Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Appauvrir
v. tr.
Rendre pauvre. Ses procès l'ont fort appauvri. Des causes multiples ont appauvri ce pays. Prov., Donner pour Dieu n'appauvrit jamais.
Fig., Appauvrir un terrain, un sol, Les épuiser ou en diminuer beaucoup la fertilité. La mauvaise culture a fort appauvri ce terrain.
Fig., Appauvrir une langue, En retrancher des mots ou des façons de parler et la rendre ainsi moins abondante, moins expressive. Il faut prendre garde d'appauvrir la langue à force de vouloir la polir.
Fig., Appauvrir le sang, En altérer la qualité, la consistance. Un sang appauvri, Un sang qui a perdu une partie de ses principes constituants, qui est pâle, décoloré, abondant en sérosité.
S'APPAUVRIR signifie tant au propre qu'au figuré Devenir pauvre. Ce pays-là s'appauvrit tous les jours. Il s'est appauvri en peu de temps par ses dépenses excessives. Un État s'enrichit par la paix et s'appauvrit par la guerre. Les langues vivantes s'enrichissent et s'appauvrissent selon la différence des temps et des esprits.
APPAUVRISSEMENT
n. m.
Action d'appauvrir ou Résultat de cette action. L'appauvrissement d'une famille. L'appauvrissement du sot. L'appauvrissement du sang. L'appauvrissement d'une langue.
APPEAU
n. m.
Sorte de sifflet avec lequel on contrefait la voix des oiseaux pour les faire approcher ou pour les attirer dans quelque piège. Un appeau pour prendre des cailles. Des appeaux.
Il se dit également d'un Oiseau dont on se sert pour appeler et attirer les autres oiseaux.
APPEL
n. m.
Action d'appeler. Il n'a pas entendu votre appel. Ce cri est un appel. L'appel de la femelle pour faire venir le mâle. Il accourut au premier appel. Les paysans répondirent à l'appel du tocsin.
En termes de Chasse et de Manège, Appel de la langue, Action d'appeler, d'exciter un chien ou un cheval en donnant de la langue. Voyez LANGUE.
Il se dit aussi d'un Signal qui se fait avec le clairon pour assembler les soldats. Sonner un appel. On dit figurément dans un sens analogue Faire un appel aux armes. Répondre à l'appel de la patrie.
En termes d'Escrime, il signifie Battement du pied fait sur place pour commencer l'attaque.
Il se dit particulièrement de l'Action d'appeler à haute voix des personnes qui se doivent trouver à une revue, à une assemblée, etc., afin de s'assurer qu'elles sont présentes. Appel militaire. Ce soldat ne se trouva pas à l'appel. Cet ouvrier n'était pas à l'appel, il a été rayé. Répondre à l'appel. Manquer à l'appel. L'appel ne se fera que dans une heure. L'heure de l'appel. Il y a deux, trois appels par jour. Faire l'appel des jurés, des témoins, etc.
Appel nominal, Action d'appeler à haute voix chaque membre d'une assemblée parlementaire pour qu'il exprime son opinion ou donne son vote.
En termes de Palais, Appel d'une cause, Action d'appeler une cause pour qu'elle soit plaidée.
En termes de Recrutement, il signifie Action d'appeler sous les drapeaux. L'appel de cette classe n'aura lieu qu'à telle époque. Il n'y a point eu de réfractaires, tous les jeunes gens ont répondu à l'appel qui leur a été fait.
APPEL désigne aussi une Provocation en duel, un cartel. Faire un appel. Recevoir un appel. Les appels sont défendus comme les duels. On dit plus ordinairement CARTEL ou DÉFI.
En termes de Finance et de Commerce, Faire un appel de fonds, Demander de nouveaux fonds aux associés ou actionnaires d'une compagnie, d'une entreprise.
Faire un appel, faire appel à la générosité de quelqu'un, à la charité publique, etc., Demander des secours en argent à un individu, au public, etc.
Faire appel à ses souvenirs, Consulter sa mémoire, faire effort pour se rappeler quelque chose.
En termes de Procédure, il signifie Recours au juge supérieur, action d'appeler d'un juge subalterne à un juge supérieur. Acte d'appel. Causes et moyens d'appel. Griefs d'appel. Appel comme d'abus, Voyez APPELER. Appel principal. Appel incident. Fol appel. Par appel. Cour d'appel, tribunal d'appel. Juge d'appel. Interjeter appel. Juger sans appel. Il y a appel. L'appel d'un jugement. Le jugement dont est appel. En cause d'appel. La voie de l'appel. L'appel est généralement suspensif. L'exécution d'un jugement frappé d'appel est suspendue. Gagner, perdre un procès en appel. Aller en appel. Plaider en appel.
En termes d'Arts, Appel d'air se dit de l'Introduction dans un foyer d'un courant d'air en vue de la combustion.
APPELANT, ANTE
adj.
T. de Procédure . Qui appelle d'un jugement. Il est appelant de ce jugement. Elle est appelante. Se rendre appelante. Être reçu appelant.
Il est employé comme nom. L'appelant et l'intimé.
Dans cet emploi, il se dit aussi, en termes de Chasse, des Oiseaux qui servent pour appeler les autres et les faire venir dans les filets. Un bon appelant.
APPELER
(J'appelle; nous appelons.)v. tr.
Désigner quelqu'un par son nom ou Pourvoir quelqu'un d'un nom. Comment appelez-vous cet homme? On l'appelle Pierre, Jean. Comment appellerez-vous votre premier enfant? Comment vous appelez-vous? Je m'appelle Louis. Il s'appelle Charles. C'est ainsi qu'on l'appelle. Cette fleur s'appelle anémone. Cette montagne fut appelée de ce nom à cause de... Cette ville fut ainsi appelée du nom de son fondateur. Je ne sais comment on appelle cette plante, cet animal. Appelez-les comme il vous plaira. Ceux qu'on appelle philosophes. Les magistrats qu'on appelait à Rome tribuns du peuple.
Prov., Appeler les choses par leur nom, Ne pas affaiblir par ses expressions des vérités dures.
Il signifie pareillement Désigner une personne ou une chose par quelque qualité bonne ou mauvaise. J'appelle un ami celui qui se montre tel dans les circonstances difficiles. Il l'appela voleur, fripon. Peut-on appeler courageuse une action si téméraire et si folle? On appellera toujours folie une conduite pareille à celle-là. Ceux qui s'appellent les gens comme il faut, les sages par excellence. Cela s'appelle un véritable ami. Cela s'appelle folie en bon français.
Fam., Cela s'appelle parler, voilà ce qui s'appelle parler, se dit lorsque quelqu'un fait des propositions plus avantageuses qu'on ne s'y attendait ou lorsqu'on loue quelqu'un d'avoir dit, sur une question longtemps agitée, des choses claires, lumineuses, péremptoires.
Il signifie en outre Désigner par leur nom ceux qui doivent se trouver présents en quelque endroit. On va appeler tous les soldats l'un après l'autre. Ce soldat n'était pas à la caserne quand on l'a appelé. Je ne me suis point entendu appeler quand on a lu cette liste. Beaucoup d'appelés et peu d'élus.
En termes de Palais, Appeler une cause, Lire tout haut le nom des parties, afin que leurs avocats viennent plaider pour elles. On vient d'appeler votre cause. La cause sera appelée à son tour de rôle.
Il signifie également Faire venir en se servant de la voix. Je l'appelle et il ne vient point. Il appelait inutilement, pas un domestique n'était à la maison. Appelez un tel. Appeler les voisins. Appeler à haute voix. Dieu appela Samuel pendant qu'il dormait. Appelez mes gens. Appeler de toute sa force. Appeler son chien. On dit aussi, par extension, Ne pouvant plus l'appeler de la voix, il l'appelait encore de la main. Appeler des yeux, du geste.
Il se dit également en parlant du Cri dont les animaux se servent pour faire venir à eux ceux de leur espèce. Le mâle appelle sa femelle. La brebis appelle son agneau. La vache appelle le taureau. La poule appelle ses poussins. On dit, dans un sens analogue, Appeler des oiseaux en imitant leur cri.
Appeler au secours, appeler à l'aide, Crier au secours, crier à l'aide, invoquer le secours, l'aide de quelqu'un. On dit de même Appeler quelqu'un à son secours, appeler du secours, etc. Fig., Appeler à son secours, se dit en parlant des Moyens extraordinaires que l'on emploie pour venir à bout de quelque chose. Il appelle à son secours le manège et l'intrigue pour mieux réussir dans son entreprise.
Il signifie encore Inviter à venir. Appeler le médecin, le chirurgien. Appeler le confesseur. Cet artiste fut appelé en France, à la cour, par tel prince. Appeler un général à l'armée. Tous les chefs furent appelés à ce Conseil. Les Maures furent appelés en Espagne par le comte Julien.
Il signifie particulièrement, en termes de Procédure, Citer devant le juge. Appeler en justice. On l'a fait appeler pour se voir condamner à payer une somme. Appeler quelqu'un en témoignage. Être appelé comme témoin. Appeler en garantie. Le juge ordonna que les parties seraient appelées.
Appeler au combat, appeler en duel, ou simplement Appeler, Envoyer, défier.
Appeler sous les drapeaux, ou simplement Appeler, Convoquer les soldats d'une classe à se rendre sous les drapeaux. La réserve fut appelée sous les drapeaux. On va bientôt appeler la classe de telle année.
Dieu vient de l'appeler à lui, se dit en parlant d'une Personne qui vient de mourir.
Appeler sur quelqu'un le mépris public, la haine de tous, etc., S'efforcer de le rendre l'objet du mépris public, de la haine générale, etc.
Appeler sur quelqu'un, sur une famille, sur un pays les bénédictions du Ciel, Les leur souhaiter ou les leur attirer.
APPELER se dit aussi en parlant de Tout ce qui sert de signal pour avertir de se trouver en quelque lieu. Les cloches appellent à l'église. Une cloche appelle à la prière, au travail, au déjeuner. La sonnerie qui appelle à l'exercice, à la soupe, etc.
Il se dit figurément en parlant de Tout ce qui avertit, qui excite, qui oblige à se trouver en quelque endroit, pour quelque chose que ce puisse être. J'irai où l'honneur, où le devoir m'appelle. La charité vous y appelle. Mes affaires m'appellent ailleurs. La vengeance l'appelle. Ce beau temps nous appelle à la chasse.
Il signifie quelquefois Rendre nécessaire. Ce crime appelle la vengeance des lois. Ces abus appellent une réforme. Ce mot ne peut être employé seul, il appelle un complément. Ce grave sujet appelle toute votre attention.
Appeler l'attention de quelqu'un sur quelque chose, L'inviter, l'engager à y faire attention, à y donner son attention. J'appelle à cet égard toute votre attention. Appeler l'attention se dit aussi de Quelque chose qui attire l'attention. Un bruit extraordinaire appela, vint appeler notre attention.
APPELER se dit aussi à propos des Inspirations que Dieu nous envoie et par lesquelles il nous fait connaître sa volonté. Il ne faut pas résister quand Dieu nous appelle. Dieu appela saint Paul à l'apostolat. Dieu appelle les chrétiens à la vie éternelle, Il leur donne tous les moyens de la mériter. Il fut appelé de Dieu à cette mission.
Il se dit également en parlant des Personnes dont on fait choix, que l'on désigne pour quelque fonction ou quelque action importante. Appeler quelqu'un à un poste. Il fut appelé à siéger dans le Conseil. L'important devoir que nous sommes appelés à remplir. Il fut appelé à lui succéder.
Il se dit pareillement des Qualités, des talents et des circonstances qui déterminent la vocation, le sort, la condition de quelqu'un. Le génie de Turenne l'appelait au commandement des armées. Il a su jouer le rôle auquel il a été appelé par les événements.
Il s'emploie aussi absolument en termes de Procédure et signifie Recourir à un tribunal supérieur pour faire réformer le jugement, la sentence d'un tribunal inférieur. Il appellera de ce jugement. Il a appelé du tribunal de première instance à la Cour d'appel. Appeler comme de juge incompétent. Appeler à minimâ.
Appeler comme d'abus signifiait Appeler à une autorité laïque d'un jugement, d'un acte du pouvoir ecclésiastique qu'on prétend entaché d'abus.
Fig. et fam., J'appelle de votre décision, ou J'en appelle, Je ne me soumets pas à votre décision, je ne l'adopte pas.
Fig., J'en appelle à votre témoignage, J'invoque votre témoignage. J'en appelle à votre probité, à votre honneur, à votre sagesse, etc., Je m'en réfère à votre probité, à votre sagesse, etc.
Fig., En appeler à la postérité, S'en référer au jugement de la postérité.
Fig. et fam., Il en a appelé, se dit de Quelqu'un qui est revenu d'une grande maladie.
APPELLATIF
(Dans ce mot et dans le suivant, on fait sentir les deux L.)adj. m. T. de Grammaire
. Il ne s'emploie que dans cette locution, Nom appellatif, Nom qui convient à toute une espèce. Homme, arbre sont des noms appellatifs. On dit plus ordinairement Nom commun.
APPELLATION
n. f.
Action d'appeler et spécialement Façon de dénommer quelqu'un ou quelque chose. Appellation à haute voix, familière, injurieuse.
Appellation des lettres, Action de nommer chaque lettre de l'alphabet.
Il signifie, en termes de Pratique, Appel d'un jugement. Il ne se dit guère que dans les formules des arrêts et des jugements. La Cour a mis l'appellation à néant. Le jugement sera exécuté nonobstant opposition ou appellation quelconque.
APPENDICE
(EN se prononce IN dans ce mot et dans le suivant.)n. m. Ce qui semble appendu, ajouté à une autre chose.
Il désigne, en termes d'Édition, les Pages ajoutées à un volume et contenant soit des remarques, soit des documents qui n'ont pas trouvé place dans l'ouvrage.
Il se dit, en termes d'Anatomie, de Botanique, de Physique, de Toute partie qui semble être une addition, qui sert de prolongement à une partie principale. L'appendice xiphoïde. Appendice membraneux. Appendice du caecum, etc.
APPENDICITE
n. f.
T. de Médecine
. Inflammation de l'appendice du caecum. Opérer de l'appendicite.
APPENDRE
(Il se conjugue comme PENDRE.) v. tr.
Pendre, suspendre, attacher à une voûte, à des piliers, etc. Il se dit particulièrement en parlant des Choses que l'on offre, que l'on consacre dans une église, dans un temple, en signe de reconnaissance, de respect ou pour conserver un souvenir. Appendre une offrande, un ex-voto aux murs d'une chapelle. Appendre des étendards à la voûte d'une église.
APPENTIS
n. m.
Demi-comble, toit en manière d'auvent à un seul égout, appuyé contre une muraille et soutenu en avant par des piliers ou des poteaux. Se mettre à l'abri de la pluie sous un appentis. Il faut faire là un appentis pour servir de remise.
APPESANTIR
v. tr.
Rendre plus pesant. L'eau avait tellement appesanti ses habits qu'il avait peine à marcher. En chargeant ainsi votre voiture, vous l'appesantirez tellement que votre cheval ne pourra la traîner.
Fig., Dieu a appesanti sa main, son bras sur ce peuple, sur cette race, Il lui a envoyé des châtiments. La main de Dieu s'est appesantie sur ce peuple.
Fig., Il appesantit son joug, Son autorité devient plus oppressive. Le joug de ce prince s'appesantit sur son peuple.
Fig., Le sommeil appesantit ses yeux, ses paupières, L'envie de dormir commence à lui faire fermer les paupières. Ses paupières, ses yeux s'appesantissent.
Fig., S'appesantir sur un sujet, Porter tout le poids de son attention sur un sujet, le développer avec insistance. S'appesantir sur les détails, S'y arrêter trop longtemps.
Par extension, il signifie Rendre moins propre à l'exercice des facultés physiques ou intellectuelles. Trop manger, trop dormir vous appesantira. L'âge, la vieillesse, l'oisiveté, la fainéantise appesantit les corps. Le corps s'appesantit par l'oisiveté, par un trop long repos. Sa dernière maladie l'a beaucoup appesanti. L'âge a beaucoup appesanti la main de ce chirurgien. La main de ce peintre s'appesantit, commence à s'appesantir. L'âge n'a point encore appesanti son esprit. Son esprit baisse et s'appesantit de jour en jour.
APPESANTISSEMENT
n. m.
Action d'appesantir ou Résultat de cette action. L'appesantissement de la main de Dieu. L'appesantissement graduel du corps se fait sentir dans l'homme depuis l'âge de soixante ans. Il est sujet à un appesantissement après chaque repas. Appesantissement d'esprit.
APPÉTENCE
(Dans ce mot et dans le suivant, on fait sentir les deux P.)n. f. Tendance de tout être vers ce qui peut satisfaire ses instincts et ses besoins, surtout physiques.
APPÉTER
v. tr.
Désirer vivement par instinct, par inclination naturelle, indépendamment de la raison. Il n'est guère usité qu'en termes de Physiologie. L'estomac appète les aliments.
APPÉTISSANT, ANTE
adj.
Qui excite l'appétit. Mets appétissant. Viande appétissante. Cela n'est pas, cela n'est guère appétissant.
Fam., Elle est appétissante, se dit d'une Femme qui a de la fraîcheur et un certain embonpoint. APPÉTIT
n. m.
Mouvement qui porte à désirer ce qui peut satisfaire les besoins et les instincts. Appétit sensuel, charnel, brutal. Appétit déréglé, désordonné. Contenter, suivre, satisfaire ses appétits sensuels. Se laisser entraîner, se laisser gouverner par ses appétits. Avoir un appétit insatiable des richesses, des honneurs.
Il se dit particulièrement du Désir de manger. Bon appétit. Grand appétit. Avoir appétit. Avoir de l'appétit. Avoir un violent appétit. Donner de l'appétit. Exciter, éveiller, aiguiser l'appétit. Être sans appétit. Rentrer en appétit. Ôter, émousser, faire passer l'appétit. Perdre l'appétit. Cela m'a ouvert l'appétit. Être en appétit. Remettre en appétit. Manger avec appétit. Manger d'appétit. Je n'ai point d'appétit à cela. Gagner de l'appétit. Se mettre en appétit. L'appétit me vient. Avoir l'appétit ouvert de bon matin. Pour se bien porter, il faut demeurer, rester sur son appétit.
Fam., Bon appétit, Espèce de souhait qu'on adresse à quelqu'un qui mange ou qui va manger.
Prov., Il n'est chère que d'appétit, La faim assaisonne tous les mets.
Prov. et fig., L'appétit vient en mangeant, Le désir de s'enrichir ou de s'élever augmente à mesure qu'on acquiert de la fortune ou des honneurs.
Fig., Avoir l'appétit ouvert de bon matin, Rechercher prématurément quelque chose d'utile et d'agréable.
Fig., Demeurer, rester sur son appétit signifie aussi figurément Ne pas aller aussi loin que nos désirs, que nos goûts pourraient nous porter.
Fig., C'est un homme qui a bon appétit, se dit d'un Homme qui recherche avec avidité l'argent et les places, qui veut toujours ajouter à ce qu'il possède.
APPLAUDIR
v. intr.
Battre des mains en signe d'approbation. Dans les spectacles du cirque et du théâtre, le peuple romain marquait sa joie en applaudissant, en battant des mains. J'étais hier au spectacle, on applaudit beaucoup.
Il est aussi transitif dans ce sens, Applaudir une pièce. Applaudir les acteurs, les comédiens.
Il signifie aussi donner son complet assentiment à une chose, et, en ce sens, il est le plus souvent précédé de la préposition à. Applaudir à un projet. Applaudir à une proposition.
S'APPLAUDIR signifie Se vanter, se glorifier. C'est un homme vain qui s'applaudit sans cesse.
Il signifie plus ordinairement Se féliciter de quelque chose. S'applaudir d'un événement heureux. S'applaudir des bontés de quelqu'un, de son accueil. On s'applaudit du bon choix qu'a fait le gouvernement. Loin de me reprocher ces sentiments, je m'en applaudis. Il s'applaudit beaucoup de ce qu'il a dit, de ce qu'il a fait.
APPLAUDISSEMENT
n. m.
Action d'applaudir. Son discours fut suivi de longs applaudissements. Cet acteur a mérité, a obtenu de grands applaudissements. Il fut reçu aux applaudissements de toute l'assemblée, à l'applaudissement universel. Donner, recevoir des applaudissements.
APPLAUDISSEUR
n. m.
Celui qui applaudit sans discernement.
Il signifie aussi Celui qui est payé pour applaudir. Applaudisseurs à gages.
APPLICABLE
adj. des deux genres
. Qui doit ou peut être appliqué. Ces fonds sont applicables à telle dépense. Ce passage n'est point applicable au sujet dont il s'agit. Cette loi n'est point applicable aux enfants mineurs.
APPLICATION
n. f.
Action d'appliquer ou Résultat de cette action. L'application d'un enduit sur une muraille, des couleurs sur la toile d'un tableau. Application de dentelles, de fleurs sur une robe. L'application d'un procédé, d'une découverte. L'application d'un remède à une maladie. La loi n'a point ici d'application. L'application d'un principe à un cas particulier. L'application d'une peine à un délit. Il y a dans cette pièce un vers dont on peut faire l'application à bien des gens.
Application d'une science à une autre, Usage qu'on fait des principes ou des procédés d'une science pour étendre et perfectionner une autre science. L'application de l'algèbre à la géométrie. L'application de la physique à la médecine. Les applications de la chimie aux arts industriels.
Application d'une somme à telle ou telle dépense, Emploi spécial que l'on fait ou que l'on doit faire d'une somme pour telle ou telle dépense.
En termes de Théologie, Application des mérites de JÉSUS-CHRIST, Bienfait par lequel JÉSUS-CHRIST transfère aux chrétiens ce qu'il a mérité par sa vie et par sa mort.
Il signifie aussi figurément Action de s'appliquer de toute son attention à une chose. Avoir de l'application à l'étude. Il n'a point d'application à ce qu'il fait. Il met toute son application à se rendre agréable. Cela demande une grande application. Travailler avec application. Il fait tout sans application. Il est incapable d'application.
APPLIQUE
n. f.
T. d'Arts
. Tout ce qui est appliqué, fixé sur un objet pour le décorer. Pièces d'applique. L'or, l'argent et autres métaux laminés sont mis en applique sur les meubles, sur les moulures d'une corniche, etc.
APPLIQUER
v. tr.
Mettre une chose sur une autre, soit pour qu'elle y demeure adhérente, soit pour qu'elle y laisse une empreinte, soit simplement pour qu'elle y touche. Appliquer des couleurs sur une toile. Appliquer une couche, deux couches de peinture. Appliquer un emplâtre sur l'estomac. Appliquer des ventouses. Appliquer un sceau, un cachet sur de la cire. Appliquer des filets d'or sur de l'ivoire. Une lame de métal qui s'applique exactement sur une autre. Appliquer de la broderie sur une étoffe. Appliquer une échelle à un mur. Appliquer un patron sur l'étoffe qu'on veut tailler. Appliquez votre main là-dessus. Appliquer sa bouche, ses lèvres sur un objet, pour le baiser. On dit par extension Appliquer un baiser.
Fig. et fam. Appliquer un soufflet, Donner un soufflet.
Appliquer son esprit ou simplement S'appliquer, Apporter une grande attention à quelque chose. Il s'applique uniquement à bien remplir les devoirs de sa place. On dirait qu'il s'applique à me contrarier. C'est un étourdi qui ne s'applique à rien. Absolument, Être appliqué, s'appliquer. Voyez comme il s'applique.
Adjectivement, Écolier appliqué, Ouvrier appliqué, Qui a l'habitude de porter son attention à tout ce qu'il fait.
APPLIQUER, pris au figuré, signifie Employer une chose dans les cas où il convient d'en faire usage. Appliquer un procédé. Appliquer un remède à une maladie. Ce procédé peut s'appliquer à telle opération.
Il se dit particulièrement en parlant d'une Loi, d'un principe, etc., dont on fait usage dans les cas auxquels ils conviennent ou semblent convenir, et des Comparaisons, des passages, des citations que l'on adapte à quelque sujet. Appliquer une loi à un cas particulier. Cette loi ne s'applique pas, ne peut s'appliquer au cas dont il s'agit. C'est un principe, une règle qu'il n'est pas toujours facile d'appliquer. Appliquer une peine à quelqu'un, à un délit. Appliquer une comparaison, un passage. On peut lui appliquer ce vers de Virgile. Cette maxime peut s'appliquer à divers sujets. Ce mot, cette phrase peut s'appliquer à telle chose. On dit de même Appliquer un nom, une dénomination, un mot, une phrase à une personne, à une chose.
Appliquer une science à une autre, Faire usage des principes ou des procédés d'une science pour étendre et perfectionner une autre science. Appliquer l'algèbre à la géométrie, l'astronomie à la géographie.
On dit de même Sciences pures et appliquées. Les sciences appliquées à l'industrie. Cours de chimie appliquée.
APPLIQUER signifie aussi Destiner, consacrer à un certain usage. Dans ce sens, on le dit surtout en parlant de l'Argent. Appliquer une somme d'argent à bâtir. Il applique une partie de son revenu à des oeuvres charitables. Il s'appliquait tous les profits de l'affaire. Il s'applique toutes les louanges qu'on donne à la valeur. Pourquoi s'est-il appliqué cette médisance? Un avare s'applique rarement ce qu'il entend dire contre l'avarice. Les portraits de la comédie ne doivent s'appliquer à aucun individu en particulier.
APPOINT
n. m.
Complément d'une somme en petite monnaie. Pour faire mille douze francs, il faut un billet de mille francs et un appoint de douze francs. Faire l'appoint, Compléter la somme par un appoint ou Servir d'appoint. Voilà cent pièces de deux francs, je vais faire l'appoint. Cela fait l'appoint. Monnaie d'appoint.
Il désigne aussi la Somme qui sert à solder un compte commercial.
Il signifie figurément Appui complémentaire. Votre concours sera un fort appoint à notre entreprise.
APPOINTEMENT
n. m.
Rétribution fixe attachée à une place, à un emploi surtout public, et payée à des époques régulières. Dans ce sens, il s'emploie surtout au pluriel. On lui donne, il reçoit de gros appointements. Recevoir, toucher ses appointements. Il a douze mille francs d'appointements. Économiser sur ses appointements. De faibles, de minces appointements. Des appointements élevés. Augmenter, diminuer, réduire, supprimer des appointements. Les appointements des fonctionnaires.
En termes de Procédure ancienne, il se disait d'un Jugement interlocutoire dans lequel le juge ordonnait que les parties produiraient par écrit leurs informations sur les points qui n'avaient pu être suffisamment éclaircis à l'audience. Appointement en droit, Règlement par lequel le juge ordonnait que les parties produiraient par écrit. Appointement à mettre, Règlement par lequel le juge ordonnait que les parties mettraient leurs pièces sur le bureau, pour être jugées sommairement. On dit aujourd'hui Instruction par écrit et Délibéré.