Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Adosser
v. tr.
Appuyer le dos contre quelque chose. Adosser un enfant contre la muraille pour l'empêcher de tomber. Attaqué par trois hommes, il s'adossa à la muraille et se défendit.
Il signifie aussi figurément Placer une chose contre une autre qui lui sert d'appui ou d'abri. Adosser un bâtiment contre une montagne, à un rocher. Adosser un appentis contre un bâtiment, contre une maison. On dit dans un sens analogue Adosser une troupe, une armée, contre une colline, à une colline.
Le participe passé ADOSSÉ, ÉE, se dit, en termes de Blason, de Deux pièces d'armoiries, comme deux lions, deux poissons mis dos à dos. Il porte de gueules à deux lions adossés.
En termes de Dessin et d'Antiquité, Têtes adossées, Deux têtes mises sur une même ligne en sens opposé. Voyez ACCOUPLER.
ADOUBER
v. tr.
Arranger. Il a vieilli.
Il signifie, en termes de Marine, Réparer, raccommoder. Adouber une voile.
En termes de jeu de Trictrac et de jeu d'Échecs, il sert à indiquer qu'on touche une pièce non pour la jouer, mais pour l'arranger. Alors il devient intransitif. J'adoube. Dans ces deux sens il a vieilli.
Il signifiait autrefois et signifie encore quelquefois Revêtir un homme d'armes défensives.
ADOUCIR
v. tr.
Rendre doux, tempérer l'âcreté de quelque chose d'aigre, de piquant, de salé. Adoucir l'acide du citron avec le sucre. Adoucir une sauce trop salée en y ajoutant de l'eau.
La pluie adoucit le temps, Elle le rend moins aigre. Le temps commence à s'adoucir.
Adoucir sa voix, Parler d'un ton moins aigre ou moins élevé. Sa voix s'adoucit.
Il signifie aussi Polir en ôtant les aspérités. On adoucit le bois avec la prêle. On adoucit les glaces avec l'émeri.
Il signifie au figuré Rendre plus supportable. Cela adoucira un peu votre mal. Si quelque chose pouvait adoucir ma peine. Adoucir l'ennui, l'amertume, le chagrin, etc. Tous les maux s'adoucissent avec le temps. On dit dans le même sens Adoucir l'humeur, le caractère, Rendre l'humeur, le caractère plus traitable.
Adoucir les traits, adoucir l'air du visage, Les rendre moins rudes. La manière de se coiffer adoucit l'air du visage, ou le rend plus rude.
Adoucir une expression, La corriger, la tempérer par une autre. On dit dans le même sens Cette critique est trop sévère, il faut l'adoucir. Adoucir des reproches, des remontrances, un refus, etc.
En termes de Peinture et de Sculpture, Adoucir les formes, les contours, Diminuer ce qu'ils ont de trop prononcé. On dit de même Adoucir les traits d'une figure, Les rendre plus délicats, plus aimables. On dit aussi Adoucir les teintes d'un tableau, Graduer avec plus de délicatesse le passage de l'une à l'autre.
ADOUCIR signifie encore Apaiser. Adoucir la colère de quelqu'un. Adoucir un esprit irrité. Sa colère s'est adoucie. À la fin de l'entretien il s'est adouci.
ADOUCISSANT, ANTE
adj.
T. de Médecine
. Qui est capable de diminuer la douleur ou l'irritation. Élixir adoucissant. Tisane adoucissante. Le lait d'ânesse est adoucissant.
Il s'emploie comme nom masculin. Donnez- lui des adoucissants.
ADOUCISSEMENT
n. m.
Action d'adoucir ou Résultat de cette action. On l'emploie surtout au figuré. L'adoucissement de l'humeur, du caractère. Sa critique est tempérée par quelques adoucissements. Il a rendu son tableau beaucoup plus agréable par l'adoucissement du coloris, des contours.
Il signifie plus particulièrement Soulagement de peine, de douleur. Ce fut un bien faible adoucissement au sort du prisonnier. Rien ne peut apporter d'adoucissement à sa douleur. Son repentir lui a valu un adoucissement de sa peine.
ADOUCISSEMENT se dit de même en parlant des Choses morales, des affaires; et il signifie Restriction, expédient propre à concilier. Ne saurait-on trouver d'adoucissement à cela? On trouve des adoucissements à toutes choses. Leur querelle s'est fort aigrie; on y cherche quelque adoucissement. Cette proposition, quoique vraie en elle-même, demande quelque adoucissement.
ADRAGANT. n. m. ou ADRAGANTE
.n. m.
ou ADRAGANTE. n. f.
Gomme qu'on tire de plusieurs arbrisseaux du genre des Astragales.
ADRESSE
n. f.
Indication, désignation, soit de la personne à qui il faut s'adresser, soit du lieu où il faut aller ou envoyer. Donner, indiquer une adresse pour faire tenir des lettres, pour faire remettre un paquet. Une bonne adresse. Une adresse sûre. Une fausse adresse. Je vous donnerai, je vous laisserai mon adresse. Mettre l'adresse sur une lettre. Cette adresse est indéchiffrable. Envoyer une lettre à son adresse. Livre d'adresses.
Faire tenir des lettres à leur adresse, à leurs adresses, Envoyer des lettres à ceux à qui elles sont adressées.
Fig. et fam., C'est à l'adresse d'un tel. Allusion, conseil ou critique détournée qui vise quelqu'un qu'on ne nomme pas expressément, mais que l'auditeur désigne aussitôt. Le trait arrivera à son adresse.
Bureau d'adresse, ou d'adresses, Lieu, établissement où l'on s'adressait pour obtenir certains renseignements. Fig. et fam., C'est un vrai bureau d'adresse, se dit d'une Maison où l'on débite ordinairement beaucoup de nouvelles.
ADRESSE se dit aussi d'un Écrit ayant pour objet une demande, une adhésion, des félicitations, etc., présentées par un corps constitué, par une réunion de citoyens, soit au chef de l'État, soit à quelque autre autorité. Projet d'adresse. Adresse de félicitations. Adresse du Conseil municipal de telle ville. Rédiger, lire une adresse.
ADRESSE
n. f.
Dextérité, soit pour les exercices du corps, soit pour les actes de l'intelligence. Grande adresse. Il fait tout avec adresse. Il a beaucoup d'adresse dans tous les exercices du corps. Son adresse à manier un fusil. Adresse d'esprit. Il faut traiter, il faut manier cette affaire avec adresse. Il a tiré cela de lui par adresse.
Tour d'adresse, Tour de souplesse de main. C'est un homme qui sait, qui fait des tours d'adresse. Il signifie aussi familièrement un Tour de finesse d'esprit. Il lui a joué un tour d'adresse.
On dit absolument Une adresse pour désigner une intervention habile, faite avec tact et à propos. C'est une adresse. Cette démarche a été de sa part une adresse.
Adresses de style, Certaines tournures habiles et délicates dans la manière d'écrire. Ce sont des adresses de style.
En termes de Peinture, Adresse de pinceau, se dit d'une Manière de peindre généralement précise, facile et spirituelle. Au pluriel, Adresses de pinceau, Certaines touches, ou coups de pinceau, qui expriment la forme avec précision et facilité.
ADRESSER
v. tr.
Envoyer directement à quelque personne, en quelque lieu. Adresser une lettre, un paquet à quelqu'un. Vous n'avez qu'à me l'adresser à tel endroit. Vous adresserez vos lettres à un tel, pour qu'il me les fasse tenir. Cette lettre lui est adressée. Le paquet vous est adressé, mais il doit s'y trouver une lettre pour moi. Vous m'avez adressé un homme qui n'a pu me rendre raison de rien. Il m'a adressé à un excellent ouvrier.
Adresser la parole à quelqu'un, Parler à quelqu'un. On dit aussi Adresser des voeux, une question, une demande. Adresser des prières.
S'ADRESSER signifie Aller trouver directement quelqu'un, avoir recours à ses services, soit de vive voix, soit par écrit. Il faut s'adresser à un tel pour cette affaire. Pour visiter cette maison, s'adresser au concierge. Je m'adresse à vous comme à la seule personne de qui je puisse attendre quelque secours. On dit Vous vous adressez mal, pour Vous vous méprenez.
S'adresser à quelqu'un signifie quelquefois Adresser la parole à quelqu'un. On dit de même C'est à vous que ce discours s'adresse, etc.
Cela s'adresse à vous se dit d'une Chose qui concerne quelqu'un, qui le désigne dans un discours, dans un compliment indirect, dans une critique où même il n'est pas nommé.
ADRESSER est aussi intransitif et signifie Toucher droit où l'on vise. Adresser au but. Vous avez bien adressé, vous avez mal adressé. Cet emploi est rare.
ADROIT, OITE
adj.
Qui a de l'adresse. Il se dit du Corps et de l'esprit. Il est adroit à ses exercices Adroit à tirer de l'arc. Adroit comme un singe. Être adroit à manier les esprits. C'est un esprit adroit.
Il se dit aussi des Choses. C'est un conseil, c'est un moyen adroit.
ADROITEMENT
adv.
D'une manière adroite. Il manie cela fort adroitement. Il fait adroitement des armes. Il a conduit cette affaire fort adroitement. Il s'est tiré adroitement d'affaire.
ADULATEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui adule. Lâche, vil adulateur. Les adulateurs ont perdu ce prince. C'est un perpétuel adulateur. C'est une grande adulatrice.
Il s'emploie quelquefois adjectivement dans la poésie et dans le style soutenu. Langage adulateur. Vers adulateurs.
ADULATION
n. f.
Action d'aduler. Il y a trop d'adulation à cela. C'est une adulation honteuse.
ADULER
v. tr.
Flatter quelqu'un avec excès par bassesse ou par intérêt. Aduler la puissance On adule ce prince.
ADULTE
adj. des deux genres
. Qui a dépassé l'adolescence. Il n'était pas encore adulte. Une personne adulte. L'âge adulte.
Animal adulte, Qui est parvenu au terme de sa croissance. On dit dans le même sens Plante adulte.
Il est souvent employé comme nom. Cette maladie attaque rarement les adultes. École pour les adultes, école d'adultes.
ADULTÉRATION
n. f.
Action d'adultérer. L'adultération des monnaies est un crime. L'adultération des médicaments.
ADULTÈRE
adj. des deux genres
. Qui viole la foi conjugale. Époux adultère. Commerce adultère. Amour adultère. Femme adultère.
Il se dit quelquefois, par extension, dans le style oratoire ou poétique, des Choses qui offrent un mélange vicieux. Mélange adultère. Assemblage adultère.
Il s'emploie aussi comme nom; et alors il se dit de Celui, de celle qui viole la foi conjugale. Ni les fornicateurs ni les adultères ne posséderont le royaume des cieux.
ADULTÈRE
n. m.
Violation de la foi conjugale. Commettre un adultère. On les surprit en adultère.
Double adultère, L'adultère qu'un homme marié et une femme mariée commettent ensemble. Enfant né d'un double adultère.
ADULTÉRER
v. tr.
Gâter, falsifier ce qui est pur. Adultérer les médicaments. On dit plutôt aujourd'hui ALTÉRER.
ADULTÉRIN, INE
adj.
Qui est né d'un adultère. Des enfants adultérins.
Il s'emploie aussi comme nom. Les adultérins ne peuvent jamais être reconnus.
ADUSTE
adj. des deux genres
. T. de Médecine
. Qui est comme brûlé. Il se disait autrefois en parlant de Certaines altérations supposées des humeurs du corps humain. Humeur aduste. Sang aduste. Bile aduste.
ADVENIR
v. intr.
Arriver par accident, par surprise. Il n'est employé qu'à l'infinitif et aux troisièmes personnes. Les choses étant dans cet état, il advint que...; s'il advenait que... Quand le cas adviendra. Quoi qu'il advienne. Il en adviendra ce qu'il pourra. Quelque chose qu'il en advienne. Je me résous à tout ce qui en peut advenir. On ne peut pas prévoir tous les cas qui adviendront. Les choses qui sont advenues.
Prov., Fais ce que dois, advienne que pourra, Fais ce que tu dois faire, advienne ce qu'il pourra advenir.
Le gérondif ADVENANT s'emploie dans les Contrats et autres actes publics, dans le sens de S'il advient que, s'il arrive que. Advenant le décès de l'un des deux. Le cas advenant que... Voyez AVENANT.
Pour Le participe passé ADVENU, UE, voyez AVENU.
ADVENTICE
adj. des deux genres
. T. didactique
. Qui n'est pas naturellement dans une chose, qui y survient de dehors. Idées adventices, par opposition à Idées innées.
En termes de Botanique, Plante adventice. Racines adventices.
ADVENTIF, IVE
adj.
T. de Droit romain
. Qui est concédé aux fils de famille en nue propriété. Pécule adventif. Cette expression n'est point usitée dans le Droit français.
ADVERBE
n. m.
T. de Grammaire
. Mot invariable qui se joint avec les verbes, les adjectifs ou les adverbes et qui les modifie de diverses manières. Adverbe de lieu. Adverbe de temps. Adverbe dérivé d'un verbe. Adverbe dérivé d'un adjectif. Ici et là sont des adverbes de lieu. Aujourd'hui, demain, bientôt, tantôt sont des adverbes de temps. Beaucoup et peu sont des adverbes de quantité. Doucement et fortement sont des adverbes de manière.
ADVERBIAL, ALE
adj.
T. de Grammaire
. Qui tient de l'adverbe. Locutions adverbiales, Groupes de deux ou de plusieurs mots qui, étant joints ensemble, ont force et signification d'adverbe. À contretemps, sens dessus dessous sont des façons de parler adverbiales des locutions adverbiales. Haut a la valeur adverbiale dans Parler haut. Vite n'a plus dans la langue actuelle que le sens adverbial.
ADVERBIALEMENT
adv.
T. de Grammaire
. Avec la valeur d'un adverbe. Dans Chanter juste, l'adjectif juste est pris adverbialement.
ADVERSAIRE
n. m.
Celui qui est opposé, qui lutte contre quelqu'un. Vaincre son adversaire, ses adversaires. Désarmer son adversaire. Ménager, écraser son adversaire. J'ai pour adversaire un homme fort habile.
Il se dit quelquefois d'une Femme, sans prendre le genre féminin. Cette femme est un dangereux adversaire.
ADVERSATIF, IVE
adj.
T. de Grammaire
. Il ne s'emploie guère que dans cette locution, Conjonction adversative, Conjonction qui marque quelque opposition, quelque différence entre ce qui la précède et ce qui la suit. Mais est une conjonction adversative.
ADVERSE
adj. des deux genres
. Qui est contraire, opposé. Il n'est usité que dans ces locutions : Fortune adverse, Fortune contraire, défavorable. En termes de Palais, La partie adverse, La personne contre qui l'on plaide; et L'avocat adverse, L'avocat qui plaide pour la partie adverse.
ADVERSITÉ
n. f.
État, situation de celui qui éprouve les rigueurs du sort. Être dans l'adversité. Tomber dans l'adversité. Être constant dans l'adversité. Succomber à l'adversité.
Il se dit aussi d'une Infortune, d'un accident fâcheux; et dans ce sens il s'emploie plus particulièrement au pluriel. Les adversités que Dieu nous envoie. Il a soutenu de grandes adversités. Il a eu de grandes adversités à essuyer.
ADYNAMIE
n. f.
T. de Médecine
. État morbide, caractérisé par l'abattement de la physionomie, la flaccidité des chairs, la difficulté du mouvement ou son impossibilité, l'affaiblissement des sensations, etc.
ADYNAMIQUE
adj. des deux genres
. T. de Médecine
. Qui a le caractère de l'adynamie. État adynamique. Fièvre adynamique.
AÉRAGE. n. m. ou AÉRATION
.n. m.
ou AÉRATION. n. f.
Action d'aérer ou Résultat de cette action. L'aération d'une chambre, d'un vaisseau.
AÉRER
v. tr.
Assainir en mettant en contact avec l'air. Aérer un escalier, une salle de spectacle, un sous-sol.
Il signifie aussi Faire prendre l'air à quelqu'un. Aérer un convalescent.
Le participe passé AÉRÉ, ÉE, s'emploie adjectivement et se dit d'un Bâtiment qui est au grand air, en bel air. Une maison bien aérée.
AÉRIEN, IENNE
adj.
Qui est formé d'air, qui a rapport à l'air, qui est un effet de l'air, ou qui se passe dans l'air. Un corps aérien. Les démons, les esprits aériens. Un phénomène aérien. La navigation aérienne.
AÉRIFÈRE
adj. des deux genres
. T. d'Anatomie
. Qui amène l'air. Voies aérifères, conduits aérifères, L'ensemble des conduits destinés à porter l'air dans les poumons.
AÉRIFORME
adj. des deux genres
. Qui ressemble à l'air. Le gaz hydrogène est une substance aériforme.
AÉROBIE
adj. des deux genres
. T. de Biologie
. Qui a besoin pour vivre d'air atmosphérique. Microbe aérobie.
AÉRODROME
n. m.
Champ disposé pour les courses d'essai des avions.
AÉRODYNAMIQUE
n. f.
Partie de la physique qui étudie les lois et les mouvements des gaz.
AÉROGRAPHIE
n. f.
Description de l'air.
AÉROLITHE
n. m.
Masse minérale qui tombe du ciel. Les aérolithes viennent des espaces situés au delà de notre atmosphère.
AÉROLOGIE
n. f.
Science qui s'occupe des mouvements et variations barométriques et thermiques de l'atmosphère.
AÉROMANCIE
n. f.
Art prétendu de deviner l'avenir par le moyen de l'air et des phénomènes aériens.
AÉROMÈTRE
n. m.
Instrument qui sert à mesurer la condensation ou la raréfaction de l'air.
AÉROMÉTRIE
n. f.
Science qui a pour objet la constitution physique de l'air et qui en mesure et en calcule les effets mécaniques. Éléments d'aérométrie.
AÉRONAUTE
n. des deux genres
. Celui, celle qui parcourt les airs dans un aérostat. Il s'emploie surtout en parlant de Celui qui le manoeuvre.
AÉRONAUTIQUE
adj. des deux genres
. Qui a rapport à la navigation aérienne. Parc aéronautique.
Il s'emploie aussi comme nom féminin et désigne l'Art de la navigation aérienne. Les progrès de l'aéronautique. Services de l'aéronautique militaire.
AÉRONEF
n. m.
Tout appareil volant qui présente un volume tel qu'on puisse l'assimiler à un navire.
AÉROPHAGIE
n. f.
T. de Médecine
. Aspiration excessive de l'air dans les voies digestives, qui provoque la dilatation de l'oesophage ou de l'estomac.
AÉROPLANE
n. m.
Appareil de locomotion aérienne, muni d'une ou de plusieurs hélices qu'actionnent un ou plusieurs moteurs et qui est soutenu par la pression de l'air sur des surfaces planes. Voyez AVION.
AÉROSTAT
n. m.
Espèce de ballon fixé au sol par un câble et rempli d'air échauffé ou d'un gaz plus léger que l'air, au moyen duquel on peut s'élever dans l'atmosphère.
AÉROSTATION
n. f.
Art de construire des aérostats et de les employer. École d'aérostation.
AÉROSTATIQUE
adj. des deux genres
. Qui a rapport à l'aérostation. Ballon aérostatique. Machine aérostatique.
AÉROSTIER
n. m.
Celui qui concourt à la construction ou à la direction des aérostats. Bataillon des sapeurs aérostiers.
AÉROTHÉRAPIE
n. f.
T. de Médecine
. Traitement de certaines maladies par l'air.
AFFABILITÉ
n. f.
Qualité de celui qui reçoit avec bonté et douceur ceux qui ont affaire à lui. Il se dit principalement en parlant de la Manière dont on reçoit ses inférieurs. Recevoir avec affabilité. Il a beaucoup d'affabilité. L'affabilité de ce prince lui gagnait tous les coeurs.
AFFABLE
adj. des deux genres
. Qui a de l'affabilité. C'est un homme extrêmement affable. Il est d'un caractère doux et affable. On dit aussi Des manières affables.
AFFABULATION
n. f.
T. d'Histoire littéraire
. Partie d'une fable, d'un apologue, qui en explique le sens moral. On emploie plus souvent dans ce sens le mot MORALITÉ ou MORALE.
Il sert aussi à désigner la Trame d'un récit, l'intrigue d'une pièce. Voici en deux mots l'affabulation de cette comédie.
AFFADIR
v. tr.
Dégoûter par une sensation de fadeur. Une sauce qui affadit. Fig., Des louanges outrées affadissent le coeur.
Il signifie aussi Rendre fade. Affadir une sauce, un ragoût, en y mêlant quelque chose de trop doux.
Il se dit figurément en parlant des Ouvrages d'esprit. Affadir un discours par des pensées et par des expressions affectées et doucereuses.
AFFADISSANT, ANTE
adj.
Qui affadit. Cuisine affadissante. Fig., et au sens moral, Éducation affadissante.
AFFADISSEMENT
n. m.
Effet que produit la fadeur. Fig., Louer jusqu'à l'affadissement.
AFFAIBLIR
v. tr.
Rendre faible. On a trop raboté cette planche, on l'a affaiblie. Les débauches affaiblissent le corps. Le vin pris avec excès affaiblit les nerfs, affaiblit le cerveau, affaiblit la vue. Affaiblir un parti. Affaiblir une armée. Affaiblir la puissance de son ennemi. L'âge affaiblit l'esprit, affaiblit la mémoire. Il s'affaiblit. Son esprit, sa tête s'affaiblit.
AFFAIBLISSANT, ANTE
adj.
Qui affaiblit. Il y a des remèdes fortifiants, il y en a d'affaiblissants.
AFFAIBLISSEMENT
n. m.
État de ce qui est affaibli. Il se dit des Forces du corps, de celles de l'esprit, de celles d'un État, d'un parti, etc. L'affaiblissement du corps. L'affaiblissement de la vue. L'affaiblissement de la voix. L'affaiblissement d'une armée, d'un parti. L'affaiblissement des forces ennemies.
AFFAIRÉ, ÉE
adj.
Qui a bien des affaires. Il est si affairé qu'il n'a pas une heure à lui. Avoir toujours l'air affairé. Substantivement. Il fait l'affairé.
AFFAIRE
n. f.
Ce qui est le sujet de quelque occupation. Affaire agréable. Affaire importante. Il n'a d'autre affaire que de se divertir. Il est fort occupé, il a bien des affaires. Je suis accablé d'affaires. Avoir affaire. Il est en affaires. Toutes affaires cessantes. L'affaire du salut est la plus grande d'un chrétien.
J'en fais mon affaire, Je m'en charge, je réponds du succès. Dites-moi la place que vous désirez, j'en fais mon affaire.
C'est une affaire faite signifie L'affaire est terminée, conclue de façon définitive : il n'y a plus à y revenir.
Fam., C'est mon affaire, se dit à une Personne qui veut nous détourner de quelque dessein, en nous faisant voir le danger, les inconvénients qui sont à craindre et signifie Cela ne regarde que moi, ne peut compromettre, léser ou exposer que moi seul. On dit dans un sens analogue C'est son affaire, c'est leur affaire.
AFFAIRE signifie aussi Soin, peine, embarras, difficulté, querelle, danger. Il a bien des affaires sur les bras. Il a une fâcheuse, une mauvaise affaire sur les bras. Il vous donnera bien des affaires. Il était bien embarrassé, mais il s'est tiré d'affaire. Susciter des affaires à quelqu'un. Il a si bien manoeuvré qu'il s'est mis hors d'affaire. Il ne veut point d'affaire. Il se fait une affaire de la moindre chose. Si vous vous brouillez avec cet homme-là, vous vous ferez, vous vous attirerez des affaires. Vider une affaire. Assoupir, étouffer, arranger une affaire. Que d'affaires pour si peu de chose!
C'est toute une affaire se dit d'une Chose qu'on regarde comme malaisée, et Ce n'est pas une affaire se dit d'une Chose facile.
Il s'est tiré d'affaire, Il a su par son intelligence, par sa bonne conduite, se procurer une fortune honnête, une position honorable.
Ce malade est hors d'affaire, Il ne court plus aucun danger.
Il se dit de Toutes les choses qu'on a à discuter, à démêler avec quelqu'un dans le commerce de la vie. C'est une affaire d'intérêt. C'est une affaire d'honneur. Sortir d'une affaire avec honneur. Se bien tirer d'une affaire. Voilà le noeud de l'affaire. S'entremettre d'une affaire. Se charger d'une affaire. Je vous rendrai compte de votre affaire. Entendre bien une affaire. Comprendre, concevoir une affaire. Il débrouille bien, il démêle bien une affaire.
Affaire d'honneur signifie quelque fois Duel, combat singulier. Dans ce sens on dit de même simplement Une affaire.
Affaire de coeur, Commerce de galanterie.
Fam. et ironiq., Votre affaire est faite, Elle est manquée, vous ne devez plus rien espérer, vous n'avez plus rien à prétendre. Son affaire est faite se dit aussi d'un Homme perdu au physique ou au moral et qui ne peut se relever de son état. Son affaire est bonne, Il ne peut éviter une punition, un malheur.
AFFAIRE se dit particulièrement des Procès et de tout ce qui se traite en quelque juridiction que ce soit, tant en matière civile qu'en matière criminelle. Il y a une grande affaire au Conseil d'État, à la Cour d'appel. Cet avocat est chargé d'une belle affaire, d'une affaire qui fera du bruit. C'est une affaire de grande discussion, de longue discussion. Une affaire embrouillée, épineuse, embarrassée. Les affaires civiles. Les affaires criminelles. Ce juge entend mal mon affaire. Le point, le secret, le fin de l'affaire. Poursuivre une affaire.
Il se dit aussi des Actions de guerre. C'est un homme qui a vu bien des affaires. Il s'est toujours bien conduit dans toutes les affaires où il s'est rencontré. Il fit des merveilles dans la dernière affaire. L'affaire fut quelque temps disputée. L'affaire a été vive, a été chaude.
AFFAIRE signifie encore particulièrement Convention, marché, traité, transaction commerciale, entreprise d'industrie, spéculation financière. J'ai fait affaire avec lui. Nous avons fait affaire ensemble. Nous avons fait beaucoup d'affaires ensemble. Cette ville fait quelques affaires avec Londres. Il propose une affaire qui paraît bonne. C'est une affaire dans laquelle il y a beaucoup à gagner, beaucoup à perdre. Il entreprend trop d'affaires. Cette affaire peut réussir. Les faiseurs d'affaires. Les gens d'affaires. L'affaire est conclue. L'affaire est manquée.
Fam., C'est un homme qui entend son affaire se dit d'un Homme habile dans sa profession ou attentif à son intérêt.
Ironiquement, Il a fait une belle affaire se dit d'un Homme qui a fait quelque chose mal à propos.
AFFAIRE est aussi un terme général que l'on substitue souvent dans le langage ordinaire à des termes propres et particuliers. Il s'emploie ainsi dans des significations très diverses et quelquefois dans des sens opposés qu'il est impossible d'indiquer tous et que l'usage apprendra. J'ai affaire au ministre, J'ai une question à traiter avec lui. Vous aurez affaire à moi, Je vous châtierai. Qu'ai-je affaire de toutes ces querelles? Ai-je à m'en occuper? Cette maison est mon affaire, Elle me convient, elle m'accommode. Ironiquement, C'est une autre affaire. Le bon de l'affaire c'est que...
AFFAIRES, au pluriel, se dit généralement de Toutes les choses qui concernent la fortune et les intérêts du public et des particuliers. Affaires publiques. Affaires d'État. Ce ministre est chargé de toute la conduite des affaires du royaume. Les affaires étrangères. Les affaires ecclésiastiques. Affaires temporelles. Affaires spirituelles. Le train, le courant des affaires. Pour les affaires urgentes. Les affaires d'une ville, d'une communauté. Les affaires particulières et privées. Les affaires d'une succession. Un homme dont les affaires sont en bon état, en mauvais état. Ses affaires vont bien, vont mal. Il est bien, il est mal dans ses affaires. Il est au-dessus de ses affaires. Il a bien fait ses affaires. Donner ordre, mettre ordre à ses affaires. Affaires domestiques. Chacun a ses affaires, doit savoir ses affaires. Il a soin de ses affaires. Il a donné la conduite, le maniement de ses affaires à un habile homme. Il est prudent en affaires. Il a le génie, l'esprit des affaires. Il entend bien les affaires. Il est propre aux affaires. Il a un homme d'affaires fort négligent. On est souvent trompé par ses gens d'affaires. Un tel est son homme d'affaires. Ce ne sont pas là mes affaires Pourquoi en parlez-vous? sont-ce là vos affaires? Mêlez-vous de vos affaires.
Il se dit spécialement de la Profession de commerçant. Il s'est mis dans les affaires. Il a quitté les affaires. Il n'est plus dans les affaires. Il s'est retiré des affaires. Le monde des affaires.
Il se disait particulièrement autrefois des Opérations des traitants, de ce qui concernait la levée des deniers publics. Il est intéressé dans les affaires, dans les affaires du roi. Il a commencé par une petite recette, et maintenant il est dans les grandes affaires.
Fam., Cette femme a ses affaires, Elle a ses règles.
POINT D'AFFAIRE,loc. adv.
Nullement, en aucune façon. Des conseils tant qu'il vous plaira, mais de l'argent point d'affaire. Il vieillit.
AFFAISSEMENT
n. m.
État de ce qui est affaissé. L'affaissement des terres. J'ai trouvé ce malade dans un grand affaissement. L'affaissement de l'esprit est souvent l'effet d'un grand chagrin.
En termes d'Automobilisme et de Cyclisme, il signifie Dégonflement d'un pneumatique qui s'affaisse sur le sol.
AFFAISSER
v. tr.
Faire ployer sous un faix. Les grandes pluies affaissent les terres. Les terres rapportées sont sujettes à s'affaisser. Ce monceau de foin s'est affaissé de tant de mètres. Fig., Le grand âge n'a point affaissé son esprit. La douleur affaisse trop son âme. Un esprit qui s'affaisse. Un empire qui s'affaisse.
Il se dit d'un Vieillard qui se courbe. Il s'affaisse, il commence à s'affaisser sous le poids des années.
Il signifie aussi S'écrouler, s'abattre. Frappé d'apoplexie, il s'affaissa sur le sol.
AFFAITER
v. tr.
T. d'Arts
. Façonner le cuir.
En termes de Fauconnerie, il signifie Apprivoiser, dresser un oiseau de proie.
AFFALER
v. tr.
T. de Marine
. Abaisser un cordage pour l'aider à courir dans sa poulie ou dans son conduit et à descendre plus facilement. Affaler une manoeuvre.
Il signifie aussi en parlant du vent, Pousser un bâtiment vers la côte et le mettre en danger d'échouer. Le vent nous avait affalés sur la côte, nous avait affalés. Le navire va s'affaler, s'il ne change pas de manoeuvre.
Navire affalé, Navire arrêté sur la côte par le défaut de vent ou par les courants.
S'AFFALER signifie Se laisser glisser le long d'un cordage, etc., pour descendre plus vite. Ce matelot s'est affalé le long de tel cordage.
Par extension, dans la langue familière, il signifie Se laisser tomber ou simplement tomber. De fatigue, il s'affala sur un banc. Il s'est affalé par terre tout de son long.
AFFAMER
v. tr.
Réduire à la faim par la suppression des vivres. Affamer une ville, une place, une province, tout un pays. Vous ne faites que l'affamer en lui donnant si peu à manger.
Le participe passé AFFAMÉ, ÉE, s'emploie aussi comme adjectif. Prov. et fig., Ventre affamé n'a point d'oreilles, Un homme qui a faim n'écoute guère ce qu'on lui dit, les représentations qu'on lui fait.
Il s'emploie même comme nom. C'est un affamé.
AFFAMÉ, adjectif, signifie au figuré Qui a de l'avidité pour quelque chose, qui souhaite quelque chose avec ardeur. Être affamé de gloire, affamé d'honneurs, affamé de nouvelles.
AFFECTATION
n. f.
Destination, application d'une chose à un certain usage. L'affectation d'une somme à telle dépense, d'un monument à tel usage.
Il désigne aussi l'Action de feindre ou d'exagérer certains sentiments et certaines qualités. Affectation de sensibilité, de générosité, de modestie, etc.; et par extension une Manière de parler et d'agir qui s'éloigne du naturel. Il y a de l'affectation dans tout ce qu'il fait, dans tout ce qu'il dit. Affectation marquée. Affectation de langage, dans le langage, dans le ton, dans le geste, dans les manières. Il n'y a rien de naturel en elle, elle est pleine d'affectation. On ne saurait la corriger de ses affectations. Toutes ces affectations me déplaisent.
AFFECTER
v. tr.
Destiner et appliquer une chose à un certain usage. Affecter un fonds de terre pour l'entretien, à l'entretien d'une école. Affecter une rente au paiement d'une dette.
Il signifie aussi Feindre ou exagérer certains sentiments, certaines qualités. Affecter la douceur. Affecter l'humilité, la modestie. Il signifie encore Marquer une prédilection excessive pour certaines choses. Affecter certains mots, certaines façons de parler, certains airs, certains gestes. Il affecte le genre anglais. Il affecte toujours de dire des choses flatteuses. Il affecte de dire en grand secret des choses insignifiantes. Il affecte l'air distrait. Il affecte de grands airs. C'est une chose dont il affecte de ne point parler.
Il signifie encore Rechercher une chose avec ambition, y aspirer, s'y porter avec ardeur. Affecter le pouvoir suprême. Affecter le premier rang, les premières places.
Il se dit figurément pour exprimer la Disposition que certaines substances ont à prendre certaines figures.. Le sel marin affecte dans sa cristallisation la figure cubique. Le participe passé AFFECTÉ, ÉE, s'emploie comme adjectif et signifie Qui a de l'affectation, où il y a de l'affectation. Ce comédien est affecté dans son jeu. Cet écrivain est affecté dans son style. Langage affecté. Geste affecté. Humilité, modestie affectée.
AFFECTER
v. tr.
T. de Médecine
. Faire sur quelque partie de l'organisme une impression qui l'altère. Il est à craindre que l'air trop vif n'affecte la poitrine. Ce remède affecte le poumon.
Il signifie aussi figurément Faire sur l'âme une impression qui cause de la douleur, du chagrin, émouvoir, affliger. Cet événement l'a beaucoup affecté, ne laissera pas de l'affecter. C'est un homme qui s'affecte aisément, qui ne s'affecte de rien. Il a été vivement affecté de cette nouvelle. Je suis très affecté de son mauvais procédé.
Il signifie encore, par analogie, Modifier de quelque manière. En termes de Mathématiques, Affecter un nombre d'un exposant.
AFFECTIF, IVE
adj.
Qui inspire, qui est propre à inspirer de l'affection. Il se dit surtout en parlant des Choses de piété. Il parle des choses de Dieu d'une manière très affective. Saint Bernard est un des Pères de l'Église les plus affectifs. On a imprimé des livres sous le titre de Théologie affective.
Il se dit, en termes de Philosophie, de Ce qui se rapporte aux sentiments, aux passions. Les facultés affectives.
AFFECTION
n. f.
Sentiment qui fait qu'on aime quelque personne avec attachement, qu'on se plaît à quelque chose, qu'on s'y porte avec ardeur. Tendre affection. Affection paternelle. Affection maternelle. Sentiment d'affection. Témoignage d'affection. Faire une chose par affection pour quelqu'un. Avoir de l'affection pour quelqu'un. Porter de l'affection à quelqu'un. C'est le cadet qui est l'objet des affections de sa mère. Il n'a d'affection pour rien. Il n'a d'affection à rien. Il a pris la peinture en affection. La personne en qui il avait mis ses affections. Il a son art en affection. Il se porte à cette étude par affection. Il s'y livre avec affection. Il en parle d'affection. Chaque jour on se détache de quelqu'une de ses affections.
Il se dit, dans une acception générale, pour désigner Divers mouvements de l'âme. Les affections de l'âme. Affections humaines, naturelles. Toutes ses affections sont douces. Affections déréglées.
AFFECTION, en termes de Médecine, est synonyme de MALADIE. Affection nerveuse. Affection hystérique. Affection aiguë, chronique.
AFFECTIONNER
v. tr.
Aimer avec attachement. C'est une personne que j'affectionne. C'est un genre d'étude qu'il affectionne beaucoup.
Affectionner quelque chose signifie quelquefois S'y intéresser avec affection, avec chaleur. C'est l'affaire du monde que j'affectionne le plus. S'affectionner à une chose, S'y attacher, s'y appliquer avec affection.
Dans les formules de politesse par lesquelles on termine les lettres, Le participe passé AFFECTIONNÉ s'emploie comme adjectif pour signifier Qui a de l'affection pour... Votre très humble et très affectionné serviteur. Votre affectionné serviteur. Votre affectionné.
AFFECTUEUSEMENT
adv.
D'une manière affectueuse. Il lui parla très affectueusement.
AFFECTUEUX, EUSE
adj.
Qui montre de l'affection. C'est un homme très affectueux. Un orateur pathétique et affectueux. Sentiments affectueux. Discours affectueux. Toutes ses paroles étaient affectueuses. Mouvements affectueux. Manières affectueuses.
AFFÉRENT, ENTE
adj.
Qui se rapporte à... Renseignements afférents à une affaire. Portion, part afférente, La part qui revient à chacun des intéressés dans un objet indivis ou dans un partage.
AFFÉRENT, ENTE
adj.
Qui apporte. Les anatomistes appellent vaisseaux afférents les vaisseaux lymphatiques qui apportent aux ganglions les liquides absorbés.
AFFERMER
v. tr.
Donner à ferme. Ce propriétaire vient d'affermer sa terre. Autrefois, le gouvernement affermait la perception des impôts.
Il signifie aussi prendre à ferme. Tous ceux qui ont affermé cette terre y ont bien fait leurs affaires.
AFFERMIR
v. tr.
Rendre stable. Affermir une muraille. Affermir un plancher. De l'opiat qui affermit les dents.
Il signifie aussi Rendre consistant. Affermir sa voix. La gelée affermit les chemins. Les chemins s'affermiront bientôt. Des piqûres propres à affermir les gencives. Ce poisson s'est affermi en cuisant. Dans ce sens on dit plus souvent Raffermir.
Il signifie au figuré Rendre plus assuré, plus difficile à ébranler. Affermir le courage. Affermir l'âme. Affermir quelqu'un dans une résolution, dans une croyance, dans une opinion, dans la foi. S'affermir contre les coups du sort. S'affermir dans une résolution, dans un dessein. Affermir l'autorité, affermir le sceptre dans la main d'un roi. Cette victoire l'affermit sur son trône, lui affermit la couronne sur la tête. Cela vous doit affermir encore plus dans votre sentiment, dans votre résolution. Les beaux jours achèveront d'affermir sa santé. Sa santé s'affermira avec le temps. Affermir le repos de l'État. Affermir le crédit public. Affermir la tranquillité publique. Affermir les peuples dans le devoir. Affermir les volontés chancelantes.
AFFERMISSEMENT
n. m.
Action d'affermir ou Résultat de cette action. L'affermissement des gencives. Il n'est guère usité au propre. Il signifie au figuré Action d'améliorer un état qui commence à être satisfaisant. La belle saison contribuera à l'affermissement de sa santé. L'affermissement de l'État, du Trône, des lois, de la religion, du crédit public. Ce prince dut à l'amour des peuples l'affermissement de son autorité.
AFFÉTÉ, ÉE
adj.
Qui est plein d'afféterie dans son air, dans ses manières, dans son langage. Ce jeune homme est affété dans ses manières, dans ses discours Elle ne serait pas désagréable, si elle était moins affétée.
Il se dit aussi des Choses qui marquent de l'affectation. Mine affétée. Discours affété. Manières affétées. Paroles affétées.
AFFÉTERIE
n. f.
Manière précieuse de parler ou d'agir. Il y a trop d'afféterie dans tout ce qu'elle fait. Les afféteries d'une coquette, d'une précieuse. L'afféterie du style.
AFFICHAGE
n. m.
Action d'afficher ou Résultat de cette action, au sens propre. Ce commerçant a été condamné à l'amende et à l'affichage du jugement sur le mur de son domicile. La Chambre a voté l'affichage de ce discours. Entreprise d'affichage.
AFFICHE
n. f.
Feuille écrite ou imprimée que l'on applique contre les murs pour donner connaissance au public de quelque chose. Les affiches de spectacle. Affiches électorales. Affiche pour la vente d'une propriété, d'une maison. Une muraille couverte, tapissée d'affiches. Apposer une affiche. Déchirer une affiche.
Petites Affiches, Feuille périodique dans laquelle on annonce les terres, les maisons, les meubles à vendre, etc.
AFFICHER
v. tr.
Apposer une affiche. Afficher une loi, une ordonnance de police, une vente publique. Afficher le spectacle. Le tribunal a ordonné que son jugement serait affiché à cent exemplaires.
Non seulement je le dirai, mais je l'afficherai partout, se dit par exagération en parlant d'une Chose qu'on voudrait faire savoir à tout le monde.
Il signifie figurément Faire étalage de quelque chose. Afficher le bel esprit. Afficher l'irréligion. Afficher sa honte.
Afficher une femme, Rendre public le commerce de galanterie qu'on a ou qu'on veut passer pour avoir avec elle. S'afficher avec une femme, Se montrer avec elle en public.
S'AFFICHER, employé absolument, signifie Étaler ses défauts, ses vices. Un homme de goût ne s'affiche point. Cette femme s'affiche, Elle brave les convenances.
AFFICHEUR
n. m.
Celui qui appose des affiches.
AFFIDÉ, ÉE
adj.
À qui on se fie. Envoyer un homme affidé. Il lui fit dire par une personne affidée... Il se prend toujours en mauvaise part.
Il s'emploie aussi comme nom. Il lui fit dire par un de ses affidés...
AFFILAGE
n. m.
T. d'Arts
. Action d'affiler un outil.
AFFILER
v. tr.
Aiguiser le tranchant émoussé ou ébréché d'un instrument, lui donner le fil. Affiler le tranchant d'un rasoir, d'un couteau, d'un coutelas, d'un sabre.
Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, se dit de Quelqu'un qui parle facilement et beaucoup, qui a du babil. Cette femme a la langue bien affilée, se dit surtout d'une Personne médisante.
Le participe passé AFFILÉ s'emploie au féminin comme nom dans la locution adverbiale D'AFFILÉE, De suite, sans interruption. Il a fait sa besogne d'affilée, ou encore d'une affilée.
AFFILIATION
n. f.
Action d'affilier, de s'affilier à une compagnie, à une corporation, à une communauté. Il y a affiliation entre ces deux communautés religieuses, entre plusieurs loges de francs-maçons. Affiliation à un complot, à une société secrète.
AFFILIER
v. tr.
Faire entrer une association dans un groupement. L'Académie française s'était affilié quelques académies de province. Affilier plusieurs sociétés à une société centrale.
Par extension, il signifie Faire entrer quelqu'un dans un groupement. S'affilier à une congrégation, à une société, à un complot.
Le participe passé AFFILIÉ s'emploie comme nom. Cette corporation a des affiliés.
AFFILOIR
n. m.
Instrument qui sert à affiler.
AFFINAGE
n. m.
T. d'Arts
. Action d'affiner. L'affinage de l'or. Cet or est déchu de tant de grains à l'affinage. L'affinage du sucre.
AFFINEMENT
n. m.
Action d'affiner ou État de ce qui est affiné. L'affinement des métaux.
AFFINER
v. tr.
Purifier par un moyen quelconque. Affiner l'or et l'argent. Affiner du fer, de l'étain. L'or s'affine en passant à la coupelle.
Affiner le lin, le chanvre, Le rendre plus fin, plus délié.
Il signifie aussi figurément Rendre plus fin, plus délié. L'instruction affine l'esprit. L'esprit s'affine par la conversation. Ses manières se sont affinées.
Il se dit aussi des Personnes. Cet homme, cette femme s'est affinée, Il a pris, elle a pris les usages, les manières, le langage du monde.
AFFINERIE
n. f.
Lieu où l'on affine. Porter l'or ou l'argent à l'affinerie.
AFFINEUR
n. m.
Celui qui affine l'or et l'argent.
AFFINITÉ
n. f.
Degré de proximité que le mariage fait acquérir à un homme avec les parents de sa femme, et à une femme avec ceux de son mari. Il a épousé ma soeur, il y a affinité entre lui et moi. Les divers degrés de l'affinité.
Affinité spirituelle, Celle qui se contracte dans la cérémonie du baptême entre les parrains et les marraines et les personnes dont ils ont tenu les enfants; et encore entre les parrains et les marraines et leurs filleuls ou filleules.
Il se dit aussi de la Conformité qui existe entre diverses choses. Ces deux mots ont beaucoup d'affinité. La géométrie et la physique ont une grande affinité. Il y a de l'affinité entre la poésie et la peinture. Affinité entre les caractères. L'affinité des caractères.
Il se dit encore de la Liaison que des personnes ont ensemble, à raison de quelques rapports entre leurs caractères, leurs goûts, leurs opinions. Il y avait une grande affinité entre eux.
En termes de Chimie, il signifie la Tendance des substances de nature différente à s'unir ensemble.
AFFINOIR
n. m.
Instrument au travers duquel on fait passer le lin ou le chanvre pour l'affiner.
AFFIQUET
n. m.
Parure, ajustement. Il ne se dit guère qu'au pluriel, et par raillerie, en parlant des Menus ajustements d'une femme. Avec tous ses affiquets, elle se croit jolie. Il est familier.
AFFIQUET se dit encore de Deux espèces de petits godets de bois reliés ensemble par un caoutchouc que l'on met aux extrémités des aiguilles à tricoter quand on interrompt son ouvrage.
AFFIRMATIF, IVE
adj.
Qui affirme. Discours affirmatif. Geste affirmatif. Air affirmatif. Il m'en a parlé d'une manière affirmative. C'est un homme fort affirmatif. Il a le ton affirmatif.
En termes de Logique, Proposition affirmative, Toute proposition par laquelle on affirme une chose, par opposition à la Proposition négative.
AFFIRMATIVE,nom féminin
, se dit de Toute proposition par laquelle on affirme. Ils sont toujours d'avis différents; jamais l'un ne nie une chose que l'autre ne prenne l'affirmative. Il y eut tant de voix pour l'affirmative. Ceux qui soutenaient l'affirmative.
AFFIRMATION
n. f.
Action d'affirmer. J'avais besoin de votre affirmation pour croire ce fait.
Il se dit, en termes de Logique, de l'Expression par laquelle une proposition est affirmative. L'affirmation est opposée à la négation.
Il signifie, en termes de Procédure, Assurance avec serment et dans les formes juridiques. Prendre un acte d'affirmation. Je m'en rapporte à votre affirmation. Affirmation de compte. Le juge a pris leur affirmation. Le greffe des affirmations.
AFFIRMATIVEMENT
adv.
D'une manière affirmative. Parler affirmativement. Il en parle aussi affirmativement que s'il l'avait vu.
AFFIRMER
v. tr.
Assurer soutenir qu'une chose est vraie. Je l'ai vu, je vous l'affirme. Oseriez-vous affirmer cela?
Il se dit, en termes de Logique, d'une Proposition et signifie simplement Exprimer qu'une chose est. Toute proposition affirme ou nie.
En termes de Palais, il signifie Assurer avec serment.
AFFIXE
adj. des deux genres
. T. de Grammaire . Qui s'ajoute au commencement ou à la fin d'un mot pour en modifier le sens. Particule affixe; ou comme nom masculin : Un affixe. Des affixes.
AFFLEUREMENT
n. m.
Action d'affleurer ou État de ce qui est affleuré. Point d'affleurement.
AFFLEURER
v. tr.
Mettre à fleur, de niveau deux corps contigus, soit verticaux, soit horizontaux, sans saillie de l'un sur l'autre. Affleurer les battants d'une armoire. Affleurer une trappe au niveau du plancher.
Il signifie quelquefois Toucher en étant au même niveau. La rivière affleure ses bords. Ce filon de mine affleure le sol.
Il se dit aussi absolument. Ces pièces de bois affleurent bien.
AFFLICTIF, IVE
adj.
Qui afflige, qui frappe directement quelqu'un.
Il s'emploie en termes de Jurisprudence criminelle. Les Peines afflictives sont les peines corporelles et physiques qui frappent directement la personne du condamné par opposition aux Peines infamantes qui ont un effet uniquement moral. Les travaux forcés sont une peine afflictive et infamante. La dégradation civique est une peine infamante, mais non afflictive.
AFFLICTION
n. f.
État d'abattement produit par un événement malheureux. Grande, extrême affliction. Cela lui causa une affliction mortelle. Il est dans l'affliction, dans l'affliction la plus profonde. Les consolations indiscrètes ne font qu'aigrir les grandes afflictions.
Il se dit quelquefois des Accidents, des malheurs mêmes qui sont une cause d'affliction. Les afflictions qu'il plaît à Dieu de nous envoyer.
AFFLIGEANT, ANTE
adj.
Qui afflige. Cela est bien affligeant. Une nouvelle bien affligeante.
AFFLIGER
v. tr.
Abattre moralement. Son malheur m'afflige. Cette nouvelle l'a profondément affligé. Vous vous affligez sans sujet. Il s'afflige d'une chose dont il devrait se réjouir.
Il signifie aussi Mortifier son corps, le faire souffrir. Affliger son corps par des jeûnes, des macérations.
Il se dit encore des Calamités qui ruinent un pays. La famine affligeait la ville. La peste affligeait le royaume. On dit à peu près dans ce sens Dieu a voulu affliger son peuple. Job fut affligé en son corps et en ses biens.
Le participe passé AFFLIGÉ, ÉE, se dit quelquefois en plaisantant et par antiphrase. La voilà affligée de cent mille livres de rente.
Il s'emploie aussi comme nom en parlant des Personnes. Consoler les affligés. Il voulut consoler la pauvre affligée.
AFFLUENCE
n. f.
Action d'affluer, au propre et au figuré. L'affluence des eaux qui provenaient de la fonte des neiges fit déborder la rivière. L'affluence des humeurs vers une partie du corps détermine souvent des accidents graves. Affluence de toutes sortes de biens. Grande affluence de peuple, ou simplement Grande affluence. Cette pièce attire une grande affluence de spectateurs. Il y a cette année affluence de marchandises à la foire, affluence de vaisseaux dans le port.
AFFLUENT, ENTE
adj.
Qui se jette dans un autre en parlant d'un cours d'eau. Le Rhin et les rivières affluentes.
Il s'emploie dans ce sens comme nom masculin. La Seine et ses affluents. La Marne est un des affluents de la Seine.
Il se dit, en termes de Médecine, des Humeurs ou Liquides qui affluent, qui se portent en abondance vers quelque partie du corps. La sérosité, la salive affluente.
AFFLUER
v. intr.
Couler vers. Il se dit proprement des Eaux qui se rendent et se réunissent dans un même lit. Plusieurs ruisseaux et plusieurs rivières affluent dans la Seine, dans le Rhône.
Il se dit aussi des Humeurs, dans un sens analogue. Il faut empêcher le sang d'affluer vers telle partie.
Il signifie au figuré Abonder, arriver en abondance. Toutes sortes de biens affluent dans cette maison. Les vivres affluaient dans le camp. Les étrangers affluent à Paris.
AFFLUX
(On prononce Afflu.)n. m.
T. de Médecine
. Action d'affluer, concours des liquides vers une partie de l'organisme. L'afflux du sang vers la tête.
Il se dit, en termes d'Arts, du Mouvement du fluide électrique vers un point.
AFFOLANT, ANTE
adj.
Qui affole. Nouvelle affolante.
AFFOLEMENT
n. m.
État d'une personne affolée.
AFFOLER
v. tr.
Rendre comme fou. Cet événement a de quoi l'affoler. Cette femme l'a affolé. Il est affolé de sa femme. Il est affolé de sa maison. S'affoler de quelqu'un, de quelque chose.
En termes de Marine, Aiguille affolée, se dit de l'Aiguille d'une boussole lorsqu'elle est dérangée de sa direction naturelle vers le Nord, soit par le voisinage du fer, soit par un orage violent, etc. On est quelquefois obligé d'aimanter de nouveau une aiguille affolée.
AFFOUAGE
n. m.
T. d'Eaux et Forêts
. Droit de prendre du bois dans une forêt communale.
AFFOUILLEMENT
n. m.
Action d'affouiller. L'affouillement des berges.
AFFOUILLER
v. tr.
Creuser, en parlant de l'Action des eaux courantes qui creusent le lit et les berges d'une rivière.
AFFOURCHE
n. f.
T. de Marine
. On ne l'emploie que dans Ancre d'affourche, câble d'affourche, Ancre, câble qui servent à affourcher un bâtiment.
AFFOURCHER
v. tr.
T. de Marine
. Faire mouiller une embarcation en jetant à la mer deux ancres de manière que leurs câbles forment une espèce de fourche. Affourcher un bâtiment. Un vaisseau qui s'affourche ou absolument qui affourche.
Il signifie aussi, dans la langue familière, Placer à califourchon. Un paysan affourché sur son âne.
En termes d'Arts, il signifie Joindre deux pièces de bois dont l'une est à rainure et l'autre à baguette.
AFFRANCHIR
v. tr.
Rendre libre, déclarer libre. Affranchir un esclave.
Il signifie aussi Décharger, exempter. Affranchir d'impôts. Affranchir une ville de certaines charges.
En termes de Droit féodal, Affranchir un héritage, Libérer un héritage de quelque servitude, de quelque charge.
Affranchir une lettre, un paquet, En payer la taxe d'avance pour en libérer le destinataire.
Il signifie au figuré Tirer d'une sujétion, d'une dépendance. Affranchir un peuple de la servitude, de la tyrannie. Il est affranchi du despotisme qu'on exerçait sur lui, de la dépendance où il était.
Il signifie aussi Délivrer de quelque mal, de quelque peine. La mort nous affranchira des misères de ce monde. Votre présence m'affranchit de toute crainte, de toute inquiétude. Il s'est affranchi de toute crainte, de toute gêne, de tout devoir. Ils se sont affranchis de tous les préjugés.
Le participe passé AFFRANCHI, IE, est aussi nom et désigne un Esclave à qui on a donné la liberté. La condition d'affranchi. Les affranchis d'Auguste. Acté, affranchie de Néron.
AFFRANCHISSEMENT
n. m.
Action de rendre libre. L'affranchissement des communes.
Il s'employait dans ce sens surtout pour désigner la Mise en liberté d'un esclave, d'un serf. L'affranchissement d'un esclave. Les formalités de l'affranchissement. Il devait son affranchissement à la bonté de son maître.
Il signifie encore Délivrance de la tyrannie, cessation d'un pouvoir oppressif. L'affranchissement d'un peuple. Ils célèbrent l'anniversaire de leur affranchissement.
Il signifie aussi Exemption, décharge soit d'un impôt, soit de quelque droit onéreux. L'affranchissement d'une terre, d'un port. Lettres affranchissement.
L'affranchissement d'une lettre, d'un paquet, Le fait d'en payer le port par l'apposition d'un timbre mobile ou d'un cachet.
AFFRES
n. f.
pl. Grand effroi. Les affres de la mort.
AFFRÈTEMENT
n. m.
T. de Marine
. Action d'affréter.
AFFRÉTER
v. tr.
T. de Marine
. Prendre un bâtiment à louage, en totalité ou en partie. Affréter un navire à tant par tonneau, par mois ou par voyage.
AFFRÉTEUR
n. m.
T. de Marine
. Celui qui affrète.
AFFREUSEMENT
adv.
D'une manière affreuse. Il criait affreusement. Il est affreusement laid.
AFFREUX, EUSE
adj.
Qui cause ou qui est propre à causer de la frayeur, de l'effroi. Un spectacle affreux. Une affreuse nouvelle. Jeter des cris affreux.
Il se dit quelquefois avec exagération d'une Personne d'une grande laideur ou d'une Chose très désagréable. Un affreux nabot. Nous avons suivi des chemins affreux. Il fait un temps affreux.
C'est un homme affreux, se dit, non seulement d'un Homme extrêmement laid, mais encore au figuré d'un Homme fort dépravé, capable des actions les plus noires, les plus viles.
Il se dit souvent au sens moral. Leur sort est affreux. C'est affreux à voir. C'est affreux à dire. C'est une ingratitude affreuse, une affreuse calomnie. Il est affreux de calomnier cet homme. Il était dans une affreuse misère.
AFFRIANDER
v. tr.
Rendre friand. Vous l'avez affriandé par la bonne chère que vous lui avez faite.
Il signifie aussi Attirer par quelque chose d'agréable au goût. On affriande les poissons, les oiseaux avec de l'appât.
Figurément et familièrement, il signifie Attirer par quelque chose d'utile, de profitable. Le gain l'avait affriandé.
AFFRIOLANT, ANTE
adj.
Qui affriole. Minois affriolant. Promesse affriolante.
AFFRIOLER
v. tr.
Attirer par quelque chose d'appétissant. Ce mets est succulent : il vous affriole.
Il signifie au figuré Engager, séduire, mettre en joie. La pensée de faire un voyage l'affriolait.
Il est familier dans les deux sens.
AFFRONT
n. m.
Outrage fait en face, soit en paroles, soit en action. Cruel affront. Sanglant affront. Sensible affront. Affront public, éclatant, signalé. On lui fait un affront. Il a reçu un grand affront. Endurer un affront. Venger un affront.
Essuyer un affront, Recevoir un affront. Boire un affront, avaler un affront, dévorer un affront, Ne pas laisser paraître les sentiments qu'on éprouve en recevant un affront. Ne pouvoir digérer un affront, Avoir toujours sur le coeur un affront qu'on a reçu. Il ne saurait digérer cet affront.
Il signifie aussi Honte, déshonneur. Il fait affront à ses parents. Vous pouvez répondre hardiment de lui, il est honnête homme, il ne vous fera point affront. Les armes de ce prince reçurent un affront devant cette place. Si vous entreprenez cette affaire, l'affront vous en demeurera, vous en restera. Il vieillit.
AFFRONTER
v. tr.
Attaquer de front avec hardiesse, avec intrépidité. Affronter les ennemis jusque dans leur camp.
Fig., Affronter la mort, les hasards, les périls, les dangers, etc., S'exposer hardiment à la mort, aux périls, aux dangers, etc.
S'AFFRONTER se dit de deux ou plusieurs personnes en lutte ou de deux théories qui entrent en compétition.
AFFRONTÉ, en termes de Numismatique, se dit des Têtes humaines ou des représentations d'animaux disposées de telle sorte que les figures se trouvent placées front à front, se regardent. Beaucoup de médailles du temps des empereurs romains présentent des têtes affrontées.
En termes de Blason, il se dit de Deux animaux qui se regardent. Deux lions affrontés.
AFFRONTEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui affronte par des insultes, des tromperies. C'est un affronteur, une affronteuse. Je hais les affronteurs. Il a vieilli.
AFFUBLEMENT
n. m.
Ajustement singulier.
AFFUBLER
v. tr.
Couvrir d'un affublement. On l'affubla d'un long crêpe, d'une longue robe. S'affubler d'un manteau extraordinaire. Elle s'affubla d'une longue mante.
Fig. et fam., Être affublé de ridicules, Être couvert de ridicules.
AFFÛT
n. m.
Machine de bois ou de métal servant à supporter ou à transporter une pièce d'artillerie. Il y a des affûts non mobiles, des affûts roulants, des affûts glissants. Affût de canon. Affût de campagne. Affût de place. Affût de batterie de côte. Mettre une pièce de canon sur son affût.
AFFÛT, en termes de Chasse, signifie l'Endroit où l'on se poste pour attendre le gibier à la sortie du bois ou à la rentrée. Tirer un lièvre à l'affût. Attendre un loup, un sanglier à l'affût. Sortir de son affût. Choisir un bon affût.
Prov. et fig., Être à l'affût de quelque chose, ou absolument Être à l'affût, Épier l'occasion de faire quelque chose, être aux aguets. Il y a longtemps que je suis à l'affût de cette place, que je suis ici à l'affût. Il est toujours à l'affût des nouvelles.
AFFÛTAGE
n. m.
T. d'Arts
. Action d'affûter.
Il se dit aussi d'un Assortiment de tous les outils nécessaires à un ouvrier.
Il se disait autrefois de l'Action d'affûter un canon.
AFFÛTER
v. tr.
T. d'Arts
. Aiguiser un outil pour le rendre plus perçant ou plus coupant. Affûter son ciseau, son burin.
Affûter un crayon, En refaire la pointe.
On disait autrefois AFFÛTER, pour Disposer le canon afin de le tirer. On dit maintenant Mettre une pièce en batterie.
AFFÛTIAU
n. m.
Objets de toilette, de parure, sans valeur. Il est populaire et il a vieilli.
AFIN
Mot invariable qui forme avec de une locution prépositive et avec que une locution conjonctive servant à marquer la Fin pour laquelle on fait quelque chose. Afin de pouvoir dire que je n'ai rien à me reprocher. Afin d'obtenir cette grâce. Afin que vous le sachiez, que vous ne l'ignoriez pas. Ce livre est toujours sur le bureau, afin qu'on puisse le consulter.
AFRICANISME
n. m.
Idiotisme propre à un écrivain latin originaire d'Afrique. Les africanismes de saint Augustin.
AGACANT, ANTE
adj.
Qui agace. Des regards, des propos agaçants. Des manières agaçantes. Une fille agaçante.
AGACE
n. f.
Oiseau qu'on nomme plus communément Pie. Quelques-uns écrivent AGASSE.
AGACEMENT
n. m.
Action d'agacer. Agacement des dents. Agacement des nerfs. L'agacement qu'on éprouve à entendre des sottises.
AGACER
v. tr.
Affecter d'une irritation nerveuse. Le verjus agace les dents. Ce vent, ce bruit agace les nerfs.
Figurément il signifie Exciter, provoquer; quelquefois impatienter. Il l'agace toujours. Si vous l'agacez, il se fâchera. Agacer un enfant. Agacer un chien.
Il signifie encore figurément Chercher à plaire par des regards, par des manières attrayantes. C'est une coquette qui agace tout le monde.
AGACERIE
n. f.
Manières, paroles par lesquelles on cherche à attirer l'attention de quelqu'un. Il s'emploie surtout en parlant des femmes. Il est aisé de voir qu'elle a des intentions sur lui : elle lui fait des agaceries continuelles.
AGAME
adj. des deux genres
. T. de Botanique
. Il se dit de Certaines plantes auxquelles on ne connaît point d'organes sexuels, telles que les champignons et les algues. Plantes agames.
AGAMI
n. m.
T. de Zoologie
. Oiseau de l'Amérique méridionale, de la classe des Gallinacés, qui est très facile à apprivoiser. Les agamis sont aussi fidèles à leur maître que les chiens.
AGAPES
n. f.
pl. Repas que les premiers chrétiens faisaient en commun dans les églises. Les agapes des anciens chrétiens.
Par extension, il se dit familièrement de Repas que font entre eux des amis ou des gens associés pour un dessein commun. Agapes fraternelles. De somptueuses agapes.
AGAPÈTES
n. m. et f. pl.
Dans la primitive Église, Clercs qui habitaient des communautés de femmes, et Femmes qui vivaient dans la maison d'un prêtre.
AGARIC
n. m.
T. de Botanique
. Genre de champignons qui comprend un grand nombre d'espèces, dont le caractère principal est d'avoir le dessous du chapeau garni de lames. Plusieurs espèces d'agarics sont comestibles, d'autres au contraire sont très nuisibles. Les champignons de couche, les oronges, les mousserons sont des agarics.
On nomme abusivement Agaric de chêne une Espèce de bolet très coriace qui croît sur les vieilles souches et dont on fait l'amadou.
AGASSE
n. f.
Voyez AGACE.
AGATE
n. f.
Variété de quartz qui prend parfaitement le poli et varie pour les couleurs. Les agates orientales sont les plus estimées.
Agates arborisées, ou herborisées, Celles dans lesquelles on remarque des accidents rappelant l'aspect des arbrisseaux, des buissons ou des rameaux.
Il se dit aussi de Toute sorte d'ouvrages d'agate. Un beau cabinet d'agates. La plus belle agate connue est celle du cabinet des Antiques à la Bibliothèque Nationale de Paris : elle représente la glorification de Germanicus et elle a 32 centimètres de hauteur.
Il se dit encore d'un Instrument dans lequel est enchâssée une agate et qui sert à brunir l'or.
AGAVÉ
n. m.
T. de Botanique
. Arbre de la famille des Ananas, originaire d'Amérique et dont les feuilles contiennent un fil duquel on fait des cordes et de la grosse toile. L'agavé sert à former des haies impénétrables.
ÂGE
n. m.
Durée ordinaire de la vie. L'âge de l'homme ne passe pas communément quatre- vingts ans. L'âge des chevaux n'est guère que de trente ans.
Il n'a pas duré âge d'homme, Il n'a pas atteint la durée commune de la vie. Les anciens ont dit que la corneille vit trois âges d'homme. Âge d'homme signifie aussi Âge viril. Quand cet enfant sera parvenu à l'âge d'homme.
ÂGE se dit aussi de Tous les différents degrés de la vie de l'homme. Bas âge. Âge tendre. Jeune âge. Âge de raison. Âge nubile. Âge viril. Âge mûr. Entre deux âges. Âge avancé. Grand âge. Âge caduc. Âge décrépit. À la fleur de l'âge. Sur le déclin, sur le penchant, sur le retour de l'âge. Avoir atteint certain âge, un certain âge. Une femme hors d'âge d'avoir des enfants. La vigueur de l'âge. Chaque âge a ses plaisirs.
Les quatre âges de la vie, L'enfance, la jeunesse, l'âge mûr, la vieillesse.
Le bel âge, l'âge des plaisirs, La jeunesse.
C'est un bel âge, se dit d'un Âge très avancé; et, C'est le bel âge pour faire telle chose, se dit de l'Âge qui est propre, qui convient à cette chose.
Âge critique, Âge où une modification importante se produit dans le tempérament. Il se dit spécialement en parlant des Femmes.
Être d'âge à, Avoir un âge qui permet de. Il est d'âge à juger ce qui lui convient. Cet enfant est d'âge à comprendre ce qu'on lui dit. Je ne suis plus d'âge à profiter de ces conseils. Elle est d'âge encore à se remarier.
ÂGE signifie souvent le Temps qu'il y a qu'on est en vie. Il est de mon âge. Nous sommes du même âge, de même âge. Quel âge avez-vous? À l'âge de trente ans. À notre âge. Cet enfant est fort avancé pour son âge.
Il ne paraît pas son âge, Il ne paraît pas avoir l'âge qu'il a en effet. Sa figure n'a pas d'âge, Elle n'indique point l'âge qu'il a.
ÂGE se dit particulièrement de l'Âge requis par les lois, pour certains actes, pour certaines fonctions de la société civile. Elle ne peut se marier, parce qu'elle n'est pas en âge, Parce qu'elle n'est pas nubile. Il n'est pas en âge, il n'a pas encore l'âge, il n'a pas atteint l'âge, Il ne peut disposer de son bien parce qu'il n'est pas majeur.
Dispense d'âge, Autorisation de prendre un engagement, de passer un examen, etc., avant l'âge prescrit par la loi. Bénéfice de l'âge, Supériorité que donne à quelqu'un sur ses concurrents son âge plus avancé. Il l'a emporté au bénéfice de l'âge.
Président d'âge, Celui qui, au moment où une assemblée se forme, la préside parce qu'il est le plus âgé.
ÂGE signifie aussi Avancement dans la vie, progrès de la vie. On se corrige avec l'âge. La raison vient avec l'âge. L'âge a calmé ses passions.
Il signifie également Vieillesse, âge fort avancé. C'est un homme d'âge. Les effets, le poids de l'âge. L'âge ralentit ses pas.
Être d'un certain âge, N'être plus jeune; et Être entre deux âges, N'être ni jeune ni vieux.
ÂGE, dans la signification du Temps et du cours de la vie, se dit aussi en parlant des Animaux. Quel âge a ce chien? Quel âge a ce cheval?
Ce cheval est hors d'âge, Il n'a plus les marques par lesquelles on connaît l'âge des chevaux. Ce cheval est de bon âge, Il est dans sa force, il n'est ni trop jeune ni trop vieux.
ÂGE se dit également des Années d'un arbre, d'une plante, de l'espace de temps qui s'est écoulé depuis qu'un bois a été coupé. On connaît l'âge d'un arbre au nombre des cercles concentriques que présente sa tige coupée transversalement. Quel est l'âge de ce bois, de ce taillis?
En termes d'Astronomie, L'âge de la lune, Le temps qui s'est écoulé depuis que la lune est renouvelée. Par l'épacte on connaît l'âge de la lune.
ÂGE se dit aussi du Temps auquel les choses dont on parle sont ou ont été et, en ce sens, il ne s'emploie qu'avec un adjectif possessif. Les merveilles de notre âge. Il fut l'ornement de son âge.
ÂGE, en termes de Chronologie, signifie un Certain nombre de siècles. La durée du monde est divisée en plusieurs âges. Le premier âge du monde est depuis la création jusqu'au déluge, et le second depuis le déluge jusqu'à la vocation d'Abraham. Les différents âges de la monarchie.
L'âge du monde, La durée du monde, le temps qui s'est écoulé depuis que le monde est créé. Le déluge arriva en telle année de l'âge du monde.
Moyen âge, Le temps qui s'est écoulé depuis la chute de l'Empire romain d'Occident, en 476, jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet II en 1453. L'histoire du moyen âge. Les écrivains du moyen âge.
En termes de Géologie, on appelle Âge de pierre, l'Époque de la vie d'une race où elle n'a pour instruments de travail et de guerre que des pierres ou des silex façonnés; Âge de bronze, Celle où elle possède des instruments de bronze; Âge de fer, Celle où elle sait forger le fer pour fabriquer des instruments de travail et de guerre.
Dans la langue poétique, Les quatre âges du monde, Quatre différents espaces de temps dont le premier est appelé L'âge d'or, le second L'Âge d'argent, le troisième L'âge d'airain, et le quatrième L'âge de fer; pour exprimer les États successifs par lesquels on supposait que le genre humain avait passé, depuis l'innocence, la paix, le bonheur, caractères de l'âge d'or, jusqu'à l'injustice, la violence et la misère, caractères de l'âge de fer.
Fig., L'âge d'or, Un temps heureux; et, L'âge de fer, Un temps dur, un temps de guerres, de calamités, de crimes.
D'ÂGE EN ÂGE,loc. adv.
Successivement, de siècle en siècle, de génération en génération. Ces faits nous ont été transmis d'âge en âge. Son nom ira d'âge en âge à la dernière postérité.
ÂGÉE
adj.
Qui a un certain âge. Un homme âgé de trente ans. Une fille âgée de vingt ans. Il n'est pas aussi âgé que vous. Elle est plus âgée que lui. C'est un homme fort âgé.
Employé absolument, il signifie Qui a beaucoup d'âge. Il y a longtemps que je le connais, il est âgé. C'est une femme déjà âgée.
AGENCE
n. f.
Administration dirigée par un ou plusieurs agents. Agence générale. Agence d'affaires, de travaux. Agence de location. S'adresser à une agence de renseignements. Agence de transports, de navigation.
Il se dit aussi de l'Endroit où se trouvent les bâtiments affectés à cette administration. Se rendre à l'agence. Il a son agence rue de Richelieu.
AGENCEMENT
n. m.
Action d'agencer ou Résultat de cette action. L'agencement de cette chambre. L'agencement des os est une chose admirable. L'agencement des mots. L'agencement d'une pièce de théâtre. L'agencement fait valoir les petites choses. Les agencements de ce local, de cet appartement sont bien entendus.
AGENCER
v. tr.
Disposer convenablement plusieurs choses ou les parties d'une même chose. Il s'entend à agencer de petites choses. Il avait assez bien agencé, assez mal agencé tout cela. Cet auteur agence mal ses phrases. Cette pièce de théâtre est bien agencée.
Il signifie particulièrement, en termes de Beaux-Arts, Arranger et combiner les groupes d'une composition, les figures d'un même groupe, ou les parties d'une même figure; ajuster les draperies, disposer les accessoires, et en général tous les objets qui entrent dans la composition. Ce peintre agence bien ses figures.
En termes d'Architecture, il se dit spécialement, en parlant des distributions qui satisfont aux divers services, de l'Heureuse combinaison de certaines parties de la construction avec les ornements.
Il se dit, en termes de Musique, de la Disposition des parties vocales ou instrumentales. Dans ce travail d'orchestre, les parties sont bien agencées, sont mal agencées. Dans ce morceau les voix sont bien agencées.
Le participe passé AGENCÉ, ÉE, se dit familièrement des Personnes et signifie Paré. Il nous semble très mal agencé.
AGENDA
(GEN se prononce GIN.)n. m.
Mot emprunté du latin. Choses à faire. Il désigne un Livret sur lequel on note les choses qu'on se propose de faire. Acheter un agenda, des agendas. Un agenda élégamment relié. Mettez cela, écrivez cela sur votre agenda.
AGENOUILLEMENT
n. m.
Action de s'agenouiller.
AGENOUILLER (S')
v. pron.
Se mettre à genoux. S'agenouiller à l'église. Elle s'est agenouillée devant l'autel. Les chameaux et les éléphants s'agenouillent. Avec ellipse du pronom. On fit agenouiller tout le monde. Il était agenouillé. La foule agenouillée.
AGENOUILLOIR
n. m.
Petit escabeau sur lequel on s'agenouille. L'agenouilloir d'un prie- Dieu.
AGENT
n. m.
Celui qui fait les affaires d'autrui, qui est chargé d'une fonction, d'une mission, soit par un gouvernement ou par une administration, soit par un ou plusieurs particuliers. Ce ministre sut animer d'un même esprit tous les agents du gouvernement. Agents politiques ou diplomatiques. Agents commerciaux. Agents forestiers. Les agents de l'administration des domaines. Agent comptable. Agent d'assurances. Agents de police. Agent secret. Ces hommes si riches sont souvent trompés, volés par leurs agents. Pour faire prospérer cette entreprise, choisissez des agents laborieux, intelligents, intègres. Vous aurez dans cette femme un très bon agent. Agent d'intrigues. Lorsque ce mot est pris en mauvaise part, on lui donne quelquefois un féminin. Elle est leur agente. Je découvris que, dans cette intrigue, elle était la principale agente.
Agents du clergé se disait autrefois de Deux ecclésiastiques du second ordre choisis, pour avoir soin des affaires du clergé, par les deux provinces ecclésiastiques qui étaient en droit de les nommer. Les deux agents du clergé. Le clergé fut averti par ses agents.
Agent de change, Officier public par l'intermédiaire duquel doit s'opérer la négociation des valeurs de Bourse. Une charge d'agent de change. Syndic des agents de change.
Agent d'affaires, Celui qui se charge, moyennant une rétribution, de diriger et de suivre les affaires d'intérêt des particuliers qui veulent les lui confier. Le bureau d'un agent d'affaires.
AGENT, en termes de Philosophie, se dit de Tout ce qui agit, de tout ce qui opère. Agent naturel. Agent surnaturel. Le feu est le plus puissant de tous les agents naturels. Agent chimique.
Il s'emploie aussi par opposition à Patient. L'agent et le patient, La cause qui opère et le sujet sur lequel elle opère.
AGGLOMÉRAT
n. m.
T. de Minéralogie
. Masse de substances minérales agglomérées.
AGGLOMÉRATION
n. f.
Action d'agglomérer ou Résultat de cette action. L'agglomération des sables, des neiges. Une grande agglomération d'hommes sur un territoire peu étendu. L'agglomération lyonnaise.
AGGLOMÉRÉ
n. m.
Briquette de charbon formée par du poussier de houille, comprimé à chaud dans un moule, après addition d'une substance agglutinante goudronneuse.
AGGLOMÉRER
v. tr.
Masser en un tout compact. La richesse du sol agglomère les hommes dans un pays. Agglomérer diverses industries dans une même ville. Les sables se sont agglomérés de manière à former des masses solides.
AGGLUTINANT, ANTE
adj.
Qui agglutine. Il se disait autrefois des Remèdes que l'on croyait propres à réunir et à maintenir accolées les lèvres des plaies, à les agglutiner. Un remède agglutinant. Des substances agglutinantes. Il se dit aujourd'hui des Substances emplastiques qui adhèrent fortement à la peau. Dans ce sens on dit mieux Agglutinatif.
Il est aussi nom masculin. La guimauve est un agglutinant.
En termes de Linguistique, Langues agglutinantes se dit des Langues qui emploient le procédé de l'agglutination.
AGGLUTINATIF, IVE
adj.
T. de Médecine
. Qui s'attache fortement à la peau, Emplâtres agglutinatifs. Bandelettes agglutinatives.
Il est aussi nom masculin. Un bon agglutinatif.