Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 921 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Souple

 

adj. des deux genres

. Qui est flexible, qui se plie aisément sans se rompre, sans s'abîmer. Voilà du cuir fort souple. L'osier est souple. Des branches souples.

Il se dit aussi des Personnes et de certains animaux qui ont une grande facilité à se mouvoir, à se plier. Il faut être très souple pour exécuter de pareils exercices. Avoir le corps souple, les reins souples.

Il signifie, au figuré, Qui est docile, complaisant, soumis, qui a l'humeur accommodante, l'esprit flexible aux volontés d'autrui. Pour réussir dans le monde, il faut être souple. Il a l'esprit souple. Il est d'un caractère souple.

Fig. et fam., Souple comme un gant se dit d'une Personne qui se prête à tout ce qu'on veut. Cette expression s'emploie presque toujours en mauvaise part, pour désigner une Complaisance servile. On dit dans le même sens : Il a l'échine souple, les reins souples.

 

SOUPLEMENT

 

adv.

D'une manière souple, avec souplesse. Il est peu usité.

 

SOUPLESSE

 

n. f.

Qualité de ce qui est souple, de ce qui se plie aisément. La souplesse du jonc, de l'osier. La souplesse d'un ressort de voiture. Il a une souplesse de corps étonnante. Faire des tours de souplesse. Le singe est un animal qui a beaucoup de souplesse. Ce cheval a de la souplesse dans les jarrets.

Il se dit figurément, en parlant de l'Esprit, du style, de la voix, etc. Il a beaucoup de souplesse dans l'esprit. Il a une grande souplesse de talent. Son style a de la souplesse. Sa voix n'a aucune souplesse.

Il signifie aussi, figurément, Docilité, complaisance, soumission aux volontés d'autrui. Avoir de la souplesse dans les affaires. Il est difficile de réussir dans le monde, si on n'a pas à souplesse, si l'on manque de souplesse. Il a beaucoup, il a trop, il n'a pas assez de souplesse dans le caractère.

 

SOUQUENILLE

 

n. f.

Long surtout fait de grosse toile, que prennent les cochers et les palefreniers pour s'en couvrir quand ils pansent les chevaux. Il vieillit.

 

SOUQUER

 

v. tr.

T. de Marine

. Tirer ou serrer fortement une amarre, un noeud, les tours de cordage qui lient ensemble plusieurs objets. Souquez ferme.

Souquer sur les avirons, Faire force de rames.

 

SOURCE

 

n. f.

Eau qui sourd, qui sort de terre; Endroit d'où l'eau sort. Source claire, vive, limpide. Source qui ne tarit jamais. Ce ruisseau coule de source. Découvrir, trouver un source. Cette rivière prend sa source en tel lieu. Remonter une rivière jusqu'à sa source. Le sources du Nil. Empoisonner une source. Détourner une source. Source d'eau minérale. Source sulfureuse, ferrugineuse, etc.

Source intermittente, Source qui ne coule que par intervalles.

Eau de source, Eau vive qui vient d'un source.

Fig. et fam., Cela coule de source se dit en parlant de Ce qu'une personne dit ou écrit d'une manière naturelle, facile, ou conformément à son génie, au caractère de son esprit, aux sentiments de son coeur. Il écrit facilement, cela coule de source.

SOURCE désigne figurément le Principe, la cause d'où une chose procède, l'origine, le premier auteur de quelque chose. La source de tous les biens. Ce fatal événement est la source de tous nos maux. La vanité est une source inépuisable, intarissable de ridicules. Vos malheurs et les miens viennent de la même source. Ses infortunes eurent leur source dans un amour-propre sans mesure. Ce préjugé prend sa source dans un sentiment louable. Remonter à la source. Aller à la source du mal. Être à la source des nouvelles.

Je tiens cette nouvelle de bonne source, Je la tiens de personnes qui doivent être bien informées.

Fig., Les sources de la vie, Les principaux organes nécessaires à la vie. Un mal qui s'attaque aux sources de la vie.

Fig., en termes de Théologie, Les sources de la grâce, Les sacrements.

En termes de Marine, La source du vent, Le point d'où il souffle.

SOURCE se dit absolument des Textes originaux. Cet historien a utilisé toutes les sources. Il travaille sur les sources. Faire la critique des sources.

 

SOURCIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui passe pour habile à découvrir des sources, qui fait métier de les rechercher.

 

SOURCIL

 

(On ne prononce pas l'L.)n. m.

Saillie en forme d'arc, garnie de poils, qui se trouve au-dessus de chaque oeil. Sourcils épais, touffus. Lever, baisser, froncer les sourcils.

Fig., Froncer les sourcils, Faire paraître sur son visage de la mauvaise humeur, du mécontentement. Aussitôt qu'on lui parle de cela, il fronce le sourcil.

 

SOURCILIER, IÈRE

 

adj.

T. d'Anatomie

. Qui a rapport aux sourcils. Muscle sourcilier.

Arcade sourcilière, Saillie que présente l'os frontal, au-dessus de l'orbite de l'oeil.

 

SOURCILLER

 

(ILLER se prononce IYER.) v. intr.

Remuer les sourcils. Il se dit surtout figurément et signifie Faire paraître du mécontentement, de l'impatience, etc.; il s'emploie le plus souvent avec la négative. Écouter des reproches sans sourciller. Il a appris cette mauvaise nouvelle sans sourciller. SOURCILLEUX, SOURCILLEUSE (ILLEUX se prononce SOURCILLEUX, EUSE (ILLEUX se prononce IYEU).adj.

Qui est haut, élevé. Il ne s'emploie guère que poétiquement. Montagnes sourcilleuses. Rochers sourcilleux.

Front sourcilleux, Front empreint de tristesse, front chagrin, inquiet.

 

SOURD, OURDE

 

adj.

Qui est privé du sens de l'ouïe ou qui entend très difficilement. Il est devenu sourd. Cette maladie l'a rendu sourd d'une oreille. Sourd de naissance. Il est complètement sourd.

Fam., Sourd comme un pot, Extrêmement sourd.

Sourd-muet. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

SOURD signifie, au figuré, Qui refuse d'entendre. Il fut sourd à toutes mes propositions.

Faire la sourde oreille, Faire semblant de ne pas entendre ce qu'on dit et n'y avoir point d'égard. Quand on lui parle raison, il fait la sourde oreille. On dit aussi substantivement : Faire le sourd.

Fig., Être sourd aux prières, aux cris, aux raisons, aux remontrances, Être insensible aux prières, aux cris, etc.

SOURD se dit aussi de Certaines choses et signifie qui est peu sonore, qui rend un son étouffé. Cette salle est sourde. Un piano sourd. Une voix sourde. Un bruit sourd. De sourdes rumeurs. De sourds gémissements.

Lime sourde, Lime qui ne fait pas de bruit quand on l'emploie.

SOURD se dit, en termes de Phonétique, d'un Son du langage qui ne fait pas vibrer les cordes vocales. T, P, K sont des consonnes sourdes. Substantivement, Ce sont des sourdes.

SOURD signifie figurément Qui est peu sensible, qui se perçoit peu. Une inquiétude sourde. Un sourd travail de l'organisme, de la pensée.

Douleur sourde, Douleur interne qui n'est pas aiguë.

Lanterne sourde, Lanterne faite de telle façon que celui qui la porte voit sans être vu et qu'il en cache entièrement la lumière quand il veut.

En termes de Peinture, Tons sourds, Tons qui manquent d'éclat.

SOURD se dit, au figuré, de Certaines choses qui se font secrètement, sans bruit, sans éclat, et, dans ce sens, il se prend toujours en mauvaise part. De sourdes pratiques. De sourdes menées. Une guerre sourde.

SOURD s'emploie aussi substantivement. Un sourd, une sourde.

Fam., Crier, frapper comme un sourd, Crier, frapper très fort.

Autant vaudrait parler à un sourd, C'est peine perdue de chercher à lui faire entendre raison.

Prov., Il n'est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre se dit en parlant de Quelqu'un qui fait semblant de ne pas entendre une proposition, une question qu'il entend fort bien, mais à laquelle il ne veut pas répondre.

 

SOURD-MUET, SOURDE-MUETTE

adj.

Qui, par suite de la surdité, est aussi privé de l'usage de la parole. Substantivement, Un sourd-muet. Une sourde-muette. L'Institution des Sourds-Muets. Le langage des sourds-muets.

 

SOURDEMENT

 

adv.

D'une manière sourde, peu retentissante. Le tonnerre grondait sourdement.

Il signifie, au figuré, D'une manière secrète et cachée. Négocier sourdement. Des bruits sourdement répandus.

 

SOURDINE

 

n. f.

Appareil qui est fixé ou qu'on adapte à certains instruments de musique, pour en affaiblir le son. Il faut mettre une sourdine dans cette trompette. Il y a des airs qu'on fait jouer aux violons avec des sourdines, en sourdine. Il ne faut pas quitter la sourdine au piano pour jouer ce passage.

Fig., Mettre une sourdine à.... Diminuer, atténuer, calmer. Il faut mettre une sourdine à votre enthousiasme, à votre allégresse.

Fig., EN SOURDINE,loc. adv.

Sans bruit, secrètement. Il s'est marié en sourdine. Négocier une affaire en sourdine.

 

SOURDRE

 

v. intr.

Sortir de terre; il ne se dit que des Eaux et n'est guère en usage qu'à l'infinitif et à la troisième personne du présent de l'indicatif. L'eau sourd de la terre, sourd d'un rocher. Dans cette prairie, on voit l'eau sourdre de tous côtés.

 

SOURIANT, ANTE

 

adj.

Qui sourit. Elle était toute souriante. Un visage souriant.

 

SOURICEAU

 

n. m.

Petit d'une souris.

SOURICIÈRE

 

n. f.

Piège pour prendre des souris. Tendre, amorcer une souricière.

Fig. et fam., Se mettre, se jeter dans la souricière, Se mettre inconsidérément dans quelque embarras dont on ne peut sortir, tomber par imprudence dans le piège qui vous est tendu.

SOURICIÈRE se dit, figurément et familièrement, d'un Piège que la police tend à des malfaiteurs, dans un endroit où on les attire, où l'on pense qu'ils ne peuvent manquer de venir se faire prendre. SOURIRE. (Il se conjugue comme RIRE.) v. SOURIRE. (Il se conjugue comme RIRE.)v. intr.

Rire légèrement, sans bruit, d'un simple mouvement de la bouche et des yeux. Sourire obligeamment, malicieusement, dédaigneusement. Il vint au-devant de moi en souriant. Il ne répondit rien, mais il se mit à sourire. Elle souriait en me regardant.

Sourire à quelqu'un, Lui témoigner, par un sourire, de l'estime, de la complaisance, de l'affection. Elle m'a souri. On dit figurément : La fortune lui sourit, Elle le favorise.

Sourire de quelqu'un, de quelque chose, S'en moquer doucement.

SOURIRE signifie aussi figurément Présenter un aspect séduisant. Cette affaire lui sourit beaucoup. Ce lieu me sourit, je suis tenté de m'y fixer.

 

SOURIRE

 

n. m.

Action de sourire. Sourire aimable, malin, moqueur, fin, spirituel. Elle a un sourire gracieux. Sourire d'incrédulité. Elle lui a fait un sourire. Il avait toujours le sourire sur les lèvres.

 

SOURIS

 

n. m.

Sourire. Souris malicieux, moqueur. Il est maintenant peu employé.

 

SOURIS

 

n. f.

Quadrupède de la famille de Rongeurs, du même genre que le rat, mais plus petit, qui se retire dans les trous des maisons et qui attaque les grains, la paille, les meubles, etc. Les souris rongent le papier. Le chat a pris la souris.

Fig. et pop., Il est éveillé comme une potée de souris se dit d'un Jeune enfant très vif, très remuant et très gai.

Par exagération, On le ferait rentrer dans un trou de souris se dit d'un Homme qui a peur, qui ne sait où se cacher, qui se fait tout petit.

Gris de souris, gris souris, Gris argenté. Cheval souris, Cheval de cette couleur.

Prov. et fig., La montagne a accouché d'une souris se dit lorsque de grands projets n'aboutissent à rien.

Prov., Quand le chat n'est pas là, les souris dansent, Quand le maître est absent, on se donne toute licence.

SOURIS se dit, en termes de Cuisine, d'un Muscle charnu qui tient au manche d'un gigot de mouton, près de la jointure.

En termes de Maréchalerie, il désigne un Cartilage des naseaux du cheval.

 

SOURNOIS, OISE

 

adj.

Qui est dissimulé, qui a un caractère en dessous. Cet enfant est sournois. Substantivement, C'est un sournois, une sournoise.

Il se dit aussi des Choses. Humeur sournoise. Air sournois. Conduite sournoise.

 

SOURNOISEMENT

 

adv.

D'une manière sournoise. Il l'attaquait sournoisement.

 

SOURNOISERIE

 

n. f.

Humeur sournoise, conduite sournoise, action sournoise. Cet enfant est d'une sournoiserie inquiétante. Quelle sournoiserie nous préparez-vous?

 

SOUS-AFFERMER

 

v. tr.

Affermer en partie ou en totalité ce qu'on a soi-même pris à ferme. Le fermier principal m'a sous-affermé une partie des terres qu'il avait prises à ferme.

 

SOUS-AMENDEMENT

n. m.

Amendement à un amendement. Proposer un sous-amendement. On a rejeté tous les sous-amendements.

 

SOUS-BARBE

 

n. f.

T. de Manège

. Partie postérieure de la mâchoire inférieure du cheval sur laquelle porte la gourmette.

 

SOUS-CHEF

 

n. m.

T. d'Administration

. Celui qui est immédiatement au-dessous du chef et qui, au besoin, le supplée.

 

SOUS-CLAVIER, IÈRE

 

adj.

T. d'Anatomie

. Qui est sous la clavicule. Artères sous-clavières. Veines sous-clavières. Nerf sous-clavier.

 

SOUS-CUTANÉ, ÉE

 

adj.

T. d'Anatomie et de Médecine

. Qui se trouve, qui se pratique sous la peau. Nerf sous-cutané. Injection sous-cutanée.

 

SOUS-DIACONAT

 

n. m.

Le troisième des ordres sacrés, celui qui est immédiatement au- dessous du diaconat. Recevoir le sous-diaconat.

 

SOUS-DIACRE

 

n. m.

Celui qui est promu au sous-diaconat, qui est au-dessous du diacre. C'est au sous-diacre à lire, à chanter l'épître à la grand-messe.

SOUS-DIRECTEUR, TRICE

 

n.

Celui qui est directeur en second, celle qui est directrice en second.

 

SOUS-DOMINANTE

 

n. f.

T. de Musique

. La quatrième note d'une gamme, celle qui est immédiatement au-dessous de la dominante. Dans le ton d'ut naturel, la sous-dominante est fa.

 

SOUS-ENTENDRE

 

v. tr.

Laisser entendre une chose sans l'exprimer. Quand je vous ai dit cela, j'ai sous-entendu que....

Cette clause, cette condition se sous-entend, se sous-entend toujours, Elle est réputée exprimée. On dit de même : Cela est toujours sous-entendu.

SOUS-ENTENDRE se dit, en termes de Grammaire, de Certains mots qu'on n'exprime pas et qui peuvent être aisément suppléés. Dans cette phrase le verbe est sous-entendu.

Le participe passé SOUS-ENTENDU s'emploie comme nom masculin. Il y a dans cette lettre bien des sous-entendus.

Il se dit spécialement d'Allusions grivoises. Cette chanson est pleine de sous-entendus.

 

SOUS-ESTIMER

 

v. tr.

Estimer au-dessous de sa valeur. Il est très dangereux de sous-estimer un adversaire.

 

SOUS-FAÎTE

 

n. m.

T. de Charpenterie

. Pièce d'un comble posée de niveau au-dessous du faîte et liée par des poutres en forme de croix de Saint-André.

 

SOUS-GARDE

n. f.

T. d'Arquebusier

. Morceau de fer en forme de demi-cercle, qui est au- dessous de la détente d'une arme à feu et qui empêche qu'elle ne joue par suite d'un contact accidentel.

 

SOUS-GENRE

 

n. m.

T. d'Histoire naturelle

. Section établie dans un genre et renfermant une ou plusieurs espèces.

 

SOUS-GORGE

 

n. f.

T. de Manège

. Morceau de cuir qui est attaché à l'un des côtés de la bride ou du licol d'un cheval et qui passe sous sa gorge, pour venir se rattacher de l'autre côté.

 

SOUS-JACENT, ENTE

 

adj.

T. didactique

. Qui est placé au-dessous d'autre chose. Les terrains sous-jacents.

 

SOUS-LIEUTENANT

 

n. m.

Officier du grade immédiatement inférieur à celui de lieutenant.

 

SOUS-LOCATAIRE

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui loue une maison ou partie de maison, un appartement, une pièce, non pas au propriétaire de l'immeuble, mais à une tierce personne qui l'avait elle-même précédemment loué.

 

SOUS-LOCATION

 

n. f.

Action de sous-louer.