du comité sont pour moi, trois contre, et les quatre autres douteux.

Il signifie aussi Qui est équivoque, ambigu, qui provoque le doute. Une réponse douteuse.

Jour douteux, Jour faible, ce degré de lumière qui forme le passage du jour à la nuit ou de la nuit au jour. On dit dans un sens analogue Lumière, clarté douteuse.

En termes de Versification, Voyelle douteuse, syllabe douteuse, Celle qui est longue ou brève dans le vers, suivant la place qu'elle y occupe. I final est douteux dans les mots latins mihi, tibi, etc.

 

DOUVAIN

 

n. m.

Bois propre à faire des douves.

 

DOUVE

 

n. f.

Fossé rempli d'eau et, par extension, Paroi de ce fossé.

Il se dit aussi d'une Planche qui entre dans la construction d'un tonneau ou de quelque autre ouvrage de tonnellerie. Ces arbres-là sont bons à faire des douves. Tailler une douve. Les douves d'un tonneau.

 

DOUX, OUCE

 

adj.

Dont la saveur est agréable au goût et n'a rien d'aigre, d'amer, d'âpre ou de salé. Le lait, le miel, le sucre sont doux. Orange douce. Amande douce. Huile d'amandes douces. La plupart des vins d'Italie sont doux. Substantivement, L'amer et le doux.

Vin doux se dit du Vin qui n'a pas encore cuvé.

Sauce douce, Sauce faite avec du sucre et du vinaigre.

Eau douce, Eau des rivières, des lacs, des étangs et des fontaines, par opposition à l'eau de la mer, qui est salée. Poisson d'eau douce.

Fig., Marin d'eau douce se dit par raillerie de Quelqu'un qui a navigué seulement sur les rivières, ou qui a peu navigué sur mer et qui se donne des allures de loup de mer.

Il se dit, par extension, de Tout ce qui fait une impression agréable sur les autres sens et qui n'a rien de rude, d'aigre, de piquant, ou de brusque, de trop vif, de trop éclatant, etc. Cela est doux au toucher, à la vue, à l'odorat, à l'ouïe. Avoir la peau douce. Le poil de cet animal est fort doux. Doux comme du satin. Un jour doux. Une lumière douce. De doux reflets. Un doux éclat. Couleur douce. L'effet de ces couleurs, de ces teintes est très doux à l'oeil. Des mouvements, des contours doux et gracieux. Odeur douce. Haleine douce. Doux parfums. Voix douce. Son doux. Un parler doux. Langue douce et harmonieuse. Douce harmonie. Doux ramage. Fig., Une éloquence douce et persuasive. Le doux murmure des eaux.

Par extension, Lime douce, Celle dont les aspérités sont fines et peu saillantes.

Cheval doux, monture douce, Cheval, monture qui ne fatigue point le cavalier. On dit dans le même sens Ce cheval a une allure douce, les allures fort douces, des mouvements doux. Il se dit aussi d'un Cheval qui n'est ni fringant ni ombrageux.

Voiture douce, Voiture bien suspendue, qui ne fatigue point, qui ne fait pas éprouver de secousses, de cahots.

Escalier doux, pente, montée douce, Escalier, pente, montée, qui ne sont pas rudes, qu'il est facile de monter, de gravir. On dit, dans un sens analogue, Une descente douce.

En termes de Grammaire grecque, Esprit doux, Signe en forme de virgule (') qui se place au-dessus d'une lettre, pour indiquer l'absence d'aspiration, comme dans  (il est).

DOUX signifie, en parlant de l'État de l'atmosphère, Qui est d'une température agréable, qui n'est ni trop chaud, ni trop froid, et qui est calme. L'air est doux. Un temps doux. Il fait très doux.

Pluie douce, Pluie menue, plus chaude que froide, qui tombe sans orage.

Chaleur douce, Chaleur modérée, en parlant de la Température d'un corps quelconque. On dit dans le même sens Un feu doux.

Il signifie quelquefois Qui est calme, tranquille. Un doux sommeil. Le doux silence des bois. Un doux repos. De doux loisirs. De douces occupations. Mener une vie douce. Avoir une mort douce.

Il signifie aussi figurément Qui est humain, traitable, affable; et alors il est opposé à Rude, cruel, farouche, violent. Un peuple doux et hospitalier. Caractère doux. Humeur douce. Naturel doux. Des moeurs douces. Il est doux comme un agneau. Cet animal est fort doux. Elle est douce et caressante. Un gouvernement doux. En ce sens il peut se dire substantivement. Heureux les doux.

Il signifie également Qui est peu pénible, peu difficile à supporter, à endurer, à observer, qui n'est pas imposé ou infligé avec trop de rigueur. Le service est fort doux dans cette maison. C'est, après tout, une condition assez douce. C'est un devoir bien doux à remplir. Des peines douces. Un châtiment doux. C'est un supplice trop doux. Une raillerie douce.

Il signifie encore Qui dénote ou semble exprimer une disposition bienveillante, affectueuse, ou la candeur, la sérénité, la bonté habituelle de l'âme. Un doux sourire. De doux regards. Parler d'un ton doux. Une physionomie, une mine douce. Avoir le regard doux et caressant. Un doux maintien. Un air doux et insinuant.

Fam., Faire les yeux doux, les doux yeux, Regarder en donnant à ses yeux une expression de tendresse. Faire les yeux doux à une femme.

De douces paroles, Des paroles obligeantes, flatteuses, ou Des propos tendres, galants. On dit aussi De doux propos.

Billet doux, Billet d'amour, de galanterie.

Il signifie encore, au figuré, Qui émeut agréablement, qui flatte ou qui touche agréablement l'esprit, le coeur, l'imagination. Un doux baiser. De doux entretiens. De douces jouissances. De douces illusions. Une douce émotion. De doux transports. De douces larmes. Une douce surprise. Un doux souvenir. Une douce espérance. De doux reproches. De doux liens. Une douce union. Le doux penchant qui l'entraîne. C'est un homme dont le commerce est fort doux. Il n'y a rien de si doux que de vivre avec ses amis. Substantivement, Passer du grave au doux.

Il peut signifier encore Qui est peu accentué. Une douce ironie. Une gaieté douce. Une douce mélancolie.

Il signifie de même, en parlant des Métaux, Dont les parties sont bien liées, qui se plie aisément sans se casser. Le cuivre fin est doux, mais l'alliage le rend aigre. Le fer le plus doux est le plus propre à faire de l'acier.

Il s'emploie adverbialement dans les deux phrases familières et figurées qui suivent :

Filer doux, N'opposer aucune résistance à quelqu'un que l'on craint. C'est un homme avec qui il faut filer doux. Quand il comprit à quoi il s'exposait, il fila doux.

Il avale cela doux comme lait, se dit de Celui à qui l'on a fait quelque offense et qui n'en témoigne aucun ressentiment. On le dit aussi d'une Personne vaine qui ajoute aisément foi aux flatteries et d'un Homme simple à qui l'on fait accroire les choses les plus éloignées de la vérité.

TOUT DOUX,loc. adv.

dont on se sert familièrement pour reprendre quelqu'un qui s'emporte, qui s'échauffe trop. Tout doux, tout doux, s'il vous plaît.

 

DOUZAINE

n. f.

Assemblage de choses de même nature au nombre de douze. Une douzaine de chemises. Une douzaine d'assiettes. Vendre des serviettes par douzaine, à la douzaine. À tant la douzaine. Par douzaines. Nous étions une douzaine à table.

Il se prend quelquefois pour un Nombre indéterminé, mais qui n'est pas considérable. Une douzaine d'amis, de personnes.

Fig. et fam., À la douzaine, se dit en parlant d'une Chose, d'une personne commune, de peu de considération. Un poète à la douzaine. Un peintre à la douzaine.

Fig. et fam., De pareils serviteurs, on n'en trouve pas à la douzaine, ou Il n'y en a pas treize à la douzaine, Il ne s'en trouve pas communément.

 

DOUZE

 

adj. numéral cardinal des deux genres

. Dix et deux. Les douze Apôtres. Les douze mois de l'année. Les douze signes du zodiaque. Nous étions douze à table.

Il se dit quelquefois pour Douzième. Page douze. Article douze. Chapitre douze. Louis douze. Charles douze. On écrit plus ordinairement Louis XII, Charles XII.

Par ellipse, Le douze du mois, Le douzième jour du mois. Nous partirons le douze de ce mois, ou simplement le douze. Le douze mai.

Il s'emploie aussi comme nom de nombre cardinal masculin. Le produit de douze multiplié par cinq. On dit de même Le nombre douze. Le numéro douze. Douze est sorti au dernier tirage de la loterie.

 

DOUZIÈME

 

adj. numéral ordinal

. Qui est immédiatement après le onzième. Le douzième siècle. La douzième année. Il était le douzième de la troupe. Le douzième jour du mois, ou elliptiquement Le douzième du mois.

La douzième partie, ou, elliptiquement et comme nom masculin, Le douzième, Chaque partie d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en douze parties égales. Il est pour un douzième dans cette affaire. Les cinq douzièmes. Les impôts sont payables par douzièmes.

Douzièmes provisoires, Douzièmes de contributions, d'impôts et de revenus que le Gouvernement peut être autorisé à lever provisoirement pour assurer le fonctionnement des services publics lorsque la loi de finances n'a pas été promulguée à la date nécessaire pour la mise en activité du budget.

 

DOUZIÈMEMENT

adv.

En douzième lieu.

 

DOYEN, ENNE

 

n.

Celui, celle qui est le plus ancien suivant l'ordre de réception dans un corps, dans une compagnie. Le doyen de la Cour d'appel. Le doyen des avocats. Le doyen des généraux français. Le doyen de l'Académie française. Doyen du Sacré Collège, Le premier cardinal-évêque.

Il est plus particulièrement un Titre de dignité ecclésiastique. Le doyen d'un chapitre. Doyen d'une collégiale. Le doyen de Notre-Dame. Curé doyen, Curé d'un chef-lieu de canton.

C'est également le Titre de la première dignité dans les facultés d'une université. Doyen de la Faculté des Lettres, de la Faculté de Médecine, etc.

Il signifie encore Le plus ancien en âge. Si vous n'avez que soixante ans, je suis votre doyen. On dit aussi en ce sens Doyen d'âge, mais seulement dans les assemblées ou compagnies délibérantes. Il présidait l'assemblée, comme doyen d'âge. Le doyen, la doyenne de la Comédie-Française.

 

DOYENNÉ

 

n. m.

Dignité de doyen dans une église. Un ecclésiastique pourvu d'un doyenné.

Il se dit, par extension, de la Demeure du doyen. Aller au doyenné.

En termes de Jardinage, Poire de doyenné, ou, comme nom masculin, Doyenné, Espèce de poire très fondante.

 

DRACENA

 

n. m.

T. de Botanique

. Genre de plantes de la famille des Liliacées, à feuilles étagées et étroites.

 

DRACHME

 

(CH se prononce K.)n. f.

T. d'Antiquité grecque

. Poids équivalant à 4 grammes 36 centigrammes.

Il désigne aussi une Ancienne monnaie grecque qui était d'argent. Il se dit aujourd'hui de la Monnaie grecque moderne du même métal.

 

DRACONIEN, IENNE

 

adj.

Qui est d'une excessive sévérité, par allusion à l'ancien législateur athénien Dracon. Un code draconien. Des mesures draconiennes. Des conditions draconiennes.

 

DRAGAGE

 

n. m.

Action de draguer ou Résultat de cette action. Le dragage d'une rivière, d'un port.

 

DRAGÉE

 

n. f.

Amande, pistache, aveline, ou autre petit fruit couvert de sucre très dur et de couleurs différentes. Un cornet de dragées. Une boîte de dragées. Dragées de baptême.

Fig. et fam., La dragée est amère, Cela est dur à supporter. Avaler la dragée, Se résigner à quelque chose de fâcheux.

Fig. et fam., Tenir la dragée haute à quelqu'un, Lui faire attendre longtemps ce qu'il désire, ce qu'on lui a promis ou Lui faire acheter cher quelque avantage, quelque plaisir.

Il se dit figurément du Menu plomb dont on se sert pour tirer aux oiseaux. Grosse dragée. Petite dragée. Menue dragée.

En termes d'Agriculture, il se dit d'un Mélange de divers grains, tels que pois, vesces, fèves, lentilles, qu'on laisse croître en herbe pour les donner aux chevaux.

 

DRAGEOIR

 

n. m.

Espèce de soucoupe à rebords élevés, et ordinairement d'argent, dans laquelle on servait autrefois des dragées, sur la fin du repas.

 

DRAGEON

 

n. m.

T. de Botanique et d'Agriculture

. Rejeton qui naît de la racine d'un arbre ou d'une plante et que l'on peut en détacher pour le replanter ailleurs. Drageon de vigne, de prunier. Détacher un drageon de l'arbre qui l'a produit. Planter des drageons. Cette plante se multiplie au moyen de drageons et de boutures.

 

DRAGEONNEMENT

 

n. m.

T. de Botanique et d'Agriculture

. Action de drageonner.

 

DRAGEONNER

 

v. intr.

T. de Botanique et d'Agriculture

. Pousser des drageons.

 

DRAGON

 

n. m.

Animal fabuleux qu'on représente avec des pattes armées de griffes, des ailes et une queue de saurien. Le dragon qui gardait le jardin des Hespérides.

Fig. et fam., Un dragon de vertu, Une femme dont la vertu est austère et farouche.

Il se dit aussi figurément et familièrement d'une Femme vive, turbulente, acariâtre, ou d'un Enfant mutin et déterminé. Cette femme est un vrai dragon, C'est un vrai dragon, un petit dragon.

Il se dit par analogie, en termes d'Histoire naturelle, de Certains petits lézards des pays chauds, qui ont une aile membraneuse de chaque côté du corps et qui voltigent avec légèreté d'un arbre à un autre.

Il se dit aussi d'un Soldat d'un des corps de cavalerie de ligne. Il est dans les dragons. Régiment de dragons. Colonel, capitaine de dragons. Le casque d'un dragon.

 

DRAGONNADE

 

n. f.

Il se dit des Persécutions exercées sous Louis XIV contre les protestants, pour les forcer à embrasser la religion catholique, et qui furent ainsi nommées parce qu'on y employait des dragons. Il est surtout usité au pluriel. Les dragonnades des Cévennes.

 

DRAGONNE

n. f.

Cordon ou galon d'or, d'argent, de laine, etc., qui est ordinairement terminé par un gland, et dont on garnit la poignée d'une épée ou d'un sabre. Détacher sa dragonne. Dragonne de cuir, de buffle.

 

DRAGONNIER

 

n. m.

T. de Botanique

. Genre de plantes de la famille des Liliacées dont l'espèce principale a la taille des palmiers et produit, pendant les fortes chaleurs, une substance résineuse appelée Sang-de-dragon ou Sang-dragon.

 

DRAGUE

 

n. f.

Instrument ou Machine qui sert à tirer le sable, la vase ou les rochers des rivières, à curer les puits, et, en général, à arracher du fond de l'eau les matières solides.

Il se dit également de la Racloire en fer adaptée au filet qui sert à racler le fond de la mer et dont on se sert dans la pêche aux huîtres et dans celle des moules.

Il se dit aussi de Ce filet lui-même.

 

DRAGUE

 

n. f.

Voyez DRÊCHE.

 

DRAGUER

 

v. tr.

Curer avec la drague ou un bateau dragueur. Draguer un étang, une rivière, un bassin.

 

DRAGUEUR

 

n. m.

Celui qui drague. On eut de la peine à embaucher des dragueurs.

Adjectivement, Bateau dragueur, ou, elliptiquement, Dragueur, Bateau qui porte une drague. Établir un dragueur à l'entrée d'un port.

Dragueur à godets, Qui est muni d'une chaîne à godets, lesquels enlèvent successivement du fond de l'eau du gravier, de la vase.

Il se dit aussi de Celui qui pêche à la drague.

 

DRAIN

 

n. m.

T. d'Agriculture

. Fossé souterrain qui sert à faire écouler l'eau dans les terres trop humides.

Il se dit aussi d'un Tuyau de terre cuite qui sert au même usage.

En termes de Chirurgie, il désigne, par analogie, un Tube percé de trous de distance en distance que l'on adapte à une plaie pour faciliter l'écoulement du pus d'un foyer infectieux.

 

DRAINAGE

 

n. m.

T. d'Agriculture

. Action de drainer. Le drainage d'une prairie marécageuse.

Par analogie, en termes de Chirurgie, Le drainage du rein. Figurément, en termes d'Économie politique, Le drainage des capitaux.

 

DRAINER

 

v. tr.

T. d'Agriculture

. Débarrasser un terrain de l'excès d'humidité au moyen de drains. Drainer un champ, une prairie. Terrain drainé.

Figurément, il signifie Faire affluer des capitaux dans une banque, dans une caisse. Cet agent d'affaires est parvenu à drainer les épargnes de toute la région.

 

DRAMATIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui appartient ou Qui est propre aux ouvrages composés en vue du théâtre. Poème dramatique, ouvrage dramatique. Composition dramatique. Le genre dramatique. L'art dramatique. Style, poésie dramatique. On l'applique, dans un sens analogue, aux Personnes. Poète, auteur dramatique. Artiste dramatique. Critique dramatique.

Il se dit encore de Ce qui, au théâtre, intéresse ou émeut vivement le spectateur. Cette scène est fort dramatique. Situation dramatique. Intérêt dramatique. Ce sujet me paraît assez dramatique.

Par extension, il signifie, en parlant d'un Récit, d'un discours, etc., Qui offre une peinture vive et animée de l'action, des événements, soit que l'auteur ait ou n'ait pas fait usage de la forme dramatique. Il nous a fait des derniers événements un récit dramatique. Il y a, dans ce discours, un passage très dramatique.

Il signifie aussi, d'une façon générale, Qui est propre à exciter une émotion profonde, à inspirer la pitié, en parlant d'un Événement ou d'une Action de la vie réelle.

 

DRAMATIQUEMENT

 

adv.

D'une façon dramatique.

 

DRAMATISER

 

v. tr.

Rendre dramatique, et, surtout au sens figuré, Présenter les choses avec un tour dramatique, en parlant ou en écrivant. Dans ce sens, il implique une certaine exagération. Cet incident était simple et vous le dramatisez.

 

DRAMATISTE

 

n. m.

Auteur dramatique.

 

DRAMATURGE

 

n. des deux genres

. Auteur de pièces de théâtre et spécialement d'oeuvres qui tiennent à la fois de la comédie et de la tragédie. Il s'emploie souvent avec une nuance de dénigrement.

 

DRAMATURGIE

 

n. f.

Science de la composition dramatique. Lessing a écrit une dramaturgie fameuse.

 

DRAME

n. m.

Pièce de théâtre représentant une action, soit comique, soit tragique. Le génie du récit ne suppose pas toujours le génie du drame.

Drame lyrique, Pièce entièrement mise en musique ou mêlée de chant et que l'on nomme aussi OPÉRA ou OPÉRA-COMIQUE.

Dans un sens plus restreint, il signifie Pièce de théâtre, en vers ou en prose, d'un genre mixte entre la tragédie et la comédie. Un drame historique. Un drame populaire. Les Romantiques ont opposé le drame de Shakespeare à la tragédie de Racine.

Il se dit, figurément, d'un Événement ou d'une suite d'événements qui inspirent la terreur ou la pitié. Le drame de la Révolution. Un drame de famille. Son arrivée, son départ a été tout un drame.

 

DRAP

 

n. m.

Sorte d'étoffe de laine. Drap uni. Drap croisé. Drap fin. Gros drap. Drap d'Elbeuf. Une pièce de drap. Un fabricant de drap. Acheter, vendre du drap. Tisser du drap. Costume de drap.

Par extension, Drap d'or, drap de soie, Étoffe dont le tissu est d'or ou de soie.

Fig., Il peut tailler en plein drap, il a de quoi tailler en plein drap, Il a amplement et abondamment tout ce qui peut servir à l'exécution de son dessein. Il a taillé en plein drap, Il a été en pouvoir de faire librement et hardiment tout ce qu'il a voulu.

Drap mortuaire, Pièce de drap ou de velours noir ou blanc dont on couvre la bière ou le cénotaphe au service des morts.

Drap de linge et absolument Drap, Grande pièce de toile, de fil ou de coton dont on se sert pour garnir un lit. Drap de dessus. Drap de dessous. Draps très fins. Une paire de draps. Draps blancs. Draps sans couture. Border un drap. Rejeter ses draps.

Fig. et ironiq., Mettre quelqu'un en de beaux draps, Le mettre dans une situation embarrassante, lui susciter des affaires. On dit de même Être, se mettre dans de beaux draps. Vous vous êtes mis dans de beaux draps. Le voilà dans de beaux draps. On dit de même, mais sans ironie, Il est dans de mauvais draps, dans de vilains draps.

 

DRAPEAU

 

n. m.

Pièce d'étoffe qu'on attache à une espèce de lance, de manière qu'elle puisse se déployer et flotter, et qui sert à donner un signal, à indiquer un point de ralliement, à distinguer la nation ou le groupement d'individus qui l'arbore. Le drapeau national. Le drapeau tricolore. Le drapeau américain. La hampe d'un drapeau. Attacher un mouchoir au bout d'une perche en guise de drapeau. Arborer un drapeau blanc pour demander une suspension des hostilités. On met sur les ambulances le drapeau de la Croix-Rouge.

Il se dit particulièrement de l'Enseigne d'une troupe, d'un régiment. Le drapeau du régiment. Donner un drapeau à un régiment. Bénir un drapeau. La cravate d'un drapeau. Ils se rallièrent autour du drapeau. Saluer un chef en inclinant les drapeaux. Un porte-drapeau. Des drapeaux pris aux ennemis, sur les ennemis.

Il se prend au figuré pour l'Honneur de toute l'armée et même pour Toute la nation. Le respect, la religion, le culte du drapeau. L'honneur du drapeau. Mourir pour le drapeau.

Être sous les drapeaux, Être en activité de service, être à son régiment, à son corps. Appeler une classe, appeler les réserves sous les drapeaux.

Se ranger, servir, combattre sous les drapeaux, Servir dans les troupes. On dit figurément Se ranger sous les drapeaux de quelqu'un, Prendre, embrasser son parti. En ce sens il est vieux.

Il se dit aussi, au figuré, d'une Cause pour laquelle on combat. Cet homme politique a abandonné son drapeau.

 

DRAPER

 

v. tr.

Couvrir de drap. Il se dit généralement des Draperies tendues en signe de deuil. Draper les piliers, les chaises d'une église.

En termes de Peinture et de Sculpture, il signifie, par extension, Habiller une figure, ou en représenter les vêtements; mais il ne se dit qu'en parlant de Vêtements amples et formant des plis. Draper une figure. Par analogie, il signifie aussi Garnir d'une étoffe de manière qu'elle forme des plis harmonieux. Draper une fenêtre.

Il signifie aussi Disposer une tenture. Draper une portière.

Fig. et fam., Draper quelqu'un, En faire un portrait satirique. J'ai lu ce que vous avez dit de votre adversaire : le voilà bien drapé.

SE DRAPER se dit, par analogie, de la Manière dont un acteur arrange ses vêtements, surtout lorsqu'il est habillé à la grecque ou à la romaine. Cet acteur se drape bien. Il sait bien se draper. Acteur drapé à l'antique.

Fig. et fam., Se draper dans sa vertu, dans sa probité, En faire parade.

 

DRAPERIE

 

n. f.

Manufacture ou commerce de drap.