Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Paillarder
v. intr.
Se conduire comme un paillard. Il est vieux.
PAILLARDISE
n. f.
Manière de se conduire et de parler d'un paillard. S'abandonner à la paillardise. Par extension, Commettre, dire une paillardise.
PAILLASSE
n. f.
Grande enveloppe de toile, ordinairement remplie de paille, dont on garnit un lit. Coucher sur une paillasse. Il faut vider cette paillasse et y mettre d'autre paille.
Il s'emploie comme nom masculin pour désigner une Sorte de bateleur, de saltimbanque, d'acteur bouffon.
Fig. et fam., C'est un paillasse, C'est un homme sans consistance, un bouffon.
PAILLASSON
n. m.
Natte de paille, tapis de fibre végétale, que l'on met à l'entrée d'un appartement pour permettre de s'essuyer les pieds.
Il se dit, en termes de Jardinage, d'une Sorte de claie faite avec de la paille longue, étendue et attachée sur des perches, qui sert à garantir de la gelée les couches et les espaliers. Il se dit aussi de Claies du même genre qu'on met sur les serres pour les garantir du soleil et des intempéries.
PAILLE-EN-CUL ou PAILLE-EN-QUEUE
n. m.
T. d'Histoire naturelle
. Oiseau de mer dont la queue a deux longues plumes étroites.
PAILLE
n. f.
Tige et épi du blé, du seigle, de l'orge, etc., quand le grain en a été séparé. Paille nouvelle. Paille fraîche. Paille de froment, de seigle, d'orge. Donner de la paille à des chevaux. Hacher de la paille pour la mêler avec de l'avoine. De la paille pour les bestiaux. Les fruits mûrissent sur la paille. Botte de paille. Charretée de paille. Brin de paille. Boire une boisson glacée avec une paille. Coucher sur la paille. Mettre de la paille dans une paillasse. Par extension, Chapeau de paille. Chaise de paille.
Une paille, Un fétu, un très petit brin de paille. Il m'est entré une paille dans l'oeil.
Fig., dans le langage de l'Évangile, Voir une paille dans l'oeil de son prochain et ne pas voir une poutre dans le sien, Remarquer jusqu'aux moindres défauts d'autrui et ne pas voir les siens propres, quelque grands qu'ils soient.
Fig., Ils sont là comme rats en paille se dit des Gens qui sont dans un lieu où ils ont tout à souhait, où ils font bonne chère sans qu'il leur en coûte rien.
Fig. et fam., Feu de paille. Voyez FEU.
Fig., Cela lève, enlève, emporte la paille s'est dit de Certaines choses excellentes en leur genre. Ce conte est excellent, il lève la paille, il enlève la paille.
Fig., Rompre la paille, Annuler un accord, un marché. Rompre la paille avec quelqu'un, Déclarer ouvertement qu'on cesse tout commerce, toute liaison avec lui.
Tirer à la courte paille, Tirer au sort avec des brins de paille d'une longueur inégale. Ils ont tiré à la courte paille à qui paierait.
Fig., Tout y va, la paille et le blé, se dit en parlant d'une Dépense ruineuse pour celui qui la fait. Il est vieux.
Par exagération, Coucher sur la paille, être sur la paille, Être dans une grande misère. Mettre quelqu'un sur la paille, Le réduire à la misère, le ruiner. Il mourra sur la paille se dit de Quelqu'un qui se ruine.
Paille d'avoine, La balle du grain que l'on en sépare par le van ou par le crible.
Vin de paille, Vin fait avec du raisin qu'on a laissé quelque temps sur la paille après la récolte.
Couleur paille, Couleur jaune clair. Paille est invariable dans ce sens. Gants paille.
Fig. et fam., Homme de paille, Prête-nom; Contractant, acheteur supposé; Homme qu'on fait intervenir dans une affaire où il n'a pas d'intérêt personnel et où il agit non pour lui, mais pour le compte d'un autre. C'est lui qui a signé le marché pour cette fourniture, mais il n'est qu'un homme de paille.
Paille de fer, Minces copeaux de fer mis en botte, qui servent à nettoyer les parquets. PAILLE se dit aussi d'un Certain défaut de liaison dans la fusion des métaux. La lame de son épée se cassa à l'endroit où il y avait une paille.
Il se dit également d'un Défaut qui se trouve quelquefois dans les pierreries, principalement dans les diamants, et qui en diminue l'éclat. Il y a une paille dans ce diamant. Ce diamant a une paille.
PAILLER
v. tr.
Recouvrir de paille. Pailler des arbustes, un massif.
Il signifie aussi Garnir de paille des chaises.
PAILLER
n. m.
La cour d'une ferme où il y a des pailles, des grains. Chapon de pailler. Poularde de pailler. On dit adjectivement Chapon pailler, poularde paillère. Il a vieilli.
Fig. et fam., C'est un coq sur son pailler, Il est hardi, parce qu'il se sent chez lui, dans son domaine.
PAILLET
adj. m.
Qui est peu chargé en couleur. Il ne se dit que du Vin rouge. Du vin paillet. Le vin rosé se garde mieux que le paillet.
PAILLETÉ, ÉE
adj.
Qui est brodé de paillettes. Étoffe pailletée. Robe pailletée.
PAILLETTE
n. f.
Lamelle de métal, brillante, mince, percée au milieu, ordinairement ronde, et qu'on applique sur quelque étoffe pour l'orner. Une robe à paillettes. Paillettes en losanges.
Il se dit, par extension, de Petites parcelles d'or qu'on trouve dans le sable de quelques rivières.
Par analogie, Le mica se sépare en paillettes, En lamelles très minces.
PAILLEUX
adj. m.
Qui contient plus ou moins de paille. Fumier pailleux.
Il se dit aussi du Fer et des autres métaux qui ont des pailles. Du fer, de l'acier pailleux.
PAILLIS
n. m.
Paille ou fumier que l'on étale sur la terre pour la fumer ou pour y entretenir l'humidité.
PAILLON
n. m.
Enveloppe de paille qui sert à emballer des bouteilles.
Il désigne spécialement une Grosse paillette. Un galon brodé de paillons.
Il se dit aussi des Lamelles de cuivre battu, très minces, colorées d'un côté, dont les joailliers mettent de petits morceaux au fond des chatons des pierres précieuses et des cristaux.
Il désigne encore, en termes d'Orfèvrerie, un Petit morceau de soudure.
PAILLOT
n. m.
Petite paillasse qu'on met dans le lit d'un enfant. Paillot de balle d'avoine.
PAILLOTE
n. f.
Hutte faite de paille, chez les peuples primitifs. Un village nègre composé de quelques paillotes.
PAIN
n. m.
Aliment fait de farine pétrie et cuite au four. Pain blanc. Pain tendre. Pain frais. Pain rassis. Pain dur. Pain sans levain. Pain de froment, de seigle, d'orge, etc. Pain long. Pain rond. Pain fendu. Miche de pain. Gros pain. Petit pain. Pain mollet. Pain au lait. Une fournée de pain. Croûte de pain. Une miette de pain. Un morceau de pain. Un quignon de pain. Une bouchée de pain. De la mie de pain. Chapelures de pain. Soupe au pain. Du pain trempé dans du vin. Couper du pain. Rompre un pain. Manger son pain sec, du pain tout sec.
Pain bis ou Pain de seigle, Pain fait de farine de seigle et de froment.
Pain noir, Pain fait de farine de seigle, de sarrasin et de froment.
Pain complet, Pain fait d'un mélange de son et de farine.
Pain de fantaisie ou Pain riche, Pain long et mince, à la mie très blanche, à la croûte dorée.
Pain de gruau, Pain fait de fine fleur de froment.
Pain de ménage ou de cuisson, Pain fait de farine de froment et cuit dans un four privé. Il s'oppose à Pain de boulanger.
Pain de munition, Pain qu'on fabrique pour les soldats.
Pain de régime, Pain d'où sont exclus les éléments nuisibles dans certains états maladifs.
Pain de chien, Pain grossier destiné à la nourriture des chiens.
En termes de Cuisine, Pain perdu, Tranches de pain trempées dans du lait et des oeufs et que l'on fait frire à la poêle.
Pain aux champignons, Sorte de mets fait avec de la croûte de pain et des champignons.
Pain de poisson, de poulet, etc., Sorte de mets fait avec de la chair de poisson, de poulet, que l'on pile et que l'on fait cuire dans un moule.
Pain d'épice, Sorte de gâteau fait avec de la farine de seigle, du miel, des épices, etc. Pain d'épice de Reims.
Pain bénit, Pain qui est bénit au cours d'une messe solennelle et dont on distribue les morceaux aux fidèles dans les églises paroissiales. Prendre du pain bénit.
Prov. et fig., C'est pain bénit, C'est un malheur bien mérité, c'est bien fait. On dit dans un sens analogue : C'est pain bénit de le tromper, il croit tout ce qu'on lui dit.
Pain à cacheter, Sorte de petit pain sans levain et très mince dont on se servait pour cacheter des lettres et dont on se sert encore pour fixer un papillon de papier.
Pain à chanter, Pain sans levain, coupé en rond, portant l'image ou quelque symbole de JÉSUS-CHRIST et que le prêtre consacre pendant la messe. Par extension, il se dit de Tout pain azyme. Voyez AZYME.
Fig., Le pain des anges, le pain céleste, L'Eucharistie. On dit aussi figurément : La parole de Dieu est le pain des fidèles. L'Écriture sainte est le pain des forts.
Fam., Il ne vaut pas le pain qu'il mange se dit d'un Fainéant, d'un homme qui n'est bon à rien.
Fig. et fam., Il a mangé son pain blanc le premier, Il a été dans un état heureux, agréable et n'y est plus.
Fig. et fam., Avoir son pain cuit, Avoir sa subsistance assurée, avoir de quoi vivre en repos. Il vieillit.
Fig. et fam., Avoir du pain sur la planche, Jouir d'une certaine aisance qui assure l'avenir. Il signifie aussi Avoir du travail en réserve, de quoi s'occuper plus ou moins longtemps.
Fig. et fam., C'est du pain bien dur à manger se dit d'une Condition fâcheuse où le besoin contraint à rester.
Fig. et fam., Donner une chose pour un morceau de pain, La vendre à fort bas prix.
Fig. et fam., Ôter le pain de la bouche à quelqu'un, Lui ôter les moyens de subsister.
Fig. et fam., Long comme un jour sans pain, Fort long, fort ennuyeux.
Fig. et fam., Il est bon comme le bon pain, comme du bon pain, C'est un homme extrêmement bon et doux.
Fig. et fam., Promettre plus de beurre que de pain, Promettre plus qu'on ne veut ou qu'on ne peut tenir.
Pop., Faire passer, faire perdre le goût du pain à quelqu'un, Le faire mourir.
PAIN désigne aussi, en général, la Nourriture, la subsistance. Gagner son pain à la sueur de son front. On veut m'ôter mon pain. Je dispute, je défends mon pain. Il a son pain assuré. Il n'a pas de pain. Il en est à mendier son pain. Ce petit emploi lui donnera du pain.
Pain quotidien. Expression employée dans l'oraison dominicale : La nourriture de chaque jour, ou Ce qui suffit aux besoins journaliers.
Fig. et fam., Pain quotidien, Ce que l'on fait tous les jours ou presque tous les jours. Ils passent leur vie à jouer, c'est leur pain quotidien. Il médit de tout le monde, c'est son pain quotidien.
PAIN se dit aussi de Certaines substances mises en masse. Pain de sucre. Pain de savon.
Arbre à pain, Nom vulgaire du jaquier.
PAIR
adj. m.
Qui est égal, semblable, pareil. C'est un homme sans pair.
Il se dit substantivement des Hommes de même condition et de même rang dans l'État. Vivre avec ses pairs. Être jugé par ses pairs.
DE PAIR,loc. adv.
D'égal, d'une manière égale, sur le même rang. Il marchait de pair avec les grands seigneurs. Il va de pair avec les plus savants.
Vivre avec quelqu'un, traiter quelqu'un de pair à compagnon, Le traiter comme si on était son égal. Cela se dit plus ordinairement en parlant d'un Inférieur qui vit trop familièrement avec une personne qui est au-dessus de lui.
HORS DE PAIR,loc. adv.
Au-dessus de ses égaux. Il s'est mis, il s'est tiré hors de pair.
PAIR se dit, en termes d'Arithmétique, de Tout nombre qui peut se diviser exactement par le nombre deux. Deux, quatre, six sont des nombres pairs. Dans ce sens, Pair a un féminin. La série paire, la série impaire des numéros. Années paires.
Pair et impair, Sorte de jeu qui se joue avec trois dés.
PAIR se dit encore substantivement du Mâle ou de la femelle de certains oiseaux, et particulièrement de la tourterelle, en parlant de l'un par rapport à l'autre. Quand la tourterelle a perdu son pair.
Il désigne, en termes de Commerce, l'Égalité de change qui résulte de la comparaison du prix d'une espèce dans un pays avec le prix de la même espèce dans un autre pays. Le change est au pair.
En termes de Bourse, PAIR se dit de l'Égalité entre le capital nominal d'une valeur et son cours actuel. Acheter une valeur au pair. La rente est au pair.
Fig., Être au pair, N'avoir point d'arriéré dans ses occupations. J'étais en retard dans mon travail, maintenant je suis au pair, je me suis mis au pair.
Figurément et adverbialement, Prendre quelqu'un au pair, Employer quelqu'un sans lui donner d'autre rémunération que son logement et sa nourriture.
PAIR était aussi un Titre de dignité que portaient les Grands vassaux du roi. Il s'est dit plus tard de Ceux qui possédaient des terres érigées en pairies et qui avaient droit de séance au parlement de Paris. Il y avait six pairs ecclésiastiques. L'archevêque de Reims était le premier duc et pair. La cour des pairs. Le roi fit tel seigneur duc et pair.
Il s'est dit encore des Membres de la Chambre qui, sous la monarchie constitutionnelle, exerçait la puissance législative avec le roi et la Chambre des députés. La chambre des pairs. Les pairs de France.
Les Douze pairs de France ou de Charlemagne, se dit, dans les Chansons de geste, de Douze preux que l'on suppose attachés à la personne de Charlemagne, comme ses lieutenants et les plus braves chevaliers de ses armées.
PAIRE
n. f.
Couple d'animaux de la même espèce, composé du mâle et de la femelle. Il ne se dit guère qu'en parlant de Certains volatiles. Une paire de pigeons, de tourterelles, de poulets.
Une paire de boeufs, une paire de chevaux, Deux boeufs destinés à être attachés au même joug, deux chevaux destinés à être attelés à la même voiture.
Fam., Une paire d'amis, Deux amis inséparables.
Fam., Les deux font la paire se dit en parlant de Deux personnes, de deux ouvrages qui ont les mêmes défauts. Ils sont étourdis, ignorants l'un et l'autre; les deux font la paire.
PAIRE se dit aussi de Deux choses de même espèce, qui vont ou nécessairement ou ordinairement ensemble. Une paire de gants, de bas, de bottes, de souliers, de manches, de manchettes, de draps.
Prov. et fig., C'est une autre paire de manches, voici bien une autre paire de manches, C'est une autre affaire, voici bien une autre affaire.
En termes d'Anatomie, Paire de nerfs ou simplement Paire, Chaque division de nerfs semblables qui ont une origine symétrique.
PAIRE se dit aussi d'une Chose unique, mais composée essentiellement de deux pièces. Une paire de lunettes, de ciseaux, de pincettes.
PAIREMENT
adv.
T. d'Arithmétique
. Il n'est guère usité que dans cette locution : Nombre pairement pair, Nombre pair, dont la moitié est aussi un nombre pair, ou, ce qui revient au même, Nombre divisible par quatre. Huit, douze sont des nombres pairement pairs.
PAIRESSE
n. f.
Il se dit des Femmes qui, en Angleterre, possèdent une pairie femelle. On donne aussi ce titre à la Femme d'un membre de la Chambre des pairs.