Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 273 sur 319

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Point Zéro

13 h 22 UTC

Au lieu du choc sourd du fer contre la terre gelée, il y eut un bruit creux parfaitement reconnaissable.

Métal contre bois.

 

13 h 22 UTC

 

« Je suis l’amiral Nikolaï Ivanovitch Atanassiev des Forces navales de la Fédération de Russie, commandant en chef du porte–aéronefs Ivan Grozny et de son groupe de soutien. À qui ai-je l’honneur ?

— « Capitaine John Davenport du corps des Garde–côtes des Etats– Unis, commandant du Stratton. Mes respects, amiral. Que puis-je faire pour vous ?

— « Ce que vous pouvez faire pour moi ? Il se trouve que de petits plaisantins s’amusent à interférer avec les manœuvres aéronavales que mon groupe conduit en toute légalité dans ce secteur. Et mon petit doigt – c’est bien comme ça qu’on dit dans votre langue, n’est–ce pas ? –, mon petit doigt me dit que vous n’y êtes pas étrangers…

— « En toute légalité, amiral ? Dites plutôt que vous vous rendez complice d’actes criminels perpétrés sur un territoire de la couronne britannique, c’est plutôt comme ça que je vois les choses… Avec tout mon respect, bien sûr.

— « J’ignorais que le corps des Garde–côtes des Etats–Unis avait pour mandat de mener des opérations de police dans les eaux britanniques, mais passons. Si nous sommes ici, c’est bien sûr suite à cette explosion de nature indéterminée survenue il y a vingt-quatre heures. Notre groupe était le plus à même d’intervenir rapidement pour venir en aide à d’éventuels survivants. Opération de sauvetage qui est actuellement en cours et qui serait déjà terminée sans l’intervention… inamicale de vos appareils.

— « Des préoccupations humanitaires qui font honneur à la Fédération de Russie, monsieur. Voilà qui me rassure pleinement : les repérages à basse altitude que nous avons effectués il y a moins d’une heure nous avaient amenés à penser que vous déteniez de façon illégale un groupe de ressortissants américains. Je ne vous cache pas que cela aurait pu avoir des conséquences désastreuses sur les relations entre nos deux pays…»

Dans ses écouteurs, Davenport entendit distinctement le soupir d’exaspération de l’amiral Atanassiev, Il ne doit pas avoir l’habitude qu’on se foute de lui, pensa–t–il avec un soupçon d’amusement. Il va bientôt cesser les mondanités et montrer les dents.