Dictionnaire Academie francaise 8e édition 1932-35
. Dépuration d'une liqueur, qui se fait…
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 3 parties.
n. f.
T. de Pharmacie
. Dépuration d'une liqueur, qui se fait en provoquant la chute des parties qui la rendaient trouble.
Il signifie aussi, en termes de Médecine, Action d'expulser les matières fécales.
DÉFECTIF, IVE
adj.
T. de Grammaire
. Qui n'a pas tous ses temps et tous ses modes, en parlant des Verbes. Braire, frire, gésir sont des verbes défectifs.
Il se dit aussi, en termes de Géométrie, d'une Courbe qui n'a qu'une asymptote.
DÉFECTION
n. f.
Action d'abandonner un parti auquel on est lié. La défection des alliés.
DÉFECTUEUSEMENT
adv.
D'une manière défectueuse.
DÉFECTUEUX, EUSE
adj.
Où il manque quelque chose des conditions requises. Un inventaire défectueux. Une marchandise livrée dans un état défectueux.
Il signifie aussi Qui ne présente point toutes les qualités requises. Manière d'écrire défectueuse. Raisonnement défectueux.
DÉFECTUOSITÉ
n. f.
État de ce qui est défectueux. Les défectuosités de cet ouvrage sont choquantes.
DÉFENDABLE
adj. des deux genres
. Qui peut être défendu. Cette place, ce poste n'est pas défendable. Fig., L'opinion, la thèse que vous soutenez est défendable.
DÉFENDEUR, ERESSE
n.
T. de Procédure
. Celui, celle à qui on fait une demande en justice, la partie à laquelle le procès est intenté. Il est opposé à Demandeur.
DÉFENDRE
v. tr.
Protéger une personne contre une attaque. Défendre quelqu'un au péril de sa vie. Défendre ses concitoyens, sa patrie. Par extension, Défendre sa vie, son honneur, les intérêts de son ami.
Prov. et fig., Bien attaqué, bien défendu. Voyez ATTAQUER.
À son corps défendant. Voyez CORPS.
Défendre une place, un poste, etc., Résister à ceux qui veulent s'en rendre maîtres, s'opposer aux ennemis qui l'attaquent. Il défendit ce passage à lui seul contre une vingtaine d'assaillants.
Il signifie particulièrement, en termes de Guerre, Empêcher que l'ennemi ne puisse, sans risquer beaucoup, entrer dans un lieu ou en approcher. Une batterie défend l'entrée du port, en défend les approches. La frontière est défendue de ce côté par plusieurs places fortes.
SE DÉFENDRE signifie Repousser une attaque, une agression quelconque, y résister. Il se défendit vaillamment. Se défendre contre un ennemi, contre un assassin, contre un voleur. Il l'a tué en se défendant. Ils se défendirent dans ce poste pendant un jour et une nuit.
Il signifie aussi Garantir, tant au propre qu'au figuré. La montagne défend cette maison du froid, des vents du nord. Qui le défendra des séductions du monde, contre les séductions du monde? Porter un manteau pour se défendre du froid. Il est difficile de se défendre de quelque partialité pour ses proches. On dit dans le même sens et familièrement Ce vieillard se défend, Il résiste aux atteintes de l'âge.
Cette place se défend d'elle-même, Elle est facile à défendre et difficile à attaquer. On dit, dans le sens contraire, qu'Une place n'est pas en état de se défendre.
Défendre quelqu'un signifie spécialement Soutenir son innocence contre ceux qui l'accusent. Cet avocat a très habilement défendu son client. Cet accusé a voulu se défendre lui-même. On ne lui a pas permis de se défendre. Par extension, Défendre une cause.
En termes de Procédure, il s'emploie absolument dans le sens de Fournir des défenses aux demandes de la partie adverse. Il a été condamné faute de défendre.
SE DÉFENDRE signifie encore Se disculper, nier quelque chose qu'on vous reproche. On l'accuse de telle chose, mais il s'en défend.
Il signifie encore S'excuser de faire quelque chose à quoi on voudrait vous obliger. On voulait le forcer d'aller dans cette maison, il s'en est défendu. On voulait lui donner cette mission, il s'est toujours défendu de l'accepter.
DÉFENDRE signifie aussi Prohiber, interdire quelque chose. Défendre les duels. Défendre quelque chose sous peine de la vie. Défendre sa maison, sa porte à quelqu'un. La viande est défendue en carême deux jours par semaine. Il est défendu de passer en tel endroit. La raison nous défend de faire une injustice. On lui défendit le vin. J'ai défendu que vous fissiez telle chose. Livres défendus. Des marchandises défendues. Armes défendues. Adam mangea du fruit défendu.
DÉFENS
n. m.
T. d'Eaux et Forêts
. Bois en défens, Bois jeune où dans lequel il n'est pas permis de faire entrer des bestiaux.
DÉFENSE
n. f.
Action de défendre, de se défendre. Prendre les armes pour la défense de son pays, de la religion. S'armer pour la commune défense, pour sa propre défense. Être dans le cas de légitime défense.
Se mettre en défense, en état de défense, Se mettre en état de se défendre.
Il se dit particulièrement, en termes de Guerre, de l'Action ou de la Manière de défendre une place, un poste, etc., de s'y défendre. La défense de cette place lui fut confiée. Traité de l'attaque et de la défense des places fortes. Ligne de défense.
Fig. et fam., Faire une belle défense, Résister longtemps à quelque proposition, à quelque sollicitation, etc.
Au pluriel, il se dit de Ce qui sert à garantir, à couvrir une place. Démolir les défenses d'une place.
Fam., Il n'est pas de défense ou Il n'a pas de défense, Il ne sait pas se défendre contre les railleurs, la malveillance, la séduction.
En termes d'Eaux et Forêts, Ce bois est en défense, Il est en tel état de force qu'on n'a plus besoin d'empêcher les bestiaux d'y aller.
Il se dit spécialement de l'Action de défendre quelqu'un contre une accusation soit en justice, soit dans les rapports sociaux. La défense de sa cause. Prendre la défense de l'accusé. Il fut chargé de la défense de cet accusé. Qu'avez- vous à dire pour votre défense? On ne voulut point écouter ma défense.
Il signifie, en termes de Procédure, Ce qu'on répond, par écrit et par ministère d'avoué, à la demande de sa partie. Donner, fournir, faire signifier ses défenses.
Il se dit en outre de Chacune des deux longues dents, canines ou incisives, qui sortent de la bouche de certains quadrupèdes et dont ils se servent pour se défendre. Les défenses du sanglier, de l'éléphant.
Il signifie encore Prohibition, interdiction. On lui a fait défense de récidiver. Défense expresse de passer en tel endroit, de toucher à telle chose.
Spécialement, en termes de Procédure, Jugement, arrêt de défense, de défenses, ou simplement Défenses, Jugement qui défend de procéder, de passer outre à l'exécution de quelque chose. Obtenir des défenses. Faire lever des défenses.
DÉFENSEUR
n. m.
Celui qui défend quelqu'un ou quelque chose qui est attaqué. Les défenseurs de la patrie, du peuple, des opprimés. Défenseur de la foi, de la justice. Vous avez en lui un bon défenseur.
Il se dit spécialement de Celui qui est chargé de défendre un accusé en justice. Donner un défenseur à un accusé. Un défenseur nommé d'office.
DÉFENSIF, IVE
adj.
Qui est fait pour la défense. La cuirasse, le bouclier étaient des armes défensives. Position défensive. Attitude défensive. Alliance, ligue défensive.
Il se dit, comme nom féminin, de la Disposition à se défendre, à ne faire simplement que se défendre. Être sur la défensive. Se tenir sur la défensive.
DÉFÉQUER
v. tr.
T. de Pharmacie
. Rendre claire une liqueur, en la dégageant de ses impuretés.
Il s'emploie aussi intransitivement et signifie Expulser les matières fécales.
DÉFÉRENCE
n. f.
Respect qui porte à se conformer à la volonté, aux désirs, aux sentiments de quelqu'un. Avoir de la déférence pour quelqu'un, de la déférence pour l'âge, pour le mérite, pour la dignité de quelqu'un. Il a une grande déférence pour vos avis, pour vos jugements. Il ne répondit rien par déférence. Témoigner, marquer, montrer de la déférence à quelqu'un. C'est une marque de déférence.
DÉFÉRENT, ENTE
adj.
Qui défère, qui cède. Esprit doux et déférent.
DÉFÉRER
v. tr.
Décerner une des dignités, un des honneurs dont un État ou un corps dispose en faveur d'une personne. Les Romains ont déféré les honneurs divins à la plupart des empereurs. Le peuple romain déféra avant l'âge le consulat à Scipion et l'honneur du triomphe à Pompée. Les cardinaux lui déférèrent le pontificat.
Il signifie aussi, en termes de Jurisprudence, Traduire devant une autorité, un tribunal. Déférer quelqu'un en justice, à la justice. Cet ouvrage fut déféré à la Cour de Rome.
Déférer le serment à quelqu'un, Lui demander d'affirmer par serment ce qu'il prétend être vrai.
Il s'emploie souvent comme verbe intransitif et alors il signifie Accorder par respect quelque chose à quelqu'un. Déférer à quelqu'un. Déférer au jugement, à l'avis de quelqu'un. Par extension, Déférer à l'âge, à la dignité, à la qualité, au mérite de quelqu'un.
DÉFERLER
v. tr.
T. de Marine
. Déployer les voiles.
Employé intransitivement, il signifie Se déployer avec impétuosité et se résoudre en écume, en parlant des Vagues.
DÉFERRER
v. tr.
Dégarnir une chose du fer qui y a été appliqué. Déferrer une caisse. Déferrer une porte, une roue. Ce lacet s'est déferré.
Il se dit spécialement des Bêtes de somme dont on garnit le sabot de fers. Un cheval déferré.
Il signifie, figurément et familièrement, Rendre muet, déconcerter, interdire. C'est un homme qu'on déferre malaisément, qui se déferre facilement.
DÉFERVESCENCE
n. f.
T. de Chimie
. Absence ou diminution d'effervescence.
En termes de Médecine, il signifie Décroissance ou disparition de la fièvre.
DÉFET
n. m.
T. de Librairie
. Une des feuilles superflues et dépareillées d'un ouvrage qui ne peuvent servir à former des exemplaires complets.
DÉFEUILLER
v. tr.
Dépouiller de ses feuilles. Cet arbre se défeuille.
DÉFI
n. m.
Action de défier. Un cartel de défi. Envoyer un défi à quelqu'un. Porter un défi. Un insolent défi. Accepter le défi. Fig., Cette opinion, cette décision, cette mesure est un défi au bon sens.
Mettre quelqu'un au défi de faire une chose, L'en défier, lui déclarer qu'on regarde comme impossible qu'il la fasse. Je vous mets au défi de le prouver.
DÉFIANCE
n. f.
Sentiment de celui qui se défie de quelqu'un ou de quelque chose. Être dans la défiance. Entrer en défiance. Ressentir de la défiance pour quelqu'un. Avoir une juste défiance de ses propres forces. Avoir une grande défiance de soi-même.
Prov., Défiance est mère de sûreté, Pour éviter d'être trompé, il faut ne pas donner légèrement sa confiance.
DÉFIANT, ANTE
adj.
Qui est porté à se défier d'autrui. Être défiant. Avoir un caractère défiant.
DÉFIBRER
v. tr.
Dépouiller de ses fibres. Défibrer la canne à sucre.
DÉFICELER
(Je déficelle; nous déficelons.) v. tr.
Dégager un objet empaqueté des ficelles qui l'entourent. Déficeler une boîte, un paquet.
DÉFICIENT, ENTE
adj.
T. didactique
. Où il y a un manque. En termes de Mathématiques, Nombre déficient, Nombre dont les parties sont inférieures au nombre lui-même.
DÉFICIT
(On prononce le T.)n. m.
Mot emprunté du latin. T. de Comptabilité
. Ce qui manque dans une caisse publique ou privée; L'excédent des dépenses sur les recettes. Il y a un grand, un énorme déficit dans les finances, dans les revenus de l'État. Il faut tant pour combler le déficit.
Il signifie aussi, d'une façon générale, Ce qui manque en déjouant les prévisions. La récolte de blé, cette année, est en déficit. Le rendement des impôts accuse un déficit.
DÉFICITAIRE
adj. des deux genres
. Qui se solde par un déficit. Budget déficitaire.
Récolte déficitaire, Qui est inférieure comme rendement aux besoins de la consommation.
DÉFIER
v. tr.
Provoquer à une lutte. Défier quelqu'un à la paume, aux échecs, à la course, à qui boira le plus, à qui arrivera le premier au but.
Il signifie au figuré Braver quelque chose de dangereux, s'y exposer hardiment, courageusement, lutter contre. Défier un danger. Défier les tempêtes. Défier la mort. Défier le sort, la mauvaise fortune. Par extension, Un monument qui semble défier les siècles.
Il signifie encore Mettre quelqu'un en demeure de faire quelque chose en laissant entendre qu'on le croit incapable de réussir. Vous me menacez de me faire un procès, je vous en défie. Je le défie bien de se tirer de là. Je vous défie de deviner.
Prov., Il ne faut jamais défier un fou, se dit ironiquement lorsque quelqu'un propose de faire quelque chose d'extravagant et qu'il demande si on l'en défie.
SE DÉFIER signifie Être, se mettre en garde contre quelqu'un ou quelque chose. C'est un homme dont il faut se défier. Je me défie de ses caresses. Je me défie de tous ces bruits. Elle se défiait de son propre coeur.
Se défier de soi-même, de ses forces, se défier de sa capacité, Avoir peu de confiance en soi- même, en ses propres forces, en sa capacité.
Il signifie aussi Prévoir, soupçonner quelque chose de fâcheux. Défie-toi que le mauvais temps ne te surprenne en route. L'orage menace, défiez-vous.
DÉFIGURER
v. tr.
Rendre méconnaissable en altérant physiquement. La petite vérole l'a tout défiguré.
Il signifie, dans une acception plus étendue, Dénaturer en changeant la forme, la figure. Défigurer une statue, un tableau, en voulant les retoucher. Fig., Il a voulu corriger ce livre, il l'a défiguré. Ce passage a été complètement défiguré. Défigurer la vérité. Défigurer un fait, une nouvelle, un récit.
DÉFILAGE
n. m.
Action de défiler. Le défilage de la charpie.
Il se dit spécialement de l'Opération qui consiste à diviser et déchirer les chiffons dont on fait le papier.
DÉFILÉ
n. m.
Passage étroit où il ne peut passer que peu de personnes de front. Un pays de défilés, plein de défilés. Les troupes étaient à l'entrée du défilé. S'engager dans un défilé. Être pris dans un défilé. Se rendre maître d'un défilé.
Il se dit aussi de la Marche d'une troupe qui défile devant un chef. Le défilé des troupes fut salué d'acclamations. Par analogie, il se dit des personnes qui défilent à un mariage, à un enterrement, etc.
DÉFILEMENT
n. m.
T. de Fortification
. Méthode pour préserver des coups d'enfilade un ouvrage ou une troupe, ou Résultat de cette méthode.
DÉFILER
v. tr.
Détacher une chose du fil du cordon où elle était passée. Défiler les perles d'un collier, les grains d'un chapelet. Son collier s'est défilé. Ce chapelet va se défiler.
Fig., Défiler son chapelet. Voyez CHAPELET.
En termes de Fortification, Défiler un ouvrage, Le disposer de manière à le protéger contre l'enfilade du feu des ennemis.
DÉFILER
v. intr.
Aller l'un après l'autre ou les uns après les autres. Dans cet étroit passage, les soldats ne pouvaient défiler que deux à deux. Défiler devant une statue, devant un cercueil.
Il se dit aussi du Mouvement qu'on fait faire à des troupes pour les voir plus en détail. Après la revue, on fit défiler les troupes par compagnies.
SE DÉFILER, en termes militaires, signifie Couvrir sa marche à la faveur d'un abri.
Il signifie figurément, Se dérober. Ils se sont défilés l'un après l'autre.
DÉFINIR
v. tr.
Déterminer d'une manière courte et précise ce qu'est une chose. On définit le triangle une figure qui a trois côtés et trois angles. On définit les termes abstraits et composés; on décrit les objets sensibles; on énonce les idées simples. On ne peut définir les couleurs. Un sentiment que je ne saurais définir s'empara de moi.
Définir un mot, un terme, une expression, Dire ce qu'ils signifient, quel sens on y attache.
Fig., Définir une personne, La faire connaître par ses qualités bonnes ou mauvaises. Définissez-moi un peu cet homme-là. Je vais vous le définir en deux mots. C'est un homme tellement complexe qu'on ne saurait le définir.
Il signifie encore, en termes de Dogme, Décider. Les conciles ont défini que... Le concile a défini là-dessus que... Les questions définies par l'Église.
Il signifie aussi Déterminer avec précision. Dieu a défini le temps et le lieu où cela doit arriver. Il n'y a point de temps défini pour cela.
Le participe passé DÉFINI s'emploie souvent dans cette acception. En termes de Grammaire, Article défini, Qui s'applique à un objet particulier et déterminé. Passé défini, Temps de l'indicatif du verbe, qui indique l'action comme ayant lieu à une époque déterminée, dans une période de temps entièrement passée au moment où l'on parle. On dit aussi Passé simple.
En termes de Chimie, Composés définis, Ceux qui sont formés d'éléments unis en proportions fixes et invariables. Proportions définies, Celles qui offrent des rapports simples d'un atome à un, deux, trois, quatre, etc.
En termes d'Arithmétique, Quantité définie, Celle qui est fixée par le nombre qui l'exprime. DÉFINISSABLE
adj. des deux genres
. Que l'on peut définir. Il y a dans toutes les langues des mots qui ne sont pas définissables.
DÉFINITEUR
n. m.
Celui qui, dans quelques ordres religieux, est préposé pour assister le général ou le provincial dans l'administration des affaires de l'ordre. Définiteur général. Définiteur provincial.
DÉFINITIF, IVE
adj.
Qui est réglé, fixé de manière qu'on n'y devra plus revenir. Traité définitif. Règlement définitif. Résultat définitif. Résolution définitive.
EN DÉFINITIVE,loc. adv.
En dernier résultat, décidément. En définitive, que voulez-vous? que prétendez-vous?
DÉFINITION
n. f.
Formule par laquelle on définit une chose, énonciation des attributs, des qualités qui la distinguent. Définition juste, exacte. Définition claire, nette, obscure, imparfaite. Faire une définition.
La définition d'un mot, d'un terme, Le sens qu'on lui attribue et qui peut être arbitraire. Il s'oppose à Définition de chose, Celle par laquelle on détermine ce qu'est une chose et qui est conforme à son objet.
Il signifie aussi, en termes de Dogme, Décision qui précise les affirmations théologiques et règle la foi. Avant la définition du concile sur cette matière.
PAR DÉFINITION, En vertu de la définition même de l'objet dont on parle. Les liens du mariage sont, par définition, une chose sacrée.
DÉFINITIVEMENT
adv.
D'une manière définitive. Cette affaire a été jugée définitivement. Il signifie figurément Pour en finir. Il veut savoir définitivement à quoi s'en tenir.
DÉFLAGRATION
n. f.
T. de Chimie
. Combustion, accompagnée d'explosion, d'un corps qui se décompose.
DÉFLATION
n. f.
Diminution progressive ou suppression totale de l'inflation. Voyez ce mot.
DÉFLÉCHIR
v. tr.
Détourner de sa direction. En termes de Botanique, Tige défléchie, Tige qui, après s'être élevée à une certaine hauteur, retombe vers la terre. En termes de Physique, Rayons défléchis, Rayons qui ont changé de direction.
DÉFLEGMATION
n. f.
T. de Chimie
. Action de déflegmer.
DÉFLEGMER
v. tr.
T. de Chimie
. Séparer une liqueur de sa partie aqueuse. Déflegmer de l'esprit-de-vin.
DÉFLEURIR
v. intr.
Perdre ses fleurs. Quand la vigne vint à défleurir.
Il est aussi verbe transitif et signifie Dépouiller de ses fleurs. La gelée et le mauvais vent ont défleuri tous les abricotiers.
Il signifie encore Dépouiller un fruit de son velouté. Vous touchez ces prunes, vous les défleurissez.
DÉFLORAISON
n. f.
Chute des fleurs ou Saison de cette chute.
DÉFLORATION
n. f.
Action de déflorer une jeune fille.
DÉFLORER
v. tr.
Dépouiller de sa fleur. Rosier défloré.
Fig., Déflorer une jeune fille, Lui faire perdre sa virginité.
Déflorer un sujet, Lui ôter ce qu'il a de neuf et de piquant, en le traitant mal ou d'une manière incomplète.
DÉFONÇAGE
n. m.
Action de défoncer, de fouiller profondément un terrain.
DÉFONCEMENT
n. m.
Action de défoncer un tonneau, une caisse, etc.
DÉFONCER
v. tr.
Dégarnir de son fond. Défoncer un tonneau, une caisse. Par analogie, D'un coup de poing, il lui défonça son chapeau. Il eut le crâne défoncé par la chute d'une tuile.
En termes d'Agriculture, il signifie Remuer la terre jusqu'à une certaine profondeur, en vue de la diviser, de l'ameublir, d'augmenter l'épaisseur de la couche végétale, ou simplement La débarrasser, la nettoyer des mauvaises herbes.
Par analogie, La pluie a défoncé la route, Elle l'a creusée de trous, d'ornières.
DÉFORMATION
n. f.
T. de Médecine
. Altération de la forme de quelque partie du corps. La déformation de la tête, du bassin.
Par extension, La déformation du langage, Son altération par l'incorrection des mots ou des tours de phrases.
DÉFORMER
v. tr.
Altérer dans sa forme. Déformer un chapeau. Vos souliers se sont déformés. Se déformer la taille. Sa taille se déforme. Les convulsions ont déformé cet enfant. Fig., Déformer un fait, une nouvelle.
DÉFOURNER
v. tr.
Tirer d'un four. Défourner du pain.
DÉFRAÎCHIR
v. tr.
Dépouiller de sa fraîcheur. Le soleil a défraîchi la couleur de ces objets. Cette robe se défraîchira vite. Une étoffe toute défraîchie.
DÉFRAYER
(Il se conjugue comme BALAYER.) v. tr. Décharger des frais de nourriture, d'entretien, de voyage, etc., en s'en chargeant soi-même. Il l'a défrayé des dépenses de voyage. Être défrayé de tout.
Fig. et fam., Défrayer la compagnie de bons mots, de plaisanteries, L'amuser par ses bons mots, ses plaisanteries. On dit aussi absolument, dans un sens analogue, Défrayer la conversation.
DÉFRICHEMENT
n. m.
Action de défricher. Faire le défrichement d'un terrain. Ce pays abonde en blé depuis les défrichements qu'on y a faits.
Il se dit aussi du Terrain même qu'on défriche ou qu'on a défriché. Les défrichements réussissent, ont bien réussi dans telle colonie.
DÉFRICHER
v. tr.
Transformer en terre cultivée une terre inculte, en friche. Défricher un champ, une terre. Donner des terres à défricher dans les pays nouvellement découverts.
Il se dit figurément, en parlant des Connaissances confuses et grossières de certaines sciences encore obscures. Ce savant a défriché un domaine entièrement neuf.
DÉFRICHEUR
n. m.
Celui qui défriche.
DÉFRISER
v. tr.
Défaire ce qui était frisé. Le temps humide défrise les cheveux. Les cheveux se défrisent quand le temps est pluvieux.
Fam. et pop., Voilà qui vous défrise, Voilà une chose qui vous déconcerte. Il fut tout défrisé par cette nouvelle.
DÉFRONCER
v. tr.
Défaire ce qui était froncé. Défroncer le col d'une chemise. Défroncer une jupe.
Fig., Défroncer le sourcil, Se dérider.
DÉFROQUE
n. f.
Pauvre mobilier et argent qu'un religieux laisse en mourant. La défroque d'un moine appartient à l'abbé.
Il se dit, par extension et familièrement, des Vieux vêtements qu'on abandonne parce qu'on ne veut plus les porter.
DÉFROQUER
v. tr.
Dépouiller du froc. Il ne se dit que figurément en parlant d'un Religieux ou de tout ecclésiastique qui a quitté ou veut quitter l'état monastique ou l'état ecclésiastique. On travaille à le défroquer. Il s'emploie surtout pronominalement. Ce prêtre s'est défroqué.
Un moine, un prêtre défroqué, ou, par ellipse, comme nom masculin, Un défroqué.
DÉFUNT, UNTE
adj.
Qui est mort. Ma défunte mère. Défunt mon père. Il s'emploie surtout en termes d'Administration. Fils aîné de père et de mère défunts.
Il s'emploie aussi comme nom. Les enfants du défunt, de la défunte. Le pauvre défunt. En termes de Liturgie. Prier Dieu pour les défunts. Prières pour les défunts.
DÉGAGEMENT
n. m.
Action de dégager, de se dégager ou Résultat de cette action. Le dégagement des effets déposés au mont-de- piété. Le dégagement de la voie publique.
Il signifie spécialement, en termes de Chimie, Mise en liberté sous forme gazeuse, par une action chimique ou physique, de l'un des éléments d'un corps composé.
En termes de Chemins de fer, Voie de dégagement, Voie auxiliaire sur laquelle on peut garer des trains, des locomotives.
En termes d'Architecture, il signifie spécialement Partie d'un appartement servant de passage dérobé. Dans cette maison, chaque chambre a son dégagement. Ce qui rend cet appartement si incommode, c'est le manque de dégagements. On dit de même Escalier de dégagement. Porte de dégagement. Sortie de dégagement.
DÉGAGER
v. tr.
Reprendre ou Rendre libre ce qui était engagé, ce qui avait été donné en hypothèque, en nantissement, en gage. Il a dégagé peu à peu ses terres par son économie, par une diminution dans ses dépenses. Dégager des pierreries. Dégager de la vaisselle d'argent.
Dégager quelqu'un de sa parole, de sa promesse, d'une responsabilité, etc., Lui rendre sa parole, ne pas exiger qu'il tienne sa promesse, l'affranchir de la responsabilité à laquelle il était tenu. Il a contracté une obligation, il a fait une promesse dont il voudrait bien se dégager. Se dégager de toute responsabilité.
Fig., Dégager sa parole, Retirer une parole donnée sous des conditions qui n'ont pas été remplies. On dit à peu près dans le même sens Dégager sa foi, dégager sa promesse, dégager sa responsabilité.
Il signifie encore Débarrasser quelqu'un en le retirant d'un lieu où il se trouvait engagé, en le délivrant de ce qui le tenait embarrassé. Il l'a dégagé du milieu des ennemis. On eut de la peine à le dégager de dessous son cheval, des décombres sous lesquels il était enseveli. Se dégager de ses liens. Il ne pouvait se dégager de la foule.
Il signifie en outre Faire qu'une chose ne soit plus embarrassée, obstruée, etc. Dégager une porte, un passage. On a dégagé ce monument en abattant les masures qui en obstruaient la vue. Dégager la voie publique. La foule n'est plus aussi grande, le passage commence à se dégager. Par analogie, Allure, démarche dégagée. Fig., Dégager son esprit de toute préoccupation. Dégager une question de ce qui n'y a point un rapport direct. Un esprit dégagé de préjugés.
Dégager la tête, dégager la poitrine, Rendre la poitrine, rendre la tête plus libre, la débarrasser, la soulager de ce qui l'incommode. Il avait de l'oppression, on lui a donné une potion qui lui a dégagé la poitrine. Ma tête se dégage un peu.
En termes d'Escrime, Dégager le fer, ou simplement Dégager, Faire un mouvement par lequel on passe d'une ligne en l'autre, de quarte en tierce, de tierce en quarte.
Cet habit dégage la taille, se dit d'un Habit qui fait bien paraître la taille de la personne qui le porte. Taille dégagée. On dit aussi Avoir un ton, des airs dégagés, Un peu trop libres.
En termes de Chimie, il signifie Mettre en liberté un gaz ou un principe volatil contenu dans une substance. La réaction d'un acide sur un carbonate dégage de l'acide carbonique.
Il se dit également des Émanations qui sortent spontanément d'une substance composée. Sous l'influence d'un courant électrique, l'eau se décompose en dégageant de l'oxygène et de l'azote.
En termes de Mathématiques, Dégager l'inconnue, Faire sortir des relations algébriques où elle était engagée la quantité inconnue que l'on cherche pour la solution d'un problème.
On dit de même figurément, Les idées qui se dégagent de cet écrit. La conclusion qui se dégage de cet exposé, de ce rapport.
Dégager le pied et absolument Dégager signifie, en termes de Danse, Détacher un pied ou une jambe de l'autre pied ou de l'autre jambe.
DÉGAINE
n. f.
Tournure, façon de se tenir ridicules. Quelle dégaine! À voir la dégaine de cet homme, on le croirait d'une autre époque.
DÉGAINER
v. tr.
Tirer un instrument perçant ou tranchant de sa gaine, de son fourreau. Il ne s'emploie guère qu'absolument, dans le sens de Mettre l'épée à la main pour se battre. Les deux adversaires avaient hâte de dégainer. Quand on en vint à dégainer.
DÉGANTER
v. tr.
Découvrir la main, les mains en enlevant le gant, les gants qui les recouvrent. Déganter la main droite.
Par extension, SE DÉGANTER signifie Enlever les gants de ses mains.
DÉGARNIR
v. tr.
Dépouiller de ce qui garnissait. Dégarnir une terrasse des arbres qui l'ombrageaient. Dégarnir une chambre, une maison des meubles qu'elle contenait, ou simplement Dégarnir une chambre, une maison. Les bancs se dégarnissaient, la salle se dégarnissait peu à peu, et bientôt il n'y eut plus personne. Sa tête commence à se dégarnir de cheveux, commence à se dégarnir. Vos pêchers se dégarnissent de leurs branches, se dégarnissent.
En termes de Guerre, Dégarnir le centre, les ailes d'une armée, Diminuer le nombre des troupes qui les forment. Dégarnir le centre pour fortifier l'aile droite. Dégarnir une place, En retirer une partie considérable de la garnison ou des munitions. On dit dans un sens analogue Dégarnir les côtes, les frontières, etc.
Il signifie particulièrement Dépouiller de sa garniture. Dégarnir une chemise, une robe. Dégarnir un lit. Dégarnir un chapeau de femme.
SE DÉGARNIR signifie quelquefois Se vêtir, se couvrir plus légèrement. Il s'est enrhumé pour s'être dégarni trop tôt.
Il signifie encore figurément, en termes de Commerce, Se dessaisir de son argent comptant. Vous avez eu tort de vous dégarnir.
DÉGÂT
n. m.
Dommage, détérioration amenés par un accident ou une cause violente. La grêle a fait un grand dégât dans les vignes. Le passage des troupes dans cette province y a causé beaucoup de dégâts. Les sangliers font bien du dégât dans les terres. Il fit constater le dégât.
DÉGAUCHIR
v. tr.
T. d'Arts
. Rendre unie, droite la surface d'une pierre, d'une pièce de charpente ou de menuiserie. Dégauchir une poutre.
Il signifie figurément et familièrement, Corriger la gaucherie. Il arrive de sa province, le commerce du monde ne l'a pas encore dégauchi. Il est vieux.
DÉGAUCHISSEMENT
n. m.
T. d'Arts
. Action de dégauchir.
DÉGEL
n. m.
Fonte de la glace, de la neige, par l'adoucissement de la température. Le dégel est venu tout à coup. Le temps s'est adouci, nous aurons du dégel. Au premier dégel. Le vent est au dégel, tourne au dégel.
DÉGELER
(Il dégèle; il dégelait.)v. tr.
Faire qu'une chose qui était gelée cesse de l'être. Le vent qu'il a fait depuis peu a dégelé la rivière.
Fig., Dégeler quelqu'un, Faire cesser la réserve, la froideur qu'il avait d'abord gardée. Se dégeler, Sortir, dans les rapports sociaux, dans la conversation, de la réserve, de la froideur que l'on avait d'abord gardée par réserve ou par timidité.
SE DÉGELER ou DÉGELER, intransitif signifie Cesser d'être gelé. L'eau de la fontaine commence a se dégeler. La rivière dégèle, commence à dégeler. Faire dégeler de l'eau. Impersonnellement, Il dégèle. Quand il viendra à dégeler.
DÉGÉNÉRATION
n. f.
État de ce qui dégénère. La dégénération des races, des espèces. On dit plus souvent DÉGÉNÉRESCENCE.
DÉGÉNÉRER
v. intr.
Perdre les qualités naturelles de sa race, de son espèce. Certains savants pensent que l'espèce humaine a dégénéré. Le blé dégénère dans un mauvais terrain.
Il signifie particulièrement, en parlant des Personnes, N'avoir pas autant de noblesse, de vertu, de mérite que ceux dont on est sorti, ne pas suivre leurs bons exemples. Cette race a bien dégénéré, est bien dégénérée. Dans cette acception, il se construit souvent avec la préposition DE. Dégénérer de ses ancêtres. Il a dégénéré de la valeur de ses aïeux.
Il se dit également d'une Personne qui perd de ses qualités, de son mérite, etc. Ce fut un héros dans sa jeunesse, mais depuis il a bien dégénéré. Cet écrivain a bien dégénéré de ce qu'il était, a bien dégénéré.
DÉGÉNÉRER EN, se dit des Choses qui changent de bien en mal, de mal en pis. Le gouvernement démocratique dégénère souvent en anarchie. La liberté dégénérait en licence. La querelle de César dégénéra en guerre civile.
Il se dit particulièrement d'une Maladie, lorsqu'elle s'affaiblit et prend un caractère moins grave, et aussi lorsqu'elle se change en une maladie plus violente. L'apoplexie dégénère quelquefois en paralysie. Ce qui n'était d'abord qu'un rhume a dégénéré en pneumonie.
Le participe passé s'emploie comme nom en parlant des Personnes dont la constitution physique et mentale est atteinte, totalement ou partiellement, d'une déchéance héréditaire. Un dégénéré. Une dégénérée.
DÉGÉNÉRESCENCE
n. f.
Le fait de dégénérer. Dégénérescence de l'espèce. Dégénérescence mentale. Atteint de dégénérescence. Cette tare est un phénomène de dégénérescence.
DÉGINGANDÉ, ÉE
adj.
Qui, dans ses mouvements et dans son attitude, paraît avoir quelque chose de mal ordonné, en parlant d'une Personne de haute taille. C'est un homme tout dégingandé. Elle est toute dégingandée. Il est familier.
DÉGLUER
v. tr.
Débarrasser de la glu. Dégluez ce pauvre moineau. Cet oiseau n'a pu parvenir à se dégluer. Se dégluer les mains.
Par analogie, Dégluer les yeux, Les débarrasser de la chassie qui colle les paupières.
DÉGLUTITION
n. f.
T. de Médecine
. Action d'avaler. Un abcès à la gorge empêche la déglutition.
DÉGOISER
v. tr.
Débiter plus de paroles qu'il ne faut et avec volubilité. Les injures qu'elle lui a dégoisées. Avez-vous fini d'en dégoiser? Il est familier.
DÉGOMMAGE
n. m.
Action de dégommer. Le dégommage de la soie.
DÉGOMMER
v. tr.
Débarrasser une chose de la gomme dont elle est enduite. Dégommer une enveloppe de lettre, un timbre-poste.
Il signifie spécialement, en termes d'Arts, Débarrasser les cocons de soie de leur enduit gommeux.
Fig., Dégommer quelqu'un, Lui retirer son poste. Il est très familier.
DÉGONFLEMENT
n. m.
Action de dégonfler, de se dégonfler.
DÉGONFLER
v. tr.
Faire cesser d'être gonflé. Dégonfler un ballon en donnant issue à l'air, au gaz qu'il contient. Un ballon qui se dégonfle. Cet abcès commence à se dégonfler.
Il signifie figurément Laisser échapper les sentiments qui remplissent le coeur. Il avait besoin de dégonfler son coeur, de se dégonfler.
DÉGORGEMENT
n. m.
Action de dégorger, de se dégorger ou Résultat de cette action. Le dégorgement des humeurs. Il lui survint un dégorgement de bile. Le dégorgement d'un égout, d'un tuyau, d'un évier, d'une gouttière. Spécialement, Dégorgement des sangsues. En termes d'Arts, Le dégorgement des cuirs, des laines. Les moulins à foulon servent au dégorgement des draps.
DÉGORGER
v. tr.
Rendre son trop-plein. Si cet égout vient à se dégorger, ou, elliptiquement, à dégorger, il infectera le voisinage. Les ravines ont fait dégorger cet étang. Ce tuyau va se dégorger dans ce bassin. Spécialement, Faire dégorger des sangsues, Leur faire rendre le sang qu'elles ont sucé. Des sangsues dégorgées.
Il signifie aussi Débarrasser un passage de ce qui l'obstrue. Il faudrait dégorger cet évier, cet égout. Un tuyau qui se dégorge, après avoir été longtemps bouché.
Il signifie, en termes d'Arts, Débarrasser des matières superflues ou étrangères. Dégorger du cuir, Le plonger dans l'eau courante pour en ôter les malpropretés.
Faire dégorger des laines, Les fouler à l'eau claire pour les débarrasser du savon, de la terre, etc.
Faire dégorger des cervelles, des ris de veau, Les plonger dans l'eau pour les débarrasser du sang. Faire dégorger du poisson, Le plonger dans l'eau claire pour qu'il perde le goût de la marée ou de la bourbe.
DÉGOULINER
v. intr.
Couler goutte à goutte. La pluie dégouline des toits. Il est familier.
DÉGOURDIR
v. tr.
Faire sortir de l'engourdissement. Dégourdir ses jambes. Se dégourdir les mains. Nous le secouâmes pour le dégourdir. Je me suis un peu dégourdi en marchant.
Par extension, Faire dégourdir de l'eau, Faire chauffer légèrement de l'eau pour lui ôter sa grande froideur.
Il signifie, figurément et familièrement, Débarrasser de la gaucherie, de la timidité; rendre vif, aisé, hardi. Ce jeune homme a besoin que le commerce du monde le dégourdisse. Il commence à se dégourdir.
Par extension, C'est un homme, un gaillard bien dégourdi, Il est adroit, avisé, plein de ressources. Cette jeune personne semble bien dégourdie, Elle a des manières vives et même un peu libres.
DÉGOURDISSEMENT
n. m.
Action de dégourdir, de se dégourdir. Le dégourdissement se fait sentir par un picotement dans les membres.
DÉGOÛT
n. m.
Manque de goût, d'appétit. Il a un si grand dégoût, qu'il ne peut manger de rien. Il n'a plus de fièvre, mais il lui est resté du dégoût. Vaincre, surmonter son dégoût.
Il se dit aussi de la Répugnance qu'on a pour certains aliments. Ce malade a le dégoût de la nourriture. Il lui a pris un dégoût pour la viande.
Il signifie au figuré Aversion qu'on prend pour une chose ou pour une personne. Il a le dégoût du monde. Il lui a pris un grand dégoût pour ce genre d'études. Le dégoût de la vie s'empara de lui.
Il signifie encore, figurément, Déception dans l'usage d'une chose qui en amène la répugnance. En ce sens, on l'emploie surtout au pluriel. Il fut abreuvé de dégoûts. Il a eu bien des dégoûts dans sa carrière. Éprouver, essuyer des dégoûts. Il connaît tous les dégoûts du métier.
DÉGOÛTANT, ANTE
adj.
Qui donne du dégoût. Plaie dégoûtante. Malpropreté dégoûtante.
Il signifie au figuré Qui inspire de l'aversion, de la répugnance. C'est un homme dégoûtant par sa laideur, par sa malpropreté. Il a des manières dégoûtantes.
Il signifie aussi figurément Qui cause des déceptions, de la répugnance. Il arrive bien des choses dégoûtantes dans la vie. Cela est dégoûtant. Il est familier.
DÉGOÛTER
v. tr.
Priver d'appétit. Si vous lui donnez tant à manger, vous le dégoûterez.
Il signifie plus souvent Inspirer de la répugnance pour quelque aliment. Ils m'ont dégoûté du poisson, à force de m'en faire manger. Je ne tardai pas à me dégoûter de ce mets, de cette boisson.
Il signifie au figuré Inspirer de l'aversion pour une personne, pour une chose; faire qu'on cesse de trouver une personne, une chose à son gré. Il voulait acquérir cette maison, mais le prix l'en a dégoûté. Cela est bien fait pour dégoûter du métier, ou, absolument, pour dégoûter. Il est dégoûté de l'étude, de la chasse, de la campagne.
Faire le dégoûté signifie, au propre et au figuré, Faire le difficile, le délicat.
DÉGOUTTANT, ANTE
adj.
Qui dégoutte. Ce linge n'est pas sec, il est encore tout dégouttant. Sa chemise était toute dégouttante de sueur. Il était tout dégouttant de sang.
DÉGOUTTER
v. intr.
Couler goutte à goutte. La sueur lui dégouttait du front. Le sang lui dégouttait du nez.
Il signifie aussi Faire tomber goutte à goutte de l'eau, de la sueur, etc. Son front, ses cheveux dégouttent de sueur. Les herbes dégouttent de rosée. Absolument, Il pleuvait il n'y a qu'un moment, les toits dégouttent encore. Ses cheveux dégouttent.
DÉGRADANT, ANTE
adj.
Qui dégrade moralement. Une action dégradante. Des habitudes dégradantes.
DÉGRADATION
n. f.
Destitution, privation infamante du grade, de la dignité que l'on a. La dégradation d'un magistrat.
Dégradation militaire, Qui dépouille un soldat de son grade, de ses insignes. Dégradation civique, Qui dépouille un citoyen de ses droits politiques.
Il se dit au figuré pour Avilissement. La dégradation des âmes est une suite de la servitude.
Il signifie encore Dégât, détérioration plus ou moins considérable qu'on fait dans une propriété publique ou privée, dans une maison, etc. Il a fait de grandes dégradations dans ces bois. Il fit faire un procès-verbal des dégradations qui avaient été commises dans son domaine. Le locataire de cet appartement y a fait beaucoup de dégradations. La dégradation des monuments publics est punie par la loi.
Il se dit également du Dépérissement où est une chose, du dommage qu'elle a éprouvé par l'effet de la vétusté ou de quelque accident. La dégradation d'un bâtiment. Tous ces murs sont dans un état de dégradation.
DÉGRADATION
n. f.
T. de Physique et de Peinture
. Affaiblissement graduel de la lumière, des ombres, des couleurs. La dégradation de la lumière. La perspective approche les parties des corps ou les fait fuir par la seule dégradation de leurs grandeurs.
DÉGRADER
v. tr.
Dépouiller, destituer quelqu'un d'une manière infamante de son grade, de sa dignité, de son emploi, etc. Dégrader un soldat. Dégrader un membre de l'ordre de la Légion d'honneur.
Il signifie au figuré Avilir. Cette conduite le dégrade aux yeux de tout le monde. Il s'est dégradé par un excès de complaisance.
Il signifie encore Détériorer, endommager. Dégrader des bois. Le temps a dégradé ce monument. Cette maison se dégrade tous les jours davantage. Un monument dégradé.
DÉGRADER
v. tr.
T. de Peinture et de Gravure
. Diminuer insensiblement les lumières, les ombres, la couleur.
Il se dit particulièrement, en termes de Photographie, de l'Action d'atténuer insensiblement sur les bords la teinte sombre du fond.
DÉGRAFER
v. tr.
Détacher une chose de l'agrafe ou des agrafes qui la retenaient. Dégrafer un manteau, un habit, une robe. Sa robe s'est dégrafée.
DÉGRAISSAGE
n. m.
Action de dégraisser les laines, les étoffes de laine. Ces laines ont besoin d'un bon dégraissage. Le dégraissage d'un costume. Dégraissage des peaux.
DÉGRAISSER
v. tr.
Débarrasser de sa graisse un animal de boucherie. Dégraisser un porc, un mouton.
Il se dit figurément du Mauvais effet que les torrents et les ravines d'eau font sur les terres labourables, en emportant ce qu'il y a de plus propre à les rendre fertiles.
Il signifie aussi Débarrasser de la couche graisseuse un aliment qu'on fait cuire. Dégraisser le bouillon.
Par analogie, Dégraisser le vin, Lui ôter, au moyen de quelque ingrédient, la mauvaise qualité qu'il contracte en tournant à la graisse.
Il signifie encore Nettoyer ce qui est enduit de matière grasse. Dégraisser de la laine. Dégraisser les cheveux. Donner un costume à dégraisser.
DÉGRAISSEUR, EUSE
n. m.
Celui, celle qui dégraisse les habits, les étoffes. Porter un habit, une robe au dégraisseur. Il a vieilli. On dit plutôt TEINTURIER.
DÉGRAISSOIR
n. m.
Instrument qui sert à dégraisser un animal de boucherie ou de la laine.
DÉGRAVOIEMENT
n. m.
Effet d'une eau courante qui dégravoie.
DÉGRAVOYER
v. tr.
Déchausser des murs, des pilotis, en parlant de l'Eau courante.
DEGRÉ
n. m.
Marche d'un escalier. Un escalier à degrés de pierre, de bois. Monter les degrés. Descendre les degrés. Les degrés d'un perron. Les degrés d'un escalier.
Il se dit particulièrement des Marches servant d'entrée ou de soubassement aux grands édifices. Les degrés d'un temple. Les degrés de l'hôtel de ville. Les degrés du palais.
Il se dit figurément de Chacune des étapes par où l'on passe d'un état dans un autre. Il a passé par tous les degrés. Il s'est élevé de degré en degré. Cet emploi fut le premier degré de sa fortune, de sa faveur. Il est dans un haut degré d'élévation. Parvenir au plus haut degré de l'éloquence, au plus haut degré de gloire. Passer par tous les degrés de crime. C'est le dernier degré de l'avilissement. Ils sont tous deux au même degré.
Il se disait absolument, dans les Universités, surtout au pluriel, des Grades de bachelier, de licencié, de docteur. Prendre ses degrés. Avoir tous ses degrés.
PAR DEGRÉS,loc. adv.
Graduellement. Il est arrivé par degrés à cet emploi. On n'arrive que par degrés à cette haute perfection. Le son s'affaiblit par degrés. Augmenter par degrés.
En termes d'Algèbre, Équation du premier, du second, du troisième degré, Équation dont l'inconnue est à la première puissance, à la seconde, à la troisième.
En termes de Grammaire, Degrés de comparaison ou de signification, Le positif, le comparatif et le superlatif. Voyez ces mots.
En termes de Jurisprudence, Degré de juridiction, Chacun des tribunaux devant lesquels une même affaire peut être successivement portée. Il n'y a plus en France que deux degrés de juridiction pour les affaires civiles. Cette affaire a parcouru tous les degrés de juridiction, a passé par tous les degrés de juridiction.
En termes de Musique, il se dit des Notes d'une gamme considérées comme parcourues en montant ou en descendant. Degrés conjoints. Degrés disjoints.
En parlant de Parenté et de consanguinité, il sert à marquer la Proximité ou l'éloignement qu'il y a entre parents, à l'égard de la ligne qui leur est commune. Parents au premier, au second degré. Les parents au-delà du douzième degré ne succédaient pas. Les parents au quatrième degré n'ont pas besoin de dispense pour se marier ensemble.
Il se dit aussi pour exprimer la Différence de plus ou de moins dans les qualités sensibles. Degré de chaleur, de froid, de sécheresse, d'humidité, de force, de mouvement, de vitesse, d'intensité, d'accroissement, etc.
En termes de Médecine, Une brûlure au deuxième, au troisième degré.
En termes de Chimie, Degré de feu, Le point où il faut que le feu soit poussé pour l'opération qu'on se propose. Savoir donner le degré de feu.
Le degré du vin, sa Teneur en alcool. Le degré de l'alcool, la Proportion d'alcool pur exprimée en poids qui entre dans un mélange. De l'alcool à 90 degrés.
Il se dit figurément, dans un sens analogue, en parlant des Qualités morales, des passions, des sentiments, etc. Ma passion s'accrut à un tel degré, que... Degré d'intelligence. Degré de tristesse, d'affliction, d'abattement. Degré d'affection, d'intérêt. Être insolent au dernier degré. Être impertinent au suprême degré. Être ennuyeux au souverain degré.
Il se dit encore, surtout en termes de Physique, de Chacune des divisions principales qui sont marquées sur l'échelle des instruments destinés à mesurer le plus ou le moins d'intensité, d'accroissement, de pesanteur, de densité, etc. Les degrés d'un thermomètre, d'un baromètre, d'un aéromètre, etc. Le baromètre est descendu à vingt-sept degrés. Le thermomètre est à trente degrés, est monté à trente degrés au-dessus de zéro, est à huit degrés, est descendu à huit degrés au-dessous de zéro.
Il désigne également, en termes de Géométrie, d'Astronomie, etc., Chacune des trois cent soixante ou des quatre cents parties égales de la circonférence. Le degré sexagésimal est la trois cent soixantième partie de la circonférence; le degré centésimal en est la quatre centième. Le quart de cercle comprend quatre-vingt-dix degrés. Un angle de quarante- cinq degrés. Les astronomes divisent en degrés, ordinairement sexagésimaux, les cercles fictifs de la sphère céleste. Le degré se divise en minutes, la minute en secondes. On appelle degrés de latitude ceux du méridien, et degrés de longitude ceux de l'équateur.
DÉGRÉEMENT
n. m.
T. de Marine
. Action de dégréer.
DÉGRÉER
v. tr.
T. de Marine
. Dégarnir un vaisseau de ses agrès.
Il se dit aussi du Vent, de la tempête, des tirs d'artillerie qui peuvent détruire les agrès. Notre vaisseau fut dégréé dans le combat par le mauvais temps.
DÉGRESSIF, IVE
adj.
Qui va en diminuant. Impôts dégressifs.
DÉGRÈVEMENT
n. m.
Action de dégrever quelqu'un. Demander, obtenir un dégrèvement.
DÉGREVER
v. tr.
Décharger des objets imposés d'une taxe jugée trop forte. Dégrever les objets de consommation. Par extension, Dégrever un contribuable.
Dégrever un immeuble, Éteindre les hypothèques qui le grèvent.
DÉGRINGOLADE
n. f.
Action de dégringoler. Il est familier.
DÉGRINGOLER
v. intr.
Tomber de haut en bas. Il a failli se tuer en dégringolant dans l'escalier. Sa voiture a dégringolé dans le ravin.
Par extension, il signifie Descendre avec précipitation plus vite qu'on ne voudrait. Il s'est blessé en dégringolant. Transitivement, Dégringoler l'escalier quatre à quatre. Il est familier dans les deux acceptions.
DÉGRISER
v. tr.
Tirer quelqu'un de l'ivresse. Le sommeil l'a dégrisé.
Il signifie au figuré Tirer de l'illusion, du charme, de l'espérance. Il était fou de cette femme : ce qu'il a appris sur elle l'a complètement dégrisé. Il est familier dans les deux acceptions.
DÉGROSSIR
v. tr.
T. d'Arts
. Débarrasser une matière de ce qu'elle a de plus gros pour la préparer à recevoir la forme que l'artiste, que l'ouvrier veut lui donner. Dégrossir un bloc de marbre, une pièce de bois.
Il signifie au figuré Ébaucher. Dégrossir les figures d'un tableau. Dégrossir un ouvrage, une pièce, un discours.
Il signifie encore Commencer à débrouiller, à éclaircir. Il faut dégrossir un peu les matières avant de les traiter à fond. Dégrossir la besogne.
Il s'applique aussi aux Personnes. Dégrossir un élève, un conscrit, Les initier aux premiers éléments de ce qu'ils doivent savoir.
DÉGROSSISSEMENT
n. m.
Action de dégrossir.
DÉGUENILLÉ, ÉE
adj.
Qui est vêtu de guenilles. Un malheureux déguenillé. Cette pauvresse est toute déguenillée.
DÉGUERPIR
v. intr.
Sortir, se retirer hâtivement et malgré soi. On l'a fait déguerpir de sa place. Je le ferai bien déguerpir. Déguerpissez! Déguerpir au plus vite. Il est familier.
DÉGUIGNONNER
v. tr.
Délivrer du guignon. Ce beau coup m'a déguignonné. Me voilà déguignonné. Il est familier. DÉGUISEMENT
n. m.
Action de déguiser, de se déguiser. Le déguisement est une coutume du carnaval.
Il se dit, par extension, de Ce qui sert à déguiser une personne. Prendre un déguisement. Il sera difficile de le reconnaître sous ce déguisement.
Il signifie au figuré Fausses apparences, artifice pour cacher la vérité. Le déguisement de la pensée. Il a beau se servir de déguisements, il ne parvient pas à nous tromper. Parlez-moi sans déguisement.
DÉGUISER
v. tr.
Travestir une personne de telle sorte qu'il soit difficile de la reconnaître. On le déguisa en femme. Une fausse barbe déguise bien un homme. Se déguiser en Pierrot. Par extension, Déguiser sa voix, son écriture.