Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 636 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Menace

 

n. f.

Parole ou geste dont on se sert pour marquer à quelqu'un sa colère, son ressentiment et pour lui faire craindre le mal qu'on lui prépare. Terrible, furieuse menace. Vaine menace. Faire des menaces. User de menaces envers quelqu'un. Je ne crains guère ses menaces. Des discours pleins de menaces. Écrire des lettres de menaces. L'effet a suivi de près la menace. Braver des menaces. Ses menaces sont restées sans effet.

La menace d'une chose, Les signes, les pronostics qui font craindre cette chose. Les menaces de l'orage. La menace de la tempête.

Fig. et fam., Menaces en l'air, Menaces qui ne sont pas sérieuses.

 

MENACER

 

v. tr.

Faire des menaces. Il est venu me menacer chez moi. Menacer quelqu'un de l'oeil, de la main. Menacer avec une canne. Absolument, Il jure, il menace.

Il signifie, par extension, Pronostiquer, faire craindre quelque malheur, quelque accident peu éloigné. Ce vent-là nous menace d'un grand orage. Les divisions qui règnent dans ce pays le menacent d'une guerre civile. Il a échappé aux périls, aux malheurs qui le menaçaient. Ce fleuve débordé menace de submerger toute la plaine.

Être menacé de fièvre, d'apoplexie, de phtisie, etc., Avoir à craindre d'être atteint prochainement par une de ces maladies. On dit, dans un sens analogue, Être menacé d'une disgrâce, d'une banqueroute, etc.

Menacer ruine se dit d'un Bâtiment qui est près de tomber. Cet édifice menace ruine. Il se dit quelquefois figurément. Cet établissement, cet empire menace ruine.

Fig. et poétiquement, Menacer le ciel, les cieux, se dit de Certains objets fort élevés. Ces montagnes, ces arbres, ces tours menacent le ciel, les cieux.

 

MÉNADE

 

n. f.

Bacchante; femme qui, chez les anciens, célébrait les fêtes de Bacchus et se livrait à un délire qui allait jusqu'à la fureur. Une ménade échevelée. Les fureurs des ménades.

 

MÉNAGE

 

n. m.

Gouvernement domestique et tout ce qui concerne la dépense et l'entretien d'une famille. Il a un lourd ménage sur les bras. Être dans son ménage. Un ménage bien réglé, bien ordonné. Il donne tant à sa femme pour la dépense du ménage, pour faire aller le ménage. Ménage de garçon. Il a le soin du ménage. Ils font ménage ensemble. Ils font ménage commun. Il s'est mis en ménage depuis peu. Les détails du ménage. La tenue, la conduite du ménage.

Toile de ménage, Toile dont le fil était fait dans les maisons particulières et qui avait plus de corps que celle que les marchands vendent ordinairement.

Pain de ménage, Pain que l'on cuit dans les maisons particulières et qui est ordinairement d'une farine moins fine, d'une pâte moins légère que le pain de boulanger. Il se dit aussi du Pain de même nature que les boulangers vendent sous ce nom.

Liqueurs de ménage, Liqueurs qu'on fait chez soi et pour son usage particulier.

Fam., Avoir ménage en ville, Entretenir une maîtresse.

MÉNAGE se dit aussi des Meubles et ustensiles nécessaires à un ménage. Cette somme l'aidera à monter son ménage. Son ménage s'en va pièce à pièce. Articles de ménage.

Petit ménage, et quelquefois Ménage, Ustensiles de ménage en réduction que l'on donne comme jouet aux petits enfants.

MÉNAGE signifie encore le Soin qu'on donne à l'arrangement et à la propreté des meubles d'un appartement. Cette servante est plus propre au ménage qu'à la cuisine. Faire le ménage.

Femme de ménage, Femme qui vient du dehors pour prendre soin des choses du ménage. On dit, dans un sens analogue, Faire des ménages. Cette femme gagne sa vie à faire des ménages.

MÉNAGE désigne collectivement Toutes les personnes dont une famille est composée. Il y a trois ou quatre ménages logés dans cette maison.

Il se dit également de l'Association d'un homme et d'une femme mariés ensemble. Mettre sa fille en ménage. Se mettre en ménage. Entrer en ménage. Troubler un ménage. Un jeune ménage. Un ménage uni. Un ménage bien assorti.

Faux ménage se dit de Deux personnes vivant maritalement sans être mariées.

Faire bon ménage, mauvais ménage, se dit d'un Mari et d'une femme qui vivent en bonne, en mauvaise intelligence. Par extension, Ces deux personnes font bon ménage ensemble. Ce chien et ce chat font bon ménage.

 

MÉNAGEMENT

 

n. m.

Circonspection, mesure dont on use à propos de quelqu'un ou de quelque chose. Il est malheureux, il faut avoir de grands ménagements pour lui, il faut user de ménagements envers lui, employer, garder des ménagements avec lui. Cette affaire est délicate, il faut s'y conduire avec beaucoup de ménagement. Il a une santé fragile qui demande beaucoup de ménagement. On l'a traité sans ménagement.

Il s'emploie surtout au pluriel. Avoir des ménagements pour quelqu'un. User de ménagements envers quelqu'un.

 

MÉNAGER, ÈRE

 

adj.

Qui administre avec épargne, avec économie. C'est un homme très ménager de ses deniers. Il n'est pas assez ménager de son bien. Les jeunes gens ne sont guère ménagers, ne sont pas assez ménagers.

Par extension, Il n'est pas assez ménager de sa santé. L'homme sage est ménager du temps et des paroles.

Il signifie aussi, en parlant des Choses, Qui a rapport à l'administration du ménage. L'enseignement ménager.

Il s'emploie aussi comme nom, surtout au féminin. Elle est bonne ménagère.

MÉNAGÈRE se dit aussi d'une Servante qui a soin du ménage de quelqu'un. Il a chez lui une ménagère dont il est fort content. Il a vieilli dans ce sens.

 

MÉNAGER

 

v. tr.

Dépenser avec circonspection, avec prudence. Ménager sa fortune, son revenu. Cette petite rente suffira à vous faire vivre, à condition de la ménager.

Ménager sa santé, ses forces, En user avec prudence. Par extension, Il se ménage, Il prend soin de sa santé, il ne va pas jusqu'au bout de ses forces. Vous n'êtes pas encore tout à fait guéri, et, si vous ne vous ménagez, vous retomberez malade.

Ménager ses paroles, Parler peu. Ménager les termes, les expressions, Parler avec circonspection.

Fig., Ménager le temps, ménager son temps, Ne pas le perdre, en faire un bon emploi.

Ménager ses pas, Craindre de se fatiguer en marchant. Il signifie figurément Éviter de faire des démarches, en faire le moins qu'on peut. Il craint de se déranger, il ménage bien ses pas.

Ménager une étoffe, L'employer si bien qu'il n'y ait rien de perdu.

Il signifie aussi Se servir d'un être ou d'une chose de façon qu'ils restent en bon état. Ménager son cheval, sa monture. Ménager ses habits. Ménager un meuble. Ménager sa voix.

Ménager des troupes, Prendre garde de les fatiguer inutilement, de les exposer mal à propos.

Prov. et fig., Qui veut voyager loin ménage sa monture, Il faut éviter les excès si l'on veut avoir longue vie; il faut user avec ménagement des choses dont on veut se servir longtemps.

Ménager une chose à quelqu'un, La lui procurer, la lui réserver. Je lui ai ménagé une place, un emploi. Vous m'avez ménagé une surprise agréable. Je me suis ménagé une entrevue avec lui. Se ménager la bienveillance de quelqu'un. Se ménager des ressources pour l'avenir.

Ménager l'occasion, les occasions, Préparer le moment, la circonstance favorable pour faire quelque chose. On dit dans le même sens Ménager ses effets.

Ménager les intérêts de quelqu'un, Avoir soin de les conserver, de ne pas les compromettre.

N'avoir rien à ménager avec quelqu'un, N'avoir plus de mesure à garder avec lui.

Il signifie, par extension, Disposer avec adresse, avec art. Il a ménagé un accommodement entre deux ennemis qui se croyaient irréconciliables. Ménager une trêve, une entrevue.

Ce chanteur ménage bien sa voix, Il la conduit bien, il en tire le meilleur parti.

Cet auteur a bien ménagé les péripéties de son drame, l'intrigue de sa comédie, Il les a disposées avec art. Par extension, Ménager la transition, ménager les transitions, Ne pas passer trop brusquement d'un état à un autre. Avant de traiter en allié cet ennemi d'hier, il sera bon de ménager la transition.

Ce peintre a bien ménagé l'ombre et la lumière dans son tableau, Il les a distribuées habilement.

Ménager un escalier dans un bâtiment, un cabinet dans un appartement, etc., Faire en sorte qu'il s'y trouve de la place pour un escalier, pour un cabinet, etc., sans gâter le dessin principal. On dit aussi Ménager une perspective dans un jardin.

Il signifie encore figurément, en parlant des Personnes, Traiter avec ménagement, avec égard, de manière à ne point offenser, à ne point déplaire. C'est un homme qu'il faut ménager, qu'il importe de ménager. C'est un homme à ménager. Puisqu'il se pose en ennemi, on ne le ménagera point.

Prov. et fig., Ménager la chèvre et le chou. Voyez CHÈVRE.

Ménager quelqu'un signifie aussi L'épargner, user modérément de la supériorité, de l'avantage qu'on a sur lui. Vous êtes plus fort que lui, vous avez plus d'esprit que lui, ménagez-le. Ménager un adversaire, un partenaire.

 

MÉNAGERIE

 

n. f.

Endroit où sont réunis, en vue de l'étude de la Zoologie, les principales espèces d'animaux. La ménagerie du Jardin des Plantes.

Il désigne aussi une Collection ambulante d'animaux généralement sauvages que l'on mène de foire en foire.

Il désigne, par analogie, une Collection de jouets d'enfants qui reproduisent en réduction les principales espèces d'animaux.

 

MENDIANT, ANTE

 

n.

Celui, celle qui fait profession de mendier. Cette ville est pleine de mendiants. Il y a toujours plusieurs mendiants à la porte de cette église. Faire l'aumône à un mendiant. Une vieille mendiante.

Par apposition, Religieux mendiants, moines mendiants, Ceux qui vivent de quête, d'aumône. Les Capucins, les Franciscains sont des moines mendiants. Par extension, Ordres mendiants.

Les quatre mendiants se disait autrefois des Quatre ordres religieux : les Jacobins, les Franciscains, les Augustins et les Carmes.

Fig., Les quatre mendiants se dit de Quatre sortes de fruits secs, qui sont les figues, les noisettes, les raisins et les amandes, et dont on fait des assiettes de dessert. Une assiette des quatre mendiants, ou, plus souvent, Une assiette de mendiants.

 

MENDICITÉ

 

n. f.

État d'indigence qui amène à mendier. Il est réduit à la mendicité.

Il désigne aussi le Fait de mendier et les mendiants pris collectivement. La mendicité est interdite. Dépôt de mendicité.

 

MENDIER

 

v. intr.

Demander l'aumône. Il est défendu de mendier dans cette ville.

Il s'emploie aussi transitivement et signifie Solliciter à titre d'aumône. Mendier son pain.

Fig., Mendier son pardon. Mendier le secours, l'assistance, la protection de quelqu'un. Mendier des lettres de recommandation. Mendier des compliments. Il va mendier les suffrages des uns et des autres.

 

MENEAU

n. m.

T. d'Architecture

. Montant ou traverse de bois, de pierre ou de fer qui partage l'ouverture d'une croisée. Les meneaux d'une fenêtre gothique.

 

MENÉE

 

n. f.

Pratique secrète et artificieuse dont on se sert pour faire réussir quelque dessein. Menée sourde. Dangereuse menée. Menées souterraines. J'ai épié, j'ai découvert ses menées. Il a tant fait par ses menées, que...

En termes de Chasse, Suivre la menée, être à la menée de la bête, Prendre la route de la bête qui fuit.

 

MENER

 

v. tr.

Conduire quelqu'un vers un être ou une chose. Vous savez le chemin, menez-nous. Si vous n'y êtes jamais allé, je vous y mènerai. Mener un enfant à l'école. Mener la mariée à l'autel. Mener un aveugle par la main. Menez-moi chez lui. Mener des troupes au combat, à l'assaut, au feu.

Par extension, Ce chemin mène à tel endroit, On va, par ce chemin, à tel endroit.

Prov., Tout chemin mène à Rome. Voyez CHEMIN. Cela ne mène à rien, On n'en saurait espérer aucun avantage.

Prov. et fig., C'est un aveugle qui mène l'autre. On dit aussi C'est un aveugle qui en conduit un autre. Voyez AVEUGLE.

MENER signifie aussi Conduire par force en quelque endroit. Mener en prison. On le menait au supplice.

Mener le deuil, dans une cérémonie funèbre, Être à la tête des parents, des amis, de toutes les personnes qui forment le cortège. On dit plutôt aujourd'hui Conduire le deuil.

Mener la danse, Être à la tête de ceux qui dansent. On a dit dans le même sens Mener le branle.

Fig., Mener la danse, Entraîner les autres, prendre l'initiative et la direction d'un mouvement. Une terrible rébellion s'organise : c'est ce fameux agitateur qui mène la danse. On dit aussi Mener le branle, mener le jeu.

MENER se dit aussi des Animaux. Mener les bêtes aux champs. Mener paître des vaches. Mener les chevaux boire, les mener à l'abreuvoir. Mener les chevaux au marché. Mener un cheval à la main. Mener des chiens en laisse.

Fig., Mener de front. Voyez FRONT.

MENER signifie également Diriger un véhicule, une embarcation. Mener une charrette. Mener un bateau, une barque. Absolument, J'ai un cocher qui mène grand train.

Fig., Mener bien sa barque. Voyez BARQUE.

MENER signifie aussi Voiturer quelqu'un ou quelque chose. Mener du blé au marché, des marchandises à la foire, du bois par bateau. J'ai là ma voiture, voulez-vous que je vous mène quelque part?

MENER signifie en outre Se faire accompagner de ou par. Il mène bien des gens à sa suite. Il mena tout son monde avec lui.

MENER signifie au figuré Faire agir, gouverner quelqu'un à sa guise. Il le mène comme il veut. C'est un pauvre homme, il se laisse mener par sa femme.

Fig. et fam., Mener quelqu'un à la baguette. Voyez BAGUETTE.

Fig. et fam., Mener quelqu'un par le nez, par le bout du nez, Abuser de l'ascendant qu'on a sur quelqu'un pour lui faire faire tout ce qu'on veut. C'est un homme à mener par le nez, C'est un homme faible, crédule, sans caractère.

Fig. et fam., Mener quelqu'un en lisière, tenir en lisières, Tenir sous sa dépendance.

Fig. et fam., Mener quelqu'un en laisse. Voyez LAISSE.

Mener doucement quelqu'un, Le conduire avec ménagement, l'épargner, éviter de le fâcher, de le révolter. C'est un enfant timide, menez-le doucement. Mener rudement quelqu'un, Le forcer à faire ce qu'on veut.

Fig. et fam., Mener quelqu'un tambour battant, le mener bon train, grand train. Voyez BATTRE et TRAIN.

Mener loin quelqu'un, L'engager dans une affaire plus qu'il ne lui conviendrait; l'entraîner dans une démarche dont on ne peut prévoir les conséquences. Si vous prenez ses paroles pour des vérités, il vous mènera loin. Dans un sens un peu différent, Mener loin quelqu'un, Lui donner bien de la peine, lui susciter bien des ennuis.

Il signifie, en termes de Chasse, Forcer à suivre. Le cerf a mené bien loin la chasse; il l'a menée jusqu'à tel endroit.

MENER se dit aussi figurément de Ce qui dirige, de ce qui détermine les hommes. L'ambition, l'intérêt le mène. Le talent mène plus souvent à la réputation qu'à la fortune. Le jeu mène loin.

MENER signifie encore, en parlant des Choses, Administrer, diriger. Mener la maison, le ménage. Mener une négociation, une affaire. Une affaire bien menée.

Fam., Mener rondement une affaire, La traiter avec activité, avec promptitude, sans trop s'attacher aux détails.

Mener une vie sainte, une vie honnête, une vie exemplaire, une vie scandaleuse, Vivre saintement, honnêtement, de manière exemplaire, scandaleusement, etc.

Mener un train, un grand train, grand train. Mener la vie à grandes guides. Voyez TRAIN, GUIDE.

Fig., Mener grand deuil de quelque chose, En être fort attristé.

Fam., Mener grand bruit, Faire grand fracas.

Par extension, Mener loin quelqu'un, lorsqu'il s'agit de choses qui se dépensent ou se consomment, signifie Fournir longtemps aux besoins de quelqu'un, lui durer longtemps. Ces provisions peuvent encore nous mener loin. Il s'emploie plus ordinairement avec la négation. Cet argent ne le mènera pas loin, pas bien loin, guère loin. Ces munitions ne nous mèneront pas loin, ne peuvent nous mener bien loin.

On dit absolument Cela ne mène pas loin.

 

MÉNESTREL

 

n. m.

Poète et musicien qui allait, au moyen âge, de châteaux en châteaux, chantant des vers composés par lui ou par d'autres.

 

MÉNÉTRIER

 

n. m.

Violoniste de village qui escorte les noces et fait danser les invités. Deux ménétriers précédaient le cortège. Faire jouer les ménétriers.

 

MENEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui mène. Meneur d'ours, Celui qui mène un ours dans les rues et qui gagne sa vie à lui faire faire des tours pour le plaisir des passants.

MENEUR se dit aussi de Celui qui amène les nourrices aux bureaux qui se chargent de leur procurer des nourrissons.

Il se dit, figurément et familièrement, de Celui qui, dans une société, une réunion, une entreprise, prend de l'ascendant sur les autres, les guide et met toutes gens en mouvement et toutes choses en train. Il est le meneur infatigable de toutes les fêtes, de toutes les réjouissances.

Il se dit particulièrement des Chefs d'une intrigue, d'une faction. Cette sédition a été l'oeuvre de quelques meneurs. On arrêta les meneurs.

 

MENHIR

 

n. m.

Il se dit des Blocs de pierre de forme allongée, d'une hauteur quelquefois considérable, dressés par les populations préhistoriques, que l'on trouve en France, notamment en Bretagne.

 

MÉNIANE

 

n. f.

T. d'Architecture

. Petite terrasse ou balcon en avant-corps, ménagé pour jouir de la vue du dehors et ordinairement fermé de jalousies. Il n'est guère usité qu'en parlant des Constructions d'Italie.

 

MÉNIANTHE

 

n. m.

T. de Botanique

. Plante de la famille des Gentianes, à fleurs en bouquets et à feuilles semblables à celles du trèfle, qui croît dans les marais et dont on fait usage en médecine. On la nomme aussi Trèfle d'eau. On écrit aussi MINYANTHE.

 

MENIN

 

n. m.

Jeune homme qui, dans l'ancienne France, était attaché particulièrement à la personne du Dauphin.

 

MÉNINGE

 

n. f.

T. d'Anatomie

. Chacune des trois membranes qui enveloppent le cerveau et qui se nomment la Dure-mère, la Pie-mère et l'Arachnoïde.

MÉNINGITE

 

n. f.

T. de Médecine

. Nom générique donné aux diverses inflammations des méninges.

 

MÉNISQUE

 

n. m.

T. d'Optique

. Verre convexe d'un côté et concave de l'autre.

Il désigne aussi la Surface terminale du liquide dans la chambre barométrique, concave ou convexe, suivant la nature de ce liquide.

 

MÉNOLOGE

 

n. m.

Traité sur le système de la division en mois adoptée par tel ou tel peuple.

Il se dit, par extension, du Martyrologe, ou calendrier de l'Église grecque, divisé en douze parties, pour les douze mois de l'année.

 

MÉNOPAUSE

 

n. f.

T. de Médecine

. Cessation de la fonction menstruelle chez la femme.

 

MENOTTE

 

n. f.

Mains d'un enfant. Prends ce joujou dans tes gentilles petites menottes.

Il se dit, au pluriel, du Lien de fer ou de corde qu'on met aux poignets d'un prisonnier, d'un malfaiteur, pour lui ôter l'usage des mains. Mettre les menottes à un prisonnier. On dit plus spécialement CABRIOLET.

 

MENSE

 

n. f.

Il se disait du Revenu d'une abbaye, d'un évêché, etc. Mense abbatiale. Mense conventuelle. Mense épiscopale.

 

MENSONGE

 

n. m.

Propos contraire à la vérité, tenu avec dessein de tromper. Un mensonge impudent. Dire, faire, inventer, forger un mensonge. Débiter des mensonges. Soutenir, réfuter, combattre un mensonge. Être dupe d'un mensonge. Discerner le mensonge d'avec la vérité.

Mensonge innocent, Mensonge sans conséquence, qui ne peut nuire à personne. Le mensonge que je vous ai fait est bien innocent et ne mérite pas tant de reproches.

Mensonge pieux, Mensonge fait dans l'intention d'être utile ou agréable à quelqu'un. Plutôt que de l'alarmer sur son état, j'ai cru devoir lui faire un mensonge pieux.

Dans le langage de l'Écriture, L'esprit du mensonge, le père du mensonge, Le diable.

Dans le langage poétique, il signifie Fable, fiction, invention. La poésie vit de mensonges. Les aimables mensonges de la Fable.

MENSONGE signifie aussi, figurément, Erreur, vanité, illusion. Le monde n'est que mensonge.

 

MENSONGER, ÈRE

 

adj.

Qui repose sur un mensonge. Histoire mensongère. Discours mensonger. Les plaisirs mensongers. Promesse mensongère. Caresses mensongères.

 

MENSONGÈREMENT

 

adv.

D'une manière mensongère.

 

MENSTRUATION

 

n. f.

T. de Médecine

. Ensemble des phénomènes qui, à des intervalles mensuels, se manifestent dans les organes génitaux de la femme.

 

MENSTRUEL, ELLE

adj.

T. de Médecine

. Qui arrive tous les mois, qui a rapport à la menstruation. Le sang, le flux menstruel.

 

MENSTRUES

 

n. f. pluriel

. T. de Médecine

. Écoulement de sang auquel les femmes qui ne sont point grosses sont sujettes tous les mois, depuis l'âge de la puberté jusqu'à la ménopause.

 

MENSUALITÉ

 

n. f.

Somme d'argent qu'on verse mois par mois d'après des conventions. Il n'a pu verser la dernière mensualité de l'année à la compagnie d'assurances. S'acquitter d'une dette par mensualités. Il désigne aussi la Partie de son traitement annuel qu'un fonctionnaire, un employé reçoit chaque mois. Toucher sa mensualité.

 

MENSUEL, ELLE

 

adj.

Qui a lieu ou qui se se fait tous les mois. État mensuel de recettes, de dépenses. Réunion mensuelle. Dîner mensuel. Publication mensuelle.

 

MENSUELLEMENT

 

adv.

D'une manière mensuelle. Payer mensuellement.

 

MENSURATION

 

n. f.

Moyen par lequel, en médecine, en anthropologie, etc., on se rend compte des dimensions d'un être vivant ou de quelque partie de son corps. La mensuration des conscrits au conseil de révision. Mensuration du thorax.

 

MENSURER

v. tr.

Soumettre à la mensuration. L'individu arrêté a été mensuré à son arrivée au Dépôt.

 

MENTAL, ALE

 

adj.

Qui se fait, qui s'exécute dans l'esprit, dans l'entendement. Opérations mentales. Calcul mental, Opération arithmétique qui se fait de tête, sans le secours de chiffres inscrits sur du papier ou sur un tableau. Oraison mentale, Oraison qui se fait sans articuler aucune parole. Restriction mentale, Réserve tacite qu'on fait d'une partie de ce qu'on pense, pour induire en erreur ceux à qui on parle.

Il signifie aussi Qui a rapport à l'entendement. Aliénation mentale. Voyez ALIÉNATION. Maladies mentales, Celles qui dérangent les fonctions intellectuelles.

 

MENTALEMENT

 

adv.

D'une manière mentale. Prier, pécher mentalement.

 

MENTALITÉ

 

n. f.

État d'esprit, habitudes de pensée. La mentalité germanique. La mentalité du public. La mentalité de la génération nouvelle.

 

MENTERIE

 

n. f.

Propos par lequel on donne pour vrai ce qu'on sait être faux. Tout ce que vous me dites n'est que menterie, est pure menterie. Je ne suis pas dupe de vos menteries. Il est plus familier que Mensonge et s'applique à des choses moins graves.

 

MENTEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui ment, qui a l'habitude de mentir. C'est un menteur fieffé, un menteur de profession.

Adjectivement, Une femme menteuse. Par analogie, Langage menteur. Physionomie menteuse.

Prov. et fam., Il est menteur comme un arracheur de dents. Voyez ARRACHEUR. En termes de l'Écriture, Tout homme est menteur, Tout homme est sujet à tromper.

 

MENTHE

 

n. f.

Plante odoriférante, de la famille des Labiées. Menthe poivrée. Alcool, pastilles de menthe.

 

MENTHOL

 

n. m.

T. de Chimie et de Médecine

. Principe essentiel cristallisé tiré de la feuille de menthe. Le menthol s'obtient aussi par la synthèse chimique.

 

MENTION

 

n. f.

Action de mentionner. Faire mention de quelqu'un, de quelque chose; en faire une mention élogieuse; n'en faire qu'une légère mention; en faire mention dans un traité, dans un contrat, dans l'histoire, etc. Il est fait mention de vous dans cet ouvrage. Mention honorable au procès-verbal.

Mention honorable, ou simplement Mention, Distinction décernée dans un concours ou dans un examen. Il a été reçu au baccalauréat avec mention. Mention très honorable.

 

MENTIONNER

 

v. tr.

Citer, indiquer de vive voix ou par écrit. Il faut mentionner cette proposition au procès-verbal. Ce qui a été mentionné ci-dessus. Cela résulte des faits que nous venons de mentionner.

 

MENTIR

 

v. intr.

Dire, affirmer pour vrai ce qu'on sait être faux. La loi de Dieu défend de mentir. Ne le croyez pas, il ment, il ne fait que mentir. Il ment impudemment, effrontément. Ne pas mentir d'un mot, d'un seul mot. Mentir à sa conscience.

Par extension, Sa physionomie ment, ne ment pas, se dit d'une Personne dont le visage déguise ou annonce le caractère.

Il en a menti, Il a menti sur la chose dont il s'agit. Pour rendre cette expression plus forte, on disait Il en a menti par sa gorge, par la gorge.

Mentir à son passé, Donner un démenti à sa conduite passée.

Sans mentir, à ne point mentir, En vérité, à dire vrai. Sans mentir, c'est un méchant homme.

Faire mentir le proverbe, Faire une chose qui est contraire à l'opinion établie par quelque adage très répandu.

Prov., À beau mentir qui vient de loin, Un homme qui vient d'un pays éloigné peut facilement en imposer.

Prov. et fig., Bon sang ne peut mentir, Les personnes nées d'honnêtes parents ne dégénèrent point.

 

MENTON

 

n. m.

Partie du visage qui est au-dessous de la bouche. Menton pointu, fourchu, long, court, rond, plat. Menton en galoche, Menton qui avance.

Fig. et fam., Avoir deux mentons, double, triple menton, se dit d'une Personne replète qui a le dessous du menton fort gras.

Fam., Attendez d'avoir de la barbe au menton, Pour traiter de ces choses-là, attendez d'être plus âgé.

Il n'a pas de barbe au menton, Il est très jeune, il est étourdi comme un très jeune homme.

MENTON se dit aussi du Dessous de la mâchoire inférieure de certains animaux. Le menton d'un cheval, d'une chèvre, d'un bouc.

 

MENTONNET

 

n. m.

T. d'Arts

. Pièce de fer qui reçoit le bout du loquet.

 

MENTONNIÈRE

 

n. f.

Il se disait de la Partie inférieure de la visière des casques qui protégeait la mâchoire inférieure.

Il se disait aussi de la Bande de toile ou d'étoffe qui tenait autrefois aux masques et dont on se couvrait le menton. Il n'y a plus que le masque d'Arlequin qui ait conservé la mentonnière.

MENTONNIÈRE se dit aussi d'une Bande de toile dont on enveloppe le menton dans les cas de blessure ou de fluxion.

Par analogie, il se dit, en termes d'Arts, du Tasseau triangulaire qui relève en avant la casse des typographes; du Plateau saillant du fourneau de l'émailleur, etc.

 

MENTOR

 

(EN se prononce AIN.)n. m.

Celui qui sert de guide, de conseiller à quelqu'un, par allusion à un personnage du Télémaque, de Fénelon, emprunté à l'Odyssée d'Homère. Donner un mentor à un jeune homme. Vous servirez de mentor à cette jeunesse. Vous êtes bien jeune pour faire le mentor.

 

MENU, UE

 

adj.

Qui est délié, qui a peu de volume, peu de grosseur. Elle a le corps fort menu. Cette corde est trop menue. Il a les bras, les doigts menus, les jambes menues. Une écriture fort menue. Menu bois. Pluie, grêle menue. Herbe menue. Menu fretin.

Menu plomb, Celui dont on se sert pour tirer aux petits oiseaux.

Menu gibier, par opposition à Gros gibier, se dit des Ortolans, cailles, grives, mauviettes et autres petits oiseaux.

Menu bétail, Brebis, moutons, etc., par opposition à Gros bétail, Boeufs, vaches, etc.

Menus grains, Les pois, les lentilles, la vesce, le millet, etc. Menu grain se dit aussi, à la campagne, du Grain de moins de valeur qui est jeté à la volaille.

Menues pailles, Balles de céréales.

Menue monnaie, Petite monnaie, monnaie de billon.

Menu peuple, Les gens de petite condition.

MENU signifie aussi, figurément, Qui est de peu d'importance. Les menues réparations sont à la charge du locataire. Menus frais. Menus détails. Menus propos.

Menus plaisirs, Dépenses d'amusements et de fantaisie. Ce jeune homme a tant par semaine, par mois pour ses menus plaisirs.

Menus plaisirs, Nom qu'on donnait à certaines dépenses du roi, qui étaient réglées par une administration particulière et qui avaient pour objet les cérémonies, les fêtes, les spectacles de la cour, etc. Intendant, trésorier des Menus plaisirs, ou simplement des Menus.

MENU se prend aussi substantivement. Compter par le menu, Avec un grand détail. Dans le même sens : Je vous dirai, je vous raconterai, je vous expliquerai la chose par le menu. Vous saurez tout par le menu.

Le menu d'un repas, L'ensemble des mets qui composent un repas. Vous nous avez préparé un succulent menu.

Il se dit aussi de la Liste détaillée des mets qui seront servis au cours du repas. Placer un menu devant chaque convive. Consulter le menu. Un menu gravé, illustré. Emporter son menu comme souvenir.

MENU s'emploie aussi comme adverbe et signifie En tout petits morceaux. Hachez cela menu.

Fig. et fam., Vous serez hachés menu comme chair à pâté.

Écrire menu, Écrire en lettres fort petites.

Marcher, trotter dur et menu, Marcher vite et à petits pas.

 

MENUAILLE

 

n. f.

Quantité de petites monnaies. Il a payé en menuaille.

Il désigne aussi Une quantité de petits poissons. On a mis dans cette matelote beaucoup de menuaille.

Il se dit, généralement, de Toute sorte de petites choses qu'on met au rebut. Que voulez-vous faire de cette menuaille?

Ce mot est familier dans toutes ses acceptions et a vieilli.

 

MENUET

 

n. m.

Air à danser, dont la mesure se bat à trois temps, dans lequel il y a un repos de quatre en quatre mesures et qui est composé de deux reprises. Jouer un menuet. Air de menuet.

Il se dit aussi de la Danse adaptée sur cet air. Un pas de menuet. La figure du menuet. Danser un menuet.

Il se dit aussi d'un Morceau qui vient après l'andante dans une symphonie ou un quatuor.