Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Service
n. m.
État, fonctions, devoirs de quelqu'un qui sert une personne ou une collectivité. Le service du roi, de l'État. Se mettre au service d'un prince.
Service féodal, Devoirs auxquels un vassal était obligé envers son seigneur.
Service d'honneur, Ensemble des personnes qui, dans une cérémonie officielle, escortent un prince, un haut personnage. On le dit par analogie, à un mariage, des jeunes gens et des jeunes filles qui accompagnent les mariés à l'autel.
Se consacrer au service de Dieu, Embrasser la profession ecclésiastique ou la profession religieuse.
Être de service, Être dans le moment où l'on remplit les fonctions de sa charge, où on les exerce réellement. Je suis de service tel jour. Il est de service de telle heure à telle heure. Il prend son service à telle heure. On dit dans un sens analogue : En service commandé. Cet officier a été tué en service commandé.
Fam., Qu'y a-t-il pour votre service? se dit à une personne qui se présente et qui paraît vouloir demander quelque chose.
Je suis à votre service, tout à votre service, Formule de civilité dont on se sert pour dire à quelqu'un qu'on est à sa disposition, qu'on est prêt à faire ce qui pourra lui être utile ou agréable. On dit de même : Ma voiture est à votre service.
SERVICE se dit particulièrement de l'État, des fonctions d'une personne qui sert en qualité de domestique. Être au service de quelqu'un. La pauvreté l'a contraint de se mettre en service. Entrer en service. Il a été longtemps au service d'un tel.
Service de la table, Fonctions de celui qui sert à déjeuner ou à dîner.
Le service d'un domestique, La charge dont il a à s'acquitter. Ce n'est pas son service. Il a un service pénible. Il se dit aussi de la Manière dont un domestique s'acquitte de ses fonctions. Il est content du service de son domestique. Ce valet de chambre, cette femme de chambre a un service parfait.
Le service d'un maître, La manière dont un maître se fait servir. Le service de ce patron est facile, dur, pénible.
Escalier de service, Escalier à l'usage des domestiques, des fournisseurs, etc.
SERVICE se dit encore de l'Emploi, de la fonction de ceux qui servent l'État dans la magistrature, dans les finances, etc., ou qui font partie d'une administration quelconque. Ce président, ce maître des requêtes a tant d'années de service. Cet employé a obtenu sa retraite après tant d'années de service. Produire ses états de service.
Il se dit également de l'État, des fonctions, des obligations de celui qui sert dans l'armée, dans la marine. Il a fait son service militaire, son temps de service. Service armé. Service auxiliaire. Service de place. Service en campagne. Service à bord, à terre. Il a vieilli au service. Prendre du service. Il a quitté le service. Produire ses états de service.
Le service de la marine, de l'artillerie, du génie, etc., Les fonctions particulières de celui qui sert dans la marine, dans l'artillerie, dans le génie, etc.
SERVICE s'emploie au pluriel, en parlant de la Manière dont quelqu'un a servi et du Temps pendant lequel il a servi. Obtenir la récompense de ses services. De longs services. De bons et loyaux services.
SERVICE se dit en outre d'un Ensemble d'opérations, de travaux, etc., servant à un usage déterminé dans certaines administrations, dans certains établissements publics ou particuliers. Le service de la poste. Le service du contentieux dans un ministère. Le service de la publicité dans une maison de banque. Le service des réclamations dans un magasin. Chef de service. Organiser les différents services publics. Les services administratifs. Le service est très bien fait dans cet hôpital. Cela peut entraver le service, peut nuire à la régularité, au bon ordre du service. Toutes les branches d'un même service. Selon les besoins du service.
SERVICE se dit aussi de l'Usage qu'on tire de certains animaux et de certaines choses. Ce cheval est d'un bon service, de bon service. Ce meuble, cet instrument, cette machine est maintenant hors de service.
L'estomac, les jambes lui refusent le service, Son estomac, ses jambes ne font plus leurs fonctions qu'avec peine.
SERVICE signifie aussi Assistance qu'on donne, aide qu'on prête à quelqu'un. Rendre service à quelqu'un. Il m'a rendu de grands services. Il aime à rendre service. Il est venu lui faire offre de service, lui offrir ses services.
Rendre un mauvais service, de mauvais services à quelqu'un, Lui nuire, lui faire perdre l'estime d'autrui; ou simplement Lui susciter de l'embarras. Vous m'avez rendu un mauvais service de m'amener cet homme.
SERVICE, en termes de Liturgie, se dit de la Célébration solennelle de l'office divin, de la messe et de toutes les prières publiques qui se font dans l'église. Le service divin.
Il se dit aussi des Messes et des prières publiques qui se disent pour un mort. Le service funèbre. Nous avons été au service d'un tel. Vous êtes prié d'assister aux convoi, service et enterrement...
Service du bout de l'an, Service qui se célèbre pour une personne, au premier anniversaire de son décès.
SERVICE se disait encore d'un Certain nombre de plats qu'on servait à la fois sur table et que l'on ôtait de même.
On appelle maintenant, abusivement, Premier, second service le Premier, le second plat que l'on présente aux convives. Premier, second service se dit aussi de la Première, de la seconde série de dîners que l'on sert, notamment dans un wagon-restaurant.
Il se dit aussi de l'Ensemble de la vaisselle ou du linge qui sert à table. Service de table. Service d'argent, de vermeil, de porcelaine. Service de linge damassé. Service à thé, à café. On dit dans un sens analogue : Un service de fumeur.
En termes de jeu de Paume ou de Tennis, il se dit de l'Action de celui qui sert la balle.
En termes de Théâtre, il se dit des Invitations envoyées aux critiques, aux membres de la presse. Service de première, de seconde.
En termes d'Édition, il se dit des Publications que l'on envoie régulièrement et gratuitement à quelqu'un. Cette maison d'édition lui fait le service de ses publications. Il est inscrit au service de cette revue.
En termes de Jurisprudence, Services fonciers se dit des Servitudes.
SERVIETTE
n. f.
Linge dont on se sert à table ou pour la toilette. Serviette à thé. Serviette unie. Serviette damassée. Changer de serviette. Une douzaine de serviettes. Ourler des serviettes. Déplier sa serviette. Plier sa serviette. Serviette de table. Serviette de toilette. Serviette- éponge.
Il se dit aussi d'un Grand portefeuille servant à transporter des papiers, des livres, etc. Serviette d'avocat, de professeur, d'écolier.
SERVILE
adj. des deux genres
. Qui appartient à l'état d'esclave, de domestique. Emploi servile. Homme de condition servile.
Dans le langage religieux, OEuvres serviles, Travaux manuels.
SERVILE signifie, au figuré, Qui est bas, rampant. Une âme servile. Un esprit servile. Obéissance servile. Sentiments serviles. Complaisance servile. Flatterie basse et servile.
Il signifie aussi, en termes de Littérature et d'Arts, Qui s'attache trop à l'imitation d'un modèle, ou à la lettre d'un original. Imitateur servile. Traducteur servile. Imitation servile. Copie servile.
SERVILEMENT
adv.
D'une manière servile, basse, rampante. Il fait servilement sa cour aux gens en place.
Il signifie aussi, en termes de Littérature et d'Arts, Trop exactement, trop à la lettre. Cet artiste ne fait qu'imiter servilement les ouvrages de son maître.
SERVILITÉ
n. f.
Caractère servile, bassesse d'âme. La servilité de son caractère le rend méprisable.
Il signifie aussi, en termes de Littérature et d'Arts, Exactitude servile, trop scrupuleuse. Cette traduction est d'une servilité qui la rend illisible.
SERVIR
(Je sers, tu sers, il sert; nous servons, vous servez, ils servent. Je servais. Je servis. Je servirai. Que je serve. Que je servisse. Servant. Servi.)v. tr. S'acquitter de certains offices, de certaines obligations envers une personne ou une collectivité. Servir le roi. Servir son pays. Servir l'État.
Servir Dieu, Rendre à Dieu le culte qui lui est dû et s'acquitter de tous ses devoirs de religion.
Dans le culte catholique, Servir la messe, Être auprès du prêtre qui célèbre la messe, pour dire les réponses, présenter l'eau et le vin, etc.
SERVIR s'emploie aussi absolument et se dit seulement du Service militaire. Il a servi au Maroc, en Syrie. Il a servi sous les ordres de ce général. Il a servi dans l'infanterie, dans l'artillerie, dans l'aviation, dans la marine.
SERVIR signifie particulièrement S'acquitter de certaines fonctions auprès de quelqu'un comme domestique. Servir un maître. Il me sert depuis trois ans en qualité de valet de chambre. Il aime à se faire servir. Absolument, Ce domestique est trop vieux, il ne peut plus servir.
Servir à table, Présenter les plats, verser à boire, donner et retirer les assiettes, etc.
Servir quelqu'un, Lui donner sa part des mets dont se compose un repas. Vous êtes bien mal servi. Il s'est servi le dernier.
SERVIR signifie, par extension, Rendre à quelqu'un les mêmes services qu'un domestique rend à son maître. Elle servait son amie malade, sa vieille mère infirme. Elle se dévoue à servir les pauvres.
Se servir soi-même, Faire soi-même pour son service ce que d'autres font faire par un domestique.
SERVIR se dit en outre d'un Commerçant, d'un artisan relativement à la personne qu'il fournit, pour laquelle il travaille. Servir un client. Le boucher nous a mal servis aujourd'hui.
Se servir chez un marchand, Avoir l'habitude d'acheter chez lui.
SERVIR signifie aussi Rendre de bons offices à quelqu'un, l'aider, le seconder, l'assister. Servir ses amis. Il m'a bien servi dans cette affaire. Je vous servirai partout de mon crédit. Il vous a servi en ami véritable.
Servir les passions de quelqu'un, Lui fournir les moyens de satisfaire ses passions.
Servir la religion, Se dévouer au service de la religion.
Pour vous servir, Formule de politesse dont on se sert pour dire à quelqu'un qu'on est à sa disposition pour lui rendre service.
SERVIR s'emploie dans un sens analogue avec un nom de chose comme sujet. Les circonstances, les événements l'ont bien servi.
Sa mémoire l'a mal servi en cette occasion, Il a manqué de mémoire.
SERVIR signifie encore Faire fonctionner. Il se dit spécialement, en termes de Guerre, en parlant de Pièces d'artillerie. Servir une batterie. Servir une pièce de canon.
En termes de jeu de Paume et de Tennis, Servir la balle et absolument Servir, Lancer la balle à celui avec qui l'on joue.
En termes de jeu de Cartes, Servir des cartes et absolument Servir, Distribuer, donner des cartes.
SERVIR se dit aussi en parlant des Mets qu'on place sur la table. Servir le dîner. Servir le potage. Servir un gigot, un plat de légumes, l'entremets, le dessert. Absolument, À quelle heure voulez-vous qu'on serve? Servez à huit heures. Servez chaud.
Le dîner est servi, On peut se mettre à table. On dit dans le même sens : Vous êtes servi. Madame est servie.
Servir à déjeuner, à dîner, à souper, Servir à une ou plusieurs personnes de quoi déjeuner, etc. On nous servit à dîner.
Servir à quelqu'un d'une viande, d'un plat, Donner d'une viande, d'un plat à quelqu'un. On dit aussi Servir à boire à quelqu'un.
Fig. et fam., Servir un plat de sa façon, Dire ou faire quelque chose qui soit conforme au caractère, aux manières, aux habitudes que l'on a. Il est le plus souvent péjoratif. Ce maître chanteur vous a servi un plat de sa façon. On dit au sens de riposte : Il avait voulu me nuire, je lui ai servi un plat de ma façon.
En termes de Finance. Servir une rente, Payer le revenu, l'intérêt d'une somme constituée en rente.
En termes de Jurisprudence, Servir une redevance, Acquitter la redevance convenue.
SERVIR est aussi verbe intransitif et signifie Être utile à quelqu'un. Que lui sert d'amasser tant de biens? Cela ne vous sert de rien. Ce livre lui a bien servi dans son travail.
Il signifie absolument Être d'usage. Ces gants pourront vous servir encore. Ce meuble, cet instrument, cette machine ne peut plus servir.
Fig., Il n'y a qu'un mot qui serve se dit lorsqu'on veut se faire bien comprendre et préciser le sens de ses paroles.
SERVIR signifie encore Être utile, bon, propre à quelque chose. Ce bateau sert à passer la rivière. À quoi sert cette machine? Cet instrument sert à tel usage. Les troupes qui servent à la défense des frontières. Cela ne servirait qu'à l'indisposer contre vous. Il ne sert à rien de s'emporter. À quoi sert-il, que sert-il, que sert de s'emporter?
Il s'emploie aussi avec la préposition de et signifie Tenir lieu de, tenir la place de, faire l'office de. Il m'a servi de père. Il lui a servi de modèle. Que cela vous serve de leçon. Mon manteau me servira de couverture. Servir de prétexte. Cela vous servira d'excuse, de preuve.
Fig., Servir de jouet, de plastron, de couverture. Voyez JOUET, PLASTRON, COUVERTURE.
SE SERVIR DE signifie Faire usage de. Il s'est servi de mon argent. Se servir de toutes sortes de moyens. Il se sert trop souvent du même mot. Se servir de la règle et du compas. Le papier dont je me sers pour vous écrire.
SERVITEUR
n. m.
Celui qui est au service d'une personne ou d'une collectivité. Un fidèle serviteur de l'État. Ce roi sut récompenser ses zélés serviteurs.
C'est un grand serviteur de Dieu, C'est un homme d'une grande piété, d'une grande charité, uniquement occupé de la prière et des bonnes oeuvres.
SERVITEUR se dit particulièrement des Domestiques et ne s'emploie guère, dans le style ordinaire, qu'avec une épithète, ou dans certaines locutions. Bon serviteur. Fidèle serviteur. Les vieux serviteurs. Devoirs des serviteurs envers leurs maîtres. Maîtres et serviteurs, tous mangeaient à la même table. Le témoin devra déclarer s'il est parent, allié ou serviteur de l'une des parties. On se sert plus communément du mot Domestique; mais, en termes de l'Écriture et aussi dans le style soutenu, on emploie toujours le mot Serviteur. Heureux le serviteur que son maître trouvera veillant!
Il s'emploie encore, en termes de Civilité, pour marquer l'attachement, le dévouement. J'ai toujours été serviteur de votre père, de votre famille. Je suis votre ami et votre serviteur.
Votre serviteur, votre très humble et très obéissant serviteur, Formule de politesse dont on se servait pour finir les lettres et qui est aujourd'hui peu usitée.
Je suis votre serviteur ou, elliptiquement, Votre serviteur et Serviteur, Formule de civilité dont on se servait en saluant quelqu'un et qui est également peu usitée aujourd'hui.
Ironiquement et fam., Je suis votre serviteur, je suis son serviteur se dit à quelqu'un ou de quelqu'un pour marquer qu'on refuse ce qu'il demande ou ce qu'il propose, ou que l'on n'est point du même avis. Vous me demandez telle chose, je suis votre serviteur. On dit aussi, elliptiquement : Serviteur, Je n'en veux rien faire, je n'en ferai rien. Il réclame des excuses? Serviteur!
SERVITUDE
n. f.
Esclavage, captivité; état d'un peuple entièrement subjugué. Mettre en servitude. Le joug de la servitude. Délivrer, tirer de servitude. Sortir de servitude.
Fig., La servitude du démon, la servitude du péché, la servitude des passions, L'état d'un homme assujetti au péché, livré à ses passions.
SERVITUDE signifie aussi Contrainte, assujettissement. Il est obligé de se rendre là tous les jours à telle heure, c'est une grande servitude.
En termes de Jurisprudence, il désigne un Assujettissement, une charge que doit supporter le propriétaire d'une maison, d'une terre, comme un passage, une vue, l'écoulement des eaux, etc. Imposer une servitude. Racheter une servitude. Il y a de fâcheuses servitudes sur cette maison. Servitudes urbaines. Servitudes rurales. Servitude de passage, de vue.
SES
Pluriel de l'adjectif possessif Son, sa. Voyez SON.
SÉSAME
n. m.
T. de Botanique
. Plante à fleurs blanches et ponctuées de pourpre, dont les graines, un peu plus grosses que celles du millet, sont alimentaires et fournissent de l'huile. La farine de graine de sésame sert à faire de la bouillie, des galettes, etc. Huile de Sésame.
Sésame, ouvre-toi se dit proverbialement et par allusion à un conte des Mille et une Nuits de Paroles dont on attend un effet magique, qui doivent triompher de quelque obstacle, de quelque difficulté grave.
SESQUIALTÈRE
(QUI se prononce CUI.) adj. des deux genres . T. de Mathématiques
. Il se dit du Rapport de deux quantités dont l'une contient l'autre une fois et demie. Nombres sesquialtères. Rapport sesquialtère. Six est à quatre en raison sesquialtère.
SESSILE
adj. des deux genres
. T. de Botanique
. Il se dit des Organes insérés directement et sans support sur l'axe d'une plante. Feuilles sessiles. Fleurs sessiles. Anthères sessiles. Stigmate sessile.
En termes de Zoologie, Cornes sessiles.
SESSION
n. f.
Temps pendant lequel un corps délibérant est assemblé. Session ordinaire, extraordinaire. La session des deux chambres. L'ouverture, la clôture de la session. La session d'un conseil général de département, d'un conseil municipal. On a jugé vingt causes à la dernière session de la Cour d'assises.
Il signifie aussi Séance d'un concile. La première session. La seconde session.
Il se dit, par extension, de l'Article qui renferme les décisions publiées dans la séance du concile.
SESTERCE
n. m.
T. d'Antiquité romaine
. Monnaie d'argent qui valait deux as et demi.
SETIER
n. m.
Ancienne mesure de grains ou de liquides, d'une capacité différente selon les espèces et les lieux. Le setier de blé à Paris était de douze boisseaux et devait peser deux cent quarante livres. Le setier de vin était de huit pintes.
On dit aujourd'hui, populairement : Un demi-setier, Un quart de litre de vin.
SÉTON
n. m.
T. de Chirurgie
. Exutoire très employé autrefois et qui consistait en un petit cordon fait de plusieurs fils de soie ou de coton, ou en une petite bandelette de linge, effilée sur les bords, que l'on passait au travers des chairs.
Il se disait aussi de l'Exutoire même entretenu au moyen du séton.
Par extension, Blessure en séton, Blessure faite par une arme blanche ou par une balle, quand celle-ci est entrée sous la peau et ressortie sans pénétrer dans les muscles.
SEUIL
n. m.
Pièce de bois ou dalle de pierre qui est au bas de l'ouverture d'une porte et sur laquelle cette porte affleure. Il était sur le seuil de la porte. Quand il eut passé le seuil de la porte.
Seuil d'écluse, Pièce de bois placée au fond de l'eau sous la porte d'une écluse.
SEUIL s'emploie aussi figurément et signifie Entrée. Au seuil de la vieillesse. Au seuil de son ouvrage, l'auteur avertit ses lecteurs que...
SEUL, EULE
adj.
Qui est sans compagnie, qui n'est point avec d'autres. Je l'ai trouvé seul. Vous voilà bien seul. Il était tout seul. Il demeure tout seul dans une grande maison. Ils se trouvèrent seul à seul. Je les ai trouvés seuls. Ce mot, employé seul, a telle acception.
Prov., Un malheur ne vient jamais seul.
Fig., Être seul dans le monde, être seul sur la terre, N'avoir pas de famille, n'être uni à personne par les liens de l'affection, de l'amitié, vivre dans l'isolement.
Tout seul, De soi-même, sans aucun secours. Il a retrouvé son chemin tout seul.
Cela va tout seul, Cela va de soi, cela ne fait pas de difficulté.
En termes de Musique, Voix seule, Voix qui n'est pas mêlée à d'autres, qui chante pendant que les autres se taisent.
SEUL signifie aussi Qui est unique. Un seul Dieu. Un seul roi. Il n'a pas un seul ami. Il n'y a qu'une seule personne qui puisse vous en donner des nouvelles. C'est le seul homme qui vive de la sorte. Vous seul avez pu le faire. Vous êtes le seul qui l'ait fait. Il croit être le seul parfait, le seul sage. Il croit être seul parfait, seul sage. C'est, de tous mes biens, le seul qui me reste. C'est la seule chose qui dépende de moi. Le seul remède à cela est de.... Ce fut là sa seule réponse. Cette seule raison m'eût déterminé. Cette raison m'eût seule déterminé. Dans cette acception, il se place généralement avant le nom, tandis qu'il se met ordinairement après dans le premier sens. Un seul homme, Un homme unique. Un homme seul, Un homme qui se trouve sans compagnie.
La seule pensée de cette action est criminelle, La simple pensée de cette action est criminelle. On dit dans le même sens : La seule idée, la seule proposition en fait frémir. Il les contint par sa seule présence.
Elliptiquement, Le gouvernement d'un seul, La monarchie absolue. On dit de même : Le pouvoir, l'autorité d'un seul.
SEULEMENT
adv.
Uniquement, sans quelqu'un ou quelque chose de plus. Je vous demande seulement votre parole. Dites-lui seulement un mot. Nous serons trois seulement. Laissez-moi seulement reposer un quart d'heure. Souffrez seulement qu'il vienne vous parler. Je crains seulement qu'il n'arrive trop tard.
Il signifie encore À l'instant. Le courrier vient seulement d'arriver.
Il signifie également Du moins, au moins. Si seulement il m'avait écrit.
Il signifie aussi Toutefois, mais. Vous pouvez aller le voir; seulement ne restez pas trop longtemps.
PAS SEULEMENT signifie Pas même. Cet homme, que l'on disait mort, n'a pas seulement été malade.
NON SEULEMENT,loc. adv.
Voyez NON.
SEULET, ETTE
adj.
Diminutif de Seul. On ne le trouve guère que dans des chansons pastorales. Je n'irai plus au bois seulette. Il est vieux.
SÈVE
n. f.
Liquide nutritif formé des sucs que les racines puisent dans le sol et répandent dans toutes les parties d'un végétal. Sève ascendante, descendante. La sève du printemps. La première sève d'un arbre. Quand la sève monte. La sève circule dans les plantes comme le sang dans les animaux.
Il se dit, par extension, d'une Certaine force qui est dans le vin et qui le rend plus agréable. Ce vin est trop vieux, il n'a plus de sève. Ce vin a une bonne sève, une sève agréable, beaucoup de sève.
Il s'emploie aussi figurément. La sève de la jeunesse.
SÉVÈRE
adj. des deux genres
. Qui est rigide, sans indulgence. Un prince sévère. Un juge sévère. Un sévère censeur. Ce père est trop sévère et se fait moins aimer que craindre de ses enfants.
Être sévère à soi-même, pour soi-même, Être rigoureux à l'égard de soi-même, ne se passer aucune faute. On est porté à être plus sévère pour les autres que pour soi-même.
SÉVÈRE se dit aussi des Choses. Un jugement, un arrêt sévère. Une loi sévère. Un châtiment sévère. Une critique sévère. Il fit une sévère réprimande. Un visage, un front, un air sévère. Il lui parla d'un ton sévère.
Il signifie aussi Qui est austère, qui ne se relâche pas. Une vertu sévère. Une morale sévère. Des moeurs sévères.
Il se dit aussi, en termes de Littérature et de Beaux-Arts, de Ce qui est simple et dépouillé, sans ornements superflus, sans vaine recherche d'élégance. Une composition sévère. Un style sévère. Un dessin pur et sévère. Un goût sévère. On dit de même, dans le langage courant : Une tenue sévère. Substantivement, Unir le plaisant au sévère.
Il se dit également d'une Figure qui a plus de régularité que d'attrait. Une beauté sévère. Une physionomie sévère.
SÉVÈREMENT
adv.
D'une manière sévère, avec sévérité. Punir sévèrement. On l'a traité sévèrement. Cela est écrit, composé sévèrement.
SÉVÉRITÉ
n. f.
Rigidité, rigueur, absence d'indulgence. La sévérité des lois. La sévérité d'un juge. La sévérité d'une peine, d'une sentence, d'un arrêt. La sévérité de sa critique. User de sévérité. Traiter avec sévérité.
Il signifie aussi Austérité, grande régularité, absence de relâchement. La sévérité de son caractère, de ses moeurs.
En termes de Littérature et de Beaux-Arts, il signifie Simplicité, dépouillement, absence de vaine recherche d'élégance et d'ornements superflus. La sévérité de cette composition, de ce style. On dit aussi, dans le langage courant : La sévérité de sa tenue.
SÉVICES
n. m. pl.
T. de Procédure
. Mauvais traitements exercés par un mari sur sa femme, par un père sur ses enfants, par un maître sur ses serviteurs, et qui va jusqu'aux coups. Cette femme a intenté à son mari une action en divorce pour sévices graves.
SÉVIR
v. intr.
Exercer la répression avec rigueur. On a justement sévi contre ce scélérat. Il a eu raison de sévir contre ce fils coupable.
Il se dit aussi en parlant des Choses. Les lois ne sauraient trop sévir contre ce genre de crimes. Il faut sévir contre cet abus.
Il se dit figurément, en parlant d'un Fléau, et signifie Agir avec violence. La peste sévit dans l'Inde.
SEVRAGE
n. m.
Action de sevrer un enfant. Il faut remettre à la belle saison le sevrage de cet enfant.
Il se dit aussi du Temps nécessaire pour accoutumer un enfant à se passer de téter et à prendre une autre nourriture. Cet enfant est en sevrage. Pendant son sevrage.
SEVRER
v. tr.
Ôter à un enfant l'usage du lait de sa nourrice pour le faire passer à une autre nourriture. Il n'avait que six mois quand on a été obligé de le sevrer.
Il se dit aussi en parlant des Animaux. Sevrer un veau, un agneau.
Sevrer une marcotte, La séparer de l'arbre, de la plante qui l'a produite.
SEVRER signifie, au figuré, Priver, frustrer quelqu'un de quelque chose. On l'a sevré des avantages que cette place lui procurait. Le fâcheux état de sa fortune l'a obligé à se sevrer de bien des choses.
SEXAGÉNAIRE
adj. des deux genres
. Qui est âgé de soixante ans au moins. Un homme sexagénaire. Une femme sexagénaire.
Il s'emploie aussi substantivement. C'est un sexagénaire.
SEXAGÉSIMAL, ALE
adj.
T. de Mathématiques
. Qui se rapporte au nombre soixante. Fractions sexagésimales, Fractions dont le dénominateur est une puissance de soixante. Division sexagésimale, Division du degré en soixante minutes et de la minute en soixante secondes.
SEXAGÉSIME
n. f.
T. du Calendrier ecclésiastique
. Le dimanche qui précède de quinze jours le premier dimanche de carême. Le dimanche de la Sexagésime.
SEXE
n. m.
Caractère organique qui distingue l'un de l'autre le mâle et la femelle. Sexe masculin, féminin.
Il se dit, par extension, de l'Ensemble des caractères masculins ou féminins. Une femme qui a un courage au-dessus de son sexe.
Il s'emploie collectivement pour désigner les Hommes ou les Femmes. Des personnes des deux sexes, de l'un et de l'autre sexe. À la prise de cette place, on massacra toute la population, sans distinction d'âge ni de sexe.
Le sexe fort, Les hommes.
Le beau sexe, le sexe faible, Les femmes. On dit aussi Le sexe, absolument, ou Les personnes du sexe pour désigner les Femmes, mais ces deux dernières expressions ont vieilli. SEXE se dit aussi en parlant des Plantes. Beaucoup de plantes réunissent les deux sexes dans leurs fleurs.
SEXTANT
n. m.
T. d'Astronomie
. Instrument qui contient la sixième partie d'un cercle, c'est-à-dire soixante degrés, et qui sert à mesurer les angles.
SEXTE
n. f.
T. d'Antiquité romaine
. Troisième partie du jour, qui commençait à la fin de la sixième heure du jour, c'est-à-dire à midi.
En termes de Liturgie catholique, il se dit de Celle des heures canoniales qui doit être chantée vers la sixième heure du jour. Prime, tierce, sexte, none.
SEXTIDI
n. m.
Sixième jour de la décade, dans le calendrier républicain.
SEXTIL, ILE
adj.
T. d'Astrologie
. Distance de deux planètes éloignées l'une de l'autre de soixante degrés. Aspect sextil.
SEXTUOR
n. m.
T. de Musique
. Morceau de musique pour six voix ou pour six instruments.
SEXTUPLE
adj. des deux genres
. Qui vaut six fois une quantité donnée. Douze est sextuple de deux.
Il s'emploie aussi comme nom masculin. Le sextuple de deux est douze.
SEXTUPLER
v. tr.
Rendre une quantité six fois plus grande, multiplier un nombre par six.
SEXUEL, ELLE
adj.
Qui a rapport au sexe, chez l'homme et les animaux et dans les plantes. Les différences sexuelles. Les parties sexuelles. Les organes sexuels. Instinct sexuel.
SEYANT, ANTE
adj.
Qui sied, qui convient, qui va bien. Une couleur seyante. Une robe seyante.
SHAH
n. m.
Voyez SCHAH.
SHAKO
(SH se prononce CH.)n. m.
Coiffure militaire rigide, portée autrefois par les hussards, les chasseurs et la plupart des corps d'infanterie et qu'ont seulement conservée les Saints-Cyriens et la garde républicaine à pied.
SHÉRIF
(SH se prononce CH.)n. m.
Officier municipal en Angleterre, chargé de différentes fonctions de police et de justice.
SHILLING
(On prononce CHELIN.)n. m.
Monnaie d'argent en usage en Angleterre. Vingt shillings font une livre.