Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Lambris
n. m.
T. d'Arts
. Revêtement de menuiserie, de marbre, de stuc, etc., sur les murailles d'une salle, d'une chambre, etc. Ce lambris est de marbre de diverses couleurs. Ce lambris est peint en blanc, avec des moulures dorées. Lambris de stuc.
Lambris d'appui, Lambris à hauteur d'appui qui règne autour d'une pièce. Les lambris d'appui de mon salon sont de chêne.
Faux lambris, Imitation d'un lambris par le moyen de la peinture.
LAMBRIS se dit également d'un Enduit de plâtre fait au-dedans d'un grenier, d'un galetas, sur des lattes jointives clouées aux chevrons.
Il se dit aussi d'un Revêtement de menuiserie appliqué aux solives d'une salle, d'une chambre, etc., et où l'on forme quelquefois des caissons. Des lambris peints et dorés. On dit dans le même sens Lambris de plafond.
Par extension et poétiquement, De vastes lambris, des lambris dorés, de riches lambris, etc., s'est dit de la Décoration intérieure d'une maison vaste et magnifique. Le bonheur se trouve rarement sous les lambris dorés.
Fig. et poétiquement, Le céleste ou les célestes lambris, Le ciel. Il a vieilli.
LAMBRISSAGE
n. m.
Action de lambrisser ou Résultat de cette action. Le lambrissage d'un salon, d'une chambre.
LAMBRISSER
v. tr.
Revêtir de lambris. Lambrisser de bois les murs d'une chambre à coucher, d'un cabinet. Lambrisser de marbre ou de stuc une salle à manger. Lambrisser de plâtré un galetas. Faire lambrisser un plafond.
Chambre lambrissée se dit particulièrement d'une Chambre sous le toit, dont l'intérieur est revêtu d'un enduit de plâtre.
LAMBRUCHE ou LAMBRUSQUE
n. f.
Vigne sauvage qui croît dans les buissons et les bois.
LAMÉ, ÉE
adj.
Qui est enrichi de lames d'or ou d'argent, en parlant de Certaines étoffes. Étoffe lamée, lamée d'or, lamée d'argent. Elle portait ce jour-là une robe lamée d'or. Gilet lamé. Substantivement, Du lamé.
LAME
n. f.
Morceau de métal plat de peu d'épaisseur, et ordinairement plus long que large. Lame de cuivre, d'étain, de plomb, d'argent, d'or. Une inscription, une épitaphe gravée sur une lame de cuivre.
Il se dit aussi, surtout au pluriel, de l'Or ou de l'argent trait, battu, ou aplati entre deux cylindres, qu'on fait entrer dans la fabrication de certaines étoffes, de certaines broderies, de certains galons pour les rendre plus riches et plus brillants. Voyez LAMÉ.
Il se dit encore, par analogie, en termes d'Histoire naturelle, des Parties minces et plates, des espèces de feuillets qui garnissent ou composent certains végétaux ou minéraux. Les lames qui garnissent le chapeau des agarics. Une pierre qui peut aisément se partager en lames.
En termes de Menuiserie, Lames de persienne, Les planchettes de bois minces assemblées dans les montants d'une persienne. Lames de jalousie, Planchettes qui composent une jalousie.
LAME se dit également du Fer d'armes et de toutes sortes d'instruments propres à couper, tailler, trancher, raser, gratter, etc. Lame de sabre, de couteau de chasse, de poignard, de baïonnette, de fleuret. Lame de couteau, de canif, de rasoir. Couteau à deux lames. Lame ébréchée, dentelée, épointée. Lame à deux tranchants. Lame de bonne trempe.
Fig. et fam., C'est une bonne lame, se dit de Celui qui manie bien l'épée; et, C'est une fine lame, d'une Personne fine et rusée.
Prov. et fig., La lame use le fourreau, se dit des Personnes chez qui l'excessive activité de l'esprit nuit à la santé du corps.
Fig. et fam., Figure en lame de couteau, Profil long et mince.
Il désigne, par analogie, en termes de Marine, une Vague de la mer qui s'étend en nappe. Il vint une lame qui balaya le pont. Lame longue. Lame courte. Lame de fond.
LAMELLAIRE
(On prononce les deux L.) adj. des deux genres . Dont la structure se compose de petites lames. Corps lamellaire.
LAMELLÉ, ÉE
(On prononce les deux L.) adj.
T. d'Histoire naturelle
. Qui est garni de lames ou feuillets. Le chapeau de certains champignons est lamellé en dessous.
LAMELLE
n. f.
Petite lame. Lamelles d'or. Lamelles de mica.
LAMELLEUX, EUSE
(On prononce les deux L.)adj.
Qui se laisse diviser en lamelles, en feuilles. Le talc est lamelleux. L'ardoise est une pierre lamelleuse.
LAMENTABLE
adj. des deux genres
. Qui est déplorable, à propos de quoi on se lamente ou on aurait sujet de se lamenter. Une mort lamentable. Un accident lamentable. Un sort lamentable.
Il signifie aussi plus simplement Qui inspire la pitié. Il est dans un état lamentable.
Il signifie aussi, par extension, Qui est très médiocre. Un discours, une attitude lamentable.
Il signifie encore Qui tient de la lamentation. Un accent, un ton de voix lamentable. Des cris lamentables.
LAMENTABLEMENT
adv.
D'une manière lamentable. Il raconta lamentablement son histoire. Cette opération a lamentablement échoué.
LAMENTATION
n. f.
Plainte accompagnée de gémissements et de cris. On n'entendit que lamentations.
Souvent il signifie seulement Expression de douleur et de regret. Sa visite fut une longue lamentation. Se répandre en lamentations.
Les Lamentations de Jérémie, Sorte de poème que ce prophète a fait sur la ruine de Jérusalem. On chante à Ténèbres les Lamentations de Jérémie.
LAMENTER (SE)
v. pron.
Manifester sa douleur, ses regrets avec plaintes et gémissements. Vous vous lamentez en vain. Il se lamente sans cesse sur la perte de son emploi.
Très rarement, il s'emploie sans le pronom personnel. Vous avez beau pleurer et lamenter. Le crocodile lamente.
LAMIE
n. f.
T. de Mythologie
. Être fabuleux qui passait pour dévorer les enfants et qu'on représentait ordinairement avec une tête de femme et un corps de serpent.
En termes de Zoologie, il se dit d'un Poisson de la famille des Sélaciens, d'une grandeur et d'un poids considérables.
LAMINAGE
n. m.
T. d'Arts
. Action de laminer.
LAMINER
v. tr.
T. d'Arts
. Réduire un métal en lame, en lui donnant une épaisseur uniforme par une compression toujours égale au moyen d'un laminoir. Laminer du plomb, du fer.
LAMINERIE
n. f.
T. d'Arts
. Atelier dans lequel on lamine.
LAMINEUR
n. m.
T. d'Arts
. Ouvrier qui lamine les métaux.
LAMINOIR
n. m.
T. d'Arts
. Machine composée de deux cylindres d'acier, entre lesquels on fait passer des lames de métal, pour en réduire plus ou moins l'épaisseur, suivant qu'on rapproche plus ou moins les cylindres. Métal passé au laminoir, par le laminoir.
LAMPADAIRE
n. m.
T. d'Histoire ancienne
. Officier qui portait des flambeaux pendant la messe devant l'empereur, l'impératrice d'Orient.
LAMPADAIRE
n. m.
Sorte de lustre ou de candélabre propre à soutenir des lampes. Les lampadaires sont ordinairement de bronze.
Il se dit aussi d'une Sorte de pied, se posant à terre, pour soutenir une lampe.
LAMPADISTE
n. m.
T. d'Antiquité grecque
. Celui qui disputait le prix à la course des flambeaux. On dit aussi LAMPADOPHORE.
LAMPADOPHORE
n. m.
T. d'Antiquité grecque
. Celui qui portait les lumières dans les cérémonies religieuses.
Il se disait aussi de Celui qui donnait le signal dans la course aux flambeaux en élevant une torche allumée.
Il se dit aussi dans le même sens que LAMPADISTE.
LAMPAS
n. m.
Étoffe de soie qui venait originairement de Chine et qui est en général à grands dessins d'une couleur différente de celle du fond. Le lampas sert surtout à l'ameublement.
LAMPAS
n. m.
T. d'Art vétérinaire
. Engorgement ou allongement de la membrane qui tapisse le palais du cheval près des dents incisives.
LAMPE
n. f.
Ustensile qui sert à l'éclairage. Il se dit proprement d'un Appareil à réservoir, rempli d'un liquide combustible et muni d'une mèche et d'un verre. Lampe à huile. Lampe à pétrole. Lampe à essence.
Fig. et fam., Il n'y a plus d'huile dans la lampe, se dit d'une Personne qui se meurt d'épuisement, dont les forces naturelles s'éteignent.
Lampe d'autel, Récipient garni d'huile et d'une mèche qui brûle jour et nuit dans les églises devant le Saint Sacrement.
Lampe de mineur ou de sûreté, Lampe spécialement disposée pour éviter, à l'aide d'une toile métallique, l'inflammation du grisou.
Lampe d'émailleur, Lampe munie d'un chalumeau qui rend la flamme plus intense pour émailler ou pour travailler le verre.
Il se dit, par analogie, d'un Appareil fixe ou mobile muni d'une ou de plusieurs ampoules électriques.
Lampe électrique se dit encore spécialement d'une Petite boîte portative munie d'une pile et d'une ampoule.
Lampe à arc, Appareil électrique où la lumière jaillit entre deux charbons.
LAMPÉE
n. f.
Grande quantité de boisson qu'on ingurgite d'un coup. Il est populaire.
LAMPER
v. tr.
Boire d'un trait une grande quantité de liquide. En un instant il eut lampé cinq ou six verres de vin. Il est populaire.
LAMPERON
n. m.
Vase de verre contenant l'huile et la mèche d'une lampe d'église.
Il se dit aussi du Petit tuyau ou languette qui tient la mèche dans une lampe.
LAMPION
n. m.
Petit récipient de terre, de fer-blanc ou de verre, dans lequel on met du suif, de l'huile ou de l'essence avec une mèche, pour faire des illuminations.
LAMPION désigne aussi une Coiffure tricorne portée dans les chasses à courre.
LAMPISTE
n. m.
Ouvrier qui fait des lampes à réservoir.
Il se dit aussi de Celui qui les entretient.
LAMPISTERIE
n. f.
Atelier où l'on serre, entretient et répare les lampes à réservoir.
LAMPRILLON ou LAMPROYON
n. m.
Sorte de petite lamproie.
LAMPROIE
n. f.
Poisson de mer de forme cylindrique et allongée qui, au printemps, remonte les fleuves et les rivières.
LAMPROYON
n. m.
Voyez LAMPRILLON.
LAMPYRE
n. m.
Insecte dont la femelle est sans ailes et rend un éclat phosphorescent. On l'appelle communément Ver luisant. Dans les climats chauds, les mâles et les femelles sont phosphorescents.
LANCE-BALLES
n. m.
Dispositif muni d'un ressort, qui sert aux enfants à lancer des balles.
LANCE-BOMBES
n. m.
Canon de tranchée lançant des bombes.
LANCE-FUSÉES
n. m.
Dispositif qui sert à lancer des fusées.
LANCE-TORPILLES
n. m.
Canon de tranchée lançant des torpilles.
LANCE
n. f.
Arme à long bois, terminée par un fer pointu et qui, au moyen âge, était fort grosse vers la poignée. La poignée, le tronçon de la lance. Le bois, le fer de la lance. Lance de combat, de joute, de tournoi. Coucher, baisser la lance. Il rompit trois lances pour les dames. Il l'abattit d'un coup de lance. Les champions brisèrent leurs lances. Les lances volèrent en éclats. Ils venaient, l'un contre l'autre, lances baissées ou à lances baissées. Lance en arrêt.
Fig. et fam., Rompre une lance, rompre des lances pour quelqu'un, Le défendre contre ceux qui l'attaquent. On dit dans un sens différent Rompre une lance avec quelqu'un, contre quelqu'un, Disputer avec lui.
LANCE se prenait autrefois pour Un homme d'armes armé d'une lance. Une compagnie de cent lances.
Il se dit aujourd'hui d'une Longue pique dont certains corps de cavalerie en France ou à l'étranger sont armés. Lance de dragons. Lance de touaregs.
Par analogie, LANCE désigne Toutes sortes d'objets qui en rappellent la forme : un long Bâton garni d'un tampon, pour jouter sur l'eau; une Fusée emmanchée qui sert à mettre le feu à une pièce d'artillerie ou d'artifice. Lance à feu, Tube métallique adapté à l'extrémité d'un tuyau de pompe et servant à diriger le jet d'eau. Lance des pompiers. Lance d'arrosage.
LANCEMENT
n. m.
Action de lancer. En termes de Marine, Lancement d'un bateau.
Dans le langage commercial, il se dit quelquefois de la Recommandation, par la publicité, d'une entreprise commerciale, industrielle ou artistique. Le lancement d'une pièce de théâtre.
LANCÉOLÉ, ÉE
adj.
T. de Botanique
. Qui a la forme d'un fer de lance. Feuilles lancéolées.
LANCÉOLE
n. f.
T. de Botanique
. Organe de la plante qui a la forme d'un fer de lance.
LANCER
v. tr.
Jeter en avant avec force, avec raideur, pour atteindre au loin. Lancer un trait, un dard, un javelot. Lancer une pierre, des pierres, une grêle de pierres, de traits, etc. Lancer une balle contre un mur. Les balistes, les catapultes servaient à lancer de grosses pierres. Par extension, Lancer un cerf-volant, Le faire s'élever et se maintenir dans les airs. Fig., Lancer un regard de colère. Lancer des oeillades. Lancer des traits de raillerie. Lancer une épigramme, des épigrammes contre quelqu'un. Ils se sont lancé mille traits des plus piquants. Lancer un monitoire, une bulle, un interdit, un mandement, un anathème. On lança contre lui un mandat d'amener. Lancer une brochure, une satire, un pamphlet contre quelqu'un.
En termes de Chasse, Lancer la bête, le cerf, le sanglier, etc., Les faire sortir de l'endroit où ils sont pour leur donner les chiens. Dans ce sens LANCER s'emploie substantivement pour désigner le Moment où l'on contraint la bête à sortir de sa retraite. Être présent au lancer du sanglier.
En termes de Marine, Lancer un vaisseau à la mer, dans un fleuve, etc., Le faire descendre du chantier à la mer, dans un fleuve, en le laissant glisser sur un plan incliné. Intransitivement, Ce vaisseau lance bâbord, lance tribord, se dit d'un Vaisseau qui, se détournant accidentellement de sa route, se jette à gauche ou à droite.
En termes de Manège, Lancer un cheval, Le faire partir très vite, au galop.
Fig. et fam., Lancer quelqu'un dans le mondé, L'y pousser, l'y produire. On dit aussi absolument : On eut bien de la peine à le lancer. Enfin, le voilà lancé.
Fig. et fam., Lancer une affaire, une entreprise, La faire connaître, l'accréditer.
SE LANCER signifie Se jeter avec impétuosité, avec effort. Il se lança au travers des ennemis. Il se lança dans le bois. Il se lança le premier dans l'eau.
Fig. et fam., Se lancer dans le monde, dans la littérature, dans les affaires, Y entrer, s'y produire, s'y pousser, s'y jeter. On dit dans le même sens, mais plus familièrement, Se lancer. Malgré sa timidité il finit par se lancer.
LANCETTE
n. f.
Instrument de chirurgie servant à ouvrir une veine, à percer un abcès, etc. Donner un coup de lancette. Percer, ouvrir un abcès avec une lancette.
LANCEUR
n. m.
Celui qui lance. Il se dit surtout au sens figuré. C'est un habille lanceur d'affaires. Voyez LANCER.
LANCIER
n. m.
Cavalier qui, dans l'ancienne armée, avait pour arme une lance.
LANCINANT, ANTE
adj.
T. de Médecine
. Qui se fait sentir par élancements. Il n'est guère usité que dans cette locution, Douleur lancinante.
LANCINEMENT
n. m.
Douleur causée par des élancements.
LANCINER
v. intr.
Donner des élancements douloureux.
LANÇON
n. m.
Petit poisson effilé nommé aussi Équille.
Il se dit aussi d'un jeune Brochet.
LANDAU
n. m.
Sorte de voiture à quatre roues qui peut se fermer au moyen de deux soufflets se repliant à volonté. Des landaus.
LANDE
n. f.
Étendue de terre inculte et stérile. Ce pays n'est qu'une lande. Les landes bretonnes. Les landes de Gascogne. Défricher des landes.
LANDGRAVE
n. m.
Titre, dignité de quelques anciens princes d'Allemagne. Le landgrave de Hesse.
LANDGRAVIAT
n. m.
État, pays qui était soumis à un landgrave. Le landgraviat de Hesse.
LANDIER
n. m.
Gros chenet de fer dont on se servait dans les anciennes cuisines.
LANERET
n. m.
Oiseau de proie, le mâle du lanier.
LANGAGE
n. m.
Emploi que l'homme fait des sons et des articulations de la voix pour exprimer ses pensées et ses sentiments. On a publié de nombreux écrits sur l'origine du langage.
Il désigne plus particulièrement la Manière de s'exprimer, soit par rapport aux mots qu'on emploie, soit par rapport au sens. Langage figuré, allégorique, mystique, poétique, orné, affecté, fleuri, pompeux. Langage obscur, incorrect. Poème écrit en beau langage, en vieux langage. La pureté, la correction du langage. Vous me tenez là un étrange langage. Je n'entends point ce langage. Le langage de la passion. Composer son langage.
Il se dit, par extension, des Cris, du chant, etc., dont les animaux se servent pour se faire entendre. Les oiseaux ont une sorte de langage. Le langage des bêtes.
Il se dit encore, figurément, de Tout ce qui sert à exprimer des idées et des sensations. Langage du geste, des yeux. Le langage symbolique des fleurs. La pantomime est un langage muet. Le langage des signes. On a composé, pour les sourds-muets, un langage au moyen de divers mouvements de la main et des doigts.
LANGE
n. m.
Morceau d'étoffe de laine ou de coton dont on enveloppe les enfants au berceau. Un lange de molleton, de piqué. Cet enfant est trop serré dans ses langes.
LANGOUREUSEMENT
adv.
D'une manière langoureuse. Regarder langoureusement.
LANGOUREUX, EUSE
adj.
Qui est en langueur. Il a été longtemps malade, il est encore tout langoureux. Il est peu usité en ce sens.
Par dérision, Faire le langoureux auprès d'une femme, Lui faire la cour d'une manière doucereuse et fade.
Il signifie aussi plus ordinairement Qui marque de la langueur. Un air, un ton, un regard langoureux. Des vers langoureux.
LANGOUSTE
n. f.
Crustacé décapode, qui vit dans la mer et qui, à la différence du homard, n'a pas de pinces et est pourvu de longues antennes.
LANGOUSTIER
adj. m.
Qui sert à la pêche de la langouste. Bateau langoustier.
LANGOUSTINE
n. f.
Petite langouste.
LANGUE
n. f.
Organe musculaire charnu et mobile, revêtu d'une membrane muqueuse, placé dans la bouche et qui est le principal instrument de la parole et l'organe du goût. La langue d'un homme, d'un oiseau, d'un cheval, d'un poisson. La pointe ou le bout, le dessus, le dessous de la langue. Le filet ou le frein de la langue. Langue épaisse, mince, déliée, pointue. Avoir la langue sèche, rude, chargée, pâteuse, noire et enflée. Remuer, tirer, montrer la langue. Les chiens lèchent et guérissent leurs plaies avec la langue. Les serpents dardent leur langue. Des langues de mouton, de boeuf, de porc. Accommoder des langues en ragoût. Un ragoût de langues. Langues fumées, fourrées, farcies.
Tractions de la langue, Tractions faites pour ranimer un blessé, un asphyxié.
Avoir la langue mauvaise, Avoir une langue blanchâtre, dénotant un mauvais état général.
En termes de Musique instrumentale, Coup de langue. Voyez COUP.
En termes de Chasse et de Manège, Donner de la langue, Appeler, exciter le chien, le cheval, par un bruit qui se fait en appuyant fortement la langue contre le palais et en la retirant vivement. On dit dans un sens analogue, mais seulement en termes de Manège, Aides, appel de la langue.
Fig., Faire tirer la langue à quelqu'un, Lui faire attendre indéfiniment une chose dont il a besoin ou qu'il désire.
Fam., S'ennuyer à avaler sa langue, Éprouver un ennui excessif.
Prov. et fig., Jeter sa langue aux chiens. Voyez CHIEN.
LANGUE se dit, par analogie, de Certaines choses qui ont la forme d'une langue. Le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres en langues de feu. Langue de terre, Certain espace de terre beaucoup plus long que large, qui ne tient que par un bout aux autres terres et qui est environné d'eau sur tous les autres côtés. Il y a sur la côte de Provence plusieurs langues de terre qui s'avancent dans la mer. Il se dit aussi des Pièces de terre longues et étroites qui sont enclavées dans d'autres terres. Il y a une langue de terre labourable qui traverse la prairie. Langue-de-serpent, Plante ainsi nommée parce qu'elle a une double feuille, dont la plus petite a quelque rapport avec la langue d'un serpent.
Langue-de-chat, Petit gâteau mince et long.
LANGUE, considéré comme le nom de l'organe de la parole, entre dans un grand nombre d'expressions toutes faites et de locutions figurées. Prenez garde à votre langue, elle vous perdra. Sa langue s'est embarrassée et il a dû s'arrêter dès les premiers mots.
Fam., Avoir la langue bien pendue, Avoir une grande facilité à parler, parler beaucoup, et souvent avec excès.
Fig. et fam., Avoir la langue bien affilée, Avoir beaucoup de babil et aussi Parler avec esprit, subtilité, malice.
Avoir une grande volubilité de langue, Parler avec une grande rapidité.
Cette opération lui a dénoué la langue, Elle lui a donné plus de facilité pour parler.
Fig., Dénouer, délier la langue à quelqu'un, Faire rompre le silence à quelqu'un qui voulait le garder. La peur lui avait lié la langue, l'argent la lui a dénouée, la lui a déliée.
Fam., Il a la langue longue, il ne sait pas tenir sa langue, Il parle beaucoup, il dit tout ce qu'il sait, il ne sait pas garder un secret.
Par exclamation, Quelle langue! Quel bavard! Quelle bavarde!
Fig. et fam., Il a la langue dorée, c'est une langue dorée, se dit de Quelqu'un qui tient des discours faciles, élégants, propres à séduire, mais auxquels on ne peut pas toujours se fier.
Être maître, n'être pas maître de sa langue, Savoir, ne pas savoir se taire.
Fam., La langue lui a fourché. Voyez FOURCHER.
Fam., Avoir un mot sur la langue, sur le bout de la langue. Voyez BOUT.
Fig., C'est une fine langue, C'est une personne spirituelle. Fig., C'est une bonne langue, se dit ironiquement d'une Personne médisante.
Fig., C'est une mauvaise langue, une méchante langue, une langue dangereuse, une langue de vipère, se dit d'une Personne qui aime à médire, à déchirer la réputation d'autrui.
Fig. et fam., Coup de langue. Voyez COUP.
Fig. et fam., Se mordre la langue, S'arrêter au moment de dire ce qu'on ne doit pas ou ce qu'on ne veut pas exprimer. J'allais lui dire quelque chose de mortifiant, mais je me suis mordu la langue.
Fig. et fam., Se mordre la langue d'avoir parlé, S'en repentir. Je n'ai pas eu plutôt lâché cette parole que je m'en suis mordu la langue.
Prov., Il faut tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler, Il faut, avant de parler, mûrement réfléchir.
Prendre langue, S'informer de ce qui se passe, de l'état d'une affaire, du caractère, des dispositions de ceux avec qui l'on doit traiter. On envoya quelques gens en avant pour prendre langue. Avant de s'engager dans cette affaire, il est bon de prendre langue.
LANGUE désigne aussi l'Idiome d'une nation, d'une race. La langue grecque, la langue latine, la langue française, etc. Les langues orientales. Les langues indo-germaniques ou aryennes. Une langue abondante, riche, harmonieuse, douce, sonore, pauvre, barbare. Cette langue est fort répandue. Enrichir, polir, perfectionner, fixer, altérer, appauvrir une langue. La richesse, la beauté, la politesse d'une langue. Le génie, le caractère, les étymologies, les dialectes, la grammaire, la syntaxe, l'orthographe, la prosodie d'une langue. Étudier, apprendre, oublier une langue. Il parle plusieurs langues. L'origine, la formation, la propagation des langues. Les apôtres reçurent le don des langues. Professeur de langue grecque.
Prov., L'usage est le tyran des langues. L'usage prévaut sur les règles de la grammaire.
Fam., On ne s'entend pas, c'est la confusion des langues, se dit d'une Conversation où tout le monde parle à la fois et, par extension, d'une Discussion où l'on ne s'entend pas sur le sens des mots.
Langue primitive, Celle qu'on suppose que les hommes ont parlée la première. Les nombreuses dissertations des érudits n'ont pu nous conduire à savoir quelle était la langue primitive. Langue primitive ou originelle se dit aussi de Celle qu'on suppose ne s'être formée d'aucune autre.
Langue mère, Celle qui n'étant formée d'aucune autre langue connue a servi à en former d'autres. Et, par opposition, Langue dérivée, Celle qui est formée d'une autre.
Langue morte, Celle qu'un peuple a parlée, mais qui n'existe plus que dans les livres. Et, par opposition, Langue vivante, Celle qu'un peuple parle actuellement. On dit dans le même sens Langue ancienne, par opposition à Langue moderne.
Langue écrite se dit, chez un peuple qui a des traditions littéraires, d'un Ensemble d'emplois syntaxiques, de tournures, d'acceptions de sens, etc., hérités des bons auteurs. Elle s'oppose à Langue parlée, qui désigne l'Usage familier, plus libre et plus variable.
Langue littérale. Voyez LITTÉRAL.
Langue maternelle, Celle du pays où l'on est né. Il se dit par opposition à Langue étrangère, Celle d'un autre pays.
Langue nationale, Celle que parle généralement une nation. Il se dit aussi par opposition à Langue étrangère.
Langue sacrée, Toute langue dans laquelle sont écrits des livres qu'on dit inspirés par la Divinité.
Langue universelle, Langue qui serait commune à tous les peuples. Leibnitz a conçu le projet d'une langue universelle. Le latin, qui est su des gens instruits de tous les pays, est une espèce de langue universelle.
Jeunes de langues s'est dit de Jeunes gens que les gouvernements entretenaient pour apprendre les langues orientales en vue de servir de consuls ou d'interprètes. L'École des jeunes de langues. On dit aujourd'hui École des langues orientales.
LANGUE signifie quelquefois Langage, manière de parler, abstraction faite de l'idiome dont on se sert. La poésie est la langue des dieux. Personne n'a mieux parlé que lui la langue du sentiment, la langue de l'amour.
La langue d'une science, d'un art, L'ensemble des mots, des locutions dont on se sert plus particulièrement dans une science, dans un art. La langue des mathématiques, des beaux- arts. Langue de la philosophie. La langue philosophique.
LANGUE se dit spécialement du Vocabulaire et de la syntaxe propres à tel ou tel écrivain. La langue de Rabelais. La langue de Corneille.
LANGUETTE
n. f.
Ce qui est taillé, découpé en forme de petite langue. Tailler un morceau d'étoffe en languette.
Il se dit, par analogie, en termes d'Arts, de Ce qu'on appelle plus ordinairement l'Aiguille d'une balance; d'une Petite pièce mobile de métal, qui, en s'élevant ou s'abaissant, ouvre ou ferme les trous faits à un instrument à vent; en termes d'Orfèvrerie, d'un Petit morceau d'argent ou d'or que les orfèvres laissent en saillie à chaque pièce qu'ils fondent et qui sert à faire l'essai avant de marquer la pièce du poinçon légal; en termes de Menuiserie, de l'Espèce de tenon continu formé par le rabot sur l'épaisseur d'une planche et fait pour entrer dans une rainure; en termes de Maçonnerie, il désigne la Séparation de quelques pouces d'épaisseur, faite de pierres, de briques ou de plâtre, dans l'intérieur des souches de cheminée, dans un puits mitoyen, etc.
LANGUEUR
n. f.
État d'abattement d'une personne faible et malade. Être en langueur. Maladie de langueur. On l'employait dans ce sens au pluriel. Il ne sent point les langueurs de l'âge.
Il se dit plus ordinairement d'une Sorte d'abattement physique et moral causé par les fatigues de l'esprit, par les peines de l'âme, et principalement par celles qui viennent de l'amour. L'excès du travail l'a mis dans un état de langueur dont il a peine à sortir. La mort de sa femme l'a jeté dans une langueur d'où rien ne peut le tirer. Une secrète langueur s'est emparée de son âme. Des yeux pleins de langueur, d'une amoureuse langueur.
LANGUEYER
v. tr.
Examiner la langue d'un porc pour voir s'il est sain ou ladre. Langueyer un porc.
Il signifie aussi Garnir de languettes.
LANGUEYEUR
n. m.
Celui qui fait le métier de langueyer les porcs.
LANGUIDE
adj. des deux genres
. Qui est dans un état habituel de langueur.
LANGUIER
n. m.
Langue et gorge d'un porc quand elles sont fumées.
LANGUIR
v. intr.
Être dans un état de langueur. Il est malade, il y a trois ans qu'il languit.
Il se dit, par analogie, des Végétaux qui ne sont pas en bon état, qui poussent faiblement, qui donnent peu de fruits. Cet arbre languit, ces fleurs languissent faute d'eau.
Poétiquement, La nature languit, toutes choses languissent pendant l'hiver, La nature est alors comme engourdie.
LANGUIR se dit encore figurément des Ouvrages d'esprit qui manquent de force, de chaleur, de vivacité. Ces vers languissent. Cette pièce commence bien, mais sur la fin elle languit. On dit aussi, fréquemment, dans des sens analogues : La conversation languissait, Personne ne soutenait la conversation, on l'a laissait tomber. Les affaires languissent, On n'en fait guère. L'affaire languit, Elle traîne en longueur, on ne l'expédie point.
Il signifie aussi Souffrir de la continuité, de la durée d'un supplice, d'un châtiment, d'un besoin, d'un mal physique autre que la maladie. On le fit languir dans de cruels tourments. Languir de faim, de soif, de misère. Languir dans une prison, dans un long exil.
Il se dit, figurément, en parlant des Peines de l'esprit et de l'âme. Languir d'ennui. Languir d'amour. Languir dans l'attente.