Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 303 sur 1 033 · partie 1/3

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Daubeur

Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.

 

n. m.

T. d'Arts

. Celui qui aide un forgeron à battre le fer.

 

DAUBIÈRE

 

n. f.

T. de Cuisine

. Ustensile qui sert à cuire les viandes en daube.

 

DAUMONT (À LA)

 

Expression qui s'emploie pour désigner une Sorte d'attelage d'apparat, à quatre chevaux dont deux montés par des postillons. Calèche attelée à la daumont.

 

DAUPHIN

 

n. m.

T. de Zoologie

. Genre de mammifères de la famille des Cétacés, qui ont la forme extérieure d'un poisson. Le marsouin est une espèce de dauphin. Dans les attributs, les armoiries, etc., on représente ordinairement les dauphins sous la figure de poissons à tête grosse et ronde.

Il est aussi le Titre que portaient les princes du Viennois ou Dauphiné, et qui avait passé aux fils aînés des rois de France, depuis la réunion de cette province au royaume. Monseigneur le Dauphin. Les Dauphins de France. On appelait Dauphine la Femme du Dauphin. Madame la Dauphine.

 

DAURADE

 

n. f.

Poisson de la famille des Sparoïdes, très commun dans la Méditerranée, qui passe dans les étangs voisins de la mer, s'y engraisse et devient d'un goût fort délicat. Il ne faut pas le confondre avec un autre poisson appelé DORADE.

 

DAVANTAGE

 

adv.

Plus. Il s'emploie toujours sans complément. Je n'en dirai pas davantage. N'en demandez pas davantage. La beauté est précieuse, mais la vertu l'est bien davantage. Le cadet est riche, mais l'aîné l'est davantage. Cela me plaît davantage. Je n'en sais pas davantage. J'aurais voulu faire davantage pour vous. Je vous aimerais bien davantage, si vous étiez raisonnable.

Il se dit aussi pour Plus longtemps. Vous êtes pressé, ne restez pas davantage.

 

DAVIER

 

n. m.

T. d'Arts

, qui désigne Diverses sortes de pinces ou de barres de fer qui servent à tel ou tel usage. Il désigne notamment l'Instrument de fer ou d'acier, en forme de tenaille courbée, dont les dentistes se servent pour arracher les dents; l'Outil dont se servent les tonneliers pour faire entrer les cercles d'un tonneau; la Barre de fer à l'aide de laquelle on transporte sur l'enclume la pièce de fer qu'on veut forger, etc.

 

DE PROFUNDIS

 

(On prononce De profondiss.) n. m.

Le Sixième des sept psaumes de la pénitence, qui commence en latin par les mots De profundis, et qui sert ordinairement de prière pour les morts. Chanter le De profundis. Dire un De profundis pour quelqu'un.

 

DE

 

préposition qui sert à marquer proprement :

1° Un rapport de départ, d'extraction, d'origine, etc.;

2° Un rapport de possession, de famille, de nombre, de matière, etc.;

3° Elle sert aussi à former le complément d'un grand nombre d'adjectifs, le complément indirect de beaucoup de verbes;

4° Elle tient lieu encore de diverses autres prépositions;

5° Elle est quelquefois simplement explétive et donne lieu à divers gallicismes.

I° Dans le sens propre, DE sert à marquer un Rapport de départ, de séparation, d'extraction, de dérivation, d'origine, etc. Il arrive de Londres. D'où vient-il? Se mouvoir de haut en bas, de bas en haut. Descendre de chenal. S'éloigner de quelqu'un. Ôtez-vous de là. S'écarter de la ligne droite. S'écarter de la route. Partir d'un lieu. Aller d'une ville à une autre, de ville en ville. L'espace qui s'étend du fleuve à la montagne. Une chose transmise de père en fils, de génération en génération. Arracher un clou de la muraille. Les mots qu'on a retranchés de ce passage. L'huile qu'on extrait des olives. Le marbre qu'on tire d'une carrière. Que conclure, qu'inférer de cette réponse? Je l'ai reçu de ses mains.

Regarder, considérer, etc., du haut d'une montagne, de près, de loin, d'en bas, etc., Diriger ses regards vers un objet du haut d'une montagne, d'un lieu qui est proche, qui est loin, etc. On dit dans un sens analogue Parler de loin, de près. Écouter de loin, de près, etc.

Il s'emploie d'une façon particulière pour distinguer les noms propres désignant des familles nobles, ordinairement empruntés au lieu d'origine, à quelque particularité locale, à une terre, etc. Henri de La Tour d'Auvergne. Madame de Maintenon. Monsieur de Caylus. Dans la plupart de ces dénominations, il y a ellipse d'un titre de noblesse. Madame (la marquise) de Maintenon. Monsieur (le comte) de Caylus.

Il se prend quelquefois comme nom par allusion au sens qui précède. Mettre le de devant son nom. Cet emploi est familier.

Il sert principalement à marquer la Relation d'une distance ou d'une durée quelconque avec le lieu, avec l'époque où elle commence. Paris est à trente lieues d'Orléans. Il était loin de moi, près de moi, auprès de moi, à deux pas de moi, à quelque distance de moi. Il se vit à deux doigts de sa perte. Distant de... Voisin de... Proche de... Approcher, s'approcher de... De la tête aux pieds. Nous verrons bien des choses d'ici à ce temps-là, d'ici là. D'aujourd'hui en huit. Du jeudi au dimanche. Du matin au soir. De temps en temps. D'heure en heure. De moment en moment.

Ils étaient de vingt à vingt-cinq, Leur nombre était entre vingt et vingt-cinq. Je serai chez vous de cinq heures à six, Je serai chez vous entre cinq et six heures.

Il s'emploie également dans certaines locutions pour marquer une Relation qui est entre les personnes ou les choses. Il y a une grande différence de l'un à l'autre, de cet homme à celui-là. Différer du tout au tout. Traiter de puissance à puissance, d'égal à égal, de pair à compagnon, de Turc à More, etc. De vous à moi cela ne peut souffrir aucune difficulté.

Fam., Ceci est de vous à moi, ceci de vous à moi, Ceci doit rester secret entre vous et moi.

Il indique aussi le Rapport d'une portion ou fraction à la totalité, souvent avec l'idée accessoire de retranchement ou d'extraction (et toujours avec complément déterminé). Le tiers, le quart, la moitié de la somme. Il perdit une partie de sa fortune, et, dans un sens analogue, la totalité de sa fortune. Une portion, une partie du territoire. Le reste du temps. Il fait partie de cette assemblée. Donnez-lui un morceau de ce pain. Prenez quelques gouttes de cette potion. Cela n'a rien diminué de sa gloire. Quel est le plus habile de ces deux hommes? ou (en considérant à part l'un de l'autre les termes comparés et en redoublant la préposition) Quel est le plus habile, de cet homme-ci ou de celui-là? Il envoya dix hommes de sa troupe. De deux choses l'une. De deux jours l'un. De tous les pays que j'ai parcourus, aucun ne m'a paru plus beau que la France. On doit rapprocher les locutions Rien du tout, Point du tout, Pas du tout, Pas la moindre chose prise sur le tout.

Il a très souvent le sens partitif de Quantité vague, nombre indéterminé. Prendre de la nourriture. Manger de la viande, de bonne viande. Boire du vin, de bon vin, du vin vieux. J'ai de bon tabac. De l'eau bonne à boire. Des soldats braves. De braves soldats. Ce sont de bonnes gens. C'étaient de jeunes et jolies femmes. C'étaient de jeunes fous. Dire de bonnes plaisanteries. Dire de bons mots. Prendre des oiseaux. Donner de l'argent. Je veux du bon, du beau, du neuf, du solide, etc. Il y a des hommes ainsi faits. Il est des moments où... Si j'ai de l'argent, ce n'est pas pour l'aventurer follement. Le pluriel Des a quelquefois le sens de Plusieurs. Il a été des années sans le voir. On y voit des milliers d'arbres.

Dans les phrases négatives, DE partitif équivaut à peu près aux mots NUL, AUCUN, mais alors le nom qui le suit est sans article. Je n'ai de volonté que la tienne. Je ne connais pas d'homme plus importun. Parler sans faire de fautes. Il n'a point tué d'ennemis. Ne pouvoir souffrir de rival, de rivaux. N'avez-vous point d'enfants? N'avoir plus d'amis, de bien.

Quelquefois la phrase a un tour négatif et un sens positif. Dans ce cas, le nom qui suit DE doit toujours être précédé de l'article. N'avez-vous pas de la santé, de la fortune, des amis? que vous faut-il de plus? Il ne peut parler sans faire des fautes.

Il sert également dans certaines locutions à marquer Conformité. Je suis de votre avis. Cela n'est pas de mon goût. Les cérémonies d'usage. Ce mot n'est d'usage que dans telle phrase. Cela n'est plus de mode. Cela n'est pas de la bienséance. Cela n'est pas de jeu. Je sais ce qui est de mon devoir. Comme de raison. Comme de juste. De l'aveu de tout le monde. C'est de mon consentement qu'il a fait cela. Il est de fait que... On dit à peu près de même Cela est de rigueur. Être de mise, etc.

De par le roi. Formule qui signifiait Au nom du roi et qui se mettait au commencement de divers actes publics portant sommation, injonction, etc. On mettait aussi, en tête des jugements qui autorisaient la saisie ou la vente des biens meubles et immeubles, De par le roi, la loi et justice.

II° DE sert à marquer Appartenance, dépendance.

1° Avec un complément déterminé, c'est- à-dire qui indique d'une manière précise telle personne ou telle chose. Le livre de Pierre. La maison de mon frère. La patrie, le nom, la condition, la profession d'une personne. La miséricorde de Dieu. Les actions de quelqu'un. Le siècle de Louis XIV. Le roi de France. Les habitants de Paris. Les arbres des forêts. Les soldats d'une compagnie. Les animaux de telle classe. Un homme du peuple. Les gens de sa profession. Les hommes de l'art. La qualité, la nature, l'essence, la matière d'une chose. La force du lion. La beauté d'une femme. Les charmes de la vertu. Le sujet d'un discours. Le sens d'un mot. La largeur d'un fleuve. La couleur d'une étoffe. La dureté du fer. Le bruit du canon. La lumière du soleil. L'importance d'une affaire. L'agrément d'un séjour.

C'est là le propre, le fait d'un ignorant. Elliptiquement, Cela n'est pas d'un honnête homme, Cela n'est pas le propre ou l'action d'un honnête homme.

2° Avec un complément indéterminé, c'est- à-dire qui n'indique la personne ou la chose que d'une manière vague et générale : Ménage de garçon. Bien de famille. La qualité d'ambassadeur. La profession d'avocat. Caprice d'enfant. Nom d'homme. Nid d'aigle. Poisson de rivière. Eau de fontaine. Voix de femme. Tableau de genre. Pièce de canon, d'artillerie. Excès de chaleur. Couleur d'or.

À cet emploi se rapportent plusieurs locutions particulières, telles que : Au lieu de. En vertu de. À titre, en qualité de. À l'égard de. À propos de. À cause de. En conséquence, par suite de. En présence de. À côté de. Au travers de, etc.

Nous allons présenter séparément chacun des rapports divers qui ont plus ou moins d'analogie avec celui d'Appartenance, de dépendance.

1° Rapport d'une chose à celui qui l'a faite, produite, etc. Les tragédies de Corneille. Les tableaux de Raphaël.

2° Rapport d'une personne ou d'une chose au lieu d'origine; d'une chose au lieu où elle a été faite, où elle s'est passée, etc. Denys d'Halicarnasse. Le vent du nord, du sud. Du vin de Champagne. Un foulard des Indes. Le concile de Trente. La bataille d'Austerlitz.

3° Rapport au temps, à l'époque. Les institutions du moyen âge. Du vin de telle année. Les moeurs du temps. Les hommes d'à présent, d'aujourd'hui.

4° Rapport à la cause (presque toujours avec complément indéterminé) Pluie d'orage. Acte de dévouement. Trait de courage. Mouvement d'impatience. Cri de douleur. Accès de fièvre. Larmes de plaisir. Tour de faveur.

5° Rapport à l'instrument (surtout avec complément indéterminé). Coup de bâton. Coup de fusil. Trait de plume. Signe de tête. Serrement de main.

6° Rapport d'une personne à une autre, établi par les liens du sang, par quelque alliance, par les sentiments, le devoir, les conventions, etc. Le père d'Alexandre. Le fils de mon ami. L'oncle, le cousin de ma femme. La femme, la veuve d'un tel. Les héritiers du défunt. Les disciples de Socrate. Les amis, les ennemis d'une personne. L'aide de camp d'un général.

7° Rapport d'une chose à ce qu'elle concerne, à son objet, à sa fin, à son but. Le Ministère de la Justice. L'Administration des Postes. Une société d'assurance. Le commerce des grains. La jouissance d'un bien. Le droit de chasse. La composition d'un ouvrage. La nouvelle d'un événement. La défense d'un accusé, d'une doctrine. Voeu de chasteté. Traité de paix. Acte de vente. Certificat d'origine. Le souvenir d'un événement. Inspirer à quelqu'un l'horreur du vice, la haine des méchants, le mépris des richesses, l'amour du vrai, du juste, etc. On doit rapporter à cet emploi les locutions telles que Le ministre de la Justice, le directeur des Postes, les assureurs d'un navire, le possesseur d'une chose, l'auteur d'un livre, d'un tableau, des rivaux de gloire, et leurs analogues.

8° Rapport particulier au sujet traité, à la chose expliquée, enseignée, etc. Le titre des successions. Dictionnaire des rimes. Cours d'histoire, de droit. Leçons de dessin, de danse, etc. On dit en des sens analogues Professeur d'histoire. Maître de danse, etc.

9° Rapport à la destination habituelle ou momentanée (surtout avec complément indéterminé). Salle de spectacle. Place d'armes. Cour de justice. Port de mer. Habit de cérémonie. Vêtement d'homme, de femme. Chien de chasse, d'arrêt. Pierre de touche. Valet de pied. Les hommes de garde, de service, de corvée, etc. On dit dans un sens analogue Être de garde, de service, etc.

10° Rapport à la profession (presque toujours avec complément indéterminé). Un homme de cabinet, de lettres. Un homme de guerre, d'épée. Un homme de peine. Une femme de ménage. 11° Rapport à la condition (presque toujours avec complément indéterminé). Un homme de qualité, de condition. Un fils de famille. Un homme de basse extraction. Un homme de peu, de rien.

12° Rapport d'une personne ou d'une chose à ce qui la modifie et la distingue, à sa qualité, à sa nature, etc. Un homme de haute taille. Une personne de mauvaise mine. Un homme de génie, de courage, de bonne volonté. Un enfant d'un bon naturel. Une rivière de peu de largeur. Une chose de même grandeur, de la même grandeur qu'une autre. Affaire d'importance. Marchandises de bonne, de mauvaise qualité. Remède d'un effet sûr. Étoffe de durée. Robe de couleur. Fruit de forme ronde. Poudre de senteur.

13° Rapport particulier d'une personne ou d'une chose à ce qui constitue sa dimension, sa valeur, sa durée, sa force, etc. Un homme d'un mètre quatre-vingt-cinq. Une pièce de vingt francs. Une dot de cent mille francs. Une armée de cent mille hommes. Une maison de cinq étages. Un vers de dix syllabes. Un enfant de six mois. Un froid de dix degrés.

14° Rapport du contenant au contenu. Une bouteille de vin. Une tasse de café. Un panier de fraises.

15° Rapport de la partie au tout, à l'ensemble. ù Avec complément déterminé : La main d'une personne. Le derrière de la tête. Le bout du doigt. La lame d'une épée. Le pied d'une montagne. Les colonnes d'un temple. Le commencement, la fin, le milieu, l'extrémité de quelque chose. ù Avec complément indéterminé : Une lame d'épée. Une main de femme. Une branche d'arbre, etc.

16° Rapport d'une chose à ce dont elle est formée (toujours avec complément indéterminé). Une goutte d'eau. Une prise de tabac. Un morceau de pain. Une pièce de terre. Une somme d'argent. Un escadron de hussards. Un couple de pigeons. Une classe d'animaux. Un recueil de poésies. Les expressions de quantité forment avec la préposition De un grand nombre de locutions, qui toutes se rapportent à cet emploi. Beaucoup d'argent. Trop de richesses. Assez de pouvoir. Peu de bien. Plus de monde. Moins de ressources. Combien de soldats.

17° Rapport particulier d'une chose à la matière dont elle est faite. Une porte de bois. Un pont de pierre. Une barre de fer. Une tabatière d'or. Une table de marbre. Un habit de drap. Un lit de plume. Un collier de perles. C'est un homme de chair et d'os comme vous et moi. On dit figurément Un coeur de roche. Un bras de fer.

DE s'emploie, dans certaines locutions consacrées, pour exprimer l'Excellence d'une chose sur toutes les autres choses de même nature; en termes d'Histoire Sacrée, Le Saint des saints, Le lieu le plus saint du temple. Le Cantique des cantiques, Le cantique par excellence. Vanité des vanités, La plus grande des vanités. Dans le style élevé, L'Être des êtres, L'Être suprême, etc. On dit, dans un sens analogue, Le fin du fin.

Il sert quelquefois à déterminer les noms qui désignent une Personne considérée par rapport à une certaine qualité. Possesseur de fait. Héritier de droit. Il n'était roi que de nom. Anglais d'origine. Français de coeur. Il est chirurgien de profession, de sa profession. On dit à peu près de même Possession, gouvernement, puissance de fait.

Il se met encore, dans le discours familier, après un nom, ou après un adjectif qui peut être employé comme nom, pour joindre ces mots avec le nom de la personne ou de la chose qu'ils qualifient. Ce diable d'homme. Quel chien de métier! Un fripon d'enfant. Un drôle de corps. Une drôle d'affaire.

III° DE précède également le mot ou les mots qui servent à déterminer, à préciser la signification d'un adjectif. Plein d'eau. Vide de sens. Bien fait de sa personne. Doux et humble de coeur. Perclus de tous ses membres. Large de six mètres. Âgé de trente ans. Digne d'envie, d'estime, de louange. Sûr de son fait. Responsable de quelque chose. Avide de gain. Jaloux des succès d'autrui.

Après un verbe, il introduit souvent le nom qui indique la Matière, l'instrument, le moyen, l'objet indirect de l'action, la cause, etc. Il a fait de ce bloc une statue admirable. Il veut faire de son fils un avocat. Faire de nécessité vertu. Déjeuner d'un pâté. Frapper du pied la terre, le plancher. Se servir d'un couteau. S'armer de résolution. User d'adresse. Payer de ses deniers. Payer de sa personne. Envelopper de paille. Frotter d'huile. Charger de marchandises une voiture, un bateau. Dépouiller quelqu'un de ses habits. Combler de pierres un fossé, un puits. Élever de plusieurs pieds une digue, une muraille. Accabler de coups, de reproches. Pourvoir des choses nécessaires. Priver quelqu'un de ses biens, de la vue. Accuser d'un crime. Enflammer de courroux. Ravir de joie. Toucher de compassion. Souffrir de la goutte. Souffrir des yeux, de la poitrine. Mourir de faim. Trembler de peur.

Il sert quelquefois â introduire l'attribut du complément d'objet d'un verbe transitif. Traiter quelqu'un de lâche, le qualifier de traître; se qualifier de prince, etc., Appeler quelqu'un traître, lâche; prendre le titre de prince, etc. On dit de même Taxer de folie, de sottise, etc.

Souvent DE est suivi d'un infinitif, lorsqu'il sert, comme dans les divers exemples qui précèdent, à déterminer les mots qui expriment une action, une qualité. On l'accusa d'avoir conspiré. Je vous charge de lui écrire. Faites-leur signe d'approcher. S'efforcer de marcher. Il s'excusa d'y aller. Se repentir d'avoir trop parlé. Désespérer de réussir. S'ennuyer de lire.

Il se place de même entre certains verbes transitifs et l'infinitif qui indique l'objet direct de l'action. On lui conseilla de partir. Négliger d'écrire. Se proposer de faire une chose. Dites-lui de venir. Avant que l'orateur eût commencé de parler. Il ne laissa pas de le faire. Il mérite d'être admis.

Plusieurs verbes, tels que Commencer, continuer, etc., se construisent, devant l'infinitif, tantôt avec la préposition De, tantôt avec la préposition À.

Il concourt pareillement, avec l'expression qu'on lui donne pour complément, à indiquer la Manière dont une action se fait, s'exécute, et quelquefois pour exprimer un état. Faire entrer quelqu'un de force. Frapper d'estoc et de taille. Jouer de bonheur, de malheur. Boire d'un seul trait. Franchir d'un saut, d'un bond. Être de travers. Regarder de côté. Parler d'abondance. Répondre de vive voix. D'une voix unanime. Peut-on se comporter de la sorte? Je m'y prendrai de telle manière. De façon ou d'autre. Tous deux étaient d'intelligence. Ils ont agi de concert. Agir de soi-même, de son chef, de son propre mouvement. Aimer de tout son coeur. Cela va de soi. Posséder de fait. Succéder de droit, de plein droit.

IV° DE a quelquefois pour complément le mot qui désigne la Personne ou la Chose d'où part l'action qu'éprouve une autre personne, une autre chose; et alors il équivaut à la préposition PAR. Se faire suivre de ses gens. Ce mot est quelquefois précédé de tel autre. Il voulait n'être vu de personne. Je ne suis pas connu de vous. Se faire aimer, se faire bien venir, se faire haïr de quelqu'un. Il est respecté de tous.

Il s'emploie aussi après beaucoup de verbes, ou de locutions qui en tiennent lieu, dans le sens des mots Sur, touchant, concernant, relativement à. Je l'informerai de votre arrivée. Ce mot se dit de telle chose. Que pensez-vous de cela? Médire de quelqu'un. S'ingérer, se mêler des affaires d'autrui. Parler d'une affaire. Trafiquer, faire trafic de quelque chose. Décider du sort de quelqu'un. Traiter de la paix. Il ne s'agit point, il n'est point question de cela. Répondre de quelqu'un. Désespérer de sa guérison. Se méfier de quelqu'un. Féliciter quelqu'un d'un succès. Se repentir d'une faute. Se plaindre de quelqu'un. Faire justice d'un traître. Différer d'avis. Justifier de sa qualité. Rendre compte de sa gestion. Demander réparation d'une injure. Faire fi de quelque chose. Cela fait foi de ce que j'ai avancé. Il en sera de cela comme du reste. Pour ce qui est de lui. C'est fait de nous. Il y va de ma vie. Ce chapitre traite de telle matière. La peste soit du maladroit! etc. Souvent, dans les titres d'ouvrages, de chapitres, etc., tout ce qui précède la préposition est sous-entendu; ainsi on dit simplement De la chasse, Du théâtre, etc. pour dire Ouvrage, chapitre, article qui traite, où il est parlé de la chasse, du théâtre, etc.

Fam., On dirait d'un fou, etc. Voyez DIRE.

Devant le mot Côté désignant un lieu, un endroit ou une face de quelque objet, De reçoit plus fréquemment une valeur analogue à celle de Vers, dans, à, sur. Mettez-vous de ce côté-ci, vous verrez mieux. Il est allé du côté d'Orléans. Voulez-vous que nous passions de l'autre côté? Regardez bien de ce côté. Cette robe est plus longue de ce côté que de l'autre. On en rapproche les locutions suivantes : De côté et d'autre. D'un côté... de l'autre ou d'un autre. D'une part... d'autre part. D'une et d'autre part. De mon côté, Pour ce qui me regarde. Se ranger, se mettre du parti de quelqu'un, Embrasser son parti.

DE entre aussi dans plusieurs locutions adverbiales, ou autres, qui indiquent une Certaine époque ou une certaine durée. Nous partîmes de nuit, de jour. Je sortis de bonne heure. De grand matin. De présent (en termes de Procédure). Du vivant d'un tel. C'était bien autre chose de mon temps. De tout temps il en fut ainsi. Il ne viendra pas d'aujourd'hui. Il ne m'a pas quitté de tout le jour. Je ne le reverrai pas de huit jours. De ma vie je n'ai vu pareille chose. De mémoire d'homme.

DE sert quelquefois à unir le nom commun d'une chose avec le mot ou l'expression qui la distingue de toutes les autres choses semblables. La ville de Paris. Le fleuve du Rhône. Le mois de septembre. La comédie du " Misanthrope ". Le mot de gueux est familier. Le cri de Vive le roi!

Souvent, DE précède un infinitif pour remplacer un mode personnel au passé. L'action est exprimée ainsi avec plus de vivacité. C'est ce qu'on appelle l'infinitif de narration ou l'infinitif historique. Aussitôt les ennemis de s'enfuir et de jeter leurs armes. Il s'éloigna tout honteux, et nous de rire.

Lorsqu'un infinitif est placé après le verbe dont il est le sujet, il est précédé régulièrement de la préposition De. On dit Mentir est honteux et Il est honteux de mentir. C'est folie, c'est être fou que d'entreprendre cela. C'était peu pour lui d'avoir obtenu cet avantage. C'est à vous qu'il appartient de l'interroger. Il est juste de le récompenser. Il convient d'agir promptement. Il importe de le savoir. Il suffira de vous dire que... Il entre dans ses vues de leur laisser ignorer cela. À quoi sert-il de dissimuler? ou simplement Que sert de dissimuler? L'essentiel, le principal, le plus sûr est d'agir ainsi, de faire telle chose.

V° DE, précédant un adjectif, un participe passif, etc., est explétif et peut ordinairement se résoudre par un pronom relatif suivi du verbe Être. Il y eut mille hommes de (qui furent) tués. Il y a dans ce qu'il dit quelque chose de (qui est) vrai. Y a-t-il quelqu'un d'assez (qui soit assez) ignorant pour... Je ne vois rien là de (qui soit) bien étonnant. A-t-on jamais entendu rien de (qui soit) pareil? Sa conduite n'a rien de (qui soit) noble. Rien de (qui soit) plus simple que cela. Je ne vois rien là de (qui soit) mieux. Sinon, rien de fait (qui soit fait, arrêté, conclu).

Pour toutes les autres locutions, telles que D'avance, d'abord, d'ailleurs, du moins, de suite, du reste, de plus belle, de nouveau, d'ordinaire, de grâce, de retour, etc., voyez les différents articles des mots qui accompagnent la préposition.

 

DÉ

 

n. m.

Petit morceau d'os ou d'ivoire, de figure cubique, ou à six faces, dont chacune est marquée d'un différent nombre de points, depuis un jusqu'à six, et qui sert à jouer. Des dés bien marqués. Jeu de dés. Jouer aux dés. Tenir les dés. Piper les dés. On dit aussi Dé à jouer pour le distinguer de Dé à coudre.

Coup de dés, Le nombre de points que l'on amène en jetant une fois les dés.

Un beau coup de dé, Un heureux hasard.

Fig. et fam., C'est un coup de dés ou de dé, C'est une affaire où le hasard aura beaucoup d'influence. Jouer sa fortune sur un coup de dé, La risquer dans une entreprise hasardeuse.

Fig. et fam., Tenir le dé dans la conversation, Se rendre maître de la conversation.

Fig. et fam., Faire quitter le dé à quelqu'un, rompre le dé, Obliger quelqu'un à céder, à renoncer à quelque entreprise.

Fig. et fam., Le dé en est jeté, se dit en parlant d'un Parti pris, de la résolution où l'on est de faire une chose, quoi qu'il puisse arriver.

Fig. et fam., À vous le dé, C'est à vous à parler, à répondre, à agir.

Fig., Les dés sont pipés, Les choses ont été préparées pour que le jeu ne soit plus loyal; il y a de la tromperie, de la tricherie.

Par extension, en termes d'Arts, il désigne Toutes sortes d'objets ou de dispositifs qui en rappellent la forme, tels que la Partie cubique d'un piédestal; les Petits cubes qu'on place sous des poteaux, des colonnes, des vases, etc., pour les isoler de terre; le Petit bloc de cuivre ou de fonte qu'on fixe au centre d'une poulie pour en recevoir l'axe, etc.

DÉ

 

n. m.

Petit instrument de métal ou d'autre matière solide, en forme de calotte, dont celui ou celle qui coud se garnit le bout du médius de la main droite, afin de pousser l'aiguille plus facilement et sans risquer de se blesser. Dé d'or, d'argent, d'ivoire etc. Dé ouvert, par opposition à Dé fermé, est le Dé dont se servent les tailleurs et qui n'est pas terminé par une calotte.

On dit aussi Dé à coudre pour le distinguer du Dé à jouer.

 

DÉAMBULATION

 

n. f.

Action de déambuler.

 

DÉAMBULATOIRE

 

adj. des deux genres

. Qui a rapport à la déambulation.

Pris comme nom masculin, il désigne la Nef qui entoure le choeur d'une église et où l'on peut circuler.

 

DÉAMBULER

 

v. intr.

Se promener selon sa fantaisie, sans un but précis. Nous déambulons toute la journée à travers les rues.

 

DÉBÂCLAGE

 

n. m.

Action de débâcler un port.

 

DÉBÂCLE

 

n. f.

Rupture, ordinairement subite, de la glace qui couvrait un cours d'eau et qui se partage alors en glaçons dont la descente est plus ou moins rapide. La rivière grossit, il faut se préparer à la débâcle. La débâcle a fait périr bien des bateaux.

Il se dit, figurément et familièrement, de Tout changement brusque et inattendu qui amène du désordre, de la confusion. Ce fut une débâcle générale. Cet accident commença la débâcle de sa fortune.

Il se dit aussi quelquefois pour Débâclage. Il y a un temps déterminé pour la débâcle du port.

Il se dit aussi, dans le langage familier, d'une Décharge subite du ventre.

 

DÉBÂCLEMENT

 

n. m.

Le fait de la débâcle. Beaucoup de bateaux ont péri par le débâclement de la rivière. Il est très peu usité.

 

DÉBÂCLER

 

v. tr.

Débarrasser un port des navires, des bateaux vides, afin d'en rendre l'accès libre à ceux qui arrivent chargés.

Il est aussi intransitif et se dit d'une Rivière quand les glaces viennent à se rompre et à suivre le cours de l'eau. La Seine a débâclé cette nuit.

 

DÉBÂCLEUR

 

n. m.

Celui qui préside au débâclage d'un port.

 

DÉBAGOULER

 

v. intr.

Vomir. Il est trivial.

Il se dit surtout au figuré et signifie transitivement Dire sans retenue toutes les injures qui viennent à la bouche. Il débagoula un torrent d'injures. Il est très familier.

 

DÉBALLAGE

 

n. m.

Action de déballer. On vient de faire le déballage de ces marchandises.

Il désigne aussi un Ensemble de marchandises déballées et exposées pour être vendues.

DÉBALLER

 

v. tr.

Extraire d'une balle, d'un paquet, d'une caisse, etc., ce qu'ils contiennent. Déballer des marchandises. On n'a pas encore déballé mes livres.

 

DÉBANDADE

 

n. f.

Action de se débander. Il y eut une débandade générale.

À LA DÉBANDADE,loc. adv.

Confusément et sans ordre. L'armée, les troupes s'en allèrent à la débandade.

Fig. et fam., Mettre tout à la débandade, Porter dans un lieu, dans une affaire le désordre et la confusion. Laisser tout aller à la débandade, Abandonner au hasard le soin de son bien, de ses affaires ou de celles dont on est chargé, comme si on en désespérait. On dit de même Vivre à la débandade, Ne mettre aucune suite, aucune règle dans ses moeurs et dans sa conduite.

 

DÉBANDEMENT

 

n. m.

Action de se débander, en parlant de Troupes.

 

DÉBANDER (SE)

 

v. pron.

Se disperser en quittant les rangs, soit pour piller, soit pour fuir. Ce régiment se débanda.

 

DÉBANDER

 

v. tr.

Détendre. Débander un arc. Son arc s'est débandé.

Par extension, il signifie Débarrasser d'une bande, d'un bandeau. Débander une plaie. On lui débanda les jambes.

 

DÉBANQUER

 

v. tr.

T. de Marine

. Dégarnir de ses bancs un bateau.

Il s'emploie aussi, comme verbe intransitif, pour signifier Quitter un banc de pêche.

 

DÉBAPTISER

 

v. tr.

Il ne s'emploie qu'au figuré et familièrement et signifie Priver quelqu'un de son nom de baptême ou même de son nom de famille. Par analogie, Débaptiser une rue.

 

DÉBARBOUILLER

 

v. tr.

Nettoyer en ôtant ce qui salit, ce qui barbouille, spécialement en parlant du Visage. Débarbouiller un enfant. Allez vous débarbouiller.

Fig. et fam., Laisser quelqu'un se débarbouiller, Le laisser se tirer seul d'une affaire embarrassante.

 

DÉBARCADÈRE

 

n. m.

T. de Marine

. Espèce de cale, de jetée qui, du rivage, s'avance un peu dans la mer et qu'on nomme également EMBARCADÈRE, parce qu'elle est destinée à servir à l'embarquement comme au débarquement.

En termes de Chemin de fer, il signifie Lieu d'arrivée et de départ, qu'on nomme aussi EMBARCADÈRE.

 

DÉBARDAGE

 

n. m.

Action de débarder.

 

DÉBARDER

 

v. tr.

Tirer du bois de dessus les bateaux, ou de la rivière, et le porter sur le bord. Débarder des cotrets. Débarder un train de bois flotté.

En termes d'Eaux et Forêts, il signifie Transporter hors du taillis où ils ont été coupés des bois sur les voitures pour que celles-ci n'endommagent pas les nouvelles pousses en pénétrant dans ce taillis.

 

DÉBARDEUR

 

n. m.

Celui qui débarde. Débardeur de bois. Vous trouverez assez de débardeurs sur le port.

 

DÉBARQUEMENT

 

n. m.

Action de débarquer. Le débarquement des troupes. Le débarquement des marchandises.

Des troupes de débarquement, Des troupes qu'on destine à faire une descente sur une côte.

Par analogie, on dit, en termes de Chemins de fer, Quai de débarquement, aussi bien pour les voyageurs que pour les marchandises.

Il se dit aussi de l'Action d'une personne qui débarque. Il fut arrêté à son débarquement.

 

DÉBARQUER

 

v. tr.

Tirer, ou faire sortir d'un navire, d'un bateau, ce qu'il contient. On le dit surtout en parlant d'un Bâtiment parvenu à sa destination. Débarquer des passagers. Débarquer une cargaison de blé.

Il s'emploie figurément et familièrement pour signifier Écarter quelqu'un d'un poste dont on le juge indigne. Ce ministre compromettait le cabinet : ses collègues l'ont débarqué.

Il s'emploie aussi comme verbe intransitif et signifie alors Quitter le navire, le bateau, et descendre à terre. Nous débarquâmes en tel endroit, à tel port. Le navire n'ayant pu mettre à la voile, nous fûmes obligés de débarquer.

Il se prend quelquefois, par extension et d'une manière générale, pour signifier Arriver au lieu où l'on veut aller. Débarquer d'un train.

L'infinitif s'emploie comme nom. Au débarquer, Dans le temps même du débarquement. On l'attendait au débarquer.

Le participe passé DÉBARQUÉ, ÉE, s'emploie figurément comme nom, Un nouveau débarqué, Un homme nouvellement arrivé de la province.

 

DÉBARRAS

n. m.

Délivrance de ce qui embarrassait, en parlant des Personnes aussi bien que des Choses. Quel bon débarras! Les voilà partis, c'est un grand débarras.

Il signifie aussi Endroit où l'on remise les objets inutiles, encombrants. Ce cabinet sert de débarras.

 

DÉBARRASSER

 

v. tr.

Dégager de ce qui embarrasse. Débarrasser les rues, les chemins. Se débarrasser de son pardessus, de son chapeau, de sa canne. Fig., Il ne sait comment se débarrasser de ses créanciers. Me voilà débarrassé de cette affaire, de ce souci.

Débarrasser, se débarrasser de quelqu'un, Éloigner de quelqu'un ou de soi une personne qui gêne, et aussi, par euphémisme, la faire mourir.

 

DÉBARRER

 

v. tr.

Dégager de ce qui barre. Débarrer une porte.

 

DÉBAT

 

n. m.

Action de débattre. Être en débat sur une question. Mettre quelque chose en débat.

Il signifie, par extension, Contestation, altercation. Vider un débat. Apaiser un débat.

DÉBATS, au pluriel, signifie spécialement Discussion, en parlant des Assemblées politiques. Les débats du Parlement d'Angleterre.

Il signifie, en termes de Jurisprudence civile et criminelle, Discussion publique. Ouvrir, fermer les débats. La clôture des débats. Les débats ont duré plusieurs jours. Débats publics. Les débats ont lieu quelquefois à huis clos.

 

DÉBÂTER

 

v. tr.

Débarrasser d'un bât. Débâter un mulet, un cheval, un âne.

 

DÉBÂTIR

v. tr.

T. de Couture

. Ôter les bâtis d'une couture. Débâtir une jupe.

 

DÉBATTRE

 

(Il se conjugue comme BATTRE.) v. tr.

Discuter entre plusieurs personnes dont chacune expose ses arguments. Débattre une affaire. Débattre un compte, les articles d'un compte. Débattre une question, une cause, une opinion.

SE DÉBATTRE signifie spécialement Faire beaucoup d'efforts pour résister, pour se dégager. Se débattre comme un possédé, comme un forcené. Se débattre des pieds et des mains. Un cheval qui se débat. Un poisson qui se débat au bout de la ligne. Un oiseau qui se débat quand on le tient. Il s'est longtemps débattu contre les agents qui l'ont arrêté.

 

DÉBAUCHAGE

 

n. m.

Action de débaucher un ouvrier.

 

DÉBAUCHE

 

n. f.

Excès dans le boire et dans le manger, et quelquefois Habitude, goût de ce genre d'excès. Faire la débauche. Faire débauche. Aimer la débauche.

Il s'applique, dans un sens moins défavorable, à l'Action de se livrer un peu plus que de coutume aux plaisirs de la table. Nous avons fait hier une petite débauche. Ce sens est familier.

Il signifie aussi, d'une manière générale, Dérèglement des moeurs. C'est un homme qui a sombré dans la débauche, abruti par la débauche, perdu de débauches.

Fig., Débauche d'esprit ou d'imagination, Usage déréglé de l'esprit ou de l'imagination. Cet ouvrage est une débauche d'esprit. Cet auteur se livre à des débauches d'imagination.

 

DÉBAUCHER

 

v. tr.

Jeter dans la débauche, dans le vice. Les mauvaises compagnies l'ont débauché. C'est la fainéantise qui l'a débauché. Débaucher une fille. Dans cette acception, Le participe passé DÉBAUCHÉ, ÉE, est employé comme nom et désigne un Homme adonné à la débauche. C'est un débauché, un grand vieux débauché.

Il signifie également Provoquer à rompre ses engagements, à manquer à son devoir, en parlant d'Ouvriers, de soldats, etc. Débaucher les ouvriers d'une usine. Débaucher des hommes d'un régiment.

Par extension, il signifie Renvoyer des ouvriers faute de travail à leur donner. On débauche dans telle usine, chez tel industriel.

Il signifie encore familièrement Faire quitter un travail, une occupation sérieuse pour un divertissement honnête. Je viens vous débaucher, pour vous débaucher. Nous voulons vous débaucher un de ces jours.

 

DÉBAUCHEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui excite à la débauche.

 

DÉBET

 

n. m.

T. de Finance

. Ce qui est dû à quelqu'un après l'arrêté de son compte. Le débet d'un compte. Rester en débet.

 

DÉBILE

 

adj. des deux genres

. Qui manque de forces. Un enfant débile. Un malade qui est encore débile. Par extension, Avoir l'estomac débile, les jambes débiles. Avoir le cerveau, l'esprit débile. Par analogie, Un arbrisseau débile. Une plante débile.

 

DÉBILEMENT

 

adv.

D'une manière débile.

 

DÉBILITANT, ANTE

 

adj.

T. de Médecine

. Qui est propre à débiliter. Un régime débilitant. La diète est débilitante. Substantivement, Ce remède est un débilitant.

DÉBILITATION

 

n. f.

Affaiblissement. Débilitation de nerfs. Débilitation de l'estomac.

 

DÉBILITÉ

 

n. f.

État de celui, de ce qui est débile. Une grande débilité de nerfs, de jambes, d'estomac. Débilité de cerveau.

 

DÉBILITER

 

v. tr.

Rendre débile. Cette nourriture lui a débilité l'estomac.

 

DÉBINE

 

n. f.

État d'une personne qui fait mal ses affaires. Il est tombé, il est dans la débine. Il est bas.

 

DÉBINER

 

v. tr.

Décrier quelqu'un, le desservir par des paroles malveillantes. Il est bas.

 

DÉBIT

 

n. m.

Vente continue, répétée, surtout au détail. Débit de draps, de dentelles. Marchandises, étoffes de débit, de bon débit, de mauvais débit. Ce magasin a un grand débit.

Débit de vins, de liqueurs, Commerce de vin, de liqueurs, au détail et en boutique.

Il se dit particulièrement du Droit de vendre certaines marchandises dont le gouvernement s'est réservé le monopole. Il obtint un débit de tabac.

Il désigne aussi l'Endroit où se vendent les boissons, le tabac.

Il se dit, en termes d'Arts, de la Quantité d'eau que débite une source, une fontaine; du Fluide que débite un bec de gaz et aussi du Nombre de pièces que peut produire une machine, une usine dans une unité de temps.

Il se dit encore de l'Exploitation du bois, selon ses diverses destinations, comme lorsqu'on le met en poutres, en merrains, en cerceaux, etc. Le débit du châtaignier en planches, en échalas, en bois à brûler.

Il signifie, au figuré, Manière de s'énoncer, de réciter. Ce conférencier a le débit aisé, le débit agréable. Un débit pénible, fatigant.

Il signifie, en termes de Musique, Récitation précipitée qui ressemble à la parole.

 

DÉBIT

 

n. m.

T. de Comptabilité

. Compte que l'on inscrit sur le grand livre des articles payés ou fournis à quelqu'un ou pour quelqu'un. Il s'oppose à Crédit.

Il signifie aussi Ce qui est dû par quelqu'un dans un compte courant. Porter, inscrire au débit.

 

DÉBITANT, ANTE

 

n.

Celui, celle qui débite quelque marchandise. Un débitant de tabac.

 

DÉBITER

 

v. tr.

Vendre d'une façon continue, répétée, surtout au détail. Débiter des marchandises, des denrées, du drap.

Fig. et fam., Il débite bien sa marchandise, Il fait valoir ce qu'il dit par la manière dont il le dit.

Il signifie aussi figurément Réciter. Débiter son rôle. Débiter un discours.

Il signifie particulièrement, en termes de Musique, Précipiter l'exécution d'un passage, de manière à y substituer l'accent de la parole à l'accent musical. Récitatif débité.

Il signifie également Raconter, aller dire une chose de côté et d'autre, ou la répéter souvent. Débiter des nouvelles. Débiter des mensonges. Il put alors débiter impunément ses maximes pernicieuses.

Il signifie aussi Découper, tailler une matière en morceaux tout prêts à être employés. Débiter les bois en planches, en madriers. Il se dit de même en parlant du Marbre, des pierres, etc. Débiter à la scie.

 

DÉBITER

 

v. tr.

T. de Comptabilité

. Inscrire, porter quelqu'un comme débiteur dans un compte. Je vous ai débité de telle somme.

Il signifie aussi Inscrire, porter au débit tel ou tel article dans un compte.

Il signifie encore Inscrire comme étant dû.

 

DÉBITEUR, EUSE

 

n.

Celui, celle qui débite, au figuré et en mauvaise part. C'est un grand débiteur de nouvelles, de fariboles, de sornettes. C'est une grande débiteuse de mensonges.

 

DÉBITEUR, TRICE

 

n.

Celui, celle qui doit. Il est opposé à Créancier. Débiteur solvable, insolvable. Il est mon débiteur. Elle est votre débitrice. Adjectivement, Compte débiteur.

DÉBITRICE est employé abusivement pour DÉBITEUSE pour désigner Celle qui, dans les grands magasins, conduit les clients à la caisse.

 

DÉBLAI

 

n. m.

Action d'enlever des terres, des décombres pour mettre un terrain de niveau, pour creuser des fondations, un fossé, etc., ou Résultat de cette action. Travail de déblai.

Cet endroit de la route, du canal est en déblai, se dit de l'Endroit d'une route, d'un canal où il a fallu faire un déblai pour donner le niveau convenable.

Il se dit aussi des Terres mêmes, des décombres qu'on enlève. On emploiera ce déblai, ces déblais à combler le fossé voisin.

 

DÉBLAIEMENT

n. m.

Action de déblayer. Après cet accident de chemin de fer, le déblaiement des voies fut rapidement exécuté.

 

DÉBLATÉRER

 

v. intr.

Parler longtemps et avec violence contre quelqu'un. Il a passé deux heures à déblatérer contre moi. Il est familier.

 

DÉBLAYER

 

(Il se conjugue comme BALAYER.)v. tr. Débarrasser, dégager un lieu des choses qui l'encombrent, qui s'y trouvent entassées confusément. Déblayer un terrain. Déblayer une maison, une salle, une cour, une rue.

Fig., Déblayer le terrain, Supprimer tout ce qui peut retarder ou empêcher une discussion, une entreprise, etc.

En termes de Théâtre, il s'emploie spécialement pour signifier Action de prononcer vite, sans s'attarder, toutes les parties secondaires d'une scène, d'un morceau, pour mettre en relief les principales. Déblayer un rôle, ou absolument Déblayer.

 

DÉBLOCAGE

 

n. m.

T. d'Imprimerie

. Action de débloquer.

 

DÉBLOQUER

 

v. tr.

T. de Guerre

. Délivrer du blocus. Il parvint à débloquer la place, à débloquer la garnison.

 

DÉBLOQUER

 

v. tr.

T. d'Imprimerie

. Ôter d'une composition les lettres bloquées et renversées pour les remplacer par celles qui conviennent.

DÉBOIRE

 

n. m.

Mauvais goût qui reste de quelque liqueur après qu'on l'a bue. Du vin qui a un insupportable déboire.

Il se dit principalement, au sens figuré, des Dégoûts, des sujets de regret, de mécontentement et des désillusions qu'on éprouve. C'est une affaire qui ne lui a donné que des déboires. Il a éprouvé bien des déboires.

 

DÉBOISEMENT

 

n. m.

Action de déboiser ou Résultat de cette action. Le déboisement des montagnes.

 

DÉBOISER

 

v. tr.

Dégarnir un terrain des bois qui le couvraient. Depuis qu'on a déboisé les collines, ou absolument Depuis qu'on a déboisé, le cours des fleuves est devenu moins régulier.

 

DÉBOÎTEMENT

 

n. m.

Déplacement d'un os sorti de son articulation. Le déboîtement d'un os. Par extension, Déboîtement de la hanche.

 

DÉBOÎTER

 

v. tr.

Faire sortir ce qui était emboîté. À force de pousser la porte on l'a déboîtée. Une table qui se déboîte.

Il se dit spécialement d'un Os qui se sépare de son articulation. La chute qu'il a faite lui a déboîté l'épaule. Les os ne se déboîtent pas sans beaucoup de douleur.

 

DÉBONDER

 

v. tr.

Dégarnir de sa bonde. Débonder un tonneau. Débonder un étang.

Il se dit, par extension et familièrement, d'un Purgatif qui fait cesser une grande constipation. Il était fort constipé, cette médecine l'a débondé.

SE DÉBONDER signifie Se vider par un écoulement rapide, abondant. L'étang s'est débondé, et intransitivement, L'eau a débondé cette nuit par une ouverture.

Il se dit, figurément et familièrement, de Quelqu'un qui donne soudain libre cours à des sentiments longtemps contenus. Après s'être longtemps retenu, il s'est débondé.

 

DÉBONNAIRE

 

adj. des deux genres

. Qui est bon jusqu'à la faiblesse. Un prince débonnaire. Louis le Débonnaire. On le dit surtout dans un sens ironique. Humeur, caractère débonnaire. Un mari débonnaire, Un mari qui souffre patiemment les travers de sa femme.

 

DÉBONNAIREMENT

 

adv.

D'une manière débonnaire.

 

DÉBORD

 

n. m.

Action de déborder. Il a vieilli dans ce sens et ne se dit plus guère que dans les expressions Débord de bile. Débord d'humeurs.

Il se dit encore du Liséré que forme la doublure d'un vêtement; de la Partie d'une route qui longe la chaussée, qui en limite les bas- côtés; de la Circonférence externe d'une monnaie, d'une médaille.

 

DÉBORDANT, ANTE

 

adj.

Qui déborde, qui sort de ses limites habituelles ou obligées. Ardeur débordante. Activité débordante.

Il s'emploie spécialement en termes de Stratégie. Mouvement débordant. Attaque débordante, Attaque dont le front dépasse en étendue la ligne ennemie.

 

DÉBORDEMENT

 

n. m.

Action de déborder. Le débordement du Nil. Le débordement de la Seine. Les débordements qui ont désolé cette province.

Il se dit, par extension, d'un Écoulement d'humeurs très abondant. Avoir un débordement de bile, un débordement d'humeurs.

Il se dit figurément de l'Irruption d'une grande multitude dans un pays qu'elle veut envahir. Le débordement des barbares dans l'empire romain, sur l'empire romain.

Il se dit aussi, figurément, en parlant des Paroles, des écrits, des injures, des louanges, etc., lorsqu'on les répand ou qu'on les débite avec profusion. Un débordement d'injures. Un débordement de louanges. Un débordement d'écrits, de mauvais livres.

Il signifie encore figurément Dissolution, débauche. Honteux, scandaleux débordement. Le débordement des moeurs.

 

DÉBORDER

 

v. intr.

Dépasser le bord, en parlant des Fleuves, des rivières, des étangs. Quand les neiges fondent, la rivière déborde. Le fleuve a débordé deux fois cette année. La rivière est débordée. Les pluies ont fait déborder cet étang. Par analogie, L'eau déborde du verre. Cette vasque déborde.

Figurément, il signifie Se donner libre cours. Sa fureur déborde. La colère déborde de son coeur.

Fig., Déborder en injures, en imprécations, Exhaler sa colère en injures, vomir des injures, des imprécations.

Il est aussi transitif et signifie Dépasser le bord d'une chose. Cette pierre déborde l'autre de trois centimètres.

Il se dit particulièrement, en termes de Tactique militaire ou navale, lorsqu'une ligne de troupes ou de vaisseaux a plus de front et plus d'étendue que la ligne qui lui est opposé©e. La première ligne de l'ennemi débordait la nôtre. Notre aile gauche était débordée. L'avant-garde de notre flotte débordait celle des ennemis.

Il signifie figurément Rendre incapable, impuissant. Les chefs de l'émeute auraient voulu s'arrêter, mais ils furent débordés.

Être débordé d'ouvrage, En avoir au-delà de ses forces.

Il signifie encore Éloigner, tirer du bord. Déborder un drap, une couverture. Son lit est débordé. Par extension, Ce malade est tout débordé : il faut refaire son lit. Cet enfant se déborde dans son sommeil.

SE DÉBORDER signifie, en termes de Marine, Se détacher d'un vaisseau qu'on avait abordé. Après l'abordage, il ne put déborder. Nous fîmes tous nos efforts pour nous déborder.

DÉBORDER signifie en outre Dégarnir de sa bordure. Déborder une jupe, un chapeau.

 

DÉBOTTER

 

v. tr.

Débarrasser quelqu'un de ses bottes. Son domestique l'a débotté. Allez vous débotter.

L'infinitif DÉBOTTER et Le participe passé DÉBOTTÉ s'employaient comme noms pour désigner le Moment où l'on retirait ses bottes. Ils signifient par extension le Moment où on arrive. Il ne faisait que de descendre de voiture, et il me reçut au débotté. J'ai pu le saisir au débotté.

 

DÉBOUCHÉ

 

n. m.

Endroit où l'on passe d'un lieu resserré dans un lieu plus ouvert. L'ennemi nous attendait au débouché de la vallée, au débouché d'un défilé, au débouché des montagnes.

Il désigne au figuré Toute voie qui facilite la vente, le transport, l'expédition au dehors des produits agricoles ou industriels d'un pays. Cette province manque de débouchés pour l'écoulement de ses produits. Les denrées s'accumulent faute de débouchés. On dit aussi, par extension, Une situation, une carrière qui n'a pas de débouché.

Il signifie encore Moyen d'écouler des marchandises. Ouvrir des débouchés au commerce. On a trouvé pour ce produit de nouveaux débouchés.

 

DÉBOUCHEMENT

 

n. m.

Action de déboucher. Le débouchement des canaux.

 

DÉBOUCHER

 

v. tr.

Débarrasser de ce qui bouche, de ce qui obstrue. Déboucher les chemins, les passages. Déboucher une porte. Déboucher le tuyau d'une pipe et, par extension, Déboucher une pipe.

Il signifie, par analogie, Débarrasser de son bouchon, Déboucher une bouteille, un flacon.

 

DÉBOUCHER

 

v. intr.

Sortir d'un endroit resserré pour passer dans un lieu plus ouvert. L'armée déboucha des montagnes dans la plaine.

Il se dit, par extension, d'un Fleuve, d'une rivière, d'un canal, en parlant de l'Endroit où ils ont leur embouchure. Ce canal débouche dans une rivière. On dit de même Une rue, un boulevard débouche sur une place.

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