Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
Fouilleur
n. m.
Celui qui fouille pour un travail scientifique. C'est un fouilleur d'archives.
FOUILLIS
n. m.
Entassement de choses disparates réunies pêle-mêle. C'est un fouillis à ne pas s'y reconnaître. Un fouillis de papiers. Fig., Ce livre est un vrai fouillis.
FOUINE
n. f.
Mammifère carnassier du genre des martres, à museau allongé.
FOUINE
n. f.
Instrument de fer à deux ou trois fourchons, qu'on met au bout d'une perche et qui sert à élever les gerbes sur le tas.
Il se dit encore d'une Espèce de trident propre à percer de gros poissons.
FOUINER
v. intr.
S'esquiver à la façon d'une fouine.
Il signifie aussi Fouiller indiscrètement dans des meubles, dans des papiers, etc. Dans ces deux acceptions, il est familier.
FOUIR
v. tr.
Creuser la terre. Fouir une vigne, Travailler la terre au pied de la vigne. Il est rare et est remplacé le plus souvent par CREUSER.
FOUISSEURS
n. m. pl.
T. de Zoologie
. Famille d'insectes hyménoptères qui déposent leurs oeufs dans la terre.
Il se dit aussi d'un Genre de mammifères qui creusent la terre, comme la taupe.
FOULAGE
n. m.
T. d'Arts
. Action de fouler ou Résultat de cette action. Le foulage des cuirs. La régularité du foulage contribue à la beauté de l'impression. Le foulage du grain. Le foulage des laines, pour les feutrer.
Il se dit aussi de l'Écrasement des raisins pour faire le vin. Le foulage de la vendange.
FOULANT, ANTE
adj.
Qui foule. Il n'est guère usité que dans cette locution, Pompe foulante, Pompe qui élève l'eau en la pressant.
FOULARD
n. m.
Étoffe de soie, ou de soie et coton, fort légère, dont on fait des mouchoirs, des cravates, des fichus, des robes, etc., Foulard des Indes. Un mouchoir de foulard.
Il se dit, par extension, d'un Mouchoir, d'une cravate de foulard. Se couvrir la tête d'un foulard. Un foulard bleu, jaune, rouge, etc.
FOULE
n. f.
Multitude de personnes rapprochées les unes des autres. Une grande foule. Craindre la foule. Se jeter dans la foule. Se perdre, disparaître dans la foule. Laisser écouler la foule. Il y a foule à cette pièce. Une foule de peuple, de spectateurs, etc.
Il se dit, par extension, pour Grand nombre, grande quantité, multiplicité; et alors on l'emploie même en parlant des Choses. Une foule de gens diront qu'il n'en est rien. Je connais une foule de personnes qui ont éprouvé le même accident. Une foule de solliciteurs. Une foule de pétitions, de réclamations. J'ai une foule d'occupations. Avoir une foule de souvenirs.
EN FOULE,loc. adv.
En se pressant, ou En grande quantité, en grande multitude. Ils entrèrent, ils accoururent en foule. Les objections se présentaient en foule à mon esprit.
FOULE désigne figurément le Vulgaire, le commun des hommes, le grand nombre des personnes ou des choses ordinaires dans leur genre. La foule ignorante, inconstante. Se mettre, par ses talents, au-dessus de la foule. Se faire remarquer dans la foule. Se tirer de la foule. Sortir de la foule. Rentrer dans la foule. Être confondu dans la foule.
FOULÉE
n. f.
Temps pendant lequel, dans la marche, le pied du cheval pose sur le sol; ce qu'on nomme autrement Appui.
FOULÉES, en termes de Chasse, signifie Traces légères que la bête laisse de son pied, en passant sur l'herbe ou sur les feuilles : on les nommes aussi Foulures, en parlant du Cerf.
En termes d'Arts, il désigne aussi la Quantité de peaux que le tanneur foule à la fois dans la cuve.
FOULER
v. tr.
Presser quelque chose qui cède, avec les pieds, les mains ou à l'aide d'un mécanisme. Fouler l'herbe. Fouler des raisins pour en faire sortir le jus. Les corroyeurs foulent le cuir avec les pieds pour l'amollir. On foule le drap pour le rendre plus fermé, plus serré. Par extension, Fouler la vendange. Fouler une cuve.
En termes de Chasse, il signifie Faire battre ou parcourir un bois par la meute.
En termes de Typographie, il se dit intransitivement de l'Action de la presse sur les feuilles qui reçoivent l'impression. Cette presse foule bien, foule également, régulièrement.
Il signifie quelquefois, surtout en poésie et dans le style élevé, Marcher sur. Je foulais avec respect ce sol antique et sacré. Ils foulent avec indifférence la cendre des héros qui furent leurs ancêtres.
Fouler aux pieds, Marcher sur quelqu'un, sur quelque chose presque toujours avec un sentiment de mépris, de colère, de vengeance. Jézabel fut foulée aux pieds des chevaux. Le duc de Guise foula aux pieds le corps de l'amiral Coligny. Fig., Fouler aux pieds les lois. Fouler aux pieds tout ce qu'il y a de plus sacré.
Il signifie au figuré Opprimer par des exactions, surcharger d'impôts. Une province foulée par l'ennemi.
Il signifie encore Blesser en foulant, en pressant fortement. Cette chute lui a foulé le nerf. Je me suis foulé le pied. Dans cette chute, mon poignet s'est foulé. Les selles neuves foulent souvent les chevaux.
Fam., Il ne se foule pas la rate, Il ne se donne pas de peine. On dit aussi Il ne se foule pas.
FOULERIE
n. f.
Atelier où l'on foule les draps.
FOULOIR
n. m.
T. d'Arts
. Instrument avec lequel on foule.
FOULON
n. m.
Celui qui foule, qui apprête les draps et autres étoffes de laine. Envoyer des draps au foulon.
Moulin à foulon, Moulin qui sert à fouler les draps.
Il se dit aussi d'un Appareil employé par les mégissiers pour le battage des peaux. Terre à foulon, Sorte d'argile qui sert à dégraisser les draps. Chardon à foulon, Plante dont les têtes servent à carder les étoffes de laine, à rendre le poil des draps plus lisse et plus uni.
FOULQUE
n. f.
Oiseau de marais, de l'ordre des Échassiers, analogue à la poule d'eau.
FOULURE
n. f.
Contusion d'une partie foulée. Guérir une foulure.
FOUR
n. m.
Ouvrage de maçonnerie voûté en rond, avec une seule ouverture par-devant, et dans lequel on fait cuire, grâce à la chaleur concentrée, le pain, la pâtisserie, etc. Le four d'un boulanger, d'un pâtissier. La bouche, la gueule du four. Mettre le pain au four. Chauffer le four. Faire sécher des fruits au four. Des raisins cuits au four.
Il sert aussi à désigner la Partie d'un fourneau autour de laquelle circule la flamme du foyer et où l'on fait cuire les viandes, les pâtisseries.
Pièce de four, Gâteau ou autre pièce de pâtisserie qui se cuit au four.
Petits fours, Sorte de pâtisserie légère qu'on sert soit à la fin d'un repas, soit au cours d'une matinée, d'une soirée, etc.
Four de campagne, Espèce de four portatif, fait ordinairement de cuivre rouge.
Four électrique, Appareil employé dans les laboratoires pour chauffer à haute température par un courant électrique. On le dit aussi d'un Appareil analogue utilisé pour la cuisine.
Four crématoire. Voyez CRÉMATOIRE.
Fam., Il y fait chaud comme dans un four, se dit d'un Lieu où il fait extrêmement chaud. Il y fait noir comme dans un four, se dit d'un Lieu très obscur.
Fig. et fam., Ce n'est pas pour vous que le four chauffe, Ce n'est pas pour vous que telle chose est préparée.
Il se prenait aussi pour le Lieu où était le four et où se rendaient ceux qui voulaient cuire. Aller au four. Revenir du four.
Il se dit également des Lieux voûtés et ouverts par en haut, où l'on fait cuire la chaux, le plâtre, la brique, la tuile, etc. Four à chaux, à plâtre, à brique. Four de verrerie.
Fam., Faire four, se dit d'une Pièce de théâtre, d'un livre qui n'obtient aucun succès; d'une Entreprise qui échoue et aussi d'une Personne qui ne réussit pas. Sa pièce fit four; elle fit un four complet. C'est un four noir. Cet auteur a plusieurs fours à son actif. Il est familier.
FOURBE
n. f.
Tromperie basse et odieuse. Ta fourbe sera démasquée. Dans cette acception, on dit plutôt aujourd'hui FOURBERIE.
Il se dit, par extension, de l'Habitude de tromper, de la disposition à tromper. Cet homme est la fourbe personnifiée.
FOURBE
adj. des deux genres
. Qui emploie, pour tromper, une adresse perfide. C'est le plus fourbe de tous les hommes. Par extension, Un esprit, un caractère, une âme fourbe. Substantivement, Un grand fourbe. Un maître fourbe. Un fourbe insigne.
FOURBERIE
n. f.
Tromperie basse et odieuse. Faire une fourberie, des fourberies. Une fourberie insigne.
Il se dit, par extension, de la Disposition à tromper avec une adresse perfide et odieuse. Sa fourberie est bien connue. Cette femme n'est que fourberie.
FOURBIR
v. tr.
Rendre clair un objet de métal en le frottant. Fourbir des armes. Fourbir une lame d'épée, un canon de fusil. Fourbir un casque, une cuirasse. Fourbir des chenets, une casserole, un poêlon. Fourbir avec du sable, avec du grès pilé.
FOURBISSAGE
n. m.
Action de fourbir. Le fourbissage d'une lame.
FOURBU, UE
adj.
T. d'Art vétérinaire
. Il se dit en parlant d'un Cheval, d'un Mulet qui a une inflammation du tissu réticulaire du pied.
Par analogie, il signifie Qui est harassé de fatigue. J'ai trop marché : je suis fourbu.
FOURBURE
n. f.
T. d'Art vétérinaire
. Maladie d'un cheval ou de quelque autre animal fourbu.
FOURCHE
n. f.
Instrument qui consiste en un long manche de bois terminé par deux ou trois branches ou pointes de bois, de fer, qui vont en s'écartant. Fourche de bois. Fourche de fer. Fourche d'étable. Fourche à faner.
Il se dit aussi de Tout ce qui a la forme ou rappelle la forme de cet instrument; du Gibet à plusieurs piliers, appelé Fourches patibulaires, qu'on élevait dans la campagne; d'une Chose qui se divise en deux ou trois par l'extrémité. La fourche d'un arbre; Un chemin qui fait la fourche, qui bifurque; d'un Passage de plus en plus étroit. Les Fourches Caudines. Fig., Passer sous les Fourches Caudines, Subir des conditions humiliantes. Etc.
Il se dit aussi, en termes d'Arts, de la Pièce constituée par deux barres d'acier creux entre lesquelles tourne la roue d'une bicyclette.
Il se dit encore de la Tige qui relie un tramway à un fil électrique placé en l'air.
FOURCHER
v. intr.
Se partager, se diviser en deux ou trois par l'extrémité, en manière de fourche. Si on coupe la tête de ces arbres, ils fourcheront. Un chemin qui fourche. Animaux qui ont les pieds fourchés.
Cette race, cette famille n'a point fourché, Elle n'a formé qu'une seule branche.
Fig. et fam., La langue lui a fourché, se dit en parlant d'une Personne qui, par méprise, a prononcé un mot pour un autre.
En termes de Blason, Croix fourchée, Celle dont les branches sont terminées par trois pointes qui font deux angles rentrants.
FOURCHET
n. m.
T. d'Art vétérinaire
. Maladie qui attaque le pied du mouton.
Il se dit aussi des Étais dont l'extrémité forme une fourche et grâce auxquels on soutient les branches des arbres de plein vent trop chargées de fruits.
FOURCHETTE
n. f.
Ustensile de table, en forme de petite fourche qui a deux, trois ou quatre pointes ou dents par le bout, et dont on se sert pour piquer les aliments. Manger avec la fourchette. Se servir de la fourchette. Fourchette de bois, de fer, d'étain, d'argent, d'or. Les dents d'une fourchette.
Déjeuner à la fourchette, Déjeuner avec de la viande, des mets solides.
Fig. et fam., C'est une belle fourchette, C'est un beau mangeur.
Il a de nombreux emplois techniques et désigne Tout objet qui en rappelle la forme; le Bâton en forme d'Y dont se servaient autrefois les soldats pour appuyer leur mousquet en tirant; le Bâton fourchu sur lequel on assujettit des cisailles; la Partie du sabot du cheval située à sa face inférieure et qui fait un relief dans l'échancrure de la sole; le Petit os qui est entre les deux ailes d'une volaille, etc.
Pop., La fourchette de l'estomac, Le brechet.
FOURCHON
n. m.
Une des pointes de la fourche ou de la fourchette. Fourche à trois fourchons. Fourchette à quatre fourchons.
FOURCHON
n. m.
Endroit d'où sortent les branches d'un arbre.
FOURCHU, UE
adj.
Qui est en forme de fourche. Arbre fourchu. Chemin fourchu.
Menton fourchu, Menton qui est marqué, à son milieu, d'un léger sillon ou renfoncement. Elle a le menton fourchu.
Pied fourchu, Pied fendu des animaux ruminants. Fourchu se dit, en termes de Mythologie, du Pied de certaines divinités champêtres, et il se dit encore aujourd'hui du Pied du diable. Fig. et fam., Défiez-vous de cet homme, il a le pied fourchu, Il est méchant, dangereux.
FOURGON
n. m.
Espèce de charrette couverte dont on se sert surtout dans les armées. Fourgon automobile. Dans les trains de Chemin de fer, il désigne le Wagon réservé au transport des bagages et des colis. Le fourgon des bagages, ou absolument Le fourgon.
FOURGON
n. m.
Tige de fer ou longue perche de bois garnie de fer par le bout et servant à remuer, à arranger le bois et la braise dans le four.
FOURGONNER
v. intr.
Remuer le feu avec un fourgon.
Il signifie aussi Remuer le feu d'un foyer d'appartement avec les pincettes, et parfois le déranger en voulant l'accommoder. Ne fourgonnez pas tant dans ce feu. Il ne fait que fourgonner.
Il signifie figurément et familièrement Fouiller maladroitement en brouillant et en mettant tout sens dessus dessous. Ne fourgonnez point dans ce coffre.
FOURMI-LION
n. m.
T. de Zoologie
. Insecte qui, à l'état de larve, se nourrit de fourmis et d'autres insectes qui tombent dans un trou en forme d'entonnoir qu'il a creusé. On dit quelquefois FORMICA-LEO.
FOURMI
n. f.
Insecte de l'ordre des Hyménoptères qui vit en société et qui creuse sa demeure dans le sol ou dans un creux d'arbre. Des fourmis noires. Des fourmis rouges. Fourmi ailée. Fourmi mâle ou femelle. Fourmi sans ailes ou aptère. Fourmi ouvrière.
OEufs de fourmi ou de fourmis. Les larves et les nymphes de la fourmi fauve dont on nourrit les perdreaux, les jeunes faisans.
Fig. et fam., Avoir des fourmis dans quelque partie du corps, Y éprouver des picotements. J'ai des fourmis dans les jambes.
FOURMILIER
n. m.
T. de Zoologie
. Mammifère de l'ordre des Édentés, qui se nourrit d'insectes et surtout de fourmis.
Il se dit également de Certains oiseaux des forêts de Guyane, qui vivent de fourmis.
FOURMILIÈRE
n. f.
Habitation des fourmis, où elles pratiquent ordinairement des espèces de loges, de galeries et d'étages. Une fourmilière au pied d'un chêne. Fourmilière en forme de cône. Fourmilière souterraine.
Il se dit aussi de Toutes les fourmis qui habitent la même fourmilière. La fourmilière fut bientôt en mouvement. Nous vîmes sortir toute la fourmilière.
FOURMILLEMENT
n. m.
Action de fourmiller. Un fourmillement de vers. Fig., Un fourmillement d'erreurs. Par extension, Sentir un fourmillement par tout le corps.
FOURMILLER
v. intr.
Remuer, s'agiter en grand nombre, à la façon des fourmis. Les vers fourmillent dans ce fromage. Les visiteurs fourmillent dans les salles du Musée.
Il se dit, par extension, de Choses qui sont réunies en un très grand nombre. Les fautes fourmillent dans votre devoir.
Il signifie aussi Abonder en. Cette traduction fourmille de contresens.
Il signifie encore Être affecté d'un picotement comme si l'on sentait courir des fourmis sous la peau. Toute la main me fourmille.
FOURNAGE
n. m.
Ce que l'on paie au fournier pour la cuisson du pain.
FOURNAISE
n. f.
Grand four où brûle un feu violent. Les trois enfants qui furent jetés dans la fournaise. Fournaise ardente.
Par extension, il se dit d'un Endroit où il fait très chaud. Comment pouvez-vous tenir dans cette fournaise? Cette chambre est une vraie fournaise, Elle est extrêmement chaude.
FOURNEAU
n. m.
Appareil fixe ou portatif, généralement en tôle ou en fonte, servant à la cuisson des aliments, à faire bouillir de l'eau, etc. Fourneau de cuisine. (On dit aussi Cuisinière.) Fourneau à charbon, à pétrole, à gaz, à essence, à alcool. Fourneau électrique.
Haut fourneau, Fourneau destiné à fondre le minerai de fer à une haute température. Il se dit aussi de l'Usine où se trouve ce fourneau. Il y a dans la Haute-Marne beaucoup de hauts fourneaux.
Il désignait autrefois et désigne quelquefois encore une Petite construction de maçonnerie ou de brique, soit portative, soit à demeure, et à plusieurs cavités, dans lesquelles on met du charbon, de la braise, pour cuire et chauffer les mets. Le foyer, la grille, le cendrier d'un fourneau. Faire bouillir une marmite sur un fourneau. Allumer ses fourneaux. Fourneau de brique.
Il se dit aussi, en termes d'Arts, de Certains récipients qui servent à soumettre diverses substances à l'action du feu. Fourneau de coupelle. Fourneau d'orfèvre. Fourneau d'affineur. Fourneau de forge. Fourneau à vent. Fourneau à brique réfractaire. Etc.
Il désigne encore un Grand four où l'on fond le verre. Le fourneau d'une verrerie.
Fourneau de mine, ou simplement Fourneau, se dit d'une Cavité pratiquée dans une masse et chargée d'un explosif, pour faire sauter un rocher, une muraille, une partie de terrain ou quelque ouvrage de fortification. Mettre le feu à un fourneau. Faire jouer un fourneau.
Le fourneau d'une pipe, La partie évasée d'une pipe dans laquelle on fait brûler le tabac.
Par extension, Fourneau philanthropique, se dit d'un Établissement de charité qui distribue gratuitement de quoi manger à des indigents ou qui leur vend des aliments à bas prix.
FOURNÉE
n. f.
Quantité de pain qu'on fait cuire ou qu'on peut faire cuire à la fois dans un four. La première, la seconde fournée. Demi-fournée. Fournée complète.
Il se dit aussi en parlant d'Autres choses que l'on expose à l'action de la chaleur dans les fours. Une fournée de faïence. Une fournée de chaux. Une fournée de tuiles.
Il se dit quelquefois, figurément et familièrement, d'un Certain nombre de personnes qui sont nommées à la fois aux mêmes fonctions ou dignités. Il ne sera pas de cette fournée. On annonce une nouvelle fournée pour le mois prochain.
Il se dit aussi d'un Certain nombre de personnes qui accomplissent ensemble les mêmes actes ou subissent le même sort. Les visiteurs étaient admis par fournées. Les suspects étaient jugés par fournées.
FOURNIER, IÈRE
n.
Celui, celle qui tient un four public à cuire le pain. Le fournier du village. La fournière.
FOURNIL
(On ne prononce point l'L.)n. m.
Lieu où est le four et où l'on pétrit la pâte.
FOURNIMENT
n. m.
Ensemble des objets d'équipement à l'usage de chaque soldat. Nettoyer son fourniment.
FOURNIR
v. tr.
Pourvoir, approvisionner. Fournir quelqu'un de provisions. Ce marchand avait fourni cette maison de vin, de bois. Se fournir des choses nécessaires. Fournir une maison de meubles. Fournir un magasin de toutes les marchandises nécessaires. Fournir un étui de toutes ses pièces. Absolument, C'est lui qui fournit dans cette maison. Il se fournit d'ordinaire chez ce marchand. Une boutique bien fournie. Une table bien fournie. Une bibliothèque bien fournie.
Il signifie aussi Livrer, procurer, faire avoir. Fournir des armes. Fournir de l'argent à quelqu'un. Je fournirai les fonds nécessaires. Il est juste de lui rendre ce qu'il a fourni pour vous. L'huile que fournissent les graines de colza. Cette école préparatoire est destinée à fournir des officiers, des professeurs, des administrateurs, etc. Ce livre m'a fourni plusieurs citations. Fournir des idées. Il a promis de me fournir des renseignements. Je vous en fournirai les moyens. Cela peut nous fournir quelque lumière. Fournir un aliment à la curiosité publique. Fournir matière à des conjectures. En termes de Jeu, Si vous avez de l'atout, vous devez en fournir.
Il signifie particulièrement Produire, exposer, surtout en termes de Procédure et d'Administration. Fournir ses défenses, ses griefs. Il n'a pas fourni toutes ses pièces. J'en fournirai la preuve quand on le voudra. Il n'a pas encore fourni ses comptes.
En termes de Manège, Fournir la carrière, La parcourir tout entière. Ce cheval a bien fourni la carrière. Fig., Il a fourni une belle carrière, Il a vécu avec honneur et avec estime jusqu'à la fin.
Il signifie aussi, intransitivement, Subvenir, contribuer en tout ou en partie. Fournir à la dépense. Fournir aux frais.
Le participe passé FOURNI, IE, signifie quelquefois, adjectivement, Qui est épais, touffu. Un bois bien fourni. Une barbe, une chevelure bien fournie.
FOURNISSEMENT
n. m.
T. de Commerce
. Fonds que chaque associé doit mettre dans une société. Compte de fournissement.
FOURNISSEUR, EUSE
n.
Celui, celle qui entreprend de faire la fourniture de quelque marchandise, de quelque denrée ou Celui chez qui on se la procure. Les fournisseurs de l'armée. Fournisseur général de l'armée. Il a des dettes criardes chez tous ses fournisseurs.
FOURNISSEUR
n. m.
Celui qui fournit et qui monte des sabres, des épées.
FOURNITURE
n. f.
Provision fournie ou à fournir. On le dit aussi de l'Action même de fournir, d'approvisionner. Fourniture de blé, de vin, de bois, d'argent, etc. La fourniture de l'armée. Entreprendre une fourniture. Faire une fourniture. Il est chargé de cette fourniture.
Il se dit quelquefois, en termes de Commerce, de Ce qu'on livre, de ce qu'on procure.
Il se dit aussi de Ce que les tailleurs, tapissiers, et autres semblables artisans ou qui travaillent à façon, ont coutume de fournir en employant l'étoffe, la matière principale. Le tailleur veut tant pour ses fournitures. Le tapissier a pris tant pour façon et fourniture.
Il désigne encore les Menues herbes dont on accompagne les salades. La fourniture de cette salade est excellente.
FOURRAGE
n. m. coll.
La paille, le foin et toute autre espèce d'herbe qu'on donne pour nourriture aux bestiaux, aux chevaux, etc., lorsqu'on ne les fait point paître. Donner du fourrage au bétail. Ils ne nourrissent leurs vaches que de fourrage. Fourrage vert. Fourrage sec. Cette plante donne un très bon fourrage; on la cultive comme fourrage, pour le fourrage. Ration de fourrage. Un pays abondant en fourrage. Faire provision de fourrage. L'armée manquait de fourrage.
FOURRAGE
n. m.
Action de fourrer, de doubler de fourrure, ou Résultat de cette action. Le fourrage d'un manteau. Il a fait mettre un fourrage à son pardessus.
FOURRAGER
v. intr.
Couper et amasser du fourrage. Il se disait surtout en termes de Guerre. Fourrager dans un champ, dans un village. L'armée a fourragé dans ce pays-là.
Fig. et fam., C'est un homme qui fourrage dans tous les livres, se dit d'un Compilateur ou d'un plagiaire.
Fam., Fourrager dans des papiers, Chercher dans des papiers en les mettant en désordre. Fourrager des tiroirs, des armoires, Les mettre en désordre en y faisant des recherches.
FOURRAGER s'emploie aussi comme verbe transitif dans le sens de Ravager. Le troupeau a fourragé cette pièce de blé. Les lapins ont fourragé mon jardin.
FOURRAGÈRE
adj. f.
Qui produit du fourrage. Les plantes fourragères. Culture fourragère.
Il désigne aussi, comme nom en termes militaires, un Chariot destiné d'abord spécialement au transport des fourrages pour la cavalerie, mais subsidiairement à des transports divers, nécessités par le service de l'artillerie ou du train des équipages.
Il se dit encore d'une Sorte d'insigne, formé d'un pendentif de tresse, agrafé à l'épaule, entourant le bras et se terminant par des aiguillettes de métal. Cet insigne est accordé, comme décoration collective, à une unité de l'armée de terre ou de l'armée de mer. La fourragère est rouge, verte et jaune, rouge et verte, selon qu'elle correspond à la décoration de la Légion d'honneur, de la Médaille militaire ou de la Croix de guerre.
FOURRAGEUR
n. m.
T. militaire
. Celui qui va au fourrage. Les ennemis tombèrent sur les fourrageurs.
Charge en fourrageurs, Charge en ordre dispersé.
FOURRÉ
n. m.
Endroit d'un bois, d'une forêt, etc., où il y a un assemblage épais d'arbrisseaux, d'arbustes, de broussailles. Entrer, pénétrer dans le fourré d'un bois, ou, absolument, dans le fourré. Se réfugier, se cacher dans un fourré.
FOURREAU
n. m.
Enveloppe de métal, de cuir ou d'étoffe ajustée à la forme allongée de l'objet qu'elle renferme et destinée à le protéger quand on ne s'en sert plus. Fourreau d'épée. Tirer l'épée hors du fourreau, du fourreau. Fourreau de pistolet, de revolver. Fourreau de baïonnette. Fourreau de parapluie.
Faux fourreau, Sorte de fourreau dont on couvre le véritable fourreau d'une épée, d'un pistolet, etc., pour le garantir de la poussière ou de la pluie.
Fig., Tirer l'épée du fourreau, Commencer les hostilités. Remettre l'épée au fourreau, Faire la paix.
Prov. et fig., L'épée, la lame use le fourreau. Une trop grande activité d'esprit nuit à la santé.
Il a des emplois techniques où il désigne des Choses rappelant la forme du fourreau. Il désigne notamment Certaines robes d'enfant ou de femme, de forme étroite; l'Enveloppe des épis quand ils commencent à se former, etc.
FOURRER
v. tr.
Introduire, faire entrer, placer en quelque endroit, mettre parmi d'autres choses. Fourrer la main dans sa poche. Fourrer son bras dans un trou. Cette étoffe, cette tapisserie est toute perdue, il y a des trous à y fourrer la main. Il s'est fourré une écharde, une épine dans le doigt. Il aura fourré cela dans un coin. Où s'est-il donc fourré? Se fourrer sous un lit. Il est familier.
Fig. et fam., Où me suis-je fourré? Dans quel embarras me suis-je mis? Dans quel piège suis-je tombé? On dit aussi Se fourrer jusqu'au cou dans une mauvaise affaire.
Fig. et fam., Fourrer son nez où l'on n'a que faire, Se mêler indiscrètement de quelque chose. On dit dans un sens analogue Fourrer son nez partout.
Fig. et fam., Chercher quelque trou à se fourrer, où se fourrer, se dit de Celui qui cherche quelque emploi, quelque condition, et qui a peine à en trouver.
Fig. et fam., Ne savoir où se fourrer, Ne savoir où se cacher, ne savoir comment se dérober à la confusion qu'on éprouve. Il est si honteux de ce qu'il vient de dire, qu'il ne sait où se fourrer.
Fig. et fam., Fourrer quelque chose dans l'esprit, dans la tête de quelqu'un, Parvenir à lui faire comprendre quelque chose. Il est si sot, qu'on ne saurait lui rien fourrer dans la tête, dans l'esprit. On eut bien de la peine à lui fourrer dans la tête qu'il fallait... Cela signifie aussi Faire croire une chose à quelqu'un, la lui persuader. Qui a pu lui fourrer cette absurde idée dans l'esprit? Vous vous fourrez dans la tête mille chimères, mille choses qui ne sont pas. Une idée, une erreur, etc., qui s'est fourrée dans l'esprit, dans la tête de quelqu'un.
Il signifie, par extension, Donner avec excès et sans réflexion. Elle gâte cet enfant, elle lui fourre des sucreries à le rendre malade.
Fig. et fam., S'en fourrer jusque-là, se dit de Quelqu'un qui prend, avec avidité et excès, de la nourriture, du plaisir, etc.
Il signifie aussi figurément et familièrement Insérer hors de propos. Fourrer un tas de digressions dans un récit. Il a fait un livre où il a fourré tout ce qu'il savait.
Il signifie en outre Garnir, doubler de peau avec le poil. Fourrer une robe de martre. Fourrer d'hermine. Fourrer de petit-gris. Gants fourrés. Manteau fourré.
Chat fourré se dit par plaisanterie des Magistrats revêtus de leur hermine.
Le participe passé s'emploie comme adjectif dans les locutions suivantes :
Langues fourrées, Langues de boeuf, de porc, de mouton, recouvertes d'une autre peau que la leur, et avec laquelle on les fait cuire.
Pain fourré, bonbon fourré, Pain, bonbon garni intérieurement de quelque autre comestible.
Médaille, pièce de monnaie fourrée, Médaille, pièce de monnaie dont le dessus est d'or ou d'argent, et le dedans d'un métal inférieur. Cette pièce d'or, d'argent est fourrée.
Botte de paille, botte de foin fourrée, Botte dans laquelle, parmi de bonne paille ou de bon foin, on a mêlé de la paille ou du foin de moindre qualité.
En termes d'Escrime, Coup fourré. Voyez COUP.
Fig. et fam., Paix fourrée, Fausse paix, faite de mauvaise foi par les deux parties, chacune ayant intention de la rompre, lorsqu'elle le croira utile à ses intérêts.
Pays fourré, Pays rempli de bois, de haies, etc. L'armée se trouvait dans un pays fourré.
Bois fourré, Bois qui est fort garni de broussailles et d'épines. Voyez FOURRÉ, nom.
FOURREUR, EUSE
n.
Celui, celle qui fabrique, qui vend des fourrures.
FOURRIER
n. m.
T. militaire
. Celui qui est principalement chargé de pourvoir au logement des soldats quand ils passent dans quelque ville, et de répartir entre les escouades les vivres, les effets d'équipement, etc. Le fourrier de la compagnie. La fonction de fourrier. Par apposition, Caporal fourrier.
Poétiquement, il désigne un Messager, un avant-coureur. Les fourriers de l'été.
FOURRIÈRE
n. f.
Lieu de dépôt où la police a le droit de faire conduire les animaux errants, les voitures délaissées sur la voie publique, etc. Mettre un chien à la fourrière.
FOURRURE
n. f.
Peau de certains animaux, précieuse par la couleur, la longueur, l'épaisseur du poil, et dont on se sert pour doubler, garnir ou orner les robes, etc. : on en fait aussi des manchons, des bonnets, des manteaux, des paletots, etc. Une belle fourrure. Une fourrure de grand prix. Fourrure de martre zibeline, de petit-gris, d'hermine, etc. Un manteau, un paletot, un bonnet, un col de fourrure. Prendre, oublier sa fourrure, Sa cravate, son écharpe de fourrure.
Il désigne aussi, en termes de Blason, l'hermine et le vair. La fourrure d'un président.
FOURVOIEMENT
n. m.
Erreur de celui qui s'égare de son chemin. Au point du jour ils s'aperçurent de leur fourvoiement. Fig., Il est rare que l'on revienne d'un long fourvoiement. Il est peu usité.
FOURVOYER
( Il se conjugue comme BROYER.)v. tr.
Égarer, détourner du chemin. Ce guide nous a fourvoyés. La nuit est cause qu'ils se sont fourvoyés. Fig., Les mauvais exemples l'ont fourvoyé. L'auteur de cet écrit s'est entièrement fourvoyé. Il s'est laissé fourvoyer dans cette entreprise.
FOX-TERRIER
n. m.
Espèce de petit chien à poil ras, blanc, taché de noir ou de noir et de fauve, spécial pour débusquer le renard de son terrier.
FOYER
n. m.
Âtre, lieu où se fait le feu. Ôter la cendre du foyer.
Le foyer d'un fourneau, La partie d'un fourneau où se place le feu et dont le fond est garni d'une petite grille à travers laquelle la cendre tombe.
Pierre de foyer, Marbre de foyer, et par abréviation Foyer, se dit aussi de la Dalle de pierre ou de marbre que l'on met au-devant d'une cheminée pour éloigner du feu le plancher et les parquets.
Il se dit quelquefois, par extension, du Feu qui brûle dans le foyer. Il se réchauffa au foyer qu'on venait d'allumer.
Il signifie, en termes de Théâtre, la Salle commune où se rassemblent les acteurs et Celle où les spectateurs peuvent se rendre pour passer le temps des entractes, pour converser et où ils se rendaient autrefois pour se chauffer. Le foyer des artistes. Le foyer de la danse. Le foyer du public.
Il se dit aussi figurément, surtout au pluriel, pour Maison, demeure familiale, pays natal. Le foyer domestique. Combattre pour ses foyers. Rentrer dans ses foyers.
Fig. et fam., Homme de foyer, Homme qui aime son foyer, sa famille, la vie domestique.
Fonder un foyer se dit de Celui qui, en se mariant, crée une famille nouvelle.
En termes de Physique, Foyer de lumière ou de chaleur se dit d'un Corps émettant de la lumière ou de la chaleur. Dans un miroir sphérique de petite dimension, un foyer est un point par lequel passent après réflexion les rayons lumineux ou calorifiques parallèles à l'axe de ce miroir. Une définition analogue est applicable aux instruments réfractant la lumière, comme les lentilles employées en Optique. L'image de l'étoile est bonne au foyer de cette lentille. On a brûlé ce corps en le plaçant au foyer d'un miroir exposé au soleil.
En termes de Géométrie, Foyer d'une section conique se dit d'un Point auquel on peut associer une droite telle que le rapport des distances d'un point quelconque de la courbe à ce point et à la droite soit constant. Une ellipse a deux foyers, et la somme des distances de tout point de cette courbe à ses deux foyers est constante. Les planètes décrivent des ellipses dont le soleil occupe un des foyers.
En termes de Médecine, Foyer d'une maladie, Siège principal du mal. Un foyer purulent est un foyer où se forme du pus. Cet abcès est un foyer purulent. Par extension, il se dit d'un Lieu d'où rayonne une maladie. L'Inde est un des foyers de la peste. Fig., Le foyer de la rébellion, de la sédition, etc.
Fig., Cette ville est le foyer des lumières, un foyer de lumières, Les arts et les sciences y brillent plus que partout ailleurs.
FRAC
n. m.
Vêtement en drap noir que les hommes portent dans une cérémonie, une soirée et qui se termine en deux longues basques dites Queue de morue.
FRACAS
n. m.
Bruit semblable à celui d'une chose qui se brise en éclats. Le fracas du tonnerre. Le fracas des armes. Un torrent qui roule ses eaux avec fracas.
Il se dit également de Tout ce qui se fait avec tumulte, avec désordre et grand bruit. Quel fracas dans cette maison, dans cette assemblée! Ils firent leur entrée dans l'hôtel avec beaucoup de fracas. Le fracas de la rue.
Faire du fracas signifie figurément Faire beaucoup d'embarras. Il était inutile de faire tant de fracas pour si peu de chose. Ne faites donc pas tant de fracas.
FRACASSER
v. tr.
Briser en éclats, avec violence. Cette poutre en tombant a fracassé glaces et porcelaines. Un éclat d'obus lui fracassa la jambe. Il s'est fracassé le bras dans sa chute.