Point Zéro
Fin.
OceanofPDF.com
Postface
L’histoire est comme un puzzle inachevé, rempli de mystères et de zones d’ombres. Pourtant, il suffit parfois de retrouver quelques pièces manquantes pour que la lumière se fasse et que le motif général apparaisse.
Le présent roman est une tentative pour relier une série d’événements distincts de l’histoire du vingtième siècle, séparés de plusieurs années voire de plusieurs décennies, et qui ont donné lieu à d’innombrables conjectures. Pour chacun d’eux, j’ai choisi de rester aussi près que possible du fait historique – ou du moins de ce qui nous a été présenté comme tel.
Les anecdotes sur la vie d’Ettore Majorana avant sa disparition dans la nuit du 26 au 27 mars 1938 sont strictement conformes à sa biographie officielle. Nul ne sait au juste ce qu’il a fait pendant les trois années qu’il a passées en reclus, entre 1934 et 1937. S’il est avéré que pendant cette période il a entretenu une très abondante correspondance scientifique avec son oncle Quirino, il ne reste rien de ces écrits.
Et Quirino Majorana avait effectivement travaillé plusieurs années sur l’absorption gravitationnelle.
Parmi les multiples hypothèses avancées pour expliquer la disparition d’Ettore revient souvent celle d’une fuite en Amérique du Sud ; elle est étayée par de nombreux témoignages faisant état de sa présence en Argentine sous un nom d’emprunt, dans les années cinquante.
Tous les détails de l’opération High Jump rapportés par le professeur Van Deere sont conformes à la version soutenue depuis 1947 par l’US Navy. Et il est exact qu’à l’heure actuelle les comptes-rendus officiels de cette opération demeurent classifiés, donc inaccessibles au public.
À l’exception des quelques modifications apportées par Kendall Kjölsrud à sa motorisation et à son train d’atterrissage, rien n’a été inventé dans la description du Dornier Do–X. L’appareil a bien été construit en trois exemplaires, dont deux ont effectivement été cédés à Mussolini ; la trace de ces derniers se perd après 1935, nul ne sait ce qu’il en est advenu.
Pendant près de vingt ans, le Do–X a été le plus grand avion du monde. Il n’a été détrôné qu’en 1947 par le Hughes H-4 Hercules « Spruce Goose », qui demeure à ce jour le plus grand avion jamais construit. Mais ceci est une autre histoire…
La base navale de Port Chicago a bien été rasée, le 17 juillet 1944, par une phénoménale explosion dont l’explication officielle – mise à feu accidentelle d’un stock de munitions – ne fait pas précisément l’unanimité chez les historiens. Et l’endroit se trouve bien à quinze milles, à vol d’oiseau, du célèbre Lawrence Radiation Laboratory de Berkeley où se concentrait alors toute la recherche nucléaire des USA.
La théorie des supercordes, dans sa version à dix dimensions dont six enroulées dans des espaces de compactification type Calabi-Yau, prévoit effectivement la possibilité de créer des micro-trous noirs pour des niveaux d’énergie tout à fait accessibles aux technologies actuelles.
Et la société de qui vous savez a bien été fondée quatre jours avant la mort de qui vous savez.
C’est du moins ce que racontent les livres d’histoire.
OceanofPDF.com