Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Lithotome
n. m.
T. de Chirurgie
. Instrument avec lequel on coupe et on divise la pierre dans la vessie, afin de l'extraire.
LITHOTOMIE
n. f.
T. de Chirurgie
. Opération par laquelle on coupe et on divise la pierre dans la vessie au moyen du lithotome.
LITHOTRITEUR
n. m.
T. de Chirurgie
. Instrument avec lequel on broie la pierre dans la vessie.
LITHOTRITIE
(TIE se prononce CIE.)n. f.
T. de Chirurgie
. Opération par laquelle on broie la pierre dans la vessie, en y introduisant un lithotriteur par le canal de l'urètre.
LITIÈRE
n. f.
Paille ou autre espèce de fourrage qu'on répand dans les écuries, dans les étables pour que les bêtes puissent s'y coucher. Faire la litière aux chevaux, aux vaches, etc.
Ce cheval est sur la litière, Il est malade ou estropié à ne pouvoir sortir de l'écurie.
Fig., Faire litière d'une chose signifiait autrefois La prodiguer, la répandre avec profusion.
On dit encore aujourd'hui Faire litière de son honneur, Faire peu de cas de son honneur, le fouler aux pieds.
Il se disait et se dit encore quelquefois d'une Sorte de lit ordinairement couvert, porté sur des brancards par des chevaux, des mulets et quelquefois des hommes.
LITIGANT, ANTE
adj.
T. de Jurisprudence
. Qui est plaidant ou qui plaide. Il y a plusieurs parties litigantes dans cette affaire. Il est vieux.
LITIGE
n. m.
T. de Jurisprudence
. Contestation en justice. Cette terre est en litige.
Dans le langage ordinaire, il se dit de Toute sorte de contestations. Cet événement peut occasionner un litige.
LITIGIEUX, EUSE
adj.
Qui est ou qui peut être en litige. Droit litigieux. Affaire litigieuse. Point, cas litigieux.
Il signifie aussi Qui se plaît dans les litiges. Esprit litigieux.
LITORNE
n. f.
Espèce de grive à tête cendrée.
LITOTE
n. f.
T. de Rhétorique
. Figure qui consiste à se servir, par modestie ou par égard, d'une expression qui dit le moins pour faire entendre le plus. C'est ainsi que Chimène, lorsqu'elle dit à Rodrigue, Va, je ne te hais point, veut dire qu'elle l'aime toujours.
LITRE
n. f.
Grande bande ou ceinture noire qu'on tend autour de l'église aux obsèques célébrées en grande pompe et sur laquelle sont appliquées ou peintes les armoiries ou les initiales du défunt.
LITRE
n. m.
T. de Système métrique
. Unité des mesures de capacité qui a la contenance d'un décimètre cube.
Il se dit, par extension, des Récipients en bois ou en étain qui ont cette contenance et servent à mesurer, soit les matières sèches, comme les pois, les haricots, soit les liquides.
Il se dit, par analogie, d'une Bouteille en verre ayant la même contenance. Un litre de vin. Par extension et populairement, Boire un litre. Il a bu un litre.
LITTÉRAIRE
adj. des deux genres
. Qui appartient aux lettres, à la littérature. Société, journal littéraire. La critique littéraire. Le sujet de cet ouvrage est plus littéraire que scientifique. Propriété littéraire. Voyez PROPRIÉTÉ.
Le monde littéraire, Ceux qui s'intéressent aux lettres.
Esprit littéraire, Esprit caractérisé par le goût et l'intelligence de la littérature.
Qualités littéraires, Qualités de composition et de style par lesquelles se caractérisent les oeuvres qui appartiennent à la littérature.
LITTÉRAIREMENT
adv.
Sous le rapport littéraire. Littérairement parlant, cet ouvrage n'est digne d'aucune estime.
LITTÉRAL, ALE
adj.
Qui est selon la lettre, conforme à la lettre. Le sens littéral de ce passage de l'Écriture sainte est très différent du sens allégorique. On a pris ce vers d'Homère non dans un sens littéral, mais dans un sens figuré.
Traduction, version littérale, Celle qui est faite mot à mot. Sa traduction manque d'élégance, elle est trop littérale.
En termes de Linguistique, Langue littérale. Arabe littéral se dit de l'Arabe écrit, par opposition à l'Arabe parlé. Il sait bien l'arabe littéral, mais il ne comprend pas l'arabe vulgaire.
En termes d'Algèbre, Grandeurs littérales, Grandeurs qui sont exprimées par des lettres. LITTÉRALEMENT
adv.
À la lettre. Ce passage, pris littéralement, signifie tout autre chose que ce que l'auteur a voulu faire entendre. Traduire littéralement.
LITTÉRALITÉ
n. f.
Attachement scrupuleux à la lettre, dans une traduction. Il n'est pas facile, dans une traduction, de concilier la littéralité avec l'élégance.
LITTÉRATEUR
n. m.
Celui qui est versé dans la littérature, qui en fait profession.
LITTÉRATURE
n. f.
Ensemble des productions littéraires d'une nation, d'un pays, d'une époque. La littérature française. La littérature du moyen âge, du dix-septième siècle. Les littératures étrangères. Histoire de la littérature. Cours de littérature.
Il s'emploie aussi au sens péjoratif pour désigner des Développements spécieux plutôt que solides. Tout cela, c'est de la littérature.
Il signifie aussi Connaissance des principes, des procédés admis dans les ouvrages de l'esprit. N'avoir point de littérature. Avoir beaucoup de littérature.
LITTORAL, ALE
adj.
Qui appartient aux bords de la mer, aux côtes. Il a visité la partie littorale du Finistère, de la France. Plantes littorales.
LITTORAL s'emploie aussi comme nom masculin et se dit alors de l'Étendue de pays qui est au bord de la mer. Le littoral de la France est très découpé.
LITURGIE
n. f.
Ensemble des cérémonies et des prières qui constituent le service divin. Il y a deux liturgies chrétiennes : la liturgie orientale, la liturgie de l'Occident. Liturgie romaine. Liturgie orthodoxe. Liturgie anglicane. Livres de liturgie.
Il se dit spécialement de l'Ordre des prières et des cérémonies de la messe.
LITURGIQUE
adj. des deux genres
. Qui a rapport à la liturgie. Ouvrage liturgique. Règles liturgiques.
LITURGISTE
n. m.
Celui qui fait une étude spéciale de la liturgie. Pierre le Chantre était un des plus savants liturgistes.
LIURE
n. f.
Câble qui sert à lier, à maintenir les fardeaux dont une charrette est chargée.
Il se dit aussi, en termes de Marine, surtout au pluriel, d'un Amarrage formé de plusieurs tours de corde qui lient deux pièces de bois ensemble. Les liures du beaupré.
LIVIDE
adj. des deux genres
. Qui est de couleur plombée, bleuâtre et tirant sur le noir. Teint livide. Lèvres livides. Il en a la peau, la chair toute livide. Il a des marques, des taches livides sur la peau.
LIVIDITÉ
n. f.
État de ce qui est livide. La lividité du teint, de la peau.
LIVRABLE
adj. des deux genres
. T. de Commerce
. Qui peut être livré. Marchandise livrable immédiatement.
LIVRAISON
n. f.
T. de Commerce
. Action de livrer de la marchandise qu'on a vendue. Il a pris, il a reçu livraison des trois pièces d'étoffe.
En termes de Librairie, il désigne Chaque partie d'un ouvrage qu'on publie par volumes ou par fascicules, à des époques plus ou moins rapprochées les unes des autres. La première livraison de ce dictionnaire vient de paraître. Les livraisons de cet ouvrage paraissent très régulièrement. Il me manque une livraison de la revue.
LIVRE
n. m.
Assemblage de plusieurs feuilles de papier, de vélin ou de parchemin, imprimées ou écrites à la main, cousues ensemble et formant un volume broché ou relié. Livre manuscrit. Livre imprimé. Livre stéréotypé. Livre doré sur tranche, marbré sur tranche. Les livres d'une bibliothèque. Catalogue de livres. La marge, les marges d'un livre. Les feuilles, les feuillets, les pages, la couverture, la tranche, le dos, le signet, les coins d'un livre.
Livre en feuilles, Les feuilles imprimées d'un livre qui n'est encore ni broché ni relié.
Livre in-folio ou In-folio. Voyez IN-FOLIO. Livre in-octavo ou In-octavo. Voyez IN-OCTAVO. On dit de même Livre in-douze, in-seize, in- trente-deux, etc.
Livre dépareillé, Volume séparé des autres volumes d'un même ouvrage, par la perte ou par la destruction de ceux-ci.
LIVRE signifie aussi Registre sur lequel on inscrit ce qu'on reçoit et ce qu'on dépense, ce qu'on achète et ce qu'on vend, ses dettes actives et ses dettes passives, etc. Livre de compte. Livre de dépense. Écrivez, mettez cela sur votre livre. Livres de commerce. Livre de caisse. Livre d'inventaire. Livre de marchandises. Livres paraphés. Exhiber ses livres en justice.
Livre de raison désignait jadis un Journal tenu par le chef de famille qui inscrivait, avec ses comptes, les événements tels que naissances, mariages, etc., et ses propres réflexions.
En termes de Commerce, Livre de recettes, Livre de dépenses, Livre de copies de lettres, Livres d'échéances.
Livre journal. Voyez JOURNAL.
Tenue, teneur de livres. Voyez TENUE, TENEUR. Tenir les livres en partie double. Voyez TENIR.
Grand Livre. Voyez ce mot à son ordre alphabétique.
Livre de bord, Registre sur lequel le capitaine d'un navire doit inscrire tous les ordres donnés et tient le journal de la traversée.
Livre de loch, Registre sur lequel on inscrit, outre les routes mesurées par le loch, les variations du vent et les divers incidents de navigation.
Le livre d'or, Le registre où étaient inscrits les noms des nobles, dans quelques républiques. Le livre d'or de Venise.
Livre d'or se dit aujourd'hui de la Liste des personnes qui sont l'honneur d'une Société, d'une compagnie.
LIVRE se prend aussi pour Un ouvrage de l'esprit, soit en prose, soit en vers, d'assez grande étendue pour faire au moins un volume. Livre bien écrit, mal écrit. Livre instructif, futile, dangereux. Livre prohibé, vendu sous le manteau, mis à l'index. Livre anonyme, posthume. Livre revu, corrigé et augmenté par l'auteur. Livre de théologie, de droit, de jurisprudence, de médecine, d'architecture, etc. Le titre, l'index, la table d'un livre. Publier, faire paraître un livre. Dédier un livre à quelqu'un. Lire, feuilleter, parcourir un livre.
Mauvais livre, Livre dangereux, condamnable.
Livres élémentaires, Ceux qui contiennent les éléments de quelque science.
Livres classiques. Voyez CLASSIQUE.
Livres d'église, livres de prières, Les livres qui servent au clergé pour célébrer l'office divin, et aux fidèles pour suivre les prières qui se récitent ou se chantent à l'église. Livres de dévotion, Livres qui servent aux exercices de dévotion, qui contiennent des prières, des oraisons mystiques, etc.
Fig. et fam., N'avoir jamais mis le nez dans un livre, Être fort ignorant.
Fig., Dévorer un livre, dévorer des livres, Les lire avec avidité, avec une extrême promptitude. Sécher, pâlir sur les livres, Lire avec une assiduité excessive.
Fam., On ferait un livre de ses folies, Avec le récit de ses folies, on remplirait un volume.
Fam., Parler comme un livre, Parler avec facilité, mais en termes recherchés ou trop arrangés pour la conversation. Il s'emploie avec une nuance d'ironie.
Fig., dans le langage théologique, Être inscrit dans le livre de vie, Être prédestiné à jouir d'un bonheur éternel.
Fig., Cela était écrit dans le livre du destin, se dit d'un Événement où l'on croit voir quelque fatalité.
LIVRE désigne aussi Une des principales parties qui forment la division de certains ouvrages. Cet auteur a distribué, divisé son ouvrage en douze livres. Le premier, le second livre des Rois. Le second, le sixième livre de l'Éneide.
Livres saints, livres sacrés, Les livres qui composent l'Ancien et le Nouveau Testament.
Livres canoniques. Voyez CANONIQUE.
Livres apocryphes. Voyez APOCRYPHE.
Livres sapientiaux. Voyez SAPIENTIAUX.
LIVRE, accompagné d'une épithète désignant la couleur de la couverture, se dit d'un Recueil de pièces diplomatiques, publié par le gouvernement d'un pays. Livre jaune, livre bleu, livre blanc, etc.
À LIVRE OUVERT,loc. adv.
Lire la musique, chanter, accompagner à livre ouvert, Sans avoir besoin de préparation. Traduire un auteur à livre ouvert, Le traduire facilement à la première lecture.
LIVRE
n. f.
Poids qui équivaut à cinq cents grammes. Une livre de viande. Une demi- livre. Vendre, acheter à la livre. Des bougies de quatre, de cinq, de six à la livre. Le terme officiel est Demi-kilo.
Il désignait aussi une Monnaie de compte qui valait d'abord un poids d'argent d'une livre, mais qui fut progressivement réduite dans le cours du temps, et qui a été remplacée par le franc. La livre tournois était de vingt sous, la livre parisis de vingt-cinq sous. La livre tournois fut seule usitée à partir de Louis XIV. Compter par livres, sous et deniers.
Il s'employait, et on l'emploie souvent encore, en parlant d'un Revenu annuel. Avoir dix mille livres de rente.
Livre sterling ou Livre, Monnaie de compte, en Angleterre, d'une valeur de 20 shillings.
LIVRÉE
n. f.
Anciennement, Habits dont l'étoffe et les galons rappelaient, par les dessins et par les couleurs, les armoiries du maître qui en revêtait ses gens.
Il se dit aujourd'hui, par extension, des Habits d'une couleur convenue, ordinairement galonnés, que portent les domestiques d'une même maison. Riche livrée. Changer sa livrée. Porter la livrée. Galon de livrée. Valet en grande, en petite livrée.
Il se dit collectivement de Tous les gens portant une même livrée. Toute la livrée du prince assistait à la cérémonie.
Fig. et dans le style soutenu, La livrée de la misère, de la servitude, Les marques extérieures auxquelles on peut reconnaître la misère, la servitude, etc.
LIVRER
v. tr.
Mettre une chose au pouvoir, en la possession de quelqu'un, selon les conventions faites avec lui. Livrer de la marchandise. Il doit livrer la commande à trois mois. Livrer un ouvrage pour un certain prix. Mon libraire doit me livrer demain une certaine quantité d'exemplaires. Livrer à domicile, en gare. Livrer à l'usine.
Il signifie aussi Mettre une personne à la discrétion d'une autre. Livrer un coupable à la justice, entre les mains de la justice.
Il se dit particulièrement de Ceux qui accomplissent cette action par trahison. Livrer une ville. Livrer son complice. Il avait des intelligences avec l'ennemi pour lui livrer la place. Judas livra Notre-Seigneur aux Juifs.
Fig. et fam., Je vous livre cet homme, Je vous réponds qu'il fera ce que vous voudrez, que vous en disposerez comme il vous plaira.
Livrer une bataille, un combat, un assaut, Engager une bataille, un combat, un assaut. On dit aussi Livrer bataille.
Fig., Livrer bataille, livrer combat pour quelqu'un, Soutenir fortement les intérêts de quelqu'un.
Livrer au bras séculier, se disait du Renvoi que le juge ecclésiastique faisait au juge laïque pour prononcer ou pour appliquer des peines afflictives.
LIVRER se dit aussi dans le sens de Donner en proie, exposer à. Livrer une ville au pillage, la livrer à la fureur des soldats. Livrer quelqu'un à la mort. Livrer les voiles au vent.
En termes de Chasse, Livrer le cerf aux chiens, Mettre les chiens après le cerf.
LIVRER signifie aussi Confier. Livrer ses secrets à quelqu'un. Il s'était entièrement livré à des gens qui le trahissaient.
Absolument, C'est un homme qui ne se livre pas, C'est un homme très circonspect, très réservé.
SE LIVRER signifie aussi, en termes de Jeu, Donner imprudemment quelque avantage à son adversaire.
LIVRET
n. m.
Petit livre. Il ne se dit guère que dans les expressions suivantes :
Livret d'opéra, d'opéra-comique, d'opérette, Poème sur lequel est composée la musique d'une pièce de théâtre lyrique.
Livret de pension civile ou militaire, Petit registre, carnet à souche où sont consignées les sommes à toucher par les bénéficiaires.
Livret de famille, Petit registre remis à l'époux et à l'épouse, le jour du mariage, à la mairie, et où figurent, avec leur date de naissance, celle de la célébration du mariage, et où doivent être consignés successivement les naissances ou les décès qui peuvent survenir dans la famille qu'ils vont fonder.
Livret militaire, Petit carnet délivré à chaque soldat et établissant sa situation militaire.
Livret de caisse d'épargne, Petit registre délivré par les caisses d'épargne à chaque déposant et contenant les versements et les remboursements.
Livret scolaire, Petit registre où sont consignées les notes obtenues par un élève durant les trois dernières années de ses études d'enseignement secondaire et qu'il doit présenter au jury quand il veut subir les épreuves du baccalauréat.
LIVREUR, EUSE
n.
Celui, celle qui livre des marchandises, des colis, au nom d'une compagnie de chemins de fer, d'une maison de commerce. Adjectivement, Garçon, employé livreur.
LIXIVIATION
n. f.
T. de Chimie
. Extraction des principes solubles d'une substance par le lavage.
LOBÉ, ÉE
adj.
T. de Botanique
. Qui est divisé en lobes. Feuille lobée.
LOBE
n. m.
T. d'Anatomie
. Division d'une partie de certains organes formée par des sillons ou des échancrures. Les lobes du cerveau, du poumon, du foie.
Il se dit, particulièrement, du Bout inférieur de l'oreille.
Il se dit, en termes de Botanique, des Divisions ou des découpures larges et arrondies de certaines feuilles.
Lobes séminaux, ou simplement Lobes, Les deux corps charnus qui sortent de la semence des dicotylédones lorsqu'elle germe, et qui, dans plusieurs de ces plantes, se transforment en deux feuilles.
LOBULE
n. m.
T. d'Anatomie
. Petit lobe. Chaque lobe du cerveau se divise en une multitude de lobules.
LOCAL, ALE
adj.
Qui appartient à un lieu, qui a rapport à un lieu. Coutume locale. Mouvement local. Les droits, les usages locaux. Les autorités locales.
En termes de Peinture, Couleur locale, Couleur propre à chaque objet, indépendamment de la distribution particulière de la lumière et des ombres.
En termes de Littérature, Couleur locale se dit, par extension, en parlant des Ouvrages qui reproduisent, d'une manière exacte et pittoresque, des moeurs, des costumes et des caractères d'un pays ou d'un temps. Dans ce roman, dont l'action se passe en Grèce, la couleur locale est parfaitement observée.
En termes de Physiologie, Mémoire locale, Celle qui retient particulièrement la disposition et l'état des lieux et des choses.
En termes de Médecine, Affection locale, Maladie bornée à un seul organe, à un seul endroit du corps et sans symptômes généraux. On dit dans le même sens Traitement local.
LOCAL s'emploie aussi comme nom masculin et désigne un Lieu, un bâtiment à destination de commerce ou d'industrie. Cette imprimerie occupe de vastes locaux.
LOCALEMENT
adv.
Dans un certain endroit, dans un lieu déterminé. Ces douleurs ne se font sentir que localement. On peut parfois, dans les opérations chirurgicales, insensibiliser localement le malade sans l'endormir.
LOCALISATION
n. f.
T. didactique
. Action de localiser, de se localiser.
Spécialement, en termes de Physiologie, Localisations cérébrales, Théorie suivant laquelle certaines fonctions de la vie dépendent de régions déterminées du cerveau, qui en seraient le siège.
LOCALISER
v. tr.
T. didactique
. Placer par la pensée dans un endroit déterminé, rapporter à une date. Localiser un fait. Localiser une légende. Localiser un souvenir dans le temps. En termes de Médecine, il signifie Désigner l'endroit où réside une cause morbide.
Il signifie, par extension, Délimiter une chose pour en réduire les effets. Localiser un incendie. Spécialement, en termes de Médecine, Localiser une affection morbide. Dans ce cas, SE LOCALISER signifie Se circonscrire dans tel ou tel endroit de l'organisme. Le mal s'est localisé dans le côté gauche.
LOCALITÉ
n. f.
Lieu habité. Il se dit surtout d'une Petite ville, d'un village, etc.
LOCATAIRE
n. des deux genres
. Celui, celle qui occupe une maison ou une partie de maison à loyer. Sa maison étant trop grande pour lui, il a pris un locataire. Les grosses réparations ne sont pas à la charge du locataire, mais à la charge du propriétaire.
Principal locataire, Celui qui loue au propriétaire une maison, pour la sous-louer en totalité ou en partie. Sous-locataire, Celui qui tient sa location du principal locataire. LOCATIF, IVE
adj.
Il ne s'emploie guère que dans ces locutions : Réparations locatives, Celles qui sont à la charge du locataire; et Valeur locative, Ce qu'un immeuble est estimé pouvoir rapporter, quand on le donne à loyer. Risque locatif, Responsabilité du locataire vis-à-vis du propriétaire pour dégâts causés par sa faute dans l'immeuble qu'il occupe.
LOCATION
n. f.
Action par laquelle le propriétaire d'une chose la donne à quelqu'un, à titre de louage ou de bail. Location d'un immeuble, d'un appartement, d'une chasse.
Il se dit, par extension, de l'Action de retenir à l'avance sa place, moyennant ou non un prix supplémentaire, dans un théâtre, dans une salle de concerts, de conférences, dans un compartiment de chemin de fer, sur un bateau, etc.
LOCATIS
n. m.
Mauvais cheval de louage ou Mauvais véhicule attelé. Prendre un locatis. Il a vieilli.
LOCH
(CH se prononce K.)n. m.
T. de Marine
. Appareil qu'on immerge dans la mer pour mesurer la vitesse d'un bâtiment. Jeter le loch. Livre de loch. Voyez LIVRE.
LOCHE
n. f.
Sorte de petit poisson qui se trouve dans les ruisseaux et dans de petites rivières. Il est aussi synonyme de LIMACE.
LOCK-OUT
(OU se prononce AOU et on fait sentir le T.)n. m. Mot anglais. Entente de patrons, industriels ou commerçants, pour fermer leurs ateliers, leurs usines, leurs magasins quand ils ne peuvent accéder aux réclamations des ouvriers. Décider le lock-out. Lever le lock-out. Opposer le lock-out à la grève.
LOCOMOBILE
n. f.
Sorte de machine à vapeur, qui se déplace et qui sert à l'agriculture ou à l'industrie.
LOCOMOTEUR, TRICE
adj.
Qui opère la locomotion. Muscles locomoteurs. Faculté locomotrice. En termes de Médecine, Ataxie locomotrice. Voyez ATAXIE.
LOCOMOTION
n. f.
Changement de lieu en vertu de la faculté locomotrice. La locomotion est une faculté commune à presque tous les animaux. Par extension, Moyens de locomotion.
LOCOMOTIVE
n. f.
Machine actionnée par la vapeur, l'électricité ou l'essence, montée sur roues, qui sert à la traction des voitures placées sur une voie ferrée, ou rarement sur route.
LOCUSTE
n. f.
T. de Zoologie
. Genre d'insectes plus généralement appelés Sauterelles.
Il se dit aussi d'un Crustacé nommé vulgairement Chevrette, crevette ou salicoque.
LOCUTION
n. f.
Il se disait anciennement de la Façon de s'exprimer. Une nouvelle locution. Une locution élégante.
Il ne s'emploie plus guère qu'en termes de Grammaire. Locution proverbiale, Phrase toute faite qui exprime un proverbe. Locution adverbiale, prépositive, conjonctive, Groupe de mots qui joue le rôle d'un adverbe, d'une préposition, d'une conjonction. À peu près est une locution adverbiale. Au-dessus de est une locution prépositive. Parce que, afin que sont des locutions conjonctives.
LODS
(On prononce LOZ.)n. m. pl.
T. d'ancienne Jurisprudence
. Il n'est usité que dans l'expression Lods et ventes, qu'on payait au seigneur quand on vendait une partie du territoire sur lequel s'étendaient ses droits.
LOF
n. m.
T. de Marine
. Côté que le navire présente au vent. Aller au lof, venir au lof, Aller plus près du vent. Virer lof pour lof, Virer vent arrière, pour mettre au vent un des côtés du bâtiment au lieu de l'autre.
LOFER
v. intr.
T. de Marine
. Gouverner au plus près du vent.
LOGARITHME
n. m.
T. de Mathématiques
. Nombre pris dans une progression arithmétique et répondant à un autre nombre pris dans une progression géométrique. Tables de logarithmes.
LOGARITHMIQUE
adj. des deux genres
. T. de Mathématiques
. Qui a rapport aux logarithmes. Courbe, spirale logarithmique. Substantivement, La logarithmique, Courbe asymptotique.
LOGE
n. f.
Petite cabane. Cet ermite s'est fait une petite loge. Il a vieilli.
Il se dit plus ordinairement d'un Petit logement pratiqué habituellement au rez-de- chaussée d'une maison, près de la porte d'entrée, et destiné à l'habitation du concierge. Votre concierge est souvent absente de sa loge.
Il se dit aussi d'une Galerie, d'un portique en avant-corps, pratiqué à l'un des étages d'un édifice, pour jouir de la vue du dehors et de la fraîcheur de l'air. On ne l'emploie guère, dans ce sens, qu'en parlant des Édifices d'Italie. Les loges du Vatican.
La loge pontificale, La loge située au-dessus du portique de Saint-Pierre de Rome, d'où le pape donne sa bénédiction.
Les loges de Raphaël, Peintures à fresques, exécutées par Raphaël, ou par ses élèves sous sa direction, dans les loges du Vatican.
Il se dit en outre des Compartiments d'une salle de spectacle, contenant plusieurs places, séparés les uns des autres par des cloisons. Les loges du Théâtre-Français, de l'Opéra, etc. Loges grillées. Loges d'avant-scène, de balcon. Louer, retenir une loge. Premières, secondes, troisièmes loges, Loges du premier, du second, du troisième étage. Une loge de face, de côté.
Loges découvertes, Sortes de loges de théâtre qui n'ont pas de plafond et qui ne sont séparées que par des cloisons à hauteur d'appui.
Coupon de loge. Voyez COUPON.
Fig. et fam., Être aux premières loges, Se trouver dans la position la plus favorable pour être témoin de quelque chose.
LOGES, au pluriel, se dit quelquefois, par extension, des Spectateurs qui sont dans les loges. Les loges ont applaudi pendant que le parterre sifflait.
LOGES se dit aussi, dans les Théâtres, des Pièces, généralement fort petites, réservées à chaque acteur ou actrice pour s'y costumer. Aller saluer une actrice dans sa loge.
LOGE se dit encore, à l'École des Beaux- Arts, des Sortes de cellules où l'on enferme séparément ceux qui prennent part à un concours de peinture, de sculpture, d'architecture, afin de s'assurer qu'ils ne seront point aidés dans l'exécution du programme proposé. Entrer en loge.
LOGE se dit figurément d'une Assemblée, d'une réunion de francs-maçons. Tenir une loge. Les loges maçonniques.
Il se dit, dans les Ménageries, des Compartiments grillagés où l'on enferme les bêtes féroces. La loge du lion, du tigre.
Il désigne, dans un buffet d'orgues, le Lieu où sont les soufflets.
En termes de Botanique, il se dit des Petites cellules ou cavités, ordinairement séparées par des cloisons, dans lesquelles sont renfermés les pépins de certains fruits.
LOGEABLE
adj. des deux genres
. Où l'on peut loger commodément. Maison très logeable. Cet appartement n'est pas logeable. Le château tombe en ruines : il faudrait faire une grosse dépense pour le rendre logeable.
LOGEMENT
n. m.
Partie d'un immeuble habitée généralement par des artisans, par opposition à Appartement, qui désigne une partie d'immeuble habitée bourgeoisement. Cette maison ne contient que des logements. Cette société a entrepris la construction de logements ouvriers.
Logement garni ou, elliptiquement, Un garni, Celui qui se loue meublé.
On dit encore, d'une façon générale, Il y a beaucoup de logement dans cette maison pour signifier Il y a place pour loger beaucoup de monde. Il est familier.
LOGEMENT se dit aussi, en termes militaires, de l'Action de loger des troupes chez l'habitant. S'occuper du logement des troupes. Billet de logement. Voyez BILLET.
LOGER
v. intr.
Séjourner, avoir sa demeure habituelle ou temporaire dans un logis. Où irez-vous loger? Loger chez un de ses amis, en hôtel garni, en garni. Les hôtels étaient si pleins, qu'il ne put trouver où loger. Il loge dans un taudis.
Fig., Rarement une âme forte loge dans un corps efféminé. L'amour et la raison ne logent guère ensemble.
Fig. et fam., Loger à la belle étoile, Coucher en plein air.
Il est aussi transitif et signifie Donner la retraite, le couvert à quelqu'un dans un logis. Où logerez-vous tout ce monde-là? J'ai réussi à le loger. Être logé commodément, confortablement. Il s'est logé dans un hôtel garni. Il s'est logé bien à l'étroit.
Fig., Toutes les folies qu'un cerveau humain peut loger sont rassemblées dans sa tête.
Prov. et fig., Loger le diable dans sa bourse. Voyez BOURSE.
LOGER signifie par analogie Mettre. L'assassin lui a logé une balle dans la tête. La balle s'est logée dans son épaule.
Il se dit particulièrement du Vin ou des liqueurs, vendus en bouteille ou en fût, sans qu'on ait à payer le récipient qui les contient. Ce vin se vend à tel prix, logé en barrique.
Fig., et fam., et ironiquement, Nous voilà bien logés, se dit en parlant d'une Affaire qui tourne mal, ou se trouve arrêtée par une difficulté imprévue.
Fig. et fam., Nous sommes logés à la même enseigne. Voyez ENSEIGNE.
LOGETTE
n. f.
Petite loge.
Il se dit, en termes de Botanique, de Chacune des petites cavités qui contiennent le pollen dans certaines anthères.
LOGEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui tient des chambres en hôtel garni.
LOGICIEN
n. m.
Celui qui est versé dans la Logique. Puissant logicien.
Il se dit, par extension, de Celui qui raisonne avec justesse et méthode. Vous raisonnez en mauvais logicien.
LOGIQUE
n. f.
Étude des procédés de raisonnement, science qui enseigne à raisonner juste. Les règles de la logique. Traité de logique.
Il se dit aussi d'un Ouvrage sur cette science. La Logique de Port-Royal. La Logique de Condillac.
Il signifie, par extension, Sens droit, disposition à raisonner juste, méthode, suite dans les idées. Il a une logique naturelle, fort sûre, fort droite. Il a de la logique. Il manque de logique.
Il se dit aussi de l'Enchaînement naturel, normal, nécessaire des événements. La logique d'une situation. L'événement se produisit comme pouvait le faire prévoir la logique de l'histoire. Ce dénouement est dans la logique des choses.
Il se dit, figurément, d'une Manière particulière de raisonner. La logique du coeur, des passions. Chercher dans un bienfait un motif intéressé, c'est la logique des ingrats. La logique féminine.
LOGIQUE s'emploie aussi comme adjectif des deux genres et signifie Qui est conforme aux règles de la logique. Son raisonnement n'est pas logique.
En termes de Grammaire, Analyse logique. Voyez ANALYSE.
LOGIQUEMENT
adv.
D'une manière conforme à la logique. Procéder, raisonner, discuter logiquement.
LOGIS
n. m.
Endroit où l'on demeure. Il ne s'emploie plus guère que dans des expressions comme : Ne bouger du logis. Demeurer au logis. Le maître du logis.
Corps de logis. Voyez CORPS.
Maréchal des logis. Voyez MARÉCHAL.
Fig. et fam., La folie du logis, se dit de l'Imagination, de la fantaisie.
LOGISTE
n. des deux genres
. Celui, celle qui entre en loge pour certains concours des Beaux-Arts. Voyez LOGE.
LOGOGRAPHE
n. m.
T. de Littérature ancienne
. Les premiers prosateurs et historiens grecs. Hérodote trouva des matériaux pour son histoire dans les écrits des logographes.
Il se disait aussi des Rhéteurs composant des plaidoyers pour des accusés qui les lisaient devant le tribunal.
LOGOGRIPHE
n. m.
Jeu d'esprit qui consiste à former d'autres mots avec les lettres d'un mot. Avec orange on peut former organe, onagre, orage, ange, rang, rage, gare, etc.
Il se dit figurément d'un Langage obscur. Ce philosophe a mis toute sa doctrine en logogriphes. Ce traité est incompréhensible : c'est un pur logogriphe.
LOGOMACHIE
n. f.
T. didactique
. Dispute de mots. Cette question est une pure logomachie. Il y a beaucoup de discussions qui ne roulent que sur une logomachie.
LOGOS
(On prononce l'S.)n. m.
T. de Philosophie platonicienne
. Dieu considéré comme la raison du monde, comme contenant en soi les idées éternelles, archétypes de toutes choses. Dans la Théologie chrétienne, il s'emploie pour désigner La seconde personne de la Sainte Trinité et a le même sens que Verbe.
LOI
n. f.
Prescription de l'autorité souveraine, qui règle, ordonne, permet ou défend. Proposer, discuter, amender, voter, sanctionner, promulguer, publier une loi. Se soumettre, obéir aux lois. Abroger, rapporter une loi. Citer, alléguer, interpréter une loi. Le préambule, les articles, les dispositions, le texte d'une loi. Loi en vigueur. Loi tombée en désuétude. Cette coutume a maintenant force de loi. Force est restée à la loi. Étudier, connaître les lois. L'esprit d'une loi. La lettre d'une loi. La loi Falloux. La loi Bérenger.
La loi fondamentale d'un État, Celle qui règle la nature, l'étendue et l'exercice des pouvoirs du gouvernement. On dit aussi, dans ce sens, La loi constitutionnelle.
La loi de l'État ou, simplement, La loi, Toute règle qui est reçue dans l'État et qui y a force de loi, soit qu'elle ait rapport au gouvernement général, soit qu'elle fixe le droit des particuliers. Observer la loi. Enfreindre, violer, transgresser, éluder, tourner la loi. Invoquer la loi. Nul n'est censé ignorer la loi.
Lois politiques, Celles qui ont pour objet la conservation de l'État, abstraction faite des sociétés et des individus qu'il renferme.
Lois organiques, Celles qui ont pour objet de régler le mode et l'action des institutions ou établissements dont le principe a été consacré par une loi précédente.
Lois civiles, Celles qui règlent les droits et les devoirs, les intérêts et les rapports des citoyens entre eux.
Lois criminelles, Celles qui déterminent les délits, les crimes, la manière de les poursuivre, et les peines qui y sont applicables.
Loi pénale, Celle qui prononce quelque peine.
Loi fiscale, Celle qui règle la quotité et le mode de perception des contributions publiques.
Loi somptuaire, Celle qui atteint le luxe par l'impôt.
Loi martiale, Loi d'exception qui subordonne les autorités civiles à l'autorité militaire. Proclamer la loi martiale.
Loi d'exception, Loi qui déroge momentanément à la loi constitutionnelle de l'État ou à quelque autre loi générale.
La loi du talion, Loi primitive qui consistait à traiter un coupable de la même manière qu'il avait traité ou voulu traiter autrui. Par extension et figurément, il signifie Conception de justice sommaire qui consiste à rendre oeil pour oeil, dent pour dent.
Loi agraire, Loi qui, chez les Romains, réglait le partage ou l'administration des terres conquises.
Homme de loi, Celui qui fait profession d'interpréter les lois, jurisconsulte. Consulter un homme de loi, les gens de loi. Il se dit aussi quelquefois, surtout au pluriel, des Gens de Justice, des officiers ministériels près des tribunaux.
Fig., Faire loi, Tenir lieu d'une loi, avoir l'autorité, la force d'une loi. Dans les langues vivantes, l'usage fait loi. L'exemple de cet écrivain ne fait pas loi. Prov., Nécessité fait loi.
Fig., Se faire une loi de quelque chose, S'en imposer à soi-même l'obligation. Il s'est fait une loi de la discrétion. Il s'est fait une loi de se promener tous les matins.
Fig., Faire, donner, dicter, imposer la loi, Commander, ordonner avec autorité.
La loi des nations, Le droit des gens.
Les lois de la guerre, Les règles que les nations sont convenues d'observer entre elles pendant la guerre.
LOI signifie aussi Puissance, autorité. Alexandre rangea toute l'Asie sous sa loi, sous ses lois. Les peuples vécurent heureux sous ses lois. La loi du vainqueur. La loi du plus fort.
Subir, recevoir la loi de quelqu'un, Se soumettre à sa volonté.
LOI se dit spécialement de l'Ensemble des règles de conduite émanant de Dieu ou de ses représentants sur la terre.
Loi divine signifie quelquefois la Loi naturelle, et plus souvent les Préceptes positifs donnés par la révélation. On dit aussi, dans l'un et l'autre sens, Les lois divines. On dit, par opposition, Les lois humaines, Les lois établies par les hommes pour le maintien et l'ordre des sociétés.
L'ancienne loi, ou absolument, dans le langage de l'Écriture, La loi, La loi de Moïse, la loi des Juifs. Les livres de la loi, les docteurs de la loi.
Prov. et fig., Ce qu'écrit cet auteur, c'est la loi et les prophètes, C'est une vérité incontestable.
La loi nouvelle, ou La loi de grâce, La loi de JÉSUS-CHRIST, la loi des chrétiens.
N'avoir ni foi, ni loi, Être sans religion et sans morale.
Prov., Nécessité n'a point de loi, Un extrême péril, un extrême besoin peuvent rendre excusables des actions répréhensibles en elles-mêmes.
Loi morale se dit encore d'un Ensemble de règles de conduite morale imposées par la conscience.
La loi naturelle, Règles de conduite que l'homme trouve dans son instinct, par opposition aux lois écrites. Aimer ses père et mère, être reconnaissant envers ses bienfaiteurs sont des lois naturelles. La loi naturelle nous défend de faire à autrui ce que nous ne voudrions pas qu'on nous fît.
On dit quelquefois dans le même sens : La loi de nature. Il faut s'entraider, c'est la loi de nature.
LOI se dit, par analogie, de Ce qui règle l'ordre du monde physique. Lois de la nature. Lois physiques. Les lois de l'attraction, du mouvement, de la pesanteur, de la gravitation. La loi de Mariotte. On dit, par extension, Les lois de l'histoire, de la psychologie, etc. Les lois de l'esprit, de la pensée.
Il se dit aussi, d'une manière plus générale, de Certaines règles, de certaines obligations auxquelles on doit se conformer, et dans cette acception on l'emploie plus ordinairement au pluriel qu'au singulier. Les lois de l'honneur, du devoir, de la bienséance, de la politesse. Les lois de la grammaire, de la syntaxe.
LOI
n. f.
T. de Monnayage
. Titre auquel les monnaies doivent être alliées et fabriquées.
LOIN
adv. de lieu
. À une grande distance dans l'espace. Bien loin. Fort loin. Si loin. Demeurer, aller loin. Sa vue porte loin, très loin. Pousser loin ses conquêtes, ses victoires. Substantivement, Il y a loin de Paris à Marseille. Fig., Porter loin, pousser loin sa haine, son ressentiment, son animosité, sa vengeance, ses prétentions, etc. Ce principe s'étend plus loin qu'on ne le croirait au premier coup d'oeil. Cet homme a beaucoup d'expérience et de pénétration, il voit loin dans l'avenir. Aristote a été loin dans la connaissance des choses naturelles. Si on se risque à aborder cette question, on ira loin, trop loin. Arrêtez-vous à cette idée, n'allez pas plus loin. Cette affaire ira plus loin qu'on ne pense. Pourquoi rejeter, renvoyer si loin ce que je vous propose? Mener, pousser une affaire loin.
Aller loin signifie aussi Être favorisé par la fortune, s'élever à de hauts emplois. Ce jeune homme est exceptionnellement doué, il ira loin. On dit de même Son talent, son application au travail le mèneront loin. Mener loin signifie aussi Exposer à de graves et fâcheuses conséquences. L'attitude qu'il a cru devoir prendre peut le mener loin. L'affaire risque de nous mener loin.
Fig. et fam., Ne pas voir plus loin que son nez, que le bout de son nez. Voyez BOUT.
Fig. et fam., Il ne le portera pas loin, se dit d'un Homme par qui on a été offensé et signifie qu'on se vengera de lui avant peu.
Renvoyer bien loin quelqu'un, quelque chose, Repousser fortement, vivement des propositions, des ouvertures. Dès les premiers mots que je voulus lui dire, il me renvoya bien loin.
DE LOIN,loc. adv.
D'une grande distance. Venir de loin. Voir de loin. Parler de loin.
Voir de loin signifie aussi figurément Avoir beaucoup de prévoyance, pressentir longtemps d'avance ce qui doit arriver.
Prov., À beau mentir qui vient de loin, Celui qui revient d'un pays fort éloigné peut raconter tout ce qu'il veut, sans craindre qu'on le démente.
Fig. et fam., Voir venir quelqu'un de loin, Voir où il en veut venir, quelle est son intention, malgré les détours qu'il prend, soit dans ses discours, soit dans ses démarches.
Fig. et fam., Revenir de loin, de bien loin, Réchapper d'une maladie très grave ou de quelque grand danger. Il se dit de même d'un Grand changement d'idées, de sentiments, de conduite. Il se prend toujours en bonne part.
Fig. et fam., Ne connaître quelqu'un ni de près ni de loin, Ne pas le connaître du tout.
Fig., Nous sommes parents, mais de loin, Nous sommes parents à un degré éloigné.
DU PLUS LOIN, D'AUSSI LOIN QUE,loc. conj. De la plus grande distance possible. Du plus loin, d'aussi loin que je l'ai aperçu, j'ai couru au-devant de lui.
AU LOIN,loc. adv.
À une grande distance Voir au loin Voyager, chasser au loin. Il s'en est allé au loin chercher aventure.
AU PLUS LOIN,loc. adv.
À la plus grande distance possible. Au plus loin que ma vue puisse s'étendre, je n'aperçois rien.
LOIN À LOIN, DE LOIN À LOIN, et, ordinairement, DE LOIN EN LOIN,loc. adv. de lieu . À de grandes distances, à de longs intervalles. Planter des arbres loin à loin, de loin en loin. Les maisons, les hameaux sont semés dans la plaine de loin en loin.
LOIN DE,loc. prép.
Loin d'ici. Loin du lieu où vous êtes. Loin de la ville. Non loin de là. Nous habitons loin l'un de l'autre. Fig., Il est encore loin de la perfection. Loin de moi une semblable pensée! Voilà qui est bien loin de ma pensée.
Ils sont encore tous deux loin de compte, bien loin de compte, se dit de Deux personnes qui ont une convention, un marché à faire, et qui ne peuvent tomber d'accord. Fig., Nous sommes loin de compte ensemble signifie aussi Nous sommes loin de nous entendre, d'être du même avis.
Prov., Loin des yeux, loin du coeur. Voyez COEUR.
Être loin, bien loin de faire une chose, Être dans des dispositions toutes contraires à celles qui pourraient porter à faire une chose. Je suis loin, bien loin de m'enorgueillir d'un si faible succès.
LOIN DE, BIEN LOIN DE, et plus rarement, LOIN QUE, BIEN LOIN QUE,loc. prép. ou conj.
Au lieu de, tant s'en faut que. Loin de me remercier, il m'a dit des injures. Bien loin qu'il se repente, bien loin de se repentir, il s'obstine dans sa rebellion.
Fig., LOIN DE LÀ,loc. adv.
Au contraire. On vous dit de cesser vos démarches; loin de là, redoublez-les.
LOIN est aussi adverbe de temps et signifie À une grande distance dans la durée. Vous parlez de me payer dans deux ans, c'est me remettre bien loin. Ce jour est encore loin. Ce malade n'ira pas loin, Il mourra bientôt. Avec la dépense qu'il fait, cet homme n'ira pas loin, Il sera bientôt ruiné. Substantivement, Vous me parlez du temps de notre première enfance, c'est parler de loin, c'est se souvenir de loin.
DE LOIN,loc. adv.
Prévoir de loin.
DU PLUS LOIN QUE,loc. conj.
Du plus loin qu'il me souvienne, qu'il m'en souvienne, la chose était ainsi.
Fam., C'est du plus loin qu'il me souvienne, se dit d'une Chose qui date des premiers temps dont on se souvient.
DE LOIN EN LOIN,loc. adv.
Il ne vient plus me voir que de loin en loin. De tels événements n'arrivent que de loin en loin.
LOIN DE,loc. prép.
Nous sommes encore loin de Pâques.
LOINTAIN, AINE
adj.
Qui est fort éloigné du lieu où l'on est ou dont on parle. Un pays lointain. Des terres, des régions lointaines. La princesse lointaine. Les étoiles lointaines.
En parlant du Temps. Des jours lointains. Les siècles les plus lointains. Nos lointains ancêtres.
LOINTAIN est aussi nom masculin et signifie Éloignement. Apercevoir dans le lointain.
En termes de Peinture, Le lointain d'un tableau, Ce qui paraît le plus reculé à la vue, dans le fond d'un tableau. Il y a dans ce tableau des lointains très harmonieux.
LOIR
n. m.
Petit mammifère rongeur semblable à un rat, à poil gris, à queue velue, qui vit dans le creux des arbres ou des murs et qui dort durant une partie de l'hiver. Il dort comme un loir. Paresseux comme un loir.
LOISIBLE
adj. des deux genres
. Qui est permis, qui ne dépend que du libre choix. Il vous est loisible de penser ainsi.
LOISIR
n. m.
Temps dont on peut disposer sans manquer à ses devoirs. Avoir du loisir. Jouir d'un doux loisir, d'un honnête loisir. Il emploie bien ses loisirs. Vous ferez cela à vos heures de loisir. Je n'ai pas un moment de loisir. Son absence me donne, me laisse du loisir. La musique amuse, charme ses loisirs.
LOISIR se dit aussi d'un Espace de temps suffisant pour faire quelque chose commodément. Je n'ai pas eu assez de loisir pour y penser. Je n'en ai pas eu le loisir. Vous ne me donnez pas le loisir de respirer.
À LOISIR.loc. adv.
À son aise, à sa commodité, sans se presser. Vous ferez cela à loisir, tout à loisir. Vous y penserez à loisir.
LOLIACÉES
n. f.
pl. T. de Botanique
. Genre de plantes de la famille des graminées.
LOMBAIRE
adj. des deux genres
. T. d'Anatomie
. Qui appartient aux lombes. La région lombaire. Les vertèbres lombaires.
LOMBES
n. m. pl.
T. d'Anatomie
. Parties musculaires, situées en arrière de l'abdomen, à droite et à gauche de la colonne vertébrale.
LOMBRIC
n. m.
T. de Zoologie
. Genre d'annélides dont une espèce est connue sous le nom de Ver de terre.
LONG, ONGUE
adj.
Il se dit des Objets considérés dans leur dimension d'une extrémité à l'autre, par opposition à Court. La harpe a des cordes plus longues les unes que les autres. De longues jambes. Avoir la taille longue et menue. De longs bras. Une longue allée. Un long chemin. Avoir la barbe longue.
Vue longue, Vue qui discerne les objets à une grande distance.
Lunette de longue vue ou Longue-vue. Voyez LUNETTE.
Fig., Avoir les dents longues, bien longues, Être affamé, après avoir été longtemps sans manger. Il signifie, par extension, Avoir une ambition démesurée, des désirs insatiables. Fig. et fam., Avoir le bras long. Voyez BRAS.
Elliptiquement, Prendre le plus long, Aller en quelque lieu par le plus long chemin. Figurément, il signifie Se servir des moyens les moins propres à faire réussir promptement ce qu'on a entrepris.
LONG se dit aussi d'une Surface considérée dans sa plus grande dimension et par opposition à Large. Une table longue. Ce jardin est plus long que large. Un champ long et étroit.
Il signifie encore Qui dure plus ou moins longtemps. En été les jours sont longs. Le temps est long à qui attend. Votre solitude ne sera pas de longue durée. Il y a un très long temps qu'on ne l'a vu. Son absence a été longue. Un long voyage. De longues souffrances. Une longue et heureuse vie. Un long règne. Un long repos. Des raisons longues à déduire. Cela serait trop long à vous raconter. Une longue suite d'observations. Boire à longs traits.
Bail à long terme, Bail dont la durée s'étend au-delà du nombre d'années des baux ordinaires.
Ouvrage, affaire de longue haleine. Voyez HALEINE.
Voyage, Capitaine au long cours. Voyez COURS.
Syllabe longue, voyelle longue ou, elliptiquement, Longue, nom féminin, Syllabe, voyelle dont la prononciation doit avoir plus de durée que celle d'une syllabe, d'une voyelle brève. A est long dans pâte et bref dans rate. Le dactyle est composé d'une longue et de deux brèves.
LONG se dit particulièrement des Ouvrages de l'esprit, soit que l'on en considère l'étendue, soit qu'on ait égard au temps nécessaire pour les lire, les réciter, les entendre. Un long poème. Un long discours.
LONG signifie aussi Qui est lent, tardif. Cet ouvrier est long à tout ce qu'il fait. Ces arbres sont longs à pousser.
LONG est aussi nom masculin et signifie Longueur, par opposition à Largeur. Ces rideaux ont deux mètres de long.
S'étendre de son long, tout de son long, Tomber à terre, ou se coucher, en déployant ou en laissant aller son corps dans toute sa longueur.
Scieur de long. Voyez SCIEUR.
Fam., Il nous en a dit long, bien long, Il nous a dit beaucoup de choses sur tel sujet.
Fam., En savoir long, bien long, En savoir plus long qu'il ne faut. Il se dit dans un sens favorable, mais toujours familièrement, pour Être bien instruit d'une matière, la connaître dans tous ses détails. Il faut tenir compte de son opinion, il en sait long sur ce sujet. Il signifie encore Savoir beaucoup de choses défavorables sur quelqu'un. Il en sait long sur vous, sur votre compte. On dit de même : Il m'en a dit long sur vous.
DE LONG EN LONG,loc. adv.
En longueur, dans le sens de la longueur. Il faut mettre ce bois de long en long. Fendre en long.
En long et en large, En longueur et en largeur, alternativement. Il n'est guère usité que dans cette phrase, Se promener, aller en long et en large. On dit plutôt dans le même sens De long en large.
AU LONG, TOUT AU LONG,loc. adv.
Amplement. Il a traité, il a expliqué cela bien au long. Je vous écrirai plus au long. Cet auteur en parle tout au long dans son ouvrage.
DE LONGUE MAIN,loc. adv.
Depuis longtemps. Je le connais de longue main.
LE LONG DE, TOUT LE LONG DE, TOUT DU LONG DE, AU LONG DE,loc. prép. En côtoyant. Le long de la rivière. Allez tout le long, tout du long de l'eau, tout le long de la prairie, du chemin, au long du bois.
Prov. et fig., Tout du long de l'aune. Voyez AUNE.
TOUT LE LONG DE, TOUT DU LONG DE signifient aussi Pendant toute la durée de. Il a jeûné tout le long du carême. Il travaille tout le long de la semaine. Il s'est diverti tout du long de l'année.
À LA LONGUE,loc. adv.
Avec le temps. Il marche bien les premiers jours; mais, à la longue, il se lasse. Tout s'use à la longue. À la longue, on en viendra à bout.
LONG-COURRIER
n. m.
Navire qui navigue au long cours.
LONG-JOINTÉ, ÉE
adj.
T. de Manège
. Il se dit d'un Cheval, d'une jument qui a le paturon trop long.
LONGANIMITÉ
n. f.
Patience avec laquelle un être puissant et bon endure les fautes, les insultes qu'il pourrait punir. La longanimité de Dieu envers les pécheurs. On ne saurait trop louer la longanimité de ce prince.