Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 104 sur 319

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Point Zéro

13 h 12 UTC

— Du dégât ?

— « Zéro chez nous. Pas mal de casse chez l’Oncle Sam. On les termine ?

— Pas tout de suite, sergent. Seulement quand on aura fini de notre côté.

— « Un souci quand même, mon colonel. On dirait qu’avant d’être neutralisé, leur capitaine a réussi à faire passer un message à ses copains sur la plage.

— Sans importance, ricana Baranko. Ces connards sont déjà morts. »

L’officier coupa la communication. Comme en écho à ses dernières paroles, il venait de percevoir une fusillade assourdie qui ne pouvait provenir que du littoral ; pour l’instant, toutefois, il ne voyait pas ce qui s’y passait car la masse du Global Defender faisait écran. Qu'est–ce qui a pris à ce crétin de Tomski ? pensa–t–il avec une bouffée de rage. Il devait pourtant nous attendre !

Plus de temps à perdre. Alors que de nouvelles détonations étouffées se faisaient entendre au loin, il fit signe au caporal qui se tenait à la poupe, la main sur la poignée des gaz. L’instant d’après, le gros moteur hors-bord se mettait à rugir de toute la puissance de ses six cents CV et le zodiac démarrait dans une gerbe d’écume. À l’avant de l’embarcation, Baranko compensa l’inclinaison du pont pour garder son équilibre. Tandis qu’ils prenaient de la vitesse et doublaient la poupe du Defender, il s’aperçut que Yngvi le regardait avec instance.

Des mots se formèrent dans son esprit.

/ On va bien s’amuser, Guennadi. /

 

13 h 12 UTC

 

« Vassili ! cria Caleb en profitant d’une accalmie dans la mitraille. Tu as morflé ?

— Épaule en trois morceaux et petit peu mal pour respirer, grogna le géant depuis l’abri de son rocher. À part ça, pète la forme !

— Tu as vu d’où ils arrosent ?

— Bord la falaise, au sud. Deux trois types, au moins. Armes russes. »