Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Accroire
v. tr.
Il n'est usité qu'à l'infinitif avec le verbe Faire et il signifie Faire croire ce qui n'est pas. Vous voudriez nous faire accroire que, etc. En faire accroire, Essayer de tromper quelqu'un. Vous voudriez nous en faire accroire. Ce n'est pas un homme à qui l'on puisse en faire accroire.
S'en faire accroire, Présumer trop de soi- même, tirer vanité d'un mérite qu'on n'a pas. Depuis qu'il a cette place, il est plein de lui-même, il s'en fait accroire. Il a quelque mérite, mais il s'en fait accroire.
ACCROISSEMENT
n. m.
Action de croître, de se développer. L'accroissement des plantes. L'accroissement du corps.
Il signifie aussi l'Augmentation que reçoit la personne ou l'objet qui s'accroît. L'accroissement des rivières. L'accroissement d'un État. Un accroissement, des accroissements de biens, d'honneurs, de fortune.
Il désigne aussi spécialement le Droit par lequel une chose accroît à quelque personne ou à quelque fonds. La loi attribue aux héritiers et aux légataires survivants, capables et acceptants, la part des cohéritiers morts, devenus incapables ou renonçants en vertu d'un droit d'accroissement. Les terres que l'eau ajoute peu à peu au bord des fleuves ou des rivières appartiennent aux riverains par droit d'accroissement.
En termes de Législation fiscale, il désigne particulièrement le Droit établi dans une société civile sur la part des membres ayant cessé de faire partie de la société, qui augmente la part des membres restants.
ACCROÎTRE
(Il se conjugue comme CROÎTRE.)v. tr.
Augmenter, rendre plus grand, plus étendu. Accroître son bien, son revenu. Accroître un parc, un jardin; l'accroître de beaucoup, de la moitié. Accroître sa puissance, sa gloire, sa réputation, son autorité. Cette ville s'est fort accrue par son commerce.
S'ACCROÎTRE ou ACCROÎTRE, intransitif, signifie Aller en augmentant, devenir plus grand. Sa fortune s'accroît tous les jours. Son bien, son revenu accroît tous les jours.
Il se dit, en termes de Droit, d'une Chose qui revient au profit de quelqu'un par la renonciation ou l'empêchement d'une autre personne. Entre colégataires, la portion de l'un accroît à l'autre; la part de l'héritier renonçant accroît à ses cohéritiers. On dit à peu près dans le même sens Cette portion de terre est accrue à son champ, à son héritage par alluvion, par atterrissement.
ACCROUPIR (S')
v. pron.
Se tenir comme assis sur ses talons. S'accroupir auprès du feu.
En termes de Beaux-Arts, leparticipe passé ACCROUPI, IE, se dit des Figures assises sur leurs talons, et, par extension, des Figures agenouillées. Figures accroupies. La Vénus accroupie. En termes de Blason, il se dit des Animaux assis. Lion accroupi.
ACCROUPISSEMENT
n. m.
État d'une personne accroupie.
ACCRUE
n. f.
T. de Droit
. Augmentation que reçoit un terrain par la retraite insensible des eaux ou par atterrissement.
Accrue de bois, Augmentation de l'étendue d'un bois, qui se fait naturellement, sans qu'on ait planté ni semé.
ACCUEIL
n. m.
Réception que l'on fait à quelqu'un qui arrive ou par qui l'on est abordé. Accueil chaleureux. Accueil froid. Faire un bon, un mauvais accueil. Faire bon accueil, mauvais accueil. Avoir l'accueil bienveillant.
Absolument, Faire accueil, se prend toujours en bonne part. Il fait accueil à tous ceux qui vont chez lui. Je vous remercie de m'avoir fait accueil.
ACCUEILLANT, ANTE
adj.
Qui fait bon accueil. Il est accessible et accueillant.
ACCUEILLIR
(Il se conjugue comme CUEILLIR.)v. tr.
Recevoir bien ou mal quelqu'un qui arrive ou par qui l'on est abordé. Il nous a accueillis de la manière la plus aimable. Il nous a accueillis très froidement.
Il se dit quelquefois figurément en parlant des Choses. Il accueillit fort mal cette proposition, cette demande.
Il s'emploie aussi figurément à propos d'Événements qui, en général, ne sont pas attendus, qui surprennent. La tempête, le vent les accueillit. Le détachement, en approchant du bois, fut accueilli à coups de fusil. Être accueilli par des huées, par des applaudissements.
ACCUL
n. m.
Lieu qui n'a point d'issue, où l'on est acculé. Ceux qui poursuivaient les voleurs les poussèrent dans un accul où on les prit. Il a vieilli.
Il se dit, en termes de Chasse, du Fond du terrier où les chiens poussent les renards, les blaireaux et autres animaux qui se terrent. Quand on voit que le renard est à l'accul... Avant que de lâcher les bassets, il faut savoir où sont les acculs.
Il se dit, en termes de Marine, d'une Petite anse, d'une espèce de crique trop petite pour de grands bâtiments.
Il se dit, en termes d'Artillerie, des Piquets qu'on enfonce en terre pour empêcher le recul du canon.
ACCULER
v. tr.
Pousser quelqu'un dans un endroit où il ne puisse plus reculer. Il le poursuivit l'épée à la main et l'accula contre la muraille. Notre armée était acculée à la montagne. Se voyant poursuivi par quatre hommes, il s'accula contre la muraille et se défendit longtemps.
Il se dit aussi en parlant des Sangliers, des loups, des renards, etc. Les chiens avaient acculé le sanglier, le loup, le renard. Le blaireau était acculé dans son terrier. Fig., Acculer quelqu'un à une difficulté, à une impossibilité, et elliptiquement, Acculer quelqu'un. Il est acculé aux expédients.
En termes de Manège, Le cheval s'accule, Il ne va pas assez en avant à chacune des voltes.
ACCUMULATEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui accumule. Un grand accumulateur d'écus, de vivres, etc. Il est peu usité. Il se dit, comme nom masculin, en termes d'Arts, d'un Appareil servant à emmagasiner l'énergie électrique.
En termes de Mécanique, il sert encore à désigner un Réservoir d'eau sous grande pression, qui restitue le travail mécanique accumulé en quelque sorte pour produire sa compression.
ACCUMULATION
n. f.
Action d'accumuler ou Résultat de cette action. Il se dit des Choses physiques et des Choses morales. Accumulation de matériaux, de marchandises, de denrées. Accumulation de biens, d'honneurs. Accumulation de preuves. Accumulation d'intérêts. Ce discours n'est qu'une accumulation de mots sonores, d'images disparates, de phrases vides de sens.
Il se dit particulièrement, en termes de Rhétorique, d'une Figure qui consiste à rassembler dans une période, sous une même forme et dans le même mouvement oratoire, un grand nombre de détails qui développent l'idée principale.
ACCUMULER
v. tr.
Amasser et mettre ensemble. Accumuler des marchandises. Accumuler des biens, des trésors. Accumuler sou à sou. Les denrées s'accumulent dans ce magasin.
Absolument. Il ne songe qu'à accumuler, Qu'à thésauriser.
Il s'emploie aussi figurément. Accumuler crime sur crime. Accumuler les preuves. Accumuler les honneurs sur sa tête. Les années s'accumulent. Les preuves s'accumulent contre lui. Les arrérages de cette rente s'accumulent tous les jours.
ACCUSABLE
adj. des deux genres
. Qui peut être accusé.
ACCUSATEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui accuse quelqu'un en justice. Se rendre accusateur. Se porter, se constituer accusateur. Elle s'est rendue accusatrice.
Il s'emploie aussi comme adjectif. Un langage accusateur. Des traces accusatrices.
ACCUSATIF
n. m.
T. de Grammaire
. Cas qui, dans certaines langues où les noms se déclinent, sert principalement à indiquer le complément d'objet direct. La désinence de l'accusatif. Accusatif singulier. Accusatif pluriel. Ce verbe régit l'accusatif. Il y a des prépositions qui se construisent avec l'accusatif.
ACCUSATION
n. f.
Action en justice par laquelle on accuse quelqu'un. Accusation capitale. Il y a plusieurs chefs d'accusation contre lui. Former, intenter, susciter une accusation. Il a été mis en accusation. Lire au prévenu son acte d'accusation.
Il se dit aussi généralement de Tout reproche, de toute imputation qu'on fait à une personne de quelque faute, de quelque défaut que ce soit. Vous l'accusez de paresse, de peu d'exactitude, c'est une accusation mal fondée. On l'accuse de beaucoup de désordres, mais ce sont des accusations calomnieuses. Des accusations graves, légères, vagues.
ACCUSER
v. tr.
Déférer à la justice quelqu'un comme coupable d'un délit, d'un crime.
En termes de Droit criminel actuel, il signifie proprement Poursuivre, en vertu d'un arrêt de la Chambre des mises en accusation, une personne devant la Cour d'assises pour la faire déclarer coupable du crime qu'on lui impute et pour obtenir sa condamnation. Accuser un homme d'assassinat. On l'accusa d'avoir eu des intelligences avec les ennemis. Le crime dont on l'accuse. S'accuser soi-même, Avouer un crime en justice.
Par extension, il signifie généralement Présenter quelqu'un comme coupable de quelque faute, de quelque défaut. Je l'accuse de négligence. Accuser une personne à tort. On l'accuse d'avoir fait cette satire. On accuse cette nation de légèreté.
Il peut signifier simplement Blâmer, reprendre. Accuser le sort. J'accusais sa lenteur, sa paresse.
ACCUSER se dit encore des Choses et signifie Servir de preuve, ou au moins d'indice contre quelqu'un. Ce fait vous accuse. Toutes les apparences accusent sa mauvaise intention. Son trouble l'accuse.
S'accuser en confession, accuser ses péchés, Déclarer ses péchés au prêtre, au tribunal de la Pénitence. Il faut s'accuser de tous ses péchés. S'accuser d'avoir offensé Dieu.
En termes de certains jeux de Cartes, Accuser son jeu, En faire connaître ce que les règles veulent qu'on déclare. Accusez votre point. Absolument, Accusez juste. Vous accusez faux. On dit dans un sens analogue, en termes de Médecine, Le malade accuse telle douleur, telle sensation dans telle partie, Il dit qu'il ressent telle douleur, etc.
Accuser réception d'une lettre, d'un paquet, etc., Marquer, donner avis qu'on l'a reçu. Accusez-moi réception de ma lettre, ou absolument, Accusez-moi réception.
Il signifie, en termes de Peinture et de Sculpture, Indiquer, faire sentir certaines parties ou formes des corps recouvertes par quelque enveloppe. Accuser les os, les muscles sous la peau. Accuser le nu par le pli des draperies. On dit dans le même sens Accuser une ressemblance, une différence.
Le participe passé ACCUSÉ, ÉE, est aussi nom et signifie Celui, celle qui est accusé en justice. L'accusateur et l'accusé. Plus exactement on nomme Accusé, Celui, celle qui est renvoyé devant les tribunaux criminels pour être jugé; jusque-là, il n'est que prévenu. Amenez l'accusé, l'accusée.
Accusé de réception, Pièce justificative par laquelle celui à qui on adresse une lettre, un paquet, reconnaît qu'il l'a reçu.
ACENSER
v. tr.
Donner à ferme. Il est vieux.
ACÉPHALE
adj. des deux genres
. T. didactique
. Qui n'a point de tête. Mollusques acéphales. Foetus, monstre acéphale. Statue acéphale.
Il signifie au figuré Qui n'a point ou ne reconnaît point de chef. Concile acéphale, Secte acéphale. Hérétiques acéphales.
Il s'emploie comme nom masculin, surtout en termes de Zoologie. Les huîtres, les moules sont des acéphales.
ACÉPHALIE
n. f.
T. de Zoologie
. Absence de tête.
ACÉPHALOPODE
adj. des deux genres
. T. de Zoologie
. Qui n'a ni tête ni pieds.
ACERBE
adj. des deux genres
. Qui est d'un goût âpre. Des fruits acerbes. Du vin d'un goût acerbe.
Il signifie figurément Qui est sévère, dur, amer. Des paroles acerbes. Un ton acerbe.
ACERBITÉ
n. f.
Qualité de ce qui est acerbe. Ce fruit est d'une acerbité insupportable. Il est peu usité.
ACÉRER
v. tr.
Souder de l'acier à la pointe ou au tranchant d'un outil, d'un instrument de fer, pour le rendre susceptible d'être trempé et de devenir ainsi plus propre à percer ou à couper. Acérer un couteau, un burin, etc.
Le participe passé ACÉRÉ, ÉE, est aussi adjectif et se dit en parlant du Fer lorsqu'on l'a garni d'acier, ce qui permet d'en rendre le tranchant plus affilé ou la pointe plus aiguë. Il se dit aussi, par extension, de Toute lame bien affilée, bien aiguisée. Lame acérée. Pointe acérée. Flèches acérées. Des traits acérés. Fig., Des traits acérés, Des traits de satire qui doivent blesser profondément. On dit dans le même sens Les traits acérés de la calomnie. Un style acéré. Une plume acérée. Une langue acérée.
ACESCENCE
n. f.
État de ce qui est acescent. L'acescence des humeurs, d'un liquide.
ACESCENT, ENTE
adj.
Qui s'aigrit, qui commence à devenir acide. Liqueur acescente.
ACÉTATE
n. m.
T. de Chimie
. Sel produit par la combinaison de l'acide acétique avec une base. Acétate d'ammoniaque, de cuivre, de mercure, de morphine, de plomb, de potasse, de soude, etc.
ACÉTEUX, EUSE
adj.
Qui a le goût du vinaigre. Saveur acéteuse.
ACÉTIQUE
adj. m.
T. de Chimie
. Qui est le principe du vinaigre. On obtient de l'acide acétique en distillant le vinaigre ordinaire.
ACÉTYLÈNE
n. m.
T. de Chimie
. Gaz résultant de la décomposition de l'eau par le carbure de calcium.
ACHALANDAGE
n. m.
Action d'achalander. Par extension, les Chalands eux- mêmes. Il vend son fonds avec l'achalandage.
ACHALANDER
v. tr.
Fournir de chalands. La bonne marchandise et le bon marché achalandent une boutique. Ce marchand est fort achalandé. Cette boutique commence à s'achalander. Si vous voulez vous achalander, logez-vous dans un meilleur quartier. Fig., Achalander un produit, un système, une invention.
ACHARNEMENT
n. m.
Action d'un animal qui s'attache opiniâtrement à sa proie. L'acharnement d'un loup, d'un animal carnassier.
Il se dit aussi de la Fureur opiniâtre avec laquelle des animaux, ou des hommes, se battent les uns contre les autres. L'acharnement de deux dogues l'un contre l'autre. Ces deux animaux, ces deux hommes se sont battus avec acharnement. On se battit avec acharnement durant tout le jour.
Il se dit figurément de l'Animosité opiniâtre qu'on a contre quelqu'un. L'acharnement de ces deux plaideurs est inconcevable. Critiquer, censurer avec acharnement. Il le poursuivit avec acharnement. C'est de l'acharnement. Ils y mettent de l'acharnement.
ACHARNER
v. tr.
Donner aux chiens, aux oiseaux de proie le goût, l'appétit de la chair.
Il signifie plus ordinairement Exciter un animal, un homme contre un autre. On avait acharné les chiens contre le taureau. Je ne sais qui peut les avoir ainsi acharnés les uns contre les autres. Ils sont acharnés au combat.
S'ACHARNER signifie S'attacher avec fureur, avec opiniâtreté Le loup s'acharne sur sa proie. Ces deux tigres s'acharnent l'un contre l'autre. Il s'acharne de plus en plus sur moi, contre moi.
Il signifie aussi S'attacher à quelque chose avec excès. Il s'est acharné au jeu, à l'étude.
Fig., Un combat acharné, Où l'on se bat avec acharnement.
ACHAT
n. m.
Acquisition faite à prix d'argent. Faire achat de marchandises. Je renonce à faire des achats cette année. Un achat avantageux.
Il désigne aussi la Chose achetée. Je veux vous faire voir mon dernier achat.
ACHE
n. f.
T. de Botanique
. Plante de la famille des Ombellifères qui ressemble au persil. Dans certains jeux de la Grèce, on donnait une couronne d'ache au vainqueur.
ACHEMINEMENT
n. m.
Entrée, avancement dans une voie, vers un but. C'est un grand acheminement à la paix. Pour acheminement au traité, on résolut, etc.
ACHEMINER
v. tr.
Faire entrer, faire avancer dans un chemin. Il achemina son armée vers Rome. Nous nous acheminâmes vers tel endroit.
Au figuré il se dit de Ce qui prépare à une certaine fin, de ce qui conduit à un certain but. Chaque jour nous achemine à la mort. Cette négociation peut acheminer à la paix. Il s'achemine à grands pas vers la ruine.
Fig., Cette affaire s'achemine, Elle est en bon train, elle avance.
En termes de Manège, Acheminer un cheval, Habituer un jeune cheval à marcher droit devant lui.
Adjectivement, en termes de Manège, Un cheval acheminé, Un cheval presque dressé.
ACHETER
(J'achète; nous achetons.)v. tr.
Acquérir à prix d'argent. Acheter des étoffes, des provisions, des livres, une maison, une terre. Acheter argent comptant, au comptant, comptant. Acheter à crédit. Acheter à bon marché. Acheter cher. Acheter à vil prix. Acheter au poids de l'or. Acheter en gros, en détail. J'ai acheté de lui cette maison, cette montre, ce cheval.
Acheter des bans, Obtenir à prix d'argent dispense de faire publier des bans de mariage, à l'église.
Au temps où la loi militaire permettait des remplaçants, Acheter un homme, Lui payer une somme convenue pour qu'il remplace un autre homme dans le service militaire.
Acheter des voix, des suffrages, Se les procurer à prix d'argent ou au moyen de quelques avantages, de quelques faveurs. On dit dans un sens analogue Acheter le silence de quelqu'un.
Acheter une chose à quelqu'un signifie L'acheter de lui. Je lui ai acheté un volume qu'il m'a fait payer cher. Vous ne sortirez pas de ma boutique sans m'acheter quelque chose. Il signifie aussi Acheter pour quelqu'un. J'ai acheté une montre à mon fils.
Il se prend aussi figurément. J'ai bien couru pour obtenir cette grâce, on me l'a bien fait acheter. C'est une dignité qu'il a achetée au prix de son sang. Vous me faites acheter bien cher la grâce que vous m'accordez.
ACHETEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui achète. Le vendeur et l'acheteur.
Il signifie aussi Celui, celle qui a la manie et la passion d'acheter. Caton disait que le père de famille doit être vendeur plutôt qu'acheteur. C'est un grand acheteur. C'est une grande acheteuse.
ACHÈVEMENT
n. m.
Action d'achever ou Résultat de cette action. Il ne manque plus qu'un portail pour l'achèvement de cette église. L'achèvement de son travail dépendra de sa santé. On dit aussi ACHEVAGE, en termes d'Arts, spécialement pour les ouvrages de poterie.
Il se dit figurément de la Perfection dont un ouvrage est susceptible. Cet ouvrage n'est pas arrivé à son dernier degré d'achèvement.
ACHEVER
v. tr.
Finir une chose commencée. Ils ont achevé leur entreprise. On achèvera cela plus tard. Achever un portrait. Cette aventure achève sa ruine, sa honte, son malheur. Il achève de se ruiner, de se perdre.
Achever ses jours, sa carrière, Terminer ses jours, sa carrière. Il acheva ses jours dans la retraite. Cet homme achève paisiblement sa carrière. On dit de même Achever de vivre.
Il signifie aussi par extension Frapper à mort quelqu'un qui est déjà blessé. Ce passant avait été blessé par des voleurs, il en est venu d'autres qui l'ont achevé.
Fig. et fam., Voilà de quoi l'achever, Voilà de quoi consommer sa ruine, sa perte, son malheur. On dit dans le même sens Il ne lui fallait plus que cela pour achever de le perdre.
Le participe passé ACHEVÉ, ÉE, est aussi adjectif, et alors il signifie Qui est accompli, parfait, qui a toutes les bonnes qualités de son genre. Un ouvrage achevé. Une beauté achevée.
Il se dit également en mauvaise part de Ce qui est extrême dans son genre. C'est un sot achevé. Un scélérat achevé.
ACHILLÉE
(CH se prononce K.)n. f.
T. de Botanique
. Genre de plantes de la famille des Composées à fleurs radiées et disposées en corymbe. La mille-feuille est une espèce d'achillée.
ACHOPPEMENT
n. m.
Action de heurter du pied en marchant, de trébucher. Il ne se dit guère que dans cette locution figurée, Pierre d'achoppement, Occasion de faillir, de tomber dans l'erreur. La rencontre de cette femme a été une pierre d'achoppement pour lui. De pareilles propositions sont des pierres d'achoppement pour les faibles.
Pierre d'achoppement se dit aussi quelquefois d'un Obstacle imprévu. L'affaire sera bientôt terminée, si nous ne rencontrons pas quelque pierre d'achoppement.
ACHOPPER
v. intr.
Se heurter à, faire un faux pas. Il ne s'emploie guère qu'au figuré dans le sens de Faillir, échouer. C'est là où tous ont achoppé. On dit aussi S'ACHOPPER.
ACHROMATIQUE
adj. des deux genres
. T. d'Optique
. Qui fait disparaître les irisations produites par certains verres de lunettes. Lunettes achromatiques.
ACHROMATISME
n. m.
T. d'Optique
. Propriété ou effet des lunettes achromatiques.
ACIDE
adj. des deux genres
. Qui a une saveur aigre. Fruit acide. Ces pommes sont bien acides. Il s'emploie au sens figuré : Un compliment, une plaisanterie acide.
Il se dit, en termes de Chimie, de Ce qui jouit des propriétés physiques ou chimiques des acides. Liqueur acide. Sel acide.
Il s'emploie aussi comme nom masculin et désigne Toute substance qui imprime sur la langue une saveur analogue à celle du vinaigre et qui fait passer au rouge les couleurs bleues des végétaux. Il se dit plus spécialement, en termes de Chimie, des Corps composés qui ont pour caractère de saturer plus ou moins complètement les alcalis. Acide végétal. Acide animal. Acide minéral. Acide acétique, nitrique, sulfurique, carbonique, etc.
ACIDITÉ
n. f.
Qualité de ce qui est acide. L'acidité de l'oseille, du verjus.
ACIDULE
adj. des deux genres
. Qui est légèrement acide. Eaux minérales acidules. Liqueur acidule.
ACIDULER
v. tr.
Rendre une substance légèrement acide, lui communiquer une saveur aigrelette au moyen d'une petite quantité de quelque acide. Il faut aciduler les tisanes de ce malade.
ACIER
n. m.
Fer uni avec une faible proportion de charbon et devenu susceptible d'acquérir, par certains procédés, un grand degré de dureté. Tremper de l'acier, Le faire rougir au feu et le faire brusquement refroidir pour le rendre plus dur. Acier bien trempé. Acier de bonne trempe. Acier de Damas. Lame d'acier. Ressort d'acier. De l'acier cassant, élastique. On détrempe l'acier en le faisant rougir au feu et en le laissant refroidir peu à peu. Fig., Des muscles d'acier. Un coeur d'acier.
ACIÉRAGE. n. m. ou ACIÉRATION
.n. m.
ou ACIÉRATION. n. f.
T. d'Arts
. Opération qui consiste à donner à un métal la dureté de l'acier.
ACIÉRER
v. tr.
T. d'Arts
. Rendre dur comme l'acier. Aciérer le fer. Du fer qui commence à s'aciérer.
ACIÉRIE
n. f.
Usine où l'on fabrique l'acier.
ACNÉ
n. f.
T. de Médecine
. Inflammation pustuleuse du visage ou de la partie supérieure du thorax.
ACOLYTE
n. m.
T. de Liturgie
. Clerc promu à l'un des quatre ordres mineurs et dont l'office est de servir à l'autel le prêtre, le diacre et le sous-diacre. Faire les fonctions d'acolyte à une grand-messe.
Il se dit familièrement et avec une nuance de mépris d'une Personne qui est à la suite d'une autre. C'est son digne acolyte. Où qu'il aille, on le voit toujours avec ses deux acolytes.
ACONIT
(On prononce le T.)n. m.
T. de Botanique
. Plante fort vénéneuse, de la famille des Renonculacées. On l'emploie à petites doses comme remède.
ACOQUINANT, ANTE
adj.
Qui acoquine. Le feu est acoquinant. Une vie acoquinante. Il est familier.
ACOQUINER
v. tr.
Attacher par une habitude. Le métier de mendiant acoquine ceux qui l'ont fait une fois. L'oisiveté acoquine. En hiver, le feu acoquine. Il est familier et vieux.
S'ACOQUINER signifie S'attacher trop à une personne, s'adonner trop à une chose. Il s'est acoquiné à ce pays-là. S'acoquiner auprès d'une femme. Il ne faut pas qu'un chien de chasse s'acoquine à la cuisine.
ACOTYLÉDONE
adj. des deux genres
. T. de Botanique
. Il se dit de certaines plantes dans les semences desquelles on ne découvre pas de lobes ou cotylédons. Les champignons, les mousses, les fougères sont des plantes acotylédones.
Il s'emploie aussi comme nom féminin. La classe des acotylédones.
ACOUSTIQUE
adj. des deux genres
. Qui sert à modifier ou à percevoir les sons. Instrument acoustique. Voûte acoustique. Cornet acoustique. En termes d'Anatomie, Conduit acoustique. Nerf acoustique.
Il s'emploie aussi comme nom féminin et désigne la Science qui traite des sons et de leurs diverses qualités. Traité d'acoustique.
On dit aussi L'acoustique de cette salle est bonne, pour signifier qu'Elle réalise des conditions favorables à une facile et complète perception de la parole et des sons musicaux.
ACQUÉREUR
n. m.
Celui qui acquiert. Il se dit surtout de Celui qui acquiert des biens immeubles. Acquéreur de bonne foi. Se rendre acquéreur d'une chose. L'acquéreur sera tenu de... Avoir, trouver un acquéreur. Tiers acquéreur. Y a-t-il acquéreur?
ACQUÉRIR
(J'acquiers; nous acquérons. J'acquérais. J'acquis. J'acquerrai. Acquiers. Que j'acquière. Que j'acquisse. Acquérant. Acquis.)v. tr.
Devenir possesseur par suite d'un achat, d'un contrat, etc. Il se dit particulièrement en parlant d'Immeubles et d'autres choses qui procurent des profits ou des avantages d'une certaine durée. Acquérir une terre, une maison, un pré, une rente. Acquérir de ses deniers, des deniers d'autrui. Acquérir du bien légitimement. Acquérir quelque chose en son nom, au nom d'autrui, sous le nom d'un autre. Acquérir les droits de quelqu'un. Acquérir un nouveau droit sur quelque chose. Du bien mal acquis.
Il s'emploie aussi figurément en parlant de Toutes les choses qui peuvent être mises au nombre des biens et des avantages réels. Acquérir de l'honneur, de la réputation, du crédit, de l'autorité, de la science, du savoir. Il s'est acquis quantité d'amis. Il s'est acquis les bonnes grâces de son supérieur. Vous avez acquis de la gloire dans cette occasion. Acquérir des droits à l'estime publique. Il y a des qualités naturelles et des qualités acquises.
Il signifie par extension Obtenir. Acquérir la preuve, la certitude d'un fait.
Il s'emploie dans le sens de Gagner, s'améliorer. Cet enfant a beaucoup acquis depuis quelque temps. Ce domaine acquiert de la valeur. Ce vin acquiert de la force. On dit absolument Ce vin acquiert.
Ce droit m'est acquis, Il m'appartient incontestablement, il ne peut m'être disputé.
Je vous suis acquis, Vous êtes assuré de mon attachement, de mon zèle à vous servir.
Le participe passé ACQUIS est aussi nom masculin et se dit des Connaissances acquises. Cet avocat, ce médecin a de l'acquis, beaucoup d'acquis. Cet élève a beaucoup de dispositions mais pas assez d'acquis.
ACQUÊT
n. m.
T. de Jurisprudence
. Ce que l'on a acquis. Il a fait un bel acquêt. Dans ce sens il est peu usité.
Il se dit plus ordinairement, surtout au pluriel, des Biens acquis pendant le mariage par l'un ou l'autre des époux et qui tombent dans la communauté; par opposition à Propres, Ceux qui restent la propriété exclusive de l'un des époux. Les acquêts et les propres. Il lui est permis de disposer de ses acquêts. Acquêts et conquêts. Société d'acquêts.
Prov., Il n'y a si bel acquêt que le don, Il n'y a point de bien plus agréablement et plus aisément acquis que celui qui nous est donné.
Il se disait aussi familièrement de Ce qui donne avantage, profit, gain. Il n'y a pas grand acquêt à vendre cette marchandise-là. Il a vieilli.
ACQUIESCEMENT
n. m.
Action d'acquiescer. Un entier acquiescement aux volontés de quelqu'un. Acquiescement à la volonté de Dieu. On ne peut refuser son acquiescement à une proposition si bien démontrée.