Point Zéro
15 h 08 UTC
Le canon d’un automatique HK P2000 se posa sur son front.
15 h 08 UTC
Le câble s’immobilisa enfin en butée. À raison de quatre mètres par seconde, il leur avait fallu près d’un quart d’heure pour remonter l’interminable conduit de ventilation. Poppy Borghese constata que toute la partie supérieure du tuyau avait été découpée pour permettre l’installation du petit treuil de chantier. Elle décrocha le mousqueton de Caleb McKay et souleva son corps inerte ; Josh et Gretchen se précipitèrent pour l’aider et hissèrent leur ami hors du trou. One-Shot se tenait un peu en retrait, surveillant l’entrée du hangar en compagnie de deux hommes de l’équipe OPEX. Poppy sortit à son tour du boyau et prit pied sur le sol en terre battue, pas mécontente de retrouver la surface. Vandell Richardson la regardait d’un air à la fois furieux et soulagé :
« Bon Dieu, Poppy ! Tu m’avais habitué à tes conneries, mais là c’est du grandiose !
— Désolé, Vandell, mais si je vous avais écouté, on serait encore en train de prendre le thé avec le directeur ; j’ai préféré faire un peu de sport…»
Elle ouvrit sa visière et inspira une longue goulée d’air. Elle se sentait à bout de forces. Plus embêtant, son stock d’analgésiques était maintenant épuisé, et ses fractures commençaient à lui faire souffrir le martyre. Elle n’avait qu’une envie : mettre les bouts, grimper dans l’ hélico, sniffer un ou deux rails de la première poudre qu’elle y trouverait et pioncer jusqu’à Santa Monica.
« Et lui ? reprit Richardson. Il est mort ?
— Non. Quand je l’ai retrouvé, il était même plutôt en forme pour quelqu’un qui vient de passer vingt-six heures dans un sauna. Il a juste eu la mauvaise idée de me braquer, et Jeeves a eu une réaction, disons… épidermique. Ça ne devrait pas être bien méchant, je pense que ce type n’en est pas à son premier trauma crânien…
— Vu ses états de service, j’ai des doutes en effet.