Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 369 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Entrain

 

n. m.

Ardeur à faire quelque chose, gaieté naturelle et communicative. Cette personne a de l'entrain, n'a pas d'entrain. Il y a de l'entrain dans cette comédie, elle est vivante. Une armée, une troupe qui a de l'entrain.

 

ENTRAÎNABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut être entraîné. Il s'emploie surtout au figuré. Les foules sont facilement entraînables.

 

ENTRAÎNANT, ANTE

 

adj.

Qui entraîne. Il ne s'emploie qu'au figuré. Un style entraînant. Une éloquence entraînante. Le jeu de cet acteur est entraînant. Marche entraînante. Refrain entraînant.

 

ENTRAÎNEMENT

 

n. m.

Action d'entraîner ou État de ce qui est entraîné au sens figuré. L'entraînement des passions, de l'habitude, de l'exemple, du travail. Il a pris cette décision dans un moment d'entraînement.

Il se dit spécialement, en termes de Courses, du Régime et des exercices par lesquels on prépare un cheval pour les courses, et d'une façon générale de Toute préparation à un exercice physique ou intellectuel. L'entraînement de la marche. Faire son entraînement. Manquer d'entraînement. Être à l'entraînement.

 

ENTRAÎNER

 

v. tr.

Traîner avec soi, après soi. Les torrents entraînent ce qui s'oppose à leur passage. Le dégel est venu tout à coup, et la débâcle a entraîné les bateaux.

Il signifie particulièrement Emmener, conduire avec une sorte de violence. Je le pris par le bras et l'entraînai hors de la chambre. Il se laissa entraîner dans une maison de jeu.

Il signifie figurément Porter quelqu'un à quelque chose avec force, et comme malgré lui. Il a été si éloquent qu'il a entraîné tout le monde. Entraîner les coeurs. La passion l'a entraîné. L'exemple m'entraîna. L'occasion nous entraîne souvent malgré nous.

Fig., Entraîner avec soi, après soi, ou simplement Entraîner, Avoir pour effet, pour résultat, pour conséquence nécessaire, inévitable. Cela se dit surtout en parlant des Choses fâcheuses. La guerre entraîne avec elle, après elle bien des maux. Les suites fâcheuses que cette affaire peut entraîner après elle. Cela peut entraîner de longs retards. En termes de Droit criminel, Cette peine entraîne, par voie de conséquence, telle autre peine.

Il signifie, en termes de Courses, Préparer un cheval pour la course au moyen de l'entraînement, ou, d'une façon plus générale, Préparer une personne à quelque exercice physique ou intellectuel. Il s'entraîne à la marche. Fig., Cet orateur s'est entraîné à la discussion.

 

ENTRAÎNEUR

 

n. m.

Celui qui entraîne. Spécialement, en termes de Sports, Celui qui fait métier d'entraîner pour les courses ou les exercices physiques.

 

ENTRAIT

 

n. m.

T. d'Arts

. Pièce principale ou poutre qui porte, dans une ferme de comble, les arbalétriers et le poinçon.

 

ENTRANT, ANTE

 

adj.

Qui entre. Le nombre des élèves entrants est inférieur à celui de l'an dernier.

Il signifie spécialement Qui entre dans une charge. Conseillers entrants, par opposition à Conseillers sortants.

Il s'emploie comme nom, dans la locution Les entrants et les sortants.

Il signifie au figuré Qui est insinuant, qui se familiarise trop. C'est un homme dont le caractère a je ne sais quoi d'entrant.

 

ENTRAVE

 

n. f.

Lien qu'on met aux jambes de certains animaux, et en particulier aux jambes des chevaux, pour gêner, pour empêcher leur marche.

Il signifie au figuré Obstacles, empêchements, tout ce qui tient dans une espèce de gêne, de contrainte. Dans ce sens, il s'emploie généralement au pluriel. Cet homme s'est donné des entraves à lui-même. Les règles sont pour le génie des entraves salutaires. Briser ses entraves. Mettre une entrave à l'activité.

 

ENTRAVER

 

v. tr.

Gêner, empêcher la marche par une entrave. Entraver un cheval.

Il signifie, au figuré, Arrêter quelque chose dans sa marche. Des formes trop minutieuses entravent les affaires. Il cherchait par des chicanes à entraver la négociation.

 

ENTRE-DÉCHIRER (S')

 

v. pron.

Se déchirer l'un l'autre.

 

ENTRE-DÉTRUIRE (S')

 

v. pron.

Se détruire l'un l'autre.

 

ENTRE-DEUX

 

n. m.

Partie qui est au milieu de deux choses avec lesquelles elle a relation ou contiguïté. On a ôté l'entre-deux qui séparait ces deux chambres. Dans l'entre- deux de ces deux pilotis. L'entre-deux des épaules. Absolument, On a mis une ferrure pour remplir l'entre-deux.

En termes de Lingerie, il désigne une Bande de dentelle, de tulle, de broderie qui sépare ou qui réunit les deux parties d'un tissu.

 

ENTRE-DÉVORER (S')

 

v. pron.

Se dévorer mutuellement. Certains animaux s'entre- dévorent.

 

ENTRE-DONNER (S')

v. pron.

Se donner mutuellement quelque chose.

 

ENTRE-FRAPPER (S')

 

v. pron.

Se frapper l'un l'autre.

 

ENTRE-LIGNE

 

n. m.

Espace qui est entre deux lignes d'écriture. Il ne faut pas écrire dans l'entre-ligne, dans les entre-lignes. On dit plutôt maintenant INTERLIGNE.

Il signifie aussi Ce qui est écrit dans cet espace. Il est défendu aux notaires d'écrire en entre-ligne.

 

ENTRE-NOEUD

 

n. m.

T. de Botanique

. Espace compris entre deux noeuds ou deux articulations d'une tige. Cette tige a beaucoup d'entre-noeuds.

 

ENTRE-NUIRE (S')

 

v. pron.

Se nuire l'un à l'autre. Ils se sont entre-nui. Des arbres plantés trop près les uns des autres s'entre-nuisent et s'étouffent.

 

ENTRE-SOUTENIR (S')

 

v. pron.

Se soutenir l'un l'autre.

 

ENTRE-SUIVRE (S')

 

v. pron.

Aller de suite l'un après l'autre. Les jours et les nuits s'entre-suivent. La course entre-suivie des biens et des maux.