Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Pluie

 

n. f.

Eau produite par la condensation des nuages, qui tombe de l'atmosphère en gouttes sur la terre. Grosse pluie. Pluie fine. Pluie chaude. Pluie froide. Pluie d'orage. Il tombe de la pluie. Il tombe quelques gouttes de pluie, de grosses gouttes de pluie. Se mettre à couvert de la pluie. Laisser passer la pluie. Un jour de pluie. Un vent qui amène la pluie. Un brouillard qui se résout en pluie. La pluie l'a mouillé, l'a transpercé jusqu'aux os. Un manteau de pluie. Les prés demandent de la pluie. Recueillir les eaux de pluie dans des citernes. La saison des pluies. Les pluies continuelles ont raviné les chemins.

Fig. et fam., Ennuyeux comme la pluie, Très ennuyeux.

Fig., Parler de la pluie et du beau temps, S'entretenir de choses indifférentes.

Fig., Faire la pluie et le beau temps, Disposer de tout, régler tout, par son crédit par son influence. Il est le maître dans cette maison, il y fait la pluie et le beau temps. Ce favori fait la pluie et le beau temps.

Fig., Se jeter, se cacher dans l'eau de peur de la pluie, Pour éviter un inconvénient, se jeter dans un inconvénient encore plus grand.

Prov., Après la pluie, le beau temps, Souvent, après un temps fâcheux, Il en vient un meilleur. Il s'emploie aussi figurément et signifie : La joie succède souvent à la tristesse.

Prov., Petite pluie abat grand vent, Ordinairement le vent s'apaise lorsqu'il vient à pleuvoir. Il s'emploie aussi figurément et signifie : Il faut quelquefois peu de chose pour faire cesser une grande querelle.

PLUIE se dit aussi de Certaines choses qui tombent ou qui semblent tomber du ciel comme la pluie. Dans le voisinage des volcans, il se produit parfois des pluies de cendres et de soufre. Les pluies de pierres ont passé longtemps pour fabuleuses.

Fig., Une pluie d'or, De grandes libéralités, de grandes largesses répandues sur quelqu'un. On a fait tomber une pluie d'or sur cet homme, sur cette famille.

En termes d'Artificier, Pluies de feu, Chute d'un grand nombre d'étincelles produites par une certaine composition de matières inflammables.

 

PLUM-CAKE

 

(On prononce Plom-kèke.)n. m.

Mot emprunté de l'anglais. Gâteau d'une pâte épaisse où sont mêlés des grains de raisin de Corinthe et divers autres ingrédients.

 

PLUM-PUDDING

n. m.

Voyez PUDDING.

 

PLUMAGE

 

n. m.

Toute la plume qui est sur le corps d'un oiseau. Plumage bigarré. Plumage duveté. Plumage de diverses couleurs. Des oiseaux de toutes sortes de plumages. Ce sont des oiseaux de même plumage.

 

PLUMASSERIE

 

n. f.

Industrie, commerce de plumassier.

 

PLUMASSIER, IÈRE

 

n.

Celui, celle qui prépare, qui vend des plumes, des aigrettes, etc.

Par apposition, Marchand plumassier.

 

PLUME

 

n. f.

Tuyau corné, garni de barbes et de duvet, qui couvre le corps des oiseaux. Les plumes de la tête, du corps, des ailes, de la queue. Un oiseau qui n'a point encore de plumes. Arracher des plumes à un oiseau. Des plumes de coq. Des plumes d'oie. Des plumes d'autruche, de paon, etc. Un tuyau de plume. Des barbes de plume. Un bec de plume. Léger comme une plume.

Fig. et fam., Laisser des plumes, de ses plumes, se dit d'un Homme qui fait quelque perte, et particulièrement une perte d'argent. Il a laissé de ses plumes au jeu. Il a laissé quelques plumes dans ce procès.

Fig. et fam., Tirer des plumes à quelqu'un, Abuser de l'inexpérience de quelqu'un pour lui gagner de l'argent au jeu ou dans une spéculation, dans une affaire, par des procédés indélicats.

Fig. et fam., Arracher à quelqu'un une plume de l'aile, une belle plume de l'aile, Lui ôter quelque chose de considérable, le priver de quelque emploi, etc.

Fig., C'est le geai qui se pare des plumes du paon, se dit d'une Personne qui se fait gloire de ce qui ne lui appartient pas.

PLUME se dit aussi, collectivement, d'un Assemblage, d'un amas de plumes. La menue plume des oiseaux s'appelle duvet. Cet oiseau mue, toute sa plume tombe. Un lit de plume. Mettre de la plume dans un coussin, dans un oreiller, dans un traversin.

Coucher, dormir sur la plume, Coucher, dormir sur un lit de plume.

Ce chien est dressé au poil et à la plume ou simplement Ce chien est au poil et à la plume, Il est dressé à chasser, à arrêter toute sorte de gibier, comme lièvres, perdrix, etc. En Fauconnerie, cela se disait aussi d'un Oiseau qui était dressé également pour le lièvre et pour la perdrix.

PLUME se dit, particulièrement et absolument, des Plumes préparées qu'on emploie comme ornement, comme parure. Un bouquet de plumes. Un brin de plumes. Porter une plume à son chapeau. Un bonnet garni de Plumes. Plume blanche. Plume noire. Teindre des plumes. Friser des plumes.

Fig. et fam., Plumes blanches s'emploie pour désigner les Maréchaux et les généraux ayant rang de commandant de corps d'armée. On dit de même : On lui a donné les plumes blanches, Il a rang de commandant de corps d'armée.

PLUME se dit aussi, absolument, des Gros tuyaux de plumes de toute sorte d'oiseaux, et principalement de l'aile des oies ou des cygnes, dont on se servait pour écrire. Une plume d'oie. Tailler des plumes. Plume taillée pour écrire gros, fin. Un paquet de plumes. Une plume qui grince. Une plume qui écrit bien, qui écrit mal. Tenir bien sa plume. Un trait de plume. Portrait, dessin fait à la plume.

Par analogie, Plume métallique, plume de fer, plume d'or, et absolument Plume, Petite lame de métal pointue et fendue, en forme de bec de plume, et qu'on emploie pour écrire.

Prendre la plume, mettre la main à la plume, Commencer à écrire une lettre, un ouvrage. Je prends la plume. Je mets la main à la plume pour vous informer... On dit de même Poser la plume, Cesser d'écrire. Briser sa plume, Cesser d'écrire par protestation.

La plume à la main se dit en parlant de Quelqu'un qui écrit, compose. On le trouve toujours la plume à la main.

Fig., Laisser aller, laisser courir sa plume, Écrire avec abandon, avec rapidité. On dit de même Écrire au courant de la plume, En écrivant exprimer sa pensée comme elle se présente, sans méditation, sans recherche. Cet ouvrage paraît écrit au courant de la plume.

Fig. et fam., Ce mot, cette syllabe, cette lettre est restée au bout de ma plume, J'ai omis, j'ai oublié d'écrire ce mot, cette syllabe, cette lettre. On dit aussi : Ce mot s'est présenté, s'est trouvé au bout de ma plume. Il s'est offert naturellement à mon esprit, et je l'ai écrit sur-le-champ.

C'est lui qui tient la plume se dit de Celui qui est chargé d'écrire les résolutions, les délibérations qui sont prises dans une compagnie, dans une assemblée, etc.

Homme de plume, Celui qui fait métier d'écrire. On dit plutôt aujourd'hui Homme de lettres. PLUME se dit au figuré de l'Écriture. Il a une belle plume.

Il désigne aussi la Composition des ouvrages de l'esprit, le style, la manière d'écrire d'un auteur. Les ouvrages qui sortent de sa plume. Tout ce qui part de sa plume est excellent. Il vit de sa plume. Ce sujet est digne de sa plume.

Guerre de plume, Dispute par écrit entre des écrivains.

PLUME se dit aussi, figurément, de l'Auteur même. C'est une des meilleures plumes de France, de son siècle. C'est une plume féconde, une plume satirique, une plume vengeresse. Il vieillit.

La plume et l'épée, Les écrivains et les Militaires.

 

PLUMEAU

 

n. m.

Ustensile de ménage, fait avec de grosses plumes de dindon, de coq, etc., qui sert à enlever la poussière de dessus les meubles.

 

PLUMÉE

 

n. f.

Il n'est usité que dans cette locution : Plumée d'encre, Ce qu'on peut prendre d'encre avec une plume pour écrire.

 

PLUMER

 

v. tr.

Arracher les plumes d'un oiseau. Plumer de la volaille. Plumer un pigeon. Plumer à froid. Plumer dans l'eau chaude.

Fig., Plumer la poule sans la faire crier, Faire des exactions si adroitement, qu'il n'y ait point de plaintes.

Fig. et fam., Plumer quelqu'un, Dépouiller quelqu'un de son argent. C'est un jeune homme qui se laisse plumer. Ils le plumèrent au jeu jusqu'à lui enlever son dernier sou.

 

PLUMET

 

n. m.

Plume d'autruche, préparée et mise à un chapeau. Elle n'avait qu'un plumet, qu'un simple plumet sur son chapeau. Porter un plumet. Il avait le plumet sur l'oreille.

Il se dit ordinairement du Bouquet de plumes qui sert d'ornement à certaines coiffures militaires.

Fig. et fam., Avoir son plumet, Être légèrement pris de vin.

PLUMET se dit aussi du Bouquet de plumes qui orne les dais, les lits en dais, les corbillards.

En termes de Marine, Plumets de pilote, Plumes montées sur de petits morceaux de liège qu'on laisse flotter pour voir d'où vient le vent.

 

PLUMETIS

 

n. m.

Sorte de broderie exécutée en relief et fortement bourrée. Broder au plumetis.

 

PLUMEUX, EUSE

 

adj.

T. de Botanique

. Qui est composé de parties grêles et garnies de poils semblables aux barbes de plume.

En termes de Minéralogie, il se dit de Certains cristaux très déliés, disposés comme les barbes d'une plume. Des cristaux plumeux.

 

PLUMIER

 

n. m.

Boîte où les écoliers mettent des plumes, des porte-plume, des crayons, etc.

 

PLUMITIF

 

n. m.

Le papier original et primitif sur lequel on écrit les sommaires des arrêts et des sentences qui se donnent à l'audience, et des délibérations d'une compagnie. Écrire sur le plumitif. Faire apporter le plumitif. Greffier du plumitif.

Tenir le plumitif, Être chargé de prendre note des délibérations d'une compagnie.

PLUMITIF se dit par plaisanterie d'un Homme de bureau, d'un commis.

 

PLUMULE

 

n. f.

T. de Botanique

. Partie du germe qui est destinée à former la tige, et que l'on nomme ainsi parce qu'elle ressemble ordinairement à une petite plume. La radicule et la plumule.

 

PLUPART

 

n. f.

La plus grande partie, le plus grand nombre. Il est toujours précédé de l'article La. La plupart des hommes. La plupart des choses. C'est l'avis de la plupart des juges. J'ai parlé à la plupart d'entre eux.

Lorsque La plupart est suivi d'un verbe, d'un participe, d'un adjectif ou d'un pronom qui s'y rapporte, ce verbe, ce participe, cet adjectif ou ce pronom ne s'accorde pas en nombre et en genre avec La plupart; il s'accorde avec le nom auquel il est joint par la préposition De. La plupart du monde prétend. La plupart des gens ne font réflexion sur rien. La plupart de ses amis l'abandonnèrent. La plupart des troupes se débandèrent. La plupart des membres de l'Assemblée étaient présents. J'ai vu la plupart des femmes curieuses de ce spectacle. La plupart de mes livres sont reliés en chagrin.

Lorsque La plupart se dit absolument, il veut toujours le verbe, au pluriel, quel que soit le nombre du nom auquel il se rapporte. Le Sénat fut partagé, la plupart voulaient que... Les membres de l'Assemblée discutèrent longtemps, la plupart furent d'avis...

LA PLUPART s'emploie quelquefois absolument et sans relation à aucun nom qui précède; et alors il signifie Le plus grand nombre des hommes et il est masculin pluriel. La plupart écrivent ce nom de telle manière. La plupart sont persuadés que le bonheur est dans la richesse; lis se trompent.

POUR LA PLUPART,loc. adv.

Quant à la plus grande partie. Les gens de ce pays-là sont pour la plupart indolents. Mes meubles sont pour la plupart anciens.

Il s'emploie quelquefois absolument, sans la préposition Pour. Les hommes sont la plupart intéressés. Ces pièces d'or sorti la plupart fausses.

LA PLUPART DU TEMPS,loc. adv.

Le plus souvent, le plus ordinairement. La plupart du temps il est d'accord avec moi.

 

PLURAL, ALE

 

adj.

Qui contient plusieurs unités. Voie plural, Système qui, dans un collège électoral ou dans une assemblée d'actionnaires, attribue plusieurs voix à certains votants.

 

PLURALITÉ

n. f.

Grand nombre, multiplicité. Le système de la pluralité des mondes.

Pluralité des bénéfices, Possession de plusieurs bénéfices par une même personne. La pluralité des bénéfices à charge d'âmes est condamnée par les canons.

PLURALITÉ signifie aussi Plus grande quantité, plus grand nombre. La pluralité des suffrages. Décider quelque chose à la pluralité des voix.

Il signifie, absolument, Le plus grand nombre de voix, de suffrages. Avoir la pluralité. La pluralité est douteuse.

Pluralité absolue, Celle qui se forme de plus de la moitié de la totalité des suffrages. Pluralité relative, Celle qui ne se forme que de la supériorité du nombre des voix qu'obtient un concurrent relativement aux autres concurrents. Dans ces deux sens on dit plutôt aujourd'hui Majorité.

 

PLURIEL, ELLE

 

adj.

Terme de Grammaire

qui sert à marquer qu'il s'agit de plusieurs personnes ou de plusieurs choses; il est opposé à Singulier. Nombre pluriel. Substantif, adjectif pluriel. Terminaison plurielle.

PLURIEL est aussi nom masculin; alors il signifie Nombre pluriel. Comment ce nom fait-il au pluriel? Mettre un mot au pluriel. Ce verbe est à la première, à la seconde, à la troisième personne du pluriel de l'indicatif. En français, l'S est le signe ordinaire du pluriel des noms. Pluriel masculin. Pluriel féminin.

Il se dit quelquefois d'un Mot qui est au pluriel. La poésie emploie volontiers les pluriels à la place des singuliers.

 

PLUS-QUE-PARFAIT

 

n. m.

T. de Grammaire

. Temps de l'indicatif ou du subjonctif qui marque une Action passée antérieurement à un autre temps déjà passé. Mettre un verbe au plus-que-parfait. Aimer fait au plus- que-parfait de l'indicatif : j'avais aimé. Venir fait : j'étais venu.

 

PLUS-VALUE

 

n. f.

Augmentation de la valeur d'une chose. Ces titres bénéficient d'une certaine plus-value. Il faut payer tant pour la plus-value.

Plus-value des impôts, Excédent dans le rendement des impôts par rapport aux prévisions.

 

PLUS

 

adv.

Comparatif de Beaucoup, qui est opposé à Moins et qui sert à marquer la Supériorité d'une personne ou d'une chose comparée à une autre ou à elle-même, sous quelque rapport de quantité, de qualité, d'action, etc. J'ai plus d'intérêt à cela qu'un autre. Il est plus content qu'un roi. Il travaille plus que personne. Il va où il y a plus à gagner. Il a fait plus de deux lieues à pied. J'irai plus loin que vous. Il est arrivé un peu plus lard. Il n'y a rien de plus agréable que de l'entendre. Il en a autant et plus que vous. Personne ne s'est conduit plus sagement que lui, avec plus de sagesse que lui. Je ne m'en rapporte pas plus à vous qu'à lui. Je ne le connais pas plus que vous ne le connaissez. Vous n'offrez pas assez, donnez quelque chose de plus. Je vous dirai plus, bien plus. Ne m'en dites pas plus. Plus d'un témoin a déposé sur ce point. On l'estime plus que jamais. Il est plus heureux que vous ne l'êtes. Elle n'est pas plus heureuse que vous. Vous êtes tous plus entêtés les uns que les autres. Ils sont tous trois plus sots l'un que l'autre.

Répété dans deux membres de phrase successifs, il marque une augmentation corrélative. Plus je le vois et plus je l'apprécie. Plus on est de fous, plus en rit.

Il s'emploie de la même manière en opposition avec Moins et marque qu'une chose augmente dans la mesure où l'autre diminue. Plus j'y réfléchis, moins je suis décidé à faire ce qu'on me demande.

PLUS s'emploie encore avec la négation, sans tenir lieu de comparatif; et alors il sert à marquer cessation de quelque action, de quelque état, ou absence de quelque chose qu'on avait auparavant. Je n'en veux plus entendre parler. Je n'en puis plus. Je n'habite plus au même endroit. Il n'a plus envie d'y retourner. Il n'y a plus rien à dire après cela. Il n'a plus les mêmes gens auprès de lui. Il est devenu tout autre, il n'est plus le même. Je ne sais plus que faire. Je n'ai plus qu'à me taire. Je n'y vois plus aucun remède. Je n'y retournerai plus. Je n'y songe plus du tout. Il n'a plus d'emploi.

Il n'est plus, Il a cessé d'exister.

PLUS s'emploie dans ce sens, au début d'une phrase, sans que la négation soit exprimée. Plus de larmes, plus de soupirs, plus de chagrin, Désormais il ne faut plus verser de larmes, Il ne faut plus pousser de soupirs, il ne faut plus avoir de chagrin.

Sans négation, dans le corps de la phrase, il s'emploie dans le sens d'Encore, davantage, désormais. Il leur défendit d'y plus songer.

PLUS, précédé de l'article Le, désigne le Plus haut degré et marque le superlatif relatif. C'est le plus honnête de tous les hommes. C'est le plus savant homme du monde. C'est l'homme du monde le plus robuste. C'est celui de tous à qui elle veut le plus de mal. Celui à qui elle avait fait le plus de bien est celui de qui elle a reçu le plus d'injures. C'est la femme du monde la plus vertueuse. C'est la femme que j'ai le plus aimée. De ces deux soeurs, la cadette est celle qui est le plus aimée, la plus aimée. Ce sont les livres que j'ai le plus consultés. C'est celui de tous ses enfants qu'elle aime le plus. Il est venu le plus tôt qu'il a pu. Du plus loin qu'il vit sa mère, il se précipita vers elle. Le plus tôt sera le mieux. L'astronomie est une des sciences qui fait le plus ou qui font le plus d'honneur à l'esprit humain : le dernier est plus usité.

Des plus, Parmi les plus. Il est des plus difficiles. Ce travail est des plus délicats.

PLUS se dit encore absolument au début d'une phrase et signifie Outre cela; c'est alors une sorte de formule dont on se sert dans les inventaires, dans les états de compte, de recette. Plus, une armoire d'acajou. Plus, la somme de cent francs.

En Arithmétique, il est le Signe de l'addition : placé entre deux grandeurs, il signifie qu'il faut les ajouter l'une à l'autre. En Algèbre, il désigne une Quantité positive. Dans les deux cas, il se marque par une croix (+).

PLUS est quelquefois nom masculin et désigne la Plus grande quantité, le Maximum. Le plus que je puis faire, que je puisse faire. Le plus que vous en pouvez prétendre, que vous en puissiez prétendre. Cela dépend du plus ou du moins de travail.

Il ne s'agit entre eux que du plus ou du moins, la différence n'est que du plus au moins, se dit Lorsque deux personnes sont d'accord ensemble d'un marché, d'un traité, et qu'il n'est plus question que d'une différence en plus ou en moins dans le prix, dans quelqu'une des conditions. C'est une question de plus ou de moins.

PLUS, précédé de l'article et joint à un autre mot, forme parfois avec celui-ci un seul et même nom. La plus-value.

DE PLUS, EN PLUS,loc. adv.

, Outre cela, en outre. Je vous dirai de plus... De plus, il faut remarquer... Il est aimable et de plus généreux, et en plus généreux. Il travaille peu; en plus, il travaille mal.

Il signifie aussi En excédent. Il a eu mille francs de plus à payer qu'il ne pensait. Il dut restituer la somme qu'il avait perçue en plus.

DE PLUS EN PLUS, Locution adverbiale qui marque le progrès en bien ou en mal. Il s'enrichit de plus en plus. Sa vue diminue de plus en plus.

AU PLUS, TOUT AU PLUS, Locutions adverbiales dont on se sert pour marquer Le plus haut point où une chose ait atteint, puisse atteindre. Il n'a que trente ans au plus. Il a tout au plus trente ans.

TANT ET PLUS,loc. adv.

Beaucoup, abondamment. Il y aura peu de vin cette année; mais, pour le blé, il y en aura tant et plus.

IL Y A PLUS, BIEN PLUS, QUI PLUS EST, loc. adv. Outre ce qui a été déjà dit, allégué, rapporté. Ces locutions s'emploient surtout quand on va dire quelque chose de plus fort que ce qu'on vient de dire. Je viens de vous dire que...; il y a plus : vous saurez que... C'est un joueur; il y a plus, c'est un fripon. Il ne m'a pas obligé, bien plus, qui plus est, il m'a desservi. Qui plus est, vous saurez que...

NON PLUS,loc. adv.

Pas davantage. S'il n'est pas juste, vous ne l'êtes pas non plus.

NON PLUS QUE,loc. conj.

Pas plus que. On n'exige rien de vous, non plus que de votre camarade. Je ne me fie pas à lui, non plus qu'à son frère.

NI PLUS NI MOINS,loc. adv.

De même, semblablement. Vous avez beau dire, il n'en sera ni plus ni moins. Il vous laisse parler, et n'en fait ni plus ni moins.

NI PLUS NI MOINS QUE,loc. conj.

Tout de même que. Je vous aime ni plus ni moins que si j'étais votre frère. Il est familier.

PLUS OU MOINS,loc. adv.

À peu près. Cela vous coûtera quarante francs, plus ou moins.

Il signifie aussi À différents degrés. Il souffre tous les jours plus ou moins. Il a fait froid tout le mois plus ou moins. On dit dans un sens analogue Plus ou moins grand, plus ou moins gros, etc.

QUI PLUS, QUI MOINS,loc. adv.

Les uns plus, les autres moins. Chacun donnera à cette quête, qui plus, qui moins.

SANS PLUS,loc. adv.

Sans rien ajouter. Je jouerai encore une partie, sans plus.

Il se construit aussi avec un infinitif et signifie Sans davantage. Sans plus différer. Sans plus hésiter. Il s'emploie aussi dans le même sens avec un nom précédé de la préposition de. Sans plus de façons. Sans plus de formalités. Il est alors locution prépositive.

D'AUTANT PLUS, locution adverbiale, s'emploie pour relever l'importance d'un motif de penser ou d'agir. Vous avez d'autant plus sujet de le craindre qu'il a beaucoup de crédit.

Il est toujours suivi de que, sauf lorsqu'il est précédé du pronom relatif en, comme dans cette phrase, Il en est d'autant plus à craindre.

PLUS QUE JAMAIS,loc. adv.

Plus qu'en toute autre circonstance. Aujourd'hui plus que jamais il faut être prudent et vigilant.

AU PLUS TÔT,loc. adv.

Dans le plus court délai. Partez au plus tôt.

NE... PAS PLUS TÔT QUE...,loc. conj.

Aussitôt que. Il n'eut pas plus tôt aperçu son père qu'il courut à lui.

 

PLUSIEURS

adj. pl. des deux genres

. Un certain nombre, un nombre indéfini supérieur à un et le plus souvent à deux. Il est arrivé plusieurs bâtiments. Il s'est livré plusieurs combats. Je crois cela pour plusieurs raisons. Avoir plusieurs affaires. En plusieurs occasions.

Il se dit aussi d'un Nombre plus ou moins considérable, faisant partie d'un autre nombre plus grand. Parmi ce grand nombre de gens, il y en eut plusieurs qui voulurent.... De toutes ces choses, il y en a plusieurs à rejeter. Il avait acheté quantité de chevaux, mais il en mourut plusieurs en chemin. Plusieurs d'entre eux prétendaient...

Il s'emploie aussi absolument comme pronom et désigne Plusieurs personnes. Il ne faut pas que plusieurs pâtissent pour un seul. Plusieurs tiennent, prétendent, s'imaginent... Plusieurs ont cru autrefois...

 

PLUTONIEN, IENNE

 

adj.

T. de Géologie

. Il se dit des Terrains qui ont été produits par l'action du feu souterrain.

 

PLUTONIQUE

 

adj. des deux genres

, ou

 

PLUTÔT

 

adv.

De préférence. Il mourrait plutôt que d'avouer ses torts.

Il signifie aussi Plus exactement. Il est indolent plutôt que paresseux.

 

PLUVIAL, ALE

 

adj.

Qui a rapport à la pluie. Il n'est guère usité que dans cette locution : Eau pluviale, Eau de pluie. Les citernes sont remplies par les eaux pluviales. L'eau pluviale est plus douce que l'eau de puits ou de source.

 

PLUVIAL

 

n. m.

T. de Liturgie

. Grande chape que portent, à la messe et aux vêpres, le diacre, le sous-diacre et l'officiant quand il encense.

 

PLUVIER

 

n. m.

Oiseau de rivage, de l'ordre des Échassiers, qui arrive en troupe à la saison des pluies. Pluvier mâle. Pluvier femelle. Les pluviers ont quelquefois un goût de marécage. Pluvier doré. Pluvier armé.

 

PLUVIEUX, EUSE

 

adj.

Il se dit du Temps et de la saison, et signifie Qui est abondant en pluie. Un jour pluvieux. Un temps pluvieux. Une saison pluvieuse. Nous avons eu un hiver fort pluvieux. Un été, un printemps très pluvieux. Un climat pluvieux.

Il signifie aussi Qui amène la pluie. Un vent pluvieux.

 

PLUVIOMÈTRE

 

n. m.

Instrument qui sert à mesurer la quantité de pluie tombée dans un lieu donné, en un temps donné.

 

PLUVIÔSE

 

n. m.

Cinquième mois du calendrier républicain, qui commençait le 20 ou le 21 janvier et finissait le 18 ou le 19 février.

 

PNEUMATIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Physique

. Qui est relatif à l'air. Il s'emploie particulièrement dans cette expression : Machine pneumatique, Machine avec laquelle on aspire l'air d'un récipient pour y faire le vide. Le récipient d'une machine pneumatique.

Canon pneumatique, Canon où l'air comprimé sert de force propulsive.

Tube pneumatique, Tube où l'on fait le vide par le moyen de machines pneumatiques et dont on se sert pour envoyer les dépêches.

Carte pneumatique, Carte qui est transmise par des tubes pneumatiques. Substantivement, Un pneumatique. Expédier un pneumatique.

Bandage pneumatique, Tube de caoutchouc, gonflé d'air ou d'un gaz comprimé, et qui est fixé à la jante d'une roue pour amortir les chocs. Substantivement, Un pneumatique. Gonfler un pneumatique. On dit par abréviation PNEU.

 

PNEUMATOCÈLE

 

n. f.

T. de Chirurgie

. Fausse hernie du scrotum, causée par des gaz qui le gonflent.

 

PNEUMOCOQUE

 

n. m.

T. de Biologie

. Microbe de la pneumonie.

 

PNEUMOGASTRIQUE

 

adj. des deux genres

. f. d'Anatomie. Qui est commun aux poumons et à l'estomac. Il ne s'emploie guère que dans cette expression : Nerf pneumogastrique, et substantivement Pneumogastrique, Nerf de la dixième paire crânienne, qui envoie des filets aux poumons et à l'estomac.

 

PNEUMONIE

 

n. f.

T. de Médecine

. Inflammation du parenchyme des poumons. Pneumonie aiguë. Pneumonie chronique.

 

PNEUMONIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Médecine

. Qui est relatif aux maladies du poumon, à la pneumonie. Des remèdes pneumoniques.

 

PNEUMOTHORAX

n. m.

T. de Médecine

. Épanchement pathologique, accidentel ou traumatique, de gaz (air ou autres gaz) dans la plèvre. Il y a pneumothorax partiel lorsqu'une partie seulement de la plèvre est remplie. Dans certaines maladies, le pneumothorax peut être utile et on le crée artificiellement.

 

PNYX

 

n. m.

T. d'Antiquité

. Place publique d'Athènes, où se tenait ordinairement l'assemblée générale du peuple. La colline du pnyx d'Athènes. La tribune du pnyx.

 

POCHADE

 

n. f.

T. de Peinture

. Croquis enlevé de verve et destiné à fixer une impression. Ce n'est qu'une pochade.

Par analogie, il se dit, en termes de Littérature, d'une OEuvre rapide et seulement ébauchée.

 

POCHARD

 

n. m.

Homme qui a des habitudes d'ivrognerie. Il est populaire.

 

POCHARDER (SE)

 

v. pron.

S'enivrer. Il est populaire.

 

POCHE

 

n. f.

Sorte de petit sac de toile, d'étoffe, etc., cousu à un vêtement, à un tablier, etc., pour y mettre ce qu'on veut porter ordinairement sur soi. Poche de pantalon, de veste, de gilet. Poche de côté. Coudre des poches. Mettre des poches à un vêtement. Les poches d'une culotte. Ces poches sont trop hautes,. trop profondes. Mettre, serrer, fourrer quelque chose dans sa poche, dans ses poches. Emplir ses poches. Vider ses poches. Avoir les poches pleines d'argent. Avoir de l'argent en poche, plein ses poches. Fouiller dans ses poches, dans la poche de quelqu'un. J'ai surpris le voleur qui avait la main dans ma poche. Avoir les mains dans ses poches. Tenir les mains dans ses poches. Un mouchoir de poche. Un peigne de poche. Un livre à mettre dans la poche.

Fig. et fam., Mettre en poche, Mettre en réserve ou appliquer à son profit un argent qu'on a reçu pour une autre destination. Il met en poche une partie de ce qu'il touche pour ses frais de bureau.

Payer de sa poche, Payer de ses propres deniers. Il n'y avait point d'argent à la caisse, le trésorier a payé de sa poche. Il signifie aussi Payer avec l'argent qu'on destine à ses menues dépenses personnelles. Cette femme a payé de sa poche plusieurs dépenses faites par son mari.

Argent de poche, La somme qu'on destine à ses menus plaisirs, à ses petites dépenses personnelles. L'argent de poche va plus vite qu'on ne croit. Cette dépense regarde le ménage, je ne veux point y employer mon argent de poche.

Fig. et fam., Acheter chat en poche, Conclure un marché sans connaître l'objet qu'on achète. Vendre chat en poche, Vendre une chose sans l'avoir montrée. Je ne vous vends pas chat en poche.

Fig. et fam., Avoir sa nomination en poche, Être assuré qu'on sera nommé à un poste, à un emploi.

Fig. et fam., Avoir ses mains dans ses poches, Ne rien faire.

Fig. et fam., N'avoir pas sa langue dans sa poche, Être prompt, habile à parler, à répondre.

Fig. et fam., Être toujours dans la poche de quelqu'un, Être toujours à ses côtés.

Fig. et fam., Mettre son drapeau dans sa poche, Cacher ses opinions.

Fig. et pop., Rien dans les mains, rien dans les poches se dit pour indiquer qu'On a les mains et les poches vides.

Fig. et fam., Mettre quelqu'un dans sa poche se dit pour Marquer une grande supériorité d'intelligence, d'habileté, etc. Il avait de nombreux contradicteurs : il les a tous mis dans sa poche.

Fig. et fam., Connaître quelqu'un, quelque chose comme sa poche, Le connaître parfaitement.

POCHE se dit aussi d'un Grand sac de toile dont on se sert pour mettre du blé, de l'avoine, etc. Acheter, louer des poches. Une poche de blé. Le meunier fournira des poches.

Il se dit encore d'une Sorte de filet dont on se sert pour prendre des lapins au furet. Tendre une poche.

Il se dit aussi du Jabot des oiseaux, de cette partie dilatée du gosier où ils reçoivent d'abord leurs aliments. Des pigeons qui ont la poche pleine.

Il se dit encore du Repli abdominal chez les marsupiaux.

Il se dit également d'un Sac, d'un sinus qui se fait à un abcès, dans une plaie. En sondant la plaie on a trouvé qu'il s'était fait une poche au fond.

Il se dit encore des Faux plis que font les vêtements mal taillés, principalement lorsque ces faux plis sont très apparents et forment des espèces de sacs. Cet habit est mal coupé, mal taillé, il fait des poches en plusieurs endroits. Il y a ici une poche qu'il faut faire disparaître.

En termes de Géologie, il se dit d'une Cavité remplie de minerais ou d'autre matière différente de ce qui l'entoure.

Il se dit encore d'un Petit violon que les maîtres à danser portaient sur eux, quand Ils allaient donner une leçon en ville. Les chevilles, la table, les cordes d'une poche. Jouer de la poche. On dit plus ordinairement Pochette.

 

POCHÉ

 

n. m.

Sorte d'encre de Chine. Poché pur. Poché clair.

 

POCHER

 

v. tr.

Faire une meurtrissure avec enflure. Il n'est guère usité que dans ces phrases : Pocher l'oeil, pocher les yeux à quelqu'un, Les faire devenir enflés et livides par un coup de poing ou par quelque autre coup.

En termes de Cuisine, Pocher des oeufs, Les faire cuire sans leur coquille dans de l'eau chaude, du jus, du bouillon, de manière que le blanc soit saisi et enveloppe le jaune comme d'une poche. Des oeufs pochés sur des épinards. Un potage avec des oeufs pochés.

Fig. et pop., Avoir les yeux pochés, pochés au beurre noir, Avoir les yeux gonflés, meurtris et noirs.

En termes d'Architecture, Pocher un plan se dit de l'Opération qui consiste à remplir avec de l'encre, du poché, les parties du plan que l'on a d'abord dessinées au trait.

 

POCHETER

 

v. tr.

Serrer, porter pour quelque temps dans sa poche. Il ne se dit proprement qu'en parlant de Certaines choses bonnes à manger, qu'on croit rendre meilleures en les portant quelque temps dans la poche. Pocheter des olives, des truffes. Des pommes d'api pochetées.

 

POCHETTE

n. f.

Petite poche, petit sac, petite enveloppe. Cette petite fille avait les mains dans les pochettes de son tablier.

Il désigne aussi une Petite enveloppe de papier.

Il se dit encore d'un Petit filet de pêche. Tendre une pochette.

Il se dit également d'un Mouchoir destiné à être mis dans une petite poche.

Il se dit en outre d'un Petit violon autrement appelé Poche. Jouer de la pochette.

 

POCHOIR

 

n. m.

T. de Peinture

. Feuille découpée de façon que la découpure forme un dessin que l'on reproduit sur la surface d'un objet, en passant sur cette feuille une brosse chargée de couleur.

 

PODAGRE

 

adj. des deux genres

. Qui a la goutte aux pieds.

Il se dit, par extension, d'une Personne goutteuse, en quelque partie du corps qu'elle ait la goutte. Le pauvre homme est tout podagre. Substantivement, Un pauvre podagre.

 

PODESTAT

 

n. m.

Titre du premier magistrat dans certaines villes d'Italie.

 

PODIUM

 

(UM se prononce OME.)n. m.

T. d'Architecture ancienne

. Soubassement de peu d'élévation, faisant saillie sur le mur d'une chambre ou d'un bâtiment, et servant de plate-forme pour y placer certains objets,

PODIUM se dit, particulièrement, d'un Soubassement dans les amphithéâtres romains, élevé d'environ six mètres au-dessus du niveau de l'arène et formant une sorte de galerie où se plaçaient les personnes de distinction. À Rome, l'empereur, les magistrats curules, les vestales se plaçaient sur le podium.

PODOMÈTRE

 

n. m.

T. didactique

. Instrument qui sert à mesurer le terrain parcouru à pied.

 

POÊLE

 

n. m.

Drap mortuaire, grande pièce d'étoffe noire ou blanche dont on couvre le cercueil pendant les cérémonies funèbres. Tenir les cordons du poêle.

Il se dit aussi du Voile qu'on tenait autrefois sur la tête des mariés, durant la bénédiction nuptiale, suivant un usage qui s'est conservé dans certaines contrées. Deux parents du marié et de la mariée tenaient les deux bouts du poêle. Faire passer sous le poêle.

Il se dit encore du Dais sous lequel on porte le Saint Sacrement dans les processions.

 

POÊLE

 

n. f.

Ustensile de cuisine, fait de tôle ou de fer battu, avec une longue queue et dont on se sert pour frire, pour fricasser. Poêle à frire. Essuyer, récurer une poêle. La queue de la poêle.

Fig. et fam., Tenir la queue de la poêle se dit de la Personne chargée du soin principal d'une affaire, qui en a la direction.

Fig. et fam., Tomber de la poêle dans le feu, Tomber d'un fâcheux état dans un pire.

Poêle à marrons, Poêle percée de trous, qui sert à faire rôtir les marrons.

POÊLE désigne encore, en termes d'Arts, Divers ustensiles qui servent à faire fondre le suif, la cire, l'étain, le plomb, etc.

 

POÊLE

 

n. m.

Sorte de fourneau de fonte, de faïence, etc., qui sert au chauffage. Un poêle de faïence. Un poêle de fonte. La porte d'un poêle. Le tuyau d'un poêle. Allumer le poêle. On a trop poussé le poêle. L'usage des poêles nous est venu du Nord.

POÊLE s'est dit aussi, dans les pays du Nord, d'une Chambre commune où est le poêle. C'est dans un poêle d'Allemagne que Descartes conçut sa méthode.

POÊLÉE

 

n. f.

T. de Cuisine

. Le contenu d'une poêle.

 

POÊLER

 

v. tr.

T. de Cuisine

. Faire cuire à la poêle. Des oeufs poêlés.

 

POÊLIER

 

n. m.

Celui qui fait, qui vend des poêles, des appareils de chauffage.

 

POÊLON

 

n. m.

Sorte de petite poêle, ordinairement de cuivre jaune, et plus profonde que la poêle. Faire de la bouillie dans un poêlon.

Il désigne aussi une Sorte de casserole en terre.

 

POÈME

 

n. m.

Ouvrage en vers. Il ne se dit proprement que des Ouvrages d'une certaine étendue. Poème épique. Poème héroïcomique. Poème dramatique, lyrique, didactique. Poème philosophique. Poème pastoral, bucolique. Poème burlesque. Poème badin.

Il se dit, par analogie, d'Ouvrages analogues à un poème par la pensée, par le style, mais écrits en prose. Les poèmes en prose de Baudelaire.

 

POÉSIE

 

n. f.

L'art de faire des ouvrages en vers. La poésie est appelée le langage des dieux. La grandeur, la beauté, la noblesse de la poésie. Cultiver la poésie. Renoncer à la poésie. La poésie vit de fictions.

Il se dit, dans un sens particulier, déterminé par quelque épithète, des Différents genres de poèmes. Poésie lyrique. Poésie dramatique. Poésie épique. Poésie didactique. Poésie élégiaque, érotique, pastorale, bucolique, satirique.

Il se dit aussi des Différentes matières que l'on traite en vers et des différents styles qu'on y emploie. Poésie chrétienne ou sacrée. Poésie profane. Poésie noble, élevée, Poésie burlesque. Poésie familière.

Il se dit aussi simplement de l'Art, de la manière de faire des vers, de la simple versification. Il a choisi un genre de poésie convenable à son sujet.

Il se dit encore, absolument, des Qualités essentielles au genre poétique. Des vers, de bons vers ne sont pas toujours de la poésie. Cette tirade manque de poésie.

Il se dit quelquefois, dans ce sens, en parlant d'un Ouvrage en prose qui tient de l'élévation et du sentiment poétiques. Il y a de la poésie dans Pascal, dans Bossuet. Les écrtis de Platon sont pleins de poésie.

La poésie du style, Une liberté, une richesse particulière aux pensées, aux expressions, aux tours que l'on emploie dans la poésie. C'est la poésie du sigle qui a fait le succès de l'oeuvre de Chateaubriand.

POÉSIE se dit quelquefois de Ce qu'il y a d'élevé, de touchant dans une oeuvre d'art, dans le caractère ou la beauté d'une personne, dans les aspects de la nature. Il y a de la poésie dans ses regards, dans sa manière de s'exprimer. La poésie d'un paysage. La poésie d'un tableau.

Il se dit encore de l'Ensemble des ouvrages en vers composés dans une langue, ou de leurs Caractères communs les plus généraux, ou des Traits auxquels se reconnaît la manière d'un poète. La poésie française. La poésie anglaise. La poésie de Victor Hugo, de Lamartine. La poésie grecque nous charme par son naturel. Tableau de la poésie française au XVIe siècle, par Sainte-Beuve. Une histoire de la poésie anglaise.

Il signifie également Ouvrage en vers; il ne se dit guère que des Ouvrages de peu d'étendue et s'emploie surtout en parlant des modernes. Les poésies de Malherbe, de Racan. Recueil de poésies satiriques, de poésies morales, de poésies fugitives.

 

POÈTE

 

n. m.

Celui qui fait des vers, qui se consacre à la poésie. Les anciens poètes. Les poètes modernes. Les poètes grecs. Poète latin. Poète français. Poète italien. Homère et Virgile sont appelés les princes des poètes. Poète lyrique. Poète dramatique. Poète tragique. Poète comique. Poète élégiaque. Poète satirique. Poète burlesque. Poète lauréat. Il se dit quelquefois en parlant d'une Femme. Cette femme est poète. Madame Deshoulières était un poète aimable.

Fam., Poète crotté, Poète famélique.

POÈTE désigne aussi Celui qui a le don de la poésie. Être né poète. Cet homme est poète. POÉTEREAU

 

n. m.

Poète médiocre, mauvais poète. Ce n'est qu'un poétereau. Il est familier.

 

POÉTESSE

 

n. f.

Femme poète. Sapho est une poétesse illustre.

 

POÉTIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui concerne la poésie. Ouvrage poétique. Style poétique. Langage poétique. Terme poétique. Figure poétique. Art poétique. Tour poétique. Fiction poétique. Invention poétique. Génie. poétique. Imagination poétique. Enthousiasme poétique.

Licence poétique se dit de Certaines libertés que les poètes se donnent dans leurs vers, contre les règles ordinaires de la langue ou de la versification, et qui ne seraient pas reçues dans la prose.

Fig. et fam., Il se dit, par ironie, d'une Altération de la vérité. Il y a dans ce récit des licences poétiques.

POÉTIQUE se dit aussi de Ce qui est relatif aux qualités de la poésie, de ce qui en offre les caractères d'élévation, d'inspiration, d'images, etc. Le sentiment poétique. Prose poétique. C'est une nature poétique. Ce paysage a quelque chose de poétique.

 

POÉTIQUE

 

n. f.

Traité de l'art de la poésie. La poétique d'Aristote.

Par extension, La poétique des beaux-arts, de la musique, etc., L'exposition, l'explication de ce qu'il y a d'élevé, d'idéal dans les beaux- arts, dans la musique, etc. Chateaubriand a exposé la poétique du christianisme.

 

POÉTIQUEMENT

 

adv.

D'une manière poétique. Cela est dit poétiquement. S'énoncer poétiquement.

POÉTISER

 

v. intr.

Versifier. Au lieu de songer à ses affaires, il ne fait que poétiser. Dans ce sens, il a vieilli.

Il est aussi verbe transitif et signifie Rendre poétique, élever au ton de la poésie. Poétiser un caractère.

 

POIDS

 

n. m.

Pesanteur, qualité de ce qui est pesant. Le poids d'un fardeau. Un fardeau de grand poids, d'un poids considérable. Le poids de l'eau, de l'air, de l'or, etc.

Tomber de tout son poids, Tomber tout d'un coup et sans que rien amortisse la chute.

POIDS se dit aussi de la Pesanteur déterminée et fixe de certaines choses. Le poids de l'ancienne pièce d'argent de cinq francs était de vingt-cinq grammes.

Cette monnaie est de poids, Elle a la pesanteur qu'elle doit avoir suivant la loi.

Fig., Vendre, acheter une chose an poids de l'or, La vendre, l'acheter excessivement cher.

Poids atomique. Voyez ATOMIQUE.

POIDS se dit aussi de Certains morceaux de cuivre et de certaines masses de fer ou de plomb d'une pesanteur réglée et connue, dont on se sert pour savoir combien une chose pèse. Des poids et des balances. Vendre à faux poids et à fausse mesure. Un poids de cent grammes. Des poids qui ne sont pas justes.

Faire bon poids, Peser ce qu'on vend, de sorte que la marchandise fasse pencher la balance. Il faut faire bon poids. Faites-moi bon poids. On dit dans un sens contraire Le poids n'y est pas.

Faire le poids, Ajouter dans un plateau de la balance ce qui est nécessaire pour faire exactement équilibre à ce, qui est dans l'autre plateau.

Fig., Avoir deux poids et deux mesures, Juger différemment d'une même chose selon les personnes, les circonstances, les intérêts, etc.

POIDS se dit encore des Masses de cuivre, de fonte, etc., que l'on suspend aux chaînes, aux cordes d'une horloge, pour imprimer un mouvement au mécanisme. Remonter les poids d'une horloge.

POIDS se dit figurément de Tout ce qui pèse, oppresse, chagrine, embarrasse. Le poids des affaires l'accable. Il succombe, il gémit sous le poids des années et des chagrins. Vous avez soulagé mon âme d'un grand poids. Ce peuple est écrasé sous le poids des impôts. Cette armée a soutenu presque seule tout le poids de la guerre. Le poids du remords, des remords. Ce souvenir est un poids qui l'oppresse.

POIDS signifie aussi, figurément, Importance, considération, force. Ces raisons-là auront bien plus de poids dans votre bouche que dans la mienne. Cela donne un grand poids, ajoute un grand poids à vos raisons. Une autorité, un témoignage, un exemple d'un grand poids.

Un homme de poids, Un homme d'importance, de considération, d'autorité, de mérite.

 

POIGNANT, ANTE

 

adj.

Qui est piquant. Il ne s'emploie que figurément et ne se dit que d'une Douleur physique ou morale qui est forte, vive, pénétrante, qui étreint. Douleur poignante. Une douleur vive et poignante. Remords poignant.

 

POIGNARD

 

n. m.

Arme à lame courte et pointue. Donner un coup de poignard. Se battre à l'épée et au poignard. Le poignard a pénétré profondément.

Fig., C'est un coup de poignard, se dit de la Surprise et de la douleur que cause un événement extrêmement fâcheux. Cette nouvelle fut pour lui un coup de poignard. Il se dit aussi, en général, de Tout ce qui peut blesser ou offenser vivement quelqu'un.

Fig., Avoir le poignard dans le coeur, dans le sein, Éprouver une douleur, un déplaisir extrême de quelque chose. On dit dans un sens analogue Mettre, plonger, enfoncer à quelqu'un le poignard dans le coeur.

Fig., Retourner à quelqu'un le poignard dans le coeur, lui retourner le poignard dans la plaie, S'appesantir sur ce qui le blesse ou qui l'afflige vivement.

Fig., Mettre, tenir à quelqu'un le poignard sur la gorge, Vouloir le contraindre à faire quelque chose.

 

POIGNARDER

 

v. tr.

Frapper, blesser, tuer avec un poignard. Ils l'ont poignardé dans sa propre maison. César fut poignardé en plein sénat. Dans son désespoir, il se poignarda.

Il s'emploie quelquefois figurément et signifie Causer une extrême douleur, une extrême affliction. Il ne faut pas lui faire ce reproche; ce serait le poignarder.