Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 368 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Entonner

 

v. tr.

Mettre un air sur le ton. Entonner les notes. Entonner un air. Absolument, Bien entonner. Mal entonner.

Il signifie aussi Chanter le commencement, les premières paroles d'une hymne, d'un psaume, d'une antienne, d'un air, etc. Entonner le Te Deum, le Magnificat. Entonner des cantiques. Il entonna une chanson grivoise. Absolument, Il a entonné si haut que le choeur n'a pas pu le suivre.

Fig., Entonner les louanges de quelqu'un, Se mettre à célébrer quelqu'un.

 

ENTONNOIR

 

n. m.

Instrument qui sert à entonner un liquide. Entonnoir de bois. Entonnoir de fer-blanc. Entonnoir de verre.

Dans la langue technique, il se dit souvent de Choses qui en rappellent la forme, telles que, en termes de Botanique, Certaines fleurs, certains champignons. Entonnoir de Provence. Entonnoir vénéneux. Etc. Certaines cavités, par exemple, en termes d'Anatomie, la Sorte de fossette qu'on trouve entre la base du pilier antérieur de la voûte du cerveau et la partie antérieure du point de réunion des nerfs optiques; en termes de Géologie, l'Ouverture circulaire d'un volcan éteint; en termes militaires, l'Espèce de cratère qui résulte de l'explosion d'une mine, d'un obus.

 

ENTORSE

 

n. f.

Distension violente et douloureuse des ligaments, et en général des parties molles qui entourent une articulation. Se donner une entorse au poignet, au pied.

Fig. et fam., On lui a donné une entorse, se dit en parlant de Quelqu'un en place, en faveur, dont on a diminué par quelque moyen l'autorité ou le crédit. On dit dans le même sens, Sa fortune, son crédit a souffert une rude entorse.

Fig. et fam., Donner une entorse à un passage, Le détourner de son vrai sens, de son sens naturel.

Fig. et fam., Donner une entorse à la vérité, au droit, à la loi, Altérer, fausser la vérité, le droit, la loi.

 

ENTORTILLAGE

(ILL se prononce IYA dans ce mot et IYE dans les deux suivants.)n. m. Ce qui, dans des paroles ou dans un écrit, est entortillé, obscur, prétentieux. Il y a dans ce style bien de l'entortillage.

 

ENTORTILLEMENT

 

n. m.

Action de ce qui s'entortille autour de quelque chose, ou État d'une chose entortillée autour d'une autre. L'entortillement du lierre, de la vigne, des fils télégraphiques.

 

ENTORTILLER

 

v. tr.

Envelopper un objet dans quelque chose que l'on tortille ou Tortiller quelque chose autour d'un objet. Entortillez cela dans du papier. Entortiller une ficelle autour d'un paquet. S'entortiller dans son manteau, dans sa couverture.

S'ENTORTILLER se dit souvent des Choses qui s'attachent à d'autres en faisant plusieurs tours. La vigne, le lierre s'entortille autour des ormeaux.

Fig., Entortiller quelqu'un, Le circonvenir, l'envelopper de ruses, de séductions. J'étais décidé à refuser, mais il m'a entortillé.

ENTORTILLER signifie encore au figuré Exprimer quelque chose d'une manière embarrassée, obscure, trop recherchée, soit à dessein, soit par défaut de netteté dans les idées. Entortiller son style, ses idées. Il entortille ses phrases de manière qu'on n'y peut rien comprendre. Pensée entortillée. Style entortillé.

 

ENTOUR

 

n. m.

Il est inusité au singulier, sauf dans la locution À l'entour. Voyez ALENTOUR.

 

ENTOURAGE

 

n. m.

Ce qui entoure un objet, en guise d'ornement. Entourage de fleurs, de perles.

Il se dit figurément de Ceux qui entourent ordinairement quelqu'un, qui vivent dans sa familiarité. Cet homme a un mauvais entourage. Son entourage nuit à sa réputation.

 

ENTOURER

v. tr.

Mettre, disposer autour, ou Être, se tenir autour de. Entourer une ville de murailles. Ils l'entourèrent et le saisirent. Les gardes qui l'entouraient. Fig., Être entouré de dangers. Entourer quelqu'un de soins.

Il signifie particulièrement Former la société, la compagnie habituelle de quelqu'un. Il fait le malheur de tous ceux qui l'entourent. Les gens qui entourent ce prince le trompent. Il n'est entouré que de flatteurs. Être bien entouré, mal entouré.

S'ENTOURER signifie Réunir autour de soi, admettre dans son intimité, dans sa confiance. Il voulut s'entourer des hommes les plus habiles, les plus sages.

Il se dit aussi en parlant des Choses. S'entourer d'objets d'art, de livres précieux. On dit encore S'entourer de conseils.

Fig., S'entourer de précautions, de mystère, Prendre beaucoup de précautions, agir avec mystère.

 

ENTOURNURE

 

n. f.

T. de Tailleur et de Couturière

. Partie du vêtement qui fait le tour du bras à l'endroit où s'ajuste la manche. Ce corsage, cet habit a les entournures trop étroites.

Fig. et fam., Être gêné dans les entournures, aux entournures, Se présenter gauchement, se sentir mal à l'aise vis-à-vis de quelqu'un ou dans une situation embarrassante.

 

ENTOURS

 

n. m. pl.

Environs. Il s'est assuré des entours de la place.

Fig., Les entours de quelqu'un, Ceux qui vivent dans sa familiarité, qui forment sa société intime et qui ont quelque influence sur lui. Cet homme est gouverné par ses entours.

Fig. et fam., Savoir bien prendre les entours, Savoir mettre dans ses intérêts ceux qui ont du crédit sur l'esprit des personnes dont on a besoin.

Fig., Les entours d'une question. Il a bien étudié les entours de son sujet, Tout ce qui concerne ce sujet, cette question.

 

ENTR'AIMER (S')

v. pron.

S'aimer l'un l'autre. Ils s'entr'aiment depuis longtemps.

 

ENTR'APERCEVOIR

 

v. tr.

Apercevoir incomplètement ou indistinctement ou pendant un court espace de temps. À travers la brume, nous entr'aperçûmes vaguement l'ennemi. Je n'ai pu l'approcher, je n'ai fait que l'entr'apercevoir.

 

ENTR'APPELER (S')

 

v. pron.

S'appeler l'un l'autre. Dans ce désordre et dans l'obscurité, ils s'entr'appelaient.

 

ENTR'AVERTIR (S')

 

v. pron.

S'avertir mutuellement. Ils firent des feux sur les montagnes pour s'entr'avertir.

 

ENTR'ÉGORGER (S')

 

v. pron.

S'égorger l'un l'autre.

 

ENTRACCORDER (S')

 

v. pron.

S'accorder l'un avec l'autre, se mettre de bonne intelligence ensemble.

 

ENTRACCUSER (S')

 

v. pron.

S'accuser l'un l'autre.

 

ENTRACTE

 

n. m.

Intervalle qui, dans la représentation d'une pièce de théâtre, sépare un acte d'un autre. Dans l'entracte. Après l'entracte. Il y a plusieurs événements que l'on suppose s'être passés pendant les entractes. Fig., Les entractes d'une vie politique, d'une vie publique.

Il se dit, par extension, de l'Intervalle qui sépare les diverses parties d'un concert, d'un spectacle quelconque.

Il se dit quelquefois d'un Petit spectacle qui ne fait point partie de la pièce principale et qui se donne entre les actes. Il y avait des danses pour entractes. Le premier entracte était une noce de village. Dans ce sens, on dit plus ordinairement INTERMÈDE.

 

ENTRADMIRER (S')

 

v. pron.

S'admirer mutuellement.

 

ENTRAIDE

 

n. f.

Action de s'entraider. L'entraide sociale.

 

ENTRAIDER (S')

 

v. pron.

S'aider mutuellement. Les hommes doivent s'entraider.

 

ENTRAILLES

 

n. f.

pl. Intestins, organes enfermés dans l'abdomen de la partie inférieure de la cage thoracique. Avoir une inflammation d'entrailles. Humecter, rafraîchir les entrailles. On porta son coeur dans telle église et ses entrailles dans telle autre. Douleurs d'entrailles. On l'a ouvert et on lui a trouvé toutes les entrailles fort saines. Les anciens consultaient les entrailles des animaux, des victimes.

Il se dit aussi de la Partie du corps dans laquelle la femme porte l'enfant qu'elle a conçu. Le fruit de ses entrailles.

Il se dit aussi, figurément, des Lieux les plus profonds de la terre. On fouille dans les entrailles de la terre pour en tirer les métaux.

Il signifie encore, au figuré, Profonde affection. Cette femme a des entrailles de mère pour cet enfant. Des entrailles de père. Cet homme n'a pas d'entrailles.

Fig., Ce drame prend le spectateur aux entrailles, Il émeut profondément.