Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Pairie
n. f.
Dignité de pair qui était attachée à un grand fief relevant immédiatement de la couronne. Les honneurs, les prérogatives de la pairie. Pairie héréditaire.
Il s'est dit également du Fief, du domaine auquel cette dignité était attachée. Cette terre était une pairie. Cette terre fut érigée en pairie, en duché-pairie.
Pairies femelles, Celles qui passaient aux femmes. Il existe encore des pairies femelles en Angleterre.
PAIRIE s'est dit aussi de la Dignité de membre de la Chambre qui, en France, de 1814 à 1848, concourait avec le roi et avec la Chambre des députés à la confection des lois. Le roi l'éleva à la pairie.
PAISIBLE
adj. des deux genres
. Qui est doux et pacifique. Rechercher la société des gens paisibles. Par extension, Caractère, humeur paisible.
En parlant des Animaux, Le mouton est un animal paisible.
Il signifie en outre Qui n'est point inquiété, qui n'est point troublé dans la possession d'un bien. Paisible possesseur d'une terre, d'un héritage. Ce prince est paisible possesseur de ses États.
Il signifie aussi, en parlant des Choses, Qui n'est point troublé, point agité, qui est calme et tranquille. Mener une vie paisible. Un sommeil paisible. Une situation paisible. Une rue, un quartier paisible. Une retraite, une habitation paisible. Un séjour paisible.
PAISIBLEMENT
adv.
D'une manière paisible, sans trouble. Il dormait bien paisiblement. Jouir paisiblement d'un bien, d'un héritage, etc. Vivre paisiblement. Discuter paisiblement.
PAÎTRE
(Ils paissent. Il paîtra. Qu'ils paissent.) v. tr. Il se dit proprement des Animaux qui broutent l'herbe, qui la mangent sur la racine, ou qui se nourrissent de certains fruits tombés par terre. Les vaches, les moutons paissent l'herbe. Les cochons paissent le gland, la faîne dans les forêts.
Il s'emploie aussi intransitivement. Mener paître des moutons. Faire paître ses chevaux dans un pré. Les mettre à paître dans un champ.
Fig. et fam., Envoyer paître quelqu'un, Se débarrasser d'un importun.
PAÎTRE s'emploie quelquefois transitivement et signifie Faire paître, mener paître. Joseph et ses frères paissaient les troupeaux. Dans cette acception, il ne s'emploie guère qu'en poésie et dans le style soutenu. En termes d'Écriture sainte, Paissez mes agneaux, paissez mes brebis.
En termes de Fauconnerie, Paître un oiseau, Lui donner à manger.
PAIX
n. f.
État de calme, de repos, de silence, éloignement du bruit ou des affaires. Vous êtes ici bien en paix. On vit chez vous dans une paix profonde. Il veut achever en paix sa carrière. Jouir en paix du fruit de ses travaux. La paix des forêts, des campagnes. La paix des tombeaux. La paix du soir.
Il désigne aussi la Concorde, la tranquillité intérieure qui règne dans les États, dans les familles, dans les sociétés particulières. La paix s'est rétablie dans le royaume. La paix a été troublée dans quelques villes. La paix a été promptement rétablie. Ayez soin d'entretenir la paix dans votre famille. Vivre en paix. Cet homme aime la paix, est ami de la paix. Par analogie, Ces deux espèces d'animaux vivent en paix l'une avec l'autre. Les chiens et les chats ne sauraient vivre en paix.
Fig., Faire la paix se dit en parlant de Deux personnes qui étaient brouillées ensemble et qui se réconcilient.
Fig. Il a fait sa paix, Il est rentré dans les bonnes grâces de son maître, de son protecteur.
Juge de paix. Voyez JUGE.
Fig., Ne donner ni paix ni trêve à quelqu'un, Ne lui donner aucun relâche, le presser continuellement.
Laisser quelqu'un en paix, Ne plus le molester, ne plus l'importuner. Après m'avoir bien tourmenté, il m'a laissé en paix.
Fig., Il faut laisser les morts en paix, Il ne faut point parler mal d'eux.
Baiser de paix, Cérémonie qui se fait à la grand-messe, avant la communion, lorsque le célébrant, après avoir baisé l'autel, donne l'accolade au diacre, pour la transmettre à tout le clergé assistant.
Fam., Ils se sont donné le baiser de paix, Ils se sont réconciliés.
PAIX ou INSTRUMENT DE PAIX se dit, en termes de Liturgie, de la Tablette d'argent ou de vermeil présentée par le célébrant à ceux qui vont à l'offrande.
PAIX désigne aussi la Tranquillité de l'âme. Dieu veuille nous donner sa paix. La paix soit avec vous. Dieu est le Dieu de paix. Paix intérieure. La paix de l'âme. La paix du coeur. Son âme n'est point en paix. Être en paix avec soi-même. Mettre sa conscience en paix.
Dans l'Écriture sainte, L'ange de paix, JÉSUS-CHRIST. Par analogie, C'est un ange de paix, se dit d'une Personne qui porte toujours les esprits à la paix, à la concorde.
Il désigne aussi la Situation tranquille d'un État, d'un peuple, d'un royaume qui n'a point d'ennemis à combattre. Paix générale, universelle. Paix perpétuelle. Paix mal assurée. Proposition de paix. Demander, offrir, donner, refuser la paix. Traiter de la paix. Troubler la paix. La paix ne paraît pas prochaine. La paix semblait régner alors dans toute l'Europe. Paix sur terre et sur mer. Durant la paix. En temps de paix. En paix et en guerre. L'olivier est le symbole de la paix. La déesse de la paix ou simplement La Paix. Vespasien dédia un temple à la Paix.
Paix armée, État des nations qui, en temps de paix, se tiennent militairement prêtes à la guerre. Il se dit figurément à propos des Relations entre les familles ou les particuliers.
PAIX, absolument, signifie quelquefois Traité de paix. Faire une paix avantageuse, glorieuse. Faire une bonne paix. Faire une paix honteuse. Négocier la paix. Les préliminaires de la paix. Les conditions de la paix. Les articles de la paix. Conclure, signer la paix. Publier, proclamer la paix. La paix est ratifiée.
La paix de Westphalie, de Nimègue, d'Amiens, etc., Le traité de paix conclu en Westphalie, à Nimègue, à Amiens, etc.
Fig. et fam., Paix fourrée, Paix peu sincère, comme est fausse une médaille fourrée. Paix plâtrée, Fausse paix, faite de mauvaise foi par les deux parties, chacune ayant intention de la rompre lorsqu'elle le croira utile à ses intérêts.
PAIX est quelquefois une Sorte d'interjection dont on se sert pour faire faire silence. Paix, messieurs! Allons, paix!
PAL
n. m.
Pieu, pièce de bois longue et aiguisée par un bout.
Spécialement, Le supplice du pal, Supplice qui consiste à enfoncer un pieu dans le corps d'un condamné.
Il est principalement usité en termes de Blason. Son pluriel est Pals. Il porte d'or au pal de gueules, à deux pals de sinople.
PALABRE
n. des deux genres
. Pourparlers entre indigènes, ou avec eux, dans les pays exotiques.
Par extension, il se dit d'une Discussion longue et vaine.
PALABRER
v. intr.
Tenir un ou une palabre.
PALADIN
n. m.
Nom qui fut donné, dans les romans de chevalerie, après le XVI e siècle, aux Pairs qui suivaient Charlemagne à la guerre. Le paladin Roland.
Par extension, il désigne les Chevaliers qui couraient le monde en cherchant des aventures.
Fig., C'est un vrai paladin, C'est un homme intrépide et animé de sentiments chevaleresques.
PALAIS
n. m.
Demeure vaste et somptueuse d'un souverain, d'un prince, d'un grand personnage. Les palais de nos rois. Louis XIV s'est fait construire le plus beau des palais. Le palais ducal de Nancy, de Nevers. La mort frappe du même pied le palais du riche et la chaumière du pauvre.
Révolution de palais, Révolte qui a lieu dans l'intérieur du palais d'un souverain et qui a pour but de lui ôter la vie ou de le détrôner. Il se dit, par analogie, d'un Changement de direction dans une administration, dans le gouvernement intérieur d'une entreprise, d'une maison, etc.
PALAIS se dit également des Maisons considérables des grandes familles de la plupart des villes d'Italie. Le palais Pitti. Le palais Farnèse.
Il se dit aujourd'hui d'Anciennes résidences royales ou seigneuriales qui ont été converties en musées ou utilisées pour des services publics. Le Palais de Versailles. Le Palais de Fontainebleau. Le Palais du Louvre. Le Palais du Luxembourg. Le Palais-Royal. Le Palais des Tuileries a été brûlé pendant la Commune.
PALAIS se dit, par exagération, d'une Maison magnifique. Sa maison est un véritable palais.
Le palais de justice ou, absolument, Le palais, Le lieu où siègent les tribunaux. Le palais de justice de Rouen est un de nos plus beaux monuments, L'escalier du Palais de Justice.
Jour de palais, Les jours où l'on plaide au palais. C'est aujourd'hui jour de palais. Gens de palais, Les juges, avocats, avoués, huissiers, etc.
Style du palais, style de palais, termes de palais, Les formules, les termes de Procédure dont on se sert dans les actes judiciaires, dans les plaidoiries.
PALAIS se dit, par extension, de l'Ensemble des magistrats et officiers ministériels de toutes les Chambres qui le composent. Le palais s'accorde à penser que... L'opinion du palais. L'usage constant du palais.
Il signifie quelquefois, figurément, la Profession d'avocat. Se destiner au palais.
PALAIS
n. m.
Partie supérieure du dedans de la bouche, en forme de voûte parabolique, constituée par les deux os sus-maxillaires et les deux palatins, et revêtue d'une membrane épaisse et dense. Il s'est écorché le palais. Palais mou. Palais dur.
Voile du palais, Cloison membraneuse qui sépare la bouche de l'arrière-bouche.
PALAIS se prend figurément pour le Sens du goût. Il a le palais fin.
Il désigne, en termes de Botanique, la Partie supérieure du fond de la corolle, dans les labiées et les personnées.
PALAN
n. m.
T. d'Arts
. Assemblage de poulies et de cordages, dont on se sert, soit pour exécuter des manoeuvres à bord des navires, soit pour soulever de pesants fardeaux.
PALANCHE
n. f.
Rouleau de bois recourbé et entaillé, qui permet de porter deux seaux à la fois sur l'épaule.
PALANÇONS
n. m. pl.
T. de Maçonnerie
. Morceaux de bois qui retiennent les torchis.
PALANQUE
n. f.
T. de Fortification
. Palissade formée de troncs d'arbres jointifs et plantés verticalement.
PALANQUIN
n. m.
Sorte de chaise, de litière, que des hommes portent sur leurs épaules et dont les personnes considérables se servent, dans l'Inde et en Chine, pour se faire transporter d'un lieu à un autre. Se faire porter dans un palanquin. Un riche palanquin.
PALATAL, ALE
adj.
Qui tient au palais, à la partie supérieure du dedans de la bouche. Voûte palatale. Artère palatale. Abcès palatal.
En termes de Grammaire, il se dit des Voyelles ou des consonnes produites par les mouvements de la langue qui va toucher le palais.
PALATIN, INE
adj.
Qui appartient au palais d'un prince. Chapelle palatine.
École palatine ou Académie palatine, Assemblée littéraire constituée par Charlemagne.
PALATIN se disait aussi d'un Seigneur qui était revêtu d'un office, d'une charge dans le palais d'un prince. Il y a eu quatre comtes palatins en Angleterre. L'électeur palatin s'appelait aussi comte palatin du Rhin. La Princesse palatine.
PALATIN, INE
adj.
T. d'Anatomie
. Qui a rapport au palais. Os, nerfs palatins. Glandes palatines. Fosse palatine.
PALATINAT
n. m.
La dignité de comte palatin. Le palatinat était une dignité ancienne dans la maison de Bavière.
Il s'est dit spécialement du Pays qui était sous la domination de l'électeur palatin. Le Palatinat du Rhin. Les villes du Palatinat.
PALATINAT était aussi le Nom de chaque province de la Pologne. Le palatinat de Cracovie, de Posnanie.
PALATINE
n. f.
Fourrure que les femmes portent en hiver sur le cou et sur les épaules. Une palatine de martre.
PALE
(L'A se prononce bref.)n. f.
Sorte de petite vanne qui sert à ouvrir et à fermer le bief d'un moulin, la chaussée d'un étang, selon qu'on veut lâcher les eaux ou les retenir. Lever, baisser la pale du moulin.
PALE se dit aussi de la Partie d'une rame, d'un aviron, qui est plate et qui entre dans l'eau.
Il se dit, en termes d'Aviation, de Chacune des deux ailes de l'hélice.
PALE
(On écrit quelquefois Palle.)n. f.
T. de Liturgie
. Carton carré garni ordinairement de toile blanche et servant à couvrir le calice quand on dit la messe.
PÂLE
adj. des deux genres
. Qui est d'un blanc terne, qui est décoloré, en parlant du Visage. Avoir le teint pâle, le visage pâle, les lèvres pâles. Être pâle de colère, de fureur. Pâle comme un linge.
Poétiquement, Les pâles ombres, Les âmes des morts.
PÂLE se dit aussi d'une Lumière faible, terne, blafarde. Le soleil est bien pâle aujourd'hui. Les pâles rayons de la lune. Cette bougie, cette lampe ne jette qu'une lumière pâle. La lueur pâle des éclairs.
Il se dit aussi des Couleurs qui sont peu chargées, qui ne sont pas vives. Un bleu pâle. Du jaune pâle. De l'or pâle. La couleur de ces rideaux est devenue bien pâle.
Pâles couleurs. Voyez CHLOROSE.
PÂLE se dit quelquefois, figurément, des Ouvrages de l'esprit quand ils manquent d'éclat, de couleur. Un style pâle. Une pâle imitation. On dit dans le même sens Un pâle imitateur.
PALÉE
n. f.
Rang de pieux enfoncés en terre pour former une digue, soutenir des terres, etc.
PALEFRENIER
n. m.
Celui qui est chargé de panser les chevaux.
PALEFROI
n. m.
Il se disait, au moyen âge, d'un Cheval de marche et aussi de parade. Il s'opposait à Destrier, qui était le Cheval de guerre.
Il se disait aussi des Chevaux montés par les dames.
PALÉMON
n. m.
Genre de crustacé comestible, qui est comme une grosse crevette.
PALÉOGRAPHE
n. des deux genres
. Celui, celle qui est versé dans la paléographie.
Par apposition, Archiviste paléographe, Ancien élève diplômé de l'École des Chartes.
PALÉOGRAPHIE
n. f.
Science des écritures anciennes, art de les déchiffrer. Traité de paléographie.
PALÉOGRAPHIQUE
adj. des deux genres
. Qui se rapporte à la paléographie. Recherche, découverte paléographique.
PALÉOLITHIQUE
adj. des deux genres
. T. de Science préhistorique
. Qui se rapporte à l'âge de la pierre éclatée ou taillée. Substantivement, Le paléolithique inférieur.
PALÉONTOLOGIE
n. f.
Partie de l'histoire naturelle qui a pour objet l'étude de races d'animaux et d'espèces de végétaux des temps primitifs, qu'on ne trouve plus qu'à l'état fossile.
PALÉONTOLOGIQUE
adj. des deux genres
. Qui a rapport à la paléontologie. Études, découvertes paléontologiques.
PALÉONTOLOGISTE
n. m.
Celui qui est versé dans la paléontologie.
PALÉOTHÉRIUM
(UM se prononce OME.) n. m.
T. de Zoologie
. Genre de mammifères pachydermes fossiles.
PALÉOZOÏQUE
adj. des deux genres
. T. de Zoologie
. Qui appartient aux espèces animales fossiles les plus anciennes.
PALERON
n. m.
Partie de l'épaule qui est plate et charnue. Il n'est usité qu'en parlant de Certains animaux. Ce cheval est blessé au paleron. En termes de Boucherie, Un morceau de boeuf dans le paleron.
PALESTRE
n. f.
T. d'Antiquité
. Lieu public, chez les Grecs, où les jeunes gens se formaient aux différents exercices du corps. Il y avait dans les palestres des portiques, des bains chauds et froids, et même des salles pour les leçons de philosophie et de grammaire. Vitruve a laissé le plan d'une palestre.
Il désigne aussi les Exercices mêmes, c'est- à-dire la lutte, le pugilat, la course, le saut, le disque, etc.
PALET
n. m.
Pierre plate et ronde.
Il se dit particulièrement d'un Morceau de métal de la même forme, avec lequel on joue en le jetant le plus près qu'on peut du but qui a été marqué. Jouer au palet, au petit palet. Son palet touche le but.
PALETOT
n. m.
Vêtement qui se porte par- dessus les autres vêtements.
PALETTE
n. f.
Sorte de raquette pleine avec laquelle les enfants jouent quelquefois au volant.
Il se dit aussi d'une Plaque de bois dur, de porcelaine ou de faïence, ordinairement de forme ovale, sur laquelle les peintres placent leurs couleurs et qu'ils tiennent de la main gauche, à l'aide d'un trou pratiqué vers le bord pour y passer le pouce. Faire sa palette, Y mettre les couleurs. Faire des teintes sur sa palette, Y mélanger les couleurs.
Il a une palette brillante se dit d'un Peintre qui est bon coloriste et, figurément, d'un Poète dont le style a de l'éclat. On dit dans le même sens : Sa palette est riche.
En termes de Mécanique, il se dit des Parties placées à l'extrémité des bras qui servent à former les roues des bateaux à vapeur et des moulins.
PALETTE désigne aussi Divers instruments et outils dont se servent les horlogers, les doreurs, les relieurs, les potiers et qui sont généralement constitués par une plaque mince de bois ou de métal.
PALETTE, en termes de Chirurgie, désigne une Sorte de petite écuelle de métal, d'une capacité déterminée, dans laquelle on reçoit le sang de ceux à qui on ouvre une veine.
Il se dit, par extension, de la Quantité de sang qu'on tire d'une veine, dans certains cas de maladie. On lui a tiré trois palettes de sang.
PALÉTUVIER
n. m.
T. de Botanique
. Nom vulgaire de différents arbres des régions intertropicales, qui croissent sur les rivages de la mer et aux embouchures de grands fleuves. On dit aussi Manglier.
PÂLEUR
n. f.
La couleur de ce qui est pâle. Il se dit surtout en parlant des Personnes. La pâleur de son teint. Une pâleur mortelle. Par analogie, La pâleur du ciel.
PALI
n. m.
Langue sacrée de l'île de Ceylan, apparentée au sanscrit. Étudier le pali. Adjectivement, La langue palie.
PALIER
n. m.
Sorte de plate-forme aménagée dans un escalier, dans un perron, dans une rampe douce, ou dans les gradins d'un théâtre. Il y a un palier à chaque étage d'une maison.
Palier de communication, Celui qui est entre des appartements de plain-pied et qui leur est commun. C'est dans ce sens qu'on dit Demeurer sur le même palier.
Fig., Impôt qui progresse par paliers, Par échelons.
PALIER se dit, par analogie, de la Partie d'une route, d'une voie de chemin de fer qui est horizontale, qui n'offre pas de pente.
En termes d'Arts, il désigne une Pièce fixe supportant un arbre de transmission.
PALIKARE ou PALLIKARE
n. m.
Il se disait de Mercenaires grecs et albanais au service des pachas turcs. Il s'est dit aussi de Miliciens grecs qui combattirent dans la guerre de l'Indépendance. Il désigne aujourd'hui les Grecs restés fidèles aux moeurs et au costume des anciens palikares.
PALIMPSESTE
n. m.
Manuscrit dont on a fait disparaître l'écriture pour y écrire un autre texte. Au moyen âge, la rareté du parchemin rendit commun l'usage des palimpsestes. En faisant reparaître la première écriture des palimpsestes, on a retrouvé plusieurs fragments d'auteurs anciens. Adjectivement, Un manuscrit palimpseste.
PALINGÉNÉSIE
n. f.
T. didactique
. Régénération, renaissance. La palingénésie du phénix est une allégorie.
Il se dit, en termes de Philosophie, soit du Retour éternel des mêmes événements, soit de la Renaissance des mêmes individus dans l'humanité, soit de l'Accès de l'âme à une vie supérieure.
PALINOD
n. m.
On appelait ainsi autrefois un Poème en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Vierge : des prix étaient décernés annuellement à la meilleure pièce de ce genre par les académies de Rouen, de Caen et de Dieppe. Le palinod se faisait ordinairement en chant royal, ballade, ode, sonnet, etc., au gré du poète.
PALINODIE
n. f.
Rétractation de ce qu'on a dit. Ce discours, où il a renié toutes ses précédentes déclarations, est une honteuse palinodie.
Fig. et fam., Chanter la palinodie, Se rétracter, dire du bien d'une personne ou d'une chose dont on avait dit du mal précédemment.
PÂLIR
v. intr.
Devenir pâle. La moindre émotion le fait pâlir. Il pâlit de colère. Par extension, Le soleil pâlit. La couleur de cette étoffe a pâli.
Fig., Son prestige fait pâlir celui de tous ses rivaux. Son mérite pâlit auprès du vôtre.
Fig., Son étoile pâlit, se dit de Quelqu'un dont la prospérité, la puissance, le crédit diminue.
Fig., Pâlir sur les livres, Étudier sans relâche.
PÂLIR est quelquefois transitif; et alors il signifie Rendre pâle. La fièvre l'a beaucoup pâli.
PALIS
n. m.
Suite de petits pieux pointus par un bout, dont plusieurs, enfoncés en terre et rangés à côté les uns des autres, forment une clôture. Un jardin clos de palis. Un bois entouré de palis.
Il se dit aussi d'un Lieu entouré de palis. Entrer dans le palis.
PALISSADE
n. f.
Barrière faite de pieux, ou de planches, fichés en terre. Son jardin est entouré d'une palissade. Masquer par une palissade la devanture d'un magasin en réparation.
Il s'emploie aussi en termes de Fortification pour désigner un Ouvrage de défense fait d'une ligne de pieux.
Par analogie, il se dit d'une Sorte de mur de verdure formé par une rangée d'arbres ou d'arbustes taillés. Tondre une palissade. Palissade à hauteur d'appui.
PALISSADER
v. tr.
Entourer d'une palissade.
PALISSAGE
n. m.
T. de Jardinage
. Action de palisser un arbre.
PALISSANDRE
n. m.
Bois violet, nuancé de jaune et de noir, qui vient de la Guyane et qui est employé pour des ouvrages d'ébénisterie et de marqueterie.
PÂLISSANT, ANTE
adj.
Qui pâlit, qui devient pâle. Front, visage pâlissant. Une lumière pâlissante.
PALISSER
v. tr.
T. de Jardinage
. Étendre et fixer contre une muraille ou un treillage les branches d'un arbre dont on veut faire un espalier. Palisser des pêchers, des poiriers.
PALLADIUM
(UM se prononce OME.)n. m.
Mot emprunté du latin et dérivé du grec, et qui, par allusion à une statue protectrice de Pallas, désigne Ce qu'un peuple considère comme assurant sa durée. Le bouclier sacré, qu'on croyait être tombé du ciel au temps de Numa, était le palladium de la puissance romaine.
Il se dit, figurément, de Tout ce qui est le garant de la conservation d'une chose. En Angleterre, on regarde l'acte d'Habeas corpus comme le palladium de la liberté individuelle.
PALLADIUM
n. m.
T. de Chimie
. Métal blanc absorbant très facilement l'hydrogène et ne fondant qu'à une haute température.
PALLIATIF, IVE
(On prononce les deux L dans ce mot et dans les suivants.)adj. Qui pallie. Il n'est guère usité que dans ces deux locutions : Remède palliatif, cure palliative. Remède, cure qui soulage un mal pour plus ou moins de temps, mais sans le guérir.
Substantivement, Ce remède calme la douleur, mais ne supprime pas le mal : ce n'est qu'un palliatif. Fig., Cette mesure n'est qu'un palliatif qui aggrave les maux de l'État en paraissant les soulager.
PALLIER
v. tr.
Déguiser une chose qui est mauvaise, l'excuser en y donnant quelque couleur favorable. Il essaie de pallier sa faute.
En termes de Médecine, Pallier le mal, Ne le guérir qu'en apparence.
Il s'emploie aussi figurément en ce sens. Les moyens employés pour remédier au mauvais état de ses affaires n'ont point guéri le mal; ils n'ont fait que le pallier.
PALLIUM
(UM se prononce OME.)n. m.
Mot emprunté du latin où il signifie Manteau. Il se dit d'un Ornement fait de laine blanche, semé de croix noires et béni par le pape, qui l'envoie aux archevêques, pour marque de leur dignité, et quelquefois l'accorde à des évêques comme faveur particulière. Cet archevêque a reçu le pallium. Les archevêques portent le pallium, dans certaines cérémonies, par-dessus leurs habits pontificaux.
PALMAIRE
adj. des deux genres
. T. d'Anatomie
. Qui se rapporte à la paume de la main. Muscle palmaire. Région palmaire.
PALMARÈS
n. m.
Liste de lauréats d'une distribution de prix ou de récompenses Le palmarès d'un lycée. Le palmarès de la Société d'Encouragement au bien.
PALMÉ, ÉE
adj.
T. de Botanique
. Qui est divisé profondément en plusieurs lanières allongées, de manière à ressembler à une main ouverte. Feuille palmée.
Il se dit, en termes de Zoologie, des Pieds des oiseaux dont les doigts sont unis par une membrane.
PALME
n. f.
Branche de palmier. La bénédiction des palmes se fait le dimanche des Rameaux. La palme est le symbole de la victoire.
Fig. et poétiq., Remporter la palme, Remporter la victoire. Il se dit non seulement des Avantages qu'on remporte dans un combat, mais de Ceux qu'on obtient dans quelque lutte que ce soit. C'est lui qui a remporté la palme. On dit dans le même sens : On lui décerna la palme. La palme du vainqueur.
La palme du martyre, La gloire éternelle qui est le prix de la mort soufferte par les martyrs pour la confession de la foi.
PALME se dit aussi de la Palme stylisée qui entre dans le dessin de certains tissus, spécialement dans le dessin des châles de l'Inde.
Palmes académiques, Insignes, en forme de palmes, des officiers d'Académie et de l'Instruction publique.
PALME se dit quelquefois du Palmier même. Vin de palme. Huile de palme.
PALMERAIE
n. f.
Lieu planté de palmiers.
PALMETTE
n. f.
Ornement en forme de palme, employé en architecture, en peinture ou en broderie.
Il se dit, en termes d'Arboriculture, d'Arbres fruitiers en espalier, taillés de manière à en étaler les branches symétriquement.
PALMIER
n. m.
Nom général d'une famille d'arbres monocotylédones, portant à leur faîte de longues feuilles en bouquet, et dont le type est le palmier qui porte les dattes, appelé aussi Dattier. Palmier nain. Les feuilles de palmier servent à faire des nattes.
PALMIPÈDE
adj. m.
T. d'Histoire naturelle
. Il se dit des Oiseaux nageurs qui ont des pieds dont les doigts sont unis par une membrane. Substantivement, Les oies, les canards sont des palmipèdes.
PALMISTE
n. m.
Genre de palmier dont la cime porte une espèce de chou, appelé Chou-palmiste, qui est formé par les feuilles tendres de la pousse nouvelle et qui est comestible. Palmiste épineux. Palmiste franc.
PALMITE
n. m.
Nom donné à la moelle des palmiers, qui est une substance blanche comme du lait caillé, fort tendre et d'une saveur douce et agréable.
PALOMBE
n. f.
Nom vulgaire du pigeon ramier et du pigeon sauvage.
PALONNIER
n. m.
Pièce de bois reliée à la caisse d'une voiture et à laquelle les traits des chevaux sont attachés.
PÂLOT, OTTE
adj.
Qui est un peu pâle. Cet enfant est pâlot. Cette petite fille est toute pâlotte.