Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Marquette
n. f.
Pain de cire vierge.
MARQUEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui marque. Un marqueur de cuirs, de moutons. Une marqueuse de draps.
Il se dit, en termes de jeu de Paume, de Billard, de Ballon, de Celui, de celle qui marque les points de chaque joueur.
MARQUIS
n. m.
Anciennement, Seigneur préposé à la garde des marches, des frontières d'un État.
Il désignait, sous l'ancien régime, un Titre de dignité qu'on donnait à celui qui possédait une terre érigée en marquisat par lettres patentes. C'est aujourd'hui un Simple titre de noblesse.
Fig. et fam., C'est un marquis de Carabas, se dit, par allusion au conte du Chat botté, d'un Homme qui possède ou qui se vante de posséder un grand nombre de terres.
MARQUISAT
n. m.
Titre de dignité qui était attaché à une terre dont la seigneurie s'étendait sur un certain nombre de paroisses. Terre érigée en marquisat.
Il se disait aussi de la Terre même qui avait ce titre. Seigneur du marquisat de...
MARQUISE
n. f.
Titre que l'on donne à la femme d'un marquis. Madame la marquise.
Il se dit aussi, par extension, d'une Bague à chaton allongé.
MARQUISE
n. f.
Abri vitré placé au- dessus du quai d'embarquement dans une gare, au-dessus de l'entrée d'un édifice public ou d'une maison particulière. Je me suis abrité contre la pluie sous une marquise.
Il s'est dit d'une Toile dressée au-dessus de l'entrée d'une tente d'officier pour la protéger du soleil, du vent ou de la pluie.
MARRAINE
n. f.
(Féminin de PARRAIN.) Celle qui tient un enfant sur les fonts du baptême. Cette petite fille porte le nom de sa marraine.
La marraine d'une cloche, Celle qui, lors de l'inauguration d'une cloche, lui donne un nom.
Marraine de guerre s'est dit, pendant la Grande Guerre, d'une Femme ou d'une jeune fille qui, parmi les combattants de famille pauvre ou sans famille, en choisissait un pour entrer en correspondance avec lui et lui fournir quelques subsides.
MARRI, IE
adj.
Qui est chagrin, attristé et repentant. Être marri d'avoir offensé Dieu. Je l'ai trouvé marri et confus de vous avoir mécontenté.
MARRON, ONNE
adj.
Il se dit, dans plusieurs colonies, d'un Nègre, d'une négresse qui s'est enfui dans les bois pour y vivre en liberté. Nègre marron. Négresse marronne. On le dit également des Animaux qui, de domestiques, sont devenus sauvages. Cochon marron.
Il se dit aussi, en mauvaise part, de Celui qui exerce une profession sans titre, sans brevet, sans commission. C'est un courtier marron. Éditeur marron.
MARRON
n. m.
Fruit de l'espèce de châtaignier appelé Marronnier. Marchand de marrons. Des marrons bouillis, rôtis, grillés. Une purée de marrons. Une volaille farcie aux marrons.
Par analogie, Marron d'Inde, Fruit du marronnier d'Inde.
Marron d'eau, Le fruit de la macre.
Marrons glacés, Marrons confits dans un sirop de sucre.
Prov. et fig., Se servir de la patte du chat pour tirer les marrons du feu, Se servir adroitement d'un autre pour faire une chose dangereuse, dont on espère de l'utilité, et qu'on n'ose faire soi-même. On dit de même Tirer les marrons du feu, Servir aux desseins d'un autre, travailler pour un autre dont on est la dupe.
Par apposition, Couleur marron, Couleur approchant de celle du marron. Un vêtement de couleur marron. Adjectivement, Un manteau marron, une robe marron, du drap marron.
En termes d'Artificier, il désigne une Sorte de pétard, de forme cubique, fait d'un fort carton entouré d'une ficelle enduite de goudron.
MARRONNAGE
n. m.
État d'un nègre marron. Réprimer le marronnage.
MARRONNIER
n. m.
Variété de châtaignier cultivé, dont les fruits sont plus gros que les châtaignes et comestibles.
Par analogie, Marronnier d'Inde, Grand et bel arbre qui a été apporté en France de Constantinople, dont les fleurs sont en bouquets pyramidaux et dont le fruit est âcre et amer.
MARS
(On prononce l'S.)n. m.
On ne met ici ce nom, qui était celui du dieu de la guerre, chez les païens, que parce qu'il signifie La guerre, dans quelques phrases poétiques. Les travaux de Mars. Le métier de Mars. Les favoris de Mars.
Champ de mars. Voyez CHAMP. (Voyez aussi, dans l'article suivant, un autre sens de cette expression.)
MARS
n. m.
Le troisième des mois de l'année. Les giboulées de mars. Bière de mars. Les blés de mars.
Prov., Cela vient comme mars en carême. Voyez CARÊME.
Champ de mars, Assemblée que les principaux de la nation franque tenaient au mois de mars pour régler les affaires de l'État.
MARSOUIN
n. m.
Cétacé du genre des Dauphins, mais à museau obtus, qu'on appelle aussi vulgairement Cochon de mer. La pêche des marsouins. Du lard de marsouin.
Il se dit familièrement d'un Soldat de l'infanterie coloniale.
MARSUPIAUX
n. m. pl.
T. d'Histoire naturelle
. Quadrupèdes mammifères, dont les femelles ont sous le ventre un sac ou grand repli de la peau, qui renferme les mamelles et où les petits sont réunis après leur naissance.
MARTEAU
n. m.
Outil de fer qui a un manche, ordinairement de bois, et qui est propre à battre, forger, cogner, enfoncer. Marteau de serrurier, de menuisier, de charpentier. Marteau de forgeron, d'orfèvre, de chaudronnier. Enfoncer des clous avec un marteau. Donner un coup de marteau. Battre avec le marteau, au marteau, à grands coups de marteau. Marteau de commissaire-priseur, Petit marteau dont se sert le commissaire-priseur pour en frapper un coup sur la table et indiquer ainsi que les enchères sur tel ou tel objet sont closes.
Il se dit, particulièrement dans l'Administration forestière, d'un Marteau de fer dont le gros bout porte une marque en relief, que l'on imprime sur des arbres en les frappant. Marquer des arbres avec le marteau.
Fig., Être entre l'enclume et le marteau. Voyez ENCLUME.
Fig. et fam., Il faut être enclume ou marteau. Voyez ENCLUME.
Marteau d'horloge, Marteau qui, dans une horloge, frappe sur le timbre pour annoncer les heures.
Marteau de porte, Sorte d'anneau ou de battant de fer qui est attaché au milieu d'une porte à l'extérieur et avec lequel on frappe pour se faire ouvrir.
Fig. et fam., Avoir un coup de marteau. Voyez COUP.
Fig. et fam., Perruque à trois marteaux, Perruque qui avait une longue boucle entre deux noeuds.
MARTEAU, en termes de Facteur d'instruments, se dit des Petites tringles de bois que l'on fait mouvoir en touchant le clavier d'un piano et dont une extrémité, garnie de peau, sert à frapper les cordes de l'instrument.
En termes d'Anatomie, il désigne Un des quatre osselets de l'oreille.
MARTEAU-PILON, en termes d'Arts, désigne un Gros marteau de forge actionné par un mécanisme mû par la vapeur, l'électricité, etc.
MARTEL
n. m.
Ancienne forme de MARTEAU. Mot qui n'est plus en usage que dans la locution figurée Martel en tête, Inquiétude, ombrage, souci. Avoir martel en tête. Ne vous mettez pas martel en tête.
MARTELAGE
n. m.
T. d'Administration forestière
. Marque que les agents des eaux et forêts font avec leur marteau aux arbres qu'on veut réserver dans les triages mis en vente.
MARTELER
(Je martèle; nous martelons.) v. tr.
Battre à coups de marteau. Marteler de la vaisselle d'étain. Absolument, Marteler sur l'enclume.
Il signifie aussi Troubler, remplir d'inquiétude. Cette affaire me martèle le cerveau ou, simplement, me martèle.
En termes de Numismatique, Médaille martelée, Celle dont on a effacé le revers, qui était commun, pour frapper à la place un revers rare.
En termes de Musique, Trille martelé, Trille bien frappé et dans lequel les deux sons se font entendre distinctement.
En termes de Littérature, Vers martelés, Vers dont la mesure est fortement accentuée. On dit dans le même sens Prononciation martelée.
MARTELET
n. m.
Petit marteau dont on se sert pour des ouvrages délicats.
MARTELEUR
n. m.
Celui qui manoeuvre le marteau d'une forge.
MARTIAL, ALE
adj.
Qui dénote une âme belliqueuse. Courage martial. Humeur martiale. Air martial.
Cour martiale, Sorte de tribunal militaire.
Loi martiale, Loi qui autorise l'emploi de la force armée en cas de péril public et en observant certaines formalités. Les circonstances ont amené la proclamation de la loi martiale.
MARTIN-PÊCHEUR
n. m.
T. de Zoologie
. Oiseau de l'ordre des Passereaux, qui a le plumage bleu et qui vit surtout dans les eaux, dans les marécages. Le martin ou martinet- pêcheur est une espèce d'alcyon.
MARTIN-SEC
n. m.
Sorte de petite poire d'hiver qui a la chair cassante.
MARTINET
n. m.
Espèce d'hirondelle à très longues ailes.
MARTINET
n. m.
T. d'Arts . Marteau qui est mû ordinairement par la force de l'eau et qui sert dans les forges, dans les moulins à papier, à tan, à foulon, etc.
MARTINET
n. m.
Sorte de fouet qui est formé de plusieurs brins de corde ou de cuir attachés au bout d'un manche.
MARTINGALE
n. f.
T. de Manège
. Courroie qui tient par un bout à la sangle sous le ventre du cheval, et par l'autre à la muserole, pour empêcher qu'il ne porte au vent et ne donne de la tête.
Il se dit, par extension, d'une Sorte de demi- ceinture placée dans le dos d'une capote, d'un manteau, etc., pour retenir l'ampleur ou marquer la taille.
En termes de Jeu, il se dit d'une Manière de jouer qui consiste à ponter, à chaque coup, le double de ce qu'on a perdu sur le coup précédent. Jouer à la martingale. Jouer la martingale.
Il se dit, par extension, de Diverses manières de jouer son argent, que certains joueurs imaginent, et qu'ils suivent avec plus ou moins de persévérance. Il s'est ruiné par une martingale qu'il croyait excellente.
MARTRE
n. f.
Petit quadrupède carnassier qui a le poil roux et qui se trouve dans les pays septentrionaux. Peau, queue, fourrure de martre. Les martres zibelines sont les plus belles.
Il se dit aussi de la Peau de cet animal, quand elle est employée en fourrure. Un manchon, un manteau de martre.
MARTYR, YRE
n.
Celui, celle qui a souffert la mort pour attester la vérité de la religion chrétienne. Saint Étienne est le premier martyr. Sainte Cécile, vierge et martyre. L'Église honore la mémoire des martyrs. Un glorieux martyr de la foi.
MARTYR se dit, par extension, de Celui qui a souffert des tourments ou la mort, soit pour une fausse religion, soit pour une doctrine quelconque. Toutes les religions ont leurs martyrs. L'erreur a ses martyrs ainsi que la vérité.
Fig. et fam., Être du commun des martyrs. Voyez COMMUN.
Fig., Il souffre comme un martyr, Il souffre beaucoup.
Être le martyr de quelqu'un, Souffrir beaucoup de ses mauvais traitements, de sa tyrannie, de ses caprices. Il me maltraite, il me tourmente sans cesse, je suis son martyr. Il est le martyr de cette femme. On dit, dans un sens analogue, Faire de quelqu'un son martyr. Adjectivement, Peuple martyr. Enfant martyr.
Être le martyr de son ambition, de ses opinions, de ses croyances, etc., S'exposer à beaucoup d'inconvénients, de dangers, pour satisfaire son ambition, pour soutenir ses opinions, ses croyances, etc.
MARTYRE
n. m.
Mort ou tourments endurés pour la religion chrétienne. Souffrir, endurer le martyre. La couronne, la palme du martyre. L'Église célèbre, tel jour, le martyre de tel saint.
Il se dit aussi, figurément et par exagération, de Toute sorte de peines de corps et d'esprit. Ces maux de reins me font souffrir le martyre. Obligé d'assister à cette pénible discussion, j'ai souffert le martyre.
Il s'est dit, particulièrement dans le langage poétique, des Peines de l'amour. La beauté qui cause mon martyre.
MARTYRISER
v. tr.
Faire souffrir le martyre. Saint Étienne fut martyrisé peu après la mort de JÉSUS-CHRIST. Dioclétien fit martyriser un grand nombre de chrétiens.
Il signifie aussi, figurément et par exagération, Faire souffrir de grandes douleurs, de grands tourments. Ses rhumatismes le martyrisent. Martyriser un enfant. Martyriser les animaux.
MARTYROLOGE
n. m.
Catalogue où furent inscrits d'abord les noms des martyrs, et dans lequel on a inséré depuis les noms des autres saints dont l'Église fait commémoration. Le Martyrologe romain. Lire le Martyrologe.