Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Costume
n. m.
Manière de se vêtir. Le costume des femmes de ce pays est assez pittoresque. Le costume romain. Le costume grec,
Il se dit souvent de l'Habillement même, surtout en parlant des Habits dont on se sert au théâtre, ou pour se déguiser dans un bal, une mascarade. Costume de bal. Costume de sénateur romain, de seigneur du moyen âge, etc. Louer un costume. Cette pièce est bien montée : décors et costumes y sont pleins de goût.
Il se dit encore dans un sens particulier de l'Habillement et des insignes qui distinguent les personnes constituées en dignité ou chargées de quelque fonction publique. Le costume de préfet, d'académicien, de magistrat, etc. Être en costume.
Par extension, il désigne d'une façon générale des Pièces d'habillement formant un ensemble. Je mets mon costume gris. Ce costume ne lui va guère. Il s'est fait faire un costume neuf.
COSTUMER
v. tr.
Revêtir d'un certain costume. Elle avait costumé sa fille en bergère. Cet acteur se costume bien. Se costumer en Turc.
Le participe passé s'emploie comme adjectif dans Bal costumé, Bal où les invités portent des costumes empruntés à différentes époques et à divers pays.
COSTUMIER, IÈRE
n.
Celui, celle qui fait, qui vend ou qui loue des costumes de théâtre, de bal, etc. Le costumier d'un théâtre. Louer un domino chez le costumier.
COTANGENTE
n. f.
T. de Géométrie
. Tangente du complément d'un angle. La cotangente de 30 degrés est la tangente de 60 degrés.
COTE
n. f.
Chacune des marques alphabétiques ou numérales dont on se sert pour classer les pièces d'un procès, d'un inventaire, etc. Ces pièces sont sous la cote A, sous la cote B. La cote 3. La cote 4.
En termes de Finance et de Bourse, il désigne le Tableau indicateur du taux des effets publics, du change, etc. Les valeurs admises à la cote de la Bourse.
En termes de Courses, il se dit du Tableau qui indique les chances probables qu'a chaque cheval de gagner.
Il désigne aussi la Quote-part imposée à chaque contribuable. Cote mobilière. Cote foncière.
Cote mal taillée, Arrêté de compte en gros, sans égard à ce qui peut appartenir rigoureusement à chacun. Vous avez des prétentions les uns contre les autres ; il faut faire de tout cela une cote mal taillée.
COTE se dit encore de l'Évaluation numérale qui sert à exprimer l'élévation au-dessus du niveau de la mer d'un terrain, d'un cours d'eau, d'un point quelconque. Cote d'altitude. La cote 304.
CÔTE
n. f.
Chacun des os courbés et plats qui s'étendent depuis l'épine dorsale jusqu'à la poitrine. Il a une côte froissée. Il s'est cassé une côte. Côte de boeuf, de cheval, de baleine.
Vraies côtes, Celles d'en haut, qui aboutissent au sternum ; et Fausses côtes, Celles d'en bas, qui n'aboutissent pas directement au sternum.
Fam., On lui compterait les côtes, se dit d'une Personne ou d'un Animal extrêmement maigre.
Fam., Se tenir les côtes de rire, Rire démesurément.
CÔTE À CÔTE,loc. adv.
À côté l'un de l'autre. Ils allaient côte à côte. Ils marchaient, ils étaient côte à côte.
CÔTE signifie figurément Ligne, extraction. Nous sommes tous de la côte d'Adam.
Il se dit par analogie de Plusieurs choses qui ont quelque ressemblance avec les côtes des animaux. Côte de melon, de citrouille, etc. Bas à côtes. Velours à côtes.
Les côtes d'un bâtiment, d'un navire, Les pièces qui sont jointes à la quille et qui montent jusqu'au plat-bord.
La côte d'une feuille, la grosse nervure du milieu, qui est formée par le prolongement du pétiole. Les insectes ont tellement rongé cette feuille qu'il n'en reste plus que la côte. Il se dit de même, en termes d'Architecture, des Saillies qui divisent et ornent la surface concave d'une voûte sphérique, ou la surface convexe d'un dôme. Côtes de coupole. Côtes de dôme. Il se dit également des Listels qui séparent les cannelures d'une colonne.
Il désigne aussi le Penchant d'une montagne, d'une colline ou la Pente d'une route. Côte fertile. Une côte très raide. Côte plantée de vignes, de bois. Le long de la côte. Sur la côte. Sur le haut de la côte. Au bas de la côte. Gravir une côte.
À mi-côte, Vers le milieu du penchant d'une côte. Une maison bâtie à mi-côte.
Il se dit aussi des Rivages de la mer. Côte basse, escarpée. La côte est inabordable. La côte ou les côtes de France, d'Angleterre, etc. Les côtes de l'Océan, de la Méditerranée, etc. On alluma des feux le long des côtes.
Il se dit quelquefois, par extension, des Approches de la terre, jusqu'à une certaine distance au large. Côte pleine d'écueils, pleine de bancs. Côte dangereuse. L'armée navale parut sur la côte, sur nos côtes.
En termes de Marine, Faire côte, Faire naufrage sur le bord d'une terre. Ce navire a fait côte avant de pouvoir virer de bord ou Ce navire a été jeté à la côte, d'où, figurément, dans le langage familier, Être à la côte, Être perdu, et spécialement Être ruiné.
CÔTÉ
n. m.
Région des côtes, depuis l'aisselle jusqu'à la hanche. Le côté lui fait mal. Il a mal au côté. Il reçut un coup d'épée dans le côté. Il est blessé au côté.
Point de côté, Douleur aiguë qui se fait sentir au-dessous des côtes.
Dans une signification plus étendue, il se prend pour Toute la partie droite ou gauche de l'homme ou de l'animal. Il était perdus de tout le côté gauche. Il boîte des deux côtés. Se coucher sur le côté. J'étais à son côté à ses côtés. Il porte l'épée au côté. Du côté de l'épée.
Il se dit aussi en parlant des Choses, soit des Deux parties opposées d'un objet, à droite et à gauche, soit de l'Espace extérieur à cet objet, à droite et à gauche. Les côtés d'une armoire, d'une commode, etc. Un des côtés de cette cheminée est démoli ; il faut le réparer. Ce côté de la voiture a été détérioré par le choc. S'asseoir à l'un des côtés de la cheminée. Il y a un massif d'arbres de chaque côté de la pelouse. Il y avait des gardes de chaque côté de la voiture. De l'autre côté des Alpes. De ce côté des Pyrénées. Mettez-vous de l'autre côté de la table.
En termes de Marine, Les côtés d'un vaisseau, d'un navire, Les flancs d'un vaisseau, d'un navire, à partir du plat-bord. Le côté de tribord, ou Le côté droit. Le côté de bâbord, ou Le côté gauche. Mettre un navire sur le côté, pour le caréner, le radouber, etc. Le navire resta sur le côté jusqu'à la marée montante.
Le côté de l'épître, le côté de l'évangile, Le côté droit, le côté gauche de l'autel. En termes de Théâtre, Côté cour, côté jardin, La droite et la gauche de la scène par rapport au spectateur.
Les bas-côtés d'une église. Voyez BAS.
Dans une Assemblée délibérante, Le côté droit, le côté gauche, Le côté de la salle qui est à la droite, qui est à la gauche du président. Siéger au côté droit. On désigne également par ces expressions les Membres de l'assemblée qui siègent à l'un ou à l'autre de ces côtés. On dit plutôt aujourd'hui la droite, la gauche.
Il se dit encore des Divers pans, des différentes faces que présente un objet. On avait sculpté des emblèmes sur les quatre côtés du monument. Les côtés d'une pyramide. Les trois cotés d'un triangle. Les côtés d'un carré, d'un polygone, etc. Ce côté de la montagne est plus fertile que celui qui est exposé au vent. Le côté intérieur. Le côté extérieur. Le côté de devant. Le côté de derrière. Les deux côtés d'un tableau, d'une médaille, etc. Il se dit particulièrement en parlant des Étoffes. Le côté de l'envers. Le côté de l'endroit. Mettez cette étoffe du beau côté, du bon côté. Fig., Il se fait toujours voir, il se montre par le beau côté. Prendre une chose du bon côté, du mauvais côté. Il voit tout du bon côté. Il regarde tout par le mauvais côté. Ce n'est là qu'un côté de la question. On a retourné la question de tous les côtés. De quelque côté que vous considériez l'affaire, elle vous intéressera.
Il se dit, dans une acception encore plus étendue, pour Endroit, partie quelconque d'une chose. De ce côté-là. De ce côté-ci. On y peut entrer par deux côtés. L'effroi se répand de tous côtés, de tout côté. Ils arrivaient de tous côtés, de deux côtés opposés. Il demeure du côté de la porte Saint-Denis. Mettez-vous du côté du jour. Fig., Du côté des ennemis, il y eut tant d'hommes tués ; du nôtre il n'y eut que des blessés. Faites tout votre possible : j'agirai de mon côté. Tout le tort est de votre côté. Du côté de la fortune, vous n'avez rien à désirer. D'un côté... de l'autre.
Fam., De l'autre côté, Dans la pièce, dans la chambre voisine. Passons de l'autre côté. Mon fils est de l'autre côté.
Fig. et fam., Regarder, voir de quel côté vient le vent, S'amuser à regarder dehors sans aucun dessein et comme un homme oisif. Il s'emploie surtout au sens figuré et signifie Observer le cours des événements pour régler sa conduite suivant ce que l'on aperçoit. Il ne se prend guère qu'en mauvaise part.
Fig. et fam., Ne savoir plus de quel côté se tourner, Ne savoir plus que faire, que devenir.
Fig., Le côté faible d'une chose, Ce qu'elle a de défectueux. Voilà le côté faible de cette institution. Ce système a bien des côtés faibles. On dit aussi le côté faible d'une personne Le défaut habituel, la passion dominante d'une personne, ou Ce qu'une personne sait le moins par comparaison à ses autres connaissances. Vous l'avez attaqué par son côté faible. Je connais, j'ai trouvé son côté faible. Il a fait de bonnes études, mais le grec est son côté faible. On dit, par extension, L'estomac, la poitrine est chez lui le côté faible. On dit aussi Cette personne a pas mal de petits côtés, Elle a des petitesses d'esprit, des mesquineries de caractère.
Il signifie encore Parti. Je ne suis ni d'un côté ni d'un autre. Je serai de votre coté. Il a les rieurs de son côté. Mettre les rieurs de son côté.
Il signifie également Ligne de parenté. Ils sont parents du côté du père, du côté de la mère. Le côté paternel. Le côté maternel.
Être du côté gauche, Être bâtard.
À CÔTÉ,loc. adv.
À une certaine distance du lieu où l'on est ou du but que l'on vise. Marcher à côté. Être à côté. Le coup passa à côté.
À CÔTÉ DE,loc. prép.
Au côté de, auprès. Se mettre à côté de quelqu'un. Ma maison est à côté de la sienne. À côté du village, à côté du but.
Il s'emploie dans certaines phrases figurées pour marquer l'Égalité de mérite, de naissance, etc. Dans la satire, Boileau a sa place à côté d'Horace. Mettre un artiste, un écrivain, etc., à côté d'un autre.
Fig., Passer à côté d'une difficulté, d'une question, Ne pas la résoudre, l'éluder. Être à côté de la question, ou simplement Être à côté, Ne pas bien saisir la question ou s'en écarter.
DE CÔTÉ,loc. adv.
De biais, de travers, obliquement. Il marche de côté. Il va de côté. Il faut vous tourner un peu plus de côté.
Regarder de côté signifie figurément Regarder avec dédain, ou ressentiment, ou embarras. Je ne sais ce que je lui ai fait, mais il me regarde de côté.
Fig., Mettre une chose de côté, Mettre une chose en réserve. C'est un homme d'une grande économie et qui met tous les ans quelque chose de côté. J'ai prié ce marchand de me mettre plusieurs objets de côté. Il signifie encore figurément Ne pas parler d'une chose. Je mets de côté tous les reproches que j'aurais à vous faire.
Mettre, laisser une chose, une personne de côté, Abandonner, au moins pour un temps, une chose, une personne, négliger de s'en occuper. J'ai laissé mon travail de côté pour venir ici. Peut-on laisser de côté un si bon officier?
De côté et d'autre, De divers côtés.
COTEAU
n. m.
Colline peu élevée. Il se dit spécialement des Collines plantées de vignes. Les coteaux du Beaujolais.
CÔTELÉ, ÉE
adj.
Qui a des raies en saillies régulières, des cannelures. Étoffe côtelée.
CÔTELETTE
n. f.
Côte détachée d'un animal et à laquelle on a laissé tenir une certaine quantité de viande. Côtelette de mouton. Côtelette de veau en papillote.
COTER
v. tr.
Marquer suivant l'ordre des lettres ou des nombres, numéroter. Coter des pièces. Les notaires ont coté et paraphé ces pièces. Coter un registre par première et dernière. Coter à la marge.
Coter un chapitre, un article, un verset, etc., Marquer le numéro d'un chapitre, d'un article, d'un verset, etc.
Il signifie aussi Indiquer par un chiffre la hauteur, le niveau, la mesure dans un plan, sur une carte, etc.
Il signifie aussi Indiquer le prix, le taux de quelque chose. Coter le prix d'une marchandise, le cours des effets publics, de la rente. Coter la rente, le change, etc. La rente a été cotée à tant. Valeur cotée à la Bourse, Qui figure sur la cote officielle de la Bourse.
Il signifie par extension Placer quelqu'un au rang qui lui convient d'après son mérite. Il est bien coté dans son administration. Il est familier.
COTERIE
n. f.
Société de personnes qui favorisent ceux qui font partie de leur groupe et cabalent contre ceux qui sont en dehors de ce groupe. Toute la ville était partagée en coteries animées les unes contre les autres. Langage, opinion de coterie. Coterie littéraire, politique.
COTHURNE
n. m.
T. d'Antiquité
. Sorte de chaussure employée chez les Grecs. Il se disait surtout d'un Brodequin de cuir qui couvrait le pied et le bas de la jambe, avec une semelle de bois, épaisse de plusieurs pouces, dont les acteurs tragiques se servaient sur la scène pour paraître d'une taille plus élevée Fig., Chausser le cothurne, Se mettre à composer des tragédies. On le dit également d'un Acteur qui s'essaie dans la tragédie. Il se prend aussi en mauvaise part pour dire Enfler son style.
CÔTIER, IÈRE
adj.
Qui a la connaissance, la pratique d'une côte, des côtes du bord de la mer. Pilote côtier. Substantivement, Ce pilote est bon côtier.
Navigation côtière, Celle qui se fait le long des côtes, près des côtes.
Bateau côtier ou simplement comme nom Un côtier, Celui qui suit les côtes.
Fleuve côtier, Celui dont la source est proche de la côte.
Population côtière, Population qui habite le long d'une côte.
Il signifie aussi Qui a rapport à une côte, à une pente. Cheval côtier, Cheval de renfort pour monter une côte.
Il s'emploie aussi comme nom pour désigner Celui qui mène un cheval côtier.
CÔTIÈRE
n. f.
Planche de jardinage, qui va un peu en talus et qui est ordinairement adossée à une muraille. Cette côtière est propre pour des pois. On dit plus ordinairement ADOS.
COTIGNAC
n. m.
Sorte de confiture faite avec des coings. Boîte de cotignac. Cotignac d'Orléans.
COTILLON
n. m.
Cotte ou jupe de dessous. Il se dit plus particulièrement du Jupon des femmes du peuple et des paysannes.
Fig. et pop., Courir le cotillon, Rechercher les femmes de condition inférieure.
Il se dit aujourd'hui d'une Danse avec figures variées qui termine certains bals. Danser, conduire, mener le cotillon.