Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Académie française · Chapitre 597 sur 1 033

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Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35

Leurrer

 

v. tr.

T. de Fauconnerie

. Dresser un oiseau de proie à répondre à l'appel du leurre. Ces oiseaux-là ne sont pas aisés à leurrer, ne se leurrent pas facilement.

Il signifie surtout et figurément Tromper, abuser quelqu'un en faisant miroiter à ses yeux quelque vaine espérance. On l'a leurré de cet espoir. Il a été leurré par de belles promesses. Il s'est laissé leurrer. Il s'est leurré de vaines espérances.

 

LEVAGE

 

n. m.

Action de lever ou Résultat de cette action. Les grues sont des appareils de levage.

Il se dit principalement de Ce qui est soumis à l'action du levain. Le levage de la pâte.

 

LEVAIN

 

n. m.

Morceau de pâte aigrie qui, mêlée à la pâte dont on veut faire le pain, sert à la faire lever, à la faire fermenter. Faire un levain, du levain. Ce levain est trop vieux. Il ne faut mettre ni trop ni trop peu de levain dans la pâte. L'Église latine ne consacre qu'avec du pain sans levain.

Il se dit, par extension, d'une Substance capable de produire une fermentation interne dans le corps avec lequel on l'a mêlé et d'y exciter un gonflement. Levain de bière.

Il se dit figurément des Germes de certaines passions violentes. Il avait dans le coeur un vieux levain de haine. Leur haine n'est pas si bien apaisée qu'il n'en reste quelque levain. Il y a chez ce peuple un levain de sédition. Un levain de discorde, de révolte, d'inimitié, de division.

En termes d'Écriture sainte, Se défaire du vieux levain du péché.

 

LEVANT

 

adj. m.

Qui se lève, en parlant du Soleil. Je serai là au soleil levant. Cette maison regarde le soleil levant, est tournée au soleil levant.

Adorer le soleil levant, Faire sa cour à la puissance nouvelle, à la faveur naissante.

Il s'emploie comme nom pour désigner l'Orient, relativement au lieu où l'on est, la partie de l'horizon où le soleil se lève. Du levant au couchant. Entre le levant et le midi. Les quatre points cardinaux sont le levant, le couchant, le midi et le septentrion. On dit plutôt : l'Est, l'Ouest, le Sud et le Nord.

Il se dit, particulièrement, des Régions qui sont, à notre égard, du côté où le soleil se lève, comme la Turquie, la Perse, l'Asie Mineure, la Syrie, etc. Les peuples du Levant. Trafiquer dans le Levant. Voyage dans le Levant. Le commerce du Levant. Les échelles du Levant.

 

LEVANTIN, INE

 

adj.

Qui est natif des pays du Levant. Les peuples levantins. Les nations levantines. Substantivement, Les Levantins. C'est un Levantin.

 

LEVANTINE

 

n. f.

Il s'est dit d'une Étoffe de soie tout unie.

 

LÈVE

 

n. f.

Espèce de cuiller de bois à long manche, dont on se sert au jeu de mail pour lever la boule.

 

LEVÉ

 

n. m.

T. de Musique

. Action de lever la main, les pieds en battant la mesure.

Il se dit, par extension, du Temps pendant lequel on lève le pied, la main.

LEVÉ se dit encore de l'Action de lever un plan ou du Plan lui-même. Voyez LEVER, nom.

 

LEVÉE

 

n. f.

Action d'enlever une chose de l'endroit où elle est. La levée du scellé, L'action par laquelle l'officier de justice lève un scellé. Assister, s'opposer, être présent à la levée du scellé. On dit plutôt La levée des scellés. En Chirurgie, La levée de l'appareil, L'action d'ôter l'appareil mis sur une blessure. Par extension, La levée des arrêts. La levée des prohibitions. La levée du séquestre, d'un conseil judiciaire. Attendez la levée du conseil, la levée de la séance.

Il se dit en outre de l'Opération des agents de la poste, lorsqu'ils viennent retirer de la boîte les lettres qui y ont été jetées. Première, seconde levée. Dans chaque bureau de poste est affichée l'heure des levées.

Il se dit aussi, collectivement, des Lettres qu'on retire de la boîte à chaque levée. La levée de deux heures n'a pas été considérable.

Faire la levée d'un corps, d'un cadavre, Enlever, par autorité publique, un cadavre, un corps mort, et le faire porter au lieu où il doit être inhumé, ou exposé pour être reconnu. Procès-verbal de la levée d'un corps.

La levée du corps se dit aussi de l'Action de prendre le corps d'un mort à sa demeure pour le transporter à l'église et de là au cimetière.

Il signifie particulièrement Action de recueillir, de percevoir, de ramasser, d'emporter. La levée des droits de l'État, des impôts.

Par analogie, Une levée de soldats, de troupes. Levée de boucliers. Voyez BOUCLIER.

Levée en masse, Appel à tous les citoyens en état de porter les armes, qui se fait particulièrement dans les cas de grands dangers, d'invasion étrangère.

La levée d'un siège, La retraite des troupes qui tenaient une place assiégée.

En termes de jeu de Cartes, il se dit spécialement des Cartes qui ont été jouées et que celui qui a gagné la partie met en paquet et place devant lui. Il n'a pas fait une levée. Nos adversaires ont déjà trois levées.

Il se dit d'une Élévation de terre ou de maçonnerie, d'une berge artificielle, pour retenir les eaux d'un canal, d'une rivière, pour servir de chemin à travers un marais, etc. La levée de la Loire. Faire une levée à travers un marais.

 

LEVER

 

(Je lève; nous levons.)v. tr.

Faire qu'une chose soit plus haut qu'elle n'était. Levez la lampe plus haut. Cet objet est si pesant qu'on ne saurait le lever de terre. Lever la bonde d'un étang, la pale d'un moulin. Lever la vanne d'une écluse. Lever la crémaillère d'un cran, de deux crans. Lever les glaces d'une voiture. Levez le pied de ce cheval. Lever la visière d'un casque. Une femme qui lève son voile. À la messe, le prêtre, après la consécration, lève l'hostie. Lever la tête. Il a la mauvaise habitude de lever les épaules en marchant. Lever les mains au ciel. Quand on prête serment devant un juge, il faut lever la main. Levez la main et dites la vérité.

Aller partout tête levée, la tête levée, le front levé, Aller partout sans rien craindre, sans appréhender aucun reproche, aucun affront.

Fig., Prendre quelqu'un au pied levé, Faire une demande à quelqu'un, sans lui donner le temps de la réflexion.

Voter par assis et levé, Manifester son vote, dans une assemblée délibérante, en se levant ou en restant assis.

SE LEVER signifie Se dresser, se mettre debout sur ses pieds. Se lever de son siège. Levez-vous de là, ce n'est pas votre place. Quand il entra, on se leva pour lui faire honneur.

Par analogie, Se lever de table, Quitter la table après ou pendant le repas.

Se lever pour une proposition, contre une proposition, Se lever, dans une assemblée délibérante, pour l'admission ou le rejet d'une proposition.

Lever la toile, le rideau, Lever la toile, le rideau qui cache le théâtre aux spectateurs.

Lever les yeux au ciel, Tourner les yeux vers le ciel. Lever les yeux sur quelqu'un, Le regarder.

Fig., Il n'ose pas lever les yeux, se dit de Quelqu'un qui, ayant quelque reproche à se faire, craint de voir et d'être vu.

Fig., Lever les yeux sur..., Aspirer à, prétendre à. Il osa lever les yeux sur un trop beau parti. L'ambitieux osa lever les yeux jusque sur la couronne.

Lever la main sur quelqu'un, Se mettre en état de le frapper.

Ne pas lever la main, le doigt, le petit doigt, se dit pour Refuser de faire le moindre effort. Il ne lèverait pas le doigt pour vous obliger.

Fam., Lever le pied, S'enfuir subitement et secrètement, pour cause de mauvaises affaires et par crainte de poursuites.

Fam., Lever les épaules, Témoigner, en levant les épaules, du mécontentement ou du mépris. C'est à faire lever les épaules. Il n'y a rien à répondre à cela, il n'y a qu'à lever les épaules. On dit plus souvent Hausser les épaules.

Fig., Lever la tête, S'enorgueillir, s'en faire accroire. Il commence à lever la tête et à vouloir faire l'important. Il signifie aussi Se montrer, paraître avec plus de hardiesse.

Fig., Lever l'étendard, Se déclarer chef d'un parti, d'une faction. Lever l'étendard de la révolte. Lever l'étendard contre quelqu'un, Se déclarer ouvertement contre lui.

Prov. et fig., Cela lève la paille, s'est dit d'une Chose singulière, extraordinaire ou décisive.

Lever le coeur, Causer des nausées. Cette odeur est intolérable : elle lève le coeur, elle fait lever le coeur. On dit aussi au figuré Cela lève le coeur, Cela révolte, cela fait éprouver un grand mépris, un violent dégoût. On dit plus souvent dans les deux sens Soulever le coeur.

LEVER signifie aussi Redresser une personne ou une chose qui était dans une position horizontale. Lever un enfant sur ses pieds, un malade sur son séant. Lever un pont-levis, une herse. Lever l'abattant d'un meuble.

Lever quelqu'un, L'aider à se lever et à s'habiller. Son valet de chambre le lève, est allé le lever.

Absolument, Se lever, Sortir du lit. Il se lève de bon matin. Il se lève bien tard. Il se porte mieux, mais il ne se lève pas encore. Il n'est pas encore levé. Fig., Il faut se lever bien matin pour l'attraper, Il est très fin, très difficile à tromper.

Intransitivement, Faire lever un lièvre, faire lever des perdrix, Faire partir un lièvre, faire partir des perdrix. On dit aussi Lever un lièvre, lever des perdrix.

Fig. et fam., Lever le lièvre. Voyez LIÈVRE.

Il signifie encore Ôter, enlever, retirer, écarter. Le chirurgien a levé le premier appareil. Lever le scellé ou les scellés. Lever le couvercle d'une marmite.

Lever un corps, Procéder à l'enlèvement d'un corps mort par autorité publique. On trouva un homme tué dans la rue, et la justice envoya lever le corps.

En termes de Jardinage, Lever un arbre, une plante en motte, Arracher un arbre, une plante, avec la portion de terre qui tient à leurs racines, afin de les transplanter.

Fig., Lever le masque, Agir sans feinte après avoir tenu quelque temps une autre conduite pour donner le change. Il signifie aussi Se montrer tel qu'on est réellement. Cet hypocrite a enfin levé le masque.

En termes de Marine, Lever l'ancre, Retirer l'ancre ou les ancres qu'on avait jetées pour arrêter le vaisseau. Toute la flotte leva l'ancre et mit à la voile.

En termes de Pêche, Lever des filets, des lignes.

En termes d'Imprimerie, Lever la lettre, Prendre les lettres les unes après les autres dans les cassetins et les arranger dans le composteur pour en former des mots et des lignes.

Fig., Lever une difficulté, un empêchement, un obstacle, des doutes, un scrupule, Faire cesser une difficulté, un empêchement, écarter un obstacle, dissiper des doutes, un scrupule.

Fig., Lever les défenses; lever l'interdit, l'excommunication; lever une opposition; lever la consigne, etc., Révoquer des défenses, un interdit, une excommunication, une opposition, une consigne, etc.

Lever le siège d'une place, Retirer les troupes qui la tenaient assiégée.

Lever le camp, en parlant d'une Armée, quitter l'emplacement de repos et se mettre en marche.

Lever la garde, lever la sentinelle, Retirer des soldats qui sont de garde, retirer un soldat qui est en faction. On dit plutôt relever.

Lever la séance, Déclarer que la séance est terminée, que les membres de l'assemblée doivent se séparer. La séance est levée. Le directeur de l'Académie a levé la séance en signé de deuil. En termes de jeu de Cartes, Lever les cartes, ou Lever la main, Faire la main, enlever les cartes jouées, celle que l'on avait étant supérieure. J'ai déjà levé deux mains, trois mains.

LEVER signifie aussi Couper une partie sur un tout. Il se dit principalement en parlant des Étoffes. Lever sur la longueur de la toile de quoi faire les poignets des chemises.

Il se dit également en parlant des Animaux qui servent à la nourriture et dont on coupe un membre ou quelque partie. Lever un aloyau. Lever une épaule, un gigot de mouton. Lever une cuisse, une aile de poulet.

Il signifie en outre Percevoir, recueillir, rassembler, ramasser, emporter. Lever les impôts, des impôts. On lève un droit sur cette denrée. On a dit de même autrefois Lever les rentes seigneuriales, la dîme.

Lever des soldats, une compagnie, un régiment, des troupes, une armée, Enrôler des soldats, mettre des troupes sur pied, mettre une armée sur pied.

En termes de Droit, Lever un arrêt, une sentence; lever un acte chez un notaire, S'en faire délivrer une expédition.

Lever le plan d'un terrain, d'une propriété, d'une place, Prendre les mesures nécessaires pour tracer ce plan, le tracer.

LEVER est aussi intransitif et se dit des Plantes, des graines qui commencent à pousser et à sortir de terre. Les blés commencent à lever.

Il se dit aussi de la Pâte qui fermente. Le levain fait lever la pâte. La pâte commence à lever.

SE LEVER se dit aussi du Soleil et des astres qui commencent à paraître sur l'horizon. Le soleil en tel mois se lève à telle heure. Le soleil est levé. La lune se lèvera bientôt. On dit dans ce sens Le jour se lève de bonne heure dans ce mois-ci.

Par analogie, Le vent se lève, Il commence à souffler.

 

LEVER

 

n. m.

Action de se lever du lit. Il faut aller chez lui à l'heure de son lever, à son lever pour le trouver. Le lever du roi, ou simplement Le lever, Le moment où le roi recevait dans sa chambre, après qu'il était levé. Le grand, le petit lever.

Par analogie, Le lever du soleil, de la lune, le lever des étoiles, L'instant où le soleil, la lune, les étoiles commencent à paraître sur l'horizon. On dit dans un sens analogue Le lever de l'aurore. Le lever du jour.

Le lever de la toile, le lever du rideau, L'instant où on lève la toile, le rideau qui cache la scène aux spectateurs. Au lever du rideau la salle était à moitié vide.

Le lever d'un plan, Action de tracer un plan d'après les mesures prises par l'arpentage. On écrit aussi quelquefois Le levé des plans.

 

LÉVIATHAN

 

n. m.

Animal monstrueux, mentionné dans le livre de Job. On ne l'inscrit ici que parce qu'il s'emploie au sens figuré pour suggérer une idée d'énormité. Les transatlantiques modernes sont de véritables léviathans.

 

LEVIER

 

n. m.

Barre rigide de fer ou de quelque autre matière solide qui est fixée à un point d'appui et qui sert à mouvoir, à soutenir ou à élever d'autres corps. Ce levier est trop court. Le levier est la première et la plus simple des machines. Soulever une pierre de taille à l'aide du levier. Le point d'appui d'un levier, Le corps sur lequel le levier a son point fixe.

Levier de commande, Levier qu'on manoeuvre avec la main et qui sert à mettre en marche, à régler ou à arrêter une machine ou un organe de machine. Levier de commande de débrayage, ou simplement Levier de débrayage. Levier de changement de vitesse, etc.

Il se dit figurément de Toute sorte de force morale. L'intérêt est le grand levier de l'activité humaine. L'éloquence est un puissant levier sur les masses populaires.

LEVIER se dit, en Chirurgie, de Divers instruments qui ont de l'analogie avec le levier. Le levier des accoucheurs. Le levier du trépan.

 

LEVIS

 

adj.

Que l'on lève. Il n'est usité que dans cette expression, Pont-levis. Voyez PONT.

 

LÉVITE

 

n. m.

Membre de la tribu de Lévi, à qui était réservé le service du temple.

Fig. et dans le style élevé, il s'est dit des Prêtres de la religion chrétienne.

Il s'est dit parfois aussi au figuré et dans un sens défavorable de Celui qui est attaché aveuglément au chef d'un parti, d'une secte, d'une école. Je me souviens d'avoir vu ce philosophe entouré de ses lévites.

LÉVITE

 

n. f.

Long vêtement d'homme qui rappelle le vêtement des lévites.

 

LÉVITIQUE

 

n. m.

Nom du troisième livre du Pentateuque, qui établit les cérémonies du culte.

 

LEVRAUT

 

n. m.

Jeune lièvre.

 

LÈVRE

 

n. f.

Partie extérieure et charnue qui borde la bouche, qui couvre les dents et qui aide à la formation des sons, à l'articulation des mots. La lèvre supérieure. La lèvre inférieure. Avoir les lèvres plates, minces, épaisses, fraîches, rouges, vermeilles. Avoir les lèvres gercées, pâles, livides, fendues, pendantes. Se mordre la lèvre, les lèvres. De la pommade, du rouge pour les lèvres. Remuer les lèvres. Des lèvres tremblantes de colère. Prononcer du bout des lèvres.

Avoir le coeur sur les lèvres, Éprouver un léger mal de coeur.

Fig., Il le dit des lèvres, mais le coeur n'y est pas, Il exprime un sentiment qu'il n'éprouve pas; il fait une promesse qu'il n'a pas l'intention de tenir. On dit aussi Dire oui du bout des lèvres. Voyez BOUT.

N'honorer Dieu que des lèvres, que du bout des lèvres, se dit des Hypocrites qui ne prient Dieu que de bouche.

Rire du bout des lèvres, Rire sans en avoir envie, à contrecoeur. Dans le même sens, Son rire ne passe pas les lèvres.

Avoir un mot sur les lèvres, Être sur le point de dire quelque chose que l'on retient par scrupule, par discrétion, par précaution.

Avoir un nom sur le bord des lèvres, se dit Lorsque, au moment de prononcer un nom, il vous échappe.

Fig., Avoir le coeur sur les lèvres, Être franc, sincère, dire en toute simplicité tout ce qu'on pense.

Fig. et prov., Il y a loin de la coupe aux lèvres. Voyez COUPE. On dit dans le même sens Entre la coupe et les lèvres.

Fig., Se mordre les lèvres de quelque chose, S'en repentir. Je n'ai pas eu plutôt lâché cette parole que je m'en suis mordu les lèvres.

En termes de Manège, Ce cheval s'arme de la lèvre, il se défend des lèvres, Il a les lèvres si épaisses qu'elles lui ôtent le sentiment des barres, en sorte que l'appui du mors en devient sourd et trop ferme.

Par analogie, il se dit, en termes de Chirurgie, des Bords d'une plaie. Les lèvres de sa plaie commencent à se rapprocher.

En termes d'Anatomie, il se dit des Bords extérieurs ou intérieurs de la vulve. Les grandes lèvres. Les petites lèvres.

En termes de Botanique, il désigne Certaines découpures, à peu près en forme de lèvres, qui caractérisent les fleurs des plantes nommées, pour cette raison, Plantes labiées.

 

LEVRETTÉ, ÉE

 

adj.

Qui a la taille mince comme un lévrier. Épagneul levrette.

 

LEVRETTE

 

n. f.

La femelle du lévrier.

 

LÉVRIER

 

n. m.

Sorte de chien haut monté sur jambes, qui a la tête longue et menue, le corps délié, et dont on se sert, en certains pays, pour la chasse du lièvre. Le lévrier chasse à vue. Lévrier d'attache. Une laisse de lévriers. Mener des lévriers en laisse. Lâcher les lévriers après le lièvre. Il court comme un lévrier.

Il s'est dit figurément de Gens qu'on lance à la poursuite de quelqu'un. La police a mis ses lévriers aux trousses de ce bandit. On dit plus souvent Limiers.

 

LEVRON

n. m.

Jeune lévrier ou lévrier de fort petite taille.

 

LEVURE

 

n. f.

Écume que fait la bière quand elle bout, et dont les boulangers et les pâtissiers se servent quelquefois au lieu d'autre levain. Levure de bière.

Il signifie aussi Ce qu'on lève de dessus et de dessous le lard à larder. Une levure de lard.

 

LEXICOGRAPHE

 

n. m.

Celui qui s'occupe de lexicographie.

 

LEXICOGRAPHIE

 

n. f.

Science, art de faire un lexique, un dictionnaire.

 

LEXICOGRAPHIQUE

 

adj. des deux genres

. Qui appartient à la lexicographie. Travaux lexicographiques.

 

LEXICOLOGIE

 

n. f.

Partie de la linguistique qui s'occupe des mots considérés par rapport à leur valeur, à leur étymologie.

 

LEXICOLOGUE

 

n. m.

Celui qui s'occupe de lexicologie.

 

LEXIQUE

n. m.

Dictionnaire abrégé.

Il se dit aussi d'un Dictionnaire des locutions et formes propres à certains auteurs. Le lexique de Platon. Le lexique de Cicéron. Le lexique de Corneille.

 

LEZ

 

(On prononce Lé.)préposition

. À côté de, proche de, tout contre. Elle n'est plus usitée que dans quelques noms de lieux, comme Le Plessis-lez-Tours, et autres semblables.

 

LÉZARD

 

n. m.

Genre de reptiles sauriens à quatre pattes et à longue queue. Les lézards habitent ordinairement dans les trous de muraille. Un gros lézard. Un lézard vert. Un lézard gris.

Fig. et fam., Faire le lézard, Se chauffer paresseusement au soleil comme le lézard.

 

LÉZARDE

 

n. f.

Fente, crevasse qui se fait dans un ouvrage de maçonnerie. Ce mur est plein de lézardes. Boucher les lézardes d'un mur.

Il se dit aussi d'un Petit galon qui sert à border la ligne de jonction de l'étoffe et du bois d'un meuble.

 

LÉZARDER (SE)

 

v. pron.

Se fendre, se crevasser. Ce mur se lézarde. Un mur lézardé. Une construction toute lézardée.

LÉZARDER.v. intr.

Faire le lézard. Son plaisir est de lézarder. Il est familier.

 

LIAIS

 

n. m.

Pierre calcaire dure, d'un grain très fin, qui est propre à faire des constructions et des sculptures. Liais d'Arcueil. Liais de Saint-Cloud. Pierre de liais. Le liais rose. La chapelle du château de Versailles est construite en beau liais.

 

LIAISON

 

n. f.

Union, jonction de plusieurs corps ensemble. Ces pièces sont si bien jointes qu'on n'en voit pas la liaison. La liaison de ces pièces de bois est défectueuse. Dans la mosaïque, c'est un mastic qui fait la liaison des pierres et des émaux.

Il se dit principalement, en termes de Maçonnerie, du Mortier, du plâtre qui sert à jointoyer les pierres.

Maçonnerie en liaison, Celle qui est faite de manière que le milieu d'une pierre est posé sur le joint de deux autres.

Par extension, en termes d'Art militaire, Assurer la liaison de deux corps. Une armée qui opère en liaison avec une autre. Agent de liaison, Celui qui a pour fonction d'établir des relations constantes entre diverses unités.

Il se dit, en termes de Calligraphie, des Traits déliés qui joignent les unes aux autres les lettres ou les parties d'une même lettre.

Il se dit de même, en termes de Musique, d'un Trait recourbé dont on couvre les notes qui doivent être liées.

Il se dit aussi, dans la Musique vocale, d'une Suite de plusieurs notes passées sous la même syllabe.

Il se dit, en termes de Cuisine, de Jaunes d'oeufs délayés et d'autres matières propres à épaissir une sauce. Faire une liaison dans un potage, dans une sauce.

En termes de Grammaire, il se dit de Certains mots qui servent à lier les différents termes d'une proposition et les propositions entre elles. Les liaisons rendent l'expression de la pensée plus claire.

Il se dit, dans la langue parlée, du Fait d'unir certaines consonnes finales d'un mot avec la voyelle initiale du mot suivant. Dans les arbres, s est en liaison avec l'a de arbres. Le manque de culture se trahit également par les liaisons vicieuses et par l'absence des liaisons.

LIAISON Se dit figurément de Ce qui lie les parties d'un discours les unes aux autres. Liaison des idées. Liaison dans les phrases, dans les parties d'un discours. Il n'y a point de liaison, il y a une liaison nécessaire, une liaison intime entre ces deux idées. Les connaisseurs ont admiré la liaison des scènes dans cette pièce de théâtre.

Il se dit aussi, figurément, de la Connexion et du rapport que des affaires ont les unes avec les autres. Il y a liaison entre cette affaire et celle dont vous vous occupez. Il n'y a pas de liaison, de rapport entre ces deux affaires.

Il se dit encore, figurément, du Lien qui existe entre les personnes. Liaison de parenté, d'amitié, d'intérêt, de commerce, d'affaires. Entre eux il y a depuis longtemps une liaison étroite. Avoir une liaison intime avec quelqu'un. Former, rompre une liaison. Ce jeune homme a une liaison s'emploie pour dire qu'Il a une maîtresse.

Au pluriel, il se prend, dans un sens analogue au précédent, pour Relations, fréquentations. Cet homme a des liaisons qui me sont suspectes. Je lui ai fait sentir le danger de ses liaisons. Liaisons dangereuses. On dit plutôt, dans les deux derniers sens, Relations.

 

LIAISONNER

 

v. tr.

T. de Maçonnerie

. Arranger les pierres, les briques d'un édifice de façon que le milieu des unes porte sur les joints des autres. Bien liaisonner une construction. Par analogie, Liaisonner des pavés.

Il signifie aussi Remplir les joints avec du mortier.

 

LIANE

 

n. f.

Nom générique de Diverses plantes sarmenteuses et grimpantes, notamment de celles que l'on trouve dans les forêts des pays tropicaux.

 

LIANT, ANTE

 

adj.

Qui est propre à lier, qui est souple, élastique, non cassant. Du bois liant. Du fer liant. Des ressorts liants.

Il signifie, au figuré, Qui est doux, complaisant, affable, propre à former des liaisons. Caractère, esprit liant. Homme liant.

Il s'emploie comme nom masculin dans le sens de Douceur, affabilité, disposition naturelle à former des liaisons. Il a beaucoup de liant dans le caractère. Manquer de liant. Mettre du liant dans le commerce de la vie, dans la conduite des affaires.

 

LIARD

 

n. m.

Ancienne petite monnaie de cuivre rouge valant le quart d'un sou.

Fam., N'avoir pas un liard, un rouge liard, Être très pauvre, ou Être sans argent pour le moment.

Fam., Je n'en donnerais pas un liard, se dit en parlant d'une Chose dont on ne fait aucun cas.

Fam., Il couperait un liard en quatre, Il est excessivement avare.

 

LIARDER

 

v. intr.

Lésiner, chercher à obtenir quelque chose au plus bas prix possible. Il est familier.

 

LIAS

 

(S ne se prononce pas.)n. m.

T. de Géologie

. Mot emprunté de l'anglais. Système de couches marneuses et argileuses sur lequel, reposent les terrains oolithiques. Le lias est riche en fossiles.

 

LIASIQUE

 

adj. des deux genres

. T. de Géologie

. Qui est formé de lias. Terrain liasique. Période liasique.

 

LIASSE

 

n. f.

Amas de papiers liés ensemble. Liasse de lettres. Mettre des papiers en liasse. Par analogie, Liasse de billets de banque.

Il se dit plus particulièrement des Papiers d'affaires et de procédure.

 

LIBAGE

 

n. m.

Quartier de pierre, ou gros moellon dur, équarri grossièrement, et qu'on emploie dans les fondements d'un édifice.

 

LIBATION

 

n. f.

T. d'Antiquité

. Action de répandre du vin ou un autre liquide en l'honneur d'une divinité. Les païens faisaient des libations en l'honneur de leurs dieux. Des libations particulières étaient prescrites à l'adresse des dieux mânes.

Fig. et fam., Faire des libations, Boire abondamment, surtout du vin et en manière de réjouissance. Fêter un succès par d'abondantes libations. Passer son dimanche en libations. Être un peu trop gai pour avoir fait d'amples libations.

 

LIBELLE

 

n. m.

Écrit, ordinairement de peu d'étendue, injurieux, diffamatoire, et le plus souvent calomnieux. Libelle séditieux. Répandre un libelle contre quelqu'un.

 

LIBELLER

 

(Dans ce mot et dans le suivant, on prononce les deux L.)v. tr. T. de Procédure

. Rédiger, motiver convenablement une demande judiciaire ou administrative. Libeller un exploit, une demande.

En matière de Finance, Libeller un mandat, une ordonnance, Spécifier la destination de la somme qui y est portée.

Il signifie aussi, dans un sens général, Exposer, formuler. Il m'a adressé une réclamation libellée en termes injurieux.

Le participe passé s'emploie substantivement. Le libellé d'une demande, d'une lettre. Le libellé d'un exploit.

 

LIBELLISTE

 

n. m.

Auteur d'un libelle, faiseur de libelles.

 

LIBELLULE

 

n. f.

Genre d'insectes névroptères, au corps mince et aux ailes transparentes, appelés aussi Demoiselles.

 

LIBER

 

(On prononce l'R.)n. m.

T. de Botanique

. Mot emprunté du latin. L'une des trois enveloppes qui forment l'écorce des arbres et la plus voisine de l'aubier. Anciennement on écrivait sur le liber du tilleul.

 

LIBERA

 

(On prononce Libéra.)n. m.

Mot emprunté du latin. Il se dit, dans la Liturgie catholique, de la Prière que l'Église fait pour les morts et qui commence par ce mot. Chanter un libera, le libera.

 

LIBÉRABLE

 

adj. des deux genres

. Qui peut être libéré. Une classe libérable.

 

LIBÉRAL, ALE

 

adj.

Qui aime à donner, qui se plaît à donner. Il était généreux et libéral envers ses amis. La nature lui a été libérale de ses dons.

Il signifie encore Qui est digne d'un homme libre. En ce sens il s'emploie surtout dans les locutions suivantes :

Éducation libérale, Éducation propre à former l'esprit et le coeur.

Arts libéraux, par opposition aux Arts mécaniques, Ceux qui appartiennent plus particulièrement à l'esprit et où les facultés intellectuelles ont plus de part que les facultés physiques. La peinture, la sculpture sont des arts libéraux.

Profession libérale, Profession telle que celle de médecin, d'avocat, de notaire, etc., qu'on exerce librement, par opposition aux fonctions publiques qui sont rémunérées par l'État et s'exercent sous son contrôle.

LIBÉRAL signifie, de plus, Qui est favorable à la liberté civile politique, religieuse, économique. Opinions, idées libérales. Principes libéraux. Le parti libéral

Dans ce sens il s'emploie substantivement, en parlant d'une Personne qui professe le libéralisme en philosophie, en morale, en politique, en économie politique. C'est un libéral. Les libéraux.

Catholicisme libéral, École politique catholique qui, pour la défense religieuse, se place sur le terrain du droit commun en invoquant les principes des libertés modernes. Catholiques libéraux.

Protestantisme libéral, Fraction théologique protestante qui répudie tout formulaire doctrinal. Protestants libéraux.

Économie politique libérale, École d'économistes qui répudient toute intervention de la loi ou de l'organisation professionnelle dans le domaine de la production ou des échanges.

 

LIBÉRALEMENT

 

adv.

D'une manière libérale. Donner libéralement. Il en usa libéralement.

 

LIBÉRALISME

 

n. m.

Doctrine morale et philosophique qui réclame pour tous la liberté des opinions et la liberté de conscience.

Il se dit aussi d'une Doctrine civile et politique suivant laquelle il faut donner aux citoyens le plus de libertés possible et le plus de garanties possible contre l'ingérence de l'État ou l'arbitraire du gouvernement.

Il se dit également d'une Doctrine économique qui s'oppose aux théories protectionnistes ou étatistes.

 

LIBÉRALITÉ

 

n. f.

Disposition à se montrer généreux, libéral. Exercer sa libéralité envers quelqu'un. Il s'est montré d'une grande libéralité à mon égard. Il tient ce cadeau de votre libéralité. La libéralité tient le milieu entre la prodigalité et l'avarice.

Il désigne aussi le Don même que fait une personne libérale. Une libéralité bien placée. Faire des libéralités. Remercier quelqu'un de ses libéralités.

 

LIBÉRATEUR, TRICE

 

n.

Celui, celle qui a délivré une personne, une ville, un peuple, de la captivité, de la servitude ou de quelque grand péril. Le libérateur de la patrie. Jeanne d'Arc a été la libératrice de la France.

 

LIBÉRATION

n. f.

T. de Jurisprudence

. Décharge d'une dette ou d'une servitude. Les lois sont toujours favorables à la libération du débiteur. J'ai obtenu, moyennant telle somme, la libération d'une servitude fort gênante qui grevait ma propriété.

La libération de l'État, L'acquittement, l'amortissement de la dette publique.

La libération du service militaire, Le renvoi chez eux des hommes qui ont fait leur temps de service.

La libération du territoire, La délivrance du territoire qui cesse d'être occupé par l'étranger.

La libération d'un condamné, La mise en liberté d'un condamné après l'expiration de sa peine.

 

LIBÉRATOIRE

 

adj. des deux genres

. T. de Jurisprudence

. Qui a pour effet de libérer. Clause libératoire. Paiement libératoire.

 

LIBÉRER

 

v. tr.

T. de Jurisprudence

. Décharger d'une dette, d'une servitude. Il veut libérer sa maison de cette hypothèque. J'ai transigé avec lui pour me libérer des poursuites qu'il faisait contre moi.

Libérer sa conscience, Faire un acte, une déclaration, un aveu pour décharger sa conscience du poids d'une faute secrète, d'un remords, etc.

SE LIBÉRER signifie plus particulièrement S'acquitter. Il est toujours permis à un débiteur de se libérer. Le débiteur s'est enfin libéré. J'ai hâte de me libérer envers lui.

Il signifie spécialement, en termes militaires, Renvoyer dans leurs foyers, congédier les soldats d'une classe, après leur temps de service accompli.

LIBÉRER signifie aussi Mettre en liberté, après expiration d'une peine. Forçat libéré.

 

LIBERTAIRE

 

adj. des deux genres

. Il se dit de l'État d'esprit et de la doctrine qui considèrent comme société idéale celle où n'existeraient aucune autorité ni aucune loi. Substantivement, Un libertaire.

LIBERTÉ

 

n. f.

Le pouvoir d'exercer sa volonté, en agissant ou n'agissant pas. Agir dans toute l'étendue de sa liberté. Liberté d'aprouver et de contredire.

Il se dit particulièrement, en termes de Métaphysique, du Libre arbitre, de la faculté donnée à l'âme de choisir entre divers mobiles, de se déterminer pour l'un ou pour l'autre. La question de la liberté a été débattue par la plupart des écoles de philosophie. Sans la liberté, il n'y aurait point de moralité dans les actions des hommes.

Liberté d'indifférence, Faculté attribuée à l'homme par certains philosophes de se décider indépendamment de tout motif de décision.

Liberté naturelle, Pouvoir que l'homme a naturellement d'employer ses facultés à faire ce qu'il regarde comme devant lui être utile ou agréable. Dans l'état social, la liberté naturelle est restreinte par les lois d'utilité commune, par la morale, par la distinction du droit et du devoir.

Liberté civile, Pouvoir de faire tout ce qui n'est pas défendu par les lois.

Liberté politique, ou simplement Liberté, Jouissance des droits politiques accordés à chaque citoyen dans les pays qui ne sont pas soumis à un pouvoir absolu.

Liberté de conscience, Droit que tout homme a d'adopter les opinions religieuses qu'il croit conformes à la vérité, sans pouvoir être inquiété à cet égard par l'autorité publique.

Liberté des cultes, Droit que les fidèles des diverses religions ont d'exercer publiquement leur culte et d'enseigner leur doctrine.

Liberté de penser, Droit de manifester sa

Liberté d'écrire, Droit de manifester par écrit sa pensée.

Liberté de la presse, Droit de manifester sa pensée par la voie de l'impression, et surtout par la voie des journaux.

Liberté d'enseignement, Droit que les citoyens, munis des diplômes requis par la loi, ont d'ouvrir et d'administrer des établissements privés d'enseignement primaire, secondaire ou supérieur.

Liberté d'association, Droit qu'ont les citoyens d'un État de constituer des associations conformément aux lois.

Liberté individuelle, Droit que chaque citoyen a de n'être privé de la liberté de sa personne que dans les cas prévus et selon les formes déterminées par la loi. Les lois garantissent aux Français leur liberté individuelle.

Liberté du commerce, Faculté que les commerçants ont d'acheter et de vendre, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, sans être soumis à des lois gênantes, à des règlements prohibitifs.

Liberté des mers, Droit que toutes les nations ont de naviguer librement sur les mers.

LIBERTÉ se dit souvent par opposition à Servitude et signifie l'État d'une personne de condition libre. Dans les temps anciens, ceux qui étaient pris à la guerre perdaient leur liberté et devenaient esclaves. Recouvrer, racheter sa liberté. Donner la liberté à un esclave.

Il se dit aussi par opposition à Captivité, emprisonnement. Il était prisonnier de guerre, on l'a laissé en liberté sur parole. On a rendu la liberté aux prisonniers. L'inculpé a été en liberté provisoire. Racheter sa liberté moyennant une forte rançon. Le prévenu a été mis en liberté à la charge de donner caution. Donner la liberté à un oiseau.

Il se dit encore par opposition à Contrainte physique ou morale. Un rhumatisme lui ôte la liberté de ses membres, de ses mouvements. Parler, agir en toute liberté, avec liberté. La liberté de la conversation. On jouit d'une grande liberté dans cette maison.

Il signifie aussi Indépendance de caractère, d'état, de conduite. Il ne se met à la suite de personne; il aime trop sa liberté. Engager sa liberté, la perdre.

Liberté d'esprit, État d'un homme qui a l'esprit dégagé de toute préoccupation. Je n'ai pas la liberté d'esprit nécessaire pour m'occuper de ce travail.

Liberté de langage, liberté de parole, ou simplement Liberté, Franchise, hardiesse. Sous l'Empire romain, parler avec liberté, c'était s'exposer à la mort. Il a toute la liberté de langage d'un homme qui ne dépend de personne. On dit aussi Liberté de plume.

LIBERTÉ se prend encore pour Manière d'agir libre, familière, hardie. Dans cette acception, il se dit en bien et en mal et s'emploie souvent au pluriel. Agir avec une honnête liberté. Se donner, se permettre des libertés. Il prend trop de libertés avec ses supérieurs. Prendre des libertés avec une femme.

Par plaisanterie, Liberté grande, Permission que l'on s'accorde d'agir, de parler, avec une familiarité hardie. Je vous demande pardon de la liberté grande.

Dans la conversation, on dit souvent, par politesse et pour s'excuser, J'ai pris, je prends, je prendrai la liberté de faire telle chose, pour dire J'ai fait, je fais, je ferai telle chose. Je prends la liberté de vous rappeler votre promesse. J'ai pris la liberté de vous écrire. Je prends la liberté de n'être pas de votre avis.

Demander la liberté de, Demander la permission de. Je vous demande la liberté de vous écrire, de me promener dans votre jardin.

Il signifie en outre Facilité, aisance dans les mouvements du corps. Il a une grande liberté d'action, de mouvement, de geste, de parole. Il fait tout avec beaucoup de liberté et de grâce. En termes de Beaux-Arts, Il y a une grande liberté de pinceau dans ce tableau, de trait dans ce dessin, de burin dans cette gravure. Dans ce sens, il se dit aussi en parlant des Choses inanimées. Ce ressort n'a pas assez de liberté, ne joue pas avec assez de liberté. LIBERTÉS, au pluriel, signifie Franchises, immunités. La conquête fit perdre à cette province toutes ses libertés. Les libertés des communes. Les libertés municipales.

Les libertés de l'Église gallicane, Les libertés que revendiquaient, à l'endroit du Saint- Siège, pour l'ancienne l'Église de France, les théologiens gallicans, les rois et les Parlements.

En termes de Manège, Sauteur en liberté, Cheval dressé à faire des sauts pour accoutumer le cavalier à se tenir ferme en selle.

On dit dans le même sens Présenter un cheval en liberté, Présenter un cheval dressé à faire des exercices sans harnachement.

 

LIBERTICIDE

 

adj. des deux genres

. Qui tend à détruire sa liberté.

 

LIBERTIN, INE

 

adj.

Qui est déréglé dans ses moeurs, dans sa conduite. Ce jeune homme est devenu fort libertin. Substantivement, C'est un libertin.

Par extension, Des contes libertins, Des contes licencieux. Cet homme mène une vie libertine, Sa conduite est déréglée.

Imagination libertine, Imagination vagabonde et sans frein. Son imagination libertine l'écarte sans cesse de son sujet. On dit dans le même sens Humeur libertine.

Il s'employait anciennement comme nom pour désigner Celui qui faisait profession de ne point s'assujettir aux lois de la religion, soit pour la croyance, soit pour la pratique. Les libertins et les esprits forts.

 

LIBERTINAGE

 

n. m.

Dérèglement dans les moeurs, dans la conduite. Vivre dans le libertinage, dans un libertinage continuel. Tomber dans le libertinage.

Il signifiait anciennement Licence des opinions en matière de religion. Il faisait profession de libertinage.

Libertinage d'esprit, d'imagination, Légèreté, inconstance dans les idées, qui fait qu'on passe d'un objet à un autre, sans s'arrêter à aucun. Cet écrivain s'abandonne à un libertinage d'imagination qui l'entraîne dans beaucoup d'écarts. Il se laisse aller à un libertinage d'esprit qui ne lui permet d'approfondir aucun sujet.

LIBIDINEUX, EUSE

 

adj.

Qui est dissolu, lascif. Appétits libidineux. Vieillard libidineux.

 

LIBRAIRE

 

n. m.

Celui qui fait le commerce des livres. Boutique de libraire. L'étalage d'un libraire. Mon libraire m'envoie toutes les nouveautés intéressantes. Commis de libraire, ou Commis libraire. Imprimeur-libraire.

Libraire-éditeur, Celui qui non seulement fait le commerce des livres, mais se charge de publier les manuscrits des auteurs et de les faire imprimer pour les vendre.

 

LIBRAIRIE

 

n. f.

La profession de libraire, le commerce des livres. Entrer dans la librairie. Quitter la librairie. Il a fait toute sa carrière dans la librairie, dans le commerce de librairie. On ne trouve pas ce livre en librairie.

Il se dit aussi d'une Maison où l'on fait le commerce des livres, d'un magasin, d'une boutique où l'on vend des livres. Fonder une librairie. Il y a dans cette ville plusieurs grandes librairies. Une librairie bien assortie. Librairie étrangère. Librairie ancienne et moderne. Librairie d'ouvrages d'occasion ou Librairie d'occasion.

Il signifiait autrefois Bibliothèque. La librairie du roi. La librairie de Montaigne. Cette acception s'est conservée longtemps dans les actes publics.

 

LIBRATION

 

n. f.

T. d'Astronomie

. Balancement apparent d'un astre autour de son axe.

Il se dit, en termes de Physique, d'un Balancement régulier, tel que celui d'un pendule.

 

LIBRE-ÉCHANGE

 

n. m.

T. d'Économie politique . Système d'après lequel les transactions commerciales entre les peuples sont affranchies de prohibitions et de taxes élevées.

 

LIBRE-ÉCHANGISTE

 

n. m.

Partisan du libre-échange. Les libre-échangistes s'opposent aux protectionnistes.

 

LIBRE

 

adj. des deux genres

. Qui a le pouvoir de faire ce qu'il veut, d'agir ou de ne pas agir. L'homme est né libre. La volonté est libre, est une faculté libre.

Les volontés sont libres, se dit pour exprimer qu'On laisse à quelqu'un la liberté de faire ou de ne pas faire telle chose. Allez-vous-en si cela vous plaît, les volontés sont libres. On dit de même Les opinions, les goûts sont libres.

L'homme a son libre arbitre, Il est maître de choisir entre le bien et le mal.

Il se dit souvent par opposition à Esclave, servile. C'est un homme de condition libre. Être né libre. Libre de sa personne.

Il se dit également par opposition à Captif, prisonnier. Il était prisonnier, mais à présent il est libre.

Il se dit encore pour Indépendant. Il est libre et ne dépend de personne. Il ne veut prendre aucun engagement, il veut demeurer libre. Fam., Libre comme l'air.

Membre libre d'une académie, Membre appartenant à l'Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, à l'Académie des Sciences, à l'Académie des Beaux-Arts ou à l'Académie des Sciences morales et politiques, qui, tout en jouissant en général des mêmes droits que les académiciens ordinaires (membres ordinaires) n'en a cependant pas tous les privilèges.

LIBRE signifie particulièrement Qui n'est pas marié.

Il se dit aussi en parlant des États où le peuple participe à la puissance législative, soit par lui-même, soit par ses mandataires, et où les droits civils et politiques sont garantis par la constitution. Un État libre. Un peuple libre. Une nation libre.

Villes libres, en Allemagne, Villes qui, n'étant soumises à aucun prince, étaient gouvernées par leurs propres magistrats. Les villes hanséatiques étaient des villes libres.

LIBRE signifie aussi quelquefois Qui n'éprouve aucune contrainte, aucune gêne. On est fort libre dans cette maison.

Il signifie encore Qui est hardi, indiscret, inconvenant. Il est trop libre avec les femmes. Par extension, Il a des manières, un ton, il tient des propos bien libres. Il est trop libre dans ses paroles. Il a fait des chansons, des contes, des vers très libres.

LIBRE a, dans les phrases ou locutions qui suivent, des acceptions plus ou moins voisines de ces divers sens :

Le vote n'est pas libre dans cette assemblée, On n'ose y dire son avis, y voter selon sa conscience.

Le commerce est libre dans ce pays, Il n'y est point entravé par des lois prohibitives.

La presse est libre dans ce pays, Les écrits destinés à l'impression n'y sont point soumis à une censure préalable.

Les mers sont libres, On peut y naviguer, sans crainte; et aussi, en parlant des Mers polaires, On y peut naviguer sans en être empêché par les glaces.

Les passages, les chemins sont libres, On peut y aller sans rencontrer aucun embarras, aucun empêchement, aucun danger. On dit de même La campagne est libre, Les ennemis ne l'occupent plus.

En termes de Chemins de fer, La voie est libre, se dit d'une Voie où un train peut s'engager sans risques. Le signal de la voie libre.

Espace libre, Espace qui n'est point occupé, rempli. On dit de même Cette place est libre, Personne ne l'occupe, on peut la prendre, s'y mettre. Par analogie, Appartement libre.

Avoir ses entrées libres chez quelqu'un, Avoir la facilité d'entrer à toute heure chez lui. On dit à peu près dans le même sens Avoir libre accès, un libre accès auprès de quelqu'un.

Fig., Avoir le champ libre. Voyez CHAMP.

Fig., Laisser à quelqu'un le champ libre. Voyez CHAMP.

Avoir son temps libre, N'avoir point d'occupation obligée. On dit aussi dans le même sens Être libre. Je serai libre demain toute la journée.

Avoir le coeur libre, N'être pas amoureux.

N'avoir pas l'esprit libre, Être tellement préoccupé qu'on est incapable de s'appliquer.

Vers libres, Ceux où l'on admet différentes mesures, qui ne sont pas soumis au retour d'un rythme régulier ou qui s'affranchissent de certaines règles. Pièce écrite en vers libres.

Traduction libre, Traduction qui n'est pas littérale, où l'on ne s'est pas asservi à suivre exactement le texte.

Papier libre se dit par opposition à Papier timbré. Il suffit que cet acte soit écrit sur papier libre.

Libre de, devant un nom, signifie Qui est exempt, affranchi de. Libre de crainte, de passion, de soucis, d'inquiétude, de toute sorte d'engagement.

Libre de, devant un verbe, signifie Qui a la liberté de. Vous êtes libre d'accepter ou de refuser. On a dit aussi : Il vous est libre d'accepter ou de refuser; et l'on dit encore : Libre à vous de sortir ou de rester.

LIBRE signifie en outre Qui a de la facilité, de l'aisance, qui n'est point gêné dans ses mouvements. Il est libre dans son allure. Il a la taille libre et aisée. Avoir une contenance libre, un air libre. Il a les mouvements libres. Par extension, Roue libre. Voyez ROUE.

Pinceau, crayon, burin libre, Pinceau, crayon, etc., manié avec facilité par l'artiste qui s'en sert.

Avoir la parole libre, N'avoir point d'empêchement dans la parole. Il bégayait légèrement, maintenant il a la parole parfaitement libre.

 

LIBREMENT

 

adv.

Avec liberté, avec franchise, sans contrainte. Agir, vivre, penser, parler, écrire librement. J'en use librement avec vous. Je vous ai dit librement ma pensée sur ce sujet.

 

LIBRETTISTE

 

n. m.

Auteur d'un libretto. Auteur dramatique qui a la spécialité d'écrire des livrets.

 

LIBRETTO

 

n. m.

Mot emprunté de l'italien. Les paroles d'une partition, par opposition à la Musique. On dit plus communément LIVRET.

 

LICE

 

n. f.

Il se disait d'une Palissade qui entourait l'espace préparé pour les courses de tête ou de bague, pour les tournois, les combats à la barrière, et autres exercices de ce genre. Ouvrir, fermer la lice. La lice est ouverte.

Il se disait, par extension, de cet Espace lui-même. Entrer dans la lice, en lice. Cette dernière phrase signifie figurément Prendre part à un débat, intervenir dans une discussion, dans une contestation publique, soit de vive voix, soit par écrit. Il n'a point osé entrer en lice dans un débat d'une telle importance. Il n'a pas craint d'entrer en lice contre un si redoutable adversaire.

Il se dit aussi parfois des Lieux où se passent les discussions.

 

LICE

 

n. f.

T. d'Arts

. Voyez LISSE.

 

LICE

 

n. f.

Femelle d'un chien de chasse. Il y a dans toutes les meutes des lices destinées à faire race.

 

LICENCE

 

n. f.

Permission. Ce religieux était sorti sans en avoir demandé la licence à son supérieur. Dites ce que vous avez à dire, je vous en donne pleine licence.

Il désigne plus ordinairement une Permission spéciale, accordée par le gouvernement, pour exporter ou pour vendre certaines marchandises. Il obtint une licence pour expédier du vin en pays étranger. Licence pour le débit du tabac en détail. Un nouveau cabaret ne peut ouvrir sans une licence.

Il se dit aussi, dans les Facultés de lettres, de sciences, de droit, du Degré qui est entre celui de bachelier et celui de docteur. Il a passé brillamment ses examens de licence en droit. Licence d'histoire. Licence libre. Licence d'enseignement.

Il signifie encore Liberté trop grande, contraire au respect, à la retenue et à la modestie. C'est un homme qui prend des licences, qui se donne de grandes licences. Prendre bien des licences avec quelqu'un.

Il signifie aussi Liberté excessive, dérèglement, insubordination. La licence des moeurs. Une licence effrénée. Réprimer la licence. Agir ainsi, c'est ouvrir la porte à la licence. La licence n'a plus de frein, n'a plus de bornes. Une liberté qui dégénère en licence.

En poésie, il se dit de Toute liberté que le poète se donne dans ses vers contre la règle et l'usage ordinaire. Licence poétique.

 

LICENCIÉ, ÉE

n.

Celui, celle qui, dans les Facultés de lettres, de sciences, de droit, a pris ses degrés de licence. Un licencié ès lettres. Un licencié en droit.

 

LICENCIEMENT

 

n. m.

T. militaire

. Action de licencier des troupes.

 

LICENCIER

 

v. tr.

T. militaire

. Congédier des troupes.

On dit, par analogie, Le collège a été licencié pour cause d'épidémie.

 

LICENCIEUSEMENT

 

adv.

D'une manière licencieuse. Vivre, penser, parler, écrire licencieusement.

 

LICENCIEUX, EUSE

 

adj.

Qui est déréglé, désordonné, contraire à la pudeur. Mener une vie licencieuse. Il est fort licencieux en paroles. Tenir des propos licencieux. Faire des vers licencieux.

 

LICHEN

 

(CH se prononce K.)n. m.

T. de Botanique

. Genre de plante cryptogame, ordinairement en forme de croûte, qui croît sur les troncs d'arbres, sur les rochers, sur les murs, etc. La récolte du lichen. Pâte de lichen.

 

LICITATION

 

n. f.

T. de Jurisprudence . Vente, au plus offrant et dernier enchérisseur, d'une maison, d'un héritage qui appartient en commun à plusieurs cohéritiers ou co- propriétaires. Vendre une maison par licitation. Contrat de licitation. Licitation volontaire. Licitation entre majeurs.

 

LICITE

 

adj. des deux genres

. Qui est permis par la loi. Ce n'est pas une chose licite. Il ne fait que des gains honnêtes et licites.

 

LICITEMENT

 

adv.

D'une manière licite, sans aller contre la loi. Peut-on faire licitement telle chose?

 

LICITER

 

v. tr.

T. de Jurisprudence

. Mettre en vente par licitation. Faire liciter une maison, un domaine. Autrefois on licitait les charges, les rentes.

 

LICOL ou LICOU

 

n. m.

Lien de cuir, de corde ou de crin, qu'on met autour de la tête des chevaux, des mulets, et d'autres bêtes de somme, pour les attacher, au moyen d'une ou deux longes, au râtelier, à l'auge, etc. Mener un cheval par le licou. Ce cheval a rompu son licou. Attacher un cheval avec son licou. Licol n'est plus usité qu'en poésie, devant une voyelle. En prose, on dit et on écrit toujours Licou.

 

LICORNE

 

n. f.

Quadrupède fabuleux, portant une corne au milieu du front et dont il est souvent question dans les Bestiaires et les légendes du moyen âge.

Licorne de mer, Cétacé, nommé autrement Narval, qui porte à l'extrémité de sa mâchoire supérieure une dent en forme de corne, droite et très longue.

 

LICTEUR

n. m.

T. d'Antiquité romaine

. Officier public qui marchait devant les premiers magistrats de Rome et qui portait une hache placée dans un faisceau de verges. Les licteurs faisaient à la fois office d'appariteurs et de bourreaux. Le consul avait douze licteurs, le dictateur en avait vingt-quatre.

 

LIE

 

n. f.

La matière qui est en suspension dans le vin et qui se dépose généralement au fond. Lie de vin ou, absolument, Lie. Tirer du vin jusqu'à la lie. Ce vin est clair et bon jusqu'à la lie. On dit, par analogie, Lie de cidre, Lie de bière.

Couleur lie de vin, Sorte de couleur d'un rouge violacé.

Fig., Boire le calice jusqu'à la lie, Souffrir une humiliation complète, une douleur longue et cruelle, un malheur dans toute son étendue, par allusion à une des scènes de la Passion de JÉSUS-CHRIST.

Fig., La lie du peuple, la lie du genre humain, Ce qu'il y a de plus vil dans le peuple, dans l'humanité.

 

LIE

 

adj.

Vieux mot qui signifiait Gai, joyeux, et qui n'est plus usité que dans cette phrase familière : Faire chère lie, Faire bonne chère avec gaieté.

 

LIÈGE

 

n. m.

Écorce épaisse et légère qu'on retire par couches du Chêne-liège et qu'on emploie particulièrement à faire des bouchons. Le liège flotte sur l'eau, à cause de sa légèreté. Les filets des pêcheurs sont garnis de petits morceaux de liège. Des semelles de liège.

 

LIEN

 

n. m.

Ce qui sert à lier. Un lien de paille, de jonc, d'osier. Un lien de fer. Le lien d'une gerbe, d'un fagot.

Il se dit, par analogie, de la Corde ou de la chaîne qui sert à attacher un prisonnier. En ce sens, il se met ordinairement au pluriel. Il était dans les liens. La fête de saint Pierre aux liens. Il n'est plus guère d'usage que dans Briser, rompre ses liens.

Par analogie, en matière criminelle, Être dans les liens d'un décret, d'un mandat d'arrêt, se dit d'une Personne contre laquelle un décret, un mandat d'arrêt a été décerné.

Lien religieux, Engagement contracté par ceux qui sont dans les ordres sacrés, ou qui ont fait des voeux monastiques.

Il se dit encore, figurément, de Tout ce qui attache et unit les personnes ou les choses ensemble. Le lien du mariage est un lien sacré, un lien indissoluble. Lien d'intérêt. Lien d'amitié. Le lien de la reconnaissance. Les liens du sang. Je lui suis attaché par les liens les plus forts, les plus étroits. Resserrer les liens, relâcher les liens qui unissent deux personnes. Ce brave homme a été le lien, a servi de lien entre nous. Le lien qui rattache les diverses parties de cet ouvrage est bien mince. Je n'aperçois aucun lien entre ces événements, entre ces idées.

Il se dit particulièrement de la Dépendance dans laquelle une femme tient un homme en dehors du mariage. Il a rompu ses liens. Des liens honteux.

 

LIER

 

v. tr.

Serrer avec une corde ou avec toute autre chose flexible. Lier le bras, la main, le corps. Lier un fagot, une botte de foin, une gerbe de blé. Lier avec un cordon. Lier avec un mouchoir. Vous liez ce sac trop lâche, il faut le lier plus serré, plus étroitement. Lier des fleurs ensemble pour en faire un bouquet. Lier un paquet. Lier à quelqu'un les mains derrière le dos. Lier les pieds. Lier un homme à un arbre, à un poteau. Lier un fou furieux.

Par exagération, C'est un fou à lier, C'est un extravagant.

Fig., Se livrer à quelqu'un pieds et poings liés, Se mettre entièrement à la merci de quelqu'un.

Fig., Lier les mains à quelqu'un, Le réduire à l'inaction dans une affaire. Avoir les mains liées, Être empêché d'agir dans une affaire. Je ne veux pas qu'on me lie les mains, je ne veux pas avoir les mains liées.

Fig., Lier la langue, Empêcher de parler. Le respect, la crainte de vous déplaire m'a lié la langue.

Il se dit, en termes de Fauconnerie, du Faucon qui saisit l'oiseau avec ses serres.

Il signifie aussi Faire un noeud. Lier les cordons de ses souliers. Lier des rubans.

Il signifie encore Joindre ensemble différentes parties par quelque substance qui s'incorpore dans les unes et dans les autres. La chaux et le ciment servent à lier les pierres. En termes de Cuisine, Lier une sauce, Lui donner de la consistance. La farine sert à lier les sauces. Il faut remuer cette sauce jusqu'à ce qu'elle se lie, Jusqu'à ce qu'elle s'épaississe. Ces ingrédients ne peuvent pas se lier, Ils ne peuvent pas s'incorporer ensemble.

Lier les lettres, Les joindre l'une à l'autre dans l'écriture. Liez bien vos lettres. Liez mieux vos lettres.

En termes de Musique, Lier des notes, Exécuter successivement deux ou plusieurs notes d'un même coup d'archet, ou d'un seul coup de langue sur un instrument à vent, ou d'un seul coup de gosier en chantant.

Fig., Lier les idées, les propositions, les pensées, les parties d'un discours, etc., Les unir entre elles, les enchaîner les unes aux autres. La logique est l'art de lier les idées. Ce conférencier n'a pas bien lié les différentes parties de son exposition. Toutes les parties de cette démonstration sont étroitement liées. Les scènes de cette pièce se lient mal entre elles, Elles ne sont point amenées les unes par les autres. Le fait que vous racontez se lie à une aventure dont j'ai connaissance, Il a du rapport avec cette aventure, il s'y rattache.

Lier partie, Concerter son action, unir ses intérêts avec une ou plusieurs personnes. Ils ont partie liée, Leurs intérêts dépendent les uns des autres. On dit dans le même sens : Mon sort est lié au vôtre.

Jouer en parties liées, Jouer avec la condition que l'enjeu appartiendra à celui qui aura gagné le plus de parties sur un nombre déterminé.

Fig., Lier amitié avec quelqu'un, Contracter amitié avec quelqu'un.

Fig., Lier conversation, commerce, société avec quelqu'un, Entrer en conversation, en commerce, en relations avec lui.

Il signifie au figuré, en parlant des Personnes, Attacher, unir, enchaîner ensemble. La sympathie les a liés autant que l'intérêt. Ils sont liés d'une étroite amitié. Je me suis liée avec lui. Ils se sont liés dès qu'ils se sont connus. Nous nous sommes liés d'amitié.

Il signifie aussi Astreindre, obliger. Qu'est- ce qui vous lie? Les paroles, les contrats lient les hommes. Son serment, sa parole le lie d'une manière indissoluble. Je suis lié par ma promesse. Se lier par un serment, un voeu, etc., S'astreindre à quelque obligation par un serment, par un voeu, etc.

Dans le langage de l'Église, Lier ou délier, exprime le Pouvoir de juridiction spirituelle donné par JÉSUS-CHRIST à l'Église, au for intérieur et au for extérieur.

 

LIERRE

 

n. m.

Plante toujours verte, de la famille des Ombellifères, qui rampe à terre ou qui grimpe le long des murailles et autour des arbres. Un mur tapissé de lierre. Feuille, branche, couronne de lierre. Lierre à larges feuilles. Le lierre est le symbole de la fidélité.

Lierre terrestre, Plante de la famille des Labiées, dont on fait usage en médecine et dont les feuilles ont quelque ressemblance avec celles du lierre.

 

LIESSE

 

n. f.

Joie débordante et collective. Il ne s'emploie qu'avec la préposition En. Un peuple, une foule en liesse.

 

LIEU

 

n. m.

Portion de l'espace, soit prise en elle-même, soit considérée par rapport à ce qui l'occupe. Lieu vaste, étroit, resserré. Lieu élevé, bas, enfoncé, souterrain. Lieu humide, marécageux, malsain. Lieu agréable, charmant, affreux, désert, solitaire, inhabité. C'est le plus beau lieu du monde. C'est un lieu de délices. Changer de lieu. En quelque lieu qu'il aille, il s'ennuie. Veuillez me dire votre lieu de naissance.

Il se dit aussi par rapport à la destination. Un lieu d'assemblée, de récréation. Lieu public. Lieu privé. Le criminel était arrivé au lieu du supplice. Quel est le lieu du rendez-vous? Mettre une chose en lieu sûr, en lieu de sûreté.

Le lieu saint, le saint lieu, L'église, le temple.

Les saints lieux, Les lieux de la terre sainte qui sont célèbres par les mystères de notre rédemption. Visiter les saints lieux.

Lieu de plaisance, Maison de campagne uniquement destinée à l'agrément. Il est vieux.

Lieu de franchise, lieu d'asile, Lieu où, en vertu de quelque privilège, on est à l'abri de certaines poursuites. Les maisons des ambassadeurs sont des lieux de franchise. Autrefois les églises étaient des lieux d'asile.

Mauvais lieu, Maison de débauche. Hanter, fréquenter les mauvais lieux.

Lieux d'aisances, ou simplement Lieux, Les latrines.

Il se dit également d'un Endroit désigné, indiqué; et alors on le met souvent au pluriel. Nous irons sur les lieux. Se transporter sur les lieux. Les juges ordonnèrent une descente sur les lieux. Une descente de lieux.

Il se prend aussi, surtout au pluriel, pour les Appartements et les différentes pièces d'une maison, d'une ferme, etc. Il faut visiter les lieux et voir s'ils sont en état. Réparer les lieux. État des lieux. État de lieux.

Prov., N'avoir ni feu ni lieu, Être vagabond, sans demeure assurée; ou Être extrêmement pauvre.

En termes de Géométrie, il se dit d'une Ligne droite ou courbe, dont tous les points servent à résoudre un problème qui a une infinité de solutions. Lieu géométrique.

En termes d'Astronomie, il se dit du Point du ciel auquel répond une planète, une comète. Comme nous les voyons de la surface de la terre, nous les rapportons à un point différent de celui où elles seraient vues du centre de la terre; ce qui fait qu'on distingue le Lieu apparent du Lieu véritable : la différence s'appelle Parallaxe. Lieu astronomique.

Il a signifié encore Place, rang. Il tient le premier lieu. Il faut que chaque chose y soit en son lieu, Il faut que chaque chose soit à la place qui lui convient. Il se dit surtout en termes de Procédure. Chaque créancier viendra en son lieu.

En termes de Procédure, Être au lieu et place de quelqu'un, Avoir la cession de ses droits et actions. On dit de même Subrogé en son lieu et place.

En premier lieu, en second lieu, en troisième lieu, en dernier lieu, Premièrement, secondement, troisièmement, enfin.

Tenir lieu de, signifie Remplacer, suppléer. Votre amitié me tient lieu de tout. Ses agréments lui tiennent lieu de jeunesse. Il vous a tenu lieu de père.

Il s'est pris autrefois pour Maison ou famille, comme dans ces phrases : Cette personne est de bon lieu, Elle est de bonne famille. Il s'est allié en bon lieu, Il s'est bien allié. Il sent le lieu d'où il vient, Il a les habitudes, les goûts des gens de sa classe.

Fam., On a parlé de vous en bon lieu, On a parlé de vous en bonne compagnie.

En haut lieu, Auprès d'un souverain, d'un prince, ou de quelque personnage important d'où dépend celui qui est en question. Être bien vu en haut lieu. Il lui revint qu'on n'était pas satisfait de lui en haut lieu.

Il signifie aussi l'Endroit, le temps convenable pour dire, pour faire quelque chose. Ce n'est pas ici le lieu de parler de cela, le lieu de disputer. Nous en parlerons en temps et lieu. J'ai parlé de ce fait en son lieu. Ce n'est ni le temps ni le lieu de me demander cela.

Il signifie au figuré Moyen, sujet, occasion. J'ai lieu de me plaindre de votre conduite à mon égard. Je n'ai pas donné lieu à vos reproches. Il n'y a pas lieu de douter, de craindre, d'espérer. Je vous avertirai, s'il y a lieu.

Avoir lieu se dit en parlant de l'Époque d'un événement. Cet événement eut lieu en dernier. La séance publique aura lieu à la fin de ce mois.

LIEU s'est dit aussi d'un Endroit ou passage d'un livre. En quel lieu Platon l'a-t-il dit? Aristote dit dans plus d'un lieu...

Lieux communs. Voyez COMMUN.

AU LIEU DE,Locution prépositive

. À la place de, en place de. Au lieu de mon frère que j'attendais, il est venu un homme de sa part. Que mettez-vous au lieu de cette phrase que vous avez ôtée? Cet officier servira au lieu de tel autre. J'ai pris un volume de Racine, au lieu d'un volume de Corneille.

AU LIEU DE marque aussi Opposition, différence. Au lieu de secourir son ami, il l'a abandonné. Au lieu d'étudier, il ne fait que se divertir.

AU LIEU QUE,Locution conjonctive

qui marque une opposition entre deux actions, entre deux états. Il ne songe qu'à ses plaisirs, au lieu qu'il devrait veiller à ses affaires.

 

LIEUE

 

n. f.

Ancienne mesure itinéraire, dont l'étendue est de quatre kilomètres. Une bonne, une grande lieue. Faire trois lieues, quatre lieues à pied. Une demi-lieue, trois quarts de lieue. Une lieue et demie. On exprime aujourd'hui le plus souvent la distance en kilomètres.

Lieue marine, Lieue de vingt au degré ou d'un peu plus de cinq kilomètre et demi.

Lieue carrée, Espace carré qui a une lieue de chaque côté.

Adverbialement, Une lieue à la ronde, Dans l'étendue d'une lieue en tous sens. Il s'emploie aussi pour exprimer Une certaine étendue à peu près d'une lieue de rayon. Ce bruit a été entendu une lieue à la ronde. On dit également à une lieue à la ronde.

Fig. et fam., Être à cent lieues d'une chose, n'en pas approcher de cent lieues, En être fort éloigné.

Fig. et fam., Il n'écoute pas, il est à mille lieues d'ici, se dit de Quelqu'un qui est distrait, qui ne fait pas attention à ce qu'on lui dit.

Fig. et fam., Elle sent son aventurière d'une lieue, On juge aisément à ses manières, à son air que cette femme est une aventurière.

 

LIEUR

 

n. m.

Celui qui lie des bottes de foin, des gerbes de blé, etc.

 

LIEUSE

 

n. f.

T. d'Agriculture

. Machine qui, adaptée à une moissonneuse mécanique, lie en gerbes les épis à mesure qu'ils sont coupés.