Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Bourse
n. f.
Petit sac de peau, d'étoffe, ou d'un tissu quelconque, dans lequel on met l'argent qu'on veut porter sur soi. Vider sa bourse. Mettre la main à la bourse. Avoir toujours la main à la bourse.
Fam., Sa bourse est bien plate se dit en parlant d'une Personne qui n'a guère d'argent.
Demander la bourse, la bourse ou la vie, Demander à quelqu'un son argent, sa bourse, avec menace de le tuer s'il la refuse.
Coupeur de bourses, Filou qui dérobe avec adresse. On dit quelquefois dans un sens analogue Couper la bourse.
Dans plusieurs phrases, il se dit, par extension, de l'Argent dont on veut disposer actuellement ou habituellement. Avoir recours à la bourse de quelqu'un. Ami jusqu'à la bourse. Voyez AMI.
Fig., Sa bourse est ouverte à ses amis, Il prête volontiers de l'argent à ses amis lorsqu'ils en ont besoin. Toutes les bourses sont fermées, On ne trouve point d'argent à emprunter.
Fig. et fam., Tenir les cordons de la bourse, Avoir le maniement de l'argent.
Fig., N'avoir qu'une bourse, ne faire qu'une bourse, faire bourse commune, Faire ses dépenses en commun, en parlant de deux ou de plusieurs personnes.
Fam., Faire une affaire sans bourse délier, Sans donner d'argent.
Fam., Donner la bourse à garder au larron, Confier la garde de l'argent, le soin de la dépense à celui dont on aurait dû le plus se méfier.
Fig. et fam., Loger le diable dans sa bourse, N'avoir point d'argent.
Fig. et fam., Ne pas laisser voir le fond de sa bourse, Cacher l'état de ses affaires.
Bourse à jetons, Bourse destinée à contenir des jetons. Bourse de jetons, Bourse pleine de jetons, qui contient des jetons. On se sert ordinairement d'une bourse semblable pour faire la quête dans les églises. La bourse de la quêteuse.
BOURSE se dit aussi figurément d'une Pension accordée à un élève ou à un étudiant pour lui permettre de suivre gratuitement les cours d'une école ou d'une université. Bourse d'État. Bourse de département. Bourse municipale. Bourse d'interne. Bourse de demi-pensionnaire. Bourse d'externe. Bourse entière. Demi- bourse. Bourse de licence. Bourse d'agrégation, etc. Bourse de voyage, Somme affectée à des voyages d'études.
Il signifie encore figurément, dans les villes de commerce, un Édifice, un lieu public où s'assemblent, à de certaines heures, les négociants, les banquiers, les agents de change, les courtiers, les ouvriers, etc., pour traiter d'affaires. On le dit souvent, par extension, de la Réunion même des négociants, etc., et du Temps pendant lequel dure leur assemblée. La Bourse de Paris, de Lyon, de Rouen, d'Amsterdam, etc. Bourse des grains. Bourse du Commerce. Bourse du Travail. Aller à la Bourse. Fréquenter la Bourse. Affaires de Bourse. Bruits, nouvelles de Bourse. À l'heure de la Bourse. À l'ouverture, à la clôture de la Bourse. Pendant la Bourse. Le cours de la Bourse. La Bourse a monté, a baissé.
En termes de Chasse, il se dit d'une Longue poche faite de réseau qu'on met à l'entrée d'un terrier pour prendre les lapins qu'on chasse au furet.
En termes de Liturgie, il se dit d'un Double carton, couvert d'étoffe, dans lequel on met le corporal qui sert à la messe.
En termes de Botanique, il s'emploie souvent pour désigner Tout ce qui a la forme d'un petit sac : les Membranes qui enveloppent les champignons quand ils sont encore jeunes (voyez VOLVA); les Bourgeons de certains arbres à fruits; les Capsules des anthères.
En termes d'Anatomie, BOURSES, au pluriel, est le Nom vulgaire du scrotum et désigne aussi certains petits sacs ou poches membraneuses de l'organisme. Bourses séreuses, muqueuses. Bourses synoviales.
BOURSICOT
n. m.
Petite bourse.
Il se dit aussi d'une Petite somme amassée avec économie et tenue en réserve. À force d'économiser il s'est fait un petit boursicot. Il est familier dans les deux sens.
BOURSICOTER
v. intr.
Faire de petites opérations de Bourse.
BOURSICOTIER
n. m.
Celui qui boursicote.
BOURSIER, IÈRE
n.
Celui, celle qui est bénéficiaire d'une bourse d'études. Boursier au Lycée Louis-le-Grand. Boursier de licence. Boursier d'agrégation. Boursier de l'État, de la ville.
Il se dit aussi de Celui qui fréquente la Bourse, par obligation professionnelle.
BOURSOUFLER
v. tr.
Rendre enflé. Le vent lui a tout boursouflé le visage. Voyez comme il se boursoufle peu à peu, Il s'enfle peu à peu.
Le participe passé BOURSOUFLÉ, ÉE, se dit figurément d'une Manière pompeuse et vide d'écrire, de parler. Un style boursouflé. Éloquence boursouflée.
BOURSOUFLURE
n. f.
Sorte d'enflure, de soulèvement. Avoir de la boursouflure sur le visage. Les boursouflures du sol, d'une glace.
Il se dit figurément des Discours et des écrits qui, malgré leur apparence pompeuse, ne présentent que du vide.
BOUSCULADE
n. f.
Désordre par suite de poussée. La bousculade a été grande à cette réunion.
BOUSCULER
v. tr.
Mettre sens dessus dessous. On a bousculé tous mes livres.
Il signifie aussi Pousser en tous sens. Nous fûmes horriblement bousculés dans la foule. Il est familier dans les deux sens.
BOUSE
n. f.
Fiente de boeuf ou de vache.
BOUSIER
n. m.
T. de Zoologie
. Coléoptère qui vit dans les excréments des animaux.
BOUSILLAGE
n. m.
Mélange de chaume et de terre détrempée dont on se sert pour construire surtout des murs de clôture ou même des chaumières et des granges dans les lieux où la pierre est rare. Voyez TORCHIS.
Il se dit figurément d'un Ouvrage fait avec négligence et précipitation.
BOUSILLER
v. intr.
Faire du bousillage, au propre et au figuré. Faute de pierre, on bousille dans ce pays. C'est un brouillon, il ne fait que bousiller.
Il s'emploie aussi transitivement et signifie Construire en torchis.
Figurément, il signifie Exécuter un ouvrage avec négligence. Il a bousillé l'ouvrage.
BOUSILLEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui bousille, au propre et au figuré.
BOUSIN
n. m.
Surface tendre des pierres de taille.
Il se dit aussi des Fragments épars d'un glaçon et d'une Tourbe de qualité inférieure.
BOUSSOLE
n. f.
Sorte de cadran au centre duquel est fixée une aiguille qui tourne librement sur son pivot et dont la pointe aimantée se dirige toujours vers le Nord. Boussole ordinaire. Boussole de déclinaison. Boussole marine ou Compas de mer.
Familièrement et par plaisanterie, Perdre la boussole, Être troublé, perdre la tête. Il s'emploie au figuré pour Guide, conducteur. Soyez ma boussole. Vos conseils me serviront de boussole.
BOUT-DEHORS
n. m.
T. de Marine
. Pièce de bois longue et ronde qu'on ajoute, par le moyen d'anneaux de fer, sur l'avant à chaque vergue et qui sert à porter des bonnettes, quand le vent est faible ou quand on veut accélérer la marche du navire. Des bouts- dehors.
BOUT
n. m.
Extrémité d'un corps, d'un espace. Le bout, les deux bouts d'un bâton. Le bout d'une pique, d'une perche. Les deux bouts d'une table. Le bout d'une galerie. Le bout d'une allée. Il est logé à l'autre bout de la ville.
Le bout de la mamelle, le bout du sein, du teton, Le mamelon qui est au milieu de la mamelle.
Fig. et fam., Rire du bout des dents, S'efforcer de rire. quoiqu'on n'en ait nulle envie. Manger du bout des dents, Manger sans appétit, avec dégoût ou dédain.
Fig., Du bout des lèvres, Légèrement, sans intention sérieuse ou de mauvaise grâce. Promettre, remercier du bout des lèvres. Prier du bout des lèvres.
Fig. et fam., Toucher du bout du doigt, Toucher légèrement, ne pas trop appuyer. Il ne faut toucher cela que du bout du doigt. On dit aussi figurément, en parlant d'une Chose qui est sur le point d'arriver, On y touche du bout du doigt.
Fig. et fam., Savoir une chose sur le bout du doigt, La savoir parfaitement de mémoire.
Fig. et fam., Avoir un nom, un mot sur le bout de la langue, Croire qu'on est près de trouver, de dire un nom, un mot qu'on cherche dans sa mémoire.
Fig. et fam., Ce mot, cette syllabe, cette lettre est restée au bout de ma plume, J'ai omis, j'ai oublié d'écrire ce mot, cette syllabe, cette lettre. On dit aussi Ce mot s'est présenté, s'est trouvé au bout de ma plume, Il s'est offert naturellement à mon esprit et je l'ai écrit sur-le-champ.
Fig. et fam., Montrer le bout de l'oreille, un bout d'oreille, Laisser voir par quelque côté ce que l'on est ou ce que l'on pense, malgré le soin qu'on met à le cacher.
Fig. et fam., Montrer le bout de son nez, Se faire voir. Il n'a pas osé montrer le bout de son nez.
Fig. et fam., Ne pas voir plus loin que le bout de son nez, Avoir peu de clairvoyance ou de prévoyance.
Fig. et fam., Voilà ce qui vous pend au bout du nez, Voilà ce qui vous attend, vous menace.
Fig. et fam., Brûler la chandelle par les deux bouts, Consumer son bien en faisant différentes sortes de dépenses également ruineuses ou Se livrer à la fois à des excès de genres différents.
Fig. et fam., Avoir, tenir le bon bout par devers soi, Être nanti, avoir déjà des avantages assurés dans une affaire où l'on cherche encore à en obtenir d'autres. On dit aussi N'avoir une chose que par le bon bout, Ne l'avoir qu'à des conditions avantageuses à celui qui la donne ou Ne l'obtenir que par force. S'il en a envie, il ne l'aura que par le bon bout. On dit encore Prendre une affaire par le bon bout, La commencer d'une manière convenable.
Fig. et fam., On ne sait pur quel bout le prendre, Son humeur est revêche, son caractère difficile.
Le haut bout, La place qui est regardée comme la plus honorable, et Le bas bout, Celle qui est regardée comme la moins honorable. Être au haut bout. Se mettre au bas bout. On dit quelquefois figurément Tenir le haut bout, Exercer de l'influence, être fort considéré dans un certain cercle. Il tient le haut bout dans cette société, dans sa petite ville.
Fig. et fam., À tout bout de champ. Voyez CHAMP.
Fig., Aux deux bouts de la terre, Par toute la terre. Le bruit de ses exploits retentit aux deux bouts de la terre.
Fig., Il a voyagé d'un bout du monde à l'autre, Il a parcouru beaucoup de pays.
Par exagération et fam., Il est allé loger, il est logé au bout du monde, Dans un quartier fort éloigné.
Fig. et fam., C'est le bout du monde, c'est tout le bout du monde, se dit lorsqu'on estime quelque chose à son plus haut prix, à sa plus grande valeur. S'il a mille francs chez lui, c'est le bout du monde. S'il a dix mille francs de cette succession, ce sera tout le bout du monde.
BOUT se dit aussi de Ce qui garnit l'extrémité de certaines choses. Mettre un bout d'argent, un bout de cuivre à une canne. Le bout d'un parapluie. Le bout d'un fourreau d'épée, de baïonnette. Des bouts de manches.
Bout de fleuret, Bouton de cuir rembourré qu'on met à la pointe d'un fleuret pour qu'il ne blesse pas.
Bâton à deux bouts, Sorte d'arme offensive qui consiste en un grand bâton ferré par les deux bouts.
Bouts de table, Objets de service, principalement flambeaux à branches qui se placent aux extrémités d'une table à manger servie.
Il se dit encore d'une Petite partie de certaines choses. Un bout de ruban, de ficelle, de corde, de papier, d'étoffe, etc.
Un bout de bougie, un bout de cigare, Morceau qui reste d'une bougie, d'un cigare brûlé en grande partie.
Prov. et fig., C'est une économie de bouts de chandelle, se dit d'une Épargne sordide en de petites choses. Être ménager de bouts de chandelle, Ne se montrer économe que dans les petites choses.
Fig. et par dérision, Un bout d'homme, un petit bout d'homme, Un homme extrêmement petit. Ce n'est qu'un bout d'homme.
Il se dit particulièrement d'un Morceau, d'une petite portion de certaines choses qui se mangent. Il n'a mangé qu'un bout de boudin, de saucisse.
Il se dit aussi en parlant du temps et des choses qui ont de la durée et il signifie la Fin, le terme. Au bout de l'an. Le bout de l'année. Au bout du mois. Au bout du terme. Un fermier qui est au bout de son bail, au bout de sa ferme. C'est une affaire dont il ne verra jamais le bout. Il est à peu près au bout de son travail. Nous ne sommes pas au bout de nos peines.
Service du bout de l'an ou Bout de l'an, Voyez AN.
Fig. et fam., Avoir de la peine à joindre les deux bouts de l'année, ou simplement à joindre les deux bouts, Fournir difficilement à sa dépense annuelle. Il est fort gêné et tout ce qu'il peut faire c'est de joindre les deux bouts.
Fig., Être au bout de sa carrière, Avoir rempli jusqu'à la fin toutes les fonctions de sa place, tous les devoirs de son emploi, de sa profession, et être à la veille de prendre sa retraite.
Fig. et fam., Être au bout de son rouleau, Ne savoir plus que dire ni que faire, ne savoir plus que devenir. Il signifie aussi N'avoir plus de forces, être épuisé, être près de mourir.
Absol. et fam., Il n'est pas au bout, Ses peines ne sont pas finies, en parlant de quelqu'un qui a rencontré des obstacles, éprouvé des contrariétés, des chagrins. Il a déjà essuyé bien des désagréments; mais il n'est pas au bout. On dit également Il n'est pas au bout de ses peines.
Il se dit quelquefois d'une Petite partie de certaines choses qui ne devraient point se diviser. En ce sens, il n'est guère usité que dans les phrases suivantes : Entendre un bout de messe. Entendre un bout de vêpres. Je n'ai pu entendre qu'un bout de sermon.
Fam., Un bout de toilette, Un peu de toilette, une toilette faite à la hâte.
Fam., Un bout de chemin, Une petite partie du chemin. Il lui reste encore à faire un bon bout de chemin.
Fam., Un bout de lettre, un bout de rôle, etc., Une lettre fort courte, un rôle très court, etc. Écrivez-moi un bout de lettre, quand vous serez arrivé. Cet acteur n'a qu'un bout de rôle.
BOUT, en termes de Marine, se dit, dans quelques phrases, de l'Avant, de la proue du bâtiment. Ce bâtiment a le bout à terre; il court, il donne de bout à terre. Cette embarcation nage bout au vent, bout au courant, bout à la lame; elle est de bout au vent, au courant, etc. Avoir vent de bout, Avoir vent contraire. On écrit aussi debout, en un seul mot.
AU BOUT DU COMPTE,loc. adv.
qui signifie familièrement Tout considéré, après tout. Au bout du compte, que lui en peut-il arriver? Au bout du compte, il n'a pas de grands torts.
À BOUT,loc. adv.
Être à bout, Se trouver dépourvu de toute espèce de ressource, ne savoir plus que devenir. Mettre quelqu'un à bout, Le réduire à ne savoir plus que faire ni que dire. Pousser quelqu'un à bout, mettre, pousser sa patience à bout, Le mettre en colère à force d'abuser de sa patience. Sa patience est à bout, Sa patience est épuisée. Pousser quelqu'un à bout, Réduire quelqu'un à ne pouvoir répondre, au cours d'une discussion.
À BOUT DE,loc. prép.
, Être à bout de voie, Ne savoir plus quel moyen employer, être à la fin de ses ressources. Être à bout de forces, de patience, Avoir épuisé toutes ses forces, toute sa patience. Venir à bout d'un dessein, d'une entreprise, Réussir dans un dessein, dans une entreprise. Venir à bout de faire une chose, à bout d'une chose, Parvenir à faire une chose, parvenir à la fin d'une chose, en trouver la fin. Il est venu à bout de l'épouser. C'est un livre si ennuyeux que je n'ai jamais pu venir à bout de le lire en entier. La chose est difficile, mais nous en viendrons à bout. On dit aussi Venir à bout de quelqu'un, Le réduire à la raison, le réduire à faire ce qu'on veut. Il est venu à bout de cet entêté.
BOUT À BOUT,loc. adv.
qui se dit en parlant de Certaines choses qu'on joint, qui sont jointes par leurs extrémités. Coudre deux bandes de toile bout à bout. Des tuyaux assemblés bout à bout. Fig. et fam., Mettre bout à bout, se dit en parlant de l'Énumération et de l'assemblage de certaines choses, qui ne sont presque rien à les prendre séparément, mais qui forment un tout considérable, si on les réunit. Si on mettait bout à bout le chemin qu'il fait chaque jour pour aller à ses affaires, cela se chiffrerait à la fin de l'année par des centaines de lieues.
DE BOUT EN BOUT,loc. adv.
D'une extrémité à l'autre. Parcourir la France de bout en bout. Courir la ville de bout en bout.
BOUTADE
n. f.
Caprice, saillie d'esprit et d'humeur. N'agir que par boutade. Quelle boutade vous prend? Je ne supporterai pas ces boutades. Composer par boutade. C'est une boutade qui lui a pris. Cette pièce de vers n'est qu'une boutade.
BOUTÉ, ÉE
adj.
T. de Manège
. Qui a les jambes droites depuis le genou jusqu'à la couronne, en parlant d'un cheval.
BOUTE-EN-TRAIN
n. m.
Celui qui excite les autres à la joie, qui met tout le monde en mouvement et en gaieté. C'est le boute-en- train de la compagnie. Au pluriel, Des boute- en-train.
BOUTE-SELLE
n. m.
T. militaire
. Sonnerie de trompette, en usage dans l'armée, pour avertir les cavaliers de seller les chevaux et de monter à cheval. Sonner le boute- selle.
BOUTEFEU
n. m.
Il désignait la Baguette garnie à son extrémité d'une mèche d'étoupe qui servait à mettre le feu aux pièces d'artillerie.
Il se disait également de Celui qui mettait le feu au canon ou à des pièces d'artifice.
Il se dit figurément aujourd'hui de Celui qui excite des discordes et des querelles. Il a été le boutefeu de la sédition. Ce sont de vrais boutefeux.
BOUTEILLE
n. f.
Vase à goulot, plus ou moins long et plus ou moins étroit, destiné à contenir du vin ou d'autres liquides. Bouteille de verre, de terre, de grès, etc. Bouteille ronde, carrée, plate. Bouteille clissée. Bouteille à encre. Le ventre, le cou, le goulot, le cul d'une bouteille. Rincer des bouteilles. Tirer, mettre une pièce de vin en bouteilles. Mettre du vin en bouteilles.
Fig. et fam., Laisser sa raison au fond de la bouteille, S'enivrer.
Fig. et fam., N'avoir rien vu que par le trou d'une bouteille, N'avoir aucune connaissance des choses du monde, aucun usage du monde.
Fig. et fam., C'est la bouteille à l'encre, C'est une affaire très obscure.
En termes de Physique, Bouteille de Leyde et Bouteille de Moscicki désignent, par analogie, des Condensateurs électriques.
Il se dit aussi de la Liqueur qui est contenue dans une bouteille. Une bouteille de bière, de vin, d'eau-de-vie, de rhum. Une bouteille d'encre. Employé absolument dans ce sens, il se dit toujours d'une Bouteille de vin. Boire, vider une bouteille.
Fam., Aimer la bouteille, Aimer le vin, être adonné au vin.
BOUTER
v. tr.
Mettre, pousser. Bouter dehors. Les Anglais furent boutés hors de France. Il est vieux.
BOUTER est aussi intransitif et signifie, en termes de Marine, Se pousser. Bouter au large.
Par extension, il se dit aussi du Vin qui pousse au gras. Les vins de cette année sont sujets à bouter. Du vin bouté.
BOUTEROLLE
n. f.
T. de Blason
. Garniture qu'on met au bout d'un fourreau d'épée. Une bouterolle d'acier. Une bouterolle d'argent.
BOUTEROUE
n. f.
T. d'Arts
. Bande de fer dont on garnit la chaussée d'un pont de bois pour protéger le tablier contre le frottement des roues des voitures.
BOUTILLIER
n. m.
Échanson. Il ne s'emploie que dans cette dénomination ancienne, Grand boutillier de France, Grand officier de la couronne qui avait l'intendance de tout ce qui concernait la bouche et spécialement du vin.
BOUTIQUE
n. f.
Partie de façade du rez- de-chaussée d'une maison consacrée à un commerce de détail ou, à la fois, à la fabrication et à la vente. Boutique de mercerie, de confiserie, de parfumerie, d'herboristerie. Boutique de cordonnier. Boutique d'horlogerie. Avoir, tenir boutique.
Il se dit aussi d'Étalages en plein vent ou de Baraques de marchands forains. Les boutiques de la foire de Saint-Cloud. Les petites boutiques du Jour de l'An.
Se mettre en boutique, ouvrir boutique, Entreprendre quelque espèce de commerce ou d'industrie à boutique ouverte. Fermer boutique, Cesser de travailler ou de vendre en boutique, quitter le commerce.
Il se dit, par extension, de Toutes les marchandises dont une boutique est garnie. Il a vendu sa boutique, son fonds de boutique. Il a engagé toute sa boutique.
Il s'emploie familièrement comme terme de mépris pour désigner une Maison particulière, une administration, une compagnie que l'on veut discréditer. C'est une boutique : j'ai hâte d'en être sorti.
Il se dit aussi d'un Bateau de pêcheur dont le fond est percé de trous et dans lequel le poisson se conserve vivant. Aller prendre du poisson à la boutique.
BOUTIQUIER, IÈRE
n.
Marchand ou marchande qui est en boutique. Il se dit surtout d'un Petit marchand et quelquefois par dénigrement.
BOUTIS
n. m.
T. de Chasse
. Endroit où un sanglier a fouillé avec son boutoir et Traces de cette fouille.
BOUTISSE
n. f.
T. de Maçonnerie
. Pierre taillée qu'on place dans un mur suivant sa longueur, de manière à ne montrer qu'un de ses bouts. Placer alternativement des pierres en boutisse et en parement.
BOUTOIR
n. m.
Partie supérieure du groin avec laquelle le sanglier et le porc fouissent la terre. Le sanglier lui donna un coup de boutoir.
Fig. et fam., Coup de boutoir, Trait d'humeur, propos dur, inattendu, qui blesse. C'est un homme brusque et capricieux; il vous donnera quelque coup de boutoir.
Il se dit aussi de l'Instrument avec lequel les maréchaux ferrants enlèvent la corne superflue du pied d'un cheval avant de le ferrer.
BOUTON
n. m.
Petit corps arrondi ou allongé que poussent les arbres et les arbustes et d'où naissent les branches, les feuilles ou les fleurs. Bouton à bois. Boutons à feuilles. Bouton à fruit. Il y a beaucoup de boutons à cet arbre.
Il se dit aussi d'une Fleur qui n'est pas encore épanouie. Un bouton de rose. Une fleur en bouton.
Il se dit, par analogie, de Petites tumeurs arrondies qui se forment sur la peau, soit au visage, soit en diverses parties du corps. Des boutons de petite vérole. Il a le visage tout plein de boutons. Il a un gros bouton sur le nez.
En termes d'Art vétérinaire, Boutons de farcin, Certaines tumeurs qui viennent aux chevaux lorsqu'ils ont le farcin.
Le bouton du sein, Le bout du sein, le mamelon.
Il se dit encore de Petites pièces de diverses matières, ordinairement rondes ou plates, quelquefois bombées ou en boule, qui servent généralement à retenir ensemble différentes parties d'un vêtement et que l'on passe, à cet effet, dans les fentes appelées Boutonnières, dans les ganses ou dans les brides. Bouton de métal. Bouton d'or. Bouton d'argent. Bouton de diamant. Bouton de nacre. Bouton uni. Bouton façonné. Habit garni de boutons. Attacher, coudre des boutons. Mettre des boutons à un manteau. Une garniture de boutons. Bouton de culotte, de gilet, de chemise. Des boutons de manchettes.
Prov. et fig., Serrer le bouton à quelqu'un, Le presser vivement sur quelque chose et quelquefois avec menaces.
Il se dit spécialement, par extension, des Insignes qui sont une marque de la profession qu'on exerce ou de la dignité dont on est revêtu. Bouton de livrée. Bouton de mandarin.
En termes de Chasse, Donner le bouton signifie Autoriser à porter le bouton par lequel se reconnaissent les chasseurs d'un même groupe.
Bouton de fleuret, Petite pièce de métal qui garnit l'extrémité d'un fleuret.
Le bouton d'une serrure, d'un verrou, La partie saillante et arrondie à l'aide de laquelle on pousse et on tire le pêne d'une serrure ou un verrou. On dit dans un sens analogue Le bouton d'un tiroir, d'un couvercle, etc. Le bouton d'une porte, Pièce de fer ou de cuivre, qui est ordinairement de forme ronde ou ovale et qui sert à tirer une porte à soi ou à l'ouvrir. Tournez le bouton. En termes d'Équitation, Le bouton de la bride, Le petit anneau de cuir qui coule le long des rênes et qui sert à les resserrer. En termes d'Arts, Bouton de fin, ou simplement Bouton, Petite portion d'or ou d'argent qui reste après l'opération de la coupelle, etc. En termes de Botanique, Bouton d'or, Variété de la renoncule des prés, dont les fleurs sont doubles et d'un beau jaune doré. Bouton d'argent, Variété à fleurs doubles de la matricaire des jardins.
BOUTONNER
v. intr.
Pousser des boutons. Les rosiers commencent à boutonner. Son visage boutonne.
Il est aussi transitif et signifie Fixer au moyen d'un ou de plusieurs boutons. Boutonner son veston, son gilet.
SE BOUTONNER signifie Fermer ses vêtements au moyen des boutons. Cet enfant ne sait pas encore se boutonner.
En termes d'Escrime, Boutonner quelqu'un, Lui donner un coup de bouton de fleuret.
Fig. et fam., C'est un homme toujours boutonné, boutonné jusqu'à la gorge, jusqu'au menton, C'est un homme qui a grand soin, lorsqu'il parle ou qu'on l'interroge, de ne pas laisser pénétrer sa pensée, ses desseins.
BOUTONNERIE
n. f.
Fabrication ou Commerce de boutons.
Il se dit aussi du Lieu où on les fabrique, où on les vend.
BOUTONNIER
n. m.
Celui qui fait et qui vend des boutons.
BOUTONNIÈRE
n. f.
Petite fente faite à un vêtement pour y passer un bouton. Faire une boutonnière. Border de soie les boutonnières d'un habit.
Boutonnière fermée, Boutonnière qui n'est que figurée sur le vêtement et qui ne sert qu'à l'orner.
Fig. et fam., Faire une boutonnière à quelqu'un, Lui faire une blessure un peu large avec une arme perçante ou tranchante.
En termes de Chirurgie, Incision en boutonnière, Incision longue et étroite.
BOUTS-RIMÉS
n. m. pl.
Rimes, souvent très bizarres, données pour faire des vers dont le sujet est ordinairement à volonté.
BOUT-RIMÉ, au singulier, se dit d'une Pièce de vers composée sur des rimes données.
BOUTURE
n. f.
Branche d'un arbre ou d'une plante vivace que l'on sépare de la tige et qui, étant plantée en terre, y prend racine. Il y a des arbres qui viennent de bouture, comme le saule, l'osier, etc. Faire des boutures. Prendre une bouture.
BOUTURER
v. tr.
Propager une plante par boutures.
BOUVERIE
n. f.
Étable à boeufs. Il se dit particulièrement des Étables qui sont dans les environs des marchés publics.
BOUVET
n. m.
T. de Charpenterie et de Menuiserie
. Sorte de rabot à faire des rainures.
BOUVIER, IÈRE
n.
Celui, celle qui garde des boeufs et qui les soigne.
BOUVILLON
n. m.
Jeune boeuf.
BOUVREUIL
n. m.
Oiseau de l'ordre des Passereaux dont le plumage est de plusieurs couleurs, qui a le bec gros et court et qui chante assez agréablement.
BOVIDÉS
n. m. pl.
T. de Zoologie
. Classe de mammifères ruminants.
Il se dit, au singulier, de Tous les animaux du genre boeuf. Un bovidé.
BOVIN, INE
adj.
Qui a rapport au boeuf. Les bêtes bovines, la race bovine, Les boeufs, les vaches, les taureaux. Améliorer la race bovine. Par analogie. Un profil bovin. Un aspect bovin.
BOX-CALF
n. m.
Terme emprunté de l'anglais. Sorte de cuir de veau employé pour la confection des chaussures.
BOX
n. m.
Terme emprunté de l'anglais. Compartiment disposé dans les écuries ou les étables pour isoler les animaux et les y tenir libres et sans attaches. On écrit au pluriel boxes.
BOXE
n. f.
Sorte de pugilat. Boxe française. Prendre des leçons de boxe. Concours de boxe.