Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Finir
v. tr.
Achever, terminer. Finir une tâche. Finir un discours par une belle péroraison. Finir une affaire. Finir ses jours dans la pénitence. Finir un ouvrage. Finissons ce badinage.
FINIR, employé absolument, signifie, particulièrement en termes de Beaux-Arts, Exécuter avec un soin minutieux. Ce peintre finit patiemment, finit trop. Cet artiste ne sait pas finir.
Fig., C'est un homme fini, C'est un homme affaibli, usé par l'âge, par les maladies, par les malheurs et dont il n'y a plus rien à attendre.
Il signifie également Être la fin, le terme de quelque chose. La période qui finit son discours est remarquable. Cette campagne finira la guerre. L'instant qui doit finir sa vie, le cours de sa vie. Absolument, J'ai commencé par où il avait fini. Je ne finirai pas sans un mot d'espoir. Finissez donc, vous êtes bien long. Finissez donc, vous me faites mal. Cet enfant ne finira pas, si on ne le châtie. Faites-le donc finir. Savoir finir à propos.
FINIR DE signifie Terminer l'action indiquée par le verbe à l'infinitif. Finir de parler, d'écrire, de jouer, etc.
EN FINIR se dit dans le sens de Finir, cesser, mais ordinairement en parlant de Choses trop longues, ennuyeuses, désagréables ou intolérables. Nous n'en finirions pas si nous voulions tout rapporter. Cette discussion a trop duré, il est temps d'en finir. En finir avec une question. Par extension, En finir avec les rebelles, avec une sédition. En finir avec un ennemi, Le détruire. Je suis pressé d'en finir avec cet homme. Par exagération, Dès qu'il s'y met, il n'en finit plus. C'est un homme qui n'en finit jamais.
Employé intransitivement, FINIR signifie Se terminer, ou Être terminé. Ce mur finit à tel endroit. C'est là que finit mon champ. Ce mot finit par une voyelle. Cela finit en pointe.
Il signifie également Prendre fin, arriver à son terme. Le sermon finissait. Son bail finira, finit à Pâques. Tout finit en ce monde. Il est temps que cela finisse.
Il signifie encore Avoir une certaine fin, une certaine issue, arriver à un certain résultat. Tout cela finira mal. Cela ne peut que bien finir. Ce règne a fini par des revers. Sa vie a fini tristement, a fini par une catastrophe. Ce jeune homme prend un mauvais chemin, il finira mal.
Il se dit particulièrement pour Mourir. Ainsi finit ce prince.
Il s'emploie souvent avec la préposition PAR, suivie d'un infinitif indiquant l'action qui est le terme ou le résultat de ce qui a précédé. Après s'être fait beaucoup prier, il a fini par y consentir. Il finira par s'attirer une fâcheuse affaire. Cette façon de lire finit par vous endormir.
FIOLE
n. f.
Petite bouteille de verre. Le goulot d'une fiole.
FIORD
n. m.
Golfe étroit des côtes de Norvège. On écrit aussi FJORD.
FIORITURE
n. f.
T. de Musique
emprunté de l'italien. Trait composé de gammes diatoniques ou chromatiques, trait en tierces ascendantes ou descendantes, etc. Ce chanteur fait trop de fioritures. Il s'emploie surtout au pluriel.
Par extension, il se dit dans le langage courant d'une Surabondance d'ornements dans le style et d'un excès d'inutile virtuosité. Ce conférencier a lassé son public par un luxe de fioritures.
FIRMAMENT
n. m.
Apparence de voûte circulaire qui environne la terre et à laquelle les astres semblent attachés. Les étoiles, les astres du firmament. Sous le firmament. Le bleu du firmament.
En poésie, Les feux du firmament, Les étoiles.
FIRMAN
n. m.
Édit, ordre ou permis d'un souverain musulman.
FISC
(On prononce l'S et le C.)n. m.
Trésor de l'État. L'intérêt du fisc. Les droits du fisc.
Il désigne également l'Administration chargée de la conservation des droits du fisc. Les employés du fisc. Plaider pour le fisc.
FISCAL, ALE
adj.
Qui a rapport au fisc. Matières fiscales. En matière fiscale. Droits fiscaux. Réglements fiscaux. Lois fiscales.
FISCALITÉ
n. f.
Système des lois relatives au fisc.
Il se dit, en mauvaise part, d'une Disposition à étendre, à augmenter les droits du fisc, la perception des impôts. Esprit de fiscalité. Cette prétention a un caractère odieux de fiscalité.
Il signifie aussi Façon d'exiger les droits du fisc, les impôts. Fiscalité oppressive.
FISSIPARE
adj. des deux genres
. T. de Zoologie
. Qui se reproduit par fragments détachés de son propre corps et devenant de nouveaux individus. Insectes fissipares.
FISSIPARITÉ
n. f.
T. de Zoologie
. Propriété des êtres fissipares. Ces insectes se reproduisent par fissiparité.
FISSIPÈDE
adj. des deux genres
. T. de Zoologie
. Qui a le pied divisé en plusieurs doigts. Le chien, le chat, le loup sont des animaux fissipèdes. Substantivement, Le chien est un fissipède.
FISSURATION
n. f.
Production de fissures dans un corps.
FISSURE
n. f.
Petite fente. Fissure de la peau. Les fissures que l'on remarque sur l'écorce de certains arbres. La fissure d'une muraille, d'une cloison. Voyez SCISSURE.
En termes de Chirurgie, Fissure de l'anus, Ulcération allongée et superficielle siégeant dans les plis de l'anus. En termes de Géologie, Fissure de stratification, Coupure qui sépare des assises de même nature.
Il signifie, au figuré, en parlant de Solution de continuité, Lacune dans les idées. Il y a une fissure dans ce raisonnement.
FISTULAIRE
adj. des deux genres
. T. de Chirurgie
. Qui a rapport à une fistule.
FISTULE
n. f.
T. de Chirurgie
. Canal accidentel qui communique avec une glande ou une cavité naturelle et qui donne passage au liquide physiologique ou pathologique qu'elles sécrètent. Avoir une fistule. Le siège d'une fistule. Fistule salivaire, lacrymale, urinaire. Fistule à l'anus.
FISTULEUX, EUSE
adj.
T. de Chirurgie
. Qui est de la nature de la fistule. Ulcère fistuleux.
Il s'emploie aussi en termes de Botanique et se dit des Tiges et des feuilles qui sont creuses intérieurement. Tige fistuleuse. Les feuilles de l'oignon sont fistuleuses.
FIXABLE
adj. des deux genres
. Qu'on peut fixer.
FIXAGE
n. m.
Voyez FIXATION.
FIXATIF, IVE
adj.
Qui sert à fixer. Il s'emploie spécialement en termes de Photographie. Un seul fixatif ou, substantivement, Un fixatif.
FIXATION
n. f.
Action de fixer. La fixation d'un poteau dans la terre. La fixation d'un pendule, d'une aiguille de boussole. Il se dit spécialement en termes de Chimie et de Photographie. La fixation de l'azote. La fixation d'une image sur une épreuve. Dans ce dernier sens, on dit plutôt FIXAGE.
Il se dit encore en termes de Beaux-Arts. La fixation d'un pastel. On dit aussi FIXAGE.
FIXATION se dit aussi de l'Action de déterminer, de régler définitivement. La fixation d'un terme pour le paiement. La fixation du prix de certaines denrées. La fixation des droits d'octroi.
FIXE
adj. des deux genres
. Qui demeure toujours en même place. Point fixe. Le siège de la douleur était fixe. Il n'a point de demeure fixe. Être à poste fixe dans un lieu, Y être à demeure, y être sédentaire.
Le baromètre est au beau fixe, Il est au point qui indique la durée du beau temps.
Fixe! loc. interj. Terme de commandement militaire par lequel on ordonne aux soldats de se tenir immobiles.
Étoiles fixes se dit, par opposition aux planètes, des Étoiles qui gardent toujours la même situation entre elles, bien qu'elles aient aussi un mouvement de translation.
Avoir la vue fixe, les yeux fixes, le regard fixe, Avoir la vue assurée et fermement arrêtée sur l'objet qu'on regarde. On dit dans le même sens Regarder d'un oeil fixe. Avoir le regard fixe signifie aussi Avoir les yeux ouverts et immobiles. Ce malade a le regard fixe.
Douleur fixe, Douleur qui se fait sentir toujours au même endroit, dont le siège est fixe.
Idée fixe, Idée dominante, dont l'esprit est sans cesse occupé, obsédé. Ce qui n'avait été d'abord qu'une simple velléité devint en lui une idée fixe.
Il signifie aussi Qui ne varie point, qui est déterminé d'une façon définitive. Un prix fixe. Vendre à prix fixe. Une somme fixe. Donnez-moi une heure fixe, un jour fixe. S'assembler à jour fixe. Il n'y a point de terme, d'époque, de durée fixe pour cela. N'avoir point de route, de direction, de plan fixe.
Il se dit particulièrement par opposition à Ce qui n'est que casuel. Revenu fixe. Dépense fixe. Émoluments, appointements fixes. On dit quelquefois comme nom masculin et absolument, dans ce sens, Le fixe. Son fixe est de trente mille francs.
En termes de Chimie, il se dit des Composés qui ne peuvent être dissociés ou volatilisés qu'à des températures élevées. Alcali fixe, La soude.
Il se disait autrefois des Gaz permanents, c'est-à-dire qui ne pouvaient être liquéfiés.
FIXEMENT
adv.
D'une manière fixe. Regarder quelqu'un fixement.
FIXER
v. tr.
Attacher, affermir, rendre immobile, maintenir en place. Fixez cela contre la muraille avec un clou. Fixer au moyen d'une vis, d'une épingle. Fixez-le bien dans cette position. Fixer une persienne que le vent agite. Les coquillages se fixent aux rochers.
Il signifie particulièrement, en termes de Chimie, Supprimer la volatilité de certains corps liquides ou gazeux, par addition ou combinaison avec un autre corps. Dans la fabrication des engrais chimiques, l'azote est fixé par de la potasse ou des sels ammoniacaux.
Dans les Arts du dessin et en Photographie, il signifie Rendre inaltérable par un produit ou par un procédé. Fixer un cliché, une épreuve, un fusain, un pastel.
Fixer ses yeux, sa vue, ses regards sur quelqu'un, sur quelque chose, Les arrêter sur quelqu'un, sur quelque chose. Les regards se fixaient sur lui. Avoir les yeux fixés sur quelqu'un.
Fig., Fixer les regards de quelqu'un, Devenir l'objet de son attention.
Fig., Fixer quelque chose sur le papier, sur la toile, se dit d'une façon générale pour l'écrire, le peindre, en sorte qu'il se conserve, qu'il ait une certaine permanence. Fixer ses idées sur le papier. L'écriture est l'art de représenter et de fixer la parole.
Fig., Fixer une chose dans la mémoire, dans l'esprit, Faire que la mémoire la retienne. Les règles de la grammaire ne se fixent dans la mémoire que lorsqu'on les a appliquées par des exercices nombreux et variés.
Il signifie aussi Faire résider, faire demeurer en quelque lieu. Les familles qu'il voulait fixer dans cette ville, pour en augmenter la population. Ceux que le commerce avait fixés dans cette colonie. Le vent a de la peine à se fixer. Le baromètre s'est fixé au beau.
Il signifie également Établir, en parlant de Résidence, de domicile, etc. Il a fixé sa demeure en tel endroit. Il résolut de se fixer dans tel pays. Il a quitté Paris pour se fixer dans un coin tranquille de province.
Il signifie encore Régler, déterminer. Fixer le prix d'une marchandise. On n'a pas encore fixé la somme qui doit lui être allouée. Ses émoluments ont été fixés à tant. Fixer un jour. Au jour fixé pour l'assemblée. Fixer un délai. Il a fixé son départ au quinze du mois prochain. C'est lui qui doit fixer votre sort. L'usage n'a pas encore bien fixé le sens de tel mot.
Il signifie aussi figurément Faire qu'une personne ou une chose ne soit plus changeante, versatile, indécise, etc. C'est un esprit inquiet que l'on ne saurait fixer. Fixer une imagination vagabonde. Fixer un inconstant, une coquette. Aucune femme ne saurait le fixer. Se fixer à quelque chose. Son esprit ne peut se fixer, se fixer à rien. Cet écolier est difficile à fixer, a de la peine à se fixer. Fixer l'opinion encore incertaine. On a cru longtemps que les grands écrivains avaient fixé notre langue. On dit de même Fixer les volontés de quelqu'un. Fixer l'attention, Captiver l'attention. Cela est digne de fixer l'attention du public. Il ne put parvenir à fixer l'attention de ses auditeurs, à fixer l'attention. On dit aussi Fixer son attention sur quelque chose, L'y appliquer.
Fixer les soupçons sur quelqu'un, Faire que les soupçons s'arrêtent sur lui. Fixer ses soupçons sur quelqu'un, Les arrêter sur lui. Les soupçons se sont aussitôt fixés sur lui.
Fixer ses vues sur quelqu'un, sur quelque chose, Arrêter définitivement ses desseins, ses intentions sur quelqu'un, sur quelque chose.
Être fixé signifie quelquefois N'avoir plus aucun doute, aucune incertitude sur quelque chose. Je suis bien fixé sur son compte. Il est fixé sur ce qu'il doit faire. Il suffit, je suis fixé maintenant.
FIXITÉ
n. f.
État de ce qui est fixe. Ces institutions acquirent plus de fixité. C'est un esprit sans fixité. Ses idées n'ont aucune fixité. La fixité de ses opinions, de ses principes.
La fixité du regard se dit du Regard qui s'attache ou semble s'attacher avec persistance à un objet, à une personne. Ses yeux avaient une fixité morbide. L'inquiétante fixité de son regard.
FJORD
n. m.
Voyez FIORD.
FLABELLÉ, ÉE ou FLABELLIFORME
adj.
T. d'Histoire naturelle
. Qui est en forme d'éventail. Feuilles flabellées.
FLACCIDITÉ
n. f.
T. scientifique
. État de ce qui est flasque. La flaccidité des chairs. Flaccidité des tissus, Manque d'élasticité des tissus qu'on observe dans certaines paralysies.
FLACON
n. m.
Bouteille ordinairement de dimensions réduites, qui se ferme le plus souvent avec un bouchon de même matière, ou avec un bouchon de métal. Flacon d'argent, de cristal.
FLAGELLANT
n. m.
Nom de certains fanatiques qui se flagellaient en public. La secte des flagellants.
FLAGELLATION
n. f.
Action de flageller ou de se flageller. Le supplice de la flagellation. La flagellation de Notre-Seigneur.
Il se dit encore d'un Tableau représentant la flagellation de Notre-Seigneur. Il y a dans le musée une belle Flagellation.
FLAGELLER
v. tr.
Soumettre au supplice du fouet. Pilate fit flageller Notre-Seigneur. On vit des fanatiques se flageller publiquement. Flageller son corps ou se flageller signifie Se fouetter par esprit de mortification. Il se flagellait jusqu'au sang.
Il signifie figurément Critiquer cruellement en discours ou par écrit. Flageller les abus, les vices.
FLAGEOLER
v. intr.
Chanceler, avoir une marche mal assurée, les jambes tremblantes par suite d'émotion, de faiblesse, etc. Les jambes lui flageolaient, il fut obligé de s'asseoir.
FLAGEOLET
n. m.
Petit instrument à vent, qui a un bec par lequel on l'embouche, dont on peut varier les sons au moyen des trous dont il est percé, et muni quelquefois de clefs. Jouer du flageolet. Danser au son du flageolet.
FLAGEOLET
n. m.
Variété de petits haricots.
FLAGORNER
v. tr.
Flatter grossièrement. Il est entouré de flatteurs qui le flagornent.
FLAGORNERIE
n. f.
Flatterie grossière. Il s'est insinué dans cette maison par ses flagorneries.
FLAGORNEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui flagorne.
FLAGRANT, ANTE
adj.
Qui est tellement visible qu'on ne peut le nier, en parlant d'une Faute, d'un crime. Mensonge flagrant. Injustice flagrante. Il est principalement usité dans cette locution, Flagrant délit, Délit où l'on est pris sur le fait. Le voleur fut pris en flagrant délit. En cas de flagrant délit.
FLAIR
n. m.
Faculté ou action de flairer. Il se dit de l'Odorat du chien. Ce chien a le flair excellent.
Fig. et fam., Cet homme a du flair, Il a de la finesse, il prévoit, il pressent, il devine les choses.
FLAIRER
v. tr.
Chercher à découvrir par l'odeur, en parlant du Chien et de certains animaux. Il flaira longtemps le sentier avant de retrouver son maître. Absolument, Le chat flaire partout dans la cuisine.
Il signifie aussi Reconnaître par l'odeur. Les chiens flairent le gibier.
Par extension, il se dit pour Percevoir fortement et agréablement par l'odorat. Que ces roses sont délicieuses à flairer! Flairez un peu ce bon plat.
Figurément, il signifie Pressentir, prévoir. Il a flairé cela de loin.
FLAMANT
n. m.
T. de Zoologie
. Oiseau de l'ordre des Échassiers, ainsi nommé à cause de la belle couleur de son plumage. Un flamant rose.
FLAMBAGE
n. m.
Action de flamber. Le flambage d'un poulet.
Il s'emploie aussi en termes de Chirurgie. Le flambage d'un instrument en vue de le rendre aseptique.
FLAMBANT, ANTE
adj.
Qui flambe. Une buche flambante. Charbon flambant.
Pop., Un habit tout flambant neuf, Un habit neuf et qui, à cause de cela, a une sorte d'éclat. Dans ce sens, il se dit aussi quelquefois familièrement des Personnes. Il est flambant, tout flambant.
FLAMBEAU
n. m.
Chandelier à plusieurs branches. Flambeau d'argent.
Il signifait aussi Torche de résine ou de cire qu'on portait à la main. Certaines divinités de la Fable, telles que l'Amour, l'Hymen, la Discorde, Bellone, etc., sont ordinairement représentées avec un flambeau à la main. Il n'est plus guère employé dans cette acception que dans l'expression Retraite aux flambeaux (Voyez RETRAITE) et dans quelques locutions figurées. Le flambeau du jour, Le soleil. Le flambeau de la nuit, des nuits, La lune. Les célestes flambeaux, Les étoiles. Le flambeau, les flambeaux de l'hymen.
FLAMBÉE
n. f.
Feu de bourrée, de paille, de petit bois qui flambe et ne dure pas. Faire une flambée.
Il se dit aussi figurément d'une Explosion soudaine et brève de sentiments violents. Son amour n'a été qu'une flambée. Une flambée de jeunesse.
FLAMBER
v. intr.
Jeter de la flamme. Ce bois ne flambe point. Faites flamber ce feu.
Il est aussi verbe transitif et alors il signifie Faire passer par le feu ou par-dessus le feu. Flamber des instruments de chirurgie, Les passer à la flamme de l'alcool pour les aseptiser. En termes de Cuisine, Flamber un poulet, flamber un cochon, flamber des alouettes. Les exposer à la flamme pour brûler les restes de plumes ou de poils.
Le participe passé FLAMBÉ, ÉE, signifie, figurément et par plaisanterie, Qui est ruiné, perdu, dont il n'y a plus rien à attendre. C'est un homme flambé. Mon argent est flambé.
FLAMBERGE
n. f.
Épée. Il ne se dit qu'en plaisantant et ne s'emploie guère que dans cette phrase : Mettre flamberge au vent, Mettre l'épée à la main, tirer son épée du fourreau.
FLAMBOIEMENT
n. m.
État de ce qui flamboie ou semble flamboyer. Le flamboiement du soleil, d'un météore.
FLAMBOYANT, ANTE
adj.
Qui flamboie. Comète flamboyante. Les éclairs rendaient le ciel tout flamboyant. L'épée flamboyante de l'Archange. Par extension, Regard flamboyant.
Fig., en termes d'Architecture, Le gothique flamboyant, le style flamboyant, Genre de l'architecture ogivale, qui emploie des ornements en forme de flamme.
FLAMBOYER
v. intr.
Jeter une flamme brillante. On voyait flamboyer l'incendie.
Il signifie au figuré Briller comme une flamme. Ses yeux flamboyaient dans la nuit. Les épées flamboyèrent.
FLAMINE
n. m.
T. d'Antiquité romaine
. Tout prêtre attaché au service spécial d'une divinité. Chacun des flamines était désigné par le nom du dieu dont il était le ministre. Il n'y eut d'abord que trois flamines, celui de Jupiter, celui de Mars et celui de Romulus.
FLAMME
(On prononce Flâme.)n. f.
Lumière ascendante et mobile qui se dégage d'une matière qui brûle. Ce feu ne fait point de flamme. Un corps qui brûle sans donner de flamme. Passer quelque chose par la flamme. La flamme tend toujours à s'élever. Il fut dévoré par les flammes. Il fut livré aux flammes. Tout a été la proie des flammes. La maison était toute en flammes. Un volcan qui jette des flammes.
Les flammes éternelles, les flammes de l'enfer, Les tourments des damnés. Les flammes du purgatoire, Les souffrances des âmes qui sont dans le purgatoire.
Jeter feu et flamme. Être tout feu, tout flamme. Voyez FEU.
Il se dit figurément d'un Sentiment, d'une nature, d'un talent où il y a de la chaleur et de la générosité. Ce jeune homme a de la flamme. Cet orateur a de la flamme. Discours plein de flamme.
Quelquefois, en Poésie, il est synonyme d'Amour. Une amoureuse flamme. Brûler d'une flamme secrète.
En termes de Marine, il se dit, par analogie d'une Banderole longue et étroite qui va en diminuant en pointe jusqu'à son extrémité, et qu'on attache aux mâts et aux vergues des navires. La flamme aux couleurs nationales ne peut être arborée que sur les vaisseaux de l'État : elle est le signe du commandement. Il y a des flammes de diverses couleurs, qui servent à faire des signaux.
Il se dit aussi, en termes militaires, d'une Bande d'étoffe longue et taillée en pointe qui flotte au sommet de la lance.
En termes d'Architecture, il se dit d'un Ornement en forme de flamme qui termine des vases, des candélabres.
FLAMMÈCHE
n. f.
Parcelle de flamme qui se détache d'une matière en combustion. Il ne faut qu'une petite flammèche pour causer un grand embrasement.
FLAN
n. m.
T. de Pâtisserie
. Sorte de tarte faite avec de la crème, des oeufs et de la farine.
Il se dit aussi, en termes de Monnayage, de la Pièce de métal qu'on a taillée et préparée pour recevoir l'empreinte qui en fera une pièce de monnaie, un jeton, une médaille. Un flan d'argent. Un flan d'or. Un flan de cuivre.
Il désigne aussi, en termes de Typographie, une Sorte de carton mou que l'on applique sur les caractères mobiles pour en prendre l'empreinte en vue du tirage.
FLANC
n. m.
Chacune des parties latérales du corps de l'homme ou des animaux, qui est depuis le défaut des côtes jusqu'aux hanches. Le flanc droit. Le flanc gauche. Il eut le flanc percé d'un coup de flèche.
Pour les Quadrupèdes, il se dit de la Partie qui va de la patte d'avant à la patte d'arrière. Les flancs d'un cheval. Presser les flancs de sa monture. Le lion se bat les flancs avec sa queue. Un cheval qui bat du flanc.
Fig. et fam., Être sur le flanc, Être très fatigué.
Fig. et fam., Se battre les flancs. Voyez BATTRE.
Il désigne par extension le Ventre, ou la partie du ventre qui est comprise entre les deux flancs. Le fils que ses flancs ont porté. Le flanc qui l'a conçu.
Il se dit, par analogie, du Côté de diverses choses. Le flanc d'un vaisseau. Le flanc, les flancs d'une montagne; en termes de Fortification : Le flanc d'un bastion. Un flanc bas. Un flanc rasant; en termes de Guerre : Le flanc d'un bataillon, d'un escadron. Les flancs d'une colonne, d'une armée. Une marche de flanc. Couvrir le flanc d'un bataillon. Prêter le flanc à l'ennemi. Découvrir le flanc. Attaquer l'ennemi par le flanc. Une attaque de flanc, Une attaque sur le flanc, contre le flanc de l'ennemi, Prendre les ennemis de flanc.
Par le flanc droit, par le flanc gauche. Termes de commandement militaire dont on se sert pour ordonner aux soldats d'une troupe de se tourner chacun à droite ou à gauche.
Fig., Prêter le flanc, Donner prise sur soi. Prêter le flanc à la critique, au ridicule.
Tirer au flanc, Terme d'argot militaire, S'épargner, par de petites ruses, une corvée ou un ouvrage.
Bat-flanc, Pièce de bois suspendue qui sépare les chevaux à l'écurie.
FLANCHER
v. intr.
Lâcher pied, abandonner la partie au moment décisif. Il est familier.
FLANDRE
n. m.
Homme de haute taille, mince et d'allures molles. Il ne s'emploie qu'avec le mot grand. C'est un grand flandrin. Il est familier.
FLANELLE
n. f.
Étoffe de laine peignée ou cardée, à tissu peu serré. Gilet de flanelle. Porter de la flanelle sur la peau. Flanelle de santé.
FLÂNER
v. intr.
Se promener sans but, sans hâte et sans objet déterminé; ou Passer son temps à des bagatelles.
FLÂNERIE
n. f.
Action de flâner.
FLÂNEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui flâne.
FLÂNOCHER
v. intr.
Flâner doucement. Il est familier.
FLANQUANT, ANTE
adj.
T. de Génie militaire
. On appelle Angle flanquant, bastion flanquant, Celui d'où l'on découvre le pied de quelque autre partie des fortifications d'une place, de manière qu'on puisse en défendre les approches.
FLANQUEMENT
n. m.
T. de Génie militaire
. Action de flanquer ou Résultat de cette action.
FLANQUER
v. tr.
T. de Génie militaire
. Construire, élever la partie d'une fortification qui en voit une autre et qui lui sert de défense. On a flanqué cette muraille de deux tours.
Il se dit aussi de la Situation des ouvrages ainsi disposés et de la Partie d'une fortification ainsi disposée. Des bastions qui flanquent la courtine. Des casemates qui flanquent un fossé.
Il s'emploie également en termes d'Architecture et signifie Garnir sur le flanc, les flancs. Des pilastres flanquent les encoignures de cette façade. Cette façade est flanquée d'avant-corps. Un château flanqué de tourelles.
Il se dit encore, familièrement, d'Objets placés en flanc, à côté de quelque chose. La pièce du milieu était flanquée d'assiettes de petits fours.
Il signifie, en termes de Guerre, Se placer sur le flanc d'un régiment, d'une division, d'un corps d'armée pour le protéger. Un bataillon de chasseurs flanquait la colonne.
Le participe passé se dit figurément et familièrement en parlant d'une Personne accompagnée souvent d'une autre. Flanqué de ses deux acolytes.
Il se dit, en termes de Blason, des Pals, arbres et autres figures qui en ont d'autres à leur côté. Fasce d'or flanquée de deux pointes d'argent.
FLANQUER
v. tr.
Lancer, jeter, appliquer brusquement. Flanquer une assiette par la figure. Je l'ai flanqué à la porte.
Pop., Flanquer un coup de poing, un soufflet, une gifle. Se flanquer dans la boue, S'y laisser tomber, ou y marcher étourdiment. On dit dans un sens analogue Se flanquer par terre. Se flanquer contre la muraille, etc.
FLAPI, IE
adj.
Qui est extrêmement fatigué. Je suis flapi. Il est familier.
FLAQUE
n. f.
Petite quantité de liquide stagnant et répandu. Il y a des flaques d'eau dans ce chemin. Une flaque de sang. Une flaque d'huile.
FLAQUÉE
n. f.
Une certaine quantité d'eau ou d'autre liquide qu'on jette avec impétuosité contre quelqu'un ou contre quelque chose. On lui a jeté une flaquée d'eau par le visage. Il est familier.
FLASQUE
adj. des deux genres
. Qui n'a pas de fermeté, en parlant des Tissus organiques. Chair flasque.
Il se dit quelquefois, figurément, du Style, des ouvrages d'esprit où il n'y a point de force, de verve. Un style flasque. Une poésie flasque et sans couleur.
FLASQUE
n. m.
T. d'Artillerie
. Chacune des deux pièces qui forment les côtés d'un affût de canon et sur lesquelles s'appuient les tourillons. Un des flasques de cet affût est cassé.
FLATTER
v. tr.
Louer excessivement dans le dessein de plaire, de séduire, d'exploiter. Ceux qui flattent les princes les corrompent. Les hommes aiment ordinairement ceux qui les flattent. Elle aime à s'entendre flatter. Absolument, Il ne sait point flatter.
Flatter les passions, les caprices, les goûts de quelqu'un, Complaire aux passions, aux caprices, aux goûts de quelqu'un, leur donner son approbation, des louanges. Cet orateur flattait les passions de la multitude. Il flatte jusqu'aux caprices du prince. Il flatte tous ses goûts.
Par analogie, en termes de Peinture, Flatter une personne, La peindre, la représenter plus belle qu'elle n'est. Le peintre l'a un peu flattée. Par extension, Portrait flatté, Portrait où la personne est peinte en beau.
Dans un sens plus général, Flatter une personne, En faire de vive voix ou par écrit un portrait flatté, en dire plus de bien qu'elle ne mérite. Vous nous l'avez représenté comme un homme de beaucoup d'esprit, ne l'avez-vous point flatté? Il a fait de ce ministre un portrait qui n'est point flatté.
Il signifie aussi Caresser. Flatter un cheval de la main, avec la main. Flatter un chien. Par extension, Une musique qui flatte l'oreille. Un spectacle qui flatte les yeux.
Il signifie encore Entrer dans les vues, partager les sentiments de quelqu'un. Flatter la peine, les ennuis, la douleur, le chagrin de quelqu'un. Flatter les manies, la folie de quelqu'un. Flatter quelqu'un de quelque chose, Lui faire espérer quelque chose, l'amuser de l'espérance de quelque chose. Il y a longtemps qu'on le flatte de cette espérance.
Il signifie quelquefois Causer un vif plaisir, une grande satisfaction. Voilà qui est bien capable de flatter le coeur d'une mère. Une telle préférence me flatte et m'honore. On dit dans un sens analogue Flatter l'orgueil, la vanité, l'ambition, les désirs, les espérances. Ce petit succès a flatté son amour-propre. Tout flatte vos désirs, votre ambition. Voici un événement qui flatte mes espérances.
SE FLATTER signifie Avoir ou vouloir donner une trop haute idée de soi-même, de son habileté, de ses ressources, etc. C'est un homme vain qui se flatte toujours. Il est ridicule de se flatter. Je ne me flatte point, je connais mes défauts. Je puis dire, sans me flatter, que j'ai raison.
SE FLATTER DE, SE FLATTER QUE signifie S'entretenir dans l'espérance, s'amuser de l'espérance de quelque chose, prétendre, espérer à tort ou à raison. Elle s'était flattée de réussir. Il se flatte qu'on aura besoin de lui. J'y parviendrai, je m'en flatte. Il se flatte que vous approuverez sa conduite. Je me flatte que vous ne doutez point de mes sentiments.
FLATTERIE
n. f.
Louange fausse ou exagérée, donnée dans le dessein de plaire, de séduire, d'exploiter. Lâche flatterie. Honteuse flatterie. Basse flatterie. Flatterie grossière. Une flatterie délicate. Il parvint à le séduire par ses flatteries. Dire quelque chose par flatterie. Parler sans flatterie. Mépriser la flatterie. Être ennemi de la flatterie.
FLATTEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui flatte. Les plus dangereux ennemis des grands sont les flatteurs. Un lâche flatteur. Flatteur à gages. Haïr les flatteurs.
Fam., Vous êtes un flatteur, une flatteuse se dit pour repousser doucement des éloges qui tiennent de la flatterie et que la modestie ne permet pas d'accepter. On dit de même Taisez-vous, flatteur, flatteuse!
Il s'emploie souvent comme adjectif et signifie Qui flatte, qui loue avec exagération. Langage flatteur. Paroles flatteuses.
Avoir les manières flatteuses, Avoir les manières douces et insinuantes.
Par extension, Miroir flatteur, Miroir où l'on se voit plus beau qu'on n'est.
Il signifie aussi Qui témoigne l'approbation, la louange, la faveur. Un murmure flatteur s'éleva dans l'assemblée. Le président lui adressa des paroles flatteuses. C'est une distinction très flatteuse. De la part de ce critique, de tels éloges sont bien flatteurs. Il reçut la récompense la plus honorable et la plus flatteuse.
Il signifie encore simplement Qui est agréable. Un espoir flatteur. Une espérance flatteuse. De flatteuses illusions.
FLATUEUX, EUSE
adj.
T. de Médecine
. Qui produit des gaz dans le tube digestif. Aliment flatueux.
FLATULENCE
n. f.
T. de Médecine
. État physique causé par les flatuosités.
FLATULENT, ENTE
adj.
T. de Médecine
. Qui a rapport à la flatulence, ou Qui y est disposé.
FLATUOSITÉ
n. f.
T. de Médecine
. Gaz expulsé hors du tube digestif. Il s'emploie surtout au pluriel. Être sujet aux flatuosités.
FLAVESCENT, ENTE
adj.
T. poétique
. Qui tire sur le jaune. Il se dit surtout des Blés, des seigles, des avoines quand ils commencent à mûrir.
FLÉAU
n. m.
Instrument qui est composé de deux bâtons d'inégale longueur, attachés l'un au bout de l'autre avec des courroies, et qui sert à battre le blé. Battre le blé avec le fléau.
Il se dit figurément des Grandes calamités qui affligent le genre humain. Ce fléau désola, ravagea toute la contrée. La peste, la famine, la guerre sont de terribles fléaux. Les rois qui ne cherchent qu'à se faire craindre sont les fléaux du genre humain.
Il s'est dit aussi de Ceux par qui l'on croyait que la Divinité châtiait les peuples. Attila est appelé le fléau de Dieu.
Il signifie, par extension, Qui est nuisible, funeste, redoutable. Être le fléau de la société, de l'humanité. Ce mauvais sujet a été le fléau de sa famille. Le typhus est le fléau de cette contrée. Cet homme est un vrai fléau.
En termes d'Arts, il se dit, par analogie, de la Tige de fer aux extrémités de laquelle sont pendus les deux bassins d'une balance : Le fléau d'une balance; d'une Barre de fer qu'on met derrière les portes cochères et qu'on tourne à demi pour ouvrir les deux battants : Le fléau d'une porte cochère; de la Bascule à contrepoids qui sert à fermer une écluse.
FLÈCHE
n. f.
Trait qu'on lance avec un arc ou une arbalète. Le fer, le bois d'une flèche. Tirer une flèche. Flèche acérée. Flèche empoisonnée. À coups de flèches.
Cet objet a la forme d'un fer de flèche, est taillé en fer de flèche, se dit de Ce qui ressemble à un triangle échancré à sa base, parce que le fer des flèches a ordinairement cette forme.
Faire flèche de tout bois, Mettre tout en oeuvre pour réussir dans une entreprise. Ne savoir plus de quel bois faire flèche, Ne savoir plus à quel moyen recourir ou Être dans une grande nécessité, ne savoir plus comment subsister.
Fig., C'est la flèche du Parthe, se dit d'un Trait piquant que quelqu'un décoche à la fin d'une conversation, d'une discussion, par allusion aux Parthes, qui tiraient leurs flèches en fuyant.
Il se dit, par analogie, de Certaines choses qui sont faites en forme de flèche. Elle avait une flèche d'or dans les cheveux. Des rideaux soutenus par une flèche. La flèche d'un lit.
Il se dit particulièrement de Certains signes représentant une flèche, dont on se sert dans les cartes géographiques, dans les plans, sur les voies publiques, etc., pour indiquer le côté du nord, la direction d'un courant d'eau, la direction du vent ou la route à suivre. D'une façon générale, il se dit de Tout signe indicateur en forme de flèche.
En termes de Géométrie, La flèche d'un arc, Le rayon qui passe par le milieu de la corde de l'arc.
Il se dit aussi d'une Longue pièce de bois cambrée qui joint le train de derrière d'une voiture avec celui de devant. Une voiture qui porte sur la flèche. La flèche se rompit.
Il désigne en outre la Partie d'un clocher qui surmonte la tour ou la cage, et qui est en pointe, en pyramide. Flèche de charpente. Flèche de pierre. On dit aussi, mais plus rarement, Aiguille.
Il s'est dit, en termes de Fortification, d'un Ouvrage composé de deux côtés, qu'on élève vis-à-vis des angles saillants ou rentrants d'un chemin couvert, à l'extrémité de son glacis. On dit aussi Bonnette.
En termes de Botanique, Flèche d'eau. Voyez SAGITTAIRE.
Atteler en flèche, se dit d'un Cheval que l'on ajoute en avant d'un attelage, soit pour faciliter une montée, soit par manière d'élégance.
FLÈCHE
n. f.
T. de Charcuterie
. Ce qu'on a levé d'un des côtés du porc, depuis l'épaule jusqu'à la cuisse. Une flèche de lard.
FLÉCHETTE
n. f.
Petite flèche.
Il se dit spécialement, en termes de Guerre, des Petites flèches métalliques lancées sur les ennemis par les avions.
FLÉCHIR
v. tr.
Faire ployer, courber. Fléchir la tige d'un arbre. Fléchir quelque partie du corps. Le muscle qui fléchit la première phalange du petit doigt. Fléchir le genou, les genoux. Une baguette de fer fléchie et tordue.
Fig., Fléchir le genou, les genoux devant quelqu'un, S'abaisser, s'humilier devant lui.
Il signifie figurément Amener à compassion, toucher de pitié, attendrir, adoucir. Fléchir ses juges. Se laisser fléchir aux prières, par les prières. Il est inexorable, rien ne peut le fléchir. Son repentir devrait fléchir les coeurs les plus durs, les plus barbares. Fléchir la dureté, la cruauté d'un tyran, le courroux d'un maître.
Il s'emploie aussi intransitivement et signifie Plier, se courber. Cette poutre commence à fléchir. Ce bois rompra plutôt que de fléchir.
Fig., L'aile droite de l'armée fléchissait, Elle ne pouvait plus garder sa ligne, sous la poussée de l'ennemi.
Il signifie figurément Se soumettre, s'abaisser. Tout le monde fléchissait devant lui. Tout doit fléchir sous les lois de la destinée.
Fig., Fléchir sous le joug, S'y soumettre.
Il signifie également Cesser de persister dans des sentiments de dureté ou de fermeté. Quoi qu'on fasse, je ne fléchirai pas. Il ne sait ce que c'est que fléchir. Il commence à fléchir.
FLÉCHISSEMENT
n. m.
Action de fléchir. Le fléchissement des genoux.
Il signifie aussi État d'un corps qui fléchit. Le fléchissement d'une poutre, d'un mât, etc.
FLÉCHISSEUR
adj. m.
T. d'Anatomie
. Qui est destiné à faire fléchir certaines parties de l'organisme. Les muscles fléchisseurs du bras. Substantivement, Les fléchisseurs du genou. Les fléchisseurs sont opposés aux extenseurs.
FLEGMASIE
n. f.
Voyez PHLEGMASIE.
FLEGMATIQUE
adj. des deux genres
. Qui se possède, qui s'émeut difficilement. Caractère flegmatique.
Il signifiait autrefois, en termes de Médecine, Qui abonde en flegme, ce qu'on appelle aujourd'hui Lymphe. On dit aujourd'hui LYMPHATIQUE. Voyez ce mot.
FLEGME
n. m.
Possession de soi-même, calme d'âme. C'est un homme qui a un grand flegme, qui est d'un grand flegme. Son flegme m'étonne. Le flegme de cet homme me met au désespoir. Dans ce sens, il ne se dit pas au pluriel.
Il signifiait autrefois, en termes de Médecine, Ce qu'on appelle aujourd'hui LYMPHE. Voyez ce mot.
Il se dit encore, en termes de Distillerie, des Produits aqueux de la première distillation des mélasses, des jus de betteraves ou de grains.
FLÉTRIR
v. tr.
Décolorer, faner entièrement, en parlant de Fleurs, de feuillages. Le vent de bise flétrit les fleurs. Les roses se flétrissent.
Par analogie, il se dit de Certaines parties du corps humain. Avoir la peau, le visage, les yeux flétris.
Il signifie figurément Rendre dépourvu de sa fraîcheur, de son éclat, de son intégrité. Les chagrins ont flétri sa jeunesse. Leur jeunesse s'est flétrie dans les larmes. Flétrir les grâces du jeune âge. Le malheur flétrit l'âme. Flétrir l'innocence. Flétrir la réputation, la mémoire, la gloire de quelqu'un.
FLÉTRIR
v. tr.
Il signifiait, en matière criminelle, Marquer d'un fer chaud en punition d'un crime. Par extension, il signifie Marquer d'infamie. Il est à jamais flétri par cette condamnation.
FLÉTRISSANT, ANTE
adj.
Qui marque d'ignominie. Un arrêt flétrissant. Des imputations flétrissantes.
FLÉTRISSURE
n. f.
Altération que subissent la fraîcheur et l'éclat des fleurs. La flétrissure des fleurs.
Par analogie, il se dit de l'Altération que peuvent subir certaines parties du corps humain. La fraîcheur de son teint n'a subi nulle flétrissure.
FLÉTRISSURE
n. f.
Tache à la réputation, à l'honneur. Il a reçu une flétrissure qui ne s'effacera jamais. Les considérants de cet arrêt sont pour lui une terrible flétrissure.
FLEUR
n. f.
Partie du végétal, ordinairement colorée et souvent odorante, qui porte les organes de la reproduction et qui précède le fruit. Le calice, la corolle d'une fleur. Bouton de fleur. Fleur de pêcher, de pommier. Une fleur qui se fane, qui se flétrit. Un arbre en fleur. Un bouquet, une guirlande, une couronne de fleurs. Semé, jonché de fleurs. Cueillir une fleur. Vase de fleurs. Les fleurs des champs. Le parfum des fleurs.
Langage des fleurs, Langage symbolique dans lequel les fleurs, soit isolées, soit assemblées suivant un certain choix, servent à exprimer une pensée, un sentiment secret.
En termes de Pharmacie, Les quatre fleurs, Les fleurs de mauve, de pied-de-chat, de pas- d'âne et de coquelicot, dont on fait une tisane pectorale.
Fig. et fam., Le serpent est caché sous les fleurs, se dit en parlant de Choses dangereuses dont les apparences sont séduisantes.
Couvrir quelqu'un de fleurs, Lui donner des louanges abondantes, lui faire beaucoup de compliments, soit sérieusement, soit avec ironie.
FLEUR se dit, par extension, des Plantes à fleurs que l'on cultive pour l'agrément. C'est une fleur extrêmement recherchée. Planter, cultiver, arroser des fleurs. Avoir des pots de fleurs sur sa fenêtre. Marché aux fleurs.
Il a ce dernier sens dans les dénominations vulgaires de diverses plantes remarquables par la couleur ou la forme de leur fleurs. Fleur de coucou, etc.
Il se dit également des Figures, des représentations de fleurs, et même de fruits, de feuilles. Peindre ces fleurs. Peintre de fleurs. Collection de fleurs lithographiées. On a gravé une fleur sur ce cachet. Broder une fleur, des fleurs sur une étoffe.
Étoffe à fleurs, Étoffe où il y a des figures de fleurs, etc., tissues ou brochées avec l'étoffe. Damas à fleurs. À fleurs d'or, à fleurs d'argent.
Fleurs artificielles se dit de Certains ouvrages qui imitent des fleurs ou des plantes à fleurs, et qui servent à faire des bouquets, à orner les coiffures de femme, etc.
Fleur de lis. Voyez LIS.
Il se dit figurément, en parlant de Certaines choses, pour désigner le Temps où elles sont dans toute leur beauté, dans leur fraîcheur nouvelle, dans leur plus grand éclat, comme les arbres et les plantes lorsqu'ils sont en fleur. Mourir à la fleur de l'âge. Elle était alors dans la fleur de sa beauté, dans toute la fleur de sa beauté.
Fleurs de rhétorique, Ornements factices du discours. Il a prodigué les fleurs de rhétorique et n'a rien dit sur la question à traiter.
Il se dit encore, figurément, d'une Légère blancheur qui paraît sur la peau de certains fruits, tels que les prunes, les raisins lorsqu'on vient de les cueillir.
La fleur du teint, Cet éclat, cette fraîcheur de teint que donnent la jeunesse et la santé. On dit dans le même sens La fleur d'innocence.
Il se dit aussi, figurément, pour Élite, choix, ce qu'il y a de meilleur, d'excellent. Voyez Fleur de chevalerie, fine fleur de chevalerie. FIN (adj.). Ne prendre que la fleur d'un sujet, Prendre seulement ce qu'il y a de meilleur.
Fig. et fam., La fleur des pois, se dit d'un Homme à la mode, élégant, et exceptionnellement recherché.
Fleur de farine, La partie la plus fine la plus belle de la farine. Un gâteau de fleur de farine.
FLEURS s'est dit dans l'ancienne Chimie et se dit quelquefois encore de Certaines substances à l'état de pureté ou d'extrême division, produites par sublimation. Fleurs de soufre, de zinc, d'arsenic, d'antimoine. On dit de même, au singulier, Fleur de soufre.
Fleurs du vin, Petites moisissures qui paraissent sur le vin au contact de l'air, dans les tonneaux ou dans les bouteilles.
À FLEUR DE,loc. prép.
Presque au niveau de. Les fondements de cet édifice sont déjà à fleur de terre. À fleur d'eau, Au niveau de la superficie de l'eau. La digue n'était pas encore à fleur d'eau. Il a de gros yeux à fleur de tête, Si saillants qu'ils sont presque au niveau de la tête. À fleur de peau, Sans dépasser la surface de la peau. Fig., Une raillerie à fleur de peau, Une raillerie superficielle. En termes de jeu de Paume, La balle a passé à fleur de corde, Elle a légèrement effleuré la corde, en passant par-dessus, en sorte qu'il s'en est peu fallu que le coup ne fût perdu.
Cette médaille est à fleur de coin, Elle est parfaitement conservée.
FLEURDELISÉ, ÉE
adj.
T. de Blason
. Qui est orné, semé de fleurs de lis. Un écu fleurdelisé. Un manteau fleurdelisé.
FLEURÉ, ÉE
adj.
T. de Blason
. Qui est terminé en fleurs, en bordure de fleurs. On dit aussi FLEURETÉ et FLEURONNÉ.