Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Abattis
n. m.
Amas de choses abattues, telles que bois, arbres, pierres, maisons. On a fait un grand abattis de chênes dans cette forêt. Les ennemis embarrassèrent les chemins par de grands abattis d'arbres. Cette rue est bouchée par un abattis de maisons.
Faire un abattis, un grand abattis de gibier, En tuer beaucoup.
Il désigne spécialement les Pattes, la tête, le cou, les ailerons, le foie et le gésier d'une volaille. Un abattis d'oie, de dindon, etc. On dit dans le même sens au pluriel Des abattis en ragoût. Servir des abattis.
ABATTOIR
n. m.
Bâtiment où l'on tue les bestiaux pour les boucheries. Cet abattoir est vaste, bien aéré. Les abattoirs de Paris.
ABATTRE
(Il se conjugue comme BATTRE.) v. tr.
Mettre à bas. Abattre des maisons, des murailles, des arbres. Abattre par le pied. Il lui abattit le bras d'un coup de sabre. Ces moissonneurs abattent tant d'arpents de blé en un jour. Ces mineurs ont abattu tant de mètres cubes de minerai. Abattre des quilles. La pluie abat la poussière. La violence du choc fut telle que l'arbre, que le mât s'abattit.
En termes de Marine, Abattre un navire, l'abattre en carène, Le mettre sur le côté, pour travailler à la carène ou à quelque autre partie qui est ordinairement submergée.
En termes d'Art vétérinaire, Abattre un chenal, un boeuf, Le renverser sur un lit de paille, quand il doit subir quelque opération. Ce cheval est fougueux, on est contraint de l'abattre pour le ferrer.
Aux jeux de Cartes, Abattre son jeu, Le mettre sur la table pour le montrer. On dit quelquefois absolument Abattre.
Fig. et fam., Abattre de la besogne, Expédier en peu de temps beaucoup d'affaires, beaucoup de travail.
Prov., Petite pluie abat grand vent, Ordinairement, quand il vient à pleuvoir, le vent s'apaise. Cette phrase signifie au figuré Peu de chose suffit quelquefois pour calmer une grande querelle.
ABATTRE signifie aussi Assommer, tuer. Ce chien était enragé : il a fallu l'abattre. Il signifie au figuré Affaiblir physiquement et moralement. Une fièvre continue abat bien un homme. Cette perte lui abattit le courage, abattit sa fierté. La moindre affliction l'abat. Rien n'abat comme une souffrance continuelle. Ces deux nations, ces deux puissances sont ennemies, elles font leurs efforts pour s'abattre l'une l'autre.
S'ABATTRE se dit particulièrement d'un Cheval à qui les pieds manquent et qui tombe tout d'un coup. En galopant, son cheval s'est abattu sous lui.
Il se dit aussi d'un Oiseau qui descend avec rapidité vers quelque but. Une volée de pigeons s'abattit sur mon champ. L'épervier s'abattit sur sa proie. On dit dans le même sens Un orage terrible va s'abattre sur nous.
Le vent s'abat, s'est abattu, est abattu, Il s'apaise, il est apaisé.
Aller, courir à bride abattue. Voyez BRIDE.
Le participe passé ABATTU, UE, s'emploie aussi adjectivement. À la suite de cette catastrophe, je l'ai trouvé bien abattu.
Fig., Un visage abattu, Un visage où se peint l'abattement.
ABATTURE
n. f.
T. d'Eaux et Forêts
. Action d'abattre les fruits des arbres et particulièrement les glands.
Au pluriel, il se dit, en termes de Chasse, des Foulures qu'un cerf laisse dans les broussailles où il a passé.
ABBATIAL, ALE
(TI se prononce CI.) adj.
Qui a rapport à l'abbé ou à l'abbesse, ou bien à l'abbaye. Les droits abbatiaux. Dignité abbatiale. Mense abbatiale. Maison abbatiale, et quelquefois comme nom féminin, Abbatiale.
ABBAYE
(On prononce Abéyie.)n. f.
Monastère d'hommes, qui a pour supérieur un abbé, ou de femmes, qui a pour supérieure une abbesse. Abbaye royale, ou de fondation royale. Abbaye sécularisée. Abbaye de Saint- Benoît, de l'ordre de Cîteaux.
Il s'est dit du Bénéfice attaché au titre d'abbé. Le roi lui donna une abbaye. Il avait, il possédait jusqu'à trois abbayes.
Abbaye en règle, Celle à laquelle on ne peut nommer qu'un religieux. Abbaye en commende, Celle à laquelle on pouvait nommer un ecclésiastique séculier.
ABBAYE se dit encore des Bâtiments du monastère. Une abbaye bien bâtie. Une abbaye qui tombe en ruines.
Prov. et fig., Pour un moine l'abbaye ne faut pas, Quand plusieurs personnes sont convenues de se réunir, et qu'une d'elles manque à la réunion, on ne laisse pas de faire ce qui avait été résolu.
ABBÉ
n. m.
Celui qui porte le costume ecclésiastique et remplit ou se prépare à remplir les fonctions sacerdotales. Nous avons rencontré plusieurs abbés. Allez parler à Monsieur l'abbé. Les abbés du catéchisme de Saint-Sulpice sont généralement de jeunes séminaristes.
Il s'est dit de Celui qui dirigeait une abbaye. Abbé de l'ordre de Saint-Benoît. Abbé régulier. Abbé crossé et mitré. Élire un abbé. Bénir un abbé.
Prov. et fig., Nous l'attendrons comme les moines font l'abbé, S'il n'arrive pas à l'heure du dîner, nous nous mettrons à table sans lui.
Prov. et fig., Le moine répond comme l'abbé chante, Ordinairement les inférieurs prennent quelque chose du ton, des habitudes de leurs supérieurs.
Il se disait aussi de Tout homme qui portait l'habit ecclésiastique, sans remplir les fonctions sacerdotales. Un jeune abbé. Un petit abbé. Un abbé de cour.
ABBESSE
n. f.
Supérieure d'un monastère de femmes. Abbesse triennale. Abbesse perpétuelle. Nommer, élire, bénir une abbesse.
Abbesse crossée, Celle qui avait le droit de porter la crosse.
A B C
(On prononce Abécé.)n. m.
Petit livret contenant l'alphabet et la combinaison des lettres pour enseigner à lire. Acheter un A b c pour un enfant.
Il signifie figurément et familièrement le Commencement d'un art, d'une science, Ce n'est là que l'A b c des mathématiques. Cette maxime est l'A b c de la politique.
N'en être qu'à l'A b c d'une science, d'un art, N'en avoir que les premières notions.
Prov. et fig., Renvoyer quelqu'un à l'A b c, Le traiter d'ignorant; et, Remettre quelqu'un à l'A b c, Le ramener aux éléments, aux premiers principes d'un art, d'une science, etc.
On dit quelquefois dans le même sens A b c d.
ABCÈS
n. m.
T. de Médecine
. Amas de pus dans quelque partie du corps. Avoir un abcès au poumon, au foie. Vider un abcès. L'abcès a percé, a crevé.
ABDICATION
n. f.
Action d'abdiquer. Il se dit en parlant de Celui qui abdique et de la Chose abdiquée. L'abdication de Dioclétien. Charles-Quint fit abdication à Bruxelles. L'abdication d'une couronne, d'un empire est quelquefois suivie de regrets.
Il signifiait aussi, dans notre ancienne Jurisprudence, Acte par lequel un père privait son fils des droits que celui-ci avait, à ce titre, dans sa succession. L'abdication était une exhérédation prononcée pendant la vie et susceptible de révocation.
ABDIQUER
v. tr.
Abandonner un pouvoir, une dignité, un droit d'un ordre élevé. Abdiquer la royauté. Abdiquer la couronne. Abdiquer le consulat, la dictature. Abdiquer les honneurs.
Il s'emploie au sens figuré. Un père ne doit jamais abdiquer son autorité.
Il s'emploie aussi absolument. Ce prince a abdiqué, on l'a forcé d'abdiquer.
ABDOMEN
(On prononce l'N.)n. m.
T. d'Anatomie
. Cavité viscérale circonscrite en haut par le diaphragme, en bas par le bassin, en arrière par les vertèbres lombaires et en avant par des aponévroses et des muscles. On l'appelle dans le langage ordinaire BAS-VENTRE. Les muscles de l'abdomen.
Il se dit, en termes de Zoologie, de la Partie postérieure du corps des insectes. ABDOMINAL, ALE
adj.
T. d'Anatomie
. Qui appartient à l'abdomen. Région abdominale. Muscles abdominaux.
ABDUCTEUR
adj. m.
T. d'Anatomie
. Qui produit l'abduction. Muscle abducteur.
Il s'emploie aussi comme nom. L'abducteur de l'oeil, de la cuisse.
ABDUCTION
n. f.
T. d'Anatomie
. Action des muscles qui écartent de la ligne médiane du corps les parties auxquelles ils sont attachés.
ABÉCÉDAIRE
adj. des deux genres
. Qui concerne l'alphabet. Ordre abécédaire.
Il est aussi nom masculin et se dit d'un A b c, d'un livre dans lequel on apprend à lire. Acheter un abécédaire.
ABECQUER
v. tr.
Nourrir un jeune oiseau en lui donnant la becquée. Il est familier.
ABÉE
n. f.
Ouverture par laquelle l'eau d'un bief tombe sur la roue d'un moulin et qu'on ferme avec des pales quand le moulin n'est pas en mouvement. On dit aussi BÉE.
ABEILLE
n. f.
Insecte hyménoptère qui vit en essaim et qui produit la cire et le miel. Abeilles sauvages, domestiques. Mère abeille ou Abeille mère. Abeille ouvrière. Essaim d'abeilles. Ruche d'abeilles.
ABERRATION
n. f.
Écart d'imagination, erreur de jugement. Les aberrations de l'esprit humain. L'aberration de ses idées est étrange. Les aberrations de cet écrivain sont singulières. On dit de même L'aberration des sens.
Il se dit, en termes d'Astronomie, du Mouvement apparent observé dans les astres et qui résulte du mouvement de la lumière combiné avec celui de la Terre. L'aberration des étoiles fixes.
Il se dit aussi, en termes d'Optique, de la Dispersion qui s'opère entre les divers rayons lumineux émanés d'un même point, lorsqu'ils rencontrent des surfaces courbes qui les réfléchissent ou les réfractent, de sorte qu'ils ne peuvent plus ensuite être concentrés exactement en un même foyer. Aberration de sphéricité. Aberration de réfrangibilité.
ABÊTIR
v. tr.
Rendre stupide. Vous abêtirez cet enfant. Il est tout abêti.
Il est aussi intransitif et signifie Devenir bête. Il abêtit tous les jours. On dit dans le même sens Il s'abêtit.
ABHORRER
v. tr.
Avoir en horreur. Les honnêtes gens abhorrent les fripons. Il abhorre les remèdes. Depuis son crime, il s'abhorre lui-même.
ABÎME
n. m.
Gouffre très profond. Affreux abîme. Abîme effroyable. Par un tremblement de terre, un abîme s'ouvrit dans cette plaine. Sonder la profondeur d'un abîme. Il fut précipité dans l'abîme.
Le pluriel s'emploie souvent poétiquement et dans le style soutenu au lieu du singulier. Les abîmes de la mer, de la terre, Les immenses profondeurs de la mer, de la terre. La mer ouvrit ses abîmes et engloutit toute la flotte. La terre s'ouvrit jusqu'au fond de ses abîmes.
Prov. et fig., L'abîme appelle l'abîme, Un excès conduit à un autre excès, un crime amène un autre crime.
Fig., Un abîme de malheur, un abîme de misère, Un extrême malheur, une extrême misère. Il est tombé dans un abîme de malheur, dans un abîme de misère.
Fig., Être sur le bord de l'abîme, Être près de sa ruine, de sa perte. Creuser un abîme sous les pas de quelqu'un, Travailler à le perdre.
ABÎME se dit encore des Choses qui entraînent à une dépense ruineuse. Le jeu, les procès sont des abîmes.
Il se dit aussi figurément des Choses qui sont impénétrables à la raison, ou qui sont très difficiles à connaître. L'infini est un abîme pour l'esprit humain. La métaphysique est un abîme. Le coeur de l'homme est un abîme.
Il se dit particulièrement des Secrets et des jugements de Dieu. Les jugements de Dieu sont des abîmes. Les abîmes de la sagesse, de la miséricorde de Dieu.
Fig., C'est un abîme de science, C'est un homme extrêmement savant.
ABÎME, en termes d'Écriture sainte, signifie quelquefois absolument l'Enfer. Les anges rebelles ont été précipités dans l'abîme. Le puits de l'abîme.
ABÎMER
v. tr.
Précipiter dans un abîme. Les cinq villes que Dieu abîma. Un tremblement de terre vient d'abîmer toute une ville au Japon. Cette montagne, cette maison s'est abîmée tout à coup. La barque s'entrouvrit et s'abîma.
Il signifie au figuré Ruiner entièrement. Cette affaire l'a abîmé. Des dépenses excessives l'ont abîmé. Il a vieilli dans cet emploi.
Il signifie aussi, figurément et familièrement, Endommager beaucoup. La pluie a abîmé mon chapeau. La rouille abîme le fer. L'ouragan abîma les blés. Ces longues pluies ont abîmé les chemins. Cette robe s'abîme à la poussière. Laisser des meubles s'abîmer à l'humidité.
S'ABÎMER signifie au figuré S'abandonner complètement à une pensée, à un sentiment, à un genre de vie, s'y plonger. S'abîmer dans ses pensées. S'abîmer dans la contemplation des merveilles de Dieu. S'abîmer dans la débauche, dans les plaisirs. Une femme abîmée dans sa douleur.
ABJECT, ECTE
adj.
Qui est dans un état d'abjection. Un homme abject. Une âme abjecte. Un esprit abject. Une créature abjecte. Une physionomie abjecte Des emplois abjects. Des sentiments abjects. Un langage abject.
ABJECTION
n. f.
État d'abaissement qui attire le mépris de tous. Vivre dans l'abjection. Il s'est relevé de l'abjection, de l'état d'abjection où il était tombé.
Il se dit également de Choses basses et méprisables. L'abjection de ses sentiments et de ses moeurs. L'abjection de sa conduite, de son langage.
Il signifie Objet de rebut, dans cette phrase de l'Écriture sainte : L'opprobre des hommes et l'abjection du peuple.
ABJURATION
n. f.
Action d'abjurer. Abjuration publique, solennelle. Abjuration de l'hérésie. Recevoir l'abjuration de quelqu'un. Il a fait abjuration de ses erreurs. Cette abjuration de ses anciens principes lui a fait beaucoup d'ennemis.
ABJURER
v. tr.
Abandonner, par un acte solennel, une religion ou une doctrine. Abjurer le judaïsme. Abjurer son erreur. Absolument, Il abjura dans l'église de Notre-Dame. Après qu'il eut abjuré entre les mains de l'évêque.
Au figuré il signifie simplement Abandonner ce qu'on faisait profession de croire, d'aimer, de pratiquer. Abjurer Aristote, Descartes, Abjurer la doctrine d'Aristote, de Descartes. Elle avait abjuré toute pudeur, tout principe d'honneur et de vertu.
ABLATIF
n. m.
T. de Grammaire
. Cas des déclinaisons latines qui marque généralement un rapport circonstanciel de temps, de lieu, etc. Ablatif singulier, pluriel. Cette préposition régit l'ablatif.
ABLATION
n. f.
T. de Chirurgie
. Action de retrancher du corps une partie morbide. L'ablation du sein, d'une tumeur.
ABLE. n. m. ou ABLETTE
.n. m.
ou ABLETTE. n. f.
Petit poisson d'eau douce, comestible, dont les écailles servent à la fabrication des fausses perles.
ABLÉGAT
n. m.
Vicaire d'un légat, ou Envoyé extraordinaire du Pape.
ABLERET
n. m.
T. de Pêche
. Espèce de filet carré attaché au bout d'une perche, avec lequel on pêche des ables et d'autres petits poissons.
ABLUTION
n. f.
Action de laver. Ce mot, en termes de Liturgie, désigne le Vin que le prêtre prend après la communion, ainsi que le vin et l'eau qu'on verse sur ses doigts et dans le calice après qu'il a communié. Avant l'ablution. Après l'ablution. Quand le prêtre prend l'ablution.
Il se dit aussi d'une Pratique commandée par quelques religions, et qui consiste à se laver diverses parties du corps à des heures déterminées. Les Musulmans font plusieurs ablutions par jour. Les Hindous font leurs ablutions dans le Gange.
Il se dit encore de l'Action de se laver, indépendamment de toute pratique religieuse. Chaque matin il fait ses ablutions.
ABNÉGATION
n. f.
Renoncement, sacrifice. Je fais abnégation de mon intérêt propre, de ma volonté. Je fais ici abnégation de tout sentiment personnel.
En termes de Théologie, il se dit du Détachement de tout ce qui n'a point rapport à Dieu. Pour s'attacher uniquement à Dieu il fait abnégation de ce que l'homme a de plus cher.
ABOI
n. m.
Cri du chien. L'aboi de ce chien est fort importun. En ce sens, il est moins usité qu'ABOIEMENT.
ABOIS, au pluriel, désigne les Cris de la meute qui entoure la bête, et, par extension, la Situation de la bête entourée par la meute. Le cerf est aux abois.
Fig., Être aux abois, se dit d'une Personne qui a épuisé toutes les ressources, qui est réduite à la dernière extrémité. À bout de ressources, il est aux abois. On dit aussi Cette place, cette citadelle est aux abois, Elle ne peut plus se défendre. Sa vertu est aux abois, Elle est bien près de succomber.
ABOIEMENT
n. m.
Action d'aboyer. L'aboiement d'un chien.
ABOLIR
v. tr.
Mettre hors d'usage, réduire à néant. Les nouvelles coutumes ont aboli les anciennes. Cette loi fut abolie en fait, sans être formellement révoquée. Cette loi trop sévère, cette coutume bizarre s'est abolie d'elle-même. Le culte des faux dieux fut aboli. Plus d'une fois les Romains firent des lois pour abolir les dettes. Abolir la mémoire du passé. Abolir le passé. Un usage aboli.
En termes d'ancien Droit criminel, Abolir un crime, En arrêter ou en interdire la poursuite judiciaire par un acte d'autorité souveraine. Tout crime s'abolit au bout d'un certain nombre d'années.
ABOLITION
n. f.
Action d'abolir. L'entière abolition de l'ordre des Templiers. Abolition de l'esclavage. L'Assemblée nationale décréta l'abolition des droits féodaux. Par extension, L'abolition des fonctions du cerveau. Abolition de la volonté.
Il s'est dit aussi du Pardon que le Prince accordait d'autorité absolue pour un crime qui, par les ordonnances, n'était pas rémissible. Lettres d'abolition. Abolition générale. Le Parlement a entériné son abolition.
ABOMINABLE
adj. des deux genres
. Qui est en horreur, qui mérite d'être en horreur. Crime abominable. Un homme abominable. C'est une abominable calomnie. De pareils écrits sont abominables.
Il se dit, par exagération, de Tout ce qui est très mauvais en son genre. Cette comédie, cette musique est abominable. Une odeur abominable. Il fait un temps abominable.
ABOMINABLEMENT
adv.
D'une manière abominable. Il se conduit abominablement.
Il se dit aussi par exagération. Il chante, il écrit abominablement.
ABOMINATION
n. f.
Horreur, dégoût qu'on ressent pour une personne ou une chose. Avoir en abomination. Il est en abomination à tous les gens de bien.
Il se dit aussi de Ce qui est l'objet de l'abomination. Ce méchant homme est l'abomination de tout le monde.
Il signifie encore Action abominable; et, dans ce sens, il peut s'employer au pluriel. C'est une abomination. Ce crime est une des plus grandes abominations qu'on puisse imaginer.
En termes de Théologie, Les abominations des Gentils, Le culte idolâtre des Gentils.
L'abomination de la désolation. Locution tirée de l'Écriture sainte et dont on se sert pour exprimer les Plus grands excès de l'impiété, les Plus grandes profanations, et, par extension, les Plus grands désordres.
ABOMINER
v. tr.
Détester, haïr. Il s'emploie surtout par exagération plaisante. Je vous abomine de penser de la sorte.