Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 919 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Souchet

 

n. m.

T. de Botanique

. Plante monocotylédone, dont les diverses espèces croissent dans les endroits humides. Souchet odorant. Souchet comestible. Le papyrus est une espèce de souchet.

 

SOUCI

 

n. m.

Plante de la famille des Composées, donnant une fleur jaune, radiée, qui a une odeur forte. Une fleur de souci. Souci des jardins. Souci des champs.

Il se dit aussi de la Fleur même. Cueillir des soucis. Couleur de souci.

 

SOUCI

 

n. m.

Soin, préoccupation, inquiétude. Léger souci. Souci cuisant. Noirs soucis. Cette affaire lui donne bien du souci. Avoir du souci. Vivre sans souci. Prendre du souci. Être dévoré de soucis.

Être en souci de quelque chose, de quelqu'un, Prendre intérêt à quelque chose, à quelqu'un, ressentir de l'inquiétude au sujet de cette chose, de cette personne. Je suis en souci de sa santé. Écrivez-moi vite, je suis en grand souci de vous.

Fam., C'est là le moindre de mes soucis, le cadet de mes soucis se dit d'une Chose dont on ne se met nullement en peine.

Sans-souci. Voyez ce mot à son rang alphabétique.

 

SOUCIER (SE)

 

v. pron.

S'inquiéter, se mettre en peine de quelque chose, prendre intérêt à quelque chose. De quoi vous souciez-vous? Il se soucie fort peu de conserver ses amis. Il ne se soucie de rien, de personne. Je ne me soucie pas qu'il vienne. Faites tout ce qu'il vous plaira, je ne m'en soucie guère. Ironiquement, Je me soucie bien de cet homme-là; qu'ai-je besoin de lui?

 

SOUCIEUX, EUSE

 

adj.

Qui se soucie, qui prend intérêt. Je suis soucieux de votre santé.

Absolument, il signifie Qui est inquiet, pensif, qui a du souci. Cet homme m'a paru bien soucieux, tout soucieux.

Il se dit aussi des Choses et signifie Qui marque du souci. Air soucieux. Mine soucieuse.

 

SOUCOUPE

 

n. f.

Sorte de petite assiette qui se place ordinairement sous une tasse. La tasse et la soucoupe sont de porcelaine ancienne. Renverser son café dans sa soucoupe.

 

SOUDAIN, AINE

 

adj.

Qui est subit, prompt. Départ soudain. Mort soudaine. Irruption soudaine. Cela a été bien soudain.

SOUDAIN est aussi adverbe et signifie Dans le même instant, aussitôt, tout d'un coup. Il reçut l'ordre, et soudain il partit. Un coup de vent emporta soudain son chapeau.

 

SOUDAINEMENT

 

adv.

D'une manière soudaine. Il est parti soudainement.

 

SOUDAINETÉ

 

n. f.

Caractère de ce qui est soudain. La soudaineté de l'événement a surpris tout le monde. La soudaineté d'une attaque.

 

SOUDAN

 

n. m.

Nom qu'on donnait jadis au sultan, et particulièrement à celui d'Égypte. Le soudan d'Egypte. Le soudan de Babylone.

 

SOUDARD

 

n. m.

Vieux mot dont on se sert dans la conversation familière, en parlant d'un Homme qui a longtemps servi à la guerre et qui est brutal, grossier. C'est un vrai soudard. Un langage, des manières de soudard.

 

SOUDE

 

n. f.

T. de Chimie

. Oxyde de sodium hydraté. Soude caustique.

Il se dit aussi du Carbonate neutre de sodium. Soude du commerce. Cristaux de soude.

En termes de Botanique, il se dit d'un Genre de plantes qui croissent sur les bords de la mer et dont les cendres fournissent du carbonate de sodium. Le kali est une espèce de soude.

 

SOUDER

 

v. tr.

Joindre des pièces de métal ensemble, au moyen d'une composition métallique fusible. Souder de la vaisselle d'argent.

Il se dit aussi en parlant des Pièces de métal qu'on amollit au feu et qu'on unit directement par le martelage ou la fusion des parties en contact, de manière à n'en faire qu'une même pièce. Souder deux pièces de fer.

En termes d'Anatomie et de Botanique, Être soudé, se souder se dit de Parties, d'abord ou ordinairement distinctes, qui se rejoignent ou se trouvent unies de manière à ne plus former qu'une seule pièce.

 

SOUDOYER

 

(Il se conjugue comme BROYER.)v. tr.

Entretenir des gens de guerre, leur payer une solde. Il est vieux.

Il ne se dit plus qu'en mauvaise part, de Certaines gens dont on s'assure le concours à prix d'argent. Soudoyer de faux témoins. Il avait soudoyé une bande de partisans.

 

SOUDURE

 

n. f.

Composition métallique fusible, qui sert à souder, à unir ensemble des pièces de métal.

Il se dit aussi de l'Action de souder et du Résultat de ce travail. Ce tuyau est bon, mais la soudure est mal faite.

Il se dit encore de l'Endroit par où les deux pièces de métal sont soudées. Le tuyau est crevé à la soudure.

 

SOUFFLAGE

 

n. m.

Action de souffler.

Il se dit particulièrement de l'Art de souffler le verre.

 

SOUFFLE

 

n. m.

Vent produit en poussant l'air hors de la bouche. Un souffle puissant. Par exagération, Il est si faible qu'on le renverserait d'un souffle.

Il se dit aussi de la Simple respiration. Retenir son souffle. Manquer de souffle. Perdre le souffle. Reprendre son souffle.

Cet homme n'a que le souffle, n'a qu'un souffle de vie, Il est extrêmement faible. Il n'a plus que le souffle, Il est agonisant. On dit encore dans un sens analogue : Sa vie ne tient qu'à un souffle.

Fig., Cet écrivain manque de souffle, Il ne se soutient pas longtemps, il est vite à bout d'idées, à court d'imagination.

SOUFFLE se dit, par extension, de l'Agitation de l'air. Il ne fait pas un souffle de vent. Au moindre souffle de vent. Le souffle impétueux des vents. Le souffle léger des zéphyrs.

Il s'emploie aussi figurément et signifie Inspiration, influence. Le poète semblait être animé d'un souffle divin. Le souffle empoisonné de la haine, de l'envie, de la calomnie.

 

SOUFFLER

 

v. intr.

Pousser l'air hors de la bouche. Souffler dans ses doigts. Souffler sur une bougie pour l'éteindre. Souffler dans un instrument à vent pour en tirer un son.

Fig. et en termes de l'Écriture, Dieu a soufflé sur cette race impie et en a fait sécher la racine, Il a détruit, exterminé cette race. On dit encore, dans le même langage : Le Seigneur a soufflé sur l'amas de leurs richesses et l'a dissipé comme de la poussière.

SOUFFLER signifie aussi Reprendre haleine, respirer avec effort. Laissez-moi souffler. Prendre le temps de souffler un peu. Il souffle en montant les étages.

Laisser souffler des chevaux, Les faire arrêter pour reprendre haleine.

Fig. et fam., N'oser souffler, ne pas souffler, Ne pas oser ouvrir la bouche pour faire des plaintes, des remontrances.

SOUFFLER se dit aussi de Tout ce qui pousse, agite l'air. La bise souffle durement. Il souffle un vent frais. Ce soufflet est percé, il ne souffle plus.

Fig. et en termes de l'Écriture, L'esprit souffle où il veut, Dieu communique ses grâces à qui il lui plaît. Cette phrase signifie, par extension, dans le langage courant : L'inspiration vient sans qu'on sache d'où, ni comment; le génie a ses voies qui n'appartiennent qu'à lui.

SOUFFLER s'emploie aussi comme verbe transitif et signifie Envoyer de l'air sur quelque chose, dans quelque chose. Souffler le feu, Y envoyer de l'air pour l'activer.

Souffler une bougie, Souffler sur la flamme d'une bougie pour l'éteindre.

Souffler la poussière, Souffler sur de la poussière pour l'enlever du lieu où elle est.

Souffler l'orgue, Envoyer de l'air dans les tuyaux d'un orgue par le moyen de la soufflerie.

Souffler le verre, l'émail, Façonner quelque ouvrage de verre, d'émail, en soufflant dans un tube de fer à l'extrémité duquel est la matière que l'on travaille.

Fig., Souffler la discorde, le feu de la discorde, et quelquefois simplement Souffler le feu, Exciter à la discorde. On dit de même Souffler la haine, la division, la révolte.

Fig., Souffler le chaud et le froid, Louer et blâmer une même chose, parler pour et contre une personne, être tour à tour d'avis contraires.

Fig., Souffler quelqu'un, souffler à quelqu'un sa leçon son rôle, Lire bas à quelqu'un, de façon à n'être entendu que de lui, les endroits de sa leçon, de son rôle où la mémoire lui manque. Il a été puni pour avoir soufflé la leçon à son camarade. Absolument, Il souffle trop haut.

Au jeu de Dames, Souffler un pion, L'ôter à celui contre qui l'on joue, parce qu'il ne s'en est pas servi pour prendre un autre pion qui était en prise. Un joueur dit dans le même sens à son adversaire : Je vous souffle. Absolument, Souffler n'est pas jouer.

Fig. et fam., Souffler à quelqu'un un emploi, une affaire, Lui enlever un emploi auquel il prétendait, une affaire sur laquelle il comptait.

Fig., Ne pas souffler mot, ne pas souffler un mot, Ne rien dire. Il ne souffla mot de ce qu'il avait vu.

En termes de Chasse, Ce chien a soufflé le poil au lièvre, Il a presque appuyé le museau dessus, et il l'a manqué. On dit aussi Il lui soufflait au poil, Il le suivait de très près.

SOUFFLER signifie aussi Grossir, enfler quelque chose en soufflant.

Le participe passé SOUFFLÉ s'emploie adjectivement. Un discours soufflé, Un discours emphatique. Une réputation soufflée, Une réputation exagérée. Un succès soufflé, Un succès grossi artificiellement.

En termes de Cuisine, Omelette soufflée, Omelette faite avec des blancs d'oeufs, de la crème et du sucre, mêlés et battus ensemble. Beignet soufflé, Sorte de beignet dont la pâte se gonfle beaucoup.

SOUFFLÉ s'emploie aussi comme nom masculin, en termes de Cuisine, pour désigner une Crème, une purée, etc., qui se gonfle à la cuisson. Un soufflé au fromage, au chocolat. Un soufflé de pommes de terre.

 

SOUFFLERIE

 

n. f.

Ensemble d'appareils destinés à produire un courant d'air. Il se dit particulièrement de l'Ensemble des soufflets de l'orgue. La soufflerie de cet orgue a besoin d'être réparée.

 

SOUFFLET

 

n. m.

Instrument servant à souffler, à faire du vent. Soufflet d'orfèvre, de maréchal. Soufflet de forge. Soufflet d'orgue. Soufflet de cuisine. Prenez ce soufflet et ravivez le feu.

Soufflet à deux vents, à double vent, à double âme, Soufflet dont une partie aspire l'air, pendant que l'autre le chasse, en sorte qu'il souffle sans interruption.

Par analogie, Valise à soufflet, Valise qui se replie comme un soufflet. Wagons à soufflets, Wagons qui sont reliés les uns aux autres par des passerelles munies de parois extensibles.

SOUFFLET désigne encore un Coup de la main à plat sur la joue. Donner un soufflet. Appliquer un soufflet. Recevoir un soufflet.

Fig., Donner un soufflet au bon droit, à la raison, au sens commun, Faire ou dire quelque chose de contraire au bon droit, à la raison, au sens commun.

Fig., Donner un soufflet à quelqu'un sur la joue d'un autre, Faire à celui-ci des reproches qui retombent sur le premier.

SOUFFLET se dit figurément et familièrement d'un Camouflet, d'un affront, d'une mortification. Le refus qu'il a essuyé a été pour lui un cruel soufflet.

 

SOUFFLETER

 

v. tr.

Donner un soufflet à quelqu'un. Il mérite d'être souffleté. Souffleter quelqu'un d'importance.

 

SOUFFLEUR, EUSE

adj.

Qui souffle comme ayant peine à respirer; Il ne se dit guère que des Chevaux. Cheval souffleur, Celui qui ne souffle pas plus qu'il n'est normal au repos ou après la course et qui souffle fortement quand il court.

SOUFFLEUR s'emploie aussi substantivement et désigne Celui qui dit un texte à voix basse pour suppléer au défaut de mémoire de quelqu'un qui parle, qui récite.

Il se dit particulièrement, au Théâtre, d'un Homme ordinairement placé au milieu et au bas de la scène et qui vient en aide à la mémoire des acteurs. Cet acteur a souvent besoin du souffleur. Le trou du souffleur.

Jouer au souffleur se dit d'un Acteur qui, sachant mal son rôle, a continuellement recours à l'aide du souffleur.

Souffleur d'orgues, Celui qui fait mouvoir les soufflets de l'orgue.

SOUFFLEUR se dit, en termes d'Histoire naturelle, de Mammifères de l'ordre des Cétacés qui font en soufflant jaillir de l'eau de leurs narines externes ou Évents.

 

SOUFFLURE

 

n. f.

T. de Fonderie

. Cavité qui se forme dans l'épaisseur d'un ouvrage de fonte ou de verre par l'action de l'air ou de certains gaz. Un métal grossièrement travaillé où l'on trouve beaucoup de soufflures.

 

SOUFFRANCE

 

n. f.

Douleur physique ou morale, état de celui qui souffre. Cruelle souffrance. Extrême souffrance. Endurer une souffrance. Être dur à la souffrance. Vivre dans les souffrances. Après de longues souffrances. Les souffrances de Notre-Seigneur sur le Calvaire.

Il se dit aussi, en termes de Jurisprudence, de la Tolérance en vertu de laquelle on accepte certaines choses que l'on pourrait empêcher. Un jour de souffrance.

Il se dit aussi d'Affaires qui sont en suspens Cet homme laisse toutes ses affaires en souffrance.

Un colis en souffrance, Un colis qui n'a pas été délivré, ou qui n'a pas été réclamé.

 

SOUFFRANT, ANTE

 

adj.

Qui souffre, qui est malade. Il a le visage d'un homme souffrant. Elle est toute souffrante aujourd'hui.

La partie souffrante, La partie du corps qui est affligée, affectée, malade.

L'Église souffrante, Les âmes des fidèles qui sont dans le purgatoire. On distingue l'Église triomphante, l'Église militante et l'Église souffrante.

 

SOUFFRE-DOULEUR

 

n. m.

Personne qui est continuellement l'objet des plaisanteries méchantes, des mauvais traitements de ceux qui profitent de sa faiblesse, de sa timidité, ou encore de l'infériorité de sa situation, de son isolement ou de sa pauvreté. Cet écolier est le souffre-douleur de ses camarades. Ils ont pris ce pauvre diable pour souffre-douleur.

 

SOUFFRETEUX, EUSE

 

adj.

Il se dit de Quelqu'un qui est de santé débile ou qui souffre de malaises accidentels. Un enfant souffreteux. Je l'ai trouvé hier tout souffreteux. Avoir l'air souffreteux.

 

SOUFFRIR

 

(Je souffre, tu souffres, il souffre; nous souffrons, vous souffrez, ils souffrent. Je souffrais. Je souffris. Je souffrirai. Je souffrirais. Que je souffre. Que je souffrisse. Souffrant. Souffert.)v. intr.

Sentir de la douleur. Souffrir cruellement. Il souffre comme un damné. Souffrir de la tête, de l'estomac, de la poitrine, etc. Souffrir à toutes les jointures. Souffrir du froid, du chaud. Souffrir de la faim, de la soif. L'armée a beaucoup souffert dans sa marche, faute de ravitaillement.

Il a cessé de souffrir, Il est mort.

SOUFFRIR signifie encore Éprouver de la peine, du dommage. Il souffre de votre humeur, de vos caprices. Je souffre de l'entendre parler ainsi. Je souffre à l'entendre. Les enfants souffrent des divisions de leurs parents. Souffrir dans sa réputation. Souffrir pour sa religion. J'ai souffert de lui tout ce qu'on peut souffrir.

Il se dit aussi des Choses qui éprouvent quelque dommage. Les vignes, les blés ont souffert de la gelée, de la grêle. Ce village a beaucoup souffert des ravages de la guerre.

SOUFFRIR s'emploie aussi comme verbe transitif et signifie Endurer. Souffrir la douleur. Souffrir le mal. Souffrir les tourments, la persécution, le martyre, la mort. Souffrir les injures, la faim, la soif, la pauvreté.

Fig. et fam., Souffrir mort et passion, Éprouver de grandes douleurs ou, par exagération, Être très impatienté. Ce mal de dents m'a fait souffrir mort et passion. Sa lenteur me fait souffrir mort et passion. On dit dans le même sens Souffrir le martyre. En l'entendant parler ainsi, je souffrais le martyre.

SOUFFRIR signifie aussi Supporter. Catilina s'était entraîné à souffrir la fatigue, la faim et le froid.

Ne pouvoir souffrir une personne, une chose, Avoir pour elle de l'éloignement, de l'aversion. Cette marâtre ne peut souffrir les enfants de son mari. Personne ne peut le souffrir. Il est d'une insolence que je ne puis souffrir.

Prov., Le papier souffre tout, On écrit sur le papier tout ce qu'on veut, vrai ou faux, bon ou mauvais.

SOUFFRIR signifie encore Tolérer, ne pas empêcher, quoiqu'on le puisse. Pourquoi souffrez-vous cela? Je ne puis souffrir qu'on me dérange à toute heure.

Il signifie également Permettre. Souffrez, monsieur, que le vous dise. Je ne souffrirai pas que vous me parliez sur ce ton.

Il se dit aussi des Choses et signifie Admettre, être susceptible de. Cette affaire ne souffre point de retard, de délai, de difficulté. Cette raison ne souffre point de réplique. Cette règle souffre des exceptions. La poésie ne souffre pas la médiocrité.

 

SOUFRAGE

 

n. m.

Action de soufrer. Le soufrage des allumettes. Le soufrage d'une vigne atteinte par l'oïdium.

 

SOUFRE

 

n. m.

Corps simple, métalloïde, sec, friable, de couleur jaune, qui brûle avec une flamme bleue et qui exhale, en brûlant, une odeur forte et suffocante. Fleur de soufre. Soufre en canon. Vapeur de soufre. Être suffoqué par l'odeur de soufre. Cela sent le soufre.

 

SOUFRER

 

v. tr.

Enduire de soufre. Soufrer des allumettes. Soufrer une vigne.

Soufrer un tonneau, Faire brûler à l'intérieur une mèche soufrée.

Soufrer de la laine, La passer à la vapeur de soufre.

SOUFRIÈRE

 

n. f.

T. didactique

. Lieu où l'on recueille du soufre.

 

SOUFROIR

 

n. m.

T. d'Arts

. Étuve où l'on blanchit la laine par la vapeur de soufre.

 

SOUHAIT

 

n. m.

Voeu, désir qu'une chose s'accomplisse. Souhait ardent. Souhait imprudent, téméraire. Faire un souhait. Former des souhaits. Il a obtenu l'accomplissement de ses souhaits les plus chers.

Souhaits de bonne année, Voeux qu'on fait pour quelqu'un à la nouvelle année.

À vos souhaits, Façon de parler familière dont on salue celui qui éternue.

À SOUHAIT,loc. adv.

Selon ses désirs. Tout lui réussit à souhait. Avoir tout à souhait.

 

SOUHAITABLE

 

adj. des deux genres

. Qui est désirable, qu'on peut souhaiter. Il a toutes les qualités souhaitables. C'est la chose du monde la plus souhaitable.

 

SOUHAITER

 

v. tr.

Former un souhait. Souhaiter ardemment. Souhaiter la santé, les richesses. Souhaiter toutes sortes de prospérités à quelqu'un. Souhaiter d'avoir un emploi. Je souhaiterais pouvoir vous obliger. Nous ne souhaitons rien tant que de vous satisfaire. Il serait à souhaiter que...

Il s'emploie aussi dans les formules de compliments et lorsqu'on fait des voeux pour quelqu'un. Souhaiter le bonjour, le bonsoir, la bonne année.

 

SOUILLE

n. f.

T. de Chasse

. Lieu bourbeux où se vautre le sanglier.

En termes de Marine, il désigne un Enfoncement, une sorte de lit que forme, dans la vase ou dans le sable mou, un navire échoué momentanément. Le bâtiment fait sa souille.

 

SOUILLER

 

v. tr.

Gâter, salir. Souiller ses vêtements, ses mains de boue, de sang.

Fig., Souiller ses mains du sang innocent, Faire mourir un innocent.

Fig., Souiller le lit nuptial, souiller la couche nuptiale Commettre un adultère.

SOUILLER s'emploie plus ordinairement au figuré. Souiller sa gloire par des cruautés. Le pêché souille l'âme. Souiller son honneur, sa vie, sa réputation. Je ne souillerai pas ma plume en rapportant de pareilles horreurs.

 

SOUILLON

 

n. des deux genres

. Celui, celle qui tache, qui salit ses vêtements, qui est malpropre. Un souillon. Une petite souillon. Il est familier.

 

SOUILLURE

 

n. f.

Tache, saleté sur quelque chose; il ne s'emploie guère qu'au figuré. C'est une souillure à son honneur, à sa réputation. La souillure de l'âme. La souillure du péché.

 

SOÛL, OÛLE

 

(On ne prononce pas l'L de SOÛL.)adj.

Qui est ivre, plein de vin. Cet homme est toujours soûl. Cette femme est soûle dès le matin. Être soûl comme une grive.

Fig., Être soûl de quelque chose, En être repu jusqu'à satiété. Être soûl de musique, d'éloquence. Être soûl de gloire.

SOÛL s'emploie comme nom masculin avec les pronoms possessifs Mon, ton, son, etc., pour dire Abondamment, autant qu'on veut. J'en ai tout mon soûl. Il a bu et mangé tout son soûl. J'ai dormi tout mon soûl.

 

SOULAGEMENT

 

n. m.

Diminution de mal, de douleur, adoucissement d'une peine de corps ou d'esprit. Donner, apporter du soulagement. Sentir, recevoir, demander, attendre, espérer du soulagement. Il a éprouvé beaucoup de soulagement de ce remède. C'est un grand soulagement d'esprit. C'est un soulagement à nos peines.

 

SOULAGER

 

v. tr.

Délivrer, débarrasser d'une partie de quelque fardeau. Ce portefaix est trop chargé, il faut lui ôter une partie de sa charge pour le soulager. Il faut soulager ce mulet, sa charge est trop lourde.

Soulager une poutre, soulager un plancher, Diminuer la charge que porte une poutre, un plancher.

Soulager un navire dans une tempête, Jeter à la mer une partie de sa plus grosse charge.

SOULAGER s'emploie aussi figurément et signifie Diminuer, adoucir le travail, la peine, le mal, la douleur de quelqu'un. Il faut lui donner un aide pour le soulager dans son travail. Soulager quelqu'un dans sa douleur. Soulager les malheureux. Le médicament qu'il a pris l'a soulagé. Cette pensée soulage. Il s'est soulagé par cet aveu. Soulager la peine, le mal, la misère de quelqu'un.

Absolument, Se soulager, Satisfaire un besoin naturel.

 

SOÛLARD, ARDE

 

n.

Celui, celle qui a l'habitude de la plus grossière ivrognerie. Il est populaire.

 

SOULAS

 

n. m.

Soulagement, consolation. Il est vieux.

 

SOÛLER

v. tr.

Rassasier jusqu'à l'excès, gorger de vin, de viande. Il aime le gibier, le poisson, on l'en a soûlé. J'aime ce mets, je m'en suis soûlé. Il est populaire.

Fig., Soûler ses yeux de sang, de carnage, Prendre plaisir à voir répandre le sang.

Fig., Se soûler de plaisirs, de toutes sortes de plaisirs, Prendre toutes sortes de plaisirs avec excès.

SOÛLER s'emploie absolument et signifie Enivrer. On l'a tant fait boire qu'on l'a soûlé. Il s'est soûlé.

 

SOÛLERIE

 

n. f.

Action de se soûler.

 

SOULEUR

 

n. f.

Frayeur subite, saisissement, serrement de coeur. Son apparition subite m'a fait, m'a causé, m'a donné une souleur. En apprenant cette nouvelle, il eut une grande souleur. Il est familier.

 

SOULÈVEMENT

 

n. m.

Action de soulever; mouvement de ce qui est soulevé. Le soulèvement des flots.

Soulèvement d'estomac, de coeur, Mal d'estomac causé par le dégoût et l'aversion qu'on a pour quelque chose. Cela me donna un soulèvement de coeur.

SOULÈVEMENT se dit, en termes de Géologie, d'un Mouvement de l'Écorce terrestre se traduisant par des oscillations verticales des masses continentales.

Il signifie au figuré Mouvement de révolte. Le soulèvement d'une ville, d'une province. Apaiser, réprimer un soulèvement.

Il signifie encore Mouvement d'indignation. Ces paroles causèrent dans l'assemblée un soulèvement général contre lui.

 

SOULEVER

 

v. tr.

Lever à une faible hauteur. Ce fardeau est si pesant qu'on a peine à le soulever. Soulever un malade dans son lit. Soulevez-lui un peu la tête. Il ne peut se soulever. Il voulut soulever le voile qui cachait le visage de cette femme. Fig., Comment soulever le voile qui nous cache l'avenir?

Il signifie encore Faire lever, mouvoir. La marée soulève les navires qui sont envasés. La tempête soulève les flots. La mer commence à se soulever. Le vent soulève la poussière.

Fig., Cela soulève le coeur, Cela cause du dégoût.

SOULEVER signifie, au figuré, Exciter à la rébellion, à la révolte. Il a soulevé toute la province.

Il signifie aussi figurément Exciter des sentiments d'irritation contre quelqu'un. Ce succès souleva tous ses rivaux contre lui.

Il signifie encore figurément Exciter l'indignation. Cette proposition souleva toute l'assemblée. Tout le monde s'est soulevé contre un projet si hardi.

SOULEVER signifie encore Exciter, provoquer. Soulever l'indignation, l'enthousiasme. Soulever une discussion. Soulever des difficultés.

Soulever une question, La faire naître, la proposer, en provoquer la discussion. Vous auriez mieux fait de ne pas soulever cette question.

 

SOULIER

 

n. m.

Chaussure qui couvre tout le pied ou seulement une partie du pied. Soulier d'homme. Soulier de femme. Soulier à simple semelle, à double semelle. Des boucles, des lacets de souliers. Une paire de souliers. Ce soulier me gêne, me blesse.

Fig. et fam., Je n'en fais pas plus de cas que de la boue de mes souliers, Je ne m'en soucie nullement, je n'en fais aucun cas.

Fig., Il n'est pas digne de dénouer les cordons des souliers d'un tel, Il lui est très inférieur en mérite.

Fig. et fam., Être dans ses petits souliers, Être dans une situation gênante, critique, embarrassante. Pendant qu'on lui faisait ce reproche, il était dans ses petits souliers.

 

SOULIGNER

 

v. tr.

Tirer une ligne sous un mot, ou sous plusieurs mots. On souligne dans une copie manuscrite ce qui doit être imprimé en italiques. On souligne les mots, les passages sur lesquels on veut attirer l'attention du lecteur.

Il s'emploie aussi figurément et signifie Signaler à l'attention en insistant. J'ai bien compris ce que vous voulez dire, il est inutile de le souligner.

 

SOULTE

 

n. f.

T. de Jurisprudence

. Somme que celui qui se trouve favorisé dans un partage, dans un échange, doit payer à un autre pour rétablir l'égalité. Il a payé telle somme pour soulte de partage à son cohéritier, à ses cohéritiers. Soulte d'échange.

 

SOUMETTRE

 

(Il se conjugue comme METTRE.) v. tr.

Réduire, ranger sous la puissance, sous l'autorité, mettre dans un état de dépendance. Soumettre à l'obéissance d'un souverain. Soumettre une province à ses lois, à son empire. Soumettre tout un pays. Soumettre les rebelles. Après une longue résistance, les provinces révoltées se soumirent.

Il s'emploie aussi figurément et signifie Subordonner. Un projet qui reste soumis aux circonstances. Je soumets cette proposition à votre agrément. L'Écriture oblige les hommes à soumettre leur esprit à Dieu.

Soumettre ses idées à celles de quelqu'un, Subordonner ses idées à celles d'un autre, être prêt à s'en désister, s'il y est contraire. Je soumets dans cette affaire mes idées aux vôtres. On dit dans le même sens : Soumettre ses lumières, ses opinions, ses sentiments à ceux d'autrui.

Soumettre une chose au jugement, à la critique de quelqu'un, S'engager à déférer au jugement qu'il en portera. Je vous prie de lire toute la pièce, je la soumets à votre jugement. Se soumettre à un jugement arbitral.

Se soumettre aux ordres, à la volonté de quelqu'un, Y conformer ses actions, ses sentiments. Nous devons nous soumettre entièrement à la volonté de Dieu.

Se soumettre à quelque chose, à souffrir quelque chose, S'engager, consentir à subir quelque chose. Je me soumets à tout ce qu'il vous plaira. On dit de même : Se soumettre à une intervention chirurgicale.

SOUMETTRE signifie encore, figurément, Remettre, livrer à l'examen, à la décision de quelqu'un. Soumettre une chose à quelqu'un, à l'attention de quelqu'un. Permettez-moi de vous soumettre une observation. Je lui soumettrai votre demande. Soumettez-lui votre article, votre manuscrit. Ce projet fut soumis à l'examen d'une commission.

Soumettre une question à l'examen, La considérer en détail, pour la juger.

Soumettre une chose à l'analyse, L'analyser, la décomposer, pour connaître de quels éléments elle est formée.

Le participe passé SOUMIS signifie adjectivement Qui est disposé à l'obéissance ou qui en a pris le parti après avoir résisté. Des sujets soumis. Un fils soumis et respectueux. Les tribus, hier encore rebelles, et maintenant soumises. On dit, dans un sens analogue : Un air soumis, des paroles soumises.

Fille soumise, Prostituée inscrite à la police.

 

SOUMISSION

 

n. f.

Action de se soumettre, de se ranger sous l'autorité de quelqu'un. Cette ville a fait sa soumission tel jour.

Il se dit aussi de la Disposition à obéir. Il a toujours eu une grande soumission pour ses supérieurs. Il a toujours été d'une parfaite soumission envers ses parents, à l'égard de ses parents. Demeurer dans la soumission. Soumission forcée. Avoir une complète soumission d'esprit pour les choses de la foi. La soumission à la volonté de Dieu.

Il se disait aussi des Démonstrations respectueuses dont un inférieur usait à l'égard d'un supérieur pour lui faire satisfaction. Le roi reçut ses soumissions avec bonté. Ils furent députés de la ville pour porter au roi les soumissions du peuple.

En termes d'Administration, il se dit d'un Acte, d'un écrit par lequel on déclare faire une acquisition, ou se charger d'un ouvrage, d'une fourniture, d'une entreprise, à telles et telles conditions, dans un marché soumis à la concurrence. Vente et adjudication sur soumissions cachetées. Les soumissions ne seront reçues que jusqu'à telle époque. Il a fait, il a donné sa soumission pour la construction de ce pont. Plusieurs soumissions furent déposées sur le bureau. Retirer sa soumission.

 

SOUMISSIONNAIRE

 

n. des deux genres

. T. d'Administration

. Celui, celle qui fait une soumission pour quelque entreprise, pour quelque fourniture. Il y a plusieurs soumissionnaires pour cette entreprise.

 

SOUMISSIONNER

 

v. tr.

T. d'Administration

. Faire une soumission pour une entreprise, pour une fourniture. Soumissionner des travaux à tel prix, pour telle somme.

 

SOUPAPE

n. f.

T. de Mécanique

. Petit levier ou languette à ressort qui, dans une pompe ou une machine à vapeur, se lève pour livrer passage à l'eau ou à la vapeur et retombe ensuite. Soupape de sûreté.

Fig., Soupape de sûreté se dit d'une Mesure, d'une précaution prise pour amener une détente, pour éviter une explosion de mécontentement, de révolte. Cet amendement à la loi a été voté pour servir de soupape de sûreté.

 

SOUPÇON

 

n. m.

Action de soupçonner; sentiment de celui qui soupçonne. Soupçon fondé. Soupçon injuste, injurieux, mal fondé. J'ai un léger soupçon, un fort soupçon qu'il m'a menti. Avoir, concevoir des soupçons. Prendre, donner du soupçon. Éclaircir, détruire, dissiper un soupçon. Détourner les soupçons. Le soupçon tombe sur lui. Il est au-dessus de tout soupçon. Sa conduite a excité les soupçons. Cela confirme, fortifie mes soupçons. Il faut écarter de pareils soupçons. Mes soupçons se sont d'abord portés sur lui. Le seul soupçon d'un tel malheur me fait trembler. Au moindre soupçon de son infidélité je me séparerai de lui.

Un coeur exempt de soupçon, Qui ne soupçonne pas. Une conduite exempte de soupçon, Qui ne peut être soupçonnée.

SOUPÇON se dit aussi d'une Simple conjecture, d'une simple opinion que l'on s'est faite de quelque chose. Ce n'est pas une certitude, ce n'est qu'un soupçon. J'ai quelque soupçon que c'est lui qui est venu pendant mon absence.

Il se dit encore, familièrement, d'une Apparence légère, ou de la plus petite quantité possible d'une chose. Il a un soupçon de fièvre. Donnez-moi un soupçon de crème. Se mettre un soupçon de poudre, un soupçon de rouge.

 

SOUPÇONNER

 

v. tr.

Avoir, touchant quelqu'un ou quelque chose, une opinion, une présomption désavantageuse, mais incertaine et mêlée de doute. Soupçonner quelqu'un de perfidie, de trahison, de mensonge. On le soupçonnait d'hérésie. Je le soupçonne de m'avoir desservi auprès de vous. Il est fortement, violemment soupçonné d'avoir trempé dans ce crime. Soupçonner sans fondement, sans cause, sans raison.

Il signifie aussi Former une simple conjecture. Je soupçonne qu'il est l'auteur de cette lettre anonyme. Je n'ai pas la preuve de son intervention, mais je la soupçonne.

Fam., Vous ne soupçonnez pas ce que c'est qu'une affaire de ce genre, Vous n'en avez pas, vous ne pouvez en avoir la moindre idée.

SOUPÇONNEUX, EUSE

 

adj.

Qui est défiant, qui est enclin à soupçonner, qui soupçonne facilement. C'est un homme soupçonneux. Elle est défiante et soupçonneuse.

Il se dit aussi des Choses. Être d'humeur soupçonneuse, d'un caractère soupçonneux.

 

SOUPE

 

n. f.

Potage, aliment liquide dans lequel trempe ordinairement du pain et qu'on sert au commencement du repas. Soupe grasse. Soupe maigre. Soupe à la tortue. Soupe aux herbes. Soupe à l'oignon. Soupe aux choux. Soupe au lait. Une bonne soupe. Faire mitonner la soupe. Servir la soupe. Une assiette de soupe.

Tailler la soupe, Couper du pain par tranches pour les mettre dans le potage.

Tremper la soupe, Verser le bouillon sur les tranches de pain, un moment avant de servir le potage.

Fig. et fam., Trempé comme une soupe, Très mouillé.

Fig. et fam., S'emporter comme une soupe au lait, Se mettre facilement, promptement en colère. Au moindre mot, il s'emporte comme une soupe au lait. C'est une soupe au lait.

Un cheval soupe de lait, un pigeon soupe de lait ou de plumage soupe de lait, Un cheval qui est d'un blanc tirant sur l'isabelle, un pigeon de la même couleur.

Fig. et fam., Cela vient comme des cheveux sur la soupe. Voyez CHEVEU.

Prov., La soupe fait le soldat, On ne peut rien tirer d'un soldat qui est mal nourri.

 

SOUPENTE

 

n. f.

Réduit en planches ou en maçonnerie, pratiqué dans la hauteur d'une cuisine, d'une écurie, d'une chambre, etc. Il couche dans une soupente.

Il se disait aussi de Plusieurs larges courroies assemblées et cousues l'une sur l'autre, servant à soutenir le corps d'une voiture, Relever les soupentes d'une voiture.

Il se dit aujourd'hui de Longues et larges bandes de cuir croisées, qui servent à maintenir, à suspendre un cheval dans l'appareil qu'on nomme Travail.