Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 933 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Successible

 

adj. des deux genres

. T. de Jurisprudence

. Qui est habile à succéder, qui a droit à la succession. Le parent qui se trouve successible à l'ouverture de la succession.

Il signifie aussi Qui donne droit à la succession. Parent au degré successible.

 

SUCCESSIF, IVE

 

adj.

Qui se fait par une marche continue, par un mouvement régulier, sans interruption. L'ordre successif des nuits et des jours.

Il se dit également de Certaines choses qui se suivent de près, qui se succèdent les unes aux autres. Cette place ne fut emportée qu'après plusieurs attaques successives. Des découvertes successives.

En termes de Jurisprudence, Droits successifs, Droits relatifs à une succession, à un héritage.

 

SUCCESSION

 

n. f.

Suite, série de personnes ou de choses qui se succèdent les unes aux autres sans interruption, ou à peu d'intervalle l'une de l'autre. Dans cette maison souveraine, il y a une succession de princes de mâle en mâle, non interrompue depuis plusieurs siècles. Il y a eu dans cette place une succession de gens de mérite. Une succession d'idées. Une succession de sons, d'accords. La vie est une succession de biens et de maux.

SUCCESSION signifie aussi Héritage, transmission de biens à la mort d'une personne. Riche succession. Succession embrouillée, onéreuse. Curateur à la succession vacante. Renoncer à une succession. Accepter, recueillir, partager une succession. Venir à la succession de quelqu'un. L'ouverture, le partage de la succession.

Il se dit aussi de la Manière dont se fait la transmission des héritages. Succession directe. Succession collatérale. Succession sous bénéfice d'inventaire. Succession ab intestat. Ordre de succession. Droits de succession à la couronne.

 

SUCCESSIVEMENT

 

adv.

L'un après l'autre. Toutes ces choses arrivèrent successivement. SUCCESSORAL, ALE

 

adj.

T. de Procédure

. Qui a rapport aux successions par héritage. Droits successoraux. Questions successorales.

 

SUCCIN

 

n. m.

T. d'Histoire naturelle

. Sorte de résine fossile, jaune, qui acquiert une agréable odeur et qui devient électrique par le frottement. On l'appelle aussi Ambre jaune.

 

SUCCINCT, INCTE

 

adj.

Qui est court, bref. Un discours succinct. Une relation succincte.

Fig. et fam., Un repas succinct, Un repas léger, un repas où il y a peu à manger.

SUCCINCT se dit, par extension, des Personnes. Cet homme est succinct dans ses réponses. Je serai succinct.

 

SUCCINCTEMENT

 

adv.

D'une manière succincte, en peu de mots. Il nous conta succinctement ses raisons. Je vous dirai la chose le plus succinctement que le pourrai.

Fig. et fam., Déjeuner, dîner succinctement, Déjeuner, dîner légèrement.

 

SUCCION

 

n. f.

T. didactique

. Action de sucer. La succion d'une plaie. La succion est préconisée contre les morsures de serpent.

 

SUCCOMBER

 

v. intr.

Être accablé sous un fardeau que l'on porte. Ce crocheteur succombait sous le poids. Succomber sous le faix.

Il s'emploie figurément et signifie Ne pouvoir résister, être vaincu, céder. Succomber sous le poids des affaires, sous le travail. Succomber sous les efforts de ses ennemis. Succomber à la fatigue, à la douleur, à la tentation.

Il signifie absolument Mourir, périr. Le malade a succombé. Tous ceux qui succombèrent dans cette épidémie.

Il signifie encore, figurément, Avoir le dessous en quelque entreprise. Vous attaquez un homme trop puissant, vous succomberez. La malheureuse entreprise où il a succombé.

 

SUCCUBE

 

n. m.

Démon qui, suivant l'opinion populaire, prend la forme d'une femme pour avoir commerce avec un homme.

 

SUCCULENT, ENTE

 

adj.

Qui a beaucoup de sue, qui est savoureux. Viande succulente. Des mets succulents. Une nourriture succulente.

 

SUCCURSALE

 

adj. f.

Qui supplée. Il n'est guère usité que dans cette expression : Église succursale, Église qui supplée à l'insuffisance de l'église paroissiale.

Il s'emploie aussi comme nom féminin. Le desservant de la succursale.

Il se dit, par extension, de Tout établissement subordonné à un autre et créé pour le seconder. Cet hôpital a une succursale. On a établi une succursale de la Caisse d'épargne dans tel quartier. Une succursale de la Banque de France. Cette maison de commerce a de nombreuses succursales en province.

 

SUCCURSALISTE

 

n. m.

Prêtre qui dessert une succursale.

 

SUCEMENT

n. m.

Action de sucer.

 

SUCER

 

v. tr.

Aspirer avec la bouche un liquide, une substance, le suc d'une chose. Sucer la moelle d'un os. Les loups sucent le sang des brebis. On applique des sangsues, afin qu'elles sucent le sang. L'enfant suce le lait de sa nourrice.

Fig., Sucer avec le lait une doctrine, une opinion, un sentiment, Être de bonne heure imbu d'une doctrine, d'une opinion bonne ou mauvaise, d'un sentiment. Ce sont des principes qu'il a sucés avec le lait. On dit de même : Sucer le lait de la doctrine évangélique, des saines doctrines, etc.

SUCER se dit également en parlant du Corps dont on aspire le suc, la substance. Sucer un os. Sucer une morsure de serpent. Sucer un morceau de sucre d'orge. Sucer une orange.

Il signifie, figurément et familièrement, Tirer peu à peu le bien, l'argent d'une personne. Il a des gens d'affaires, des solliciteurs qui le sucent. C'est une vraie sangsue qui le suce jusqu'aux os, jusqu'à la moelle des os. Il vous sucera jusqu'au dernier sou.

 

SUCEUR

 

n. m.

T. d'Histoire naturelle

. Il se dit de Certains insectes qui sont pourvus d'un organe appelé Suçoir.

 

SUÇOIR

 

n. m.

T. d'Histoire naturelle

. Organe qui sert à sucer. La cigale, la punaise ont un suçoir. Les racines pompent par leurs suçoirs les sucs nourriciers dans la terre.

 

SUÇON

 

n. m.

Action de sucer fortement la peau ou Résultat de cette action. Faire un suçon. Il est familier.

 

SUÇOTER

v. tr.

Sucer plusieurs fois, à plusieurs reprises. Il est familier.

 

SUCRAGE

 

n. m.

Action de sucrer. Le sucrage du vin.

 

SUCRE

 

n. m.

Substance très douce, cristallisable, que l'on extrait de divers végétaux, principalement de la canne à sucre et de la betterave. Sucre de canne. Sucre de betterave. Épurer, raffiner le sucre. Pain de sucre. Morceau de sucre. Sucre en morceaux. Sucre en poudre. Sucre cristallisé. Une livre de sucre. Piler, râper du sucre. Faire fondre du sucre.

Sucre brut, Sucre qui n'est pas encore raffiné. Sucre raffiné, Sucre qu'on a blanchi par le raffinage.

Sucre candi, Sucre en gros cristaux. Sucre de pomme, Sucre préparé avec du jus de pomme. Sucre d'orge, Sucre préparé avec de l'eau d'orge.

Sucre d'amidon, de raisin, Glucose. Sucre de lait, Lactose.

Confitures à mi-sucre, Confitures où l'on ne met qu'une demi-livre de sucre pour une livre de fruits.

Fig. et fam., Cet homme est tout sucre et tout miel, Il est fort doucereux.

Fig. et fam., Casser du sucre sur la tête, sur le dos de quelqu'un, Médire de quelqu'un.

En pain de sucre, En forme de cône. Un montagne en pain de sucre. Il a la tête en pain de sucre.

SUCRE se dit, en termes de Physiologie, du Principe sucré contenu dans le sang et qui chez les diabétiques, passe dans les urines.

 

SUCRER

 

v. tr.

Mettre du sucre dans quelque chose. Sucrer du café. Sucrer des fraises. Un verre d'eau sucrée. Ces confitures sont trop sucrées.

Le participe passé SUCRÉ s'emploie adjectivement et se dit des Fruits, des légumes qui ont un goût de sucre. Ces poires sont sucrées Melons sucrés. Pois sucrés.

Il s'emploie figurément et signifie Qui est doucereux. Un air sucré.

SUCRÉE s'emploie comme nom féminin dans cette expression figurée et familière, en parlant d'une Femme : Elle fait la sucrée, Elle affecte un air doucereux, innocent, modeste.

 

SUCRERIE

 

n. f.

Fabrique de sucre. Les sucreries de la Martinique, du nord de la France.

Il se dit encore de Friandises où il entre du sucre; en ce sens, il n'est guère d'usage qu'au pluriel. Je n'aime pas les sucreries.

 

SUCRIER, IÈRE

 

adj.

Qui a rapport à la fabrication du sucre. Industrie sucrière.

SUCRIER s'emploie comme nom masculin pour désigner un Fabricant de sucre. Il se dit aussi d'un Récipient dans lequel on met du sucre en poudre ou en morceaux. Sucrier d'argent. Sucrier de vermeil. Sucrier de porcelaine, de cristal, etc.

 

SUCRIN

 

adj. m.

Qui a un goût de sucre; il ne se dit qu'en parlant des Melons. Melon sucrin. Substantivement, Un sucrin.

 

SUD-EST

 

n. m.

Point de l'horizon qui est entre le sud et l'est. Le vent vient du sud-est. Le vent du sud-est.

Il désigne encore la Partie du monde ou la partie d'un pays qui est dans cette direction. Le sud-est de la France. Dijon est au sud-est de Paris.

Il désigne aussi le Vent qui souffle entre le sud et l'est.

Il s'emploie encore adjectivement. Le vent est sud-est.

En termes de Marine, on répète le mot Sud devant sud-est pour désigner un Point de l'horizon situé entre le sud-est et le sud. Sud-sud-est.

 

SUD-OUEST

n. m.

Point de l'horizon qui est entre le sud et l'ouest. Le vent souffle du sud- ouest, est au sud-ouest. Le vent du sud-ouest.

Il désigne encore la Partie du monde ou la partie d'un pays située dans cette direction. Le sud-ouest de la France. Chartres est au sud- ouest de Paris.

Il désigne aussi le Vent qui souffle entre le sud et l'ouest. Le sud-ouest est ordinairement violent et pluvieux. Les gens de mer disent ordinairement Suroît.

Il s'emploie encore adjectivement. Le vent est sud-ouest.

En termes de Marine, on répète le mot Sud devant sud-ouest pour désigner un Point de l'horizon situé entre le sud-ouest et le sud. Sud-sud-ouest.

 

SUD

 

(On prononce le D.)n. m.

Celui des quatre points cardinaux qui est opposé au nord. Le vaisseau courut tant de degrés vers le sud. Naviguer du côté du sud. Le vent est au sud, vient du sud.

Il se dit aussi de la Partie du monde ou de la partie d'un pays située du côté du sud. L'Amérique du Sud. Orléans est au sud de Paris.

En termes de Marine, Faire le sud, Faire route vers le sud.

SUD désigne encore le Vent du sud. Le sud souffle depuis longtemps.

Il s'emploie encore adjectivement et dans ce cas il reste invariable. Le pôle sud. Le vent est sud.

Degrés de latitude sud, Ceux qui vont de l'équateur au pôle sud.

 

SUDATION

 

n. f.

T. de Médecine

. Action de provoquer la sueur; Fait de suer naturellement ou par l'effet d'un médicament approprié.

 

SUDORIFIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Médecine

. Qui provoque la sueur.

Il s'emploie aussi comme nom masculin. On lui a donné un sudorifique. Prendre des sudorifiques.

 

SUDORIPARE

 

adj. des deux genres

. T. didactique

. Qui sécrète la sueur. Glandes sudoripares.

 

SUÉE

 

n. f.

État de transpiration.

 

SUER

 

v. intr.

Transpirer, rendre de la sueur par les pores de la peau. Suer à grosses gouttes. Suer de la tête, du visage, de tout le corps. S'il sue beaucoup, il guérira.

SUER signifie aussi, figurément et familièrement, Travailler beaucoup, se donner beaucoup de peine pour venir à bout de quelque chose. Il a bien sué sur cet ouvrage.

Il se dit, par extension, de Certaines choses qui suintent, qui se couvrent d'humidité. Les murailles suent pendant le dégel.

SUER s'emploie aussi transitivement. Suer du sang, Rendre du sang par les pores.

Fig. et fam., Suer sang et eau, Faire de grands efforts, se donner une grande peine pour quelque chose.

Fig. et fam., Suer l'ennui, Exhaler l'ennui de toute sa personne. On dit de même : Suer l'orgueil, l'hypocrisie, la peur, etc.

 

SUETTE

 

n. f.

T. de Médecine

. Fièvre éruptive, épidémique, qui a pour symptôme principal des sueurs très abondantes.

 

SUEUR

 

n. f.

Humeur aqueuse qui sort par les pores de la peau. Sueur abondante. Sueur fétide. Sueur rentrée. Une sueur froide. La sueur de la mort. La sueur me vint au front. La sueur inondait mon visage. Il était tout en sueur, tout dégouttant de sueur.

Fig., Gagner son pain à la sueur de son front, Gagner sa vie en travaillant beaucoup, en se donnant beaucoup de peine.

SUEUR se dit aussi de l'Action de suer. Cela provoque la sueur. Il lui prit une petite sueur.

Sueur de sang, Sang qui sort par les pores dans certaines maladies.

SUEURS se dit figurément, au pluriel, des Peines qu'on s'est données pour réussir à quelque chose. Après bien des fatigues et des sueurs, il est venu à bout de son entreprise. Une terre fécondée par les sueurs de l'homme.

 

SUFFÈTES

 

n. m. pl.

T. d'Antiquité

. Nom que portaient à Carthage les premiers magistrats de la république.

 

SUFFIRE

 

(Je suffis, tu suffis, il suffit; nous suffisons, vous suffisez, ils suffisent. Je suffisais. Je suffis. Je suffirai. Je suffirais. Suffis, suffisons. Que je suffise. Que je suffisse. Suffisant. Suffi.)v. intr. Pouvoir subvenir, pouvoir satisfaire à quelque chose, fournir assez, faire ce qui est nécessaire. Cette somme ne suffit pas pour payer vos dettes. S'il perd ce procès, tout son bien n'y suffira pas. Peu de bien suffit au sage. Cinq cents francs ne peuvent suffire pour toutes ces emplettes. La dépense est trop grande, il n'y peut pas suffire. Il ne suffit pas à la tâche. Un domestique ne saurait suffire à servir tant de personnes. La plus légère contrariété suffit pour l'irriter.

Se suffire à soi-même, Trouver en soi le moyen de se passer des autres. Il faut savoir se suffire à soi-même. On dit aussi, simplement Se suffire, Avoir ou gagner assez pour pourvoir à ses besoins. Ce jeune homme se suffit, il ne se suffit pas encore.

Fam., Cela me suffit, cela suffit et, simplement, Suffit, Voilà qui est bien, c'est assez, n'en parlons plus.

Prov., À chaque jour suffit sa peine, Il ne faut pas se tourmenter inutilement sur l'avenir, se faire des chagrins d'avance.

SUFFIRE s'emploie impersonnellement. Il suffit de tant de blé pour tant d'hommes. Il suffit de lui dire une chose pour qu'il la fasse aussitôt. Qu'il vous suffise que je l'aie voulu.

 

SUFFISAMMENT

adv.

Assez, d'une manière qui suffit, en quantité suffisante. Il a suffisamment de bien pour vivre. Il y a suffisamment de monde. Être suffisamment pourvu. Je l'en ai suffisamment instruit.

 

SUFFISANCE

 

n. f.

Ce qui suffit, ce qui est assez. Avoir suffisance de blé, de vivres. Vous êtes le maître, prenez-en votre suffisance. Il ne souhaite pas plus de bien, il en a sa suffisance.

Il signifie encore Satisfaction de soi, présomption impertinente. N'êtes-vous pas choqué de la suffisance de cet individu? Il a une suffisance insupportable. Il est plein de suffisance. Un air de suffisance.

À SUFFISANCE, EN SUFFISANCE,loc. adverbiales et familières . Suffisamment, assez. Il y a eu cette année du blé et du vin en suffisance.

 

SUFFISANT, ANTE

 

adj.

Qui suffit. Cent hommes sont suffisants pour défendre ce poste. Cette somme n'est pas suffisante. Cette grange est suffisante pour contenir tant de milliers de gerbes. Bonne et suffisante caution. Il ne faut point faire de changements dans une loi sans une raison suffisante.

En termes de Théologie, Grâce suffisante, Grâce qui suffit strictement à l'homme, s'il y répond.

En termes de Philosophie, Principe de raison suffisante, Principe suivant lequel tout phénomène doit avoir une cause.

SUFFISANT signifie aussi Qui est vain, présomptueux, satisfait de sa personne. Je vous trouve bien suffisant, bien suffisante. Cet homme est vaniteux et suffisant. Le suffisant personnage! Il se dit aussi en parlant des Choses. Il a l'air suffisant. Une mine suffisante. Un ton suffisant. Il s'emploie substantivement dans le même sens. C'est un suffisant, une suffisante. Faire le suffisant.

 

SUFFIXE

 

adj. des deux genres

. T. de Grammaire

. Il se dit de Lettres ou syllabes qui s'ajoutent à la fin des mots pour en déterminer la signification. Substantivement, Un suffixe.

SUFFOCANT, ANTE

 

adj.

Qui suffoque, qui gêne ou fait perdre la respiration. Fumée suffocante. Atmosphère, chaleur suffocante.

 

SUFFOCATION

 

n. f.

Étouffement, perte de respiration ou grande difficulté de respirer. Il est mort de suffocation. Avoir des suffocations, de la suffocation.

 

SUFFOQUER

 

v. tr.

Étouffer, faire perdre la respiration ou rendre la respiration difficile; il se dit ordinairement du Manque de respiration qui arrive par quelque cause intérieure ou par l'effet de quelque vapeur nuisible. La douleur le suffoquait et lui ôtait la parole. Les larmes, les sanglots la suffoquent. Être suffoqué par la vapeur du soufre. Absolument, Il fait un air brûlant qui suffoque.

SUFFOQUER est aussi verbe intransitif et signifie Perdre la respiration. Il est près de suffoquer. Je suffoque.

Suffoquer de colère, d'indignation, Être animé d'une vive colère, d'une vive indignation que l'on a peine à contenir.

Le participe passé SUFFOQUÉ s'emploie adjectivement. Viandes suffoquées, La chair des bêtes dont on n'a point fait sortir le sang. Par le premier concile de Jérusalem, il est ordonné s'abstenir des viandes suffoquées.

 

SUFFRAGANT

 

adj. m.

Qui dépend de tel archevêque, en parlant d'un Évêque. Les évêques de Chartres, de Meaux, d'Orléans et de Blois sont suffragants de l'archevêque de Paris.

Il s'emploie comme nom masculin. L'archevêque de Tours a pour suffragants les évêques d'Angers, du Mans, de Nantes, etc. Appeler du suffragant au métropolitain.

 

SUFFRAGE

 

n. m.

Déclaration favorable qu'on donne soit de vive voix, soit par écrit ou autrement, à l'occasion d'une élection, d'un délibération. Je lui ai donné, refusé mon suffrage. Il a eu, obtenu, réuni tous les suffrages. Il a été élu à la majorité des suffrages. Envoyer un suffrage par écrit. Donner son suffrage par procuration. Recueillir, compter les suffrages. Dans cette délibération, les suffrages furent partagés.

Suffrage universel, Droit de vote attribué à tous les citoyens.

Suffrage restreint, Droit de vote attribué à certaines catégories d'électeurs.

Suffrage censitaire, Droit de vote réservé aux citoyens qui paient une certaine somme d'impôt.

Suffrage féminin ou plus ordinairement Suffrage des femmes, Droit de vote accordé aux femmes.

SUFFRAGE signifie aussi Approbation. Cette pièce a mérité, a enlevé les suffrages. Le suffrage, les suffrages du public. On doit être fier d'obtenir un pareil suffrage.

En termes religieux, Suffrages de l'Église, Prières que l'Église universelle fait pour les fidèles. Suffrages des saints, Prières que les saints font à Dieu en faveur de ceux qui les invoquent.

 

SUFFUSION

 

n. f.

T. de Médecine

. Épanchement sous la peau. La rougeur de la honte est une suffusion de sang aux joues. Suffusion de bile.

 

SUGGÉRER

 

(Dans ce mot et les trois suivants, on prononce séparément les deux G et le second a le son d'un J.)v. tr.

Insinuer, faire entrer dans l'esprit de quelqu'un; inspirer à une personne quelque opinion, quelque dessein. Suggérer un mauvais dessein. Suggérer une idée, un projet. Je prendrai le parti que la circonstance me suggérera.

 

SUGGESTIF, IVE

 

adj.

Qui est propre à suggérer. Conversation suggestive. Entretien suggestif. Ce professeur a un enseignement très suggestif.

 

SUGGESTION

 

n. f.

Action de suggérer ou Résultat de cette action. Il a fait telle chose à la suggestion d'un tel. Une suggestion diabolique. Pernicieuse suggestion. Les suggestions de l'amour-propre. Ce que je vous en dis est une simple suggestion.

En termes de Médecine mentale, il désigne l'idée d'un acte suggéré à un individu en état d'hypnose.

 

SUGGESTIONNER

 

v. tr.

Influencer, inspirer, par la force de la volonté ou par hypnotisme. Il est très facile à suggestionner. Il s'est laissé suggestionner.

 

SUI GENERIS

 

(On prononce l'S final.)Locution

empruntée du latin : De son genre. Elle s'emploie dans la langue française pour signifier Qui est particulier, spécial, qu'on ne peut comparer à rien d'autre. Une odeur sui generis.

 

SUICIDE

 

n. m.

Action de celui qui se tue lui-même. La religion, la morale défendent le suicide.

Fig., C'est un suicide se dit d'une Action, d'une démarche qui ruine celui qui la fait.

 

SUICIDÉ

 

n. m.

Homicide de soi-même.

 

SUICIDER (SE)

 

v. pron.

Se tuer. Ce verbe est incorrectement formé, mais il est d'un usage courant.

 

SUIDÉS

 

n. m. pl.

Famille de Mammifères comprenant les porcs et les pécaris.

Il se dit au singulier d'un Animal appartenant à cette famille. Un suidé.

 

SUIE

 

n. f.

Matière noire et épaisse que la fumée dépose sur la surface des corps avec lesquels elle entre en contact. Noir comme suie, comme de la suie. La cheminée est pleine de suie. Un tuyau de poêle engorgé par la suie. On sent ici une odeur de suie. Couleur de suie.

 

SUIF

 

n. m.

Graisse de certains animaux, dont on se sert principalement pour faire des chandelles et des bougies. Suif de mouton. Suif de boeuf. Fondre du suif. Chandelle de suif. Enduire de suif.

Arbre à suif, Espèce d'arbre de Chine dont les graines sont recouvertes d'une huile qui sert à faire des chandelles.

En termes de Marine, Donner du suif à un bâtiment, Enduire sa carène d'un mélange de suif, de brai et de soufre fondus ensemble.

 

SUIFFER

 

v. tr.

Enduire de suif. Suiffer une cheville avant de l'introduire dans le trou. Suiffer un navire.

 

SUINT

 

n. m.

Liquide épais et gras qui suinte du corps des bêtes à laine. Le suint de la laine des moutons.

Laine en suint, Laine brute qui n'est pas débarrassée du suint.

 

SUINTEMENT

 

n. m.

Action de suinter. Le suintement d'une plaie. Le suintement d'une roche, d'une muraille.

 

SUINTER

 

v. intr.

Il se dit d'un Liquide, d'une humeur qui sort, qui s'écoule presque imperceptiblement. L'eau suinte à travers ces rochers, à travers ce plafond. Du vin qui suinte entre deux douves. Les sérosités qui suintent de cette plaie.

Il se dit également du Récipient d'où le liquide coule, de la plaie, de l'endroit d'où l'humeur sort. Ce tonneau suinte. Cette plaie est fermée, mais elle suinte encore. Cette muraille suinte.

 

SUISSE

 

n. m.

Il se disait du Domestique à qui était confiée la garde de la porte d'une maison, parce qu'autrefois ce domestique était pris ordinairement parmi les Suisses. Le suisse d'un hôtel. On dit maintenant Concierge.

Prov., Point d'argent, point de suisse. Voyez ARGENT.

SUISSE se dit aujourd'hui de Celui qui est chargé de la police d'une église, qui précède le clergé dans les processions, etc. La hallebarde, la canne du suisse.

Les Suisses du Vatican, Les soldats de la garde suisse.

 

SUITE

 

n. f.

Ceux qui suivent, ceux qui vont après. On laissa passer les trois premiers et on ferma la porte à toute la suite.

Il désigne aussi Ceux qui accompagnent quelqu'un pour lui faire honneur. Une suite brillante, nombreuse. Le prince arriva avec les gentilshommes de sa suite.

Il signifie encore Ce qui suit, ce qui est après. Pour bien entendre ce passage, il faut lire la suite. Voyons la suite. Attendons la suite. Il faut voir ce qui fait suite. La suite au prochain numéro. Suite et fin.

Il signifie, en parlant de Certains ouvrages de l'esprit, Continuation, ce qui est ajouté à un ouvrage pour le continuer. La Suite de Don Quichotte.

Il se dit encore de Choses qui sont la continuation, le développement de choses du même ordre. Il a pris la suite des affaires de ce commerçant.

Il se dit en outre des Événements causés par quelque chose qui a précédé. Ce qui lui arrive est une suite naturelle, nécessaire, inévitable de sa mauvaise conduite. Cette affaire a déjà eu des suites fâcheuses. Cette querelle peut avoir des suites funestes. Il n'y a pas d'apparence que cela ait aucune suite. Les suites en sont à craindre. Il faut en prévenir les suites. Il est mort des suites d'une chute. Les suites de cette maladie sont dangereuses. Il avait formé un excellent projet, mais cela n'a point eu de suite. Il avait eu une fort bonne idée, mais il n'y a pas donné suite.

Absolument, Cela peut avoir des suites, Il en peut arriver quelque chose de fâcheux.

SUITE se dit également d'une Époque postérieure à celle dont on parle. La suite a fait voir ce qu'on pouvait attendre de leur zèle. Tel est le plan qu'il avait conçu, mais il le réforma beaucoup dans la suite. Il devint par la suite un homme laborieux et réfléchi.

Il signifie aussi Série et se dit surtout en parlant de Choses arrivées les unes après les autres, soit par enchaînement, soit par simple succession. La vie de cet homme n'a été qu'une suite de fautes. Cet ouvrage est le résultat d'une longue suite d'observations. Une suite de pensées, d'images.

La suite des temps, La succession des siècles.

La suite d'une affaire, La série des événements, des incidents qui arrivent les uns après les autres dans le cours d'une affaire. Je connais par moi-même toute la suite de cette affaire.

SUITE se dit également d'Un certain nombre

de choses de même espèce, que l'on range selon l'ordre des temps ou des matières. Une belle suite de médailles, de monnaies, d'estampes, de portraits. La suite des tapisseries des chasses de Maximilien.

En termes d'Édition, Suite de gravures ou absolument Suite, Série de gravures d'un ouvrage tirées à part.

SUITE, en termes de Musique, se dit d'une OEuvre composée de plusieurs pièces successives. Suite d'orchestre.

Il se dit aussi d'un Certain nombre de personnes qui ont succédé les unes aux autres. Une longue suite de rois. Une longue suite de magistrats. Une longue suite d'aïeux.

En termes de Mathématiques, il se dit de Termes qui se succèdent suivant une loi quelconque. Suite arithmétique, Suite de nombres dont chacun surpasse de la même quantité celui qui précède.

SUITE signifie encore Ordre, liaison. Il n'y a point de suite dans ce discours. Il m'a tenu des propos sans suite. Il y a beaucoup de suite dans ses idées, dans ses raisonnements, dans ses réponses.

Cet homme n'a pas de suite dans les idées, n'a pas l'esprit de suite, Il n'est pas capable d'une attention continue, de persévérance. Il n'y a pas de suite dans sa conduite, Il y a beaucoup d'inégalité dans sa conduite.

SUITE se dit, en termes de Chasse, de l'Action de suivre le gibier. Faire une suite. Faire suite.

En termes de Jurisprudence, Droit de suite, Droit qui permet de suivre une chose en quelque lieu qu'elle ait passé. Les meubles n'ont pas de suite par hypothèque, Il ne peut point y avoir d'hypothèque sur les meubles.

À LA SUITE DE,loc. prép.

Dans la compagnie de, dans le cortège de, avec. De brillants officiers venaient à la suite du prince.

Il signifie encore Après. À la suite de ce chapitre on a mis un commentaire explicatif. À la suite de cet accident il a dû garder le lit.

Marcher à la suite de quelqu'un, Marcher après lui.

Absolument, Officier à la suite, Officier qui attend son tour pour avoir un commandement actif.

DE SUITE,loc. adv.

L'un après l'autre, sans interruption. Faites-les marcher de suite. Il ne saurait dire deux mots de suite.

TOUT DE SUITE,loc. adv.

Sur-le-champ, aussitôt, sans délai. Il faut appliquer ce remède tout de suite, sans quoi il serait trop tard. Quand vous aurez reçu ma lettre, vous le ferez partir tout de suite.

PAR SUITE,loc. adv.

Par une conséquence naturelle, par un résultat nécessaire. On rejeta cet article du projet, et par suite toutes les dispositions qui s'y rapportaient.

PAR SUITE DE,loc. prép.

En conséquence de. Par suite des arrangements pris entre eux, vous serez payé.

 

SUITÉE

 

adj. f.

T. d'Économie rurale

. Il se dit d'une Femelle accompagnée de son petit, de ses petits. Jument suitée. Truie suitée.

 

SUITES

 

n. f. pl.

T. de Vénerie

. Testicules d'un sanglier; par corruption de Luites, qui est le vrai nom.

 

SUIVANT, ANTE

 

adj.

Qui est après, qui vient après. Le livre suivant contient telle histoire. Le jour suivant il se mit en route. La vente aura lieu mardi prochain et jours suivants. Il en a usé de la sorte pour les raisons suivantes.

Il s'emploie aussi comme nom et se dit de Celui, de celle qui suit, qui accompagne, qui escorte une personne. Elle avait de nombreux suivants. On l'invita, lui et tous ses suivants. Cette acception vieillit.

SUIVANTE s'est dit d'une Femme, d'une jeune fille attachée au service d'une princesse. Il n'est plus guère en usage qu'en termes de théâtre. Un rôle de suivante. L'emploi de suivante.

 

SUIVANT

 

prép. Selon, conformément à. Suivant votre sentiment. Suivant l'opinion d'Aristote. Suivant Descartes. Suivant ce qu'il me dira.

Il signifie aussi À proportion de, en raison de. Travailler suivant ses forces. Récompenser, punir suivant le mérite. Il faut se gouverner suivant le temps et le lieu.

SUIVANT QUE,loc. conj.

Selon que. Je le récompenserai suivant qu'il m'aura servi.

 

SUIVRE

 

(Je suis, tu suis, il suit; nous suivons, vous suivez, ils suivent. Je suivais. Je suivis. Je suivrai. Je suivrais. Suis, suivez. Que je suive. Que je suivisse. Suivant. Suivi.)v. tr. Aller, venir après. Il marchait le premier, et les autres le suivaient. Allez toujours devant, je vous suis, je vous suivrai. Son bagage le suivait. Suivre de près. Suivre de loin. Je l'ai suivi de rue en rue, de ville en ville. Il me suit partout. Je l'ai fait suivre pour savoir où il allait. Suivre à la piste, à la trace. Suivre pas à pas. Ils se suivaient les uns les autres.

Fig., Suivre quelqu'un dans la tombe, Mourir peu après lui.

Fig., Suivre quelqu'un, S'intéresser à ce qu'il fait, à ce qui lui arrive. Je vous ai suivi dans vos succès et vos revers. C'est un homme que je connais bien et dont je puis répondre, pour l'avoir suivi dans toute sa carrière.

En termes de Postes, Faire suivre indique que, si le destinataire est absent, on doit renvoyer la lettre à sa nouvelle adresse.

SUIVRE signifie particulièrement Aller après pour atteindre et pour prendre. Suivre un lièvre. Suivre une compagnie de perdreaux.

Il signifie encore Accompagner, escorter, aller avec. Un nombreux personnel suivait la cour dans tous ses déplacements. Un seul ami le suivit dans son exil. Suivre un cortège.

Qui m'aime me suive, Que celui qui a de l'amitié, de l'attachement pour moi, fasse ce que je ferai, qu'il vienne avec moi, qu'il prenne mon parti, qu'il se déclare pour moi.

Fig., Suivre de l'oeil, des yeux une personne, une chose, Regarder attentivement une personne, une chose qui s'éloigne. Il suivit le vaisseau des yeux aussi longtemps qu'il put le distinguer. Fig., Suivre par la pensée, en pensée, Ne pas en détacher son esprit. Au cours de l'épreuve que vous venez de traverser, je n'ai pas cessé de vous suivre par la pensée, en pensée.

SUIVRE se dit figurément des Choses. Son image me suit partout. Le malheur le suivit dans la plus grande partie de sa carrière.

Il signifie aussi Observer, surveiller. Si vous ne le suivez de près, il vous fera quelque sottise. J'ai suivi ses progrès, et j'en ai été surpris. Suivre les événements. J'ai suivi cette affaire, et l'en connais tous les détails. Il signifie aussi Aller, continuer d'aller dans une même direction. Suivre un chemin, un sentier. Suivre son chemin. Suivre les pas, les traces de quelqu'un. Suivez cette allée d'arbres, elle vous conduira au château. Suivre le bord de la mer. Suivre le cours d'un fleuve. Le bateau suivait le fil de l'eau.

En termes de Typographie, Suivre, faites suivre, en suivant, signifie Ne faites point d'alinéa, continuez la ligne commencée.

SUIVRE s'emploie figurément dans le même sens. Suivre le chemin de la vertu, de la gloire. Suivre les traces de ses ancêtres, les pas de ses devanciers. Suivre le fil de ses idées, le fit d'un raisonnement. Suivre le fil des événements. Elliptiquement, À suivre.

L'affaire suit son cours, Elle a le développement qu'elle comporte.

Suivre une profession, L'exercer. Il suit la profession d'avocat. Suivre le métier des armes. Suivre la carrière des lettres.

Suivre une affaire, une entreprise, etc., S'attacher à une affaire, à une entreprise avec persévérance, et ne rien négliger de ce qui peut la faire réussir. Il a vu échouer cette affaire, faute de l'avoir suivie. Il suit son projet, son entreprise avec ardeur. On dit aussi absolument : Quand on a commencé, il faut suivre.

Suivre le parti de quelqu'un, Être du parti de quelqu'un.

Suivre une doctrine, une opinion, Faire profession d'une doctrine, d'une opinion. Suivre Platon, suivre Descartes, Être du sentiment de Platon, de Descartes.

Suivre le théâtre, Aller fréquemment au théâtre pour juger en quel sens s'orientent les auteurs dramatiques. On dit de même Suivre le mouvement dramatique, littéraire, etc.

Suivre un prédicateur, Être assidu aux sermons d'un prédicateur. Suivre un professeur, Assister régulièrement à ses leçons. On dit dans le même sens : Suivre un cours. Suivre les leçons d'un professeur. Le cours de ce professeur est très suivi.

Suivre une retraite, Assister, prendre part à tous les exercices d'une retraite.

Suivre quelqu'un dans un discours, dans un raisonnement, Être attentif à son discours, à son raisonnement, de manière à n'en perdre rien. Cet orateur parle si rapidement qu'il est difficile de le suivre. On dit de même : Suivez bien mon raisonnement; Prêtez-moi attention et suivez-moi.

SUIVRE signifie aussi S'abandonner à, se laisser conduire par. Suivre son imagination, sa pensée, son idée, sa fantaisie. Suivre sa passion, son caprice, son inclination, son instinct. Suivre ses goûts, ses penchants.

Il signifie encore Se conformer à. Suivre la mode, l'usage, les coutumes d'un pays. Suivre les avis, les conseils, l'exemple de quelqu'un. Suivre les ordres qu'on a reçus. Suivre le plan qu'on s'est tracé. Suivre une méthode. Suivre la loi. Suivre la règle. Suivre les préceptes de l'Évangile. Suivre l'Évangile. Suivre sa religion, les préceptes de sa religion.

Il signifie encore, figurément, Être après, par rapport au temps, au lieu, à la situation, au rang, etc. L'été suit le printemps. L'âge mûr suit la jeunesse. La nuit suit le jour. Absolument, Vous n'avez vu que le commencement, voyez ce qui suit. La page qui suit. Il ouvrit la lettre et y lut ce qui suit.

Prov., Les jours se suivent et ne se ressemblent pas, La vie est mêlée de biens et de maux.

Ces pages, ces numéros se suivent bien, ne se suivent pas, Ces pages, ces numéros sont ou ne sont pas dans leur ordre. On dit, dans un sens analogue : Les parties d'un discours se suivent bien, ne se suivent pas, Elles ont la liaison convenable, elles en manquent.

SUIVRE signifie aussi, figurément, Être la conséquence, résulter d'une chose. La satiété suit la jouissance. Les plus grands malheurs ont suivi cette faute.

Il s'emploie intransitivement dans le même sens. L'une de ces propositions ne suit pas toujours de l'autre, ne suit pas nécessairement de l'autre.

Il s'emploie aussi impersonnellement dans cette acception. Il suit de ce que vous dites que je n'avais pas tort. Il ne suit pas de là que vous ayez raison.

Le participe passé SUIVI se dit adjectivement de Ce qui est continu, sans interruption. Un travail suivi. Une correspondance suivie. Des relations suivies.

Un discours, un raisonnement, une pièce bien suivie, etc., Un discours, un raisonnement, une pièce, etc., dont toutes les parties ont entre elles l'ordre et la liaison qu'elles doivent avoir.

 

SUJET, ETTE

 

adj.

Qui est soumis, subordonné, qui est dans la dépendance, qui est obligé d'obéir. Nous sommes tous sujets aux lois et aux coutumes du pays où nous vivons. Être sujet aux ordres de quelqu'un. Il est vieux en ce sens.

Il signifie spécialement Qui est soumis par la conquête. L'Égypte était sujette des Perses.

Il signifie aussi Qui est obligé à supporter certaines charges et à payer certains droits. Tout propriétaire est sujet à l'impôt foncier. Il est sujet à telle servitude. Il est vieux.

Il signifie également Qui est astreint à quelque nécessité inévitable. Tous les hommes sont sujets à la mort. La nature humaine es sujette à beaucoup d'infirmités.

Il signifie encore Qui a accoutumé de faire quelque chose, qui s'y trouve porté par inclination ou par habitude. Il est sujet à boire, à s'enivrer. Il est sujet à cette faute.

Il signifie aussi Qui est exposé à éprouver fréquemment certains accidents. Tout homme est sujet à l'erreur, sujet à se tromper. Être sujet à la migraine. Ce pays est sujet aux inondations, aux tremblements de terre. Ces couleurs sont sujettes à changer.

Cette démarche est sujette à bien des inconvénients, cette entreprise est sujette à bien des difficultés, Il y a bien des inconvénients à faire cette démarche, il y a bien des difficultés à surmonter pour réussir dans cette entreprise.

Ce passage est sujet à plusieurs interprétations différentes, Il est susceptible de différentes interprétations.

Fam., Il est sujet à caution se dit d'un Homme auquel il ne faut pas trop se fier.

SUJET s'emploie aussi comme nom et désigne Celui qui est soumis à une autorité souveraine. Il était né sujet de ce roi. C'est un prince qui aime ses sujets. Ce souverain fut le père de ses sujets.

 

SUJET

 

n. m.

Cause, raison, motif. Il vous a querellé sans sujet, pour un sujet fort léger. Vous ne lui en avez point donné sujet. J'ai sujet de me plaindre. À quel sujet avez-vous fait telle chose? Il lui a donné des sujets de plainte. Il a plus d'un sujet d'affliction. Voilà le sujet de leur querelle, de leur rupture.

Il désigne aussi la Matière sur laquelle on écrit, de laquelle on parle. Quel est le sujet de son livre? Tel était le sujet de leur conversation, de leur entretien, de leur dispute. Un sujet de comédie. Sujet fécond. Sujet stérile. Sujet difficile. Un vieux sujet. Un sujet rebattu, usé. Un sujet neuf, heureux. Traiter un sujet. Méditer un sujet, sur un sujet. Trouver un sujet de poème, de tragédie. Il a pris le sujet de sa pièce dans tel ouvrage. Cette anecdote lui a fourni le sujet de sa nouvelle. On a déjà beaucoup écrit sur ce sujet. Travailler sur un sujet. Épuiser un sujet. Sortir de son sujet. Dominer son sujet. Être au-dessous de son sujet.

Être sur le sujet de quelqu'un, Parler de lui. Quand vous êtes entré, nous étions sur votre sujet.

Être plein de son sujet, L'avoir bien médité, en être bien pénétré.

SUJET se dit également en ce sens en parlant des Arts. Le sujet de ce tableau est l'entrée de Notre-Seigneur dans Jérusalem. Les batailles de Louis XII et de François Ier sont les sujets des bas-reliefs qui sont autour de leurs tombeaux. Sujet de tableau tiré de la mythologie, de l'histoire.

En termes de Musique, Sujet d'une fugue, Phrase qui la commence et qui lui sert de thème. SUJET, en termes de Logique et de Grammaire, désigne le Terme de toute proposition duquel on affirme ou l'on nie quelque chose. Dans cette proposition : Le soleil est grand, Soleil est le sujet, et Grand est l'attribut. Le sujet, le verbe et les compléments.

En termes de Philosophie, il se dit de la Personne qui perçoit, par opposition à l'objet perçu.

SUJET se dit encore d'une Personne qu'on juge d'après sa capacité, ses talents, ses moeurs. L'homme dont vous parlez n'est pas un sujet capable de remplir cet emploi. C'est un sujet précieux pour une administration. C'est un bon sujet. C'est un mauvais sujet, un sujet médiocre.

En termes de Médecine, il désigne la Personne sur laquelle on fait des observations. Ce médecin aliéniste a trouvé un sujet qui lui sert pour ses expériences.

AU SUJET DE,loc. prép.

Relativement à, à cause de. Il a reçu des reproches au sujet de sa conduite.

À son sujet, Sur lui, relativement à lui.

À ce sujet, Relativement à ce dont on vient de parler.

 

SUJÉTION

 

n. f.

Dépendance, état de celui qui est soumis à un pouvoir, à une domination. Vivre dans la sujétion. Tenir dans la sujétion. S'affranchir de la sujétion. Demeurer dans la sujétion qu'on doit aux lois.

Il se dit aussi de l'État de celui qui est astreint à quelque nécessité, obligé à quelque chose. Tous les besoins de la vie sont de grandes sujétions. Il est dangereux de se faire certaines habitudes, elles deviennent ensuite des sujétions. L'obligation de veiller une partie de la nuit lui est une dure sujétion.

Il se dit encore de la Nécessité où l'on est de ne pas s'éloigner d'un endroit, de ne pas quitter une personne. La surveillance de cet établissement m'a été confiée : c'est pour moi une grande sujétion. Cette mère n'a personne pour s'occuper de ses enfants : c'est pour elle une sujétion de tous les instants.

Il se dit également de l'Assiduité que demande une charge, un emploi. C'est un emploi qui comporte une grande sujétion. Je n'ai pas accepté ce poste en raison de la sujétion à laquelle on y est astreint.

 

SULFATAGE

 

n. m.

T. d'Agriculture

. Action de sulfater les vignes.