Point Zéro

antoine Tracqui · Chapitre 115 sur 319

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Point Zéro

13 h 15 UTC

Mais, le lendemain des obsèques, son téléphone avait sonné. C’était la même voix qu’aujourd’hui.

— « Vous aviez le choix comme tous ceux qui vous ont précédé, continua le mystérieux interlocuteur. Dissoudre ce comité et oublier l’affaire. Ou nous demander de continuer la veille. Ce que nous avons fait…»

L’homme disait vrai. La chaîne n’avait été rompue qu’une fois, en novembre 1963, mais heureusement le vieil Ike était encore vivant et avait pris l’initiative d’informer Lyndon Johnson.

— « Maintenant c’est à vous d’agir, nous n’avons pas autorité en ce sens. Vous connaissez l’enjeu et les options disponibles. La décision vous appartient, monsieur. »

Bien après que l’inconnu eut raccroché, le président des États–Unis resta assis immobile derrière son bureau, la tête enfouie entre ses deux mains. Une phrase tournait en boucle dans son esprit.

Pourquoi a–t–il fallu que cela arrive pendant mon mandat ?

 

13 h 15 UTC

 

À la réflexion, ça n’a pas tout à fait l’air d’un vieux type à poil, se dit Johansson en observant, bien campé sur ses deux pieds, la créature qui se ruait sur lui.

Mais quoi qu’il en soit, ça n’arrête certainement pas le 6,80 mm…

Le costaud voulut relever le canon de son fusil d’assaut Mag-pul SDA1 « Masada ».

Sans y parvenir.

Ses deux bras semblaient s’être changés en plomb, et soudain ses mains se relâchèrent, laissant tomber l’arme à terre ; en même temps, une affreuse sensation d’engourdissement s’emparait de lui, comme si sa cervelle s’était remplie de coton. La terreur l’envahit d’un coup alors que, paralysé et totalement impuissant, il voyait le monstre parcourir les derniers mètres de plage.