Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Pore
n. m.
Ouverture imperceptible dans la peau de l'homme ou de l'animal, par où se fait la transpiration. Il n'est guère d'usage qu'au pluriel. En été les pores sont plus ouverts. Le froid resserre les pores. Le sang lui sortait par tous les pores. Fig., Il sue l'hypocrisie par tous les pores.
Il se dit aussi de Petits orifices, de petites ouvertures analogues dans les végétaux.
Il se dit, par extension, des Interstices qui séparent les molécules d'un corps.
POREUX, EUSE
adj.
Qui a des pores. Une pierre poreuse. Un vase poreux.
PORION
n. m.
Contremaître dans les houillères du Nord de la France.
PORNOGRAPHE
n. m.
Auteur d'écrits, de dessins obscènes.
PORNOGRAPHIE
n. f.
Description de choses obscènes.
Il se dit aussi de la Composition et de la publication d'écrits pornographiques.
PORNOGRAPHIQUE
adj. des deux genres
. Qui se rapporte à la pornographie.
POROSITÉ
n. f.
T. didactique
. Qualité d'un corps considéré comme poreux.
PORPHYRE
n. m.
Sorte de roche extrêmement dure, dont le fond est communément rouge, et quelquefois vert, marqué de petites taches blanches. Table de porphyre. Colonne de porphyre.
PORPHYRISER
v. tr.
T. d'Arts
. Broyer une substance avec la molette sur une table très dure et bien unie, ordinairement de porphyre, pour la réduire en une poudre très fine. Limaille de fer porphyrisée.
Papier porphyrisé, Papier dont on a rendu la surface unie et luisante, en le glaçant avec de la poudre de sandaraque très fine.
PORPHYROGÉNÈTE
adj.
T. d'Antiquité
. Né dans la pourpre. On désignait ainsi les Empereurs d'Orient qui étaient nés pendant le règne de leur père.
PORRECTION
(On prononce les deux R.) n. f.
T. de Liturgie
. Action de tendre, de présenter une chose en étendant le bras. Les ordres majeurs se confèrent par l'imposition des mains, et les mineurs par la porrection des objets qui en désignent les fonctions.
PORT
n. m.
Enfoncement, naturel ou artificiel, de la mer dans les terres, offrant aux bateaux un abri contre les vents et les tempêtes. Port de mer. Port marchand, port de commerce. Port de guerre. Port de pêche. L'entrée du port. Entrer dans le port. Sortir du port. Se réfugier dans un port. Nettoyer, creuser un port.
Port de toute marée, Celui où les bâtiments peuvent entrer en tout temps, parce qu'il y a toujours assez de fond.
Port de marée, Celui où les bâtiments ne peuvent entrer qu'à marée haute.
Port franc, Celui où les marchandises ne paient point de droits, tant qu'elles n'entrent pas dans l'intérieur du pays. L'institution des ports francs est très avantageuse au commerce.
Port d'attache, Port auquel compte un navire. Il se dit, figurément et familièrement, de l'Endroit où l'on a une installation fixe, où l'on revient habituellement. Cette ville reste mon port d'attache.
Fermer, consigner un port, Empêcher qu'il n'en sorte aucun bâtiment. À cette nouvelle on ferma tous les ports.
Le navire est arrivé à bon port, Il est arrivé heureusement. On dit de même Ces marchandises sont arrivées à bon port.
Fig. et fam., Arriver à bon port, Arriver heureusement et en bonne santé au lieu où l'on voulait aller.
Faire naufrage au port, Faire naufrage dans le port en y entrant.
Fig., Faire naufrage au port, Échouer dans une entreprise au moment où elle semblait près de réussir.
PORT se dit aussi du Point de la rive d'un cours d'eau où les navires, les bateaux abordent, où les bâtiments chargent et déchargent les marchandises. Le port de Bercy. Le port de Bordeaux. Le port de Londres. Le port au blé, aux tuiles.
Il se dit également des Villes bâties auprès d'un port, autour d'un port. Marseille est un des plus beaux ports du monde.
PORT se dit figurément d'un Lieu de repos, de refuge, d'une situation tranquille. Il s'est retiré du monde et de l'embarras des affaires; il est dans le port. Il s'est assuré un port dans la tempête.
Il est arrivé au port, se dit d'un Homme de bien qui est mort et que l'on croit jouir du bonheur éternel.
Port de salut, Lieu où l'on se retire à l'abri d'une tempête. Cette île, cette rade ont été pour lui un port de salut. Il se dit aussi, figurément, de Tout lieu où l'on se retire loin des embarras du monde, où l'on cherche à se mettre à couvert de quelque danger. La maison de l'ambassadeur a été un port de salut pour lui.
PORT
n. m.
Action de porter. Le port d'une arme prohibée.
Port permis se dit dans la Marine marchande de Ce qu'un capitaine de navire ou un passager peut charger pour son compte, sans avoir de fret à payer.
Port d'armes, Droit de porter des armes pour chasser; Pièce administrative constatant qu'on a le droit de chasser.
Port d'armes se dit aussi de l'Attitude du soldat qui porte l'arme. Il est au port d'armes. Se mettre au port d'armes.
Fig., Rester au port d'armes, Rester dans l'inaction.
PORT se dit, par extension, du Prix qu'on paie pour le transport des effets que voiturent les rouliers et les messagers, et pour celui des lettres qu'on expédie par la vole de la poste. Je me ruine en ports de lettres. Cela a coûté tant de frais de port, tant de port, tant pour le port. Port franc. Port payé. Port dû. Une lettre franche de port. Envoyez ce paquet, franc de port.
Avoir ses ports francs, Envoyer, recevoir ses lettres franches de port. On dit plutôt Avoir la franchise postale.
PORT désigne encore le Maintien d'une personne, la manière dont une personne qui est debout marche, se présente, etc. Un port noble et majestueux. Il l'a reconnu à son port et à sa démarche.
Elle a le port d'une reine, un port de reine se dit d'une Femme qui a la taille belle et l'air noble.
Cette personne a un beau port de tête, Sa tête est bien placée, elle la porte bien.
PORT désigne, en termes de Marine le Maximum de charge d'un navire, le poids total qu'il peut porter. Un navire de six cents tonneaux de port.
En termes de Botanique, Le port d'une plante, L'aspect d'une plante, sa forme distinctive. Cette plante a le port de la ciguë.
En termes de Musique, Port de voix se dit du Fait de chanter deux notes éloignées en glissant légèrement sur les. notes intermédiaires.
PORTABLE
adj. des deux genres
. Qu'on peut porter. Ce manteau n'est plus portable, est encore portable.
PORTAGE
n. m.
Action de porter, de transporter. Il faut tant de chevaux, tant de voitures pour le portage de ces marchandises. Frais de portage.
Droit de portage, Droit que chaque officier de marine et chaque matelot ont d'embarquer pour leur compte jusqu'à un poids donné. Cette expression est maintenant peu usitée. Voyez Port permis.
PORTAGE se dit particulièrement de l'Action de porter, de transporter par voie de terre une embarcation arrêtée par un obstacle sur un cours d'eau. Faire portage.
Il se dit encore du Transport à dos d'homme ou d'animaux. Le portage est encore usité dans certaines régions de l'Afrique centrale.
PORTAIL
n. m.
Grande porte. Il faut ouvrir le portail pour faire entrer la voiture. Il se dit spécialement de la Grande porte d'une église avec tout son appareil architectural. Le portail de Notre-Dame de Paris. La voussure du portail. La décoration d'un portail.
PORTANT, ANTE
adj.
Il ne s'emploie qu'avec les adverbes Bien et Mal. Il est bien portant, Il est en bonne santé. Elle est toujours mal portante, Elle est toujours souffrante.
PORTANT est aussi nom masculin et désigne, en termes de Théâtre, Chacun des montants en bois qui soutiennent les décors.
PORTATIF, IVE
adj.
Qu'on peut aisément porter. Les petits livres sont commodes en ce qu'ils sont portatifs. Ce volume est d'un format portatif. Un autel portatif. Un four portatif.
PORTE À FAUX
n. m.
Disposition, construction qui, accidentellement ou volontairement n'est pas ou ne semble pas d'aplomb. Ce mur est hors d'aplomb, il est en porte à faux. Les loges de ce théâtre sont en porte à faux.
PORTE-AFFICHES
n. m.
Cadre dans lequel on pose ou l'on colle des affiches.