Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Secundo
(On prononce Sécondo.)adv.
Terme emprunté du latin. Secondement, en second lieu. Il s'emploie pour désigner le Deuxième article d'une série, lorsqu'on a commencé à compter par Primo.
SÉCURITÉ
n. f.
Confiance, tranquillité d'esprit qui résulte de l'opinion, bien ou mal fondée, qu'on n'a pas à craindre de danger. Au milieu de tant de périls, votre sécurité m'étonne. Une grande sécurité de conscience. Tout est calme aujourd'hui, mais j'ai peu de sécurité pour l'avenir.
Il signifie, par extension, Tranquillité, absence de danger. Nos vaisseaux parcourent maintenant ces mers avec sécurité. L'industrie a besoin de sécurité. Nous ne sommes pas en sécurité ici.
SÉDATIF, IVE
adj.
T. de Médecine
. Il se dit des Remèdes qui calment la douleur ou l'excitation d'un organe. Ces eaux exercent une action sédative. Air très sédatif.
En termes de Pharmacie, Eau sédative, Lotion où il entre de l'ammoniaque, du camphre et du sel marin, qui a une action légèrement révulsive et qui est utilisée contre la migraine, les rhumatismes, etc.
SÉDATIF s'emploie aussi comme nom masculin. La valériane est un sédatif.
SÉDENTAIRE
adj. des deux genres
. Qui demeure ordinairement assis. Cet homme ne prend pas assez d'exercice, il est trop sédentaire.
Il signifie, par extension, Qui se tient presque toujours chez lui. Il est devenu, depuis quelque temps, fort sédentaire.
Il signifie encore Qui est fixe, attaché à un lieu. Philippe le Bel rendit le parlement sédentaire.
Vie sédentaire, emploi, profession sédentaire, Vie qui se passe, emploi, profession qui s'exerce dans un même lieu.
SÉDENTAIRE se dit particulièrement, en termes d'Administration militaire, des Troupes qui ne changent pas de garnison, qui ne se mettent jamais en campagne. Troupes sédentaires.
SÉDIMENT
n. m.
Dépôt produit par la précipitation des matières dissoutes ou suspendues dans un liquide. Il y a d'ordinaire beaucoup de sédiment dans cette solution. Il n'y a pas de sédiment dans ses urines.
Sol ou terrain de sédiment se dit, en termes de Géologie, des Couches formées par les matières qui se sont déposées à la surface du globe, principalement par l'action de la mer.
SÉDIMENTAIRE
adj. des deux genres
. Qui a le caractère d'un sédiment; qui appartient à un sédiment. Terrain sédimentaire.
SÉDITIEUSEMENT
adv.
D'une manière séditieuse. Il parla séditieusement sur la place publique.
SÉDITIEUX, EUSE
adj.
Il se dit de Ceux qui font une sédition, qui prennent part à une sédition. Une populace séditieuse. Un attroupement séditieux.
Il signifie aussi Qui est enclin à faire sédition. Un esprit séditieux.
Il signifie encore Qui tend, qui provoque à la sédition. Des discours, des écrits, des libelles séditieux. Une assemblée séditieuse. Une harangue séditieuse. Pousser des cris séditieux.
SÉDITIEUX s'emploie aussi comme nom pour désigner des Personnes séditieuses. C'est un séditieux. On arrêta le chef des séditieux. Les séditieux firent des attroupements.
SÉDITION
n. f.
Émeute populaire, révolte, soulèvement contre la puissance établie. Grande, violente, furieuse sédition. Durant la sédition. Exciter, allumer, fomenter, entretenir la sédition. Apaiser, éteindre la sédition. Esprit de sédition.
SÉDUCTEUR, TRICE
n.
Celui, celle qui séduit, qui fait tomber en erreur ou en faute. Séducteur de la jeunesse.
Il se dit absolument, au masculin, de Celui qui corrompt l'innocence, la vertu des jeunes filles ou des femmes. C'est un séducteur. Un vil séducteur. Elle est tombée dans les pièges d'un séducteur.
Il s'emploie aussi comme adjectif et signifie seulement Qui cherche à plaire, qui charme. Un discours, un ton séducteur.
En termes de Théologie, L'esprit séducteur, Le diable.
SÉDUCTION
n. f.
Action par laquelle on séduit. Il employa l'argent, les promesses, et tout ce qui peut contribuer à la séduction. Il déploya son talent de séduction. La séduction d'une jeune fille.
Séduction de témoins, Action de suborner, de corrompre des témoins.
SÉDUCTION se dit absolument de l'Action de séduire une jeune fille ou une femme, de corrompre son innocence, sa vertu. Son roman est encore une histoire de séduction.
Il se dit aussi de l'Attrait, de l'agrément qui rend certaines choses propres à séduire. La séduction des richesses, de la jeunesse, de l'esprit, du pouvoir. La séduction des manières. La séduction du regard. Un abord plein de séduction. Les séductions des passions. Ce conférencier a beaucoup de séduction dans la parole, dans la voix. Fuir les séductions du monde.
SÉDUIRE
(Il se conjugue comme CONDUIRE.) v. tr. Égarer, abuser, faire tomber dans l'erreur par ses insinuations, par ses écrits, par ses discours, par ses exemples, etc. Cet hypocrite séduisait les peuples. Il l'a séduit par ses maximes pernicieuses. Cela ne peut séduire que les hommes simples et ignorants. Le faux espoir qui nous avait séduits.
Il signifie encore Faire tomber en faute, suborner, corrompre, débaucher. Séduire des témoins. Séduire des domestiques pour les faire parler contre leur maître. Séduire une jeune fille en lui promettant le mariage. Elle s'est laissé séduire.
Il signifie aussi Toucher, plaire, persuader. Cet homme m'a séduit par la franchise de son langage. Sa bonté séduit tous les coeurs. Ses manières m'ont séduit.
Il s'emploie absolument, surtout dans la dernière acception. C'est un homme habile à séduire. Cela séduit. Son ton séduit.
SÉDUISANT, ANTE
adj.
Qui séduit, qui est propre à séduire, à plaire. Il se dit ordinairement en bonne part. Discours séduisant. Conversation séduisante. Ton séduisant. Air séduisant. Offres séduisantes. Des qualités brillantes rendaient ses vices séduisants.
SEGMENT
n. m.
T. de Géométrie
. Portion de figure définie. Segment de cercle.
Segment sphérique, Solide engendré par un segment de cercle tournant autour de la partie du rayon qui passe par le milieu de l'arc.
SEGMENT désigne, en termes d'Anatomie, la Partie d'un organe distincte d'une autre partie, bien que continue avec elle. Les segments de la trachée.
En termes de Mécanique, Il désigne une Sorte d'anneau métallique placé autour d'un piston pour assurer l'étanchéité du cylindre dans lequel se meut le piston.
SEGMENTAIRE
adj. des deux genres
. T. didactique
. Qui est formé de plusieurs segments.
SEGMENTATION
n. f.
T. didactique
. Action de segmenter ou Fait d'être segmenté.
SEGMENTER
v. tr.
T. didactique
. Diviser, partager en segments.
SÉGRÉGATION
n. f.
T. didactique
. Action par laquelle on met quelqu'un ou quelque chose à part, on le sépare d'un tout, d'une masse.
En termes de Sciences, il désigne l'Acte par lequel des êtres ou des objets, d'abord mêlés avec d'autres, s'en séparent ou en sont séparés pour être réunis en un groupe nouveau.
SÉGUEDILLE
n. f.
Sorte de chanson ou de danse espagnole.
SEICHE
n. f.
T. d'Histoire naturelle
. Animal de mer, de la classe des Mollusques, qui jette en certaines occasions une liqueur noire et qui a dans le dos un os de substance friable. Os de seiche.
SÉIDE
n. m.
Sectaire fanatique, aveuglément dévoué à un chef politique ou religieux. Les séides d'un démagogue.
SEIGLE
n. m.
Plante graminée donnant un grain plus long et plus brun que le froment. Une gerbe de seigle. Terre à seigle. Paille de seigle. Les seigles sont maigres cette année. Couper les seigles. Battre les seigles.
Faire les seigles, Couper les seigles. On a fait les seigles de bonne heure cette année.
SEIGLE se dit aussi du Grain produit par cette plante et de la farine qu'on en tire. Pain de seigle.
SEIGNEUR
n. m.
Maître, possesseur d'un pays, d'un État, d'une terre. Il est principalement d'usage en termes de Féodalité. Seigneur souverain. Seigneur d'une ville, d'un bourg, d'un village. Il était seigneur de plusieurs grandes terres. Rendre foi et hommage à son seigneur.
Il est aussi le Titre qu'on donnait à quelques personnes distinguées par leur dignité ou par leur rang, pour leur faire plus d'honneur. Haut et puissant seigneur. Un grand seigneur. Il fait le grand seigneur. Se donner des airs de grand seigneur. Voyez aussi MONSEIGNEUR.
Par excellence, Le Seigneur, Dieu. Notre- Seigneur, JÉSUS-CHRIST.
Le Grand Seigneur se disait du Sultan.
Vivre en grand seigneur, Vivre sans rien faire et magnifiquement. Vêtu, logé comme un grand seigneur, Très bien vêtu, très bien logé.
Fam., C'est un petit seigneur se dit d'un Homme qui affecte de l'importance et qui n'en a pas.
Par plaisanterie, une femme dit de son mari : Mon seigneur et maître.
Prov., À tous seigneurs tous honneurs, à tout seigneur tout honneur, Il faut rendre à chacun ce qui lui est dû d'après son rang, sa dignité.
SEIGNEURIAL, ALE
adj.
Qui appartient au seigneur. Titre seigneurial. Droits seigneuriaux.
Maison seigneuriale, La maison affectée à l'habitation du seigneur du lieu.
SEIGNEURIAL signifie aussi Qui donne des droits de seigneur. Terre seigneuriale.
SEIGNEURIE
n. f.
Droit, puissance, autorité qu'un homme a sur la terre dont il est seigneur et sur tout ce qui en relève. La terre et seigneurie de tel lieu. La seigneurie de cette terre s'étendait fort loin.
Il se dit aussi des Mouvances, des droits féodaux d'une terre, indépendamment de la terre même. Il vendit sa terre et il s'en réserva la seigneurie.
Il signifie encore Terre seigneuriale. Le roi érigea cette seigneurie en marquisat.
Il était aussi un Titre d'honneur qu'on donnait à des personnes investies de certaines dignités, et, entre autres, aux pairs de France sous la Restauration. Votre seigneurie. À sa seigneurie monsieur le duc de N., pair de France.
Il se dit encore par plaisanterie à des gens avec qui l'on est très familier. Serviteur à votre seigneurie.
SEIME
n. f.
T. d'Art vétérinaire
. Fente qui se forme au sabot du cheval et qui s'étend quelquefois depuis la couronne jusqu'à la pince.
SEIN
n. m.
Partie antérieure de la poitrine, où sont les mamelles. Il lui a plongé un poignard dans le sein. Il le pressa contre son sein. Il cachait un poignard dans son sein, Il le cachait dans la partie de son vêtement qui lui couvrait le sein.
Fig., Mettre à quelqu'un le poignard dans le sein, Lui causer un extrême déplaisir en lui annonçant une mauvaise nouvelle, ou en lui disant quelque chose de dur, de fâcheux, de désagréable. On dit plutôt Dans le coeur.
Fig., C'est un serpent que j'ai réchauffé dans mon sein, C'est un homme qui m'a de grandes obligations et qui me paie d'ingratitude.
Dans le style de l'Écriture sainte, Le sein d'Abraham, Le lieu de repos où étaient les âmes saintes avant la venue de JÉSUS-CHRIST.
Il désigne, par extension, dans la Théologie chrétienne, le Séjour céleste.
SEIN se dit particulièrement de la Partie antérieure de la poitrine chez les femmes. Cette femme a le sein découvert. Son enfant dormait sur son sein.
Il se dit aussi de Chacune des mamelles. Le sein droit, le sein gauche d'une femme. Elle éprouve une douleur au sein droit.
Donner le sein à un enfant, Lui donner à téter. Prendre le sein, en parlant d'un Enfant, Téter.
SEIN se dit aussi de la Partie du corps où les femmes conçoivent et portent des enfants. JÉSUS-CHRIST fut conçu dans le sein de la Vierge. Cet enfant qu'elle a porté dans son sein.
Fig., Le sein de la terre, le sein de la mer, Ce qui est au-dessous de la surface de la terre, de la mer. Tirer des métaux du sein de la terre.
Fig., Porter la guerre au sein d'un royaume, d'une province, Porter la guerre bien avant dans un royaume, dans une province.
Fig., Le sein de l'Église, La communion de l'Église catholique. Il est rentré dans le sein de l'Église. On dit aussi Mourir dans le sein de l'hérésie.
SEIN signifie encore, au figuré, Milieu. Il est né au sein de l'opulence, des grandeurs. On l'a tiré du sein de la pauvreté et de l'abjection pour l'élever aux honneurs. Il mène une vie paisible au sein des arts et de l'amitié. Vivre au sein de sa famille. Du sein même de nos malheurs est sortie pour nous une cause de grandeur et de prospérité.
Il désigne aussi figurément l'Esprit ou le coeur de l'homme. Déposer ses secrets dans le sein d'un ami. Verser sa douleur dans le sein de son ami.
SEINE
n. f.
T. de Pêche
. Sorte de filet que l'on traîne sur les grèves. Pêcher à la seine. Tirer la seine.
SEING
(On ne prononce pas le G.)n. m.
Nom de quelqu'un écrit par lui-même au bas d'une lettre, d'un acte, pour le certifier, pour le confirmer, pour le rendre valable. Mettez là votre seing. Contrefaire le seing de quelqu'un. Le seing des témoins.
Seing privé, Signature d'un acte qui n'a point été reçu par un officier public. Un acte sous seing privé.
Blanc-seing. Voyez ce mot à son rang alphabétique.
SÉISME
n. m.
T. didactique
. Tremblement de terre.
Il se dit, en général, de Tout mouvement brusque de l'écorce terrestre.
SEIZE
adj. numéral cardinal des deux genres
. Dix et six. Seize personnes. Il n'a pas encore seize ans. Seize cents francs. Seize mille francs.
En termes de Généalogie, Faire preuve de seize quartiers de noblesse, Prouver sa noblesse tant du côté des pères que du côté des mères, en remontant jusqu'à la quatrième génération. SEIZE est aussi adjectif numéral ordinal et signifie Seizième. Chapitre seize. Page seize. Louis seize. On écrit ordinairement Louis XVI.
SEIZE s'emploie également comme nom masculin. Seize multiplié par deux. On dit de même : Le nombre seize. Le numéro seize. Le 16.
Il désigne aussi le Seizième jour d'un mois. Le seize du mois, Le seizième jour d'un mois. Nous sommes déjà au seize, le seize.
SEIZIÈME
adj. des deux genres
. Adjectif ordinal de Seize. Il n'est que le seizième sur la liste. Au livre seizième. Le seizième jour du mois. Le seizième siècle. La seizième partie et substantivement Le seizième, Chaque partie d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en seize parties. Il n'est dans cette affaire que pour un seizième.
SEIZIÈMEMENT
adv.
En seizième lieu.
SÉJOUR
n. m.
Demeure, résidence plus ou moins longue dans un lieu, dans un pays. Il a fait un long séjour dans ce pays. Il a établi son séjour en province. Le séjour de Paris ne vaut rien pour sa santé. Permis de séjour. Indemnité de séjour.
Il se dit également du Temps qu'un bâtiment de guerre passe en relâche. Le séjour de ce vaisseau dans tel port a été d'une semaine, d'un mois, etc.
Il se dit, par analogie, en parlant des Liquides qui s'arrêtent, qui restent plus ou moins longtemps en quelque endroit. Le séjour des eaux dans un terrain. Le séjour des mers sur un continent. En ce sens il est rare.
Il se dit encore d'un Lieu considéré par rapport à l'habitation, à la demeure qu'on y fait ou qu'on y peut faire. Un séjour champêtre. Cette maison est un beau séjour, est un séjour délicieux. Cette ville est un agréable séjour.
Poétiquement, Le séjour des dieux, le céleste séjour, Le ciel. Le séjour infernal, Les enfers. L'humide séjour, La mer, l'onde. Etc.
SÉJOURNER
v. intr.
Demeurer, s'arrêter quelque temps dans un endroit. Il est arrivé à Paris, où il doit séjourner cinq ou six mois.
Il se dit, par analogie, des Liquides qui s'arrêtent, qui restent plus ou moins longtemps dans un endroit. Les eaux de la mer ont séjourné longtemps sur cette partie de la terre. L'eau du Nil, après avoir séjourné sur les terres, se retire et rentre dans son lit.
SEL
n. m.
Chlorure de sodium, substance sèche, friable, soluble dans l'eau, que l'on extrait de la mer, de sources salées, de mines, et dont on se sert surtout pour assaisonner les aliments. Sel gris, sel blanc. Gros sel. Sel fin. Sel marin. Sel gemme. Sel de cuisine. Un grain de sel. Des mulons de sel. Un bateau de sel, chargé de sel. Grenier à sel. L'extraction du sel. Le raffinage du sel. Il n'y a pas assez de sel dans cette sauce. Saupoudrer de sel de la viande. Le sel est le symbole de la sagesse.
Manger une chose à la croque au sel, La manger sans autre assaisonnement que le sel.
Viande au gros sel, Viande bouillie que l'on sert avec accompagnement de gros sel. Chapon, boeuf au gros sel.
Beurre, fromage demi-sel, Beurre, fromage légèrement salé.
Fig., Offrir le pain et le sel, Offrir l'hospitalité. Partager le pain et le sel, Recevoir l'hospitalité.
SEL se dit figurément de Ce qu'il y a de fin, de vif, de piquant dans les discours, dans les ouvrages de l'esprit. Cet ouvrage est plein de sel. Il n'y a pas un grain de sel dans son ouvrage, dans ses discours, dans sa conversation. Je ne sens pas, je ne goûte pas le sel de cette plaisanterie. Ses écrits sont assaisonnés du sel le plus piquant.
Sel attique, Manière spirituelle et délicate de penser et de s'exprimer qui caractérisait les Athéniens et leurs écrivains.
SEL se dit aussi, en termes de Chimie, de Toute substance formée par la combinaison d'un acide avec une base.
Sel d'oseille, Bioxalate de potassium.
Sel de Vichy, Bicarbonate de sodium.
Respirer des sels, Aspirer l'odeur d'un sel volatil pour ranimer ses esprits. Elle était près de s'évanouir, on lui fit respirer des sels.
SÉLACIENS
n. m. pl.
Nom d'une famille de poissons cartilagineux.
SÉLAM
n. m.
Bouquet de fleurs dont l'arrangement est une sorte d'écriture, de langage muet. Chez les Orientaux, les amants se servent de sélams pour correspondre ensemble.
SÉLECTION
n. f.
Action de choisir ou résultat de ce choix. Il a fallu exercer une sélection sévère parmi les candidats. À l'exposition des oeuvres de ce peintre, il y a seulement une sélection de ses meilleures toiles.
Il se dit particulièrement, en termes d'Économie rurale, pour désigner le Choix bien entendu de reproducteurs doués des caractères que l'éleveur désire fixer dans une espèce animale.
En termes d'Histoire naturelle, Sélection naturelle, Prédominance d'une variété mieux adaptée que les autres au milieu où elle doit vivre et qui les élimine.
SÉLÉNIEUX
adj. m.
T. de Chimie
. Il se dit d'Un des acides dérivés du sélénium. Acide sélénieux.
SÉLÉNIQUE
adj. m.
T. de Chimie
. Il se dit d'Un des acides dérivés du sélénium, comportant plus d'oxygène que l'acide sélénieux.
SÉLÉNITE
n. m.
T. de Chimie
. Sel produit par la combinaison de l'acide sélénieux avec une base.
SÉLÉNITE
n. f.
T. de Minéralogie
. Ancien nom du gypse ou sulfate de calcium.
SÉLÉNITEUX, TEUSE
adj.
T. didactique
. Qui a rapport à la sélénite. Eau séléniteuse, Eau qui contient du sulfate de calcium; eau dure, qui ne cuit pas les légumes et ne dissout pas le savon.
SÉLÉNIUM
n. m.
T. de Chimie
. Corps simple, métalloïde.
SÉLÉNOGRAPHIE
n. f.
T. d'Astronomie
. Description de la lune. La sélénographie d'Hévélius.
SÉLÉNOGRAPHIQUE
adj. des deux genres
. Qui a rapport à la description de la lune. Cartes sélénographiques.
SELLE
n. f.
Petit siège de bois, à trois ou quatre pieds et sans dossier, sur lequel une seule personne peut s'asseoir. Selle de bois de chêne. Être assis sur une selle.
Prov. et fig., Rester entre deux selles se dit lorsque, de deux choses auxquelles on prétendait, on n'en obtient aucune.
SELLE se dit aussi d'une Sorte de siège qu'on met sur le dos d'un cheval, d'une mule, etc., pour la commodité de la personne qui monte dessus. Selle d'homme. Selle de dame. Selle à l'anglaise. Le siège, les arçons, le pommeau d'une selle. Rembourrer de crin une selle. Cette selle porte trop sur le devant. Ce cheval est mal sanglé, la selle tournera. Se remettre en selle.
Être bien en selle, Être bien placé sur son cheval.
Fig. et fam., Être bien en selle, Être bien affermi dans son poste, dans sa place. Ce ministre a été longtemps menacé de perdre sa place, aujourd'hui il est bien en selle. On dit dans un sens analogue : Mettre quelqu'un en selle.
Selle à tous chevaux, Selle qu'on peut faire servir à tous chevaux. Il se dit figurément d'un Propos banal, d'un lieu commun qui peut être employé en toutes circonstances.
Cheval de selle, Cheval propre à être monté par un cavalier. Cheval de selle et de trait, Cheval qu'on peut, à volonté, monter ou atteler à une voiture.
SELLE désigne encore une Sorte de petit siège de cuir adapté à une bicyclette, à une motocyclette.
En termes de Cuisine, il désigne un Morceau de mouton, d'agneau allant de la première côte au gigot. Une selle d'agneau.
En termes de Sculpture, il désigne une Tablette à pivot montée sur un trépied, sur laquelle le sculpteur pose la figure à laquelle il travaille.
SELLE se dit encore de la Garde-robe. Aller à la selle.
Par extension, il désigne Ce qu'on a évacué à la garde-robe. Il a eu deux ou trois selles. Garder les selles d'un malade pour les montrer au médecin.
SELLER
v. tr.
Mettre et affermir une selle sur un cheval, sur une mule, etc. Vite, sellez mon cheval. Il fit promptement seller ses chevaux.
SELLERIE
n. f.
Lieu où l'on serre les selles et les harnais des chevaux. Il faut porter ces harnais à la sellerie.
Il se dit encore de la Fabrication et du commerce des selles et des harnais.
Il se dit aussi des Ouvrages qui se font pour l'équipement et le harnachement des chevaux. Ouvrier en sellerie. Il avait l'entreprise de la sellerie des écuries du roi.
SELLETTE
n. f.
Petit siège de bois fort bas, sur lequel on obligeait un accusé de s'asseoir quand on l'interrogeait pour le juger, et que les conclusions du ministère public tendaient à une peine afflictive. Mettre un accusé sur la sellette; le tenir longtemps sur la sellette.
Fig. et fam., Tenir quelqu'un sur la sellette, Lui faire plusieurs questions soit pour lui faire passer un examen, soit pour l'obliger à déclarer une chose qu'il voudrait tenir secrète. On l'a tenu longtemps sur la sellette.
SELLETTE désigne aussi un Petit siège accroché aux barreaux d'une échelle ou soutenu par des cordes sur lequel s'assoient, à défaut d'échafaudage, les ravaleurs et les peintres en bâtiment.
Il désigne encore la Pièce du harnais d'un cheval de trait, en forme de petite selle, qui est placée sur le dos du cheval et qui supporte des courroies auxquelles sont attachés les brancards.
Il désigne, en termes de Sculpture, une Petite selle de sculpteur.
Il se dit en outre de la Partie des anciennes charrues sur laquelle le timon était appuyé.
SELLIER
n. m.
Celui qui fait, qui vend des selles et tout ce qui concerne le harnachement du cheval. Maître sellier. Ouvrier sellier.
SELON
préposition. Suivant, eu égard à, conformément à, à proportion de. Selon mon sentiment. Selon mon opinion. Chacun sera récompensé selon ses oeuvres. On l'a traité selon son mérite. Se gouverner selon le temps et la saison. Selon l'occurrence. Dépenser selon ses moyens. Agir selon sa conscience. Il sera payé selon qu'il travaillera. J'en userai avec lui selon qu'il en usera avec moi. Nous agirons selon ce qu'il dira.
Selon moi, Selon ce que je pense, selon mon sentiment. On dit de même : Selon vous, selon cet auteur, etc.
SELON, dans le langage familier, s'emploie absolument pour dire Selon l'occurrence, selon les différentes dispositions des personnes, etc.; et alors il ne s'emploie guère que pour marquer quelque doute, quelque incertitude à quelqu'un qui nous interroge. Pensez-vous qu'il puisse réussir? C'est selon.
SEMAILLE
n. f.
Action de semer. Il s'emploie surtout au pluriel. Nous avons fait nos semailles. On est occupé maintenant aux semailles. Semailles d'automne. Semailles de printemps.
Il désigne encore les Grains semés. Les grandes pluies ont gâté toutes les semailles. Les oiseaux ont mangé les semailles.
Il désigne aussi la Saison, le temps durant lequel on ensemence les terres. Pendant les semailles.
SEMAINE
n. f.
Période de sept jours, qui commence le dimanche pour finir le samedi. Une semaine entière. On y travaillera la semaine prochaine. J'y suis allé la semaine dernière. L'année est composée de cinquante-deux semaines et un ou deux jours. Au bout, à la fin de la semaine. La semaine de la Passion.
Semaine sainte, Semaine qui précède Pâques.
Prêter à la petite semaine, Tirer un intérêt exorbitant d'une petite somme remboursable à un terme très court.
Fig. et fam., La semaine des quatre jeudis, Jamais. Il le paiera la semaine des quatre jeudis.
SEMAINE se dit aussi en parlant de Certaines fonctions dont on est chargé à son tour pendant une semaine. Être de semaine. Cet officier ne peut s'absenter, parce qu'il est de semaine. Le sergent de semaine. Le vicaire de semaine.
Il se dit aussi d'une Suite de sept jours que l'on commence à compter de quelque jour que ce soit. J'ai passé à la campagne une semaine entière. Il y aura jeudi trois semaines qu'il est malade. Il arrivera d'aujourd'hui en trois semaines.
Il se dit encore de la Série de six jours pendant lesquels on travaille, à l'exception du dimanche. Travailler pendant la semaine et se reposer le dimanche.
Semaine anglaise, Semaine où le temps du repos hebdomadaire commence dès le samedi à midi.
SEMAINE se dit aussi du Paiement que les ouvriers reçoivent du travail de leur semaine. Cet ouvrier recevra demain sa semaine. Il a mangé sa semaine en un tour.
Il se dit aussi de la Petite somme que l'on donne à un enfant pour ses menus plaisirs de la semaine.
SEMAINIER, IÈRE
n.
Celui, celle qui est de semaine dans un chapitre ou dans une communauté religieuse.
Il se dit aussi d'un Comédien chargé pendant une semaine de tous les détails relatifs à la représentation des pièces qui seront jouées. Les semainiers de la Comédie-Française.
SÉMANTIQUE
n. f.
Science de la signification des mots; étude historique des variations de leur sens.
Il s'emploie aussi adjectivement. Études sémantiques.
SÉMAPHORE
n. m.
Sorte de télégraphe optique établi sur les côtes, pour servir à faire connaître l'arrivée, les manoeuvres des bâtiments venant du large, pour correspondre avec eux et leur fournir diverses indications utiles pour la navigation.
SEMBLABLE
adj. des deux genres
. Qui est pareil, qui ressemble, qui est de même nature, de même qualité, qui a des caractères communs. Ces deux choses sont semblables entre elles. Ulysse semblable aux dieux. Il me fit tels et tels discours, et autres semblables. Il y a peu de cas entièrement semblables. Il ne s'est jamais rien vu de semblable. Il n'est pas deux jours de suite semblable à lui-même.
Des paroles semblables, Des paroles analogues à celles que l'on vient de dire. On dit de même : De semblables discours, de semblables projets, etc.
En termes de Géométrie, Triangles semblables, Ceux qui ont leurs angles égaux, chacun à chacun. Figures semblables, Celles qui ont leurs angles égaux, chacun à chacun, et dans lesquelles, en outre, les côtés qui comprennent ces angles sont proportionnels.
SEMBLABLE s'emploie aussi comme nom, accompagné de l'adjectif possessif. C'est un homme qui n'a pas son semblable.
Nos semblables, Les autres hommes, sans distinction de race et de civilisation. L'humanité nous oblige à avoir pitié de notre semblable, de nos semblables.
SEMBLABLEMENT
adv.
D'une manière semblable, pareillement, aussi. Vous êtes de cet avis, et moi semblablement.
SEMBLANT
n. m.
Apparence trompeuse. Faux semblant. Il m'a trahi sous un semblant d'amitié, sous un faux semblant d'amitié.
Donner un semblant de satisfaction, Donner une satisfaction tout à fait insuffisante. Je ne puis me contenter de ce qui n'est qu'un semblant de satisfaction.
Faire semblant, Feindre. Il ne dort pas : il fait semblant. Il fait semblant de dormir. Le renard fait quelquefois semblant d'être mort. Il fit semblant de s'en aller. Faites semblant que cela vous plaît.
Fam., Ne faire semblant de rien, Prendre un air indifférent, avoir attention à ne rien dire, à ne rien faire qui puisse donner à connaître ce que l'on pense, le dessein qu'on a. Si vous voulez réussir dans cette affaire, ne faites semblant de rien. Observez ce qui se passe, sans faire semblant de rien.
SEMBLER
v. intr.
Paraître avoir une certaine qualité ou une certaine manière d'être; avoir l'air, l'apparence. Il se dit des Personnes et des Choses. Ces choses-là me semblent belles et bonnes. Cette couleur ne me semble pas assez vive. Cela me semble ainsi. Vous me semblez tout mélancolique. Ils me semblèrent un peu fâchés. Voilà ce qui me semble le plus probable. Quand on est dans un bateau qui va très vite, le rivage semble fuir.
Il s'emploie impersonnellement. Il eût semblé ridicule d'insister sur ce point. Il semble que cela est facile. Il se construit avec le subjonctif quand il y a doute, négation, interrogation. Il semble que cela soit facile. Il ne semble pas qu'en cette occasion il ait commis aucune faute. Semble-t-il que sa responsabilité soit engagée?
À ce qu'il semble, Autant qu'on en peut juger. Les affaires vont mal, à ce qu'il semble.
Par manière de parenthèse, Ce me semble, Selon moi, à mon avis. Il faudrait, ce me semble, user d'indulgence. On dit aussi dans le même sens : Ce semble.
Il me semble, il vous semble, etc., que, Je crois, vous croyez, etc., que. Il me semble que je le vois, Je crois que je le vois. Il me semblait que cela était ainsi, Je croyais que cela était ainsi. À ce qu'il vous semble, À ce que vous croyez. Avec le subjonctif, Il ne me semblait pas que cela fût ainsi. Avec un infinitif, Il me semble encore le voir, l'entendre, Je crois encore le voir, l'entendre.
SEMBLER, impersonnel, se joint aussi avec la préposition De. Que vous semble-t-il de ce tableau? Que vous semble de cette affaire? Que vous en semble? Je lui ai dit ce qu'il m'en semblait. Dans ces phrases, Que vous semble? que vous en semble? ce qu'il m'en semblait signifient Que croyez-vous? qu'en croyez- vous? ce que j'en croyais; ou Quelle est votre opinion? quel est votre avis? etc.
Il se joint encore avec le mot Bon. Si bon lui semble; si bon leur semble; comme bon vous semblera; il en a usé comme bon lui a semblé; il nous a semblé bon : S'il lui plaît; s'il leur est agréable; comme il vous plaira; comme il l'a trouvé à propos : nous avons trouvé bon.
SÉMÉIOLOGIE ou SÉMÉIOTIQUE
n. f.
Partie de la médecine qui traite des signes indicatifs des maladies et de la santé. On dit aussi Sémiologie et Sémiotique.
SEMELLE
n. f.
Pièce, le plus ordinairement de cuir, qui fait le dessous d'une chaussure, d'une botte, d'une pantoufle. Fortes semelles. Il faut remettre des semelles à ces chaussures, à ces souliers. Semelles imperméables. Des semelles garnies de clous. Des semelles de corde, de bois. Des semelles de caoutchouc.
Semelles de liège, de feutre, Morceaux de liège, de feutre taillés en semelles, qu'on met dans les souliers pour garantir les pieds de l'humidité, du froid.
Battre la semelle se dit, familièrement, de Deux personnes qui, pour se réchauffer, sautent en cadence et lèvent alternativement une jambe de manière à frapper la semelle l'une de l'autre.
SEMELLE se dit aussi d'un Morceau d'étoffe dont on garnit le pied d'un bas. Mettre des semelles à des bas.
Il se dit, par extension, de la Longueur d'un pied. Ne pas reculer d'une semelle.
En termes d'Escrime, Reculer d'une semelle, rompre la semelle, Reculer de la longueur du pied.
En termes de Charpenterie, il désigne une Pièce de bois couchée horizontalement sous le pied d'un étai, ou servant d'entrait dans un comble. Semelle d'étai.
En termes de Marine, Il se dit des Pièces de bois plates qu'on met sous un corps pesant pour servir à le faire glisser.
En termes d'Artillerie, il se dit d'un Plateau de bois très épais, qui se place entre les deux flasques d'un affût, et sur lequel le canon pose.